04/09/07

Pavillon noir - Thibaut de Saint Pol

Pavillon_noirCyril est un génie. Le pirate le plus aguerri des temps modernes. Depuis son repaire de Marchenoir, il sillonne nuit et jour un océan infini, pillant les ordinateurs désarmés, envoyant par le fond les programmes de ses rivaux. Sa course est une guerre impitoyable, mais Cyril, sûr de sa puissance, s'apprête à semer le chaos. A l'échelle planétaire.
Mais d'où viennent les voix qu'il entend derrière sa porte, cette impression d'être épié ? Et cette présence féminine ? Quelqu'un menacerait-il de faire échouer le grand projet qui est le sien ? (4ème de couverture)

Voilà les 60 premières pages du roman, le reste vous le découvrirez en lisant ce livre ! Car "Pavillon noir" est un thriller, français, élégant et froid. A l'image de son jeune héros, Cyril, le cyber-pirate. Insensible et calculateur, ce garçon de vingt ans n'en tient pas moins un monologue envoûtant. Le lecteur entre vite dans la confidence de son projet fou, de même qu'en reculant de quelques pas, il assiste à un autre étrange ballet.
Car en marge du flux insensé, un autre pion s'est glissé dans la toile. Je préfère réserver la surprise au lecteur sur son identité (toutefois, j'ai constaté que certains websites dévoilaient l'info, dommage je trouve !). En ne sachant rien, le lecteur pourra ainsi gagner beaucoup en duperie et séduction ! Progressivement, au coeur de l'histoire, un passionnant face-à-face entre l'observé et l'observant s'installe. Qui est qui ? ... Je persiste à croire que, moins on en sait, plus on peut apprécier ce roman ! La surprise est de taille. On plonge dans la folie d'un cyberpirate, on décrypte son combat, on regarde par-dessus son épaule ses vils agissements, récoltant une bonne couche de paranoia au passage. Puis, on assiste à un autre complot, à une mise en place tout aussi rusée et intelligente. A la fois, confusion et fascination se donnent la main pour enchanter le lecteur !  Et même si la fin est un peu prévisible, le roman est foncièrement captivant. Ambiance noire, délicieusement énigmatique, avec des personnages bien campés, et un scénario efficace.  Ça se lit très vite !
Intéressante découverte, pour ma part.

Plon - 222 pages - En librairie Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

Site de l'auteur : www.thibaut-desaintpol.fr

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,


Ether - Franck Resplandy

EtherDans les couloirs de l'hôpital où elle travaille, la narratrice croise un individu venu soigner une blessure légère. C'est un photographe arrivé de Paris pour un reportage sur les mines. Parce qu'elle est fille de, elle décide de l'inviter chez lui et ce soir-là tout commence, tout casse, tout se fissure.
Sa vie linéaire faite de ses petites habitudes va voler en éclats. Elle maudit cet homme pour ce qu'il est mais cherche à le revoir. Et le cercle infernal tourne sans cesse, prenant à son piège cette femme qui découvre ainsi les ravages de la passion, le corps plié par le désir et la soumission.
"Ether" est l'histoire d'une folle passion, d'une femme concentrée, pudique et réservée, une infirmière dévouée et qui soudainement va défaillir pour l'amour de cet homme.
Il y a d'autres secrets aussi la concernant, sur son passé, son drame intime, ses souvenirs d'enfance. L'histoire a pour cadre le Nord et ses terrils, le ciel de cendres et les paysages neigeux, le froid, le vide, le désespoir. Les réminiscences de la femme sont violentes après avoir longtemps couvé un mystère poignant.
Et c'est un peu là tout le souci de ce roman : il est sombre, oppressant, inquiétant. Il met à nu l'attirance d'une femme, son désir et sa perte de contrôle. La relation qui la lie au photographe est cruelle, dangereuse, étourdissante.
C'est difficile d'être touchée et pleinement embarquée. Et la frontière avec la folie est mince, sans cesse en équilibre précaire. Pourtant, on s'accroche à cette passion dévorante, on retient son souffle pour suivre cette femme jusqu'au bout de son envie.
Tantôt dérangeant et indécent, ce roman a toutefois de quoi vous surprendre. La fin aussi peut déconcerter, mais bon...
A vous de voir.

Plon - 235 pages -  En librairie le 23 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

D'autres avis :  Laure  &  Cuné ... (à compléter si j'ai oublié des références !)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

03/09/07

On s'y fera - Zoyâ Pirzâd

On_s_y_feraL'histoire se passe en Iran. Nous suivons Arezou Sarem, 41 ans, divorcée et mère d'une fille de 19 ans, Ayeh. Elle est responsable d'une agence immobilière, qu'elle dirige avec son amie Shirine, laquelle va jouer l'entremetteuse en lui faisant rencontrer un client, lors d'une banale visite d'une maison. Zardjou est un homme sûr de lui, qui va réussir à décrocher une signature et un rendez-vous, au grand dam d'Arezou. Elle ne se sent pas prête pour vivre une histoire sentimentale, elle n'a pas follement envie de se changer les idées. Elle a déjà fort à faire entre sa fille, têtue et soupe au lait, et sa mère, qu'on surnomme la Princesse, bref elle se sent prise en sandwich par ces deux ogresses. Où pourrait-elle trouver de la place pour un homme ?

"On s'y fera" est un roman entier, au nom des femmes. On y découvre des destins croisés, des désirs d'émancipation et ce, malgré les liens de la famille qui étranglent et vous lient pieds et poings. La pression est tapie dans l'ombre, on admet une femme indépendante, qui travaille, divorcée, élevant seule sa fille, et finalement c'est au coeur du foyer qu'on ne pardonne pas cet anti-conformisme. On comprend alors combien il sera difficile pour Arezou de faire accepter l'intrusion de Zardjou dans ce schéma complexe.
A elle, donc, d'invoquer le génie de la lampe pour s'offrir une chance de prendre son avenir à bras le corps, et de réussir à braver celles qui font de sa vie une prison dorée. Car après tout, les rencontres aidant, Arezou s'aperçoit qu'elle n'est pas si mal lotie et que d'autres femmes sont dix fois plus infortunées qu'elle.
Le roman est moins doux et poétique que son recueil de nouvelles, Comme tous les après-midi, toutefois cela reste une lecture grisante, tendre et désespérante. Un léger souffle de révolution fait battre le coeur des femmes iraniennes et ce n'est que plaisir à entendre !

Editions Zulma, 325 pages. Traduit du persan par Christophe Balaÿ -  En librairie le 23 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

Mon avis sur " Comme tous les après-midi " .

Posté par clarabel76 à 19:30:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

Le privilège des rêveurs - Stéphanie Janicot

privilege_des_reveursL'histoire ici présente est vécue à travers les trois personnages principaux. D'abord, Caleb, entraîneur de l'équipe des Giants, sort d'une église où il vient de supplier la Vierge d'une aide divine pour couper la série d'échecs que traverse l'équipe et qui mine son moral. Il est marié à Salomé, une française débarquée en Amérique vingt ans auparavant en compagnie de son demi-frère Guillaume.
Leur mariage de convenance s'est peu à peu mué en tendresse et affection. Le couple a eu une fille, Judith, désormais adolescente rebelle, décidée de mettre un peu d'ordre dans son existence.
La vie des ces trois-là ressemble à une cohabitation par obligeance. Ils partagent le même toit à Manhattan dans un très chic appartement, mais ne font que se croiser. Salomé, enfermée dans son bureau, tente d'écrire un nouveau roman. Elle vient de rencontrer l'homme qui a servi de modèle à son personnage fictif, Nathaniel Stern.
Entre émotions et troubles balbutiants, la jeune femme a le coeur qui palpite. Elle se sent même prête à divorcer, à tenter de vivre une vie "par passion".
Toutefois, Caleb est victime d'un grave accident dont il réchappe lourdement handicapé. Cette nouvelle donne bouleverse davantage la famille, déjà bien partie pour faire voler en éclats la partie d'échecs entamée depuis des années.

"Le privilège des rêveurs", nouveau roman de Stéphanie Janicot, a un titre porteur, enchanteur, invitant le lecteur à mille promesses et évasions. Mais dans ce roman, l'emportement va vite s'essouffler. (Ceci n'est que mon humble point de vue.) J'attendais avec impatience ce livre, fidèle lectrice de l'auteur depuis des années. Or je suis un peu déçue, ne trouvant pas dans cette histoire ce qui me transportait habituellement.
Le roman propose une histoire très attachante, sur la famille éclatée, la difficulté d'aimer et la répétition des erreurs au travers des générations. Il laisse également une porte entrouverte sur le processus de création d'une oeuvre, avec une Salomé en panne d'inspiration pour l'écriture de ses romans. Sur ce point, j'ai beaucoup aimé les passages la concernant !
Les personnages étant dessinés pour une tendresse sage et policée manquent cruellement de relief et d'empathie, même Salomé (déjà rencontrée dans "Les Matriochkas", 1er roman de l'auteur) m'est apparue trop inhibée et sans charisme.
Je ne suis pas amèrement déçue. Stéphanie Janicot, toujours très habile à embarquer le lecteur, n'a aucun souci pour inspirer de l'affection. Et même si cette fois-ci ses personnages peinent légèrement à m'émouvoir et me séduire, je reste profondément reconnaissante à l'auteur de nous ressortir de ses tiroirs son personnage fétiche (Salomé) et de tenter une version moins édulcorée du couple sans passion mais bourré de tendresse. Et pour sortir de l'inertie très envahissante du début, la fin apparaît très humaine et saisissante. Et pourquoi ne pas envisager de jolies choses après le point final ?
A essayer !

Albin Michel - 342 pages - En librairie le 23 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

D'autres avis : Kroline  /  Laurence  /  Gachucha   (à compléter si j'ai oublié des références !)

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

02/09/07

La chienne de ma vie - Claude Duneton

la_chienne_de_ma_vieC'est vrai que l'idée d'écrire un livre autour d'un chien peut paraître un peu étrange et farfelue, mais Claude Duneton a su glisser une habileté remarquable pour mieux redonner vie à Rita, la chienne de sa vie, de son enfance.
Elevé dans un milieu rude, le jeune garçon a su trouver en cet animal au caractère impossible un bouclier contre la méchanceté de sa mère. Cette dernière est vive, irritable et s'emporte facilement après son fils ou son mari. Le père a en effet un tempérament plus doux, plus conciliant, se débinant même face aux tâches ingrates.
Soucieux de trouver sa place, l'enfant a reporté son attention auprès de Rita, chien fougueux, têtu et borné, gourmand et opportuniste, véritable gardien des jours difficiles de l'enfance du narrateur.
C'est de cette façon un peu nostalgique et attendrissante que doivent être lues les 80 pages de ce court récit. Un récit qui renvoie à un autre temps, à un milieu rural et agricole mais qui échappe à toute mélancolie ou sinistrose : belle lecture au charme inqualifiable, qui séduit et pourra toucher le plus impénétrable des lecteurs ! Dédicace personnelle à ceux et celles ayant déjà rencontré "le chien de leur vie" ...

Buchet Chastel - 80 pages - En librairie le 28 Août 2007 - 10 €

Extrait qui me plaît :   

«  En partageant avec moi les mauvaises humeurs et les coups de ma mère, la Rita a dû me rendre un fieffé service, mine de rien. Je me trouvais moins seul face aux adultes, elle prolongeait la famille, ouvrait un peu le trio étouffant pour un enfant unique. Par sa présence, son comportement insolite aussi atypique pour un chien que l'était celui de mes parents, elle rendait les choses un peu plus "normales", en somme. Elle a dû me servir de "petite soeur", de ce que j'imagine qu'aurait été une petite soeur... En écrivant sa vie je referme la boucle... C'est un clin d'oeil au temps perdu. »

** Rentrée Littéraire 2007 **

Posté par clarabel76 à 20:00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]


Le dernier train ~ Maria Merce Roca

Un couple fait le bilan de sa vie commune, d'abord la femme Teresa est assez agacée et lasse de l'inertie de son époux. Lui, Andreu, est davantage désespéré et paralysé de lui annoncer sa Grande Nouvelle. Car, en effet, le couple au cours de ses vingt-six ans de mariage n'a pas su accorder ses violons, n'a pas su se comprendre et a même loupé l'éducation de leur fille Clara, qui a préféré claqué la porte du foyer pour vivre sa propre vie. Le roman est décomposé en trois parties, dans lesquelles chacun se justifie, plaide sa cause, expose des faits. L'ambiance est teintée d'acrimonie, d'irritation et de fébrilité. A plusieurs occasions, sur des passages presque communs, le lecteur s'aperçoit que le couple n'était jamais en phase, tant sur le plan professionnel et émotionnel, même leur rupture (annoncée) prend un mauvais goût de bâclé et de dialogue de sourds. "On avait l'air d'un couple heureux" dit la femme, "tu me regardais, tendre et ému, plein de gratitude, de confiance envers moi, et tu me faisais de la peine". Lui répond : "entre toi et moi, il n'y a jamais eu de cri ni de disputes, on ne s'est jamais manqué de respect, on ne s'est pas rendu la vie impossible. C'est pour ça que les gens qui nous connaissent ne vont pas comprendre et diront que c'est inconcevable. On a plutôt formé un joli couple toutes ces années : toi plus sérieuse, moi plus distrait, mais toujours ensemble. Tu as toujours tiré ton épingle du jeu. Moi, je me suis souvent planté." - Et le couple n'en finit pas d'analyser leur parcours conjugal, franchement bancal et décalé. C'est un portrait plutôt réaliste et déchanté, la radiographie des couples de cinquantenaires, habitués l'un à l'autre, ennuyés et blasés, mais bon... Ce roman est tantôt cruel mais il est désespéremment actuel.

septembre 2006

Posté par clarabel76 à 14:09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

... Je m'en fous j'veux pas qu'on me remplace ...

... Oui c'est ça tout simplement : jalouse ...

mademoiselle k  /  emily loizeau

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

01/09/07

Matantemma - Michel Picard

matantemma"Sa vie était remplie de menues obligations démesurées, de minuscules corvées disproportionnées, auxquelles il lui était rigoureusement impossible de se soustraire. Au moins n'était-elle pas de ces sans-allure qui traînent au lit, laissent aller leur ménage et ouvrent des boîtes pour leur mari ! La représentation qu'elle se faisait d'elle-même requérait sans trêve un incontestable héroïsme, ce qui l'eût bien surprise si on le lui avait dit."

Celle qui est fière de ne pas être une "sans-allure" s'appelle Matantemma. Mise au chômage, cette ménagère accomplie a mis un point d'honneur à rendre sa maison propre, toujours dans un souci excessif, mais de plus en plus obsédant, quitte à inquiéter son époux, Mononclandré, également rendu à une inactivité brutale avec sa pré-retraite. La vie du couple est lisse, engluée dans son ordinaire, rythmée par les tâches domestiques.

Alors, près de 200 pages pour suivre les pérégrinations d'une maniaque du nettoyage ? En fait, le roman de Michel Picard est un chouia plus consistant, car cette vie de petits riens est également une radio du couple à la retraite. Matantemma et Mononclandré, tout deux accusant les soixante ans, nous offrent des moments drôles, bonasses et faussement désespérants. Décrypter le quotidien, d'accord, mais avec un oeil tendre et doux-amer. L'auteur a su truquer le pathétique et offre un portrait plus attendrissant, sincère, très attachant, malgré les tics, les manies et les obsessions. La valse du B.A-BA du ménage peut être étourdissante, lassante. Pourtant, l'émotion est fichtrement bien calée, avec l'air de ne pas y toucher. Elle est là, à fleur de peau, et s'étale sans rougir dans les dernières pages du roman.

Ce livre est une petite découverte qui inspire de la compassion, on ne se moque pas, on n'éprouve jamais de mépris. Au contraire. Il y a des rires, des larmes, c'est surprenant !

Buchet Chastel - 189 pages - En librairie Août 2007 - Illustration : Anne Bénoliel-Defréville.

** Rentrée Littéraire 2007 **

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

31/08/07

Paradis andalous - Chantal Pelletier

paradis_andalousLa narratrice partage sa vie depuis douze ans avec Greg, un garagiste rondouillard, rencontré sur les marches du palais de justice à la sortie de leurs divorces respectifs. Le couple habite une maison en bois au milieu des bois, quelque part sur la côte est des Etats-Unis.
Une tempête vient d'arracher les arbres de la forêt et une nouvelle tornade menace de s'abattre sur la région. La narratrice, au chômage depuis des mois, reste la journée chez elle à se ronger les ongles devant la télévision. Lassée, angoissée, elle rêve des paradis andalous promis par son chéri, une fois leur conquête de l'Amérique achevée.
Mais un accident arrive, brutal, inopiné et désemparant.

L'histoire, troublante mais envoûtante, suit donc le monologue de cette femme de 39 ans, coincée dans sa maison en bois, paralysée par l'inquiétude et les rêves, et qui va se prendre d'une frénésie pour le jardinage, après avoir posé les yeux sur la trogne de son jardin.
Lu comme ça, le roman peut paraître bien étrange et peu engageant, pourtant il ne faut pas hésiter à franchir cette couverture exotique, à découvrir le charabia de cette héroïne éplorée, dépossédée, une amoureuse patentée qui n'a pas honte d'aimer un homme trop gros et peu séduisant, énervée après son voisin psychologue, sa copine nymphomane, son fils et sa bruyante famille, son ex-mari, etc.

Quand le drame menace, la femme panique, se rebelle, rêve, complote. C'est un peu bizarre, mais j'ai surtout été captivée par l'écriture de Chantal Pelletier qui, franchement, s'éclate avec les mots, leurs sens, la magie et les délires. Beaucoup de poésie, d'imagerie, vraiment une chouette combinaison de sensualité, d'émotion pour une célébration de l'amour et des cinq sens !
A tenter !

Editions Joelle Losfeld - 128 pages - En librairie le 30 Août 2007.  13.90 €

** Rentrée Littéraire 2007 **

Le site de Chantal Pelletier (à lire : le Journal de bord !)

Posté par clarabel76 à 19:30:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

Double foyer ~ Christine Avel

Victor est devenu myope très tôt, aussi c'est une véritable aubaine de subir une opération au laser pour lui redonner la vue. Oui, vraiment ? L'homme s'aperçoit, finalement, que "tout ce qui m'était familier jusqu'alors a pris, depuis l'opération, une netteté cruelle" et que "le flou me convient, il me protège des aspérités". Car évidemment Victor a quelques raisons légitimes de regretter son brouillard familier. Désormais il fait face à sa solitude, sa femme et son fils sont partis. Il constate également qu'il n'est pas seul à vivre ce vague à l'âme. Le 14 juillet, il fait la connaissance d'une jeune femme délicieuse mais fragile. C'est la fenêtre ouverte pour de nouveaux espoirs, et pourquoi pas concrétiser ce désir de voler ?...
Victor est matheux, statisticien et empêtré dans l'étude, l'analyse de son existence ordinaire, qui est loin d'être cartésienne. "Double foyer" rend hommage à ces hommes vulnérables, qui se cachent bien souvent derrière des tares, lesquelles les protègent du monde réel. En retrouvant une vue parfaite, Victor perd aussi ses derniers remparts contre la réalité du quotidien. Christine Avel réussit alors à imposer la tendre et douce sensibilité d'un matheux rêveur et casanier. Très attachant, ce premier roman se lit d'une traite. Il procure un plaisir fort agréable !

août 2006

Posté par clarabel76 à 14:10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]