28/11/18

Méto : L'intégrale (version anniversaire), par Yves Grevet

Méto intégrale version anniversaire

Dix ans déjà que cette trilogie culte fascine, intrigue, interpelle chaque lecteur qui pose son regard sur la couverture illustrée par Thomas Ehretsmann. Le lecteur l'ignore, mais le verrouillage est activé.
Il y a en effet ce CRAC légendaire, un bruit à peine audible dans un dortoir où règne un silence angoissant. Des voix chuchotent, c'est pas moi, c'est lui. 
Au matin, tous constatent qu'un lit a craqué et la panique monte d'un cran. Mais pourquoi ?
À ce stade, impossible de reposer l'ouvrage ou de poursuivre son chemin en faisant comme si.
Impossible.
L'histoire de Méto ne se raconte pas. Il faut s'y aventurer en toute confiance et savourer sa parfaite maîtrise, son suspense et sa mise en scène. Tout y est. On débarque dans une Maison sur une île, où vivent une soixantaine d'enfants, tous distincts selon des rubans de couleur. Or, tous semblent redouter qu'ils se déchirent (ou que leur lit se brise). Alertés, les César les conduiraient hors de la Maison. Par contre, nul ne sait ce qui les attend après.
Dans cette Maison, les règles sont strictes, les repas avalés à heure fixe selon un rituel établi, les corvées ne manquent pas, les enfants doivent se dépenser physiquement en pratiquant du sport (un jeu de salle appelé Inche) et suivent des cours sur la culture de la pomme de terre ou sur une chaudière.
Le reste, c'est mystère et boule de gomme.
Quel est donc ce monde que nous propose Yves Grevet ? Un univers étrange, dense et palpitant. Des personnages forts et mémorables. Une action qui suit son cours, entre aventure, anticipation et espionnage. Un lecteur tenu en haleine tout du long.
En dix ans, d'autres romans ont paru et creusé la perspective d'une société qui se renouvelle, qui déconcerte et qui chamboule notre imaginaire, mais MÉTO avait tout compris avant l'heure.
Voilà pourquoi il n'est jamais trop tard pour lire ou relire cette série. Ce n'est plus une nouveauté, mais dix ans d'un amour qui n'a jamais flétri. Les éditions Syros célèbrent donc son anniversaire en publiant une intégrale (des trois volumes) sous une magnifique jaquette dépliable. En chiffres, ce sont aussi 14 prix littéraires, 896 pages d'une intrigue passionnante et des traductions à travers le monde (8 langues dont le coréen, l'allemand, le russe ou le néerlandais).
Du grand, du bon, du très, très bon !

Syros, 2018  *** version anniversaire ***

« Ne te fais pas d'illusions: la seule voie de la survie est l'obéissance envers ceux qui détiennent du pouvoir. »

 

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21/11/18

Malo de Lange, de Marie-Aude Murail

Première parution en volume unique de cette fabuleuse saga à mi-chemin entre les Mystères de Paris et Charles Dickens.
Roman illustré en trois parties et 56 tableaux.

Malo de LangeUn bambin de deux ans, blond aux yeux bleus, est abandonné à l'hospice et recueilli par deux sœurs qui rêvaient d'une petite fille. Avec son charmant minois et son caractère enjoué, Malo devient vite la coqueluche des demoiselles de Lange.
Chouchouté dans un cocon douillet, il explore aussi le voisinage pour lier connaissance avec la ravissante Léonie de Bonnechose ou apprendre l'arguche avec La Bouillie. 
Mais les ennuis se présentent sous la figure de Riflard, qui prétend être le père de Malo. Bien entendu, ce type n'est qu'un escroc qui va kidnapper le garçon pour servir ses sombres desseins.
En attendant, la question sur les origines de Malo est posée. Que signifie cette fleur de lys tatouée dans son dos ? S'agit-il réellement de la marque des criminels ? Malo perd tous ses repères et décide de ne pas retourner chez les demoiselles de Lange.
À la place, il 
devient un grinche (autrement dit, un voleur) et s'associe avec d'autres jeunes égarés pour trousser les riches. La suite des aventures réserve d'autres surprises, au fil des rencontres et des rebondissements. On va cavaler derrière Malo, partager ses péripéties et assister à des drames, dans une excellente mise en scène qui relance sans cesse la lecture.
Le rythme est vif, les situations souvent inattendues et palpitantes. On rit, on tremble, on erre dans les rues de Paris, ambiance 19ème siècle, avec des yeux écarquillés et le cœur prêt à bondir hors de la cage thoracique. On tourne avec impatience les pages de ce roman-feuilleton amoureusement élaboré et empreint d'humour. C'est vraiment très, très bon. Cela m'a aussi fait grandement plaisir de retrouver ce héros charismatique et de reprendre une bouchée de son histoire étonnante et riche en émotions.
« Moralité, pour être heureux, il faut prendre les choses du bon côté, comme disait saint Laurent sur son gril, juste avant d'être retourné. »

L'école des loisirs (2018) - illustration de couverture par Régis Lejonc

 

 

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Club Audible : Le maître du haut château, de Philip K. Dick & lu par Bernard Gabay

Le maitre du haut chateau banderole

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945.

Au sortir de cette lecture, une impression confuse me gagne : la lecture n'est pas inintéressante, mais peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. L'histoire semblait prometteuse, par contre j'ai été surprise que le contexte reste si peu exploité. L'action est lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Même les révélations sur le Yi King, censées tout chambouler, tombent à plat car il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. 

Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick. 

J'ai bien aimé la voix de Bernard Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

©1962 / 2012 The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier. / J’ai Lu pour la traduction française.

(P)2018 Audible Studios.

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1 - Qu’avez-vous pensé de ce livre ? Avez-vous aimé ? La voix de Bernard Gabay vous a-t-elle plu ?

Impression confuse : une lecture pas inintéressante, mais qui peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. J'ai bien aimé la voix de B. Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

2 - Est-ce votre premier titre de Philip K. Dick ? Si non, pouvez-vous relier ce livre à un autre de ces romans ?

C'était mon premier titre de Philip K. Dick également ! Je connaissais l'auteur de nom (en fait j'ai découvert que nombre de ses histoires ont été adaptées au cinéma). J'ai voulu tenter. Bon. Ok. Je ne pense pas retenter un autre titre. En fait ça ne me correspond pas tellement. 

3 - Qu’avez-vous pensé de la contextualisation de cette fiction ? Aussi bien temporelle que spatiale ?

L’idée est géniale : l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre, les Etats-Unis sont divisés entre les vainqueurs et l'histoire se passe dans les années 60. Je n'en attendais pas moins, et puis non. Dommage : idée pas assez exploitée.

4 - Quelle a été votre plus grosse surprise dans ce récit ?

D'abord, grosse surprise d'avoir une action aussi lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Et les révélations sur le Yi King sont censées surprendre, sauf qu'il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Frustration, frustration.

5 - L’emploi des noms de familles allemands et japonais, ainsi que les accents du narrateur vous ont-ils aidé à vous immerger dans l’histoire ?

Ni plus ni moins. Mais le jeu de B. Gabay est irréprochable. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... Après, ce n'est pas facile d'identifier tout le monde ou surtout d'admettre que les personnages auront très peu (voire aucune) interactivité entre eux.

6 - L’uchronie dans l’uchronie : quel rôle dans le récit a selon vous le livre « Le Poids de la sauterelle » ?

C'est le grain de sable qui vient gripper la belle mécanique ! :) Roman souvent évoqué, virant à l'obsession pour certains, et puis... et puis... on réalise alors et enfin... Bref, il vient tout remettre en question et chambouler la perspective que Dick semblait tracer. Il nous roule bien dans la farine, le filou.

7 - Quel a été votre personnage préféré ? Qu’avez-vous pensé globalement des personnages ? Car ils possèdent presque tous une double identité.

Difficile d'avoir un personnage préféré ou de s'attacher à l'un d'eux en particulier. J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Gloups. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick.

©1962 / 2012, The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier.

(P)2018 Audible Studios. Lu par : Bernard Gabay. Durée : 10 h env.

le maitre du haut chateau club audible

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

 

20/11/18

Amelia, de Kimberly McCreight

Amelia Kimberly McCreightKate est anéantie en apprenant que sa fille vient de sauter du toit de son école. Amelia avait quinze ans, c'était une élève appliquée, sportive et discrète. Toutes deux avaient une relation de confiance, du moins le supposait-elle. Kate est avocate dans un gros cabinet de New York et culpabilisait de privilégier sa carrière à sa vie familiale. Nulle trace du père, silence radio à son sujet.
L'annonce du suicide provoque donc une onde de choc. Cela ne cadre pas avec l'image de sa fille. Elle pensait tout connaître à son sujet mais va vite faire marche arrière et plonger dans le déni. Un message l'avertissant que sa fille « n'a pas sauté » va finalement la soutenir dans son idée que les véritables causes sont encore cachées.
Que cache le suicide d'Amelia ? Mensonges, non-dits, règlements de compte, coups bas et trahisons. Un spectacle désolant des bassesses des ados qui s'activent sur les réseaux sociaux pour déchaîner leur violence. Et la vérité va s'imposer dans toute son horreur. On tombe sur des hyènes hystériques et anonymes qui déballent façon Gossip Girl pour exacerber la jalousie, la rivalité, la rancœur et l'intimidation. C'est affreux et affligeant. Les mômes sont sans pitié et pensent désormais que l'attaque est la meilleure défense.
Résultat, je n'ai pas du tout accroché. Ni l'histoire ni les personnages n'ont su me toucher. Ce roman est glaçant et cruel. Tout ce qu'il révèle est également triste, sombre et dramatique. Malgré mes attentes, ça ne prend pas. J'ai trouvé la lecture trop amère et écœurante : je suis totalement passée à côté.

©2015 Le Cherche Midi, traduction d'Élodie Leplat. Titre original : Reconstructing Amelia (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche. 

 

19/11/18

C'est pas du polar... mais ça craint quand même ! de Bruno Heitz

c'est pas du polar gj

Jean-Paul reçoit la visite d'un journaliste qui cherche par tous les moyens à guérir la dépression de sa femme.
Cette dernière vit en effet un sevrage difficile car elle a dévoré tous les romans de son auteur fétiche (Gaston Sidérac) lequel vient d'annoncer qu'il arrêtait sa série des Enquêtes du commissaire Grosjules. Le couple a donc mis au point un plan tordu afin d'attirer l'homme dans un appartement où ils veulent le séquester, en tout bien tout honneur, pour l'inciter à écrire, écrire, écrire.
Mais que vient faire notre Jean-Paul dans cette affaire ? Rien, ou presque. En vérité, l'épouse du journaliste n'est autre que cette chère Jacotte, son ancienne dulcinée. Quoi de plus logique de faire appel à lui pour les soutenir dans leur croisade...
Comme toujours, chez Bruno Heitz, l'aventure va partir en sucette mais les séquences saugrenues ne vont pas manquer ! Les amateurs de Simenon y retrouveront aussi des clins d'œil et une ambiance proche des romans de Maigret dans ce vaudeville parodique et haut en couleur. Résultat, c'est truculent à souhait.
Ce quatrième volume des mésaventures de Jean-Paul, anti-héros par excellence, est fidèle aux attentes. Les personnages sont tous grotesques et un peu cinglés, sans méchanceté pure et dure. Cette fois, même notre Jean-Paul est aussi le dindon de la farce.
Verdict final, c'est réussi. On rit et on passe un vrai bon moment. À la prochaine !

Gallimard BD (2018)

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L'Élue (La Sélection #3), de Kiera Cass & Lu par Claire Tefnin

la sélection l'élueDernière ligne droite pour les candidates de la Sélection, toutes désirant ravir le cœur du Prince Maxon, lequel hésite encore pour proclamer son élue. Ceci dit, le jeune homme semble s'être lassé des humeurs changeantes de cette chère America, qui détenait jusqu'à présent l'attention exclusive du galant. Ce désamour n'a évidemment pas manqué de piqué au vif sa jalousie et son orgueil. La demoiselle veut donc reprendre sa place de favorite et rejouer les héroïnes flamboyantes, sincères et éprises... mais disons qu'au terme de trois romans, la mascarade a cessé de faire illusion. On ne croit plus du tout ses discours, ses combats, ses motivations. C'est fini. Ce dernier tome a eu raison de ma patience : la série est romanesque, passionnelle et chichiteuse (on absorbe sucre et guimauve à fortes doses). C'est assez magique, j'avoue avoir été éblouie au début. Mais le caractère de l'héroïne est trop pénible. Elle cristallise tout ce qui agace, incarne un idéal éculé (la nana issue d'un milieu très défavorisé, venue défendre ses chances pour le bien de ses proches, qui symbolise la flamme de l'espoir parce qu'elle part en roue libre et s'exprime sans filtre). Ça fait très poudre aux yeux et paillettes dans les airs, donc limite indigeste. Il n'y a, de plus, aucune grande surprise dans ce dénouement, les solutions sont apportées sur un plateau d'argent et on a le sentiment d'un calme plat sur presque toute la lecture (seules les 30 dernières minutes veulent nous tirer de notre torpeur). Un peu maladroit. Au final, ce n'est pas une mauvaise lecture, simplement elle est beaucoup trop lisse et attendue. C'est aussi trop mielleux pour évoquer l'injustice, la rébellion, la pasionaria... on reste en surface. Par contre, c'est super romantique et proche du conte de fées donc ça ne peut que plaire auprès du public !

©2014 THE ONE / Kiera Cass / Éditions Robert Laffont. Traduit par Madeleine Nasalit

(P)2018 Audiolib. Lu par Claire Tefnin. Durée d'écoute : 6h 50

 

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En poche ! Où est passée Lola Frizmuth ? par Aurélie Gerlach

lola frizmuth

Folle amoureuse de Tristan, qui vit actuellement au Japon, Lola Frizmuth décide de partir sur un coup de tête pour le rejoindre. Elle prend donc le premier vol pour Tokyo et se présente la bouche en cœur devant la porte de son chéri. La suite ne va pas se passer comme prévu. Lola va se retrouver seule, dans la panade, avec une bande de Yakuzas à ses trousses !

Invraisemblable ? Qu'importe ! Attendez-vous surtout à une histoire follement cocasse au pays du Soleil Levant avec une héroïne au charisme ravageur. Résultat, le roman se boit comme du petit lait : il y a du rythme, de l'humour, des personnages délirants (entre autres, le gangster à la retraite qui passe désormais son temps à boire une bière au soleil en caressant son petit chat).

Lola Frizmuth est une tornade blonde, qui chamboule tout sur son passage et rend la vie de ceux qui la croise sens dessus dessous. On craque aussi pour le jeune stagiaire de l'ambassade, avec son look de premier de la classe, pas du style à casser la baraque, et pourtant embringué dans une course-poursuite infernale. En bref, on ne s'ennuie pas une seconde. C'est pétillant et mené à fond de train. Et on adore ça. Pour une première entrée en scène, Aurélie Gerlach avait su taper fort et avec brio ! Auteur à suivre, sans nul doute.

Pôle Fiction (2018) chez Gallimard jeunesse

Illustration de couverture : Camille Benyamina

 

 

 

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16/11/18

Dans la gueule du loup, de Michael Morpurgo & Barroux

dans la gueule du loupCe roman de Michael Morpurgo n'est pas un énième roman sur la guerre, mais plutôt un bel hommage rendu à ses oncles. Francis et Pieter Cammaerts appartiennent désormais à l'Histoire. Et c'est une belle histoire que nous offre l'écrivain entre ces pages.
Derniers nés d'une famille comptant déjà quatre filles, Francis et Pieter ont grandi en creusant leurs différences. Très tôt, l'un a préféré les études et l'enseignement, tandis que l'autre rêvait de devenir comédien. L'un était d'un tempérament discret, l'autre passionné. Dès la déclaration de la guerre, leurs opinions étaient également tranchées. Pieter s'engage pour combattre la tyrannie, Francis prône un discours plus pacifique. Il devient objecteur de conscience et est envoyé dans une ferme dans le nord du pays.
Mais la mort de son frère va bouleverser son destin. Malgré ses convictions et ses idéaux, Francis va s'enrôler pour rejoindre la résistance et partir en France.
Son parcours nous est alors rapporté dans les grandes lignes. L'homme vient de fêter son 90ème anniversaire, entouré de toute sa famille. Il se sent fatigué mais conserve une excellente mémoire au moment de convoquer les héros de ses jeunes années. Il raconte ainsi leur courage et leur peur, les routes de France, les planques, les missions, les arrestations et les fusillades.
C'est un récit pudique et néanmoins admirable, qui fait vibrer la corde sensible quand on songe que tous les personnages ont bien existé. C'est sans doute le roman le plus personnel, pour Michael Morpurgo, et c'est ce qui le rend encore plus attachant. Barroux y met son grain de sel, avec ses illustrations dont la force évocatrice n'est plus à démontrer.
Très beau roman, vraiment.

Gallimard jeunesse (2018) - illustrations de Barroux

traduction de Diane Ménard

 

 

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14/11/18

Par un matin d'automne, de Robert Goddard

Par un matin d'automneLeonora Galloway est en pèlerinage dans la Somme pour se recueillir sur la tombe de son père et confier à sa fille tous les secrets entourant son histoire de famille. En effet, le mystère a longtemps plané sur ses parents : sa mère est morte peu après sa naissance, laquelle est survenue un an après la disparition de son père, mort au combat. Cette ombre au tableau familial a ainsi profité à la seconde épouse de son grand-père, une séductrice impénitente, qui a également manipulé son entourage pour dérober l'héritage et exacerber le sentiment de culpabilité de Leonora. Le temps a passé mais les souvenirs sont toujours vivaces. C'est, du moins, ce que m'inspire cette lecture, intense, romantique et captivante. On replonge dans le passé des personnages, dans une Angleterre isolée, en pleine campagne, là où se situe le manoir de Meongate. On revit les bonheurs et malheurs de la narratrice, le drame de ses parents, et tant d'autres vies fauchées ou emportées par le destin impitoyable... J'avoue avoir préféré, de loin, toute la première partie du roman, à Meongate, qui colle typiquement aux grands classiques anglais, car la suite réserve plus ou moins de bonnes surprises (la succession de rebondissements s'avère un peu pénible car peu crédible au final). Somme toute, la lecture est facile, elle s'écoute non sans une certaine dévotion et on y prend goût ! Au casting, Olivier Chauvel est excellent, Bénédicte Charton tient la distance même si elle accentue un poil trop la note mélodramatique à son interprétation.

©2010 Sonatine. Traduit de l'anglais par Marie-José Astre-Démoulin (P)2017 Audible Studios

 

Une enquête de Vipérine Maltais : Mortels Noëls, de Sylvie Brien

Retrouvons notre héroïne venue du Québec dans cette série policière remise au goût du jour (en format poche).

viperine maltais mortels noels

Vipérine et sa sœur Olivine sont élèves dans un pensionnat religieux, à Montréal. Nous sommes en plein hiver 1920 et il fait un froid de canard. Mais un fait plus grave vient les tirer de leur torpeur : une des religieuses prétend avoir échappé à une tentative de meurtre durant son sommeil. La directrice convoque discrètement Vipérine dans son bureau et lui demande de faire la lumière sur cette affaire. Miss Maltais mène son enquête, fouillant dans les archives, en souvenir d'une lointaine légende et du conte d'Andersen.

Ce premier tome donne lieu à des présentations d'usage, assez formelles et néanmoins plaisantes. Pour qui aime le dépaysement et le charme vintage, cette lecture est tout à fait engageante. L'héroïne se caractérise par sa débrouillardise et son intelligence (elle prétend avoir un physique ingrat... c'est faux !). Et même si le suspense n'est pas renversant, l'ambiance est assez semblable aux romans d'Agatha Christie... ma foi, un patronage fort honorable.

La couverture illustrée par Caterina Baldi est également ravissante !

Une enquête de Vipérine Maltais : Mortels Noëls, de Sylvie Brien

Folio Junior (2018)

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