08/06/16

Pénélope sur le pot, par Anne Gutman & Georg Hallensleben

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Une chouette compétition s'ouvre entre Pénélope, qui ne porte plus de couche et va sur le pot, et les loupiots qui, eux, trouvent ça nettement plus confortable et pratique, avec pour preuve de nombreux exemples tirés de situations de la vie de tous les jours.

Cette petite histoire de Pénélope est juste charmante et s'inscrit dans le registre de l'apprentissage de la propreté avec une touche d'humour. Un album efficace, simple et drôle.

Gallimard Jeunesse / Juin 2016

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1.2.3... partez ! : Les exploits sportifs des animaux, de Pascale Hédelin & Amélie Falière

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Encore un documentaire astucieux, pour apprendre des tas de choses sur les animaux, en catalogant leurs particularités selon des épreuves sportives (la course de vitesse, la natation, le saut en hauteur, la gymnastique, l'haltérophilie, la plongée, la boxe, l'escrime, la glisse...).

On découvre ainsi que le puma saute jusqu'à 5 mètres de haut, que l'autruche africaine peut piquer un sprint à 70 km/h, que l'escargot, grâce à sa bave super-collante, peut escalader des pentes raides sans jamais glisser, que le scarabée rhinocéros peut soulever jusqu'à 100 fois son poids !

Une présentation, certes, originale qui n'en reste pas moins instructive et pertinente. Pour lire en s'amusant. Et puis, les JO commencent cet été, l'occasion de sortir cet album de la bibliothèque pour partager la lecture avec son enfant.

De la Martinière J. / Juin 2016

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L'Oiseau, de Paule Battault & Marie Caillou

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En vacances chez son père, la petite Aki trouve dans le jardin une hirondelle blessée. Elle décide alors de la soigner, de lui préparer un nid douillet, de la nourrir et de la cajoler... Parfois, Aki tâtonne, hésite, s'inquiète pour la petite hirondelle et demande de l'aide à son papa.

Ensemble, ils vont éplucher l'encyclopédie des oiseaux pour glaner de précieuses informations sur les oiseaux migrateurs, comme l'hirondelle. Et ainsi, l'oiseau va reprendre des forces et se préparer à partir.

L'heure de la séparation sera néanmoins une déchirure pour la fillette, attachée à l'hirondelle, même si elle conservera la fierté d'avoir accompagné sa convalescence et guidé l'oiseau vers son destin. Voler, libre, dans le ciel... 

Une très belle histoire, douce et instructive, parée des illustrations magnifiques dans une ambiance très japonisante. Beaucoup d'élégance, de tendresse dans cet album qui nous met en avant le sens de responsabilité chez l'enfant. 

Seuil Jeunesse / Juin 2016

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Les Bisous c'est sur la joue, de Jérôme Lambert & Soledad Bravi

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Beurk, un bisou sur la bouche ! C'est dégoûtant, au secours, on ne veut pas voir ça, faut que ça cesse, ça suffit maintenant, c'est juste affreux, pire que du caca boudin. Bref, c'est n'importe quoi. 

Mais non, voyons, c'est pas dégoûtant, c'est un truc de grands. Les baisers, c'est pour les grands. Les bisous, pour les petits. La jolie ritournelle ! Tous les bébés animaux l'entonnent haut et fort, à s'en crever les tympans. Euh... pitié le ténor qui se lâche en faisant son show. ^-^

Et là aussi, pour ne pas vexer l'artiste en herbe, on lui colle un bisou sur la joue. 

Trop, trop mignon ! Un album qui file du baume au cœur et un sourire aux lèvres. Belle complicité entre le texte de Jérôme Lambert et les illustrations de Soledad Bravi. De la tendresse et de l'humour cocasse en cocktail savoureux. Les enfants vont adorer cette histoire adorable et simple à la fois, qui rappelle l'importance du bisou / du baiser. La nuance est légère, mais précieuse. Une lecture à partager, à découvrir. ♥

L'Ecole des Loisirs, coll. Loulou & Cie, mai 2016

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Le Journal d'Aurore : Jamais Contente - Toujours Fâchée, de Marie Despleschin & Agnès Maupré

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Après le succès des Quatre Sœurs de Malika Ferdjoukh, c'est au tour des romans de Marie Desplechin d'être adaptés en bande dessinée ! Autant vous dire que le résultat est aussi génial et très réussi. Les sarcasmes de la jeune héroïne qui livre son quotidien dans un journal décapant trouvent donc une pleine mesure à leur talent, dans cet univers imaginé par Agnès Maupré, carrément actuel et branché, qui allie efficacement esthétisme, humour et tendresse. Oh yeah. Rappel de l'histoire : Aurore a quatorze ans et est élève en troisième au collège. Elle ne fiche pas grand-chose, récolte des mauvaises notes, s'en tamponne le coquillard, se sent incomprise par sa famille, et trouve parfois que sa meilleure amie Lola, sa voisine de palier, est une cruche patentée et qu'elle porte la frange comme un poney. Aurore pense être amoureuse de Marceau, puis détecte chez lui une attitude de mollusque, tombe de nouveau amoureuse en vacances, mais les factures téléphoniques auront raison de sa folle passion. Aurore n'a même pas droit à son chagrin d'amour et doit plier face à la tyrannie parentale. La vie est injuste. Pour affronter de telles hostilités, Aurore affiche une moue boudeuse et un air perpétuellement renfrogné. Elle aime aussi se moquer des autres, casser l'ambiance par ses sarcasmes, ternir toute idée du bonheur et claquer la porte du foyer familial pour s'installer chez ses grands-parents, dans une magnifique chambre rose saumon, avant d'envisager une fugue le soir de Noël. N'importe quoi. Mais on se délecte de ce portrait authentique d'une ado tout à fait ordinaire - fainéante, râleuse et insatisfaite. Certes, Aurore est pénible et tête à claques, elle tente d'exister ou d'attirer l'attention à grands coups de provocations gratuites... en pure perte. Mais derrière ses attitudes farouches, c'est aussi une jeune fille paumée, sensible, extrêmement attachante, qui ne manque jamais d'humour ni de dérision. Une lecture savoureuse à confier à tous les jeunes ados et à leurs parents pour sourire et dédramatiser ce cap soit-disant délicat à franchir.  ^-^

Rue de Sèvres, juin 2016

 

Aurore au jardin...

 

 

SOURCE : Agnès Maupré

 

Autre actualité : Sortie du film réalisé par Emilie Deleuze le 12/10/2016 [Bande-Annonce]

Mention Spéciale du Jury Generation, Berlinale 2016

 

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Aliénor Mandragore, Tome 2 : Trompe-la-mort, de Séverine Gauthier & Thomas Labourot

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Après les événements tragiques et mouvementés du tome 1 (cf. Merlin est mort, vive Merlin), Aliénor file un mauvais coton et s'inquiète pour la santé de son père qui s'obstine à snober l'Ankou et à s'enfermer chez lui pour veiller sur sa propre dépouille où une espèce rarissime de champignon vient d'éclore. Cette situation, en plus de la miner, inquiète sincèrement notre jeune héroïne, qui se confie à l'Ermite puis à son ami Lancelot. C'est d'ailleurs en sa compagnie qu'elle est témoin d'une prophétie lancée par Viviane, la Dame du Lac, et toujours avec lui qu'elle va partir dans une folle aventure, à dos de cochon. Une épopée cocasse et exubérante, qui finira par basculer dans une dimension plus sombre et poignante, sur les Monts d'Arrée ou dans un cimetière de dragons, pour une quête sans trêve et mystérieuse, cernée de dangers, avec en ligne de mire le collecteur d'âmes, l'Ankou, que seule la jeune fille a la capacité de voir et d'entendre. Des défis inimaginables attendent donc nos deux sympathiques héros, portés par le souffle romanesque de leur aventure, et qui se surprendront après coup d'avoir accompli des miracles annonciateurs d'autres prouesses légendaires ! Mais ceci est une autre histoire. 

Cette deuxième partie des aventures d'Aliénor Mandragore est autrement plus obscure et terrifiante, mais tout en se révélant enlevée et trépidante. La série ne cesse de se bonifier et trouve ici une âme plus solennelle et une touche plus mélancolique. Le cocktail est très, très bon. On s'embarque dans une lecture passionnante, finement illustrée, magnifiquement coloriée, capturée dans un univers riche et foisonnant, que les jeunes lecteurs auront également le goût de découvrir. C'est captivant, intelligent et drôle. Le trio gagnant ! 

Rue de Sèvres, juin 2016

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Pêle-mêle Eoin Colfer : Anna Lisa, docteur Bonheur & Will et ses frères

Anna Lisa, docteur Bonheur

Anna Lisa, docteur Bonheur par Eoin Colfer, illus. par Matt Robertson

Anna Lisa aime traîner dans la salle d'attente de sa mère psychiatre pour consoler les enfants aux mines abattues. Elle fait ainsi la rencontre du petit Edouard, qui est triste, parce que son papa est triste.

Anna Lisa, notre docteur Bonheur, à la rescousse ! La fillette est convaincue qu'un traitement de choc pourra remuer ce papa neurasthénique et débarque chez lui avec des patins à roulettes et une sonnette de vélo. Lui qui pensait que sa vie ne menait à rien, il va vite changer de refrain.

Quelle aventure pleine de drôlerie, certes complètement improbable et exagérée, mais elle raconte à sa façon la recette du bonheur pour soulager les petits drames familiaux, qui touchent de façon irrémédiable les enfants.

Avec sa fraîcheur et sa bonne humeur, Anna Lisa fait montre d'un optimisme à toute épreuve. Sa mère a du souci à se faire ! Car les remèdes prodigués par l'enfant sont radicaux et ne nécessitent aucune prise médicamenteuse ni de rendez-vous à répétition ! ^-^

Un petit roman rigolo, à lire comme tel, avec des illustrations aussi adorables et fringantes.

Gallimard Jeunesse, coll. Folio cadet, mai 2016 - Traduction de Vanessa Rubio-Barreau.

 

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La vengeance du pirate   Panique à la bibliothèque

Will et ses frères, La vengeance du pirate / Panique à la bibliothèque (ill. Tony Ross)

Cette série, très rigolote, raconte les aventures farfelues d'une famille de cinq garçons, Will, Marty, Donnie, Bert et HP. En vacances, au camping, l'aîné s'amuse à titiller son cadet en lui racontant la légende du capitaine Crock, un pirate qui a reçu un coup de hache sur la tête par un moussaillon âgé de neuf ans. Après quoi, son fantôme rêve de se venger en kidnappant tous les enfants du même âge ! Forcément, Will a neuf ans...

Une autre fois, Will et Marty sont envoyés par leurs parents à la bibliothèque, pour éviter que les vacances à la maison dégénèrent en chahut incessant. Seulement, les garçons doivent s'armer de courage pour affronter la terrifiante bibliothécaire, Patator, sur laquelle on raconte des histoires qui vous tiennent à carreau ! Gloups, gloups, gloups.

Dans la bonne humeur générale, cette série s'installe pour conquérir les lecteurs dès 8 ans en leur narrant les chroniques savoureuses d'une famille nombreuse, principalement composée de garçons turbulents. Cette lecture me fait penser à la série de Jean-Philippe Arrou-Vignod, avec Les Jean Quelque-chose, la nostalgie en moins, au profit d'intrigues qui mêlent habilement le suspense et l'humour. 

Un univers très convaincant, pimpant, léger, distrayant. À découvrir. 

Gallimard jeunesse, coll. Folio Cadet Premiers romans, rééd. mai 2016

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07/06/16

Le Journal de Mr Darcy, d'Amanda Grange

JOURNAL DE MR DARCY

« Mes pensées vagabondèrent. Allais-je trouver Elizabeth changée, depuis l'automne ? Serait-elle surprise de me voir ? Non. Elle était informée de ma présence. Serait-elle heureuse ou contrariée ? Heureuse, bien sûr. Renouer connaissance avec un homme de ma position doit être désirable à ses yeux. »

Pour les besoins du Mois Anglais, j'ai choisi de relire ce roman, non par conviction, mais parce que c'était le seul disponible en livre audio, le format qui m'accommodait le mieux. Mais dès les premières notes lues par Richard Andrieux, j'ai bien failli regretter mon choix. Ce que j'entendais était affreusement guindé, solennel et plat, car le narrateur opte pour une articulation qui frise le ridicule, prétendant sans doute coller au personnage de Darcy, mais c'est beaucoup trop affecté et peu agréable à l'écoute. J'ai fini par m'y habituer, sans être follement conquise. Et c'est bien pour me fondre dans le décor de cette délicieuse Angleterre georgienne que je n'en ai fait qu'une bouchée.

L'histoire se veut la libre interprétation du roman de Jane Austen (Orgueil & Préjugés) en octroyant au personnage de Darcy des pensées intimes et coupables qu'il déverse dans son journal. Lui, dont on raffolait le mystère, le charme ténébreux, la stature imposante et vénérable, nous apparaît cette fois hautain et arrogant, encombré de préoccupations de second ordre, dont des atermoiements sentimentaux qui le relèguent à sa position de simple humain... Oh non. Darcy est un fantasme. Darcy est une énigme. Darcy ne peut descendre de son piédestal. Darcy a évidemment une haute opinion de sa personne et se compromet en ressentant cette inclination pour Elizabeth Bennet, de condition sociale inférieure, en plus d'être affiliée à une famille stupide et vulgaire. Ses sentiments lui coûtent et il se sent honteux de les avoir, sa première déclaration est donc un déchirement du cœur. ^-^ L'histoire, ainsi, n'est guère surprenante. Tout a déjà été écrit et on ne peut en attendre davantage. Au lieu de ça, on rembobine la pellicule et on repasse le même disque avec la lettre d'excuse, la visite de Pemberley, la fuite de Lydia, la mission de sauvetage et les émotions florissantes... Ouhlala. C'est nettement moins excitant de découvrir un Darcy qui tombe le masque. Cela le rend soudainement moins attirant, trop accessible. Quelle désillusion.  

Il faut donc se munir d'une bonne dose de cynisme, avec un goût prononcé pour le second degré, pour se lancer dans cette lecture, qui n'a pas su gagner mes faveurs. J'ai en effet l'impression d'une supercherie, avec des personnages méconnaissables, limite méprisables, et une intrigue peu fouillée, trop réchauffée, sans compter certaines incongruités comme les balbutiements ou les rougeurs à répétion... Que diable !? On se croirait dans le film de Joe Wright ! Il est sans nul doute appréciable de succomber au plaisir coupable d'une douce illusion, c'est le propre de chaque austenerie, en adoptant la philosophie du lâcher prise pour éviter de s'offusquer à chaque détournement sordide.  ;-)

Texte lu par Richard Andrieux pour Hardigan, janvier 2016 (durée : 8h 02) 

©2012 Milady. Traduit de l'anglais par Claire Allouch (P)2016 e-Dantès

Le Journal de Mr Darcy | Livre audio

>> Le livre audio est disponible en exclusivité sur Audible, uniquement en téléchargement.

Audible Journal de Mr Darcy Audible Mr Darcy

 

# Mois Anglais 2016 : Autour de Jane Austen

Mois Anglais 2

 

« La seule chose qui me hante alors que j'écris est le regard que je surpris de la part de Miss Elizabeth Bennet lorsque je fis remarquer qu'elle n'était pas assez belle pour me donner envie de danser. Si je ne savais pas que c'est impossible, je dirais qu'il était ironique. »

 

06/06/16

Les Rêves sont faits pour ça, de Cynthia Swanson

Les rêves sont faits pour ça

Un matin, Kitty se réveille dans une chambre inconnue, auprès d’un homme inconnu et dans une vie inconnue (mariage, enfants, maison d'architecte). Serait-ce un gag ? Car Kitty se souvient être une célibataire de trente-huit ans, qui tient une librairie avec sa meilleure amie Frieda et vit dans un duplex coquet avec pour seul compagnon son chat Aslan, où elle mène une existence ordinaire, en attendant le retour de ses parents en vacances à Honolulu. Sitôt qu'elle ferme les yeux, qu'elle tombe de sommeil, elle se retrouve dans cette autre vie, auprès d'un homme séduisant qu'elle aurait sauvé d'une attaque cardiaque, huit ans plus tôt, après leur rencontre par petite annonce dans le journal. Son autre vie lui apprend qu'il serait mort et qu'elle n'en aurait rien su - qu'est-ce que cela veut dire ? Kitty / Katharyn jongle ainsi entre deux visions de sa vie, ne sachant plus déterminer les frontières du rêve et de la réalité, réalisant peu à peu qu'aucune des deux perspectives n'est exempte de défauts, de contraintes et de désillusions, que le bonheur est ici, là et ailleurs. Cette valse tourbillonnante entraîne aussi le lecteur dans un maelström de sensations et d'émotions. Tout est confus, insaisissable et troublant. Kitty perd pied entre ses rêves et sa réalité, Kitty veut s'accrocher à ses espoirs en piochant entre les deux pour s'arranger une vie de rêve, car “les rêves sont faits pour ça”. Mais ce n'est tout... du moins, c'est une histoire surprenante sur toute la ligne. Et la lecture est aussi étonnante, captivante, fascinante... et terriblement poignante.

Au fil des pages, on accompagne l'héroïne dans un cheminement long et difficile vers la vérité. Entre l'excitation du début et les révélations déstabilisantes en cours de route, l'histoire se distingue par la subtile mascarade qu'elle met en place et son extrême habileté à manipuler son monde. Le trouble est volontairement semé, il faut ensuite accepter de respecter les règles de ce jeu de dupes, tout en nuances et en zones d'ombre. J'ai été également séduite par le cadre de l'histoire, qui se déroule dans les années 60, avec Jackie Kennedy en véritable icône de la mode, un contexte économique en pleine évolution, impactant aussi le style de vie des américains avec les grands centres commerciaux en plein essor, les chaînes de librairie en expansion (au détriment des commerces de quartier) et les lotissements qui fleurissent en marge des centres-villes. Cette photographie d'une époque donne à la lecture un charme vintage. Un bonus appréciable et une belle rencontre littéraire... pour qui aime les énigmes et les ambiances brumeuses. 

Traduit par Marilyne Beury (The Bookseller) pour les éditions Mosaïc, mai 2016

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05/06/16

Retour à Whitechapel, de Michel Moatti

Retour à Whitechapel FB

À la mort de son père, en septembre 1941, Amelia Pritlowe apprend dans sa lettre testamentaire sa filiation avec Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack l'Éventreur. Amelia n'avait que deux ans au moment des faits, confiée aux bons soins paternels, jamais personne n'a osé lui avouer toute la vérité sur l'identité de sa mère, prétendant que celle-ci était décédée d'une maladie pulmonaire. Cinquante ans plus tard, alors que la ville de Londres subit les bombardements sauvages des allemands, Amelia, qui est infirmière au London Hospital, convoque les membres de la Filefox Society, tous ripperologues actifs, pour se plonger dans les archives et revoir chaque pièce du dossier. La tâche est ardue, mais également minutieuse et exaltante, car Amelia va littéralement remonter dans le temps pour revivre les heures sombres de la plus grande énigme criminelle et raviver les cendres froides des dépouilles du serial killer, entre août et novembre 1888. Le lecteur aussi va participer à cette étude longue et pointilleuse de l'affaire, en s'immergeant jusqu'au cou dans les quartiers pauvres pour constater la misère sociale, avec un souci du détail parfois pesant et indigeste. L'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End du XIXe siècle y est dépeinte sans artifice. C'est glauque, miteux et effroyable, cela procure une sensation inconfortable et étourdissante. La reconstitution est d'ailleurs semblable à celle du film From Hell, dans sa volonté de souligner l'antagonisme social et d'apporter une autre lumière à cette intrigue. Michel Moatti propose en effet sa propre solution quant à l'identité de Jack l'Éventreur en une démonstration, aussi hypothétique soit-elle, pertinente et crédible. En gros, ses conjectures tiennent la route. Après, il faut s'attendre à une lecture au style factuel et un peu lourd, même si le livre se lit avec intérêt et s'apprécie pour son authenticité et son thème obsessionnel - Jack l'Éventreur reste un mythe absolu et alimente les spéculations les plus folles aux plus sordides. L'ouvrage découle d'un travail de longue haleine (Michel Moatti était employé aux archives victoriennes de Londres et membre de la Whitechapel Society). C'est peu de dire qu'il connaît son sujet sur le bout des doigts ! Lecture appréciable et intéressante.

10-18, coll. Grands Détectives, décembre 2015

 

# Mois Anglais 2016 : Meurtre à l'anglaise

Mois Anglais 2  British mysteries