16/10/06

Marilyn : Portrait d'une apparition ~ Marie Magdeleine Lessana

Marie-Magdeleine Lessana est psychanaliste et aime Marilyn Monroe. Avec ce livre, elle a décidé que ce ne sera "ni une biographie, ni une analyse de cas, ni une enquête, mais la fusion du portrait de l'artiste et de son oeuvre : une légende". Passés les premiers chapitres qui concernent les jeunes années de Marilyn (d'un intérêt mitigé), les suivants nous plongent dans les années Fox, DiMaggio, Miller, Kennedy jusqu'à cette nuit fatale d'août 62. Ce qui m'a semblé très intéresssant dans cet énième ouvrage sur Marilyn Monroe, c'est la non-volonté de vouloir chercher qui, comment, pourquoi, plus les suppositions (et si...) à n'en plus finir. Non, les faits sont là. Marilyn était fragile, mal entourée, mal influencée et entraînée dans des milieux glauques (comme la drogue, la mafia, la politique) un peu malgré elle ! Certes, MM. Lessana suggère quelques interprétations de son cru, en bonne psychanaliste qu'elle est, pourtant elle n'épargne pas ses confrères américains qui ont vivement et trop farouchement pullulé autour de l'actrice. Par contre, je n'ai pas aimé le dernier chapitre sur l'Actor's studio, les psychanalistes et les photographes où j'ai eu le sentiment de tourner en rond et de revenir sur du déjà-vu. Car l'essentiel était dit ! Pour moi, le plus grisant était de lire tous les chapitres autour du parcours cinématographique de Marilyn, avec l'évocation du trop méconnu "Don't bother to knock" ("troublez-moi ce soir"), les secrets des coulisses, les anecdotes (un peu morbides concernant "the misfits") et d'autres détails plus intimes sur sa vie. J'ai aimé la façon dont l'auteur avait su appréhender cet ensemble, avec de l'amour, de l'admiration et une volonté de rendre grâce à cette femme éclatante mais malchanceuse. Aucun regard clinique, ni journalistique, vraiment un travail de romancier (entouré de véracité). Et j'ai aimé la couverture, une photographie de Bert Stern prise durant cet été 62, d'une Marilyn souriante, confiante en un avenir différent... Par contre, le récit ne s'agrémente d'aucun cliché, du début à la fin ! Dommage.

lu en février 2006

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15/10/06

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

mec_de_la_tombeDésirée est une jeune veuve de 35 ans, sans enfant, qui se rend tous les dimanches sur la tombe de son époux, victime d'un accident de vélo. Assise sur son banc, Désirée ressasse sa vie conjugale, modeste et raisonnable, et lutte entre la lassitude et l'agacement d'avoir perdu si tôt et si bêtement son binôme. Dans ce cimetière, Désirée rencontre un type qui dégage une drôle d'odeur et qui a seulement trois doigts à la main gauche. C'est « le mec de la tombe d'à côté », il vient aussi s'asseoir sur le banc où s'installe Désirée. Tous deux se scrutent du coin de l'oeil, s'irritent réciproquement et puis bang! L'attraction s'enclenche sur un malentendu : celui d'un sourire. Pour l'un comme pour l'autre, ce sourire n'avait pas la même intention et c'est ce qui sera particulièrement drôle à découvrir. Car d'un chapitre à l'autre on bascule du point de vue de Désirée à celui de Benny, cet agriculteur de 36 ans, célibataire et qui vient se recueillir sur la tombe de sa mère.

 

Désirée et Benny vont tomber dans les bras l'un de l'autre, avec une considérable poigne, une envie folle et déraisonnée, un besoin de sexe, tout court. Leur entente sur ce terrain est indiscutable : ces deux-là s'embriquent, se comprennent, savent toucher là où il faut. Par contre, dans la vie ordinaire, Désirée et Benny vivent sur des petites étoiles à des années lumière l'une de l'autre et doivent s'appliquer à construire un pont pour se rejoindre. Cependant, ils n'y parviennent pas; au lieu de jeter des passerelles au-dessus des ravins, ils s'y précipitent mutuellement ! Leur histoire est fichue d'avance : Désirée est bibliothécaire, elle est citadine, indépendante et cultivée; Benny travaille la terre, s'occupe de ses vaches, vit dans la maison de ses parents, vieillotte, sale et en pleine campagne, et il lit un livre par an. Tous les deux sentent bien, au fond d'eux et sans l'admettre à voix haute, que leur amourette ne vaut pas tripette, qu'il n'y a pas d'avenir en commun. Or ces deux-là s'aiment, entortillés l'un dans l'autre, ils se chamaillent aussi et se réconcilient. Combien de temps cela va-il durer ?

 

Romantique, fou, actuel, coquin, humoristique, cocasse et virtuose... voici pour le roman.
Mine de rien l'auteur aborde la difficulté des couples à accorder leurs violons, grâce à des personnages mémorables et adorables. C'est une histoire d'amour, une vraie. Avec les bons moments et les versants glissants. Rien de sérieux, malgré tout ! Et pas trop de miel, ni de clichés écoeurants. Non, c'est franchement drôle. Simple. Un vrai coup de coeur.
Les lecteurs suédois l'ont bien compris, en faisant de ce roman un véritable best-seller ! De qualité, s'il vous plaît.

253 pages

  • Editeur : Gaïa (9 juin 2006) -- 20€

14/10/06

Jours de Juin - Julia Glass

                                                                                                     Pour oublier l'Ecosse ejoursdejuint le récent décès de son épouse Maureen, Paul McLeod part en voyage organisé en Grèce. Il y rencontre une jeune artiste peintre, Fern qui est américaine. Cela lui fait penser à son fils Fenno, libraire à New York. Ce dernier est venu rendre visite à la famille pour les fêtes de fin d'année en compagnie d'un garçon, Malachy Burns. Paul a supposé qu'il s'agissait de son petit ami et que son fils était homosexuel. Un peu sonné, il ressasse également ses années de mariage et la passion dévorante de Maureen pour son métier : éleveuse de collies.

Six ans plus tard, c'est Fenno qui prend la parole en regagnant le territoire familial de Tealing pour les obsèques de son père. Ce dernier avait trouvé refuge sur l'île de Naxos, en Grèce. Fenno est étonné des autres détails qu'il découvre sur son père, se rendant compte qu'ils s'étaient perdus de vue et n'avaient pas su se comprendre en temps et en heure. Fenno est persuadé que son père n'a jamais deviné qu'il était homosexuel. C'est un point qu'il n'a jamais abordé avec les siens, tout juste Maureen avait eu son instinct de mère indiscutable. Bref, Fenno se rappelle à son tour son départ d'Ecosse et son installation en Amérique, ses rencontres et ses débuts de libraire. La rencontre avec Malachy Burns est également un point important dans sa vie, même si jamais le garçon n'a été son amant. Une amitié précieuse les unissait, et plus encore. En Ecosse, Fenno est confontré à un choix difficile émanant de sa belle-soeur, Liliane.

La troisième partie plonge le lecteur quatre ans plus tard à New York avec Fern. La vie de la jeune femme a aussi connu des hauts et des bas depuis son escapade en Europe : un mariage, un veuvage, une rencontre et une grossesse en cours. Tous les personnages du roman semblent se croiser, confontrés à cette jonction entre la responsabilité de leur passé ou de leur enfance pour un avenir plus sûr. Paul McLeod a été le premier à remettre en question les fondations de son couple, revivant les points forts et les zones d'ombre : Maureen s'est-elle trop impliquée dans son travail ? A-t-elle été infidèle à son mari ? Les enfants ont grandi avec leurs blessures secrètes : pour assumer leur identité sexuelle, surmonter une rancune muette, rendre responsable d'une maladie cette mère trop absente et secrète. Ils ont tous un long parcours à faire pour atteindre un but assez flou : « regarder la vie qui les attend, apprendre à vivre tout simplement ». C'est un pari difficile à accomplir. Dans la vie, il y a les imprévus : la mort, l'amour, la naissance et l'espoir malgré tout.

C'est un peu ce message subliminal que tente de nous inculquer Julia Glass avec son roman ambitieux, dense et passionnant : 655 pages d'une histoire familiale, avec ses rencontres, ses départs et ses choix à définir pour construire sa vie, petit à petit. L'histoire est captivante et construite avec intelligence sous la forme d'un triptyque où se succèdent trois étés dans la vie des McLeod. « Jours de Juin » est une saga familiale avec ses rebondissements mais surtout avec une analyse pointue des états d'âme des personnages. Ils ont en commun d'avoir perdu leurs repères, de se sentir seuls mais de chercher à tromper la solitude. Ils voyagent ou font des enfants, ils viennent en aide aux plus défavorisés, ils paient leurs dettes... cela prend du temps, mais au final ils pourront se dire : « voilà, nous sommes arrivés - malgré les retards, les difficultés et les inquiétudes du trajet - enfin, ou pour le moment, nous sommes là où nous avons toujours voulu être ». C'est un roman subtil et épais dans lequel on plonge sans lever le nez. L'auteur est américaine, bizarre car le cachet du livre prêtait à penser qu'il était so british !

Editions des 2 Terres

  • 655 pages à résumer... difficile d'être concise et passionnée !.. j'ai aimé, comprenez-le ! C'est tout ! :-)

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Quatrième de couverture

Une petite chanson pour les lecteurs, les romans, les auteurs et les bouquinistes... Une petite chanson pour nous tous ! ...

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Paris l'après midi - Philippe Vilain

paris_l_apresmidiParis, l'après-midi : le narrateur croise une jeune femme blonde et élégante. Elle s'appelle Flore Jensen, elle est mariée, il est conquis. Une liaison commence, dans laquelle l'homme y plonge coeur ouvert. Il est fou amoureux, mais la belle se désiste, fuit, devient distante, puis le quitte, sans nouvelles. Fini le temps des roucoulades, il faut apprendre la séparation, le désarroi, le manque et la frustration. "Paris l'après-midi" est un roman personnel et intime dans lequel Philippe Vilain se dévoile sans pudeur. "L'écriture ne permet pas de revivre le passé, ni de retrouver ce que nous avons perdu, tout juste permet-elle de sauver par des mots quelque chose de sa vie, de voler à l'oubli qui menace des images"... C'est une histoire ordinaire, c'est la liaison de deux amants, le sentiment de pâmoison avant les premières fissures (doute, angoisse, partage, envie de meurtre, tromperie). Le roman est merveilleusement écrit, avec de belles réflexions sur l'auteur et ses implications amoureuses, "si l'amour n'est pas une fuite perpétuelle, un départ condamné d'avance à ne trouver que cette absence essentielle, suggérée par ce vers d'Eluard, "quand tu aimes, il faut partir", et qui a fait de ma vie sentimentale un vagabondage plus ou moins heureux, une errance solitaire". Philippe Vilain fait partie de ces écrivains qui alimente leur fiction par leurs expériences personnelles - que cela plaise ou non, c'est assez fringant sous la plume de ce dernier. "Aimer c'est toujours repartir de zéro, annuler son histoire." - La suite, au prochain épisode !

Grasset

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Une promesse - Sorj Chalandon

une_promesseUne maison en Mayenne, apparemment vide, silencieuse et inhabitée, reçoit la visite de sept personnes qui viennent à tour de rôle pour ouvrir les volets, dresser la table, mettre des fleurs, remonter l'horloge, lire de la poésie à haute voix, etc. Cette maison est celle de Fauvette et Etienne. Ce sont les deux âmes sombres du lieu, maintenues présentes par la lampe et les visites. Les mois passant, la promesse faite par les sept amis commence à peser. Le mystère doit s'éclaircir et la parole donnée doit être revue, analysée, corrigée... oubliée ? Pour faire le point, chacun y va donc de sa petite histoire, qui seule suffira à maintenir en vie le souffle des disparus. Tel est donc le propos de ce deuxième roman de Sorj Chalandon, auteur du "Petit Bonzi". C'est une histoire à la fois émouvante et attendrissante, qui met en lumière les rapports d'amitié et les liens sacrés qu'ont su créer le couple de Fauvette et Etienne avec leurs proches. Les rites qu'accomplissent religieusement les uns et les autres répondent à une exigence secrète, un pacte obscur pour retarder le deuil. D'un côté, on pense à des personnages spectraux, d'un autre on lit l'hymne d'une prodigieuse amitié et d'un amour éternel. Ce roman est un mélange bouleversant entre le beau, le sacré mais aussi la maladresse. Il y a, à certains égards, quelques moments d'étrangeté qui pénalisent le lecteur à être pleinement touché, mais "Une promesse" reste un joli roman...

Grasset

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13/10/06

Crimes horticoles - Mélanie Vincelette

crimes_horticoles"Crimes horticoles" est le premier roman publié en France par cette québecoise de trente ans et qui signe là un joli moment de lecture : une jeune fille de 12 ans va vivre en un été les plus troublants sentiments d'amour, d'attirance et d'amitié, sur fond d'un motel désaffecté, avec un père qui cultive en secret des champs de pavots, une mère enceinte et un tuteur qui promet de l'emmener au Maroc en septembre, plus une meilleure amie Nila dont la mère a pris la poudre d'escampette à la naissance, un nouveau vicaire au charme ravageur, un corps de femme retrouvé morte assassinée, des danseuses exotiques et des délires à la pelle. Il y a dans ce roman un doux parfum d'aventure, d'apprentissage juvénile chez cette adolescente qui ne se trouve pas jolie. Cela se passe dans une petite ville atypique et pittoresque, croquée avec humour et tendresse. Il y a, derrière cette fausse jovialité, du drame et un grand cri d'amour désespéré. On y trouve également un précieux héritage d'une école anglo-américaine non négligeable et caractéristique par la brochette de personnages bigarrés et sa narratrice en quête d'identité. C'est bouillant, prometteur et truculent ! A saisir !

Robert Laffont

  • " On aurait pu croire qu'ici les habitants sont nés siamois, avec des pieds bots ou des becs-de-lièvre. Mais c'est le contraire. Partout sur le continent, on clame que les plus belles femmes viennent de La Conception. Elles sont notre trésor municipal. Selon la légende, ce serait l'eau de la source qu'elles boivent depuis la naissance qui leur donne cette peau immaculée, ce teint qui rosit les soirs où l'on peut voir leur souffle condensé s'échapper de leurs lèvres tant il fait froid. Elles ont des yeux qui pénètrent les âmes les plus coriaces et leur peau laisse sur la langue un léger goût de sapinage. "

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Valdingue - Natalie Carter

valdingueUn môme de 13 ans met le feu dans la maison de son grand-père et prend aussitôt la fuite, abandonnant le corps calciné de celui qui l'avait élevé depuis la mort de sa mère, noyée peu après sa naissance. Dit-il, car Antonin vient de recevoir une lettre d'Amérique qui a complètement chamboulé le garçon. Il pète les plombs et part le plus loin possible. Sur son chemin, il croise une femme qui l'appelle Alexandre, elle l'héberge dans une maison sur la plage, près de l'océan. Cette femme, Eve Beauchamps, porte un imperméable beige et n'a plus le goût à vivre non plus. Elle est également en fuite, le souvenir de son garçon semblant la rattraper plus vite qu'elle ne le pensait. Car survient le type, Jean, qui épie ce couple étrange et adresse ses rapports à une fille, qu'il décide de larguer sur un coup de tête, trop las, dit-il, d'être « un coucou velléitaire, élégamment désespéré, dont le principal talent consiste à dégotter des nids douillets où il peut bichonner avec complaisance son incapacité d'écrire » !

Drame en quatre actes, ainsi se résume « Valdingue », premier roman de Natalie Carter, scénariste pour le cinéma et la télévision. On lui doit, par conséquence, une manie pointilleuse à détailler en séquences hachées les scènes de son histoire, qui s'étoffe au fil des pages, suivant l'avancée du roman, qui dévoile page après page son intrigue et les dessous cachés du pourquoi le môme a-t-il tout brûlé, que disait sa lettre d'Amérique, que fuit Eve Beauchamps, qu'espère Jean et que sait vraiment la fille, à la fin de ce témoignage ? Le môme, le type et la fille sont les principaux pôles du roman, autour desquels va s'écrire « Valdingue ». C'est à la fois prenant, pesant et étouffant. Le môme, en ce qui concerne son chapitre, est un gamin violent et détestable, le lecteur devra surmonter son antipathie pour poursuivre sa lecture. Car « Valdingue » est un roman qui mérite le coup d'oeil, pas très long à lire, seulement 140 pages, et une histoire à la fois violente et tragique.

Robert Laffont

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Passage du gué - Jean Philippe Blondel

passage_du_gueUn jeudi d'octobre 1986, Myriam rencontrait Fred sur un air de Martha Davis. Instant de grâce : le jeune homme est sous le charme. Or, Myriam partage sa vie avec Thomas, jeune cadre dynamique. La vie passe... Fred, Myriam et Thomas deviennent un couple à trois, indissociables. Ils s'aiment à leur façon, un peu à la Jules et Jim, mais ils ont une histoire à eux, beaucoup plus nuancée pour être contenue dans une case. Impossible à juger. Simplement, ces trois-là sont des statues de cire qui ne se parlent pas ouvertement. Ils s'observent, ont des fantasmes, des attirances, des envies, des manques, des frustrations, et dans le fond ils se loupent. Mais ce n'est pas grave.

Car ce tout nouveau roman de JP Blondel est vraiment tout nouveau, complètement différent de son style habituel et de son créneau "petite madeleine de Proust" (raconter sa vie sur le souvenir d'un objet ou d'une chanson). "Passage du gué" est un roman beaucoup plus impudique, tout en demeurant sur sa réserve. Il aborde un sujet plus délicat, plus subtil. C'est une démarche osée pour l'auteur, il pénètre un territoire épineux qui concerne les relations entre homme ou femme, il aborde le désir, l'attente, la convoitise. Il se met dans la peau d'une femme et exprime le vide dans son ventre. Il met en lumière l'ambivalence des amitiés masculines. Il devient aussi le lien de transition, celui qui passe le témoin, chasse la souffrance, pousse les souvenirs vers leur sortie. Chez Blondel, on parle alors de la "mémoire des corps", c'est une notion raffinée qui concerne une relation intuitive et instinctive, maniée très intelligemment.
Ce roman a tout pour charmer, troubler, émouvoir et bouleverser. Il vise des contrées secrètes. Il place le lecteur en état de grâce. A aucun moment, on ne peut deviner ce qui va arriver (et on ne doit pas le dire). Et ces trois personnages, Fred, Myriam et Thomas, on les prend dans nos bras, on les aime, on leur souhaite qu'ils s'aiment à fond, qu'ils s'en sortent. Leur histoire n'est pas finie et tout lecteur gardera une place dans son corps en souvenir...

Robert Laffont

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Echappée de lecture

... " Ayant échangé nos adresses, nous nous dévisageons, hésitant à nous dire au revoir. "Puis-je vous poser une autre  question, une question très discrète ? " Elle hoche la tête et je demande : "S'agit-il de lettres d'amour ?"

Elle semble stupéfaite, et je crois d'abord l'avoir offensée. "Oui", dit-elle. Ses yeux brillent. "Des lettres d'amour de la vie. Voilà ce qu'elles sont. "

Après que je l'ai aidée à monter dans sa voiture, Marjorie Guernsey-Jones baisse sa vitre : "Vous auriez été mon préféré aussi."

Jours de juin - Julia Glass 

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