25/11/08

A bonne école ~ Muriel Spark

Dans son roman, Muriel Spark se moque avec allégresse des écoles privées, généralement des établissements étudiés pour accueillir la crème des étudiants fortunés, un brin oisifs, pour passer le temps à apprendre des leçons sur le "comment faire" en société ou les ateliers d'écriture ! Dans "A bonne école", le professeur de creative writing, Rowland Mahler se voit en peine d'appliquer le b.a-ba de son enseignement puisqu'il vit un véritable blocage littéraire ! Incapable d'aligner une phrase, une idée ! Son roman est au point mort. Chose encore plus cruelle : son étudiant Chris Wiley, jeune rouquin de dix-sept ans, plein d'assurance et d'insolence, le nargue avec son opulent roman historique !...

Muriel Spark est très féroce. Dans sa vision des établissements privés (celui de Sunrise, pour la présente), elle tourne en ridicule ses dirigeants, le couple Mahler, Rowland et Nina, les étudiants, fils à papa, bouffis d'orgueil et de loisirs insignifiants, les quelques employés, pour tenir le budget au plus serré, bref une petite communauté très libérée, tous solidaires et désoeuvrés. Quand le conflit éclate entre l'enseignant et l'étudiant, un conflit vicieux et sournois, chacun prend son parti : car entre Rowland et Chris l'abnégation est totale ! Effarante, même. C'est une obsession réciproque, hallucinante et imbuvable. L'épouse prend un amant, l'élève appelle au crime et l'écrivain maudit songe au massacre !...

Car également dans ce dernier roman, Muriel Spark se moque des écrivains et de leur travail de concentration (isolement dans un monastère, manuscrit sous verrous), du cauchemar de la page blanche, du plagiat, de la fantaisie romanesque etc.. Muriel Spark se régale, en tant que lecteur on le ressent ! Pourtant, son épilogue a quelque goût amer, un sentiment de fin hâtive et bâclée. 

lu en 2005 - Gallimard, traduit par Claude Demanuelli

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^ J'ai un coeur de midinette ! ^

312EBE0X6TL__SS500_La question des Mughdis raconte l'éveil amoureux entre Coline, quinze ans, et son meilleur ami Amogh. Ce dernier est le rejeton d'un père anglais et d'une mère indienne ; la famille Tweedy est hyper guindée et vit dans un manoir au coeur de la forêt de Sherwood, où Coline et les siens sont conviés pour les vacances de Pâques. Premier choc des cultures : les Tweedy veulent afficher une image de façade irréprochable et un rien prout-prout (toutefois, sous la couche, se cachent des secrets de famille assez surprenants !). Coline, ses parents et ses deux soeurs sont plutôt expansifs et exubérants, ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas, ce qui n'est pas du goût du sacro-saint flegme britannique !

A l'écart de ces joyeuses ripailles, on suit aussi Coline et Amogh qui se rendent tous les soirs, avant le coucher du soleil, chez le jardinier Atmajyoti. Magicien ou mystificateur, ce dernier se livre à d'étranges cérémonies secrètes pour apercevoir les fameux ... Mughdis. L'adolescente rêverait de percer ce mystère, mais elle découvre à la place les premiers symptômes du sentiment amoureux : palpitations folles, troubles et rougissements, bouffées de chaleur, crises de jalousie, doutes perpétuels... C'est tout nouveau pour elle et ça l'embrouille. D'ailleurs, elle décrypte ce qui lui arrive par l'expression "J'ai l'amitié qui déraille".
Pas facile de franchir ce cap fragile qui sépare l'amitié et l'amour...

Ce roman sait joliment décrire cette confusion des sentiments et c'est rondement bien tourné sous la plume d'Audren, qui est pleine de fraîcheur, d'humour et de désinvolture. J'ai beaucoup aimé.

Jamais, jusqu'à ce voyage à Touchstone, Amogh n'a déclenché en moi autre chose qu'une belle amitié. J'avais l'impression d'évoluer sur un terrain paisible, loin des frontières de l'amour. Mais plus les heures passent en Angleterre et plus ces frontières me paraissent floues et proches de nous. Le terrain paisible est un terrain miné, et, au risque de constater de navrantes banalités, l'amour et l'amitié d'une fille pour un garçon sont étroitement intriqués. Il faut une importante dose de raison et d'interdits pour se convaincre du contraire. Malheureusement, Amogh, probablement freiné par ses principes, ou ses peurs, n'a pas l'intention d'évoluer ailleurs que sur l'aire tranquille d'amitié qu'il s'est créée. Si je le pouvais, je lui ouvrirais les yeux de ces frontières imprécises qui traversent régulièrement notre paysage et nos coeurs. Mais il partirait alors en courant, retrouver ses vrais copains, ceux qui se rasent et qui n'ont pas de seins.

La question des Mughdis - Audren

Ecole des Loisirs, mars 2006 - 180 pages - 9,50€

D'autres romans sont à venir, de cet auteur que j'apprécie beaucoup...

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24/11/08

Le Testament de Stone - Celia Rees

Très, très étrange roman que voilà.
Un coup d'oeil sur l'énigmatique présentation de l'éditeur : Une statue qui pleure, un crucifix qui saigne... Sur tous les continents, d'étranges événements laissent présager la fin du monde. Le compte à rebours a commencé !
Zillah, Adam et Kris. Depuis la nuit des temps, leur destin semble être lié. Aujourd'hui, ils sont les seuls à pouvoir combattre les forces du mal... Sauront-ils survivre en pleine apocalypse pour sauver l'humanité ?
Ceci est bien mystérieux et cela n'éclaire pas tellement notre lanterne. Je vous l'accorde !

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L'histoire nous promène dans les temps anciens et les temps futurs, dans un Londres du début du 20ème siècle et celui de nos jours. On y parle d'Apocalypse, d'enfants capables de sauver notre monde et de bonds dans le passé pour résoudre le présent...

Trois enfants - trois orphelins - sont amenés à se rencontrer, après bien des embûches et des secrets de famille qui peuvent éclater en pleine figure. Ils se croisent dans un hôpital et les galeries souterraines de la capitale anglaise, seront aidés par une Mama Célestine et un clochard prénommé Bram, tout deux ont un passé mystérieux et ne sont pas ce qu'ils prétendent être. Mais des ennemis sont aux trousses des enfants, en plus de la mission qu'ils sont appelés à accomplir.

La suite est déconcertante, tout comme l'ensemble se révèle brillant mais déroutant. Plusieurs fois, il a fallu que je revienne sur les quelques pages déjà lues. Je suis néanmoins venue au bout du roman, pas péniblement, parce que j'avais été gagnée par cette part de mystère judicieusement distillée. Le roman est captivant, dans le fond, un peu construit comme un thriller. Et puis se mêle un parfum de fantasy assez sombre, où on retrouve des vérités reconnues, des fantasmagories populaires et des pures inventions littéraires.

Très original, mais absolument désarmant !
Ce roman pourra être lu par des adolescents (15 ans, au moins) mais sa maturité prouve qu'il mérite d'être lu par le plus grand nombre !

*****

(en savoir plus)

L'histoire s'ouvre sur une introduction opaque et troublante. L'OEil de la Mer, une guerrière prête à tuer et j'en passe. Le chapitre s'achève en nous laissant totalement abasourdi et déjà perplexe. Puis on rencontre une jeune fille - Zillah - seule rescapée d'un massacre au sein de la secte des Enfants de la 6ème Aube. L'Avocat, ce grand manitou, a tout orchestré et pense avoir accompli son contrat en prenant la fuite lorsqu'il se rend compte de l'existence de la survivante. Son but, alors, sera de la retrouver coûte que coûte.

On découvre ensuite Adam, dans une chambre d'hôpital, qui attend son opération alors que la jeune fille arrive dans les locaux, toute la presse à ses trousses. Bien étrange affaire, qui intrigue notre garçon... La rencontre avec la demoiselle sera aussi éphémère qu'un clin d'oeil car Zillah s'échappe de cet endroit. La peur au ventre, mais déterminée, elle se cache dans les galeries souterraines de Londres.

Près de là, se trouve Temple Green, un quartier délaissé où les clochards, comme Bram, ont trouvé refuge. Le vieil homme a à la bonne le jeune Kris, un orphelin qui a été recueilli par sa Mama Célestine, toute fraîchement débarquée de ses îles. Le gamin croise la jolie Zillah devant la gare, au même moment son vieil ami Bram s'époumonne et tombe raide en la pointant du doigt. C'est elle, il faut la retrouver...

Pourquoi ? Que sait exactement le vieux Bram ? Qui est-il finalement ? L'homme aurait un passé mystérieux et il serait détenteur d'un testament révélant l'existence d'une secte maléfique. A l'hôpital, il retrouve Adam et là encore les révélations vont tomber.

 

Seuil, novembre 2008 - 468 pages - 16,95€
Traduit de l'anglais par Jean Esch
titre vo : The Stone testament

22/11/08

Êtes-vous passés à côté de...

Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle ?

51lw4KdFwvL__SS500_Tobie Lolness, un millimètre et demi, appartient au peuple du grand chêne. Le père de Tobie, savant génial et sage, a refusé de livrer le secret d'une invention pour transformer la sève de l'arbre en énergie motrice. Furieux, le Grand Conseil a condamné les Lolness à l'exil dans les basses branches, territoire sauvage. Tobie y rencontre Elisha.

Il faut savoir que lire ce roman est un appel vers un ailleurs envoûtant et enchanteur. Pas seulement destiné à la jeunesse, ce livre est une invitation à la poésie, la philosophie et le respect pour l'environnement. L'arbre dans lequel vit le jeune Tobie détient un coeur qu'il faut sauver et préserver de la vilennie du terrible Jo Mitch. L'idée qu'une communauté s'affaiblit à force de subir la peur et l'humiliation fait émerger une étrange dualité entre l'amour et la trahison. Car dans ce roman on s'aperçoit bien vite qu'il est tout aussi facile de dénoncer et de s'en mordre les doigts, de combattre et de tromper les apparences.

Il y a cette volonté d'indétermination distillée par l'auteur et qui permet ce constat de rebondissements pour casser la routine et l'attente. Jusqu'à la dernière page, le souffle est tenu en haleine. Tobie Lolness est un garçon remarquable, qui ne manque jamais de ressources, malgré la somme d'épreuves offertes. Les personnages qu'il croise ont ces contours flous qui les rendent insaisissables. C'est une prodigieuse réussite, un joli monde sans magie, sans esprit surnaturel. C'est de la poésie, vibrante et touchante, accessible pour tous les lecteurs !

Prix Tam-Tam Je bouquine 2006 (Salon de Montreuil).

--) La série s'est faite connaître en avril 2006 avec un premier volume intitulé La vie suspendue ; la suite est parue l'année suivante avec Les yeux d'Elisha. Retrouvez-les en un seul volume, et avec une nouvelle couverture !   

 

Gallimard jeunesse, Octobre 2008 - 660 pages. 22€
Illustrations de François Place.

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21/11/08

Ce soir, Miss C vous propose...

Le Magicien d'Oz des Muppets - sur Gulli à 20h45

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Téléfilm pour la jeunesse
Date de diffusion : vendredi 21 novembre
Horaire : 20:45 - Durée : 1h35
Acteur : Ashanti, David Alan Grier, Jeffrey Tambor
Réalisateur : Kirk R Thatcher
Histoire : Dorothy Gale rêve de devenir chanteuse. Lorsqu'elle atterrit par hasard au royaume d'Oz, elle cherche le magicien qui pourra accomplir son souhait le plus cher.
Résumé : Vivant au fin fond du Kansas avec son oncle Henry et sa tante Em, la jeune Dorothy Gale n'a qu'une seule idée en tête : devenir une grande vedette de la chanson. Ce désir lui fait miroiter les délices d'un monde de paillettes et de strass. Elle ignore tout du show-business mais est prête à tout sacrifier pour entrer dans ce milieu si particulier. C'est alors qu'elle se retrouve miraculeusement embarquée au pays magique d'Oz. Aidée de tous ceux qui sont de bonne volonté, elle part à la recherche d'un fameux sorcier. Lui seul pourrait être en mesure de la faire accéder au statut de star. Mais la route jusqu'à la ville d'Emeraude est bien longue...

Critique : Le retour des Muppets avec le pastiche d'un classique hollywoodien, «Le Magicien d'Oz», avec Tarantino. A noter que ce téléfilm a été nommé aux Emmy Awards pour ses chansons.

Et pour la lecture, une suggestion :

61UXQnmflFL__SS500_La célèbre histoire du Magicien d'Oz est adaptée en album et revisitée pour être racontée aux plus jeunes. Découvrez sans attendre ce grand classique de la littérature enfantine anglo-saxonne !

C'est l'histoire de Dorothy et de son fabuleux voyage au pays du Magicien d'Oz, accompagnée de son chien Toto. Elle se liera d'amitié avec l'épouvantail, le bûcheron de fer-blanc et le lion peureux.

En suivant la route de briques jaunes, chaussée de ses souliers d'argent (!), Dorothy doit se rendre à Emeraudeville et trouver le magicien d'Oz qui pourra l'aider à retourner au Texas.

En chemin, les aventures et les rencontres ne manqueront pas. Avec à la clef, une très belle leçon de courage, d'amitié et de tolérance.  La valeur ne se cache pas forcément où on attend. Non, certainement pas. 

Raconté par Marie-Ange Guillaume
Avec les illustrations de Sébastien Mourrain

Nathan jeunesse, novembre 2008 - 14,50€

Le blog de S. Mourrain :   http://mourrain.canalblog.com/

Et pour les oreilles, une version nouvelle de la célébrissime chanson "Somewhere over the rainbow" :


Le dé d'Atanas - Hervé Picart

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Bon, je vous le confie tout de suite : ce roman a un charme fou ! Il vous emmène à Bruges, la ville perdue dans la brume et le froid polaire, avec ses canaux et son climat spectral. En bord de quai, se trouve une boutique baptisée L'Arcamonde. Il suffit de pousser la porte, d'entrer dans ce délicieux capharnaüm et de faire la connaissance, autour d'un lait chaud parfumé à l'anis, de Frans Bogaert. C'est un antiquaire cultivé, le Sherlock Holmes du bibelot mystérieux, qui cache dans son arrière-boutique un antre peuplé de créatures cybernétiques. En clair, notre homme sait allier les technologies modernes à la science infuse en un claquement de doigts !

Le roman s'ouvre sur l'arrivée d'une beauté pâle arborant une longue chevelure blonde - Mme Margaret Van Ostade. Elle a en sa possession un étrange dé hérité de son grand-père. Ce n'est pas un dé comme les autres, il est anormalement froid et résiste à toute source de chaleur. Aussitôt intrigué, Bogaert se lance dans une recherche frénétique pour percer le mystère de cet objet incongru.

Aidé de sa ravissante assistante prénommée Lauren, le sosie parfait de Lauren Bacall, notre gentleman distingué et érudit remonte la piste de la mythologie lituanienne et perçoit chez sa trop belle cliente un secret bien mal dissimulé.

Un régal, ce roman. Ce que j'ai surtout apprécié, c'est son atmosphère, son écriture et son invitation à décrypter l'énigme dans l'énigme. Alors que tout est gris et froid à l'extérieur, préférez lire ce trépidant roman au coin du feu ou sous la couette.

Il m'est très difficile de le classer : cela ressemble à un roman policier, mais l'enquête pourrait frustrer les plus aguerris, et pourtant il y a une chasse au trésor, une épopée façon Indiana Jones et un hommage sous forme de grâce et de canaillerie au cinéma de l'âge d'or hollywoodien. Les clins d'oeil fusent, les personnalités aussi troublantes qu'énigmatiques de Bogaert et son assistante ne sont pas sans rappeler certaines figures mythiques.

C'est envoûtant, sombre et voluptueusement nostalgique. C'est une parenthèse enchantée en cette saison triste et chagrine.   

Et comme l'indique la couverture, il s'agit de la première enquête de l'antiquaire... "le premier tome d'un grand roman-feuilleton moderne" ! A suivre.   

Le blog : http://arcamonde.hautetfort.com/

Le premier chapitre du Dé d’Atanas est disponible : vous pouvez le télécharger ici.

HERVE PICART - Le dé d'Atanas - chapitre 1.pdf

Le Castor Astral, novembre 2008 - 206 pages - 12€

12 volumes à paraître
L'orgue de quinte [ L'Arcamonde 2 ] : mars 2009

Les recettes de l'Arcamonde :

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Lait d’anis (anijs melk) à la façon de Bogaert

 

 

Pour un bon mug revigorant, porter à ébullition 25 centilitres de lait auxquels on ajoute trois étoiles de badiane (anis étoilé) et un clou de girofle. Laisser ensuite infuser dix minutes. Retirer badiane et girofle. Ajouter une cuillère à soupe de péquet de Liège ou de bon alcool de genièvre, ainsi qu’une cuillère à café de liqueur de mandarine (ou de Grand Marnier), et 7,5g de sucre (soit un morceau et demi). Mélanger. Redonner un petit coup de flamme si nécessaire car cela se déguste bien chaud quand tout gèle dehors…

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20/11/08

Cathy's Book - Stewart / Weisman / Brigg

Today is a winding road that's taking me to places that I didn't want to go
Whoa
Today in the blink of an eye I'm holding on to something and I do not know why
I tried

I tried to read between the lines
I tried to look in your eyes
I want a simple explanation
For what I'm feeling inside
I gotta find a way out
Maybe there's a way out

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Ouah ! Voici un projet plus qu'original, pour ne pas dire totalement exaltant ! Oui j'ai beaucoup aimé !!!

Le livre en lui-même est un objet précieux, derrière cette couverture noire cartonnée, fermée par élastique (un vrai carnet intime !) on découvre un assemblage curieux, fait de récit, entrecoupé d'illustrations, avec des documents dans une pochette, lesquels rassemblés donnent des indices pour retrouver Victor, le petit ami de Cathy.

C'est donc l'histoire d'une jeune fille de 17 ans qui vient de se faire plaquer par son petit ami. Mais elle est convaincue qu'il lui cache quelque chose, elle décide alors de le revoir une dernière fois mais il est mystérieusement porté disparu ! Qui est vraiment Victor ? On se le demande au fil des pages, de plus Cathy se montre drôle, intelligente, butée et imprudente. On a très envie de l'accompagner jusqu'au bout de sa quête, et très vite l'aspect sentimental de l'intrigue s'efface, on s'immisce alors dans un récit inquiétant, plein de charme, bref grisant !

L'esthétique du livre force l'admiration et rend cet ouvrage original et captivant, bien plus que le propos s'il fallait chercher une comparaison. Bientôt la suite, Cathy's Key !

*****

(en savoir plus)

La narratrice s'appelle Cathy Vickers. Elle a dix-sept ans. Et cela ne va pas très fort dans sa vie : son père est décédé, sa mère et elle ne se parlent plus, ses résultats scolaires vont de mal en pis et son petit ami vient de la quitter. C'est cette vie décousue et désabusée qu'elle choisit de raconter dans son journal intime.

Non ! Ce livre n'est pas un mémento qui vous fait glisser doucement dans la dépression. Cathy accepte la rupture, mais elle s'interroge. Après tout, connaissait-elle bien Victor ? Leur histoire a été courte et platonique, mais il y a ces mots :

« Cathy, tu brilles comme une bougie dans la nuit.
Dur de lâcher quelqu'un qui vous a dit ça, ne serait-ce qu'une fois.
»

A ceci s'ajoute la trace de piqûre au creux de son coude.

Mais que lui a fait Victor, ce Chinois d'une vingtaine d'années, qui vit dans une très belle maison appartenant à un oncle fortuné ? Et si cette demeure était en fait celle du jeune homme ?

Malgré les recommandations de sa meilleure amie Emma, Cathy choisit de dépasser les interdits : elle s'introduit chez Victor, fouille son agenda, récupère une pochette de papiers, apprend qui il pourrait être ou suppose qu'il s'est acoquiné à des activités louches.

Victor, un truand ?  Un tueur à gages ?  Un trafiquant de drogue ?

L'enquête nous conduit dans le Chinatown de San Francisco, dans une ambiance où on s'attendrait presque à voir surgir le Docteur Fu Manchu...

« Une clochette en cuivre a tinté quand j'ai poussé la porte. A l'intérieur, l'atmosphère était saturée de fumée d'encens et de tabac à pipe. Je me suis frayé un chemin entre les piles de livres, les meubles en laque et les statues de serpent ou de dragon qui encombraient la boutique. Derrière un paravent en bambou, je me suis retrouvée face à un comptoir vitré où s'entassaient des bagues, des médaillons, des montres de gousset, des broches, des sceaux, des poinçons et toutes sortes d'objets brillants. Un gros chat roux était allongé sur le comptoir ; derrière, une Chinoise à cheveux gris perchée sur un tabouret laqué fumait une pipe en terre à longue tige. »

Et le lecteur n'est pas au bout de ses surprises !

Singulier. Stupéfiant. Bluffant. Voilà les mots qui collent à ce roman, qui se dévore d'une traite.

Le site : http://www.cathysbook.fr/

Bayard jeunesse, Octobre 2008 - 192 pages - 15,90€
traduit de l'anglais par Pascale Jusforgues

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18/11/08

... because I want a revolution !

Y'a pas de mal !

 

 

Ces temps-ci, en matière de lecture, je cale assez vite. Pour plusieurs raisons : trop de sudoku sur ds, trop de films couleur grenadine, trop de papillons dans la tête, trop froid ou trop chaud, trop mal à la tête aussi, trop besoin d'aller chez l'ophtalmo depuis un an (et je n'y vais pas, c'est mal), trop de déconcentration en règle générale !!!

Et pourtant, j'ai de jolies choses dans mes piles.
Mais cela attendra.

Je suis revenue à la lecture de manga, parce qu'on peut le dire maintenant, cette passion a fait des émules !!! Naaan ? J'avais décrété que l'année 2008 serait l'année du manga et pris les paris (avec moi-même) de vous faire essayer 1 titre. Alors, qu'en pensez-vous ? Avez-vous fait des découvertes ? Ou non le manga-ne-passera-jamais-par-moi ?

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Petit état des lieux des dernières infos :

Oyez, oyez amis lecteurs : le tome 5 du Sablier est sorti. (Les personnages ont changé. Les grandes décisions pleuvent. C'est bouleversant ! Ce tome est très triste et pesant. A ne pas louper !)

Le tome 12 de C'était Nous a bien failli aussi avoir ma peau avec sa couverture !!! Damned, non ce n'est pas fini et cela n'annonce rien du tout. Car l'histoire - pour ceux qui la suivent - n'a strictement rien à voir : Nanami et Yano sont dans une impasse depuis des années. Le tome 11 faisait entendre qu'ils allaient se retrouver... et qui recroise-t-on dans ce volume ? Yamamoto. Personnellement je ne la supporte pas. 

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Donc j'ai eu bien du mal à lire ce tome 12, et ce qu'on apprend en bonus est invraisemblable. Je n'aime pas du tout la direction que prend la série, c'est lent, compliqué et aberrant. J'attends le prochain épisode, maintenant toutes les pièces sont en place, la suite doit pouvoir passer à la vitesse supérieure !

Message à ma petite soeur, également fan de cette série : la mangaka a repris son job et le tome 13 devrait paraître en février !!! :))

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Présentation maintenant de 3 nouvelles séries, et récentes découvertes...

Je commence par celle dont je ne donnais pas cher au début :

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Haruna a choisi de troquer son look de collégienne sportive pour devenir une lycéenne fashion et désirable. Elle veut plaire à tout prix, rencontrer un garçon et connaître l'amour. Pour réussir, elle s'inspire de conseils dans les magazines et se gave d'histoires à l'eau de rose dans des manga sentimentaux (sic). La réalité est plus crue : empotée et mal fagotée, elle a tout faux et se plante quand toutes les occasions pour séduire se présentent. C'est alors qu'elle décide de convaincre Yo, le garçon le plus canon de l'école, de devenir son coach en relooking. Il accepte à une seule condition : qu'elle ne tombe pas amoureuse de lui. Aucun danger, totalement à fond dans son trip, Haruna considère vite Yo comme un excellent pote. Elle est comme ça, Haruna, super bonne copine, mais pas petite amie !

Le premier tome a pour désavantage de placer l'histoire, et donc d'être plutôt bancal. J'avoue : j'ai eu du mal. Je trouvais même que c'était plutôt indiqué pour des ados.

Et finalement le tome 2 a changé la donne : je suis complètement accro !

L'histoire décolle, les personnages sont adorables. Haruna a une pêche d'enfer, Yo est un mentor qu'on rêverait toutes de trouver ! Il se passe un événement pas sympa dans ce volume, mais le coaching du garçon va se révéler efficace. Et puis l'histoire s'achève sur une note craquante...

Autre détail non-négligeable : c'est très, très drôle !

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Saika et Keishi sont amis depuis l'enfance, elle est amoureuse de lui mais il l'ignore. Depuis dix ans, elle a façonné sa personnalité pour mieux lui plaire, voulant apparaître douce et raffinée alors qu'elle est intrépide et fonceuse. Bref, dans l'établissement qu'ils fréquentent, le règlement interdit l'amour. Oui, c'est assez étrange mais cela permet la rencontre avec Kirisaki Shin. C'est le type le plus arrogant de l'école, beau, sûr de lui, il perçoit chez Saika sa vraie nature et tombe amoureux d'elle. La suite ressemble au jeu du chat et de la souris : il la poursuit, elle le fuit, il est jaloux de Keishi, lequel se réveille un peu, mais le type est niais, Shin en profite pour faire craquer la fille, bref c'est LE triangle amoureux par excellence.

Dans le tome 2, le fameux Keishi, celui qui est supposé être le Prince aux yeux de Saika, fait un peu pâle figure. On ne le voit quasiment plus dans l'histoire ! Il apparaît de temps en temps, manque de taper du poing sur la table, mais non ce garçon reste désespérément permissif ! D'un autre côté, cela laisse la part belle à l'histoire d'amour entre Shin et Saika. Beaucoup de sensualité à venir, du romantisme à gogo, j'avoue craquer bêtement pour cette bluette (qui n'en vaut peut-être pas autant la peine ?).   

Atout majeur de cette série : j'aime beaucoup le personnage de Shin (et j'ai aussi beaucoup ri) !

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J'ai trouvé le tome 1 dans une foire aux livres et ce fut assez pour me convaincre que c'était un signe ! Pas sûre que l'histoire sur papier avait de quoi me séduire, sans cela...

Chôko vient de décrocher un poste de secrétaire dans une grande agence et rejoint une équipe menée de main de maître par le dénommé Monsieur Dômoto. Il est exigeant, accable la jeune fille de tâches ingrates, elle plie, ploie et court, bref elle exécute les ordres sans moufter. Et c'est alors qu'elle découvre que Dômoto est en fait son ancien domestique. Chôko appartenait à une famille très riche, mais qui a fait faillite et a donc renvoyé tout son personnel.

Les années ont passé, et c'est Dômoto en personne qui a retrouvé sa petite maîtresse. Leurs rapports deviennent alors très complexes : à la ville, c'est rigueur et compagnie. En privé, le garçon est dévoué, très paternaliste, et chevalier servant. Or, il refuse d'admettre qu'il est amoureux d'elle et elle s'en offusque un peu. Du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre !!!

Le tome 2 n'a pas su davantage éclairer ma lanterne. J'ai toujours un peu de mal au sujet des rapports entre le garçon et la fille, mais le doute échappé, je suis plutôt séduite.

La scène de clôture du tome 2 est drôlissime ! Le couple s'est enfermé dans une chambre, le garçon est cloué au lit, notre demoiselle a pris les devants en lui nouant les poignets, (si ! si ! ), en fait on n'en voit pas plus, mais les dialogues laissent supposer des tas de choses et ils valent leur pesant de cacahouètes !

Une série très drôle, encore une fois !

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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon papa !!!!

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17/11/08

En espérant la guerre - Dominique Conil

517MbsEQeKL__SS500_Il y a 25 ans, les journaux ont consacré leur une à l'affaire Pierre Livi, le braquage du siècle, un mas encerclé, une centaine de gendarmes mobilisés, deux morts, une disparition et une femme - Anne Valetta - seul témoin de toute l'histoire. Et cette femme est restée muette, intransigeante, secrète, mystérieuse et donc fascinante.

Léon, jeune journaliste qui souhaite partir en reportage de guerre, se voit confier le gros dossier par son chef. L'eau a coulé sous le pont, peut-être aujourd'hui Anne Valetta va accepter de parler et avouer où est caché Pierre Livi. Mais le petit chemin qui mène à la Baume, où se terre Anne, est long, terre dure, pierres dénudées, ligne végétale et cours d'eau, mais le plus souvent caillasse et ronces poussiéreuses. Là où est la maison le silence est total, rien ne bouge sous le soleil de plomb.

Et puis c'est le malaise. Léon a une migraine fulgurante, il trouve refuge dans la maison fraîche et pas très lumineuse, Anne babille. Car elle accueille cet homme chez elle et le surprend en choisissant de raconter son parcours, mais sans question, sans réfléchir. Un peu comme si elle parlait seule, face à un miroir. Et en échange, elle n'attend rien. « Vous savez, vous ne devriez pas me parler et le regretter. Vous en avez trop dit. Des fois, les gens se mettent à vous haïr quand vous êtes leur dépositaire. »

Ce qui ressort de ce premier roman est le portrait saisissant d'Anne Valetta. Cette femme ne nous dit pas tout, derrière sa façade de Pénélope qui attend son Ulysse. Autant de fidélité désarçonne notre journaliste, lui-même empêtré dans une histoire sentimentale qui part à la dérive. Il n'est pas le seul à ressentir ce vertige de l'incompréhension : Carmen, la fille d'Anne, le dit tout de go. Cette histoire ne concerne que sa mère. « Pierre Livi, c'est propriété privée. Propriété d'Anne Valetta. C'est pas mon père, c'était son mec. J'ai eu que des contes et légendes. Tout ce que je sais, c'est que le héros, il ne s'est pas montré pour moi, que dalle. »

Le désenchantement résonne dans cette histoire, au même titre que l'espoir et la résignation. On y parle aussi d'engagement, d'illusion et de liberté. Anne Valetta raconte, le lecteur dispose. C'est sincèrement un roman d'ambiance où tout se passe dans cette vieille bâtisse qui porte un nom prémonitoire - le Baume du Mal. Et il y a la figure souveraine d'Anne Valetta, implacable et touchante, impénétrable et admirable. Forcément antipathique, agaçante. Mais qui marque.

Au commencement était une histoire d'amour, et elle s'est éternisée, pétrifiée dans l'attente... Ce premier roman en livre les pleins et les déliés avec une constante remarquable, une rigueur parfois déconcertante, car l'émotion est écartée. On s'enrôle dans une histoire de coeur comme on part à la guerre, avec la trouille au ventre et le chagrin d'en garder des cicatrices. Mais ça vaut le coup, rien que pour l'effervescence. Et Léon l'a bien compris. Nous aussi.

Très bon roman, très bien écrit.

Actes Sud, octobre 2008 - 174 pages - 18€

Merci à l'auteur !

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16/11/08

Où j'attendais plus de pschiiiit...

Il était une fois...

penelope

 

Une famille riche est frappée d'une malédiction qui condamne l'héritière à un physique de cochonne (le groin et les oreilles). La mère est effondrée mais sait qu'un mariage avec un garçon de la noblesse pourrait briser cette fatalité. Alors elle organise des rendez-vous, fait venir tous les jeunes hommes du gotha qui fuient comme des voleurs en apercevant la jeune fille.

Penelope, qui est pourtant une grande romantique de vingt-cinq ans, commence à perdre ses illusions jusqu'à sa rencontre avec Max. Il n'est pas comme les autres, il est curieux et gentil. Il joue le jeu de la séduction à l'aveugle (Penelope est cachée derrière un miroir sans tain) et il sait toucher la demoiselle qui est prête à se dévoiler.

penelope_5

Ok, le garçon n'est pas clean. Il a aussi ses petits secrets. Notre Penelope va être bouleversée et choisit de fuir sa prison dorée pour connaître la vraie vie (entraperçue avec Max). C'est sans compter sur un paparazzi nain, Lemon, qui a juré de se venger et décrocher un cliché de la "fille-cochon".

C'est donc un joli conte de fées, vraiment très fort par son esthétique. Les couleurs sont merveilleuses, mais aussi les ambiances, les décors, les costumes. C'est un régal pour les yeux. L'autre plaisir, dans ce film, c'est bien entendu James McAvoy !  J'adore cet acteur, j'adore sa voix, j'adore son regard. Les scènes de séduction entre Penelope et Max sont savoureuses.

Le reste se regarde sans ennui. C'est gentil, peut-être pas transcendant.

A noter : l'apparition facétieuse de Reese Witherspoon, également productrice du film.

penelope_reese_witherspoon 

 

 

 

 

Conte fantastique de Mark Palansky,
avec Christina Ricci, James McAvoy et Reese Witherspoon
Sortie dans les salles françaises : avril 2008

A ce jour, aucun dvd n'est disponible en France.
Seul recours : la vo !

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Par contre, je n'ai pas fait exprès de voir deux films en suivant avec la même actrice : Reese Witherspoon. Mais il s'est trouvé que ce film traînait dans mes piles et hop... une bluette, encore une.

et_si_c_etait_vrai_haut

Tiré du roman de Marc Levy que je n'ai jamais lu (car pas envie), ce film n'est pas extraordinaire. J'étais prête à m'embarquer dans cette histoire d'esprit fantôme, centrée sur l'amourette entre un homme qui traîne une âme en peine et cette nana hystérique, perdue entre ici et ailleurs. Et puis, non. C'est mignon mais c'est tout.

Et si c'était vrai
Un film de Mark Waters, avec Reese Witherspoon, Mark Ruffalo.
Sortie en novembre 2005

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Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
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