17/12/06

On ira voir la mer ~ Olivier Adam

Ce roman jeunesse d'Olivier Adam n'est pas à remettre entre toutes les mains : il relate la violence des adolescents en mal d'être. Un garçon solitaire, Olivier, rencontre une jeune fille désoeuvrée, Lorette. Cette dernière porte la meurtrissure d'un deuil jamais accompli depuis la mort de son frère jumeau quelques mois après leur naissance. Par un étrange hasard, ce frère s'appelait aussi Olivier, d'où l'étrange et ambigue relation entre les deux nouveaux amis qui se rencontrent au CM2, deviennent des frère et soeur et ne se quitteront plus. Au collège, Lorette devient de plus en plus révoltée, rebelle, violente et coupée du système. A quatorze ans, les cernes sous ses yeux se creusent de plus en plus, l'alcool commence à la détruire mais son amitié avec Olivier se teinte toujours de ce rapport de soumission / initiation. Lorette entreprend, Olivier suit. Tous deux dépassent les limites, de renvois d'école aux éclats de violence dans "la cité", ils mettent en péril leur histoire. D'emblée, on sent Olivier très fragilisé par ce passé très proche. Il est désormais au lycée, devient ami avec Romain qui lui parle de Lorette, qui n'est plus là. Disparue ou partie, bref la jeune fille continue de hanter Olivier qui se décharge du récit d'un ton très plombant pour le moral. Le style est fluide, sensible, touchant et délicat. Mais le contenu est lourd, poignant et à manipuler avec précaution. C'est un roman qui traite de la détresse des adolescents, de leurs dérives, de leurs traumastismes et des limites qu'on dépasse, qui finissent souvent mal. Et tout ça fait mal, très mal.

lu en décembre 2004

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Le lézard lubrique de Melancholy Cove - Christopher Moore

Le lezard lubrique

Ayant lu le tout récent «Le sot de l'ange» du même Christopher Moore, j'ai abordé ma lecture moins sous l'effet de surprise, puisque je connaissais déjà tous les personnages, mais plus dans l'optique de retrouver une bonne vieille bande de copainss! Les personnages de Melancholy Cove sont carrément déjantés : Theo Crowe, le flic qui fume des joints, Molly Michon, l'actrice de série B désormais folledingue et qui discute avec la voix off, le biologiste Gabe Fenton, la psy Val Riordan, la serveuse Mavis qui s'occupe du bar où le blues coule à flot... Pour la première rencontre, tonitruante et explosive, on repassera (ce livre est à lire avant Le Sot de l'ange, je vous ferai dire) mais ça reste tout de même poilant et grotesque ! 
Cette lecture promet de vous bousculer et vous étonner. Le contenu est à la fois drôle et épouvantable, et plus que ça encore, car c'est un cocktail indéfinissable. Du policier ? non pas sincèrement. De l'humour ? oui, mais plus encore. De l'horreur ? ah oui, nous n'y sommes pas loin... Imaginez un monstre marin en chasse dans la petite ville de Californie, aux trousses d'un joueur de blues qui a commis un crime minable quelques années auparavant et qui réclame vengeance. Bref, ce “monstre” glisse et rampe dans les rues de Melancholy Cove, squatte pas loin de la caravane de l'Amazone Molly, cligne de l'oeil, émet des ondes et ravive une ahurrisante frénésie sexuelle chez les habitants. Lézard lubrique ? oui, assurément ! Alors donc, on rit, on s'esclaffe, on tique de répulsion, on doute, on rigole encore, on avoue (par bienséance) que c'est exagéré, mais très honnêtement on savoure et on en redemande encore ! Osez l'aventure, tentez le Christopher Moore - il vous bichonne aux petits oignons une aventure policière polissonne et tutti quanti.

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Luc Baranger  - Folio policier

[The Lust Lizzard of Melancoly Cove]

Nouvelle édition en 2016

 

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Le jeu du sot de l'ange

Allez, pour mettre un peu plus en avant le roman de Christopher Moore, les éditions Calmann Levy (qui l'éditent dans l'hexagone) ont lancé jusqu'au 31 décembre le jeu du Sot de l'ange ... où il faut zigouiller le père noël tordu mais éviter le renne Rodolphe, danseur émérite, et le stupide archange Gabriel... 

On clique ici !

... et on n'hésite pas à lire le livre dont j'en parle quelque part ... ( !) et aussi Le lézard lubrique, autre perle d'humour, qui met en scène les mêmes personnages.

Ah, rendons à César (etc..), c'est le Buzz Littéraire qui a fait la découverte de ce jeu et en a parlé ici !

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La musique du dimanche

Mettez du pop-rock dans la vie de vos enfants !

Savourez cette compilation de chansons pour enfants composés par les plus grands groupes du moment de la planète Albion... Voici un aperçu :

go go ninja dinosaur / Four Tet featuring Princess Watermelon

Le site  /  MySpace

Colours are Brighter - Buy Now

Découvert grâce à Olga, son chat Miguel et la petite Mina...

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16/12/06

Clair de femme - Romain Gary

clair_de_femmeDeux êtres en déroute s'épaulent dans leur solitude... Et la vie attend que ça passe... Une tendresse désespérée, qui n'est qu'un besoin de tendresse... "Clair de femme" est une bouleversante histoire d'amour au sens très large. Car c'est la rencontre entre Michel et Lydia, tous deux blessés et saouls de malheur. Lui car sa femme se meurt et l'a prié de s'en aller rencontrer une autre femme pour la faire revivre en elle, et Lydia, la quarantaine et les cheveux blancs, coupable de ne plus aimer l'homme qui a tué leur petite fille dans un accident de voiture. Ces deux êtres en perdition, écorchés et malheureux, vont se heurter sur un trottoir, faire l'amour cette première nuit, se parler et errer dans les rues de Paris pour se consoler. Histoire d'alléger leurs chagrins, pensent-ils, ils croisent le Senor Galba qui exécute un numéro de dressage d'animaux sur un air de paso-doble et qui se meurt en douceur, puis la pétulante Sonia, russe juive, qui se complaît dans le malheur ...

Le roman se passe en une nuit : le temps pour la femme aimée de mourir, le temps du couple Michel-Lydia de parler amour et couple. "Nous avions besoin d'oubli, tous les deux, de gîte d'étape, avant d'aller porter plus loin nos bagages de néant.". Mais Michel est un batisseur de cathédrales et son attente du couple est trop faramineuse pour l'ultra-sensible Lydia qui prend peur de cette promesse d'édifice. Michel doit partir vers d'autres terres pour oublier sa femme trop adorée et cette dernière nuit va s'écouler tristement, en vain.

Ode à l'amour, à la vie de couple, à la pérennité de cet amour ?... "Clair de femme" est un bouleversant hommage d'un homme pour la femme de sa vie, la célébration passionnée de la patrie du couple, "d'une bienheureuse absence d'originalité, parce que le bonheur n'a rien à inventer". Etourdissant d'actualité pour un texte publié en 1977, ce roman se trace dans la coulée d'une écriture claire, aérée et révèle l'angoisse du déclin que pressentait l'auteur, qui s'est finalement donné la mort en 1980. " Il y a dans ce roman la dérision et le nihilisme qui guettent notre foi humaine et nos certitudes sous le regard amusé de la mort, écrivait Gary. Les dieux païens nous guettent installés sur l'Olympe de nos tripes. Notre vie n'est peut-être que le divertissement de quelqu'un ". " Tout se passe comme si la vie était un music-hall, un cirque où un suprême senôr Galba [pitoyable pitre alcoolique, dresseur et montreur de chiens]...s'amuserait à nos dépens ".  Je signale que "Clair de femme" n'est ni lugubre ni sinistre, c'est une lumière et il signe là ma rencontre avec Romain Gary...

Folio

  • Porté au cinéma par Costa-Gavras par le couple Romy Schneider et Yves Montand...

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15/12/06

La Maison Mer - Esther Freud

maison_merLily, une jeune étudiante en architecture, décide de passer quelques mois loin de Nick, son fiancé trop négligent, et de s'installer à Steerborough, un petit village situé sur la côte orientale de l'Angleterre. C'est là que Klaus Lehman, un célèbre architecte juif allemand, s'était réfugié dans les années trente pour y mourir en 1953. Lily part sur ses traces et découvre, fascinée, les lettres enflammées que Klaus n'a cessé d'envoyer à son épouse, Elsa. Au regard de cette fougue amoureuse, sa propre histoire avec Nick lui paraît bien terne. Mais Lily ignore tout des tempêtes et des tourments secrets survenus dans cette même campagne lumineuse, un demi-siècle plus tôt...  (quatrième de couverture).

Il y a des romans qui commencent par une phrase et qui aussitôt vous emportent. Dans "La Maison Mer", la petite mélodie de départ est celle-ci : "La maison de Gertrude était rose, de ce crépi typique du Suffolk, non dénué de virilité." C'est un charme indéfinissable et puissant, une histoire d'un autre temps, mais bien plus encore. Il y a en fait une structure double du récit, narrant la vie du même village anglais à deux périodes différentes. Le principe est impeccable, d'ailleurs le livre lui-même est irréprochable, c'est ce qui le rend terriblement flippant ! C'est un sans-faute ! L'écriture est limpide, la construction sans défaut, l'histoire romanesque comme ce n'est pas permis, et voilà... un roman tellement parfait qu'on pourrait presque le lui reprocher ! Esther Freud est une raconteuse d'histoires avec les outils que sont la grâce et l'élégance. Il y a une finesse dans chacune des ses lignes, c'est du petit lait à boire !

Ce qu'on en dit : Pour écrire La Maison mer, Esther Freud (arrière-petite-fille de Sigmund) s'est librement inspirée de la correspondance de son grand-père, Ernst, qu'elle met en scène sous les traits de Klaus Lehman, tandis qu'Anna Freud, sa grand-tante, inspire le personnage de Gertrude, une psychanalyste pour enfants amie du couple Lehman. Ce faisant, elle brosse ici un nouvel épisode de la saga freudienne.

Fayard

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Bus Stop

Marilyn est Chérie, une chanteuse de petite vertu, qui exerce ses talents dans un bastringue à Phoenix - le "Dragon Bleu". Un soir elle rencontre Bo, un cowboy fraîchement débarqué en ville pour concourir au rodéo. Bo a 21 ans, sort de sa campagne perdue et s'est mis en tête de rencontrer une fille, SON ange. Et c'est elle, Chérie ! Aussitôt il décide de lui proposer fiançailles, mariage et retour dans le Montana pour vivre au ranch. Or, Chérie a tracé sa route jusqu'à Hollywood, elle ne tient pas à s'enterrer avec Bo, d'ailleurs elle n'aime pas ce garçon aux manières rustres, qui braille, harponne les filles avec un lasso et prend ses désirs pour des réalités ! Entre eux deux, c'est une relation unilatérale. Chérie se dit dévergondée, Bo n'a aucune expérience avec les femmes. Aucune expérience, tout court ! Son attitude en ville et avec les gens autour de lui tend à prouver qu'il est complétement incivil ! Il mérite une bonne leçon qu'il recevra par une nuit de tempête de neige, chez Grace, le relais du Bus Stop.
"Bus Stop" est un émerveillement ! C'est drôle, c'est touchant et c'est loin de toutes paillettes. Marilyn en chanteuse de petite vertu est fascinante ! Elle n'hésite pas à accentuer son anglais de la campagne, qui frise les aigus et le mauvais genre, affublée d'un petit costume vert, encore plus pâle & blanche que d'habitude. A ceux qui pensaient d'elle que c'était une actrice de seconde classe, elle n'a jamais cessé de démontrer l'étendue de ses capacités ! Surprenante, toujours ! Face à elle, Don Murray faisait ses premiers pas au cinéma dans ce rôle taillé sur mesure - Bo Derek, le cowboy sans éducation mais au grand coeur !
Un divertissement, plus qu'un film !!!! Il dépasse très largement les 5 étoiles ! 

vu en décembre 2005

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14/12/06

Le saint cleptomane et la fille au vagin doré - Pablo Krantz

saint_cleptomaneAvec un titre à coucher dehors, Pablo Krantz réussit le tour de force d'imposer son "provocant" recueil de nouvelles avec malice. Point ne faut d'être racoleur, il faut également assurer les arrières. Là Pablo Krantz, jeune argentin d'une trentaine d'années vivant en France depuis 2002, a su retrousser ses manches, a écrit ses textes en français (chapeau !) et peut s'enorgueillir d'être culotté, drôle, original et bon écrivain ! Bah oui, ce jeune homme a du style, un humour bien mordant et ne s'embarrasse pas d'écriture pompeuse et de crocs-en-jambe déplacés pour qu'on le salue.

L'imagination, associée à une âme d'enfant, est certainement l'engrais le plus puissant que la science botanique puisse concevoir. (Là, c'est le site Evene qui le dit, et je suis de son avis !) Car dans la plupart des nouvelles, Pablo Krantz a mis en scène un jeune garçon ou un adolescent, bien souvent dans les rues de Buenos Aires, qui suit son bonhomme de chemin, nez au vent et les mains dans les poches, séduit et étourdi par quelques petites beautés (au puissant parfum de tentation), mais bien souvent trompé, éconduit ou abruti par ses fantasmes, et sans l'emprise d'hallucinogènes !

A noter aussi : les titres des nouvelles sont particulièrement poétiques et exagérés, genre "histoire d'amour sur fond de fourmis", "la chanson de la pluie argentée de poisson frit", "cycles migratoires" ou "mon père était un officier nazi". Dans cette dernière, l'ami d'un écrivain lui suggère de se créer une image sulfureuse pour créer la sensation, il n'hésite pas à nommer quelques grands noms pour argumenter sa position... Les nouvelles dans l'ensemble sont très courtes, à part deux ou trois exceptions. Le recueil aurait pu être "excellent", s'il n'avait fallu sacrifier à la sacro-sainte règle du recueil de nouvelles où la qualité n'est jamais indéfectible, et personnellement j'ai trouvé les derniers textes moins jubilatoires qu'au commencement. Mais ce n'est pas grave du tout, ça peut se mélanger et ça ne change en rien mon avis déclamatoire sur cette lecture ! "Car, enfin, je crois que vous êtes déjà en âge de savoir que, dans ce bas monde, tout est dans la manière, les faits importent peu."

Les petits matins

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13/12/06

Le Soldat rose - Louis Chedid, Pierre Dominique Burgaud & Cyril Houplain

soldat_roseVoilà l'histoire du Soldat Rose en images, après l'écoute du disque. Je remercie le hasard d'avoir favorisé cette coincidence car je trouve que le livre et le cd sont absolument indissociables, c'est d'ailleurs dommage qu'il n'y ait pas une offre regroupant les deux.

A feuilleter l'album illustré par Cyril Houplain, je trouve qu'il manque un petit quelque chose. Les dessins ne sont pas terriblement accrocheurs, l'histoire est mignonne, et les chapitres en chansons posent problème. Quand on n'a pas le disque, que fait-on ? On imagine ? Un peu faible. C'est le gros dilemme sur cet article (sans revenir sur l'idée géniale lancée par Louis Chedid et Pierre Dominique Burgaud d'imaginer un magasin où les jouets vivent une existence cachée pour se préserver d'être achetés et séparés, quand surgit un petit garçon volontairement perdu, car l'enfant ne veut pas grandir mais vivre dans l'utopie.. bref !). Il est INDISPENSABLE de posséder aussi bien le disque que le livre, mais surtout le disque, à mon goût. Sans quoi, c'est un peu sans queue ni tête.

Hachette

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La vie bercée - Hélène Dorion & Janice Nadeau

vie_berc_eDepuis l'instant où "la petite graine" est semée, le ventre se gonfle et l'enfant s'y niche et se nourrit de "La vie bercée".

En quelques pages, Hélène Dorion raconte ce parcours en poésie et langage imagé, aidée des illustrations aussi fantasmatiques de Janice Nadeau. Le cycle de la vie est scruté, analysé avec minutie, beaucoup de sous-entendus, annonçant une couleur douce, morose ou mélancolique, mais pleine de promesses et de rêves !

J'avoue avoir été plutôt perplexe en présentant ce livre à ma fille, je m'attendais à ce qu'elle n'y comprenne goutte, qu'elle ne ressente aucun attrait. Je me suis complètement trompée ! Elle s'est aussitôt prise de curiosité pour cette histoire qui sortait de "son ordinaire" (nous baignons pas mal dans le lexique des fées, princesses, etc.). Elle a su cerner qu'il s'agissait de la vie et de l'enfant qui grandissait (l'image du corps qui s'ouvre et s'agrandit comme un arbre a été impressionnante), d'une initiation en rêveries et images subliminales tout à fait percutantes et plaisantes.

Personnellement j'ai plutôt savouré le texte et certains passages pour expliquer "quand tu ouvriras un livre pour la première fois" et quand "tu voudras toi aussi sentir les vagues secouer ton corps" ! Le bonheur, le goût de la lecture avec ceci : "Entre les murs de ta chambre, un Petit Prince souffle sur les déserts, te montre des étoiles invisibles pour les yeux, t'offre des roses, des astéroïdes et des allumeurs de réverbères qui veillent sur tes nuits. Maintenant tu sais que le monde est rempli de roses dans les pages de tes livres." Joli, non ?

C'est en fait pour résumer plus simplement un livre illustré et poétique sur les "premières fois" : la naissance, l'enfance, l'adolescence, les émois, la crise et les portes qui claquent, les fâcheries, les larmes, les remords, la réconciliation. Puis "tu auras grandi sans percer le mystère de grandir, aimé sans trop comprendre, et pas davantage détesté. Tu seras adulte, comme on dit" ! Ah ! le grand Mystère de la vie ! Hélène Dorion a notamment réussi à employer des mots faciles et qui "parlent" aux enfants pour aborder ce thème pas aisé, ainsi le pari est réussi et parvient à toucher l'enfant et sa maman !

PS : N'hésitez pas à offrir ce livre à une future ou jeune maman !

Les 400 Coups

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