14/10/06

Paris l'après midi - Philippe Vilain

paris_l_apresmidiParis, l'après-midi : le narrateur croise une jeune femme blonde et élégante. Elle s'appelle Flore Jensen, elle est mariée, il est conquis. Une liaison commence, dans laquelle l'homme y plonge coeur ouvert. Il est fou amoureux, mais la belle se désiste, fuit, devient distante, puis le quitte, sans nouvelles. Fini le temps des roucoulades, il faut apprendre la séparation, le désarroi, le manque et la frustration. "Paris l'après-midi" est un roman personnel et intime dans lequel Philippe Vilain se dévoile sans pudeur. "L'écriture ne permet pas de revivre le passé, ni de retrouver ce que nous avons perdu, tout juste permet-elle de sauver par des mots quelque chose de sa vie, de voler à l'oubli qui menace des images"... C'est une histoire ordinaire, c'est la liaison de deux amants, le sentiment de pâmoison avant les premières fissures (doute, angoisse, partage, envie de meurtre, tromperie). Le roman est merveilleusement écrit, avec de belles réflexions sur l'auteur et ses implications amoureuses, "si l'amour n'est pas une fuite perpétuelle, un départ condamné d'avance à ne trouver que cette absence essentielle, suggérée par ce vers d'Eluard, "quand tu aimes, il faut partir", et qui a fait de ma vie sentimentale un vagabondage plus ou moins heureux, une errance solitaire". Philippe Vilain fait partie de ces écrivains qui alimente leur fiction par leurs expériences personnelles - que cela plaise ou non, c'est assez fringant sous la plume de ce dernier. "Aimer c'est toujours repartir de zéro, annuler son histoire." - La suite, au prochain épisode !

Grasset

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Une promesse - Sorj Chalandon

une_promesseUne maison en Mayenne, apparemment vide, silencieuse et inhabitée, reçoit la visite de sept personnes qui viennent à tour de rôle pour ouvrir les volets, dresser la table, mettre des fleurs, remonter l'horloge, lire de la poésie à haute voix, etc. Cette maison est celle de Fauvette et Etienne. Ce sont les deux âmes sombres du lieu, maintenues présentes par la lampe et les visites. Les mois passant, la promesse faite par les sept amis commence à peser. Le mystère doit s'éclaircir et la parole donnée doit être revue, analysée, corrigée... oubliée ? Pour faire le point, chacun y va donc de sa petite histoire, qui seule suffira à maintenir en vie le souffle des disparus. Tel est donc le propos de ce deuxième roman de Sorj Chalandon, auteur du "Petit Bonzi". C'est une histoire à la fois émouvante et attendrissante, qui met en lumière les rapports d'amitié et les liens sacrés qu'ont su créer le couple de Fauvette et Etienne avec leurs proches. Les rites qu'accomplissent religieusement les uns et les autres répondent à une exigence secrète, un pacte obscur pour retarder le deuil. D'un côté, on pense à des personnages spectraux, d'un autre on lit l'hymne d'une prodigieuse amitié et d'un amour éternel. Ce roman est un mélange bouleversant entre le beau, le sacré mais aussi la maladresse. Il y a, à certains égards, quelques moments d'étrangeté qui pénalisent le lecteur à être pleinement touché, mais "Une promesse" reste un joli roman...

Grasset

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13/10/06

Crimes horticoles - Mélanie Vincelette

crimes_horticoles"Crimes horticoles" est le premier roman publié en France par cette québecoise de trente ans et qui signe là un joli moment de lecture : une jeune fille de 12 ans va vivre en un été les plus troublants sentiments d'amour, d'attirance et d'amitié, sur fond d'un motel désaffecté, avec un père qui cultive en secret des champs de pavots, une mère enceinte et un tuteur qui promet de l'emmener au Maroc en septembre, plus une meilleure amie Nila dont la mère a pris la poudre d'escampette à la naissance, un nouveau vicaire au charme ravageur, un corps de femme retrouvé morte assassinée, des danseuses exotiques et des délires à la pelle. Il y a dans ce roman un doux parfum d'aventure, d'apprentissage juvénile chez cette adolescente qui ne se trouve pas jolie. Cela se passe dans une petite ville atypique et pittoresque, croquée avec humour et tendresse. Il y a, derrière cette fausse jovialité, du drame et un grand cri d'amour désespéré. On y trouve également un précieux héritage d'une école anglo-américaine non négligeable et caractéristique par la brochette de personnages bigarrés et sa narratrice en quête d'identité. C'est bouillant, prometteur et truculent ! A saisir !

Robert Laffont

  • " On aurait pu croire qu'ici les habitants sont nés siamois, avec des pieds bots ou des becs-de-lièvre. Mais c'est le contraire. Partout sur le continent, on clame que les plus belles femmes viennent de La Conception. Elles sont notre trésor municipal. Selon la légende, ce serait l'eau de la source qu'elles boivent depuis la naissance qui leur donne cette peau immaculée, ce teint qui rosit les soirs où l'on peut voir leur souffle condensé s'échapper de leurs lèvres tant il fait froid. Elles ont des yeux qui pénètrent les âmes les plus coriaces et leur peau laisse sur la langue un léger goût de sapinage. "

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Valdingue - Natalie Carter

valdingueUn môme de 13 ans met le feu dans la maison de son grand-père et prend aussitôt la fuite, abandonnant le corps calciné de celui qui l'avait élevé depuis la mort de sa mère, noyée peu après sa naissance. Dit-il, car Antonin vient de recevoir une lettre d'Amérique qui a complètement chamboulé le garçon. Il pète les plombs et part le plus loin possible. Sur son chemin, il croise une femme qui l'appelle Alexandre, elle l'héberge dans une maison sur la plage, près de l'océan. Cette femme, Eve Beauchamps, porte un imperméable beige et n'a plus le goût à vivre non plus. Elle est également en fuite, le souvenir de son garçon semblant la rattraper plus vite qu'elle ne le pensait. Car survient le type, Jean, qui épie ce couple étrange et adresse ses rapports à une fille, qu'il décide de larguer sur un coup de tête, trop las, dit-il, d'être « un coucou velléitaire, élégamment désespéré, dont le principal talent consiste à dégotter des nids douillets où il peut bichonner avec complaisance son incapacité d'écrire » !

Drame en quatre actes, ainsi se résume « Valdingue », premier roman de Natalie Carter, scénariste pour le cinéma et la télévision. On lui doit, par conséquence, une manie pointilleuse à détailler en séquences hachées les scènes de son histoire, qui s'étoffe au fil des pages, suivant l'avancée du roman, qui dévoile page après page son intrigue et les dessous cachés du pourquoi le môme a-t-il tout brûlé, que disait sa lettre d'Amérique, que fuit Eve Beauchamps, qu'espère Jean et que sait vraiment la fille, à la fin de ce témoignage ? Le môme, le type et la fille sont les principaux pôles du roman, autour desquels va s'écrire « Valdingue ». C'est à la fois prenant, pesant et étouffant. Le môme, en ce qui concerne son chapitre, est un gamin violent et détestable, le lecteur devra surmonter son antipathie pour poursuivre sa lecture. Car « Valdingue » est un roman qui mérite le coup d'oeil, pas très long à lire, seulement 140 pages, et une histoire à la fois violente et tragique.

Robert Laffont

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Passage du gué - Jean Philippe Blondel

passage_du_gueUn jeudi d'octobre 1986, Myriam rencontrait Fred sur un air de Martha Davis. Instant de grâce : le jeune homme est sous le charme. Or, Myriam partage sa vie avec Thomas, jeune cadre dynamique. La vie passe... Fred, Myriam et Thomas deviennent un couple à trois, indissociables. Ils s'aiment à leur façon, un peu à la Jules et Jim, mais ils ont une histoire à eux, beaucoup plus nuancée pour être contenue dans une case. Impossible à juger. Simplement, ces trois-là sont des statues de cire qui ne se parlent pas ouvertement. Ils s'observent, ont des fantasmes, des attirances, des envies, des manques, des frustrations, et dans le fond ils se loupent. Mais ce n'est pas grave.

Car ce tout nouveau roman de JP Blondel est vraiment tout nouveau, complètement différent de son style habituel et de son créneau "petite madeleine de Proust" (raconter sa vie sur le souvenir d'un objet ou d'une chanson). "Passage du gué" est un roman beaucoup plus impudique, tout en demeurant sur sa réserve. Il aborde un sujet plus délicat, plus subtil. C'est une démarche osée pour l'auteur, il pénètre un territoire épineux qui concerne les relations entre homme ou femme, il aborde le désir, l'attente, la convoitise. Il se met dans la peau d'une femme et exprime le vide dans son ventre. Il met en lumière l'ambivalence des amitiés masculines. Il devient aussi le lien de transition, celui qui passe le témoin, chasse la souffrance, pousse les souvenirs vers leur sortie. Chez Blondel, on parle alors de la "mémoire des corps", c'est une notion raffinée qui concerne une relation intuitive et instinctive, maniée très intelligemment.
Ce roman a tout pour charmer, troubler, émouvoir et bouleverser. Il vise des contrées secrètes. Il place le lecteur en état de grâce. A aucun moment, on ne peut deviner ce qui va arriver (et on ne doit pas le dire). Et ces trois personnages, Fred, Myriam et Thomas, on les prend dans nos bras, on les aime, on leur souhaite qu'ils s'aiment à fond, qu'ils s'en sortent. Leur histoire n'est pas finie et tout lecteur gardera une place dans son corps en souvenir...

Robert Laffont

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Echappée de lecture

... " Ayant échangé nos adresses, nous nous dévisageons, hésitant à nous dire au revoir. "Puis-je vous poser une autre  question, une question très discrète ? " Elle hoche la tête et je demande : "S'agit-il de lettres d'amour ?"

Elle semble stupéfaite, et je crois d'abord l'avoir offensée. "Oui", dit-elle. Ses yeux brillent. "Des lettres d'amour de la vie. Voilà ce qu'elles sont. "

Après que je l'ai aidée à monter dans sa voiture, Marjorie Guernsey-Jones baisse sa vitre : "Vous auriez été mon préféré aussi."

Jours de juin - Julia Glass 

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12/10/06

Stage Beauty

Dans le Londres du XVIIème siècle, Edward « Ned » Kynaston est la « femme » la plus célèbre d'Angleterre. A cette époque, les femmes n'ont pas le droit de jouer sur scène, situation dont Ned profite, faisant usage de sa beauté et son habileté à interprété avec Brio les grands rôles de femmes. Mais le roi Charles II, las de voir toujours les mêmes comédiens dans les mêmes tragédies, décrète, que les femmes auront dorénavant le droit de monter sur scène et que les hommes ne pourront plus interpréter des rôles féminins. Cette décision royale bouleverse la vie de Ned qui perd sa position privilégiée de « femme » la plus désirable de Londres. Entre en scène, Maria, l'habilleuse de Ned, qui devient une vedette instantanée.

Stage Beauty rappelle un certain Shakespeare in love... Mais toute comparaison s'arrête vite là ! Dans le film de Richard Eyre, Claire Danes et Billy Crudup se donnent la réplique, avec en toile de fond la pièce "Othello". Ce couple de jeunes acteurs n'a rien à envier à Gwyneth Paltrow et Joseph Fiennes, loin de là ! Et puis, il y a davantage d'espièglerie et de transparence concernant le milieu du théâtre de ce 17ème siècle anglais. Les femmes étaient interdites sur scène... qu'importe, les hommes pouvaient se travestir et faire bondir les coeurs de toute assistance. Comme ce fut le cas pour l'incomparable Kynaston (décrite comme la plus belle femme d'Angleterre par Samuel Pepys). La révision de cette loi va finalement conduire au "chômage" bon nombre d'acteurs, comme Kynaston. Et celle qui dans l'ombre se pâmait du rôle de Desdemone, se verra briller sur les devants de la scène... en la personne de Maria (Mrs Hughes), auparavant humble costumière de Kynaston. Bref, au lieu de jouer au chat et à la souris entre ces deux-là, le réalisateur Richard Eyre a tourné sa caméra vers le contexte de l'époque (société frivole, qui s'ennuie) et montre sans complaisance l'ambivalence de Kynaston, paralysé d'attirance pour les deux sexes (et encore ?). Dans Stage Beauty, aucune mièvrerie, mais une fin un peu trop compassée, et un casting talentueux, dont Ruppert Everett en Charles II grandiloquent !

vu en février 2006

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11/10/06

La Madone des Sleepings - Maurice Dekobra

Madone_des_sleepingsLondres, dans les années 20. La fantasque et ravissante Lady Diana Winham fait couler beaucoup d'encre par son exubérance, sa beauté et ses frasques amoureuses. Veuve et proche de la ruine, elle entreprend de détourner les racontars mondains en dansant nue pour un spectacle de bienfaisance. Lady Diana a une idée pour renflouer ses caisses et confie à son secrétaire, le Prince Gérard Séliman, la mission de se rendre à Berlin pour corrompre quelques responsables bolchéviques et récupérer l'autorisation d'exploiter ses champs de pétrole en Géorgie. Mais cela se corse : le responsable Varichkine tombe fou amoureux de la belle Lady Diana, au grand dam de la maîtresse officielle, l'égérie rouge, Irina Mouravieff.

Duel de tigresses, conflits politiques et batifolages entre Londres, Berlin, le Caucase et l'Ecosse... "La Madone des Sleepings" est un roman qui cabriole follement. Mais qui est cette Madone ? « Elle est veuve, ravissante, ruinée et reçoit environ sept cent trente invitations à dîner chaque année. Elle danse nue dans les œuvres de bienfaisance et ne cesse de voyager. On la surnomme La Madone des Sleepings. » C'est Lady Diana, une vraie icône de mode, l'élégance personnifiée, un tempérament de feu, qui s'enhardit aux plus extravagantes démonstrations pour braver la bonne société à laquelle elle appartient, mais la ruine imminente la rend folle, prête à accepter un mariage arrangé pour sauver les faux-semblants. La jalousie rageuse de son ennemie, Irina Mouravieff, va mettre en péril la vie du dévoué Prince Séliman. Ce dernier est à Londres depuis six mois, chassé impunément de New York par une épouse en furie et bafouée (l'anecdote ne manque pas de soulever quelques sourires !), et est devenu le secrétaire gentleman de la belle sans toucher un pécule. Séliman et Lady Diana ne sont pas amants, juste très liés par une affection réciproque.

Bref, les aventures de cette Lady Diana, contées par un Prince Séliman aux abois, relèvent d'une grande imagination. L'auteur, Maurice Dekobra, est un grand reporter et un traducteur des romans de Defoe, London et Twain. Il faut d'ailleurs préciser que ce roman a été publié pour la première fois en 1925 et a reçu un accueil débordant d'enthousiasme pour ce roman romantique, intrépide, drôle et croquignolet ! C'est merveilleusement écrit, fruité et délicieux, savamment moqueur, jamais méchant et une ôde sans égal pour une galante britannique, chic et effrontée, impudique et sans morale, malgré tout adorable ! J'ai été conquise par ce roman, par cette histoire pleine de rebondissements, par les personnages fougueux, redoutables et romanesques en diable ! "La Madone des Sleepings" ne doit plus tomber dans les oubliettes et a eu cette aubaine de revenir sur le devant de la scène. Emparez-vous très vite de cette Lady Diana conquérante, du Prince Séliman en chevalier servant, et des troubadours, louves et autres Messaline qu'on croise au fil des pages ! Juste pour conclure : "La Madone des Sleepings n'a pour auréole que le cercle vicieux de ses caprices et pour chapelle que les chambres de luxe des grands palaces..." Divin !

Zulma

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Mercredi, jour des enfants

HortenseUn malheur vient d'arriver à la petite Julie : elle ne retrouve plus Pilou, son doudou préféré.  Aucune trace du Pilou dans toute la maison, même ses camarades sont stupéfaits de cette disparition ! Son frère Tom lui suggère alors d'appeler la fameuse Hortense, la petite fée détective ! .. Aussitôt dit, aussitôt fait.  Hortense arrive chez les enfants et mène son enquête. Mission d'interrogations, recoupement des preuves et Hortense passe à l'action : elle arpente la maison de long en large, aidée de sa loupe elle traque les indices et retrouve Gomez son fidèle assistant au laboratoire. Mission impossible pour notre petite fée ?... A découvrir dans cet album rose framboise ! Hortense la fée est une poupée mignone à croquer - sa "maman" Claire Gaudriot a un joli coup de pinceau qui rend admiratrices les lectrices comme Clara ! ... Voici ce qu'elle affectionne dans ce livre :

IMGP2404

(le labyrinthe d'Hortense ! )... :-)

Hachette Jeunesse

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10/10/06

Echappées de lectures

(...)  Ah ! comme elle savait prendre ma sympathie à la glu de sa séduction !... Chère Diana.... Je n'éprouvais pour elle nul désir malséant, mais je l'aimais vraiment comme une soeur, une soeur au cerveau déséquilibré, à peine responsable de ses actes, incapable de discerner le bien du mal. Je l'aimais avec l'indulgence qu'il faut avoir pour une créature de luxe, pour une femme différente des autres, échappée au gabarit de la norme.

Pourquoi devrions-nous classer toutes les femmes d'après quelques modèles courants exposés au bazar de la Destinée ? La Femme Fatale, la Femme Froide, la Femme Honnête, la Femme Légère ? Quel naturaliste orgueilleux oserait affirmer les caractères spécifiques d'une femme froide qui, demain, sera légère sans transition, ou d'une femme fatale qui, un jour, brûlera ses armes sur le seuil de l'honnêteté ?

J'ai beau fouiller avec mon scalpel les fibres fugaces de son âme désaxée, je ne parviens pas à situer Diana dans l'un des plans de l'éthique moderne. Elle est le produit d'un duc libertin marié avec une Ecossaise sentimentale et romantique, nourrie de Walter Scott, élevée sur les rives élégiaques des lochs aux eaux tranquilles. Sa grand-mère maternelle fut une remarquable femme d'affaires, qui menait ses highlanders à la baguette, dans son domaine de Laurencekirk, et son grand-père paternel fut une gentilhomme-poète apprécié à Edimbourg, qui exprimait, en des ballades archaïques, la nostalgie de son coeur. Diana a hérité tout cela... La logique, quand elle le veut, ne lui est pas étrangère, à moins que ses sens ne l'asservissent quand la lune du mois synchronise la tension électrique des nuages et le pouvoir grisant d'un parfum. Affranchie des contingences morales, elle vit sa vie, égoïste jusque dans ses gestes généreux, cruelle et bonne, voluptueuse à froid, puérile, rouée, selon les heures, selon le diapason de ses désirs, selon les impulsions non prévisibles d'une fantaisie toujours en éveil.  (...)

La Madone des Sleepings, Maurice Dekobra  -  Zulma.

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