12/06/07

La Saga de la Bibliothèque Rose - Armelle Leroy

Pour saluer mon retour, voici un livre rose (comme les murs de ce blog) et qu'il faut posséder les yeux fermés ! Oui, vous - grands lecteurs depuis des lustres - vous ne pouvez pas passer à côté !

saga_de_bibliotheque_roseAu début, était un petit génie, éditeur parisien, du nom de Louis Hachette qui sent très vite la nécessité d'occuper les voyageurs qui prennent le train, mais qui sont tous un peu débordés, dépassés, anxieux, etc. Aussi, Louis Hachette décide de lancer sa fameuse bibliothèque des chemins de fer et produit un modèle original pour l'époque avec des livres de petits formats, qu'un voyageur pourra glisser dans sa poche, et à petits prix pour que cela n'alourdisse pas le bugdet déplacement des familles ciblées ! ...

Le projet est lancé, nous sommes dans les années 1850. Il faudra ensuite à Hachette de trouver ses auteurs et des histoires qui pourront enthousiasmer petits et grands, filles et garçons, sans oublier l'Eglise dont la voix pèse lourdement sur la censure ! La rencontre avec la Comtesse de Ségur est providentielle, ses romans pour les petites filles réconfortent les statistiques dans une société où l'éducation des enfants est à deux vitesses - les garçons étant déjà largement sollicités, contrairement aux filles !

La bibliothèque verte suivra peu de temps après, plus destinée aux adolescents, et qui propose des textes d'une qualité indiscutable : Jules Verne, Jack London, Daniel Defoe, Charles Dickens, etc. Il est d'ailleurs intéressant de souligner qu'à cette époque la littérature enfantine n'était pas du tout considérée comme un élément mineur dans le milieu éditorial, que des grands noms d'auteurs classiques y étaient affiliés, et qu'il est bon de se le rappeler de nos jours, où on rencontre de tout, du bon comme du n'importe quoi, et où on tend à mépriser le domaine jeunesse comme un sous-fifre de la littérature en général. Mais passons.

La saga de la Bibliothèque Rose est L'indispensable pour tous les lecteurs ayant passé des heures le nez plongé dans les séries d'Enid Blyton, du Club des Cinq au Clan des Sept, en passant par les Oui-Oui, les séries des Mystères et celles sur les pensionnats typiquement anglais (les jumelles de Saint-Clair, Malory School, etc). Dès les années 1950, ce sont les auteurs français qui s'en mêlent en proposant des séries du style Michel ou Cécile par Georges Bayard, Les Six Compagnons ou Fantômette !

Que de bons souvenirs dans ce merveilleux livre rose, très bien documenté, enrichi d'extraits, de propos de personnalités issues des milieux les plus divers (écrivain, journaliste, comédien, chanteur...). Ce livre est un incontournable, il rappelle vos bonnes nourritures et redonne le goût d'autrefois, ce qu'on nomme Nostalgie avec les photos couleur sépia, mais Armelle Leroy brosse la poussière du temps qui passe. Passionnée, elle offre ainsi un livre historique et affectif, un pur concentré de tendresse, de joliesse et rappelle la valeur phare de l'enfance : l'amitié.

Hachette - 318 pages - La Bibliothèque Rose a fêté ses 150 ans en 2006 !

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Les filles ~ Geneviève Brisac

"Nouk a décidé de planifier la guerre. Elles minutent, avec Cora, quelques escarmouches légères. Si aucune jeune fille ne peut rester, si toutes elles fuient, ou meurent, il n'y en aura plus. Donc être atroces. A tout instant, invivables." L'esprit retors de Geneviève Brisac se met en branle : pour son premier roman l'auteur impose déjà ses personnages fétiches, à jamais présents dans le reste de ses romans. Pour "Les filles", Nouk, Cora et le Bébé sont de jeunes enfants redoutables. Elles ne veulent plus de nourrice, c'est décidé. Lorsque Pauline débarque un matin, ses heures sont comptées. Avant elle, il y avait eu Maryse qui était cruelle, cinglante et violente. Elle est partie, on dit d'elle qu'elle est morte juste après... mais Pauline n'en saura pas plus. Déjà l'ambiance est assez glaçante, les filles sont trop intelligentes, elles pensent beaucoup, s'expriment peu ou ont des mots terribles. Ce sont des coeurs de béton armé, surtout Nouk. La jeune fille a décidé de créer une symbiose avec Cora comme un couple de jumelles. Et puis tout va se fissurer : une mort atroce dans un square, une séparation, un deuil et la maladie ... bref le roman ne se contente pas de lapider la nurse, l'histoire est morbide dans l'ensemble. Geneviève Brisac signe son premier livre d'une plume très sèche, par mots hâchés, le rythme général est saccadé, parfois l'on croit à des phrases coupées net. Point à la ligne. C'est aussi ironique, cruel, parfois drôle et moqueur. Franchement ce livre détonne : c'est une entrée en matière assez perturbante dans l'oeuvre de Geneviève Brisac; je le recommande essentiellement pour ceux qui apprécient l'auteur. C'est aussi un judicieux complément à "Petite", son deuxième livre, où l'on découvre le martyr de Nouk devenue anorexique.

juin 2004

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Petites soupes froides ~ Helena Villovitch

Le truc de Hélèna Villovitch, c'est ça : "J'ai peur qu'elle se moque de moi. Qu'elle parle de moi dans un de ces trucs qu'elle écrit, où il paraît qu'elle se contente de raconter les histoires de ses amis, sans leur demander leur avis et en donnant les vrais noms." Ainsi s'expriment les craintes du narrateur d'une des nouvelles de ce dernier recueil de H. Villovitch, "Petites soupes froides". Ce narrateur de "L'autodidacte amoureux" a parfaitement raison : Hélèna Villovitch adore raconter ses amis, ses amours, ses aventures désopilantes et parfois navrantes. En un ingénieux tour de main, elle va étaler tout ce qui l'entoure : l'emménagement d'une jeune actrice de cinéma très connue dans le même immeuble, ses tenues uniformes et monochromes, la liaison amoureuse d'une amie avec un jeune chauffeur de taxi allemand, qui débarque à Paris et harcèle au téléphone, sonne à la porte et s'endort sur le paillasson, ses essais de cinéma expérimental, la recherche d'emploi de son amoureux, tout ce qu'elle sait à propos de tout et essentiellement de rien, et son sagace avis sur Loft Story seconde saison... Bref, un melting-pot d'histoires, treize au total, savamment dosées à la sauce piquante, d'une écriture toujours mutine... Ce qui me fait penser que Hélèna Villovitch est un joyeux cabri qui sautille allègrement. L'auteur est un personnage déjà faramineux : excentrique, fantaisiste et qui pense que "Stéphanie de Monaco et moi avons des destins parrallèles" (et d'en illustrer sa superbe démonstration par A+B ).
"Petites soupes froides" reprend le même procédé que "Je pense à toi tous les jours". Un cocktail dynamique, qui sonne un peu moins spontané que la première fois, mais ça n'en demeure pas moins plaisant.

juin 2004

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Dissection du mariage ~ Elisabeth Butterfly

Cette "Dissection du mariage" d'Elisabeth Butterfly met en avant une jeune femme à la plume bien affûtée. Son personnage de roman est un être dont l'intelligence le rend à la fois fascinant et abject. Aimer Balzac à ce stade ! Et vous, que vous inspire cette citation : "Un homme ne peut se marier sans avoir étudié l'anatomie et disséqué une femme au moins." ? Extraite de la "Physiologie du mariage", cette phrase est prise au pied de la lettre par le narrateur qui s'arme pour toute science d'un scalpel bien aiguisé ! Elisabeth Butterfly signe un roman sympathique, bien fourni d'allusions balzaciennes et autres éruditions qui rendent son histoire très cohérente et pertinente. Un régal.

juin 2004

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11/06/07

Lolito, Go Home ! ~ Elisabeth Butterfly

C'est avec ce tout premier roman qu'Elisabeth Butterfly méritait d'être remarquée et saluée. Déjà sa plume dessinait de jolies pirouettes au travers d'une ravissante et jeune narratrice qui débarque à l'université de Cambridge en escarpins Prada. "Lolita, go home !" est le parcours presque initiatique d'une jeune française sur les traces du célèbre Nabokov. Une rumeur court à son sujet, un secret, une légende que des étudiants ont tenté de percer... en vain. "Lolita, go home !" ressemble presque à un roman universitaire, tant les références sont fructueuses, riches et croustillantes ; le plaisir est indéniable. Elisabeth Butterfly, forte de sa propre expérience de diplômée de Cambridge, trace d'une main très habile les couloirs de la célèbre université où traîne son héroïne contemporaine et butineuse. On la suit avec bonheur. Car le mystère est grand, le danger aussi... (qui sait ?).

juin 2004

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Le poids de la neige ~ Ariane Gardel

Comment parler de l'indicible mystère de ce roman, "Le poids de la neige" d'Ariane Gardel ? Une écriture feutrée, un voile de douceur et de nostalgie qui s'immisce entre les mots de l'auteur, et cette touchante héroïne, Anne, bouleversante dans toute sa pudeur et sa franche confession...
Anne entre à l'hôpital pour quelques examens obscurs, elle est enceinte. Dehors, le temps est à la tempête de neige. C'est angoissée qu'elle pénètre dans l'enceinte de l'hôpital, marquée par son enfance, sa mère et ses séjours à rallonge jusqu'à son décès et l'éternel regret de n'avoir pas su, à ce moment-là... N'avoir pas su dire son amour, sa compréhension et sa compassion.
Parallèlement, Anne se souvient de son petit copain Max, un petit voyou, puis sa passion dévorante pour Arthur... et son amitié avec Félicien.
Et puis les anecdotes de son séjour à l'hôpital : le ballet des infirmières, Alice qui lui rappelle sa mère, le jeune homme chargé du ménage, monsieur Javel, le médecin chef et son interne, la vieille dame du troisième qui aime trop les livres et perd la tête...
L'histoire d'Anne est ponctuée avec les éclairs de souvenirs du présent, du passé et par le discours muet à cette maman disparue tôt et subitement. Une petite phrase, au hasard du roman, résume l'acmé du roman : "Le bonheur n'est là que par instants fulgurants."
Oui, Anne a grandi et ses fantômes l'accompagnent. C'est ainsi, haussement d'épaules.

Portrait très sensible d'une jeune femme délicate, un regard subtil et nuancé de son apprentissage sentimental, "Le poids de la neige" est un petit roman poétique et poignant. Une invitation tendre et douce pour quelques heures de lecture percutante. D'un paragraphe à l'autre, on saute dans un moment de la vie d'Anne. C'est dit en peu de mots, c'est direct et efficace.

juin 2004

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10/06/07

Sept jours ~ Valentine Goby

"Sept jours" est un roman assez pesant. L'histoire parle d'un moment grave: la mort d'un parent et la réunion des enfants pour le partage des biens. Une heure pénible, difficile et douloureuse, parfois source de conflits et de heurts. Dans le roman de Valentine Goby, tous ces sentiments sont couvés, étouffés vainement. Chacun des frères et soeurs est enfermé dans son chagrin et son incapacité à communiquer. Le deuil révèle (et réveille) des souffrances enfouies et les remet au goût du jour. Triste choix de mise au point ... En sept jours, Louise, Laure, Matthieu et Xavier vont tenter de jouer cartes sur table. Tentative maladroite et qui va meurtrir les plus sensibles...
Bref, "Sept jours" est un roman méticuleux et juste, "dont la force ne se montre pas : un récit tout en nuances, qui est moins là pour dénoncer les turpitudes de l'âme humaine que pour en montrer les méandres, les incertitudes et le retournement toujours possible de situations." . D'une grande sagesse, d'une jolie poésie et d'un émotion concentrée.

juin 2004

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07/06/07

Paris l'instant - Philippe & Martine Delerm

paris_l_instant"Paris se regarde. Sur tous les présentoirs de cartes postales, Paris se cherche dans sa propre image, amusé, étonné de si peu se reconnaître. (...) Paris fait la moue, un peu flatté quand même d'être partout décliné, reproduit, prolongé en abyme, de voir surgir une vie arrêtée qui ne lui semble pas la sienne."
Oubliez tous vos guides sur la Ville Lumière, plongez votre nez dans l'ouvrage réalisé en commun par le couple Delerm (Philippe pour le texte, Martine pour les photographies) et savourez le plaisir de découvrir Paris tel que jamais vous ne pensiez le deviner !
C'est une longue promenade qui commence, dès dix heures trente au Jardin des Plantes pour s'épuiser dans la mi-journée rue des Cascades... Qu'on soit en avril, en juin ou un soir d'été, on parcourt Paris avec ce même regard étonné, cette curiosité sans cesse renouvellée.
Ce qui est bien avec Philippe Delerm ce sont ces petits instants flashés sur le vif, ces petits riens qui font toute la différence, ces moments indicibles. On pense que c'est si facile d'écrire comme il le fait, et pourtant nul autre que lui ne possède ce doigté à décrypter une lumière blonde sur la terrasse d'un café, le mystère d'une chambre sous les toits, le silence du rossignol, le goût du coquelicot fariné ou d'une soupe à l'oignon.
"Paris l'instant" ne contient aucun poncif, c'est bien au contraire tout l'art de retrouver une ville magique ! "Des pages, des images qu'on ne cherche pas mais qui vous hèlent doucement quand on fouille au hasard, le dos courbé sous le soleil. Des rencontres un peu magiques, mais faciles aussi, et pas complètement singulières : si on ne trouve pas, quelqu'un d'autre passera (...)" .

154 pages - Fayard octobre 2002 - Le livre de Poche mars 2004.

Un grand Merci à Caro[line] qui m'a adressé ce livre - elle en parle chez elle ici !

  • Le couple Delerm avait également collaboré sur Fragiles en 2001

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A Garonne - Philippe Delerm

A_GaronneA Garonne est le souvenir d'un homme pour une maison, celle de ses grand-parents, à Malause dans le Tarn-et-Garonne. C'est La maison où ses parents et lui descendaient chaque été pour y couler leurs jours heureux, échappant à une année confinée dans un logement de fonction en Ile-de-France (ses parents étaient instituteurs).
La maison de Malause est la parenthèse idyllique, bucolique et nostalgique d'un homme devenu écrivain et qui aujourd'hui se penche sur sa feuille pour y déposer toutes ses émotions. Du goût des échappées à vélo, du plaisir d'aller à la pêche, des souvenirs du bal et des filles aux robes blanches, de la grand-mère ou du grand-père qui occupaient une chambre séparée, de la quête des racines, des copains du village... Ce sont tous des moments à jamais gravés dans les mémoires.
En écrivant ce livre, Philippe Delerm prend le pari de livrer une part intime plus audacieuse qu'auparavant. Lui qui voue son écriture à la restitution d'instants fugitifs, à l'intensité des sensations d'enfance atteint avec ce récit une grandeur qui est très émouvante. Dans les dernières pages de son livre, il explique ce que devient cette maison après la mort de ses grand-parents, qu'elle représente toujours un point d'ancrage pour toute la famille et qu'elle porte désormais le nom de La Mascagne, "la maison de ses racines".
Par certains aspects, ce livre me fait penser à La Gloire de Mon Père de Pagnol, et si j'éprouve une grande affection pour ce condensé de souvenirs de l'enfance, c'est aussi parce qu'il pointe le doigt sur l'importance d'une Maison dans l'Histoire d'une famille, et parce que tout n'est pas idyllique. "Pas évident de vivre ensemble quand on ne vit plus ensemble. Et puis, au coeur de la famille, chaque famille a son évolution, son destin. Le quotidien n'est pas si simple à moduler, quand les systèmes de vie s'éloignent et que l'affectif apparaît toujours en filigrane, dans les moments passés ensemble. Mais tout cela, nous le savions à l'avance. Les idées les plus fortes, celles qui nous font vivre, sont les plus difficiles à incarner. Les plus belles. La Mascagne est là. Une maison à partager, par le présent, par la mémoire."
Voilà, c'est tout simple et sensible à la fois. Moi j'aime beaucoup.

135 pages - Nil, mars 2006 - Points, mai 2007.

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06/06/07

Le Désir d'amour - Dieter Wellershoff

desir_d_amourC'est un roman sur l'amour, l'amour et le mariage, la trahison dans l'amour, la pérennité des sentiments, la passion vouée à l'échec et le couple au coeur de tout cela. En fait, ils sont quatre dans cette histoire : Paul, Marlène, Léonard et Anya. Ce sont "quatre pions sur un terrain de jeux trop étroit".
Anya est une jeune étudiante qui est embauchée chez Marlène et Paul pour garder leur maison, le temps d'un voyage en Extrême-Orient. Elle fera la connaissance d'un homme brillant et instruit, Léonard, un ami du couple qui la séduit et la demande en mariage. Tous les quatre deviennent inséparables, mais entretiennent une amitié sur des faux-semblants. Car Léonard est l'ex de Marlène qui l'a trompé et quitté pour son ami Paul. Aujourd'hui Paul est troublé par Anya, jugée instable et fragile pour son entourage... Et adviendra la haute trahison, encore et toujours.
Ces quatre-là devront ôter leurs masques, cesser d'être dupes et tenter d'être sincères. Mais il est difficile de commencer à dire les choses qu'on a préféré taire pendant des années ! Alors le drame pointe, annoncé en début de roman par le suicide d'Anya.
En procédant de la sorte, l'auteur Dieter Wellershoff demande ainsi au lecteur de ne pas juger et lui accorde une prescience. Car sans en connaître le déroulement, on sait déjà la conséquence fatale. Voilà, l'histoire peut commencer sur une note triste et prédestinée. Impossible aussi de blâmer l'un ou l'autre des personnages.
La composition de cette oeuvre intimiste est rigoureuse, écrite avec un grand classicisme. Cette maîtrise parfaite paralyse un peu l'émotion, mais on se laisse surprendre à parcourir les 400 pages de ce roman pour en voir la fin, coûte que coûte.

405 pages. Editions de Fallois, 2002. Le Livre de Poche - 2004. Traduit de l'allemand.

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