26/02/07

Cette sacrée vérité (1937)

awful_truth_2Jerry Warriner et sa femme Lucy se mentent depuis longtemps sans en être dupes. Ils décident donc, d'un commun accord, de divorcer (90 jours sont nécessaires pour rendre ce jugement effectif). Sans plus attendre, ils s'engagent tous les deux à d'autres personnes : Lucy avec un riche mais ennuyeux homme d'affaire d'Oklahoma qui voyage avec sa mère, Jerry avec Barbara Valance, une jeune héritière. Chacun fait de son mieux pour que les plans de l'autre échouent...

Cette comédie légère est un bonheur à voir et revoir où les deux acteurs, Cary Grant et Irene Dunne, sont époustouflants et scintillent dans leurs interprétations improvisées de bout en bout ! Eh oui.. Leo McCarey n'a pas lésiné sur la fantaisie, changeant d'idées chaque matin, il modifiait son script avec une absence totale de considération pour le "coaching" mental de ses acteurs. C'était la belle époque, et tant mieux d'avoir osé ce pari car le résultat est un régal fait de situations burlesques, deawful_truth_3 dialogues vifs et ciselés, d'anecdotes poilantes et de rebondissements sans cesse ingénieux et qui prêtent à sourire !

Autre raison de voir ce film : il y a Cary Grant. The Awful Truth est le film qui consacrera son personnage et en fera une star. Sa composition est parfaite : ironique, clownesque, toujours dans le bon tempo, ses expressions et attitudes suffisent à faire rire. Faites une pause sur le regard concupiscent du Sieur dans les dernières minutes du film, ma foi... ça vous laissera songeur !

Mention spéciale pour M. Smith, le chien du couple Warriner. Skippy le terrier s'illustrera à nouveau dans "L'impossible Monsieur Bébé" au côté de son nouvel ami Cary Grant !
En 1937, Leo McCarey obtint l'Oscar du meilleur réalisateur pour ce film.

Cette sacrée vérité, film de Leo McCarey (1937) avec Cary Grant & Irene Dunne. Titre vo : The awful truth

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]


25/02/07

Seuls les anges ont des ailes (1939)

angels6Une jeune New-Yorkaise prénommée Bonnie (Jean Arthur) débarque en Amérique du sud dans le port bananier de Barranca. Elle y rencontre deux aviateurs, Joe et Les, employés pour une compagnie aéropostale. Geoff Carter (Cary Grant) qui dirige cette équipe de casse-cou apprend qu'un colis doit être livré dans la soirée. Joe s'envole, mais les conditions météo l'obligent à rebrousser chemin. Malgré la tempête et les conseils de Geoff, il tente une approche du tarmac, manque son atterrissage et décède dans le crash de son avion. Bonnie est effondrée et ne comprend pas l'attitude désinvolte du beau Geoff...

Profondément attaché à mener jusqu'au bout ce projet qui mêle l'aviation et la camaradie de ses pilotes isolés près des montagnes, Howard Hawks est parvenu à diriger un film particulièrement remarquable mais, somme tout, âpre et sombre.
Après le succès de "Bringing up baby", Hawks renouvelle donc la collaboration avec Cary Grant pour interpréter Geoff Carter, un type a priori têtu, insensible et détaché des femmes. Face à lui, Jean Arthur tente avec son rôle de Bonnie Lee de faire succomber cet homme au coeur de pierre, plus attaché à ses hommes qu'aux beaux yeux de la blonde... Elle est drôle, émouvante et possède un caractère à ne pas se laisser marcher sur les pieds, et pourtant Carter a le coeur brisé.
only_angels_have_wings01En voyant débarquer son nouveau pilote et son épouse, Carter retrouve en la sublime Judy McPherson celle qui a mis son coeur en miettes. Il tente de rester stoïque, d'autant plus que son mari n'a pas la côte auprès des pilotes, désigné coupable de lâcheté suite à un accident d'avion dans le passé.
Bref, à la 50ème minute du film, un ange passe : Rita Hayworth fait son entrée, c'est dans ce film qu'elle se fera enfin remarquer, dépassant le grade de "starlette". Elle est impeccable. Il fallait aux yeux de Hawks une actrice capable d'incarner l'idée de la "femme fatale", beauté froide, lisse, regard de braise et classe étourdissante, Rita a su combiner tous les atouts !
Bon il faut reconnaître que son rôle tient encore du statut de seconde classe, Rita joue quelques scènes et donne de très bonnes répliques savoureuses, mais sans plus.

angels"Seuls les anges ont des ailes" est indéniablement un film tour à tour dramatique, sentimental et étincelant. La trame est menée tambour battant, les scènes avec les avions soulèvent l'angoisse chez le spectateur, la tragédie donne le pas à la comédie. Et puis, cet esprit communautaire et solidaire entre pilotes est rendu à merveille. On s'attache à la fine équipe, on savoure les moments de fête, les heures sombres. C'est un bon compromis. On retiendra surtout de ce film l'éternelle performance de Cary Grant, qui affiche une personnalité complexe, et où il nous réserve des scènes particulièrement drôles et intenses avec la toute débutante Rita Hayworth.

Seuls les anges ont des ailes (1939) , film de Howard Hawks, avec Cary Grant, Jean Arthur & Rita Hayworth - titre vo: Only angels have wings .

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

Sylvia Scarlett (1935)

sylvia_scarlett1Un père et sa fille, encore endeuillés, doivent quitter la ville de Marseille pour échapper à la justice qui demande des comptes à Henry Scarlett, escroc notoire, et qui dépouille sans vergogne l'héritage de son enfant pour prendre le bateau pour Londres.
Sylvia, décidée à le suivre, fait le choix de sacrifier ses nattes et son apparence féminine pour devenir un garçon. Ainsi déguisée en Sylvester Scarlett, elle compte bien passer inaperçue. Mais durant la traversée, son père fait la connaissance d'un certain Jimmy Monkley qui n'hésitera pas à dénoncer le couple Scarlett à la douane.
sylvia_scarlett3Les déboires ne s'arrêtent pas là. Sylvia et Henry retrouvent le fieffé menteur mais décident de lui emboiter le pas et d'adhérer à ses combines pour amasser le maximum d'argent avec le minimum d'efforts.
Ils partiront aussi à bord d'une roulotte, sous la compagnie des Pierrots enchanteurs, avec une nouvelle recrue prénommée Maudie, le béguin d'Henry. Non loin de la plage où ils ont établi leur campement, Sylvia rencontre un artiste peintre, Michael Fane, qui n'imagine pas une seconde que le jeune chérubin effronté cache en fait les traits d'une délicieuse jeune fille romantique...

sylvia_scarlett6Bon, personnellement je n'ai pas trop aimé ce film de George Cukor, même si l'ensemble des ingrédients était réuni pour concocter une faramineuse recette : imaginez au casting Cary Grant et Katharine Hepburn réunis pour la première fois, cela avait de quoi alpagué le chaland !
Pourtant, j'ai admiré la grâce sans pareille de la Grande Katharine, fabuleuse et dynamique, qui sacrifie aux artifices de son sexe pour paraître en garnement indiscipliné et dissipé, oui c'est une formidable interprétation, sans fards et sans retenue. Face à elle, le jeune Cary Grant d'à peine 30 ans inaugure un rôle de coquin menteur et filou, abominable de bout en bout, mais dont le charme flagrant ne laisse aucun doute sur l'étendue de ses talents d'interprète !
sylvia_scarlett5Mais "Sylvia Scarlett" démontre qu'une bonne histoire est nécessaire pour s'attacher la sympathie du spectateur. Dans ce film, non pas que ce soit en carton pâte, mais le fond laisse trop d'ambivalence sur un sujet aussi sensible que l'identité sexuelle. Certes, les pièces de Shakespeare s'en sont également nourries (cf. The Tempest, par exemple) mais j'ai particulièrement trouvé que la fausse naïveté doublée d'allusions franchement poussées n'était pas un cocktail réussi.
Inutile de préciser que ce film a été un "bide" complet à sa sortie en 1935, ce large champ d'ambiguités était d'un goût douteux pour l'époque ! Pour ma part, j'ai justement trouvé que ce film reflétait tout le fossé d'un film Classique qui a du mal à trouver sa place pour le public actuel. Non là je n'ai pas adhéré, alors que je suis une férue de ces films. Dommage.

Sylvia Scarlett, film de George Cukor (1935) - avec Cary Grant, Katharine Hepburn, Edmund Gwenn ...

Posté par clarabel76 à 18:15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Trois femmes ~ Jennifer Haigh

Trois femmes, trois Mrs Kimble, ont toutes en commun d'avoir épousé le mystérieux Ken Kimble. Cet homme, en prologue du roman, est retrouvé mort dans sa voiture, sans famille, mais possédant un compte bancaire bien rempli. La police décide de mener son enquête. Et nous voici en 1969, avec le portrait de Birdie, la première épouse, qui vient d'être abandonnée avec ses deux enfants, et qui désormais sombre dans l'alcool.
Je n'en dis pas plus. Simplement, Ken Kimble apparaît toujours flou et insaisissable. Son génie est d'avoir su séduire des femmes naïves, sensibles, écorchées. Il était là au bon moment, il s'est glissé dans leur vie.
Tous ces portraits sont très bien dessinés, attachants, c'est même difficile de haïr ou blamer qui que ce soit. Ce livre est aussi un joli portrait des années 60, l'époque des exubérances et des contraintes insoupçonnables. Vraiment, ce livre est une bonne et agréable surprise, avec une histoire qui s'avère captivante !

février 2004

Posté par clarabel76 à 14:32:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

La Platine 'musique' du Dimanche

Pour ceux et celles qui ont besoin d'y croire ..  ! 

Tant qu'on danse encore,
Tant qu'on rêve encore,
Que ça change un jour,
Ca vaut la peine.
 

Zazie / oui ...  Avec le temps (à écouter)

La chanson "oui" est extraite de l'album "rodeo", pour moi le meilleur... Vient de sortir "totem" mais étrangement mon avis bute et peine à gagner un fol enthousiasme.. Chuis encore bloquée sur Toc toc toc / Rodeo ... et toutes les autres !

Laure, Cuné, Florinette et même ma petite soeur .. courage les filles, bizzz. 

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]


24/02/07

Arsenic et vieilles dentelles (1944)

arsenic_3Abby et Martha Brewster, deux charmantes vieilles dames, ont une étrange habitude. Pour éviter une vieillesse douloureuse aux hommes âgés dont elles font la connaissance, elles leur font boire un mélange redoutable de baies de sureau, d'arsenic, de strychnine et de cyanide. Elles ont ainsi plusieurs "délivrances" à leur actif.
Leur neveu Mortimer découvre avec horreur cette pratique et décide avec l'énergie du désespoir de boucler au plus vite cette affaire qui va prendre des allures de cauchemars rocambolesques ! Car, deux inconnus s'invitent chez les vieilles tantes, eux-mêmes redoutables meurtriers venus régler des comptes avec cette famille de cinglés !

Oui, la folie est omniprésente chez Capra et même Cary Grant tente de sauver la mise en s'ébrouant de gauche à droite pour faire interner les siens et regagner la paix. Toutefois, les aléas s'accumulant, notre homme donne l'impression de plonger de plus en plus dans l'hystérie et l'aliénation ! C'est de famille, vous dis-je ! Entre le pendant du Président Roosevelt, les petites vieilles qu'un coup d'arsenic sert de remontant, et le sosie de Boris Karloff (interprète de Frankenstein), Mortimer veut gardarnenik_5er la tête froide (peine perdue), sauver son récent mariage, mais ne cesse d'enchaîner des combines toujours plus grosses et embarrasantes les unes que les autres...

Première et unique comédie burlesque de Frank Capra, "Arsenic et vieilles dentelles" est une adaptation d'une pièce de théâtre (on le devine rien que par ce huit-clos où l'essentiel de l'intrigue papillonne). L'histoire est un mélange désopilant entre la cocasserie, l'humour noir et un semblant de terreur (registre dans lequel le personnage de Jonathan Brewster prend une part déterminante !).
Cary Grant accumule les pitreries et les scènes extravagantes, il déploie une grandiloquence dans ses gestes et ses mimiques. Son charme et ses talents comiques font le reste. Parmi les grands moments du film, on se rappelle la scène où il se fait piéger par Jonathan et son complice, finissant saucissonné sur sa chaise, ou lorsqu'il sonne la charge à la place de Teddy.

arsenic_5Dans ce film, l'acteur parfait son style loufoque, le personnage étant de plus en plus contaminé par la démence des autres protagonistes. Cary Grant exulte, communique son enthousiasme, au risque parfois de tomber dans une surenchère. Le scénario offre sans cesse un nouveau renversement, mettant en péril la synergie de base. Mais Non ! Rien ne peut entâcher le plaisir que procure la famille Brewster en cette soirée d'Halloween. La liesse est de mise : autant la folie est contagieuse sur l'écran, autant le ravissement se lit sur le visage du spectateur ! Parfaite comédie à l'humour macabre... à savourer sans retenue !

Panama, nous voilà !

Arsenic & Vieilles dentelles, film de Frank Capra (1944) - avec Cary Grant, Priscilla Lane, Raymont Massey, Edward Everett, Peter Lorre, Josephine Hull, Jean Adair... Titre vo : Arsenic & Old Lace.

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

La corde (1948)

corde_7Le crime est un art et l'apanage de l'élite, seuls les inférieurs sont les victimes. C'est selon ce précepte de Nietzsche, enseigné par leur professeur de philosophie, Rupert Cadell, que deux étudiants, Brandon et Philip, vont étrangler un troisième larron, David, pour tester cette théorie. Flippant ? oui. On assiste à ce crime commis avec une froideur et une exemption totale de conscience, puis à la mise en scène du crime parfait où le corps est déposé dans un coffre sur lequel un buffet sera tenu à l'occasion d'une petite soirée d'adieu (les deux garçons partent à la campagne...). Ils ont réuni quelques proches, dont la petite amie de David, ses parents et leur professeur - Brandon est excité à l'idée de jouer sous son nez ce drame en trois actes !

L'idée du film est venue d'une pièce d'un dramaturge anglais, Patrick Hamilton. Hitchcock, qui tournait là son 1er film en couleur, a adopté la technique de filmer sur un seul plateau et sous forme d'action continue (mais avec des bobines de dix minutes). L'aspect final est réussi, de mon point de vue. Cela donne un compromis intéressant entre le cinéma et le théâtre, avec ce huit-clos à vous glacer le sang. Chaque détail est scrupuleux, comme Brandon qui range la corde dans le tiroir de la cuisine avec un sourire pervers, ou la bonne qui débarrasse la vaisselle en fin de repas et dépouille le "buffet" sans se presser, poussant d'un cran supérieur la tension, très proche du masochisme.

corde_9En filmant en ouverture la scène de strangulation, Hitchcock décide de jouer avec le suspense sur un autre aspect. On ne se pose plus la question : "comment s'explique le retard de David ?" mais plutôt "va-t-on deviner le crime atroce des deux étudiants ?". Pour cela, le personnage joué par James Stewart prend une envergure considérable. Cary Grant avait été pressenti pour ce rôle avant d'être attribué à Stewart, une décision jugée discutable car l'acteur n'était plus désormais une valeur sûre au box-office. Et pourtant, j'ai trouvé qu'il incarnait le coupable implicite de cette barbarie, après tout c'est lui le responsable, c'est lui le professeur qui a enseigné de tels propos incohérents...

Son entrée en scène est saluée par la musique de Poulenc, le temps d'un flottement. James Stewart laisse tomber les sous-entendus du prof homosexuel ayant eu une liaison avec un des étudiants (comme l'impliquait la pièce anglaise) et décide de jouer un enquêteur, soucieux des signes, des indices, intrigué par l'absence de David, attentif à l'extrême nervosité des deux hôtes, où l'un affiche une arrogance déplacée et l'autre boit outrageusement. Quand il commence à constituer le puzzle en grand, il est effrayé d'avoir été à l'origine d'une interprétation aussi angoissante et condamnable. Hitchcock dirige avec plaisir ce jeu qui sera repris quelques années plus tard par les créateurs de Columbo.

corde_5Il faut absolument redécouvrir ce film du réalisateur anglais, véritable monument cité désormais comme une référence par de nombreux cinéastes, alors même que Hitchcock qualifiait de "truc" ce film époustouflant.

"La Corde" s'attaque avec cynisme et humour à la pédanterie qu'arbore une certaine classe qui se juge supérieure à une autre, et qui se conclue par un remarquable affrontement psychologique entre Stewart et le duo Granger/Dall

La corde, film d'Alfred Hitchcock (1948) avec James Stewart, John Dall & Farley Granger. Titre vo : The Rope.

Posté par clarabel76 à 08:15:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

23/02/07

The secret life of bees ~ Sue Monk Kidd

Lily Owens a quatorze ans et vit avec son père dans une ferme fruitière à Sylvan, coin perdu de Caroline du Sud. La vie n'est pas douce pour la jeune fille, son père est rude et brutal, sa mère est morte depuis dix ans et T-Ray, son paternel, lui fait porter la responsabilité de cette mort. Un poids trop lourd pour Lily qui décide de fuir la maison le jour de son quatorzième anniversaire. Avec elle, il y a Rosaleen, sa nounou Noire, jetée en prison pour avoir craché sur des types blancs alors qu'elle allait s'inscrire sur les listes électorales.
Car l'histoire se passe en 1964, dans cette Amérique du Sud qui accepte très mal la décision du Président Johnson d'avoir signé les Civil Rights Acts. Les tensions raciales croissent, les injustices pleuvent et le parcours pour les Noirs d'être acceptés comme étant l'égal du Blanc s'annonce long, périlleux et douloureux.

Bref, Lily décide d'aller à Tiburon, petite ville de Caroline. Sa mère elle-même était partie s'y réfugier dans le passé, la jeune fille pense ainsi découvrir des indices sur celle-ci pour lever le voile sur les secrets de famille. A Tiburon, elle arrive chez les soeurs Boatwright. Elles sont apicultrices, Noires et vivent dans une maison rose.
Mais Lily n'a pas le courage de dire la vérité sur ses motivations et se trouve ainsi très vite adoptée par les Boatwright qui ne posent aucune question. L'été passe, elle rencontre un garçon, Zach, et commence à percer quelques mystères sur sa maman. Mais très vite, de nouveaux drames vont éclater, des injustices, des chagrins, des trahisons. Toute la petite communauté des soeurs Boatwright aura bien besoin du recours de la Black Mary pour venir en aide aux âmes égarées.

"The secret life of bees" est franchement un roman attachant, où l'on plonge dans un univers microscopique, une communauté de femmes noires, toutes plus attachantes les unes que les autres, dévouées et spirituelles, communiquant leur passion, des soeurs solidaires, aimantes et maternelles envers la jeune Lily. Celle-ci est tour à tour touchante, agaçante, sensible avec ses secrets, ses mensonges et ses rancoeurs.
Soudain, quand on ferme le roman, on se sent triste et abandonné. Il devient presque impossible de faire comme si Lily, Rosaleen, August, June, May, Mabelee, Queenie, Violet, Cressie, Lunelle et Sugar-Girl n'étaient que des êtres en papier ! Leur monde a été le nôtre, en plus de 300 pages, et avait le goût de miel, d'abeilles et de royauté mystique ! "I loved the idea of bees having a secret life, just like the one I was living" déclare l'adolescente. Car oui, c'est magique, ensorcellant et mielleux !

lu en février 2005

Posté par clarabel76 à 15:29:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Psst, chers lecteurs...

Ceci est juste une annonce : je prends la poudre d'escampette dès ce soir jusqu'à lundi ... Je ne vous abandonne pas, j'ai posté quelques billets pour compenser mon absence ! hihihi. Par contre, je suis muette, bouche cousue et ne répondrai aux messages qu'à mon retour !..

funny_face_3

Hasta Luego, la compagnie !

Illustration : Audrey Hepburn & Fred Astaire dans "Funny Face"

Posté par clarabel76 à 14:00:00 - Commentaires [15] - Permalien [#]

La vie voyageuse - Maylis de Kerangal

la_vie_voyageuseAriane travaille pour la revue L'Archiviste, spécialisée dans la recherche généalogique ("La généalogie est un vice que j'ai dans le sang depuis l'enfance..."). Elle enquête sur le puzzle des origines d'autrui, jusqu'au jour où sa tante Jeanne la charge de retrouver l'éphémère et secret amour de sa jeunesse guindée. Ariane s'embarque dans "une vie voyageuse" qui la conduira à Barcelone, à Vals-les-Bains et au Havre... en route, elle voit remonter à la surface un autre mirage sentimental, la figure de Marc, son amour perdu, évadé, son fantôme parti en mer, dont elle espère secrètement le retour, malgré la rupture.

Ce livre est une quête intime et familiale. Avec son goût des archives et des registres poussiéreux, Ariane semble préférer la vie fantasmée à la quête du terrain. C'est extraordinaire de sa part d'accepter la mission de sa tante, peut-être y voit-elle sans l'admettre la possibilité d'affronter ses chimères.
J'aime beaucoup ce qu'en dit la note d'éditeur : "Maylis de Kerangal a écrit un livre d'aventures de l'intime. Elle nous fait partager une errance identitaire qui évoque la géographie sentimentale de certains films d'Antonioni"... Cela correspond à la virgule près aux émotions ressenties de cette lecture. C'est profond, avec une touche personnelle, aux trousses d'une personnalité fragile et délicate.
Je suis définitivement conquise par le style de Maylis de Kerangal, déjà apprécié dans des récentes parutions ("Ni fleurs ni couronnes", "Dans les rapides"). C'est une écriture qui mêle le secret aux souvenirs, dans son histoire de "la vie voyageuse" elle unie le présent au passé, elle enclave les moments d'aujourd'hui et d'hier, les spectres d'Ignacio Torres, de Marc et de la tante Jeanne... Ariane roule vers l'inconnu, fait des rencontres, frissonne, s'évanouit, se perd mais, paradoxalement, elle prend pied dans la réalité. Enfin, pourrait-on conclure.
Bref, c'est très bon, une valeur de plus en plus sûre !

Verticales - 159 pages - 2003

Posté par clarabel76 à 07:00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]