06/08/09

Quand mon frère reviendra ~ Isabelle Collombat

Rouergue, coll. doAdo, 2009 - 250 pages - 11,50€

quand_mon_frere_reviendra

C'est l'histoire d'une attente, d'un vide et d'une absence de six mois. Le 17 novembre, en pleine nuit, Philippe quitte la maison. Dès le début du roman, on apprend que le garçon a été retrouvé par les gendarmes. Toute la famille attend alors son retour, fébrilement. Mais tandis que sa mère est visiblement soulagée et impatiente, Lia, la jeune soeur de quatorze ans, verse quelques larmes de frustration et de rage. Car elle en veut terriblement à son frère, elle veut comprendre la raison de son départ, son égoïsme, son manque de sensibilité, son indifférence envers ses proches, longtemps plongés dans l'angoisse de l'ignorance. Par sa faute.

L'histoire raconte donc les trois étapes de cette fugue, au moment où est annoncé le retour prochain de Philippe, puis ce qu'il s'est passé six mois auparavant, et enfin l'arrivée de l'adolescent, totalement métamorphosé, abrupt dans ses explications, maladroit et inconscient du mal qu'il fait. "Je n'avais pas envie de revenir", murmure-t-il pour simple information. Evidemment, l'indignation de Lia éclate au grand jour. Elle n'en veut pas de ce frère qui n'est plus le sien. Qu'il aille au diable avec ses théories sur leur monde formaté, rivé à la consommation et au capitalisme. Elle s'en moque, elle veut simplement renouer avec le frère disparu.

C'est une histoire tendre et violente à la fois, une histoire qui ne parle pas seulement d'une fugue mais de son effet dévastateur sur l'entourage. On sent une famille désunie et brisée à jamais, malgré la surface lisse, irréprochable, le cadre de vie confortable, la liberté au coeur même de l'éducation et du couple. Jamais de laisse, jamais de contraintes. Le système a failli, aujourd'hui tous peinent à se regarder dans le blanc des yeux pour accepter la vérité, et non plus à accuser l'autre d'une faute qui n'appartient à personne.

L'histoire développe aussi une finesse d'esprit très appréciable, cerne toute la perplexité du malaise adolescent et pousse ainsi les personnages à déraper puis à se remettre doucement, mais péniblement, sur les rails. L'histoire est racontée du point de vue de Lia, qui porte un oeil blasé sur les siens, en plus d'un goût amer dans la bouche. C'est un très bon roman, sensible et pudique, âpre et farouche. J'ai beaucoup aimé ce livre, dont le style et la justesse ont su personnellement me toucher. 

le blog de l'auteur : http://isacollombat.canalblog.com/

 

 

 

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05/08/09

Plaisirs coupables ~ Laurell K. Hamilton

Fleuve Noir, 2002 / repris par Bragelonne, coll. Milady, 2009 - 380 pages - 7,00€
Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Troin

plaisirs_coupables2C'est étrange comment j'ai pu traîner pour lire ce livre, il y a quelques mois j'avais lu une centaine de pages, avant de le mettre de côté, pensant le reprendre très vite, mais le temps a filé et ce n'est que dernièrement que j'ai terminé à petites doses ce premier tome de la série d'Anita Blake, la tueuse de vampires (non, ce n'est pas Buffy !). Laurell K. Hamilton est pionnière dans le secteur de la bit-lit, elle ne doit rien à personne, ou les autres lui doivent tout. Nous aussi, lecteurs humbles et avides de sensations.
Quand j'étais plongée dans ma transe Twilightienne, j'ai un peu cherché des séries du même goût et tous les avis renvoyaient vers Anita Blake, une héroïne pas forcément sexy mais pas mal attirante dans son genre, c'est une GI Jane des quartiers glauques, à faire sa loi chez les vampires, les goules, les lycanthropes et les zombies. Autant vous dire que c'est une nana décidée, au caractère bien trempé et qu'il ne faut surtout pas lui marcher sur les pieds ! Toutefois, elle fait aussi preuve de sensibilité, n'est pas avare d'humour et regrette souvent de mener cette vie difficile et impitoyable.
Anita en fait encore tristement les frais dans cet ouvrage. De force, elle vient d'être embauchée par ses ennemis de toujours - les vampires - pour trouver le tueur en série qui s'en prend à leur communauté. Le loup dans la bergerie, pourrait-on croire. Mais c'est beaucoup plus compliqué, car Anita n'a pas le droit à l'erreur, le maître de la ville a parfaitement su la manipuler, même si un certain Jean-Claude, charmant vampire au pouvoir troublant, veille sur elle.
Que dire ? S'il avait fallu se fier au titre et à la couverture, je serais en droit de réclamer un remboursement. Ce tome 1 n'est point sulfureux. Mais alors, pas du tout. C'est beaucoup plus sombre, plus oppressant, plus vif dans l'action, plus violent aussi. Il y a du sang partout, de la baston, ce n'est vraiment pas pour les mauviettes, et Anita cultive son attitude de superhéroïne qui ne craint rien ni personne, au risque de nous la rendre un vrai phénomène de foire. Ceci étant, j'ai aimé. Anita a beau juré qu'elle ne sort pas avec les vampires, qu'elle les tue, point à la ligne. L'attirance entre Jean-Claude et elle annonce de prochaines scènes un brin plus torrides que dans ce tome 1, totalement exempt en la matière (je ronge mon frein !).
Verdict : Une série pas du tout girly, qui demande patience et indulgence, à la suite de quoi le lecteur sera probablement accro. 

lire, aussi, l'avis de Francesca

 

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04/08/09

Les meurtres de la Salamandre ~ Paul Halter

Editions du Masque, 2009 - 314 pages - 6,50€

les_meurtres_de_la_salamandreJ'ignorais tout de Paul Halter, j'ignorais qu'il était français et auteur contemporain né en 56, et non pas, comme je le supposais bêtement, un rosbif, un pur, un dur, un bien campé sur ses positions, dans la grande lignée des auteurs du siècle dernier ! Atmosphère, atmosphère...
Cet auteur a plus d'un atout dans son sac, tant il sait admirablement nous plonger dans une intrigue policière très british, qui se passe en 1931. L'action se déroule à Marney Hall, une demeure familiale frappée de malédiction parce qu'un amoureux éconduit, des années auparavant, a prédit qu'il se vengerait, tout en s'immolant sur la place publique et en clamant qu'il était l'égal de la Salamandre. L'homme ne craint donc pas le feu, du coup il va survivre pour disparaître pendant quelques années, dans le même temps un individu cambrioleur fait tourner la tête des inspecteurs de la Sûreté en France, il signe sous le nom de la Salamandre. S'agit-il du même type ? Son arrivée sur le territoire anglais vient d'être signalé. Archibald Hurst, inspecteur de Scotland Yard, et son ami le Dr Twist vont s'employer à lui mettre la main dessus.

Paul Halter est définitivement un digne héritier des auteurs du siècle dernier, je n'avais qu'à fermer les yeux pour penser à Dickson Carr ou Conan Doyle, Leroux, pour les français, tant l'illusion est parfaite. C'est désuet, mais charmant. L'intrigue s'enroule autour de secrets de famille, de lettres anonymes, d'un fils qui rentre au bercail avec des diamants en poche, d'héritage qui se lisse, de morts inexpliquées, et d'une scène incroyable où un poignard est lancé dans le dos de la victime, en pleine salle de bal, en présence d'une dizaine de témoins dont aucun n'a vu le meurtrier. Ce crime impossible devient donc le casse-tête de notre couple de fins limiers, à eux - Hurt et Twist - de ne pas s'éparpiller, de garder la tête froide et de ne pas céder aux sirènes du fantastique. Car toute explication est rationnelle ! La solution se trouve dans ce très bon  roman policier, un modèle qui ne faillit pas à la grande tradition de la collection du Masque. L'intrigue est à la fois convenue et bien ficelée. Lecture agréable, en somme. ;)

 

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03/08/09

L'amour en kilt ~ Alexander McCall Smith

10-18 / Format 13-20 / 2009 -  446 pages - 14€
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

amour_en_kiltC'est l'heure des retrouvailles entre le lecteur et les locataires du 44 Scotland Street, avec du changement à bord. Bruce a vendu son appartement, Pat s'est trouvée une nouvelle adresse qu'elle partage avec d'autres filles, Domenica a pris le large pour le détroit de Malacca, Angus est inconsolable, Bertie le jeune prodige de six ans a besoin d'air et mise toutes ses chances sur son rôle dans La Mélodie du bonheur, Big Lou est folle amoureuse et aveugle, tandis que Matthew se désespère du départ de Pat et trouve sa galerie d'art bien vide sans elle. La gentille Pat, toujours, a le béguin pour un dénommé Wolf, qui n'est autre que le petit copain de celle avec qui elle partage son nouvel appartement !
Le titre fait moyennement honneur au contenu, car l'histoire traite d'amour, certes, les sentiments vont et viennent, ainsi va la vie. Ce n'est pourtant pas le propos principal de cette série, qui s'en tient à décrire une chronique sympathique d'un quartier très convivial et de ses habitants.
Et on s'attache, on aime suivre leurs péripéties, être informé de ce qu'ils font et ce qu'ils deviennent. C'est un peu comme des amis, ou des proches. Pat, Bertie et son insupportable mère Irene (enceinte !), Angus, Domenica, Matthew, Big Lou ne sont plus des inconnus. Alexander McCall Smith y met naturellement beaucoup de sincérité et donne à son roman un sentiment de confort absolu. J'ai coutume de répéter que c'est loin d'être un coup de coeur, et pourtant j'y retourne chaque année. Chaque été, en fait. C'est devenu un rendez-vous sûr, sans grosse surprise, juste la certitude d'avoir 400 pages de dépaysement et de bien-être.

se rappeler les précédents épisodes : 44 Scotland street (2007) et Edimbourg express (2008) ; les deux titres sont disponibles en format poche.

clin d'oeil : Edimbourg n'était pas le genre de ville où les gens déclarent leur flamme, à la manière de quelque californien éperdu d'amour.

 

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02/08/09

Succubus Blues ~ Richelle Mead

Bragelonne, 2009 - 380 pages - 20€
Traduit de l'anglais (USA) par Benoît Domis

succubus_bluesJ'ignorais tout de la signification du mot succube, entendez : un démon qui prend l'apparence d'une femme pour avoir des relations sexuelles avec un mortel. Ha-ha. Ma curiosité a toutefois été titillée, ça et le fait que l'histoire se passe dans un monde autour des livres ... j'étais cliente !  
Georgina Kincaid, l'héroïne, travaille dans une librairie. Elle est succube mais déteste ça. Ses réflexions et ses attitudes s'attachent plus à celles d'une humaine, jusqu'à son apparence, irréprochable de séduction, qui fait tourner la tête à tous les hommes sur son passage.
Cela commence par sa rencontre avec son auteur préféré, Seth Mortensen, qui se révèle sous un jour nouveau. Beaucoup moins brillant qu'à l'écrit, l'homme est un introverti peu sûr de lui, fasciné par la belle Georgina, pourtant il recule plus souvent qu'il n'entreprend. Mais il faut souvent se méfier de l'eau qui dort ! 
C'est Roman Smith, un type croisé entre les rayons de la librairie, qui rendra Georgina fébrile d'excitation rien qu'à sa vue. Il est beau, il est sexy, il est charmant, il est culotté. Il est le fruit défendu. Georgina se fait violence de ne pas succomber, car elle connaît les conséquences, aussi elle se retient, souffre et devient folle de désir, en dépit des nombreuses barrières qu'elle s'impose.
Des scènes d'intensité érotique sont à prévoir ! Vraiment, un régal.
Bref, toute cette histoire ne se cantonne pas à des aventures sentimentales d'un succube qui regrette son pacte avec le diable. En fait, Seattle voit surgir un tueur en série qui s'en prend à la communauté des immortels, dont fait partie Georgina. Le petit groupe se concerte, cherche des solutions, malgré les imprécations sévères de l'archidémon Jérôme et de l'ange Carter qui souhaiteraient mettre leur troupe à l'abri.
Sur ce plan, l'auteur cherche à brouiller les pistes, j'ai joué le jeu durant un temps mais j'ai clairement vu venir le fin mot de l'histoire. Ceci n'a nullement gâché mon plaisir, j'admets, j'étais accrochée aux pages de mon livre. Au début j'étais étonnée du manque d'action et du côté plan-plan de l'intrigue. Des démons et des vampires mènent une vie ordinaire, se fondent dans la masse, côtoient des anges en toute impunité, et jamais ne démontrent l'étendue de leurs pouvoirs machiavéliques, tiens donc ! C'est dire combien cette lecture s'appuie sur d'autres sensations, plus sensuelles et érotiques, mêlant crûment les fantasmes et le sexe.
N'est-ce pas terriblement affriolant ?
Verdict sans appel : La lecture est rapide, distrayante, surprenante et très sexy !
Le tome 2 "Succubus Nights" est déjà disponible en français. Yapluka !

En savoir plus sur Georgina Kincaid, sur le blog de l'éditeur et sur Facebook

illustration de couverture : Jean-Sébastien Rossbach

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01/08/09

La rebelle flamboyante ~ Heather Graham

Editions J'ai Lu, 1997 - Couverture 2009 - 350 pages - 6,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Daniel Garcia

la_rebelle_flamboyanteTerritoire de Floride, 1837. La flamboyante Tina Warren a été priée par son détestable beau-père, le colonel Michaël Warren, de quitter Charleston pour débarquer à Tampa alors que le pays se livre un combat sans merci pour chasser les indiens Séminoles qui occupent cette région marécageuse.   
Tina est à mille lieux des considérations politiques et militaires. Elle est accueillie à Cimarron, la propriété du couple McKenzie (Jarrett et Tara, dont les aventures torrides sont à découvrir dans La fugitive des bayous, pour votre information).

Le soir même, une fête d'anniversaire est donnée et la rencontre explosive a lieu : Tina contre James, dit Ours rapide, un sang-mêlé, de père écossais et de mère séminole, séduisant brun aux yeux bleus, exsudant la virilité, la noblesse et la force sauvage. Tout un programme.
Il s'agit aussi du demi-frère de Jarrett. Ils ont reçu la même éducation métissée, mais James a préféré se tourner vers sa lignée indienne pour vivre à leur façon, en concédant de temps à autre une apparition dans le beau monde.
Sa rencontre avec Tina se passe très mal. Elle est la fille du type qu'il déteste plus que tout au monde. A ses yeux, elle ne vaut pas mieux que lui. Tina, de son côté, est fascinée par sa beauté animale, vite douchée par l'accueil qu'il lui réserve.

D'office, le roman s'ouvre sur une scène bourrée d'action (Tina est tombée dans une embuscade mêlant l'armée et les indiens), de suspense (la demoiselle a un coutelas sous la gorge, son scalpel va bientôt devenir le trophée de son assaillant) et d'érotisme fou (la belle est enlevée dans une hutte de roseaux, avec pour comité d'accueil une bousculade rapide et énervée dans les herbes) ... et nous ne sommes qu'à la page 15 !

Ne nous emballons pas. Ceci n'est qu'un préambule. Le chapitre d'après nous replace six mois en arrière, lorsque Tina et James se rencontrent pour la première fois, se détestent cordialement, s'attirent, se repoussent, se lancent des noms d'oiseaux, se cherchent, se bousculent et non ils ne se réveillent pas.

Comme d'habitude.

Extrait :

 

 

 

 

 

 

Elle s’allongea sur le lit et ferma les yeux pour mieux retenir les larmes qu’elle sentait venir. Quand elle entendit de nouveau marcher dans le couloir, elle se releva d’un bond, sortit sur la galerie et courut jusqu’à la porte-fenêtre qu’elle savait être celle de sa chambre.
La pièce était vide. Il était parti.

Un sanglot dans la gorge, Tina revint dans sa chambre et se jeta sur le lit, se retenant de fondre en larmes.

Un léger bruit, au-dehors, la fit se retourner. Elle regarda par la porte-fenêtre et, à sa grande surprise, elle l’aperçut là, torse nu, éclairé par la lune. Il la regardait. Il paraissait si calme qu’il devait l’observer depuis un moment. Soudain, il entra dans la pièce et se dirigea droit vers elle. Tina n’eut pas le temps de s’écarter : il l’avait déjà attrapée par le bras pour l’attirer contre lui.

- Vous n’avez pas le droit…, protesta-t-elle. Vous ne pouvez pas entrer dans ma chambre comme si…

Elle ne put terminer sa phrase. Il s’était emparé de ses lèvres pour un baiser passionné. Sauvage.

- Vous êtes venue devant ma chambre, dit-il en relâchant ses lèvres. Pourquoi ?

- Pour vous dire au revoir.

- Non.

- Pour vous dire au revoir !

- Vous mentez, Tina. Vous êtes venue pour autre chose.

- Non.

- Dites-moi pourquoi.

- Pour vous dire…

- Je veux la vérité !

- J’étais venue…

- Pour moi. Et pour ça…

Il l’embrassa encore. Tina aurait voulu se débattre, lui échapper, mais au lieu de cela elle lui rendit son baiser. Sa sauvagerie l’effrayait autant qu’elle l’attirait. A cet instant précis, elle ne pouvait rien rêver de plus beau que de se trouver dans ses bras puissants. Bonté divine, elle devait absolument se reprendre ! Ne pas oublier qu’il la haïssait !

Il la relâcha soudain et s’écarta d’elle pour la contempler. Aucune lampe ne brûlait dans la pièce. La seule clarté de la lune accentuait le contraste entre la blancheur de sa peau, celle de sa chemise de nuit et le flamboiement de ses cheveux. James s’approcha de nouveau d’elle.

- Attendez ! dit-elle.

- Attendre quoi ? J’allais partir de cette maison, vous m’avez décidé à rester. Vous ne pourrez plus m’arrêter, à présent.

Elle faillit crier quand il commença à délacer sa chemise de nuit. En quelques secondes, elle se retrouva nue dans ses bras, tremblante de désir et d’appréhension. Quand il voulut la coucher sur le lit, elle trouva enfin la force de le repousser et s’aperçut qu’il souriait.

- Je ne vous laisserai pas vous moquer de moi, ni me ridiculiser ! lui lança-t-elle. Jamais !

Il secoua la tête.

- Je ne me moquais pas de vous, mais de moi, murmura-t-il. Parce que, au lieu de quitter Cimarron, je vais rester ici toute la nuit. Dans cette chambre. Le petit papillon s’est approché trop près de la bougie…

 

 

 

 

Hihihi. J'adore ça. C'est délicieusement niais.

Même si l'histoire, à la base, est élémentaire, nous avons un mâle beau, arrogant, tiraillé par ses deux cultures (blanche et indienne) et une héroïne tout aussi charmante, au caractère bien trempé. Fatalement l'attirance entre les deux est immédiate, mais animée par la haine. En effet l'homme abhore la jeune femme pour ce qu'elle représente (la fille du colonel qui extermine tous les indiens Séminoles) et elle s'en veut de céder si facilement à la passion, car elle a sa fierté et son orgueil, je ne parle pas de sa vertu dont elle fait peu de cas !

Leur liaison est impossible, mais l'interdit est irrésistible et nos deux amants vivent une passion qui me rend coite. Là où la belle dit non, son corps dit oui. Le bellâtre use et abuse beaucoup de rudesse et de gestes sauvages, c'est écrit souvent, l'auteur insiste, à tel point que je me suis demandée qui de l'auteur ou du traducteur était venu à bout de son dictionnaire de synonymes.

Sans quoi, j'ai beaucoup aimé suivre le jeu du chat et de la souris entre ces deux amants (qui mériteraient des claques). C'est une lecture qui se dévore en une soirée, avec beaucoup d'aventures et de passions comme l'indique la collection. 

harlequinades

 

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31/07/09

lectures du mois #7

juillet a été un mois extraordinaire, même si en tant que lectrice j'ai souvent rencontré des hauts et des bas, abandonnant beaucoup de livres, ne donnant guère de chance à certains, parce que je n'avais pas envie, pas la tête à ça, et malgré mes efforts il fallait me rendre à l'évidence, l'histoire ne s'imprimait pas dans ma petite tête. tant pis, inutile de crier au sacrilège, la lecture est aussi affaire de rencontre et d'instant, ça ne se discute pas, ou ce serait du temps perdu.

amis lecteurs, vous avez peut-être noté mes absences, mon manque d'assiduité dans les commentaires, et mes balades sur vos blogs ont également été très discrètes, ce n'est pas de la bouderie de ma part, c'est juste comme ça, en attendant, peut-être que ça reviendra, le principal reste que je partage ce que je lis, ce que j'aime, plus ou moins... c'est comme ça, comme dit l'ami florent pagny (le monsieur est actionnaire chez france bleue, la radio, c'est pas possible, la chanson passe en boucle, ça use !).

ma playlist "summer 2009"

rhaaa ! je ne sais plus éditer de playlist avec la nouvelle version de deezer !!!

marilyn_beach

*******

en juillet, j'ai aimé :

et d'autres lectures arrivent, avec une participation inattendue de ma part pour les harlequinades 2009 ! oui, oui, ma soeur, tu comprends maintenant pourquoi tu as été bombardée de mails pressants, à caractère d'urgence (masquée), mea culpa, et je lance le même message à la cantonnade, on ne sait jamais, un lecteur de passage pourrait devenir mon bienfaiteur sans le savoir, donc je recherche ceci :

les_foudres_dargent  souffle_de_satin
Dans la collection Passion - La saga des Delaney Edité par Presses de la Cité (en format poche)
Première édition en 1990
Traduction de Françoise Roche

-> Hélas pour moi, impossible de les trouver. Je fais donc appel à vos piles cachées, vos vide-greniers, vos bouquinistes, ou que sais-je. Merci ! J'ai lu ces titres il y a très longtemps, durant mon adolescence naïve et insouciante, et j'aimerais bien les relire, même si je risque de briser un "mythe" ! ^_^

Donc, au programme dans les jours prochains... de la romance, de la passion, de l'aventure. Des filles superbes, des garçons arrogants, de la passion torride. L'été sera chaud !

Août me tend les bras, j'arriiiiive... sur le même pas de danse ! ! ! !

harlequinades

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Triskellion ~ Will Peterson

Milan jeunesse, 2009 - 379 pages - 13€
Traduit de l'anglais par Jacqueline Odin

triskellionTandis que leurs parents règlent leur divorce, les jumeaux Rachel et Adam se rendent en Angleterre chez leur grand-mère maternelle. A Triskellion, l'atmosphère du village pèse. Il fait très chaud, pas un chien ne court les rues, les boutiques sont désertes. Le peu entr'aperçu donne des frissons, et en guise de bienvenue Adam se frotte à deux types du cru qui lui éclate le nez. Frère et soeur filent à toute allure sur leur bicyclette et se réfugient chez leur Bonne-maman Root. Le confort chez elle est rudimentaire, pas de réseau pour les portables, des pannes d'électricité dès qu'il pleut et une ligne téléphonique qui ne dépasse pas le coin de la rue.

Rachel et Adam n'ont pas fini de se questionner sur cette étrange localité, qui semble isolée du reste du monde et dont tous les bâtiments sont frappés du sceau de la triskèle, un symbole celtique avec des cercles. Un jour, en se perdant dans les bois, ils découvrent des hommes déguisés en train de constituer un tribunal improvisé, les deux accusés sont les sales types qui ont cassé la figure d'Adam. Attachés à un arbre, les garçons sont cagoulés et flagellés sévèrement. Les jumeaux sont intimement persuadés d'assister à une scène qu'ils ne devraient pas voir, ils sursautent au moment où les hommes des bois sortent d'une camionnette une tronçonneuse.

Il ne s'agit pas d'un livre d'épouvante, rassurez-vous, c'est simplement un roman fascinant, qui cultive la tension et l'angoisse dans un but mystérieux. Triskellion nous offre une véritable atmosphère, sombre et louche, au coeur d'un village où le temps semble s'être arrêté. La population a des secrets, même la grand-mère Root n'est pas extraordinairement hospitalière, elle est très pointilleuse sur l'appréciation à avoir concernant le commodore, Gerald Wing, le tenant du manoir, qui serait un homme bon et indispensable à Triskellion. Rachel et Adam ont pourtant failli être écrasés par son Land Rover alors qu'ils faisaient du vélo. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'ils essuient les brusques virements d'humeur des habitants, entre agacement excessif et empressement soudain d'être aimable. C'est franchement déconcertant.

En s'introduisant chez le commodore, poussés par un instinct basique idiot, les jumeaux et Gabriel - un curieux bohémien taciturne, nouvellement arrivé au village - dérobent un document ancien, très précieux. Aidés des confidences de l'apiculteur, Jacob Honeyman - et ce n'est pas une blague ! -, les adolescents vont s'improviser archéologues, contacter une équipe de télévision et mettre le village en émoi en déterrant ce qu'ils n'auraient jamais dû.

Atmosphère étrange et fascinante, personnalités troubles et inquiétantes, un vrai climat de tension et d'angoisse s'installe au fil des pages. Ce roman n'est que le premier tome d'une trilogie, il est foncièrement captivant. D'un rythme très lent, qui prend le temps d'installer les choses et de créer le suspense, ce livre happe littéralement le lecteur et mêle un peu trop facilement les genres, dans la dernière moitié, mais sans générer la moindre frustration. Vivement la suite. 

le site : http://www.triskellion.fr/ (avec bande-annonce sur youtube)

Will Peterson est le pseudonyme de deux auteurs : Mark Billingham et Peter Coks.

 

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30/07/09

Elyon, tome 4 : Au coeur des brumes ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2009 - 322 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_4Quelle surprise ! En tournant la page du tome 3, La Dixième Cité, le lecteur découvre qu'un nouvel ouvrage est désormais disponible, reprenant l'action là où elle se terminait, c'est-à-dire à bord du Warwick Beacon. Cela devient une habitude ! Cette fois, Alexa a l'esprit en paix, la tête tournée vers la découverte de nouvelles contrées, les oreilles à l'écoute d'une histoire passionnante, contée par Roland Warvold, et qui révèle le passé étonnant de Roland et son frère Thomas.
Il s'agit donc d'une nouvelle série, inspirée de la première, mais totalement indépendante, puisqu'elle peut être lue sans la connaissance des trois précédents volumes d'Elyon. Selon l'auteur (astucieux), c'est aussi un moyen de donner envie, le fait de lire ce "prequel" incite les nouveaux lecteurs à se passionner pour les mystères de la terre d'Elyon et les aventures qu'ils engendrent.
L'histoire de Roland raconte donc sa sinistre enfance passée dans la répugnante Maison sur la Colline, son évasion et celle de son frère, annonçant ainsi le début de nouvelles péripéties. Ils vont découvrir ce que signifient leur étrange tatouage, croiser des personnages qui compteront énormément dans la suite de l'histoire et explorer de nouveaux territoires inconnus.
A vrai dire, en prenant connaissance de l'existence de ce tome 4, j'étais étonnée, persuadée d'avoir bouclé une série - une trilogie, que dis-je - soudainement transformée en saga. J'ai déjà exprimé mon scepticisme à ce sujet, cf. Artemis Fowl, je ne vais pas revenir sur ce principe déconcertant qu'ont les auteurs de rallonger des séries à l'infini.
Malgré cela, je ne suis pas mécontente de renouer avec un univers qu'on a du mal à quitter, la terre d'Elyon et le destin extraordinaire d'Alexa. Patrick Carman a déjà prouvé qu'il était un véritable créateur d'atmosphère et un formidable conteur d'histoire. Cet ouvrage en est la preuve ; de plus, il tisse avec brio une intrigue autour du passé et du présent, de nouvelles personnalités se dévoilent, des secrets vont émerger et probablement cela va éclaircir des détails restés nébuleux précédemment.
Le monde d'Elyon est un monde passionnant, n'hésitez pas à vous laisser convaincre !

 

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Elyon, tome 3 : La Dixième Cité ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2008 - 230 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_3J'ai lu les deux premiers volumes d'Elyon, à quelques mois d'intervalle, en 2007 (ici et ici). J'avais aussitôt été embarquée dans cet univers particulier, sombre, mystérieux créé par Patrick Carman : une jeune héroïne de douze ans se voit confier la mission de causer la perte de créatures immondes et redoutables, qui s'entourent des ogres pour assouvir leurs ambitions. Alexa a toujours compté sur l'aide et le soutien de ses amis, dont Yipes, un petit bonhomme haut comme trois pommes, ou des animaux avec qui elle peut communiquer grâce à la pierre de Jocaste... Pas besoin de refaire le film, il faut lire cette passionnante trilogie pour se rendre compte de sa qualité.
J'ai un peu traîné avant de lire le troisième tome, La Dixième Cité, et je le paie en retour. Dans les premières pages, je me suis sentie complètement paumée, coupable d'avoir oublié les personnages et le but de la mission. Alexa et ses compagnons naviguent à bord du Warwick Beacon sur l'océan de Solitude, réputé sauvage et intrépide. Jamais personne n'a su dompter ces eaux imprévisibles. Mais Alexa n'a pas le choix, son ami Yipes a été kidnappé par Grindall, et Elyon compte sur elle pour affronter Abaddon qui cherche à ruiner le calme de la région.
Au cours de cette aventure, les dangers affluent sur les eaux, dans les airs, sur et sous la terre. Le menace est partout. Alexa, pourtant, excellera à briller dans chacune des épreuves rencontrées, ne manquant jamais de courage ni de témérité. Elle viendra à bout de son épopée avec la confession d'un terrible secret sur ses origines, et la dernière page se tourne.
Toutefois, d'autres aventures nous attendent puisqu'un 4ème volume vient de paraître, qui entame une autre palpitante saga à suivre !

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