17/01/07

Mercredi, jour des enfants (bis) !

C'est bien simple : nous pourrions vous parler indéfiniment des livres qui nous éblouissent, qui nous touchent et nous renversent ! Alors pourquoi 1 seul livre par mercredi ?! Non, pardi :

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Lâtchi est une jolie petite chatte blanche qui vit choyée dans son grand palais. Toujours de bonne humeur, Lâtchi savoure les bonnes choses et ronronne de bonheur dans la baignoire aux nénuphars de sa mère. Mais voilà qu'un matin, en sortant du bain, Lâtchi sent qu'elle n'est pas dans son assiette. Quelque chose va de travers, elle a perdu son sourire. Branle-las de combat, que personne ne sorte ! Il faut mettre la main sur le sourire égaré.

Hélas, aucune trace. Lâtchi est désespérée. Elle se confie à sa marraine qui lui conseille de se rendre sur la Colline du Renard Mort pour rencontrer un grand magicien, un sage qui sait lire dans les rêves. Dès le lendemain, Lâtchi se met en route et croise un chat au pelage constellé d'étoiles. A l'aide de 3 cartes, il lui donne la liste des ingrédients nécessaires pour préparer une décoction qui lui rendra son sourire !

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On devine la cachette secrète du sourire perdu, mais j'ai aimé que Miss C. se laisse absorber par cette histoire, gobant chaque mot de ce texte fort riche et intelligent. Louise Heugel considère ses lecteurs comme des esprits prêts à s'ouvrir pour réfléchir et rêver. Car l'histoire de Lâtchi est un joli conte initiatique, démontrant le courage d'une petite princesse gatée qui n'hésite pas à accomplir mille efforts pour obtenir les éléments essentiels de son remède. C'est une leçon gentille, dont la lecture demande l'accompagnement d'un adulte pour guider l'enfant dans son observation. Le texte est riche et palpitant, les dessins sont d'une couleur chaude et chatoyante, avec des motifs orientaux. Cet album est raffiné. Pour les enfants, il permet de s'évader et de voyager dans sa tête, forçant la folle du logis (qu'est l'imagination) de faire du grand ménage dans son esprit. Jolie invitation, jolie lecture dépaysante...

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(Contemplation de Miss C., totalement absorbée dans sa lecture ... dont voici l'illustration qu'elle préfère, avec nos plus plates excuses pour les couleurs, mais ce n'est pas facile avec ce temps de cochon de faire des photos qui valent le coup d'oeil ... Cette lecture fut totalement captivante pour Miss C. qui a délaissé sa dînette, qu'on aperçoit dans le fond, pas loin de là !... ô bazar chéri ! .. )

La princesse Lâtchi Mâ par Louise Heugel

Mango jeunesse

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Mercredi, c'est permis (pour les enfants) !

Je crois que nous avons tous besoin en ce moment de quelques bulles de douceur, alors je vous invite à découvrir ce livre qui dévoile ... la recette du bonheur !

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Voici donc Lili Coquelicot, sa peau noire, ses cheveux frisés, sa jupe rouge (elle ressemble ainsi à sa fleur préférée), qui débarque dans une grande ville grise, avec des tours de béton et de verre, où la chaleur est collante et étouffante. Elle se glisse dans un restaurant en clamant "Je fabrique le bonheur. En voulez-vous ?" . Les regards sont désintéressés, les yeux pensent d'elle que c'est une folle, les responsables sont pressés et lui demandent de remplacer la cuisinière malade. Lili Coquelicot accepte avec plaisir !

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Elle réchauffa un peu de miel, le transforma en caramel et ajouta, sans délai, une pincée de secret de fée. Sa recette prête, Lili Coquelicot sortit, satisfaite : "Goûtez-moi cette merveille !"  La combine fait mouche, les têtes se touchent, les langues se délient et aussitôt dans le restaurant tous les clients papotent, rigolent et leurs murmures de bonne humeur emplissent l'air du réfectoire. La bonne parole se répand, les clients accourent chez Lili Coquelicot pour goûter sa recette du bonheur !

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Pourtant, il y a au fond du restaurant un client qui rouspéte. C'est toujours le même, énorme et renfrogné. Son visage rouge, sa grande bouche et sa colère lui donne l'air d'un ogre. Toujours il commande dix hamburgers au jambon dans dix boîtes différentes. Lili Coquelicot a beau le charmer, impossible de le dérider, ce monsieur grincheux ! Et puis, un peu de douceur de lait et ... miracle !

Mais bon, c'est bien gentil de faire des merveilles, de donner le sourire aux lèvres à ceux qui en avaient cruellement besoin... Un jour, cependant, Lili Coquelicot a le moral dans les chaussettes. Pas besoin de magie pour réparer les soucis, surtout si on peut compter sur ses nouveaux amis ! Lili Coquelicot va vite le comprendre !

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Alors, ça vous a plu ? Ouiiiii, clame Miss C. Enchantée par l'idée de la recette du bonheur, la petite a été éblouie par la pétillante Lili Coquelicot, jolie, souriante et féérique. On en rêve !!! L'histoire a été écrite par Christine Palluy, bien connue à la maison pour avoir été l'auteur d'autres albums de princesses et de fées, donc forcément on adore sa plume et ses idées qui sont originales, qui donnent la pêche et qui invitent à voler vers le pays imaginaire. Les illustrations d'Aline Bureau complètent l'enthousiasme, elle a dessiné une formidable Lili Coquelicot, vraiment séduisante, à vous faire tourner la tête. Et cette idée de la fabrique du bonheur n'est-ce pas un concept génial, vers lequel on s'immerge avec l'espoir fou de trouver son compte ?! Aussi, croyez-y car c'est tout à fait efficace !!

Lili Coquelicot, ou la Fabrique du bonheur - Christine Palluy & Aline Bureau

Editions Lito

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16/01/07

Hit-Parade - Arnaud Guillon

hit_paradeLa vie est ainsi faite qu'on garde toujours en mémoire des petits et grands instants parce que, par exemple, une chanson vous rappelle ce moment sacré, fouillant dans vos entrailles, pour votre mettre au pied du mur des souvenirs.

Arnaud Guillon est le jeune écrivain devenu "expert" en la matière, depuis ses premiers romans (Ecume Palace, 15 Août, Près du corps), il cultive la nostalgie qu'inspire toute réminiscence. Avec Hit-Parade, il s'inscrit pour la première fois à l'exercice laborieux de la nouvelle. Mais quand on sait qu'il était habitué aux petites histoires sensibles et délicates, on se doute que sa copie ne peut qu'être encourageante et remplie de ce charme suranné, autant d'effets de style qui sont désormais SON style.

Dans les 6 nouvelles, les personnages ressentent le flot des souvenirs leur tomber sur les épaules, car ils se trouvent soudainement plongés en arrière, dans un appartement fréquenté durant leur adolescence, à jamais associée aux notes de Jean Ferrat, ou un couple au bord de la rupture peut dédier à Françoise Hardy d'avoir été la coordinatrice secrète du début et de la fin de leur histoire. Il y a finalement dans "Les plus jolis pieds du monde" un hommage aux Beatles à travers les pensées rêveuses du narrateur, absorbé par son "Abbey Road" et la célèbre photo d'un 8 août 1969. Les autres nouvelles portent des tributs plus discrets, ou teintés d'humour léger, comme dans "Milano Centrale" où "life on Mars?" est "à jamais associé à l'un des épisodes les plus absurdes de ma vie".

Ainsi va la plume d'Arnaud Guillon, toujours au plus près de la nostalgie, des émotions léchées, du temps passé et des trémolos dans la gorge, c'est un peu trop mélo dans un texte en particulier ("Le chagrin d'une vie"), mais c'est dans l'ensemble d'une grande maîtrise dans l'élégance, dans le toujours trop-peu, jamais-assez. Le texte qui commence ce livre, "Blanc comme l'oubli", est tellement bouleversant qu'on aimerait un roman complet rien qu'avec cette idée !

Plon

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15/01/07

Arnaud Guillon en romans

guillon_arnaudQuelques mots sur la bibliographie d'un auteur, Arnaud Guillon, dont la lecture des romans rappelle un certain Modiano à ses débuts ... Il vient de publier un recueil de nouvelles, Hit-Parade, dont je vais vous parler demain !

15 août : Paris, l'été. Pierre, écrivain de trente-sept ans, rencontre Sacha, également la trentaine, jeune maman qui vit séparée de son compagnon. Plus qu'un coup de foudre, la relation est fragile car elle pousse le narrateur vers cette femme, belle, mystérieuse mais insaisissable. De plus, elle lui rappelle farouchement son ancienne petite amie, Marie. "15 Août" figure parmi mes préférés, essentiellement pour la figure de Sacha, un croisement intelligent entre les blondes héroïnes d'Hitchcock et Audrey Hepburn. La blondeur, le foulard, les lunettes noires et les petites robes seyantes, bref je savoure !

Ecume Palace : De retour en Normandie,  sur les traces de son enfance, le narrateur revient vers Ecume Palace, l'hôtel où il résidait tous les étés avec sa famille. Aujourd'hui on lui apprend que ce lieu va être rasé, forçant ainsi l'homme à se poser sur la mémoire des murs et du lieu de toute une époque. Il se promène pour retrouver un monde qui n'existe plus, qui a grandi et qui a enterré l'enfance et l'insouciance.  C'est un constat difficile pour cet éternel célibataire prisonnier du passé et de ses rêves. Ce roman est très nostalgique, il sonne comme une balade dans les années 60. Toute cette époque est décrite, reproduite,  avec finesse et poésie...

Daisy printemps 69 : Daisy est une jeune anglaise de vingt ans, actrice débutante, qui rencontre dans une librairie le narrateur, Michel, écrivain d'un premier roman "Fin d'été". Michel va être fasciné par la jeune femme, il va la suivre, devenir son ami, son confident. Un troisième acteur, Andrew le photographe, prend place dans l'histoire, et c'est un tourbillon de la vie qui commence. Il s'agit du tout 1er roman de l'auteur, assez amer et désolé, au style hélas plombant, qui sert une histoire tristounette. C'est loin d'être son meilleur ! Malgré le décor printanier de "Daisy, printemps 69", ça ressemble plus au poème de Verlaine : "Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon coeur d'une langueur monotone. Tout suffocant et blême quand sonne l'heure je me souviens des jours anciens et je pleure. Et je m'en vais au vent mauvais qui m'emporte deça delà pareille à la feuille morte." - ça résume tout ! Dommage.

Près du corps : Dans une villa en bord de mer, Daddy (le grand-père de 91 ans) vient de mourir. La famille est réunie pour une ultime fois, coincée dans cette grande maison aux volets fermés, en pleine canicule. C'est l'occasion pour le narrateur de se rappeler les bons moments passés dans ce lieu inoubliable, avec ses cousins, et de prendre ainsi conscience du poids que le temps trace en filant comme l'éclair... C'est un album de souvenirs qui se feuillette, en couleur sépia, dans une grande maison où des corps explosent de vie dans la mer, à deux pas de là.  "Près du corps" a l'odeur d'eau de cologne retrouvée au fond d'un placard, ou le bruissement du vent dans les arbres, des mots qui se chuchotent, des confessions qu'on dévoile une première et dernière fois. C'est un univers clos, un microcosme rempli de photos jaunies, de rires d'enfants et de sanglots étouffés.

  • Près du corps sort très prochainement en poche chez Pocket !

(Les premiers romans d'Arnaud Guillon ont été publiés chez Arléa, depuis Près du corps il est chez Plon.)

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On n'empêche pas un petit coeur d'aimer - Claire Castillon

on_n_empeche_pas_un_petit_coeurDeuxième exercice de style pour Claire Castillon, après son 1er recueil de nouvelles particulièrement jubilatoire ("Insecte"), "On n'empêche pas un petit coeur d'aimer" est un livre plutôt attendu et qui finalement s'annonce un peu décevant, car beaucoup moins bien que "Insecte". C'est clair et c'est juste un peu dommage.

Dans ce 2ème livre, donc, il est plus question de couples et des gens qui s'aiment, mais aimer est un mot tellement grandiloquent, qui implique une exigence envahissante et ambitieuse, on le sent instinctivement. Les personnages de Claire Castillon reflètent la fragilité, la démence, l'hystérie et la mélancolie des sentiments.

Quelques nouvelles sont franchement réjouissantes, à la fois drôles, mordantes et caustiques, elles reprennent le style de Claire Castillon qui est une invitation à la folie douce. Des êtres fêlés et désabusés se croisent, des dialogues surréalistes pleuvent, c'est ainsi dans quelques nouvelles où on adore le mélange d'humour amer et de provocation gentille. C'est donc dommage que l'exploit connu avec "Insecte" ne se soit pas reproduit. On aime bien celui-ci, car c'est indéniablement une écriture particulière, un style incomparable et un univers déjanté, mais on n'aime pas jusqu'à la folie. C'est tout.

Fayard

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14/01/07

La musique du dimanche

Parce qu'ILS sont pour moi LE meilleur groupe de tous les temps ...

... et ici je suis bluffée ... 

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Mal de pierres - Milena Agus

mal_de_pierresLa narratrice nous raconte une histoire passionnante de sa saga familiale, à petite échelle, dans l'île de la Sardaigne où tout commence avec le mariage de sa grand-mère, bien malheureuse d'être à 30 ans toujours célibataire et repoussée par ses soupirants, qui conclue donc par dépit son alliance avec un type arrivé chez ses parents (trop heureux de marier cette fille impossible). Pourquoi, impossible ? Car la grand-mère est une femme très belle, mais elle traîne une réputation d'allumée qui écrit des poèmes olé-olé à ses amoureux. Pour fuir la honte sur la famille, la grand-mère est donc mariée à ce veuf qu'elle n'aime pas, mais lui non plus ne l'aime pas, il accepte d'ailleurs la chasteté et court se soulager dans les maisons closes. Jusqu'à ce que la grand-mère réagisse, à le voir fumer sa pipe tranquillement, un soir, dans la cuisine ...

Il y a aussi ce voyage en cure thermale à l'automne 1950 sur le continent où la grand-mère, âgée de 40 ans, rencontre le Rescapé, un individu marqué aussi par les coups du destin, et entre eux va naître une belle histoire d'amour qui marquera à jamais la grand-mère. La vie de cette grand-mère est ainsi racontée en pointillés par la petite-fille, qui rapporte le témoignage des uns et des autres, puisant sur son instinct et l'amour qu'elle nourrissait pour cette femme mystérieuse, qu'on croyait un peu folle. Jusqu'à la dernière page, le lecteur n'aura de cesse d'attendre le gong de la sentence finale, "sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il". L'amour devient une entité presque maladive, une folie héréditaire et une résolution qui s'approche parfois de la malédiction. Ce roman de l'italienne Milena Agus est étourdissant, il raconte une histoire fascinante, avec des personnages extraordinaires, qu'on quitte à regret. C'est une lecture sensible, à l'aura troublant, qu'on lit avec émerveillement sur quelques 120 pages.

Liana Levi

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13/01/07

Cette sacrée vertu - Winifred Watson

cette_sacr_e_vertuPrésentation de l'éditeur
A 9h15, Miss Guenièvre Pettigrew, vieille fille aussi vertueuse que résolument opposée à toute coquetterie, apprenait qu'une certaine Miss Lafosse cherchait une bonne d'enfants... A 9h45, elle sonnait chez Miss Lafosse et trouvait au lieu des enfants attendus, une ravissante jeune femme en déshabillé vaporeux et un monsieur à demi endormi ! A 10h15, elle se voit embarquée dans un imbroglio sentimental inextricable. A 15h13, elle console, avec un art et un doigté qui l'étonnent elle-même, une jeune fille en pleurs qui vient de se disputer avec son fiancé. A 17h02...

Je vais me tenir à la 4ème de couverture où "Mais chut ! Révéler ce qui attend Miss Pettigrew avant la fin de cette journée mémorable, c'est risquer de troubler le plaisir du lecteur qui, de surprise en surprise, sera entraîné dans un tourbillon d'éclats de rire jusqu'à la trouvaille finale"... Alors ok, n'en dévoilons pas davantage sur ce roman malicieux, tout en discours et qui rappelle la grande tradition du théâtre burlesque. Ici on savoure heure par heure les joies et déconfitures d'une Miss Guenièvre Pettigrew, romanesque et vieille fille guindée, qui clame une haute idée de la vertu à l'entourage frivole dans lequel elle vient de mettre les pieds. Alors, c'est très drôle, les situations cocasses ne manquent pas, Miss Pettigrew est absolument charmante, jamais ennuyante ou rasante avec ses préceptes "vertueux". C'est, au contraire, une comédie enlevée et rigolote qui fut publiée pour la première fois en 1938 - quel panache, vingt dieux !

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** Je dois cette découverte à une délicieuse blogueuse dont les goûts (très sûrs) sont synonymes de tentations à la pelle, et je n'ouvre pas la malle aux favoris ! ... **

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Crépuscule ~ Susan Minot

J'ai souvent considéré Susan Minot comme l'héritière de Sylvia Plath et Laurie Colwin. Un regard vif, une plume sèche mais enlevée, des histoires simplettes avec toujours une profondeur d'âme chez les héroïnes... Souvent l'introspection donne de l'eau au moulin et dans le cas de "Crépuscule" le procédé est assez bien mené, même s'il peut déconcerter certains lecteurs. La narration n'est jamais linéaire, les voyages dans le temps incessants. Les souvenirs de 1952 ont un peu une image fitzgeraldienne, donc assez plaisante et batifoleuse. Pourtant il y a un drame derrière cette palissade. On le découvre vers la fin, évidemment. Par contre, j'ai trouvé et moyennement apprécié que l'auteur cherchait à comparer Ann à l'héroïne des "Hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë, bof ! S'ajoute aussi un sentiment de quelques longueurs. Sans quoi, ce roman se lit de bout en bout avec plaisir !

lu en janvier 2006

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12/01/07

Paris ne finit jamais - Enrique Vila Matas

Paris_ne_finit_jamaisÀ l'occasion d'une conférence qu'il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d'apprentissage littéraire à Paris. A cette époque, le jeune homme se voulait "très pauvre" et "heureux", comme Hemingway à ses débuts, mais Vila-Matas s'est abstenu de réel bonheur, il était en fait très "malheureux" (et pauvre comme Job). Vila-Marquas était à Paris pour écrire son premier roman, "La lecture assassine" (où la lecture du manuscrit devait entraîner la mort du lecteur !), et bénéficiait d'un soutien remarquable en la personne de Marguerite Duras, qui devint sa logeuse.

Vila-Matas est un "malade" d'Hemingway et cherche à tout prix à lui ressembler, quitte à participer à des concours de sosie de l'écrivain (où il se ridiculise à plates coutures), ou reproduire ses expériences. "Paris est une fête" étant une de ses plus grandes références, il n'hésite pas à rétorquer avec son "Paris ne finit jamais" pour apporter le témoignage de sa propre aventure, finalement plus pitoyable et grotesque, à lui rappeler avec honte sa pédance maladroite en imitant Sartre sur les terrasses des cafés de St-Germain-des-Prés... Mais l'ensemble est absolument jubilatoire à lire, c'est truffé de clins d'oeil (oui, on y croise une certaine Isabelle Adjani débutante !) et le rapport qu'entretient l'auteur avec son personnage ne manque pas d'auto-dérision, de finesse mais aussi de tendresse.

10-18

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