25/10/07

mémo 2004

Carmen (Nevada)

Passionnant de bout en bout, ce premier roman se lit d'une traite. La voix du narrateur, Neil Garvin, nous entraîne dans son cauchemar et nous envoûte d'effroi et de captivation. Cet adolescent de dix-sept ans, un champion de football dans l'équipe de l'école, possède toutes les qualités et tous les défauts d'un jeune de son âge. Sans scrupules, il bafoue toutes les règles, les sachant hors d'atteinte pour son statut de quaterback vedette. Mais lorsqu'un soir de beuverie trop arrosée, Neil renverse accidentellement un camarade sur la route et le tue, les choses vont très mal tourner. Pour lui, c'est la descente aux enfers, il planque le corps dans le coffre de la voiture de son père. Et pour son père, shériff de la petite ville de Carmen, près de Las Vegas, il camoufle le corps sans toucher mot à quiconque. Entre le père et le fils, une étrange relation s'établit, déjà douloureuse depuis l'enfance. La mère de Neil est partie de la maison sans crier gare, il avait juste trois ans. Cette absence creuse un profond vide chez le garçon qui en veut à son père de son silence, de son regard dur et froid, de sa violence et de ses boissons. Désormais, les rapports entre les deux sont au plus tendus, intenses et fragiles. Neil se sent couler, son père lui donne l'ordre de continuer le football. Tous deux vont tenir tête au FBI, mais jusqu'à quand. Car au-delà des scrupules et des remords, on devine que Neil devient de plus en plus fragile et vulnérable. Prêt à rompre le silence. Mais sa relation avec son père est si complexe et aussi déterminante dans la résolution de l'intrigue. C'est donc d'une main de maître que l'auteur a su jongler entre ces diverses subtilités pour un roman captivant et implacable. J'ai beaucoup apprécié.

 


 

50 façons de dire fabuleux

Ce roman de Graeme Aitken se termine comme il commence : par le mystérieux terme qu'on flanque au jeune Billy-Boy, douze ans. De tantouze à tarlouze, la boucle est bouclée. Mais au cours du roman (328 pages) le jeune garçon n'aura de cesse de se questionner sur ce mot étrange et de se cantonner à la tout autant énigmatique définition : "Des hommes qui portent des perruques, qui se déguisent avec des robes et qui ont cinquante façons de dire fabuleux". Fils de fermier dans un région reculée de la Nouvelle-Zélande, Billy-Boy aspire à ressembler à son héroïne préférée de la série télévisée "Perdus dans l'espace". Il arbore une queue de vache sous son bonnet, se fait appeler Judy, part à l'aventure en compagnie de sa cousine Lou dans les champs de son père, qui deviennent des paysages lunaires dévastés. Mais Billy-Boy va aussi connaître de nouvelles aventures : l'attirance inexplicable pour les garçons nus des magazines de sa mère, les émois avec un camarade de classe et la venue d'un garçon de ferme à la troublante ressemblance avec l'acteur David Cassidy. Les émotions complexes vont bouleverser l'existence du garçon qui va définitivement dire adieu à son enfance. Et ce roman de Graeme Aitken trace en délicatesse la métamorphose et le passage de l'enfance à l'adolescence. L'auteur utilise le jeune Billy-Boy pour raconter son histoire et par ce procédé le récit sonne juste, naïf et très touchant. On partage ses gênes, ses sentiments d'injustice, ses révoltes contre son père, ses troubles pour Roy ou Jamie, ses coups bas avec tante Evelyn ou Lou, et toutes les questions qu'il ne cesse de se poser et de tenter d'analyser. Un roman d'initiation très pertinent, léger car très innocent, et percutant car l'apprentissage est progressivement judicieux. Des questions resteront sans réponse, mais Billy-Boy aura l'illusion d'un été éternel. Je signale que ce roman a été adapté au cinéma par un réalisateur néo-zélandais.

 


L'égale des autres

 

J'ai beaucoup aimé ce premier roman d'une jeune américaine de trente ans, Laura Moriarty, qui met en scène Evelyn, dix ans. Elle vit au fin fond du Kansas, à Kerrville, petite ville qui se situe au centre des Etats d'Amérique, et donc au centre du monde. Evelyn vit avec sa maman, Tina, dans un lotissement modeste, au bord d'une nationale. Tina est une jolie femme pétulante, tandis que la petite fille se trouve quelconque, le regard endormi, les lunettes sur le nez, les cheveux ternes. Pas de père, juste toutes deux à supporter un quotidien avec des hauts et des bas. J'ai beaucoup aimé que ce soit la petite fille de dix ans qui commence le récit, avec son langage et son regard d'enfant qui rapporte les choses de la vie. Aucun travail d'introspection, comme souvent dans les romans d'apprentissage. Evelyn manque souvent de perspicacité, mais pas d'intelligence. Sa maîtresse lui a assuré qu'elle était "bénie". On la suit donc pendant huit ans, devenant adolescente puis presque jeune femme entrant à l'université. On suit son aventure, celle de sa maman, et celle des ses proches : sa grand-mère Eileen, ses amis d'école. Sous fond d'années 80 retentissantes, les années Reagan, "L'égale des autres" est un roman touchant, émouvant. Juvénile et naïf à ses heures, mettant le doigt sur des choses sensibles, c'est une histoire d'une petite fille pas comme les autres, douée et réfléchie, elle parviendra en 440 page à nous attacher à son parcours terriblement commun, mais bougrement attachant. Un premier roman à lire, sans plus attendre.

 


 

Quatre soldats

Primé par le Médicis en 2003, le roman d'Hubert Mingarelli en impose largement. C'est une histoire simple, vraiment toute simple. Où il ne faut pas s'attendre à des rebondissements, à de l'intrigue guerrière, à des révélations sur l'Armée Rouge, non. "Quatre soldats" se concentrent sur quatre hommes de l'armée russe. Leur bataillon se réfugie dans une forêt où ils vont camper pendant des mois, dans l'attente de partir, d'essuyer d'autres coups de feux, de tirs d'obus. Bref, en attendant des jours plus sombres, nos quatre soldats vont vivre en toute simplicité, contruisant cabane ou tente, jouant aux dés, pariant des cigarettes, se baladant près d'un lac, pêchant des poissons. Et puis, survient dans leur quatuor, un jeune fils de paysan qui rejoint l'armée. Les quatre soldats vont apprendre qu'il sait écrire et confine tout ce qu'il voit dans un carnet, donc ils vont lui raconter les menus détails de leur expérience dans cette forêt où ils viennent de passer de bons moments, des moments exceptionnels qu'ils vont tous garder en mémoire. Car, en fin de roman, l'heure de partir sonne et la peur les gagne. La peur combinée à la peine teintée de nostalgie.
Résumé grossièrement, ce roman possède avant tout une patte d'écriture époustouflante. Car ce n'est pas tant l'histoire limpide qui nous accroche, c'est le style de Mingarelli : épuré, net, élégant, précis. Un ton aux apparences simples mais bougrement travaillé et fascinant. Ce roman se lit à vitesse affolante et on s'attache à ces quatre soldats, à leur franche camaderie. C'est, honnêtement, un excellent roman qui mérite d'être lu et vaut bien le Prix Médicis attribué !

 


L'ennemi des fourmis

L'ennemi des fourmis" c'est Jonas, un petit bonhomme qui débarque avec sa maman, enceinte et un cocard à l'oeil, dans la campagne allemande. Ils viennent se réfugier chez la grand-mère qui ne quitte jamais sa chambre et refuse de voir le garçon car elle ne l'aime pas. Mais lui, Jonas, s'en moque : pour tromper son ennui, il traque les fourmis, les limaces et les escargots, s'en prend au chat et joue avec le feu. En trois jours l'histoire de Jonas va basculer du dérisoire au dramatique. Ce garçon a la haine au ventre, dans son monologue il s'en prend à tous ses "oncles" que fréquente sa mère, appelle son père qui voyage dans un avion et reviendra un jour... Jonas est écorché dans l'âme et dans le coeur : il voue pour sa maman un amour très fort que jamais le Nouveau (le bébé) ne pourra rivaliser. Pourtant l'histoire de "L'ennemi des fourmis" nous emmène plus loin et atteint progressivement une intensité remarquable. La fin de ce roman est éblouissant : fort, poignant, injuste et percutant. On referme ce très court roman (140 pages) avec le sentiment d'avoir reçu des bleus sur le corps et au coeur. Pas prêt d'oublier ce petit Jonas et ses aventures. Une lecture inoubliable.

 


 

Ceci n'est pas un roman

En dépit du titre, oui ! le dernier livre de Jennifer Johnston est bel et bien un roman. Une histoire touchante d'une famille qui cache des secrets : il y a trente ans, Imogen apprenait la mort de son frère Johnny, porté disparu après être parti nager en mer. Imogen a dix-huit ans, son frère vingt. C'était un nageur émérite, d'où le refus catégorique d'Imogen de croire à cette disparition tragique. La jeune fille séjourne dans une clinique depuis plusieurs mois, d'abord parce qu'elle a perdu sa voix et qu'on pense à un déséquilibre mental. Pourtant elle n'est pas folle. Certes, elle pense que son frère s'est enfui et vit quelque part, caché. Trente années vont passer, Imogen va écrire l'histoire de sa famille, fouiller dans les souvenirs, trouver des lettres d'une arrière-grand-mère qui ne s'est jamais remise de la mort de son fils pendant la guerre, lire le journal de son père, et se rappeler de cette année 1970 où tout a basculé : Johnny qui refuse de poursuivre son entraînement de natation, son ami allemand Bruno qui joue un rôle ambigu, sa mère Sylvia et la mystérieuse mais aimante Mathilde. Le roman va donc se construire comme un puzzle, on y découvre les acteurs de cette tragédie familiale jusqu'au dénouement dans les dernières pages. L'auteur prend son temps, passe du passé au présent et conclue sur un hypothétique avenir. La tournure générale est grandissime, captivante et envoûte littéralement son lecteur. C'est une lecteur rapide et divertissante, une révélation au niveau de l'auteur ! Une confirmation de la bonne santé de la littérature irlandaise. A découvrir.

 


Les peurs de Conception

 

Conception, à seize ans, se pose des quantités de questions sur son existence, ses peurs, ses troubles et ses premiers émois amoureux. Un peu décalé car l'histoire se cadre à la fin des années 80 mais attendrissant. Conception ne résout pas tous ses problèmes et l'essentiel de ses tourments conserve une certaine résonance à l'adolescence actuelle. Agnès Desarthe signe un petit roman qui met en exergue la difficulté d'être à seize ans sur un ton assez grave et teinté d'un humour ronronnant. Chargé de quelques maladresses, ce texte reste tout de même très sympathique à lire.

 


Un certain sourire

 

Il s'agissait du deuxième roman de Françoise Sagan, publié après le grand succès de "Bonjour tristesse". Cette fois encore, l'auteur s'est entourée d'une jeune fille, Dominique, qui tombe amoureuse d'un homme marié, Luc - l'oncle de son petit ami, de surcroît. Ce deuxième roman est très simple, très banal. Une espèce de bluette sentimentale, au ton déjà décalé et désabusé, certes une bluette péniblement scandaleuse pour l'époque, encore une fois, un appel fugace à l'érotisme, etc. Pour le public des années 2000, il est bien étrange d'y trouver scandale, érotisme débridé et amoralité dans les petits romans de Françoise Sagan. A relire les critiques de l'époque, tout prête à sourire ! Et pourtant "Un certain sourire" montre la naïveté et la vulnérabilité qui n'étaient pas présentes dans "Bonjour tristesse". La tendresse dans ce récit et la recherche touchante du grand amour rassure, quant à la vivacité du style de "Bonjour tristesse", elle avait heurté et laissé croire à un total manque d'impunité de la part de l'auteur. Pourtant, Françoise Sagan écrit vite et bien, un peu maladroitement dans ce deuxième livre. C'est en lisant son récit "Derrière l'épaule" où l'auteur fait le point sur l'essentiel de son oeuvre, qu'on découvre donc qu'elle faisait la rencontre déterminante d'un homme aux "yeux gris, l'air fatigué, presque triste" en contrepoint de l'écriture de son roman. "La littérature et la vie commencèrent à se confondre". Cet homme était Guy Schoeller, un éditeur, et si l'héroïne de "Un certain sourire" affirme avoir aimé un homme, connu une histoire simple, bref pas de quoi faire des grimaces... L'auteur reconnaît que c'est elle, en vrai, qui en a fait des grimaces...

 


 

Dernier refuge avant la nuit

L'ambiance générale s'avérant assez lugubre et sordide, "Dernier refuge avant la nuit" sauve tout de même son épingle du jeu par son écriture assez limpide et simple. Premier roman d'une auteure américaine, l'histoire met en lumière la difficulté de survivre à l'Holocauste à travers le portrait d'un auteur dramaturge viennois, Joseph Kruger. Son portrait est dessiné par le souvenir d'un ancien amour, Kitter Jacobs, qui se rend à Amsterdam pour ses obsèques, par un temps neigeux. Dans le train, Kitty se rappelle sa rencontre avec cet homme plus vieux de presque trente ans. Un homme qui lui a raconté par fragments sa vie, son expérience de jeune garçon qui est parti de Vienne en 1938 chez une famille hollandaise et qui par une chance incroyable a su préserver sa peau durant l'occupation allemande et échapper à la déportation. La confession de Joseph révèle un homme imbu de sa personne, de son succès auprès des femmes, de son aubaine à être passé entre les mailles du filet, à fuir pour vivre en Terre Sainte puis aux Etats-Unis. Mariages manqués, paternités désavoués, succès littéraires et vengeance du juif traumatisé par le martyr d'un peuple et son invraisemblable (et impardonnable) survie. Le roman est assez fragmenté dans son ensemble, il se compose de paragraphes courts, ciselés qui nous baladent d'une époque à l'autre, d'une pensée à l'autre, et d'un personnage à l'autre. Assez troublant au début, le procédé finalement n'est pas si mauvais puisqu'on suit le cours du récit avec grand intérêt. Un roman intéressant.

 


 

"L'après-midi de Monsieur Andesmas" fait partie de ces petits romans de quelques pages, qui ne paient pas de mine, sont sans prétention, et évidemment sont des perles dans un écrin de velours ! Oui, j'avoue mon gros penchant pour cette histoire banale, lisse, monocorde et monotone : l'attente d'un homme âgé de soixante-dix-huit ans dans un fauteuil de rotin sur une plateforme, devant une maison qu'il vient d'acheter pour sa fille, sur une colline, parmi la forêt, pas loin d'un étang. Cet homme, monsieur Andesmas, attend un entrepreneur, Michel Arc, pour parler du projet de terrasse à la place de cette plateforme au sol sablonneux. Mais Michel Arc se fait attendre et monsieur Andesmas attend. Il aperçoit sur la place du village une foule de danseurs qui s'égaient aux sons d'une musique à la mode, cet été-là. Certainement son enfant, sa fille, Valérie, est parmi eux. Elle l'a déposé dans sa voiture noire, puis elle est repartie. Lui doit attendre Michel Arc qui est aussi en train de danser sur la place du village. C'est sa fille qui lui a dit, est venu le prévenir d'excuser le retard de son père, qu'il viendra plus tard. Mais plus tard, c'est l'épouse de Michel Arc qui vient rejoindre monsieur Andesmas. Un peu figée, un peu décidée à tout dire. Quoi ? Sur la fille de monsieur Andesmas, sur cette fille à la blondeur éblouissante, sur cette Valérie qui s'affiche de plus en plus avec Michel Arc, qui rit avec lui. Et monsieur Andesmas, malgré l'amour infini qu'il porte à sa fille, doit comprendre, entendre des choses, à défaut de les deviner. Trois points de suspension ... C'est ainsi qu'écrit Marguerite Duras, en suspension. Elle laisse planer les choses, les sentiments, les attentes : le désir, l'amour, la douleur, la trahison, la colère et l'impression d'être floué. Qu'importe que ce récit soit dicté sans soubresauts, on se sent emporté par le vent dans les arbres, frappé par les rayons du soleil de cet été-là dans le Sud de la France. C'est terriblement subtil et accrocheur, enchanteur, oui !

 


L'odeur de menthe

 

On entre dans ce roman comme dans le salon de Monsieur Vincz (l'un des personnages) : ambiance feutrée, veloutée, chaude, lumineuse et silencieuse, pieuse. Qui débarque là ? Agathe, une jeune fille qui vient de fuir quelque part, partir d'un endroit qui demeure terriblement marquant pour elle. Car dans cet appartement silencieux et trop calme, les souvenirs s'acharnent et reviennent par vagues. Ils l'assaillent - "comme si toutes les émotions que je n'avais pas eu le temps ou la force d'éprouver à l'institution surgissaient enfin". Donc reviennent ces instants pénibles et nostalgiques du temps passé à être soignante dans un institut pour handicapés mentaux. En y pensant, des mots forts viennent de sa plume - débiles, mépris, saleté, violence. Mais Agathe, elle, a su supporter tout ça sans ciller. Son histoire, finalement, est terriblement creuse : silence chez Monsieur Vincz, violoncelliste, qui s'enferme dans sa pièce, ne parle jamais, sauf par écrit. Et ce silence est ce qu'on retient en fin de roman - ça et puis cette odeur de menthe. Pour un roman délicat, sensible et mine de rien poétique, "L'odeur de la menthe" s'y colle parfaitement. Pas évident à retranscrire tout ce silence et ce vide qui remplit le livre, ça le rend très touchant, émouvant presque.

 


Le souffle du Dragon - Jean Luc Bizien

souffle_du_dragonLa cité de Selenae est menacée par les forces des ténèbres qui cherchent à s'abattre sur le royaume, malgré les sortilèges préparés par l'Empereur-Mage pour les tenir à distance. La menace semble imminente.
Sa majesté est vieillissante, il faut trouver un successeur, l'Elu comme on l'appelle. Et c'est le grand prêtre Arh'En Dal qui va, en personne, fouiller la campagne environnante pour recruter des volontaires, avec en mission d'affronter un labyrinthe impitoyable, surnommé la Gueule du Dragon.
Rares sont ceux qui en sortent sains et saufs. Et s'il n'existe toujours pas d'Elu à ce jour, c'est parce qu'aucun vaillant guerrier n'a su relever le terrible défi.

Dans ce premier livre, on suit donc l'épopée de trois prétendants, Kaylan le fils de paysan, Sheelba l'apprentie magicienne et Shaar-Lun le vagabond, ancien membre de la guilde des mendiants (un groupe de redoutables brigands).
Tous les trois vont s'engager dans un long boyau qui ressemble étrangement à la gorge d'une espèce vivante, affronter leurs pires cauchemars et devoir se battre contre des créatures maléfiques. Ce périple sera éprouvant, rude pour leur endurance, mais va aussi être l'occasion d'apprendre et de découvrir les secrets de l'Empereur-Mage.

Alors oui c'est vrai, dans ce roman, les personnages sont tous beaux, forts, brillants et dégagent du mystère, du charme et de la magie. Moi ça me plaît ! Puis vient l'intrigue, palpitante, pleine d'imprévus, qui tient en haleine du début à la fin. Et l'ambiance, inquiétante et sombre, finit de nous ensorceler, si jamais l'auteur supposait qu'on demeurerait hermétique !
Dans ce livre, autre chose importante, ce n'est pas un concours d'effets spéciaux pour bouleverser le lecteur. Il n'y a pas de surenchère idiote et gratuite, l'action est riche, bien dosée. On ne tombe pas non plus dans le piège du fantastique tellement surnaturel que c'en est ridicule, bien loin de là ! Personnellement j'ai été scotchée par ce que l'histoire nous proposait, jamais d'images immondes ne nous frappent non plus. Tout est très bien maîtrisé, ouvert à exacerber l'imagination, tout à fait captivant de bout en bout !
J'ai beaucoup aimé, vraiment. Et j'ai découvert qu'il s'agissait, en fait, d'une réédition de la trilogie de JL Bizien déjà parue en 2000.

Le souffle du Dragon est le tome 1 de la trilogie Les Empereurs-Mages. Bayard Jeunesse, coll. Les Imaginaires - 285 pages.  12.90 €

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Elyon, t. 2 : La Vallée des Epines - Patrick Carman

  • Pour se remettre un peu dans le bain, je parlais donc du tome 1 en cliquant ici ...

elyon_2Un an après les événements du tome 1, nous retrouvons Alexa qui rejoint la cité de Bridewell avec son père où l'attend une nouvelle inattendue. Son jeune ami Yipes, le petit homme, vient lui remettre une lettre très importante de la part de Warvold, qui demande à la jeune fille de 12 ans de partir sur le champ pour accomplir une mission périlleuse.
Aidée de Yipes, de Murphy l'écureuil, d'Odessa la louve et de John, un ancien forçat, Alexa doit traverser les Monts Obscurs, la Vallée des Epines et la Cité des Chiens pour tenter de renverser le tyran Grindall qui gouverne dans la Tour Ténébreuse. En chemin, elle va affronter la fatigue, la peur, la faim, rencontrer l'Essaim Noir (une troupe de chauves-souris qui s'abat violemment sur les passants) et faire la connaissance des géants, devenus des ogres, à l'aspect repoussant et qui dégagent une odeur pestilentielle.
Plus on progresse dans la lecture et plus on découvre un univers sombre et glauque, où la magie et le surnaturel n'occupent pas le territoire, car l'ambiance d'Elyon réside principalement dans l'aura nébuleuse, dans la quête d'une jeune héroïne désignée l'Elue pour affronter des forces maléfiques.
Contrairement au tome 1, ce deuxième épisode nécessite le troisième livre (de la trilogie) pour connaître la suite des aventures d'Alexa, appelant sans nul doute beaucoup de passion, de générosité et d'émotion dans les personnages, de rebondissements dans l'intrigue.
J'ai été encore une fois séduite et étourdie par la rapidité avec laquelle on plonge dans cette lecture, totalement captivante, sauf quelques passages bancals mais qui n'ont pas un poids défaillant pour l'appréciation générale ! C'est une série appétissante, réussie et qui évite certains écueils, donc pas mal, pas mal !!!
A découvrir, n'attendez plus !

Bayard jeunesse - 276 pages - Octobre 2007 - Traduit de l'anglais par Danièle Laruelle.  11.90 €

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24/10/07

Des histoires qui s'emmêlent et se démêlent ...

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Parmi le florilège de jolis livres reçus, je dois dire que Rien à voir m'a tout de suite tapée dans l'oeil. Pourquoi ? Sa couverture, son charme, son esprit coquin, cette promesse de candeur, bref c'était déjà un chouette programme ! Et puis, j'ai ouvert le livre et dès la première page, plaf ! j'ai été ravie ... sourire béat d'une oreille à l'autre ... ça peut paraître bête à dire et à lire, mais j'ai eu le sentiment de voir et retrouver ce que je pense de ma petite fille (ah ! ce sacro saint sentiment maternel qui vous étouffe et vous gonfle béatement de fierté ! ...). 

« Elle, c'est comme si un bouquet de papillons multicolores sortait de sa tête à tout heure. Comme un éclat de rire. »

rien_a_voirElle, c'est Sidonie. Une petite fille avec des lunettes rondes, l'esprit ailleurs, un peu rêveur... Elle rencontre dans la cour de récréation Marius, un garçon premier en tout, qui veut tout savoir, tout comprendre, tout connaître. A elle de poser tout le temps les questions, et à lui d'y répondre sans cesse. Ces deux-là sont donc totalement opposés, ils se chamaillent et s'affrontent avec leurs propres théories ... rationnelles contre poétiques.

Mais la morale de cette histoire est très jolie, puisque  « A nous deux ... on a les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ! »

Cette histoire vise à réconcilier les poètes et les scientifiques et, pour ce faire, deux enfants se renvoient la balle à coup de questions intempestives sur ce qu'est le monde. Pour découvrir, savoir, inventer, il faut savoir rêver et imaginer. Pour rêver, il faut connaître la réalité... Sidonie et Marius ne posent pas les questions de la même façon, mais le fait de les poser reste essentiel ! Sidonie,  « toujours à poser des questions, l'air étonnée de tout, et toute gourmande de mots » et Marius,  « la regarde et voit le monde autour d'elle et, dans ses yeux, le reflet d'un autre monde. Un monde très beau. »

Oh oui, c'est très beau ! J'ai beaucoup apprécié ce petit livre, mis en lumière par le formidable travail d'illustrations de Stéphane Girel. Hélas ... il me faut admettre que notre Miss C. a été un peu larguée par le flot de questions et n'y comprenait rien du tout !!!! Dommage (pour elle). Ce livre est superbe, mais il faut vraiment faire attention à accompagner l'enfant dans cette lecture !

Rien à voir - de Franck Prévot - Illustrations de Stéphane Girel.  Editions du rouergue, coll. Varia. 40 pages.  13.50 €

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le_nidC’est la fin de la journée, un petit garçon attend son papa dans la cour de l’école. Mais alors que les autres parents viennent à pied ou en voiture, c’est du ciel que le sien arrive! Et c’est sous son aile qu’il chemine avec lui jusqu’à la maison… un nid douillet niché au coeur d’un arbre touffu, au centre de la ville. Quand sa maman et son petit frère arrivent, c’est la magie des retrouvailles et le bonheur d’être tous réunis. Peu importe les cauchemars, couvé par l’amour parental, l’enfant se rendort paisiblement jusqu’au lendemain matin. Et parce qu’il faut apprendre à devenir grand pour prendre son envol, c’est avec plaisir que le petit garçon prend à nouveau le chemin de l’école sous l’aile de son papa …

En fait, je n'ai rien à dire sur ce livre et le mieux pour lui est de le feuilleter pour le savourer. Parce que c'est une histoire simple, sur la sublimation du quotidien à travers les gestes que font les parents pour leurs enfants et sur la façon dont les tout-petits les perçoivent. Et c'est alors qu'on comprend que le foyer est un cocon,  « le nid », et que le papa (oui, ce livre a privilégié le papa, trop souvent absent dans la plupart des histoires, c'est vrai !) donc le papa prend une allure de  « héros » avec ses ailes, son rôle de libérateur et de protecteur.

Une histoire qui illustre à merveille l'expression  « l'amour donne des ailes » !

Signalons pour finir que David Merveille, illustrateur de cet album, avait déjà retenu notre attention avec le récent Juke-box (nous en parlions ici !).   « Le nid » conviendra aux plus jeunes !

Le nid, de Zidrou - illustrations de David Merveille - Ed. du Rouergue, coll. Varia - 32 pages.  12.00 €

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un_calinEt un p'tit dernier pour la route, et qui offre la particularité de se présenter dans un coffret contenant un livre et deux doudous en forme de virgule ...

Deux formes colorées se croisent, se mêlent et s’emmêlent. L’une verte, l’autre orange, elles s’approchent, se touchent, s’imbriquent et se mélangent finalement dans un tourbillon de mousse vrombissant. Est-ce une chorégraphie amoureuse ou une dispute ?

L'histoire est étonnante et j'ai volontairement coupé la fin de la présentation de l'éditeur pour ne pas  « émousser » le secret !!!  Parce que moi, oui môa môa môa, j'ai eu l'esprit un peu mal placé et je me suis imaginée des choses polissonnes ... Mais force a été de me raisonner, puisque ce livre s'adresse à nos chers bambins (les plus jeunes, à mon humble avis). Donc, haem, haem ... l'issue ne manquera pas de vous tirer quelques petits sourires - vous arrachant de l'esprit l'impression furtive d'une  « autre chose » ! ... *soupir*

( Mais je maintiens que ce livre est libre de toute interprétation !!!! )

Un câlin - de Jean Gourounas - Ed. du Rouergue.  32 pages  -  15 €

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Sidonie !!!! ***

23/10/07

Entre Dieu et moi, c'est fini - Katarina Mazetti

entre_dieu_et_moi_c_est_finiLinnea est « une douce petite fleur d'un mètre quatre vingts, une lycéenne proprette, en bonne santé, bien nourrie, suédoise et même pas anorexique ». Elle a seize ans, se trouve quelconque et cultive les soucis par milliers.
Linnea est en effet bourrée de complexes, à cause de sa taille, de sa poitrine plate, de sa timidité. Et puis elle est seule et se sent différente de ses camarades d'école. Bien sûr, elle avait cru sa vie changée depuis la rencontre de Pia, une grande bringue comme elle, mais qui ne manquait ni d'assurance ni de répondant. Et ainsi Pia et Linnea sont devenues « amies pour la vie » - enfin, pour cent vingt jours.
Parce que Pia est morte. Comment, pourquoi ? On ne le découvre qu'à la toute façon du livre. (Voilà pourquoi je recommande de ne surtout pas lire la 4ème de couverture qui en dévoile beaucoup trop !)
Donc, pour défouler son chagrin et sa frustration, Linnea s'enferme dans le dressing de sa grand-mère et parle, parle, parle ... face au mur.

Ce petit roman (de 155 pages) est finalement très attachant, à la fois drôle et émouvant. Cela commence par les tribulations d'une adolescente, mal dans sa peau, amoureuse du beau gosse mais exaspérée de n'attirer qu'un pot-de-colle avec des longs bras tout mous. Guère aidée sur le plan familial non plus, la jeune fille se rend une fois par an chez un père fermé d'esprit et vit le reste du temps chez sa mère avec son nouveau petit ami et leur fils Knotte, adorable bambin de neuf ans, très intelligent.
Linnea est une jeune fille qui se pose des questions, sur Dieu notamment, sur la signification de la mort, et la légitimité de penser et pleurer son amie perdue. En gros, ses réflexions oscillent entre le superflu et le très profond.

« J'ai eu envie de prendre ces deux pimbêches par la peau du cou et de cogner leurs crânes l'un contre l'autre. Et ensuite de me procurer une tronçonneuse, de les couper en morceaux, les jeter dans les toilettes de l'école et tirer la chasse d'eau. Je ne trouve rien de mieux que de me faire des films pareils au lieu d'avoir des répliques intelligentes et qui font mouche. Et bien sûr, moi aussi j'ai rougi comme une fraise. Anna Sofia savait exactement comment taper dans le mille. »
Ou bien :
« J'ai collectionné les souvenirs de Pia avec la prudence d'un archéologue qui découvre les vieux débris d'une cruche, et je les ai enfermés dans des boîtes. Peut-être seront-ils un jour couverts de poussière, peut-être se décomposeront-ils quand ils reverront la lumière. J'ai remarqué que quand on raconte une chose vécue, un voyage ou un bon film, après quelque temps seulement on ne se souvient plus que de son propre récit, et non pas de l'événement réel. C'est pareil pour Pia aujourd'hui. Je me rappelle uniquement mes propres souvenirs d'elle, et non d'elle-même. »

Pour plusieurs raisons, je conseille aussi la lecture de ce roman aux adolescents, dès 15 ans. Le ton, le cynisme et l'auto-dérision seront des atouts imparables pour les séduire.
Et pour ceux et celles qui ont adoré le très plébiscité « Le mec de la tombe d'à côté », LE livre qui a révélé Katarina Mazetti, ne boudez pas votre plaisir et offrez-vous un retour en adolescence, avec son lot de tourmentes et de questions « hautement » existentialistes ! Le monologue de Linnea saura vous toucher, la plume de l'auteur faisant toujours mouche !
A ce propos, l'auteur écrira deux autres romans mettant en scène Linnea. Dépêchez-vous donc de faire sa connaissance !

Gaïa - 155 pages - Octobre 2007.  13.00 €   * Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss *

Illustration de couverture : 2003 - Guy Delcourt Productions - Jenny

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22/10/07

Le royaume d'Outrebrume, III. L'héritière d'Outrebrume - M.I. McAllister

Rappel des précédents épisodes :

Par une nuit étoilée, un drôle de bébé écureuil au pelage clair est recueilli sur le rivage de l'Île d'Outrebrume. Baptisé Oursin, le jeune orphelin grandit au milieu des écureuils, loutres, hérissons et taupes qui vivent en paix sur l'île, gouvernés par un roi juste et bon. Cette paix vole soudain en éclats le jour où un capitaine perfide, Bogue, décide de s'emparer de ce royaume prospère et de détourner sa richesse. Puis un drame survient, qui achève de plonger les habitants dans une profonde affliction : Culbute, le prince héritier, est assassiné. Le capitaine Crispin, qui vient de prendre Oursin comme page, est injustement accusé et condamné à l'exil.

Dans le tome 2, un mystérieux navire vient d'aborder l'île d'Outrebrume. La mission des ambassadeurs qui débarquent est de trouver et de ramener l'Ecureuil Marqué dont une ancienne prophétie a annoncé la venue. Tous les habitants de l'île sont dans la fièvre à l'approche du couronnement de Crispin. Mais les préparatifs sont interrompus par l'arrivée inopinée de visiteurs officiels venus d'une île voisine. Et l'on découvre peu de temps après qu'Oursin a été enlevé. Commence alors pour lui une captivité pénible dans une île inhospitalière gouvernée par des fous sanguinaires, et pour ses amis d'Outrebrume, une interminable attente.

Tome 3 :

outrebrume_3Après les dernières palpitantes aventures, les îliens d'Outrebrume sont enchantés de vivre un instant de répit et de fêter le baptême de Chatoune, la fille du couple royal, Crispin et Cèdre. Cependant, ce moment de liesse ne sera qu'une brève parenthèse car de nouveaux raz-de-marée vont ravager le royaume et ses habitants.
D'abord, l'héritière disparaît. Puis une épidémie de typhoïde s'abat sur l'île, et enfin une pluie torrentielle suivie par une marée de boue vont finir d'abattre le moral des Capitaines du Cercle, du roi Crispin et des suivants, Oursin, Finaiguille et compagnie.
Et c'est dans le pire que naît souvent le plus dingue, avec le grondement des rumeurs, des mécontentements et le fait que Bogue, le tyran, soit ressuscité et responsable de tous ces malheurs !

Pour clore la trilogie, l'auteur Margi McAllister a donc décidé de se replier sur le royaume d'Outrebrume où le danger pointe de manière insidieuse. Dans ce tome, on croise les spectres de la folie, la vérité crue et dérangeante de la découverte des origines (je pense à l'écureuil Fingal, l'ami d'Oursin), à la jalousie, la bêtise et l'ignorance, au sentiment de peur, à la volonté de trouver un coupable, quitte à nommer un innocent dont le seul tort est de ne pas appartenir à Outrebrume depuis des générations et des générations !
L'action dans ce tome 3 est plus lente, parce que la menace est partout. Elle surprend les personnages principaux, tous plus attachants les uns que les autres, toujours conformes à l'évolution de la série. Et cela paraît presque irréel de fermer le livre, incapable d'imaginer qu'on abandonne les rivages d'Outrebrume pour de bon, qu'on laisse derrière soi Oursin et tous ses amis, qu'on ne sera plus à leurs côtés pour vibrer à toutes leurs passionnantes aventures !
Si vous ne connaissiez pas encore la série, n'hésitez pas à lire le tome 1 « Oursin des Etoiles » (disponible en folio junior).

Gallimard jeunesse, collection Hors Série Littérature. 360 pages.  13.00 €

Illustrations Omar Rayyan. Traduit de l'anglais par Philippe Morgaut.   Dès 9 ans.

  1. tome 1 : Oursin des Etoiles

  2. tome 2 : Le prisonnier de Grisemine

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21/10/07

Un ami qui vous veut (vraiment) du bien !

En 2006, apparaissait sur la "grande" scène littéraire le personnage de Bogueugueu. Je reprends ici l'avis du site Ricochet pour vous rappeler ou faire les présentations : Ce premier épisode d’une série qui voit une nouvelle collaboration entre Béatrice Fontanel et Marc Boutavant se présente sous la forme d'une chronique de la vie à l’école. Ferdinand Pompom y décrit l’arrivée de Basile Tambour, un nouveau élève qui se fait appeler par ses pairs « Bogueugueu » à cause de son défaut de prononciation. Subissant les moqueries de ses camarades et mis à l’épreuve dans les cours, ce petit homme devra trouver ses marques. Même s’il lâchera prise à un certain moment, Basile finira par y arriver et deviendra même l'ami de Ferdinand Pompon. Dans l’esprit du Petit Nicolas, un ouvrage bien mené où les enfants pourront s’y retrouver aisément.

bogueugueu_entre_en_sixiemePourquoi tant ce cérémonie ? Mais parce que vient enfin de paraître le deuxième livre de cette série : Bogueugueu entre en sixième. Et croyez-moi, une rentrée comme celle que vont vivre nos deux compères, nombreux sont les collégiens à souhaiter la vivre !!!

Pour ce premier jour en sixième, Bogueugueu a décrété qu'il avait une laryngite et qu'il lui était donc im-po-ssi-ble d'ouvrir la bouche, de parler tout court. Un bon moyen pour faire l'anguille, suppose Ferdinand, un peu piqué que son meilleur copain ne joue pas franc jeu avec lui, plutôt que faire son cinéma. Qu'importe ! l'arrivée au collège va vite les prendre au dépourvu car, au lieu d'une salle de classe en bonne et due forme, nos collégiens sont accueillis dans un préfabriqué car l'école est en travaux. Et ça dure ! et ça fait un vrai chambard ! ... A tel point que le professeur de français, Madame Rosmorduc, va pousser sa classe vers la sortie et prendre ses aises dans un parc !

Etrange journée à l'horizon, pensent nos petits héros, bien heureux de la tournure des événements. Et ils se sentent tellement bien dans leurs baskets que Bogueugueu va se sentir l'envie de confier son handicap qu'est le bégaiement à travers une rédaction bien tournée, bien gentillette.

Les nouvelles aventures de Bogueugueu et son copain Ferdinand sont donc un condensé de jubilation, d'amitié et de solidarité, beaucoup d'humour et de légèreté. L'histoire montre qu'une rentrée au collège peut finalement être une journée atypique et merveilleuse, même si on a fort la trouille de franchir le cap (et c'est normal !).

Très belles illustrations de Marc Boutavant (qu'on retrouve aussi sur Ariol et Mouk par exemple) et qui accentuent l'impression de fraîcheur, de tendresse et de candeur.

A tenter !

Bogueugueu entre en sixième - par Béatrice Fontanel - illustrations de Marc Boutavant.   Dès 6 ans.

Gallimard jeunesse.  48 pages.  9.00 €

bogueugueu_mon_copainDisponible aussi :

Mon copain Bogueugueu.

20/10/07

Histoires de l'esclavage racontées à Marianne ~ Alain Foix

Chaque 10 mai est depuis 2 ans la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage en 1848. Une loi, la loi Taubira, a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité.
Pour expliquer cette tragédie aux enfants, l'écrivain Alain Foix a écrit un conte citoyen très imagé et accessible.

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Marianne, jeune députée de Franche-Comté, va s'échapper de l'hémicycle du Parlement pour découvrir les coulisses de l'Assemblée nationale avec une chambre secrète, parfumée d'odeurs sucrées. Là elle y découvre des bustes de toutes les couleurs, puis une voix la cloue sur place. Une Marianne noire la hèle, l'invite à s'approcher et tendre l'oreille pour apprendre toutes leurs histoires de l'esclavage. Ils sont tous là, Toussaint Louverture, Victor Schoelcher, Delgrès, Dessalines, Victor Hugues, Sonthonax, l'abbé Grégoire, la Vénus Hottentote, la mulâtresse Solitude... Ils nous parlent de leur combat, de leur chant d'espoir, de leur rêve brisé. Ce sont tour à tour des cris de détresse, de colère et d'espérance. Des actes héroïques, une abnégation totale et la foi inébranlable dans le mot Liberté.

Attention, toutefois, au fantôme de l'Île de Gorée ! Il gronde avec son fouet dans la chambre des bustes, menace les martyrs avec son Code Noir sous le bras. Et Marianne, spectatrice, écoute, apprend, retient et va à son tour accomplir un grand geste au nom de la Liberté.

ll y a beaucoup d'intelligence et de simplicité dans cette lecture sur ce qu'était l'esclavage et comment il a été aboli. Bien entendu il s'adresse aux enfants, aux jeunes lecteurs mais il n'est pas interdit aux plus  « grands » de s'y intéresser. Et souligner les grandes lignes : « Le racisme est une forme d'ignorance, un aveuglement qui peut frapper les gens les plus cultivés et les plus intelligents. Il vous empêche de voir les autres comme ils sont vraiment. On les maltraite comme s'ils étaient des objets, sans se soucier du mal qu'on leur fait. »

Le livre est accompagné d'un CD qui raconte l'histoire en la ponctuant de chants traditionnels créoles et de percussions.  « Une mise en scène très dynamique ponctuée par les questions de la petite fille qui permet de faire revivre cette douloureuse époque, sans haine ni sensiblerie. »

Histoires de l'esclavage, racontées à Mariannede Alain Foix - illustrations de Benjamin Bachelier.  A partir de 8 ans.

Editions Gallimard jeunesse, coll. Giboulées. 52 pages.  14.50 €

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19/10/07

(Lecture du soir ... et de pet !)

patenplonJe viens de lire un livre ridicule ! ... Ah non ce n'est pas méchant de ma part, mais quand on découvre le propos de cette histoire, franchement on en sort avec un sourire niais collé sur la face, genre ... est-ce que j'ai bien tout compris ? ... parle-t-on là du prout légendaire ? !

De l'histoire de la flatulence, d'un géant nigaud et de quelques oies qui sont en réalité des chameaux, ainsi donc, nous y allons !

Patenplon est un géant et, ce matin, il a un appétit d'ogre. Pas de pitié pour les oies : il veut un déjeuner pantagruélique. Son appétit est grand, mais Patenplon ne sait être ni cruel, ni méchant. Et surtout, il n'est pas très intelligent. Quand une oie se fait passer pour un chameau, Patenplon se laisse gagner par le doute. Après tout, qu'est-ce qui prouve que les chameaux n'ont pas des ailes et des plumes ? Dépité, Patenplon libère les pauvres chameaux qu'il avait pris pour des oies et part à la recherche de quelque autre pitance. Affamé, il se résout à engloutir des nuages. C'est fameux, mais très indigeste : ça provoque chez Patenplon de grands pets en rafales. Et plus il pète, plus Patenplon rétrécie. Jusqu'à complètement disparaître... enfin, presque ! On ne le voit jamais, mais on l'entend parfois lâcher quelque pet tonitruant...

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Bon, ça vaut le coup d'oeil si l'histoire du pet de géant vous intéresse. La moralité de cette histoire est d'ailleurs apportée en fin de lecture, plutôt amusante !!!

Je pense aussi que c'est un livre très audacieux, par son histoire cocasse, et par les illustrations atypiques de Fabian Negrin : couleurs éclatantes, trait épais et enfantin ... l'idée est insolite jusqu'aux moindres détails ! Scrutez, cherchez, froncez les sourcils : vous en sortirez aussi ébahis que nous !

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Le géant Pantenplon - texte et illustrations de Fabian Negrin - Traduit de l'italien par Marc Voline.

Editions du Rouergue, coll. Varia. 32 pages.  15 €

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Du malheur d'être née dans une famille de sorcières

verteA onze ans, Verte découvre qu'elle est la fille d'une sorcière, et la petite-fille d'une sorcière. Impossible de passer entre les mailles du filet, elle aussi est une sorcière ! La sorcellerie est une transmission héréditaire, de mère en fille, et Verte doit absolument accepter son sort. Or, elle refuse. Catégoriquement. Peut-être, pour l'excuser, il faut reconnaître que Verte cumule les mauvais points. D'abord elle abhore son prénom qui est un peu trop décalé, marque de fabrique d'une mère trop originale et qui refuse de faire comme tout le monde, ensuite Verte craint de ressembler à cette mère qui dérange et ne cherche qu'à enquiquiner ses voisins, et enfin la jeune fille veut connaître son père, un certain Gérard porté disparu depuis la nuit des temps ! ... 

Bref, le petit monde de Verte n'est pas celui du pays des Merveilles. Toutefois, Verte est bien entourée, mis à part sa mère Ursule qui bloque et dont les systèmes court-circuitent en matière d'éducation et de pédagogie. C'est auprès de sa grand-mère Anastabotte qu'elle va s'initier à son métier de sorcière (car oui, c'est du travail !). « Pour devenir sorcière, il ne suffit pas d'avoir un don. Il faut se donner du mal. Là comme ailleurs, le vrai secret, c'est le travail. Les jeunes sorcières doivent apprendre, lire et relire sans fin les manuels et s'exercer sous la direction d'une ancienne. »

Et en marge de ses soucis familiaux, Verte va aussi avoir « un amoureux ». Soufi est beau, gentil, il joue au football et va devenir le meilleur ami et le confident de la jeune fille. (Entre-temps, il va servir de cobaye aux premières expériences de sorcellerie, mais chut ! )

Ramdam chez les sorcières ! « Verte » est un ouvrage délicieux, drôle, le portrait d'une famille pas comme les autres, même si les apparences sont trompeuses, où les relations générationnelles sont aussi importantes que touiller ses potions dans la cocotte-minute ou jeter un sort d'Ombre Bleue du fin fond de l'atelier de la grand-mère ! Cette idée de sorcières échappe aux clichés, et c'est de plus très bien écrit par Marie Desplechin qui dope là le moral le plus cotonneux !

Une seule contrainte, désormais : lire la suite, « Pome » ! !

Ecole des Loisirs, collection Neuf. 180 pages.  Illustration de couverture : Soledad Bravi.   7.50 €

Heureusement, le livre vient de paraître !

pomeCe roman est donc la suite de « Verte ». Il respire à nouveau la fraîcheur, l'humour et l'espièglerie. Il perd le bénéfice de la surprise et la nouveauté. C'est un peu du réchauffé qu'on nous sert, toutefois cela reste délicieux !
Verte vient de rencontrer une nouvelle amie, Pome, qui est également une sorcière. Sa mère Clorinda est revêche et bêcheuse, mais fanfaronne rien qu'à l'idée de savoir sa fille suivre l'enseignement de la grand-mère Anastabotte.
Dans ce livre, il y a plus d'éléments masculins, entre le père retrouvé et le grand-père gâteau. C'est une nouvelle communauté qui se forme, parmi laquelle on n'aime pas les mensonges, les omissions, la trahison. Jouer franc-jeu est le credo de Verte. Une nouvelle fois, elle va prouver qu'elle fait fi de la loi du silence des sorcières !
Verte va révolutionner le petit monde exclusivement féminin de la sorcellerie, et ces nouveaux tours de passe-passe promettent (qui sait ?) d'autres palpitantes aventures !
En finissant ce tome, on pressent qu'on abandonne Soufi un peu trop vite, qu'on espère des petites étincelles entre les deux grand-parents et puis ... où est donc passée Ursule, injustement en retrait dans ce livre ? !
Beaucoup de charme, de douceur, d'humour dans ce roman. J'aime infiniment la partie consacrée à Verte (chaque chapitre donne la voix à chaque personnage). J'ai apprécié les retrouvailles, mais je reste attachée au premier, « Verte », qui fut pour moi la vraie découverte !!!

Ecole des Loisirs, collection Neuf - 152 pages.  Illustrations de couverture : Soledad Bravi.  8.50 €

Passons maintenant à une histoire de sorcières  plus « traditionnelles » ...

J'en profite pour glisser une autre suggestion de lecture, toujours dans le domaine « sorcière / sorcellerie », avec ce titre qui appartient à la collection Mouche, c'est-à-dire « Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls ». Mais pour avoir testé et approuvé, je conseille aussi la lecture orale. C'est un livre qui s'y adapte parfaitement !

cinq_sorcieresLe livre en question est donc  « Cinq sorcières » de Nathalie Kuperman.

Ce sont en fait cinq petites histoires mettant en scène des sorcières : Crapeluche se penche sur les berceaux pour souffler ses mauvais sorts, Crimini adore le ragoût d'enfants, Joukipic s'échappe d'un cauchemar, Rapapouille souhaite remporter le grand prix de laideur et Clochemine veut soigner sa fille avec des chansonnettes stupides.

L'ensemble est sympathique, amusant et plein d'entrain. Des petites touches d'humour, de la caricature facile et légère, des clins d'oeil et des clichés à la pelle ... l'enfant aura plaisir à retrouver ses repères dans ces histoires pas mauvaises, qui ne font jamais peur (et qui me révèlent un auteur à encourager !).

Ecole des Loisirs, collection Mouche. 77 pages. Illustrations de Jean Luc Englebert.  7.50 €

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