17/06/07

C'est la fête des papas !!!!

Chhhttt !

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16/06/07

Fille de la tempête - Béatrice Bottet

fille_de_la_tempeteAttirée par cette très belle couverture de Gianni de Conno, je me suis intéressée à cet ouvrage de Béatrice Bottet qui raconte la légende d'Is (ou Ys), la ville engloutie, très célèbre en Bretagne, où elle est née, et partie intégrante de la tradition orale depuis des siècles.

C'est l'histoire du roi Gradlon, parti à la conquête des pays du Nord, qui tombe sous le charme de la reine Malgwen et l'enlève pour rentrer au pays. Mais une malédiction frappe le navire, une tempête s'abat sur l'équipage et Malgwen meurt en donnant naissance à une petite fille, Dahut, fille de la tempête.

Choyée par son père, mais méprisée par le conseiller du roi, le moine Corentin, Dahut demande donc à Gradlon d'édifier une ville rien que pour elle. Sortie des eaux, Is devient ainsi le royaume du plaisir, de la fête et de la fleurette. Mais Dahut s'attire les foudres de Corentin, qui la prévient de la vengeance de Dieu. Or, à cette époque, la princesse voue un culte aux croyances païennes (fées, elfes, esprits de la forêt...).

Dans la ville d'Is, barrée par des portes contre les eaux qui l'entourent, un navire se présente avec à son bord un bel étranger. Il tourne la tête de la princesse Dahut, annonçant le drame qu'on connaît.

Je ne connaissais pas du tout la légende de la ville d'Is et j'ai donc été captivée par cette histoire sur les terres celtiques, montrant le clivage entre la naissance de l'Eglise chrétienne et la religion païenne. Il donne aussi de l'ampleur à une figure féminine passionnante : Dahut est une princesse belle, intelligente et indépendante. Elle s'oppose avec panache à l'Eglise mysogyne, incarnée dans cette histoire par les moines Corentin et Guénolé.

L'histoire aborde timidement les thèmes du bien contre le mal, n'apportant pas un avis tranchant. De plus, le roman se termine sur une note mélancolique avec une Dahut devenue sirène qui se demande pourquoi elle seule a survécu et s'il y avait vraiment quelque chose à expier. Un brin philosophique, donc, "Fille de la tempête" est un joli roman qui taille une légende avec un lyrisme convaincant.

Casterman, coll. Epopée - 155 pages - illustrations : Daniel Maja - couverture : Gianni de Conno. 7.90 euros

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15/06/07

Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre - Kek

virginieAu départ était un site internet (qui existe toujours), puis c'est devenu un album édité aux éditions Delcourt, une version avec plus de dessins, un épilogue et d'autres surprises. Son jeune auteur Kek ne manque pas de verve, il se rappelle son amour d'enfance, Virginie, qui a quitté leur ville de Dunkerque pour Grenoble à l'âge de neuf ans. Le temps passant, Kek n'a jamais oublié Virginie et tente le coup de la retrouver ! Cette histoire "qui sent la colle Cléopâtre" cultive l'humour et le bon esprit sans non plus tomber dans l'absurdité. Il y a des clins d'oeil, des dessins honnêtes et un discours actuel, parfois grossier, mais cela inspire toujours le comique.
A découvrir !

C'est ma petite soeur qui avait dégoté ce site : Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre

Editions Delcourt, coll. Shampooing - 45 pages - 7.90 euros.

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A la brocante du coeur - Robert Cormier

A_la_brocante_du_coeurC'est l'histoire d'un homicide sur une petite fille de 7 ans et d'un garçon de 12 ans, son camarade de jeux, qui devient le principal suspect des enquêteurs. Pour le coincer, les détectives font appel au célèbre Trent, redoutable dans ses interrogatoires et dont la réputation annonce le succès de l'affaire, bien vite bouclée.
Du moins, le pensent-ils tous.
Au coeur de cette machine infernale, il y a un adolescent de 12 ans, dépassé par les événements, qui clame son innocence et se débat avec détresse contre toute implication criminelle.

Le noyau du roman se base donc sur le tête-à-tête entre Trent et le gamin. L'ambiance est lourde, la tactique de l'enquêteur est perfide, si bien détaillée que le lecteur en découvre tous les rouages avec effroi.
Le suspense est intenable, car l'auteur a su fonder son histoire sur ce climat. Il est même diablement vicieux car on devient incapable de cerner la vérité du faux, puisque les doutes commencent de plus en plus à nous envahir !
Oui, ce roman est redoutable. Froid, impitoyable et écoeurant. Il place la justice américaine sous un halo peu valorisant. Les jeunes lecteurs français pourront se sentir étrangers à l'appareil outre-atlantique, mais nullement indifférents à la monstruosité de la manipulation et du carnage engendré par la prétention et l'ambition dévorante.
A lire, absolument.

L'Ecole des Loisirs - 153 pages. Janvier 2003 - 9.20 euros - Traduit de l'américain par Hélène Misserly.

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14/06/07

Un si joli village - Kay Mitchell

Quatrième de couverture
Aux yeux du visiteur non averti, Little Henge ressemble à ces milliers de villages anglais bien tranquilles. Le pasteur y croise la postière, l'épicier salue ses clientes fidèles et tout ce petit monde semble destiné à couler des jours paisibles.
Mais au pub du village, les langues se délient plus souvent qu'à leur tour. Après quelques pintes, chacun livre avec satisfaction des informations sur la vie privée de son voisin.
Et c'est tout bénéfice pour les bavards quand un ragot salé agrémente la conversation.
Justement, un mari présumé fidèle vient d'être séduit par la femme fatale du village. Il n'en faut pas davantage pour secouer ce si joli village et conduire un de ses paisibles concitoyens au meurtre...

un_si_joli_village

Voici un bien sympathique roman policier, bien ancré dans les clichés du petit village anglais, des commères, des notables irréprochables en apparence, et pourtant une série de meurtres va être commise, ébranlant sérieusement la sérennité de cette communauté.
Avec son intrigue bien ficelée, ses personnages affables et sa très jolie couverture, le roman de Kay Mitchell procure un agréable moment de lecture. Je ne connaissais pas du tout l'auteur et je ne sais pas non plus si ce titre s'inscrit dans une série, toutefois l'inspecteur principal Morrissey et son sergent Barrett forment une équipe qui gagne à être connue et retrouvée.
A suivre, donc. La lecture d'autres romans de Kay Mitchell coule de source.

Labyrinthes / Librairie des Champs-Elysées - 287 pages. Traduit de l'anglais par Isabelle Maillet.

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Un cadavre au dessert & un prêtre défroqué ...

Je ne suis jamais bien loin, prête à parler de lectures délectables, entre quelques projections de films...

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... dans les Salles Obscures ...  A très vite !

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13/06/07

Le train de 5h50 ~ Gabrielle Ciam

"Le train de 5h50" fait partie de ces petits livres de quelques pages qu'on lit en peu d'heures et qui vous submerge d'émotions farfouillées. Le titre ressemble à une intrigue d'Agatha Christie et fait vaguement "roman de gare" (haro sur le jeu de mots...) mais on s'y trompe complètement ! En fait l'auteur va user d'un rare talent à peindre un désir fugace, une envie violente et une lascivité étonnante sans entrer dans des scènes torrides d'acrobaties sexuelles. Il suffit d'une femme et d'un homme, tous deux prennent le train du petit matin, celui de l'aurore où les paysages et les gens sont encore endormis. Et puis, "elle le regarde, il la regarde le regarder. C'est comme ça que les choses commencent entre eux."
Des échanges de regards, des effleurements, des attouchements avec les mains, les jambes, les pieds... Jamais un baiser échangé, ni même une parole. Leur relation est sensuelle et intense, elle dégage un érotisme surprenant où l'auteur a misé sur l'atmosphère et la sensation au lieu du déballage décadent. Et le résultat est épatant : c'est judicieusement poétique et torride, suggestif et langoureux. Gabrielle Ciam réussit un pari audacieux : oser décrire l'indicible, l'attirance des corps et la volupté en des termes propres et mesurés. L'ensemble est osé, impudique mais juste.
De plus, elle ose le vécu alterné en se mettant dans la peau de la femme puis de l'homme. Où l'on découvre le portrait d'une femme moderne, libertine, réservée mais pas timide, et qui ose sans brusquer. "Elle ne se fixait pas, quittait souvent, était quittée. Elle était en fait une femme très libérée et très seule, mais elle gardait un peu de ses amants dans ces habitudes vestimentaires qui la définissaient de plus en plus, l'affinaient même, faisant d'elle une femme désirable et désirée." Lui est un homme marié depuis vingt ans, il est heureux, toujours amoureux de son épouse mais cette rencontre va le bouleverser et chambouler son univers. Ils sont l'un et l'autre l'inconnue ou l'homme du train. Ils se plaisent et cette ébauche de relation amoureuse égale tous les rapports jamais imaginés entre un homme et une femme.
Gabrielle Ciam signe un roman tendre, au langage parfois cru et audacieux. Une très belle mélopée se dégage de ce "Train de 5 h 50" ...

juin 2004

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Du papa, en veux-tu, en voilà ...

Parce que dimanche 17 juin, c'est la fête des papas, nous avons sélectionné quelques livres pour célébrer cette journée pour ceux et celles qui le souhaitent ...

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Touche pas à mon papa est un livre très, très drôle, avec son petit format et ses illustrations originales. Il fait le portrait du papa poilu, un peu chauve sur le dessus, qui pique et ne sent pas très bon le matin, mais pour l'enfant il reste le plus beau des papas !  Une histoire absolument cocasse et qui tourne en dérision la superbe paternelle ! Irrésistible.

Mon papa à moi de Christian Quennehen est dans le même esprit. C'est un album qui date de 1999, je ne sais pas s'il est encore possible de le trouver en librairie, mais c'est sympathique à feuilleter. Ce n'est pas un indispensable mais son sujet est d'actualités, alors nous le glissons dans cette sélection. Il appartient à la série Petit Paul. C'est un petit garçon qui se compare à son père, malgré son modèle réduit. Tous les clichés pleuvent (la barbe, le caleçon, le sport, le bricolage) et au final on sort avec le sourire ... mais bon, passons.

Mieux qu'un jouet de Lenia Major & Gynux a déjà fait l'objet d'un billet - il est bon de rappeler ce livre, très beau, poétique et enchanteur...

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Papa je t'aime est un album qui s'adresse aux plus jeunes. Les illustrations sont douces, l'histoire également. Un petit souriceau a oublié de dire une chose très importante à son père, quelque chose qui ne peut pas attendre. Mais Papa Souris est parti chercher le dîner et s'est assuré que son fiston était bien en sécurité dans leur maison. Le souriceau va donc braver l'interdit et s'aventurer à l'extérieur pour rattraper son père. Il devra également faire preuve de courage, car un chat rôde et menace Papa Souris qui n'a rien suspecté ! Album tendresse, avec câlins en conclusion.

Mon papa à moi ! de Peter Horn & Cristina Kadmon est un dialogue entre un père et son enfant qui se présente en devinettes. Papa Tortue et Silvio le bébé cherchent à définir ce qu'est un papa : c'est celui qui apprend à gazouiller, à voler, à marcher, à faire des cabrioles, à chanter, à chercher sa nourriture et à bien dormir (qu'on soit oiseau, mille-pattes, lapin, grenouille, hérisson ou chauve-souris). Et le papa tortue, lui ? C'est celui qui joue à cache-cache, qui partage les fraises des bois ou qui cherche un beau tas de feuilles mortes pour se blottir l'hiver...  Mignon, pour les plus jeunes et les moyens. Les illustrations sont jolies.

Aïe ! je me rends compte que l'ensemble de cette sélection n'est pas accompagnée de cris du coeur et autres points d'exclamation. Il faut dire qu'à part Mieux qu'un jouet reçu dernièrement, nous n'avons guère trouvé de livres, parmi nos achats les plus récents, qui soient dans cette thématique. La plupart de ces albums remontent à une période où Miss C. était une poucinette d'à peine 3-4 ans, je me rends compte qu'aujourd'hui son intérêt a pris un cap totalement différent ! C'est son père qui fait la moue, sa fille s'émancipe déjà ! .. :o)  Non ! Disons juste que c'est encore un papa qui ne voit pas sa fille devenir grande, ne plus être un bébé et se comporter comme tel ! ...

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Ici, Miss C. s'applique sur son grand livre des surprises d'Hortense la fée, évoqué sur cet autre billet.

Editeurs des livres : Nathan / Lito / Balivernes / Gründ / Editions Nord-Sud.

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12/06/07

Allumer le chat - Barbara Constantine

Alors voilà : j'ai été fort surprise de rencontrer autant d'opinions positives et engageantes sur un même roman qui est, encore plus invraisemblable, le premier d'une illustre inconnue !

Ce roman est donc celui de Barbara Constantine, "Allumer le chat", et vous êtes nombreux à avoir bafouillé un avis à son sujet :  Bernard du Biblioblog Papillon  / Tamara  / Cinema ParadisoCuné  / Fleur, d'Encore un petit bout de moi  /Cathulu  / Loupiote / Nina  /  Véro de Lecture & Ecriture / Gachucha  ... (Je m'excuse pour ceux ou celles que j'oublie, mais mon ami google a été le guide de mes recherches, c'est donc sa faute à lui ! )

allumer_le_chatPourquoi ajouter ma voix à ce concert de louanges ?  (ok, un intrus s'est glissé dans la foule, un petit couac fort intéressant à découvrir ... et un peu grâce à cela, j'ai pu recevoir ce livre et le découvrir derechef ! ... merci à Ma Dame ! )  J'ai donc longuement hésité à tartiner ce roman avec tout le miel, toute la guimauve et toutes les autres sucreries qu'il mérite. On a déjà tout dit, y'a plus qu'à ... maintenant ! Alors moi, ce que j'en dis ... c'est encore et toujours la même chose.

Ce livre est drôle, décalé, déjanté. Ce livre surprend, étonne, détonne. Ce livre est un cocktail étourdissant de bonne humeur, de simplicité, de gouaillerie. Bref, ce livre a opéré un effet grisant et exaltant sur moi. Oui, j'avoue : j'ai été emballée par cet "Allumer le chat" dont je commençais un peu à me méfier du chorus des louanges.

Ce qu'il y a de sympathique dans ce roman, c'est son audace, son franc-parler, son humour ravageur et ses personnages cocasses, mal embouchés mais attachants. La spirale unissant leurs vies et leurs destinées est également ingénieuse. Quand en moins de 50 pages, ça calanche à tout-va et donne droit à de nouvelles scènes truculentes, avec amours naissantes, amitiés brinquebalantes, secrets de famille dévoilés, et j'en passe... Le lecteur peut déjà s'attendre à être séduit.

Prenez un chat qui paresse des journées entières sous la barbe de Raymond, foncièrement agacé par l'animal et qui décide de lui envoyer quelques billes dans le postérieur. Or, ce sont finalement les lapins qui trinquent et un petit-fils prénommé Rémi qui déboule dans la vie de ce Raymond, grand-père bougon, qui grogne plutôt qu'il ne mord, et de Mine, mamie modèle et moderne. 

Le petit souffre d'eczéma. Sa mère Josette n'en peut plus d'avoir un enfant repoussant et l'envoie donc chez les grand-parents en espérant un miracle. Raymond a la réputation d'être un fin guérisseur, en plus d'un peu d'amour, la décoction pour la guérison semble tout à fait promise ! Le temps que cela s'apprivoise, l'histoire continue de tourner : un chien rend l'âme, suivi par deux, trois bonhommes et d'un cerf. Sale temps pour les bêtes à cornes, pas un jour à sortir, non vraiment pas ! ...

Et le roman va continuer d'estourbir le lecteur ancré à cette histoire. Cela peut paraître sans queue ni tête, mais justement cette folie est le bon grain de l'ivraie ! Pensant ne pas aimer, j'ai donc été enchantée par cette lecture, commencée par hasard pour finalement être lue d'une traite ! Les chapitres étant nombreux mais très courts ont donc filé à toute allure.

Je crois que tous les personnages ont su me toucher, me tirer des larmes de joie car l'auteur a ce don de la formule, sans y toucher mais qui fait mouche. Même dans les pires situations, comme un enterrement, on n'hésite pas à déplumer les parents de leur chagrin car, après tout, ils se sentent bien débarrassés de leur crétin de fils qui a saccagé le cachet de leur maison !

Bien vu, bien dit, bien écrit, bien pensé ... bref un bon roman à lire pour rigoler un bon coup ! (Attention ! il est permis de ne pas aimer ! )

A conseiller, dans le même registre : Vu, de Serge Joncour.

Le blog d'Allumer le chat (qui va bientôt fermer ses portes, dixit l'auteur)

Calmann Levy - 258 pages - Janvier 2007.

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La Saga de la Bibliothèque Rose - Armelle Leroy

Pour saluer mon retour, voici un livre rose (comme les murs de ce blog) et qu'il faut posséder les yeux fermés ! Oui, vous - grands lecteurs depuis des lustres - vous ne pouvez pas passer à côté !

saga_de_bibliotheque_roseAu début, était un petit génie, éditeur parisien, du nom de Louis Hachette qui sent très vite la nécessité d'occuper les voyageurs qui prennent le train, mais qui sont tous un peu débordés, dépassés, anxieux, etc. Aussi, Louis Hachette décide de lancer sa fameuse bibliothèque des chemins de fer et produit un modèle original pour l'époque avec des livres de petits formats, qu'un voyageur pourra glisser dans sa poche, et à petits prix pour que cela n'alourdisse pas le bugdet déplacement des familles ciblées ! ...

Le projet est lancé, nous sommes dans les années 1850. Il faudra ensuite à Hachette de trouver ses auteurs et des histoires qui pourront enthousiasmer petits et grands, filles et garçons, sans oublier l'Eglise dont la voix pèse lourdement sur la censure ! La rencontre avec la Comtesse de Ségur est providentielle, ses romans pour les petites filles réconfortent les statistiques dans une société où l'éducation des enfants est à deux vitesses - les garçons étant déjà largement sollicités, contrairement aux filles !

La bibliothèque verte suivra peu de temps après, plus destinée aux adolescents, et qui propose des textes d'une qualité indiscutable : Jules Verne, Jack London, Daniel Defoe, Charles Dickens, etc. Il est d'ailleurs intéressant de souligner qu'à cette époque la littérature enfantine n'était pas du tout considérée comme un élément mineur dans le milieu éditorial, que des grands noms d'auteurs classiques y étaient affiliés, et qu'il est bon de se le rappeler de nos jours, où on rencontre de tout, du bon comme du n'importe quoi, et où on tend à mépriser le domaine jeunesse comme un sous-fifre de la littérature en général. Mais passons.

La saga de la Bibliothèque Rose est L'indispensable pour tous les lecteurs ayant passé des heures le nez plongé dans les séries d'Enid Blyton, du Club des Cinq au Clan des Sept, en passant par les Oui-Oui, les séries des Mystères et celles sur les pensionnats typiquement anglais (les jumelles de Saint-Clair, Malory School, etc). Dès les années 1950, ce sont les auteurs français qui s'en mêlent en proposant des séries du style Michel ou Cécile par Georges Bayard, Les Six Compagnons ou Fantômette !

Que de bons souvenirs dans ce merveilleux livre rose, très bien documenté, enrichi d'extraits, de propos de personnalités issues des milieux les plus divers (écrivain, journaliste, comédien, chanteur...). Ce livre est un incontournable, il rappelle vos bonnes nourritures et redonne le goût d'autrefois, ce qu'on nomme Nostalgie avec les photos couleur sépia, mais Armelle Leroy brosse la poussière du temps qui passe. Passionnée, elle offre ainsi un livre historique et affectif, un pur concentré de tendresse, de joliesse et rappelle la valeur phare de l'enfance : l'amitié.

Hachette - 318 pages - La Bibliothèque Rose a fêté ses 150 ans en 2006 !

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