29/11/06

La reine des rêves - Chita B. Divakaruni

reine_des_revesLa mère de Rakhi interprète l'avenir à travers les rêves, c'est en quelque sorte son métier. Mais cette activité a rendu celle-ci inaccessible et mystérieuse, surtout vis-à-vis de sa famille. Aujourd'hui installée en Californie, la famille de Rakhi a réussi son intégration mais a loupé l'harmonie entre ses propres membres. On oublie le passé en Inde, on se tourne vers l'avenir. Désormais adulte, Rakhi est peintre, maman d'une petite Jona, divorcée du père (Sonny) et s'occupe d'un salon de thé. Son équilibre est précaire, le soutien de sa mère toujours désespéré, mais rendu encore plus fragile avec la disparition de celle-ci.

Ce joli roman de Chitra B. Divakaruni ne se passe donc pas en Inde, mais en Californie, parmi la communauté indienne où se côtoient deux générations. On y parle vaguement d'intégration, plus particulièrement vers la fin du roman avec les événements de septembre 2001 (émergence xénophobe, actes de violences racistes etc.). Mais en fait le roman en général n'est pas une leçon sur la façon de concilier ses origines avec la culture du pays d'accueil, ou la préservation de ses propres racines, etc. C'est surtout un roman sur une famille un peu fermée sur elle-même, qu'un drame va réveiller et forcer à ouvrir la boîte de Pandore. Rarement, l'histoire est sombre ou triste. C'est surtout très coloré et exotique, mêlé à des parfums indiens et des saveurs nouvelles et alléchantes ! De plus, le personnage de Rakhi est attachant. Cette jeune femme est, au début, plutôt ronchonne et capricieuse, elle a du mal à gérer sa vie, sa séparation avec Sonny, l'éducation de sa fille, sa passion pour la peinture et son travail au salon de thé. Ses relations avec sa mère ont toujours été complexes. Avec son père, c'est le mutisme complet. Heureusement, Rakhi va s'épanouir et grandir en "sagesse", à se rendre compte "qu'on ne peut pas tout savoir" (et aussi qu'on ne gagne pas à en savoir trop).

Bref, "La reine des rêves" est un très beau roman, très divertissant, sur la façon de vivre sa vie, avec ou sans racines, qu'on soit ici ou d'ailleurs, éternels déracinés... La note finale apporte, très honnêtement, du baume au coeur. J'ai beaucoup aimé !

Editions Philippe Picquier

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La reine des rêves - Chitra B. Divakaruni

reine_des_revesLa mère de Rakhi interprète l'avenir à travers les rêves, c'est en quelque sorte son métier. Mais cette activité a rendu celle-ci inaccessible et mystérieuse, surtout vis-à-vis de sa famille. Aujourd'hui installée en Californie, la famille de Rakhi a réussi son intégration mais a loupé l'harmonie entre ses propres membres. On oublie le passé en Inde, on se tourne vers l'avenir. Désormais adulte, Rakhi est peintre, maman d'une petite Jona, divorcée du père (Sonny) et s'occupe d'un salon de thé. Son équilibre est précaire, le soutien de sa mère toujours désespéré, mais rendu encore plus fragile avec la disparition de celle-ci.

Ce joli roman de Chitra B. Divakaruni ne se passe donc pas en Inde, mais en Californie, parmi la communauté indienne où se côtoient deux générations. On y parle vaguement d'intégration, plus particulièrement vers la fin du roman avec les événements de septembre 2001 (émergence xénophobe, actes de violences racistes etc.). Mais en fait le roman en général n'est pas une leçon sur la façon de concilier ses origines avec la culture du pays d'accueil, ou la préservation de ses propres racines, etc. C'est surtout un roman sur une famille un peu fermée sur elle-même, qu'un drame va réveiller et forcer à ouvrir la boîte de Pandore. Rarement, l'histoire est sombre ou triste. C'est surtout très coloré et exotique, mêlé à des parfums indiens et des saveurs nouvelles et alléchantes ! De plus, le personnage de Rakhi est attachant. Cette jeune femme est, au début, plutôt ronchonne et capricieuse, elle a du mal à gérer sa vie, sa séparation avec Sonny, l'éducation de sa fille, sa passion pour la peinture et son travail au salon de thé. Ses relations avec sa mère ont toujours été complexes. Avec son père, c'est le mutisme complet. Heureusement, Rakhi va s'épanouir et grandir en "sagesse", à se rendre compte "qu'on ne peut pas tout savoir" (et aussi qu'on ne gagne pas à en savoir trop).

Bref, "La reine des rêves" est un très beau roman, très divertissant, sur la façon de vivre sa vie, avec ou sans racines, qu'on soit ici ou d'ailleurs, éternels déracinés... La note finale apporte, très honnêtement, du baume au coeur. J'ai beaucoup aimé !

Editions Philippe Picquier

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Aïe ! la catastrophe !!!!!

mafalda_2Just help !

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Mercredi, jour des enfants

Livre du jour : Les Roses anglaises par Madonna Richie

roses_anglaisesElles sont quatre amies : Nicole, Amy, Charlotte et Grace. Elles habitent le même quartier, vont à la même école, jouent aux mêmes jeux, lisent les mêmes livres, aiment les mêmes garçons. Elles vont pique-niquer l'été et font du patin à glace l'hiver. Elles aiment danser ...  (démonstration en images, désolée pour la chronique).

Bref, les roses anglaises ont l'air formidable, sauf qu'elles ne sont pas vraiment sympathiques. Elles sont toutes les quatre jalouses d'une autre fille  du quartier : Binah. Elle est très, très belle, avec de longs cheveux soyeux, une peau de lait et de miel. Elle est très bonne élève, très bonne en sport, toujours gentille avec tout le monde. Le rêve !

Mais Binah est très triste. Elle se sent seule et n'a pas d'amis.

Ce serait pourtant si facile d'être inclue dans la bande des roses anglaises. Or, ces dernières sont des jalouses. [Tu sais ce qu'est la jalousie ? N'as-tu jamais été vert d'envie ? N'as-tu jamais été sur le point d'exploser parce que quelqu'un possède quelque chose que tu voudrais bien avoir aussi ? Si tu me réponds non, c'est un énorme mensonge et je vais le dire à ta mère.]  ** pour de vrai, dans le texte ! sic **

Alors, la maman de Nicole va avoir une petite discussion avec les quatre filles. Leurs arguments ne pèsent pas lourds contre la sagesse de la maman. A elles maintenant de réfléchir... et de trouver la réponse dans leur rêve ! Elles vont croiser une fée qui va leur rejouer le conte de Cendrillon, en somme, avec en option une bonne couche de Cosette !

... Pardonnez mon ton sarcastique, mais j'avoue que ça ne vole pas bien haut ! C'était le 1er conte pour enfants lancé par la divine reine de la pop-disco-music - j'ai nommé Madonna. Je vois dans cette "carrière" une lubie supplémentaire ou l'art de faire parler de soi avec peu de choses. Car honnêtement Madonna ne brille pas pour son style littéraire hors pair, bien loin de là. J'ai un peu le regret d'annoncer que l'histoire est pauvre, assez futile et gnangnan à souhait ! C'est dommage car il y a, toutefois, un mérite à ce livre : les illustrations sont superbes ! Elles sont signées Jeffrey Fulvimari, elles sont chic et font "très filles" en même temps. Je ne sais pas pourquoi je pense aux poupées Bratz et autres MyScene (qui ont remplacé notre bimbo Barbie...). Mais les illustrations de Fulvimari sont plus élégantes et gracieuses, elles plaisent à Miss C. Je précise !

IMGP2602

Bon allez, une suite est parue en 2006 - le présent tome a été publié en 2003 chez Gallimard jeunesse. Je n'ai pas acheté les autres tomes de Mrs M. Richie, la première expérience n'est pas concluante à 100%... mais c'est joli à voir.

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28/11/06

Quo vadis, baby ? - Grazia Verasani

quo_vadis_babyGiorgia est détective privée en surchage pondérale, adepte des bars, du gin lemon et de la musique des années 80. Elle passe son temps à traquer les couples infidèles dans les rues de Bologne, la ville qui a perdu tout son charme pour faire la place à la débauche et la ruine. Un jour, Giorgia reçoit d'un ami de Londres les lettres de sa soeur Ada. Cette dernière s'est suicidée, il y a quelques années. Un mystère irrésolu, pour Giorgia et son père, qui rappelle le suicide de la mère, peu de temps auparavant. Aussi, entre ses filatures, ses nuits d'ivresse, ses rendez-vous sans queue ni tête, sa rencontre avec un inconnu qui la trouble, Giorgia tente malgré elle d'oublier son passé. Mais pour faire peau neuve, il lui faut comprendre et démêler les fils inexplicables.

A l'allure un peu rock'n roll, ce roman noir de l'italienne Grazia Verasani scotche le lecteur aux basques de l'héroïne attachante. Une femme de près de quarante ans, qui refuse l'amour et n'y croit pas, qui vit sa vie à travers son métier, lequel la fait côtoyer la faune suspecte de Bologne. Son autre problème, en plus de ses blessures du passé, concerne sa dépendance à l'alcool. Une façon pour elle d'oublier, c'est peu dire. "Quo Vadis, Baby" a la dégaine d'un roman plombant et lourd à digérer, pourtant c'est tout le contraire. Son rythme à cent à l'heure force la dépendance, avec ses personnages décadents et leurs histoires glauques. En cours de route, un meurtre est commis et un amoureux désespéré la poursuit... Ambiance morose. "Quo Vadis, Baby" emprunte son expression à Marlon Brando dans Dernier tango à Paris - déjà la promesse de toute une histoire pour un roman qui tient la dragée haute.

Métailié

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27/11/06

Le nouveau magasin d'écriture - Hubert Haddad

Voici un livre dont vous allez en entendre parler sur ce blog :

nouveau_magasin_d_ecriture

Souvenez-vous du jeu littéraire déniché sur le site des éditions Zulma qui conviait quiconque à se lancer dans le projet audacieux de l'écriture ! Aspirant écrivain ou non étaient les bienvenus !.. ça me plaisait et puis les résultats du petit jeu étaient plutôt surprenants. Bon allez, c'était tellement déconcertant que parfois le texte final n'était pas au goût de quelques blogueuses talentueuses. Souriant encore à leurs arguments (ah, les filles !..), je vous livre ici les 6 principes majeurs de l'écriture :

1. Ne plus jamais dire : "ça n'a pas de sens", "ça ne veut rien dire". Le sens en art est multiple, polyvalent, interférent, versatile comme un ciel normand, imprévisible comme un destin.  (...)

2. Il faut se laisser surprendre, sortir du lien causal qui régit l'ensemble de nos conduites. Aucune création ne naît du vide mais d'un chaos préalable. Accepter le chaos sans constriction, donc.

3. Accepter la fantaisie, l'absurde, le saugrenu, et même l'inégalable bêtise.

4. "On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments." Bien plus, on ne fait pas de la mauvaise littérature avec les ordonnancements du surmoi.  Contournez vos censures, moquez-les : l'humour est un bain de jouvence où la plume doit se noyer à demi en permanence. Soyez cruels et brutaux sur la page. Vous n'êtes pas le chaperon de vos personnages...

5. Ecrire, c'est d'abord travailler avec et sur la fragilité. Ne jamais émettre de jugement de valeur, de critique négative, d'impatience moralisante...

6. Un texte par ailleurs n'est jamais l'application d'un principe (...) La passion prime, une fois le champ d'action mis en place.

Ceci pour commencer à parler de ce volumineux livre de 938 pages. Une mine pour les amoureux des mots, et ce n'est pas nécessaire d'aspirer à devenir écrivain ! Comme moi, véritable passionnée de la langue, je savoure les conseils de Hubert Haddad et me régale de ces ateliers et autres exercices d'écriture. D'ailleurs, je vous en proposerai quelques-uns, en plus des autres présentations de ce magasin chic et excitant...

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Les deux morts d'Hannah K - Renaud Meyer

hannah_kAu début, c'est un rapport de mésentente. Le narrateur est en guerilla avec sa voisine du dessus, une vieille dame qui vit seule et qui vole son courrier, dépose des détritus sur son paillasson, met le poste de télévision à plein volume, envoie de l'eau par le balcon etc. Ce n'est franchement pas le grand amour. Et puis un soir, tout change. L'un et l'autre vont briser la glace et devenir amis ! La vieille dame s'appelle Hannah K. Elle va lui raconter son histoire plutôt décoiffante : une enfance à souhaiter devenir rabbin, sa passion pour le théâtre et le violon, ses débuts de comédienne à Varsovie, sa rencontre avec Louis Jouvet et leur liaison... Or, lorsque Hannah K décède, le jeune homme va apprendre ses autres secrets. Fabulations ou traumatismes enfouis ?... Hannah K est un mythe. Le narrateur va découvrir d'autres vérités dans le théâtre sombre de la Pologne des années 40. C'est en trouvant les carnets intimes de sa voisine qu'un pan d'Histoire va s'ouvrir...

Il ne faut pas trop en dévoiler. Ce premier roman de Renaud Meyer, comédien de son état, nous raconte une véritable et captivante histoire entre un trentenaire et une vieille dame à moitié mythomane. Construit avec rigueur, le roman est en quelque sorte un témoignage du ghetto juif de Varsovie, en plus du reste. Folie humaine, horreurs de la guerre, incompréhension et injustice, sauf-conduit par le théâtre et la passion de vivre.. c'est une histoire d'envie et de survie. A la fois bouleversant et très juste, "Les deux morts d'Hannah K" est un joli roman à parcourir.

Pauvert

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Festival

festival_livre_jeunesseAmis normands et visiteurs de passage,

En ce week-end du 1er au 3 décembre, se tient le très annuel rendez-vous du Festival du livre jeunesse sur le quai bas Jean Moulin (les locaux connaissent...).

L'éditeur vedette de cette année est la maison Petit à Petit, parmi les nombreuses maisons qui seront également présentes, prêtes à nous déballer quelques 70 000 ouvrages pour le plaisir des petits et des grands.

Voici le site : Accueil  pour plus d'informations.  Miss C. & moi-même nous y rendrons comme d'habitude ! :-)

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26/11/06

La petite musique du dimanche

I never loved nobody fully
Always one foot on the ground
And by protecting my heart truly
I got lost in the sounds
I hear in my mind
All these voices
I hear in my mind all these words
I hear in my mind all this music

And it breaks my heart ...

(Regina Spektor / Fidelity)

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25/11/06

Debout les morts - Fred Vargas

debout_les_mortsDans « Debout les morts », Fred Vargas nous introduit au précieux trio des Évangélistes, soit Marc, Mathias et Lucien, trois historiens érudits mais sans le sou, qui partagent le même toit, dans une grande demeure rebaptisée “la baraque pourrie”. Ils ont pour voisine une ancienne cantatrice, Sophia Siméonidis, qui un beau matin découvre un arbre planté dans son jardin. Là débute toute notre intrigue...

Ce livre dépasse très largement le cadre classique du roman policier, puisque c'est une lecture où l'auteur travaille autant la forme que le fond (voire davantage). Le résultat n'en est que plus léché, cabotin, attachant, hors norme, bref on se régale ! 

J'ai Lu Policier

 

La plume de Fred Vargas est reconnaissable entre mille : c'est un ton, une donne, un humour décalé et une perpétuelle dérision. S'ajoutent des personnages désabusés, des héros manqués et bancals, des êtres à la psychologie atypiques, bichonnés par l'auteur. Car dans "Debout des morts" Fred Vargas introduit son trio des Evangélistes : Marc, Mathias et Lucien. En fait, trois historiens paumés, presque sans le sou, qui investissent "la baraque pourrie". Ils ont pour voisine une ancienne cantatrice, Sophia Siméonidis, qui, un beau matin, découvre un arbre planté dans son jardin. Et cet arbre détient tout la clef de l'intrigue de ce roman qu'on déclare "policier" mais qui va bien au-delà. Au lieu d'entraîner son lecteur dans des scènes de crimes, des poursuites du coupable, Fred Vargas s'attarde à peaufiner son histoire et surtout ses personnages. Pour sûr, elle les aime et nous le rend bien. On s'attache à ce trio un peu déjanté, on s'amourache de l'écriture qui tournerait en bourrique tout bon linguiste. Quand le grivois croise le raisonnable, en somme. 
Pas très classique, la Vargas. Elle possède un style à elle qui rend perplexe les indécrottables adeptes des intrigues policières bon chic bon genre. Son truc à elle est cabotin et bougrement attachant. Guère orthodoxe.

juillet 2004

Posté par clarabel76 à 22:35:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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