01/08/07

L'emmerdeur - Elisabeth Butterfly

L_emmerdeurJ'ai accepté la proposition de l'éditeur pour recevoir ce livre d'Elisabeth Butterfly, inspiré de faits rappelant un grand scandale politico-financier, blablabla, mais "toute ressemblance avec certaines histoires récentes est purement fortuite". Qu'on le dise !
Elisabeth Butterfly a choisi la fiction pour mieux servir la réalité, après un long travail d'enquête. La présentation de l'éditeur fait même le rapprochement avec "La constance du jardinier" de John Le Carré et de "The Insider" adapté par Michael Mann...
Personnellement, en acceptant cette lecture, j'ai plus été tentée de lire un nouveau roman de l'auteur. J'ai découvert Elisabeth Butterfly avec ses premiers livres, "Lolita Go home" et "Dissection du mariage", puis "François Truffaut, le Journal d'Alphonse".
Objectivement, je ne crois pas à ce genre d'histoire qui me paraissait un peu sournoise. C'est la péripétie cauchemardesque d'un ancien journaliste devenu écrivain qui, fin 2001, met le nez dans un beau sac à embrouilles en découvrant des comptes occultes orchestrés par une banque internationale d'investissements, basée en Suisse. En mettant à jour cette sombre affaire, notre homme, Jules Wigand, s'expose à des représailles, des menaces, à la censure et aux procès interminables. La pression est tenace, elle dure des années, jusqu'en 2006.
Jules Wigand est un homme à abattre. Ce livre, raconté un peu par l'épouse, est une démonstration impitoyable des moyens mis en oeuvre pour miner un type, le rendre muet et ruiner sa vie personnelle.
Sur le fond, l'histoire se lit comme une flèche. Très bon rythme, scénario qui fait froid dans le dos, ce sont les coulisses d'un tapage médiatique qui mouille une institution et qui touche une loi tacite ("tu le sais, mais tu te tais").
Pourtant, le personnage principal de Jules Wigand n'apparaît pas très sympathique, sa soif de "vérité" est contestable, et puis zut ! cela fait un peu trop écho à une affaire récente qui me barbait déjà dans les journaux, donc je préfère m'en éloigner. Et puis, je n'ai pas retrouvé le style de l'auteur qui avait su me plaire dans ses débuts.
Dommage. Bon livre, mais tendance paranoïaque inutile, à mon goût. A considérer comme une sombre intrigue des coulisses du pouvoir.
PS : Et je n'aime pas le titre !

Editions Florent Massot - 260 pages - Avril 2007.

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31/07/07

La chambre des morts - Franck Thilliez

Chambre_des_mortsUne nuit de décembre, dans la région dunkerquoise, deux potes un peu pétés d'alcool décident de tagger des locaux avant de rouler à toute berzingue, phares éteints, dans la zone industrielle.
En chemin, la voiture heurte un corps. Amoché et zigouillé net, l'inconnu avait près de lui un sac rempli de billets. Pas moins de deux millions d'euros en coupures de cent !
L'aubaine pour ces deux fauchés, licenciés de leur job d'informaticiens et qui pointent au chômage depuis des mois.
Alors Vigo et Sylvain prennent la décision de garder les sous, de planquer le corps et de rentrer chez eux sans rien dire de cette horrible mésaventure.
Cependant, cet acte inconsidéré sera aussi la déclaration de mort pour une petite fille aveugle, retenue en otage par un monstre ignoble. Et bientôt, une autre fillette va être enlevée.
S'agit-il d'une signature macabre par le même tortionnaire ? Et nos deux lascars du début, pétris de remords seront-ils ?
Voici en quelques lignes la recette du polar français qui n'a pas à rougir car dans le genre thriller implacable le Monsieur se pose là ! Franck Thilliez est un grand malade du bocal ! Où puise-t-il cette inspiration ? Ambiance morbide, misère humaine et sociale, paysages rigoureux ... "La chambre des morts" a l'avantage d'être efficace dans son genre mais incroyablement inquiétant dans un autre sens.
Beaucoup de noirceur, des âmes putrides, une atmosphère glauque, une enquête nébuleuse, et pourtant le lecteur est entraîné du début à la fin. Le personnage de l'inspectrice Lucie Henebelle reste toutefois sympathique et touchant, c'en est presque un soulagement dans ce tas d'immondices !
On sort de cette lecture soulagé d'être à la fin. Vivant.

Le passage, 2005 - Pocket, 2006 - 340 pages.  Cet ouvrage a reçu le prix des lecteurs Quais du polar.

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30/07/07

Toutes ces vies qu'on abandonne - Virginie Ollagnier

Toutes_ces_vies_qu_on_abandonneDécembre 1918, Annecy. Claire, 18 ans, jeune infirmière et novice, porte son assistance au professeur Tournier à l'hôpital d'aliénés où est reçue la plupart des soldats rentrés de guerre. Les blessures sont lourdes, pas seulement les plus visibles, mais surtout celles qui sont tues, comprimées et qui brisent en mille morceaux les êtres devenus des morts vivants.
Ah non ! Rassurez-vous, l'histoire n'est pas sanguinolente, pas compliquée ni démoralisante. Loin de là ! Car parmi les nouveaux patients, un soldat inconnu attire l'attention de Claire. Il est prostré, muet, mystérieux. On ne sait rien de lui et cette détresse touche profondément notre jeune novice.
Prête à prononcer ses voeux pour devenir religieuse, Claire commence de plus en plus à se questionner sur son engagement, sur ses croyances et ses motivations. Face à la misère humaine, ravagée par la bêtise de la guerre, la jeune femme voit sa foi sérieusement ébranlée. En tant que fille de Dieu, elle est prise à parti par des hommes bouleversés dans leur destin.
La faute à personne, et pourtant...
Claire s'applique donc à sortir l'inconnu de son mutisme. A l'aide de douceur, de massages, de patience exemplaire et d'une intuition remarquable, elle va parvenir à diagnostiquer le traumatisme de ce soldat.
Parallèlement, s'écrit dans le texte le monologue intérieur de cet individu, qui ouvre ainsi au lecteur une nouvelle fenêtre pour cerner le personnage.

Enfin voilà ce qu'on peut en dire. Comme moi, peut-être allez-vous penser instinctivement au Patient Anglais de Michael Ondaatje... Mais la lecture du roman de Virginie Ollagnier vous donnera finalement un aperçu tout à fait différent. Il s'agit plus ici d'un portrait attachant d'une jeune femme face à de nouveaux choix dans sa vie, exacerbés par cette rencontre improviste.
A vrai dire, j'ai beaucoup aimé toute la première partie du roman. J'y ai trouvé de l'acuité et de la sensibilité, de la délicatesse dans le portrait de la jeune infirmière. Cette dernière va avoir des discussions très intéressantes sur le désir.
De plus, ce n'est jamais glauque, en dépit du climat hivernal et de la situation post-armistice. Pourtant mon intérêt a un peu flanché en fin de partie, de façon incompréhensible.
Car "Toutes ces vies qu'on abandonne" n'en reste pas moins une lecture enrichissante, notamment sur le sujet des débuts de la psychiatrie et les pathologies. J'ai lu en critiques qu'on comparait également ce livre à celui de Marc Dugain "La chambre des officiers" à propos des soldats et des vestiges de la guerre.
Très belle écriture, classique... à tenter !

Liana Levi - 280 pages -

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Chante Luna ~ Paule du Bouchet

Paule du Bouchet se révèle une jolie romancière pour la jeunesse : c'est déjà son deuxième roman que je lis d'elle et qui traite du délicat sujet de la guerre. Dans ce dernier ouvrage, intitulé "Chante, Luna", elle donne voix à une jeune juive prénommée Lulla, dont le magnifique timbre rappelle le clair de lune limpide et mielleux. Encore enfant, Luna se verra précipitée vers l'âge adulte lors de l'invasion des troupes allemandes dans Varsovie et le cantonnement de tous les juifs du pays dans le ghetto de Varsovie. Très délicatement, la jeune fille va dérouler le fil des événements, son quotidien au sein de l'effroi, de l'horreur, de la peur et des menaces grandissantes. Malgré la disparition de ses proches, Luna tentera de garder l'espoir grâce au chant. "Chante, Luna, chante !" comme lui ordonnent son père, sa grand-mère et ses compagnons d'infortune.
Paule du Bouchet réussit un pari sensible : traiter d'un chapitre douloureux sans ambages et sans pathos. Délivrée d'une manière parfois édulcorée, l'extermination du ghetto juif est toutefois révélée dans toute son horreur et son invraisemblance. L'auteur traite également du mouvement de résistance mise en place au sein du ghetto et qu'on aurait tendance à mettre en berne ou réduire à quelques lignes.
"Chante, Luna" se résume à une magnifique ode à l'espoir au-dessus du misérabilisme, à la vie après la mort et à l'amour par-delà les limites. Etonnant, épatant, ce petit livre est à conseiller aux jeunes lecteurs et à un public large. Ne pas hésiter !

juillet 2009

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Blog au ralenti


Pauline Ester - Il fait chaud (Clip)


Mareva Galanter - Pourquoi pas moi

A bientôt, les lecteurs !!!

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29/07/07

L'élégance du hérisson - Muriel Barbery

« Mme Michel, elle a l'élégance de l'hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »
Voilà, c'est dit. C'est expliqué. Le pourquoi du titre.
Ensuite, c'est une affaire de goûts et d'atomes crochus. A la base, elles sont deux personnalités aux antipodes. L'une est une fillette de 12 ans, l'autre est âgée de 54 ans. La première habite un appartement bourgeois avec sa riche famille, la deuxième est concierge depuis vingt-sept ans, veuve et fille de pauvres paysans.
Toutes deux sont seules mais observatrices. Elles posent sur le monde un regard intransigeant, celui d'une intelligence redoutable qu'on réprime par souci de convenance ou esprit de protection. Une enfant surdouée et une concierge raffinée, deux entités dissemblables et pourtant similaires, car toutes deux forcent à percer la carapace, à voir plus loin que l'apparence, à briser les préjugés, bref à bouleverser les codes.

Dans cet immeuble de la rue de Grenelle, les choses vont donc bouger. Une petite révolution est en cours. Paloma, 12 ans, tient rigoureusement un Journal du Mouvement du monde et des Pensées profondes avant de songer sérieusement à se suicider le 16 juin.
Renée, 54 ans, vit seule avec son gros chat, elle est discrète et insignifiante, "petite, laide, grassouillette, des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth". Mais elle aime la philosophie, Marx, les films d'Ozu et les romans russes. Certes, il est dit tant de choses sur les concierges qu'elle ne peut évidemment afficher sa face réelle aux habitants de l'immeuble, alors elle se tait, elle feint, elle fait la bête et la pas-toujours-polie.
Il faut reconnaître, aussi, qu'on lui rend bien sa transparence !
Puis, arrive dans cette vie bien rangée, un nouveau propriétaire, le japonais Kakuro Ozu, veuf, érudit et passablement séduit par cette concierge qui prétend être ce qu'elle n'est pas ! Ainsi s'annonce pour notre Mme Michel « la possibilité d'un camélia » !

L__l_gance_du_h_rissonTout en poésie et finesse, d'un style exquis, servi par une histoire tendre et bouleversante, le roman de Muriel Barbery est un vrai bonheur de lecture, un plaisir rare et irremplaçable !

Beaucoup lu et critiqué, le roman s'est assuré une réputation d'oeuvre brillante, pointilleuse, drôle et touchante, pas donnée à tous. C'est évidemment une affaire de goûts et d'atomes crochus. 

Gallimard, août 2006 - 20€

359 pages

  • Editions Gallimard 
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    28/07/07

    Brume de chaleur - Chuck Logan

    Brume_de_chaleurPar un mois de juillet caniculaire à Stillwater, Minnesota, le corps d'un prêtre est retrouvé assassiné dans son confessionnal. Ce crime porte la marque du vengeur masqué surnommé Le Saint. La police soupçonne l'un des leurs, Harry Cantrell, d'être ce redresseur de torts qui remporte un succès populaire en zigouillant tous les types suspectés de pédophilie dans le comté. Le shérif fait alors appel à Phil Broker, un ex-flic spécialisé dans les missions d'infiltration, pour approcher Harry, lui tirer des informations sur le Saint avant de l'envoyer en cure de désintoxication.
    Car Harry et Broker sont de vieux camarades mais la mort de Diane Cantrell a brisé cette amitié, l'un accusant l'autre d'être responsable du crime affreux qui a coûté la vie de l'épouse. Depuis Harry a plongé dans l'alcool, son comportement a sombré en conséquence.

    L'intrigue du roman prend alors plusieurs pistes. Il y a d'un côté cette chasse à l'homme entre Broker et l'ancien ami, une quête vicieuse et chaloupée où Harry se montre plus vif et malin que son alter ego. Puis vient l'enquête sur l'identité du Saint, plus ou moins liée à la recherche précédente, car Broker soupçonne Harry de détenir des pièces cruciales au puzzle sanglant. Ceci menant inévitablement aux scènes des crimes commis sans état d'âme, dans la peau du tueur qui piste ses proies et brouille l'enquête.

    "Brume de chaleur", dans son cadre de petite ville languide et qui somnole sous la chaleur accablante, se veut finalement un roman plus opaque, plus lourd et définitivement plus noir. L'ambiance est sombre, l'écriture de Chuck Logan terriblement âpre et le problème soulevé fait froid dans le dos. Dans une Amérique blindée par son système judiciaire à double tranchant, la société tend à se réveiller vers une triste réalité : face à une violence croissante et à des crimes horribles, l'homme décide de plus en plus à faire justice lui-même.
    Un roman plus noir que noir, en somme. Avec des personnages comme Phil Broker qu'on retrouve dans "Presque veuve", précédemment paru. Grande habileté dans l'intrigue, le suspense et l'exposition d'une peinture à la fois sinistre, réaliste mais jamais démoralisante.
    Se lit d'une traite.

    Editions du Masque - 356 pages. Traduit de l'américain par Aurélie Tronchet.

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    27/07/07

    ... Divinidylle ...

    divine_idylle

    Mon âme idéale
    A la larme fatale
    Ma folie, mon envie, ma lubie, mon idylle ...

    Vanessa Paradis - Divinidylle - Le clip

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    26/07/07

    Quatre soeurs - Malika Ferdjoukh

    quatre_soeurs_1Pour faire chorus aux louanges entourant la série Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh !
    Il est vrai que s'engager dans cette lecture donne droit à de belles heures de plaisir, de douceur, de délices et d'humour... Le lecteur est accroché aux fabuleuses histoires des soeurs Verdelaine, qui sont effectivement cinq, mais dont quatre livres font l'étalage avec grâce et facétie.
    Il y a évidemment beaucoup de style dans l'écriture de l'auteur, une liberté, une audace et de la fraîcheur qui ne peuvent laisser imperméable. Il y a ensuite des personnages adorables, attachants, sensibles, bref irrésistibles.
    Le tome 1 est une invitation dans la Vill'Hervé, la grande propriété familiale qui renferme des coins, des recoins, des escaliers qui tourbillonnnent (à noter : le Macaroni !), déjà un cadre fort séduisant, situé entre vents et tempêtes, non loin d'une falaise et de la mer.
    Les soeurs Verdelaine ne sont pas les seules occupantes de ces lieux enchanteurs, on compte aussi des animaux, des esprits fantômes... Les parents ont hélas disparu dans un accident, mais ils continuent de hanter les lieux où Charlie, l'aînée de la fatrie, tente de sauver de la ruine.
    Agée de 23 ans, celle-ci a mis en berne ses études de médecine pour subvenir aux besoins de ses petites soeurs. Enid, la plus jeune âgée de 9 ans, est aussi la plus susceptible aux démons, aux mystères, au Gnome de la chasse d'eau et aux autres esprits. Elle les entend, les écoute et leur parle.
    Dans ce premier tome de la tétrade, on flirte un tantinet avec le fantastique. Pour ceux et celles que ce genre rebute, il faut savoir que c'est aussi partie intégrante de la magie qui se dégage de cette lecture ! Il n'existe pas assez de mots pour exprimer tout le charme que renferme ce livre. Ou pour reprendre les termes de l'éditeur : "L'ensemble forme un cocktail rare et succulent, un peu comme si le livreur de pizzas débarquait chez les Quatre Filles du Docteur March pendant qu'elles regardent South Park en dialoguant avec un fantôme. Dans Quatre Soeurs, ce sont bien plus de 600 recettes pour rire, pleurer, s'aventuer, tomber en amour, vivre en famille, aimer un lieu, et se tricoter de longs manteaux réchauffants et beaux de petites phrases, de grands sentiments et de curiosité tous azimuts" ...
    A lire à pas d'âge !!!   - 139 pages -

    quatre_soeurs_2Hortense est l'avant-dernière des filles Verdelaine. Agée de 11 ans, elle passe sa vie dans les livres. Passionnée de théâtre, la jeune fille confie à son journal intime qu'elle rêverait d'être comédienne. Mais c'est un projet bien ambitieux pour une timide maladive comme elle...
    Et pourtant, aidée par sa rencontre avec Muguette, une curieuse demoiselle au tempérament de feu, et sur les conseils de son professeur de français, Hortense va pousser la porte des cours de Zoltan Lermontov et se risquer à faire ses premiers pas sur les planches.
    Ce tome 2 n'est pas qu'un projecteur sur l'une des cinq filles Verdelaine, bien au contraire ! On suit toujours les folles aventures de ses soeurs toutes plus charmantes les unes que les autres.
    Notamment, on savoure le béguin de Bettina, la 3ème soeur, pour un livreur de surgelés au physique peu avenant. Pour cette bêcheuse invétérée, c'est le comble du mauvais goût. Et cependant, les sentiments sont des esprits follets qui bouleversent nos jeunes héroïnes, propriétaires d'une villa cossue mais tout aussi excentrique. Après tout, pourquoi pas elle ? !
    L'univers de Malika Ferdjoukh est un monde d'étincelles qui scintillent dans les prunelles des lecteurs... Un monde facétieux, bourré d'humour, paré de dialogues clinquants. Et où toujours les clichés et la lourdeur sont écartés.
    Une série à déguster !  - 192 pages -

    quatre_soeurs_3Branle-bas de combat chez les Verdelaine ! Les caisses sont vides, il faut trouver au plus vite une solution pour maintenir le paquebot Vill'Hervé à flot. Charlie suggère de louer une partie de la maison, incluant la chambre des parents défunts, à un inconnu.
    Ainsi arrive de Paris Tancrède, 28 ans, avec ses cartons, son paquetage et ses mystères. Sans compter son charme ravageur... Charlie met de côté son rôle de tutrice de quatre soeurs impossibles, oublie un tantinet son fiancé Basile et succombe à ce Docteur Jeckyll doublé de savant fou.
    De leurs côtés, les soeurs Verdelaine perdent également leurs repères. Les amours s'effacent, les trahisons pointent, les déceptions aussi. Les chagrins pointent leurs museaux.
    Et dans ce capharnaüm (pas toujours joyeux), les esprits vont et viennent, les animaux tombent amoureux, les petits cousins passent leurs vacances du printemps à la Vill'Hervé et un malfrat blagueur sème des poireaux dans les endroits les plus saugrenus de la maison.
    Les soeurs Verdelaine ne chôment pas pour offrir à leurs lecteurs des belles surprises, tout en humour mais aussi en finesse et sensibilité. Dans ce tome 3, l'auteur n'a pas hésité à aborder des thèmes plus délicats comme la maladie, la greffe et la mort.
    Toujours savoureux, à la fois intelligent et bougrement captivant, ce tome s'inscrit dans une tétrade définitivement irrésistible !   - 200 pages -

    quatre_soeurs_4L'été s'annonce, et dans ses bagages : les vacances ! Les filles Verdelaine prennent le large. Bettina suit ses meilleures amies camper en pleine campagne sous le chaperon d'une tante artiste un peu extravagante, Hortense et Enid se rendent chez leurs cousins Harry et Désirée à Paris. Geneviève a pris un petit job d'été et Charlie se dépense physiquement dans le retapage de la Vill'Hervé pour mieux oublier ses soucis...

    Cette fois-ci, l'auteur nous laisse supposer que l'univers des soeurs Verdelaine n'est pas totalement celui des Bisounours. Se pointent quelques ennuis de disparition, de blessures, de responsabilité et d'émancipation.
    Dans ce tome, Geneviève, la 2ème de la fatrie, âgée de 16 ans, rencontre un farouche individu, prénommé Vigo, beau comme un dieu mais un peu bizarre sur plusieurs aspects. Mais les émotions que ce garçon lui fait ressentir sont inqualifiables, pour Geneviève qui songe à sa première expérience sexuelle...

    La lecture de ce tome laisse un goût amer, car on sent la fin, on devine qu'elle n'est pas loin, qu'il faut envisager de se détacher et d'abandonner les soeurs Verdelaine dans leurs nouveaux projets. Il y a toujours autant d'amour, de rêves, de larmes et de bel esprit dans ce livre, à l'image de la tétrade.
    Ce fut une rencontre fabuleuse, n'hésitez pas non plus à vous laisser transporter au large de cette grande bicoque qui abrite des orphelines ne manquant jamais de ressources, des esprits taquins et des animaux en véritables compagnons.   
    - 212 pages -

    L'école des Loisirs - coll. Medium - 2003.

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    India Dreams

    India Dreams est l'histoire d'une épopée passionnante autour d'une intrigue familiale : fin des années 20, Amelia Harryson arrive dans les colonies Indiennes rejoindre son Capitaine d'époux. Elle est accompagnée de leur petite fille, Emy. Amelia va vite être confontré à un choc des cultures plutôt féroce, car les Indes offrent une chatoyante vitrine à la sensualité, la misère et la mort. En plus d'une poisseuse chaleur et d'une atmosphère moite, l'anglaise trouvera du réconfort dans l'arrière-pays, en attendant la mousson.

    Ce tome 1 s'ouvre en Angleterre, à Londres. Emy Gilmore doit se protéger des bombardements ennemis, nous sommes en 1945. Elle reçoit d'étranges visites et un paquet du journal intime écrit par sa mère. Ces évènements la ramènent donc à un passé qu'elle pensait avoir oublié et dont elle avait été brusquement coupée vingt années plus tôt. En quittant les Indes, l'enfant a aussi perdu sa mère qui a été associée à un terrible drame au sein de la communauté de Khalapour. Une histoire passionnante va s'ouvrir, une quête vers le passé pour découvrir une vérité et des secrets peu à peu mis à jour... India Dreams est le début d'une saga flamboyante, d'une histoire d'amour palpitante sur le décor des dernières splendeurs coloniales des années 20. Maryse et JF Charles partagent avec le lecteur une adoration absolue pour cette contrée féérique et le charme opère : totalement envoûtant ! ! !

    tome 2

    La recherche dans le passé pour découvrir le mystère de la disparition d'Amelia Harryson continue... Emy Gilmore a rejoint les traces de son enfance, aidée du journal intime de sa mère et de son compagnon de jeux, Jarawal, le fils de Dharma Singh, le dernier maharadjah de Khalapour. Ils tentent de retrouver Monsieur Lowther, le confident d'Amelia. Mais des ennemis sont également à leurs trousses, leurs chemins semés d'embûches et la quête de la vérité n'aura jamais semblé si lointaine et confuse...

    Sur fond d'empire colonial, d'intrigues politiques, d'histoires d'amour et de drames déguisés en assassinats, le deuxième tome de India Dreams est la chatoyante suite d'une série romantique mêlée à une trame historique véridique. Tout comme le premier épisode, ce tome 2 est un régal pour les yeux, en plus d'un scénario fort et exaltant. Vivement la suite !

     

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