04/02/17

Pêle-Mêle : Debout, le loup ! - Dragon chéri - Pas peur ?

debout le loup

C'est le matin. Le loup se réveille sous nos yeux. Il s'étire, se pourlèche les babines. Il va prendre son petit déjeuner. Désire-t-il manger une mouche, une souris, un canari, un petit lapin, un écureuil... ? Le loup reste évasif et décline toutes les propositions. Oh non. Le loup se met sur son trente-et-un. C'est sûr, il part à la chasse au môme. Il va croquer un enfant. C'est trop triste. Non, Loup, ne t'aventure pas dans la forêt, reste à l'écart de cette maison, ne toque pas à la porte... Trop tard.

Un album plein de mystères et de questions, qui s'amuse des clichés du loup et qui le met en scène pour briser les tabous. Que de swing dans cet album ! Du jamais vu. Mais vraiment drôle à lire.

Debout, le loup ! d'Isabelle Bonameau

L'Ecole des Loisirs, Loulou & Cie, 2016

 

Dragon chéri

Dans la famille de Léonie, Tata Zaza est une vraie légende. Elle aurait voyagé jusqu'au pays des dragons et réussi à en dompter un. Quelle chance. Léonie a toujours rêvé de partir à l'aventure. Le jour où Tata Zaza lui transmet sa carte du pays des dragons et son épée, la fillette voit ses désirs devenir réalité. Elle prépare aussitôt son baluchon et s'en va le nez au vent. En chemin, elle rencontre un bébé dragon qui ne la lâche plus d'une semelle. Léonie lui propose alors de partager son expédition. Ensemble, au coin du feu, ils dévorent des gâteaux au chocolat et des cuisses de poulet, ils partagent couette et coussin pour piquer un petit roupillon. Hélas, en pleine nuit, ça ne rigole plus. Des dragons féroces se tiennent face à la fillette. Ils grondent, ils grognent, ils marmonnent. Oh non, ils ne sont pas contents. Léonie doit se montrer à la hauteur de sa Tata Zaza et déployer à son tour ses talents d'exploratrice-dompteuse de dragons. L'heure est grave. 

Comme l'histoire est palpitante, riche en rebondissements, amusante et fantastique ! On s'enthousiasme à la lecture de cet album fabuleusement illustré et très coloré. La jeune Léonie est une héroïne rondement mignonne et son Dragon Chéri tellement joli lui aussi. Un gros Big-up pour cette histoire d'amitié naissante mais aussi de rêves auxquels il ne faut jamais renoncer. Une lecture qui dégage de bonnes ondes, ça fait du bien !  

Dragon Chéri, d'Isabelle Bonameau

L'École des Loisirs, 2017

 

paspeur

Le loup d'Alex Sanders est de retour ! Mais quel brigand, celui-là. Il devient de plus en plus culotté ! Désormais, il n'hésite plus à s'inviter dans la maison. Hop, il s'installe dans le fauteuil et il mordille le coussin. Et il fait le malin. Blablabla. Il est fort, il est grand, il est costaud, il a des muscles, il mange beaucoup d'enfants. Il adore ça et il n'a pas honte. Même toi, lecteur, il va te croquer ! Tu ne lui fais pas peur. Tu peux appeler ton papa, le loup s'en moque. Quel mal élevé , vraiment ! Heureusement, on peut toujours lui claquer la porte au nez ! ☺

Une série incontournable, où le loup et le lecteur se livrent de nouveau à des échanges savoureux et désopilants. Comment avoir peur du loup après ça ? Un album cartonné qui implique l'enfant dans son histoire. Sensation absolument grisante. Et gros succès assuré.  

Pas peur ? d'Alex Sanders

L'École des Loisirs, Loulou & Cie, 2017

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Zoé Zizanie, dans Un chat dans la gorge, de Yann Walcker & Tristan Mory

zoe zizanie

Zoé Zizanie est une petite fille vive et intrépide, qui va découvrir que la vie est truffée d'expressions farfelues ! Qu'entend-on lorsqu'on dit avoir un chat dans la gorge, un appétit d’oiseau, des fourmis dans les jambes, la chair de poule ou être un vrai ours ? Dans la tête de l'enfant, forcément, il ne s'agit pas de simples images. Zoé prend toutes ces expressions au pied de la lettre (oui, elle a bien un chat au fond de la gorge et elle comprend qu'il faut maintenant lui donner du lait et le tenir au chaud en enroulant son cou avec une grosse écharpe en laine). C'est le début de cinq histoires rigolotes qui jouent sur les mots et  l'imagination débordante. La lecture est délicieuse, du fait de son héroïne turbulente et facétieuse. Zoé se prend ainsi pour un oiseau, parce qu'elle mange très peu, elle s'inquiète aussi de l'arrivée prochaine de son oncle, qu'on traite d'ours, même si elle trouve ça classe aussi... Avoir des fourmis dans les jambes, à l'école, alors qu'il faut se tenir à carreau, forcément ça ne plaît pas à la maîtresse (qui chausse du quarante-douze et qui fait la grimace quand la fillette sautille dans tous les coins). Et en réalisant qu'elle a la chair de poule en sortant du bain, Zoé se souvient de sa comptine et grimpe aussitôt le long de la baignoire en picorant du savon. Miss Catastrophe est dans la place !

Un chouette album pour expliquer ces expressions cocasses qu'on emploie dans la vie de tous les jours mais qu'il ne faut pas toujours prendre au sérieux ! Cette lecture est aussi une ôde à l'imagination, à la fantaisie, aux bêtises et à la naïveté enfantine. Très rigolo.

Milan, 2016

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03/02/17

Pêle-Mêle : Boom Boom Boom - Un cœur qui bat - Le chat le plus mignon du monde

boom boom boom

Une petite fille décide d'accrocher au mur un tableau et se met à taper franchement avec son marteau, sans se douter des secousses provoquées chez son voisin. Celui-ci est justement en train de bouquiner en buvant son thé en toute tranquillité. Or, chaque coup résonne chez lui à grand fracas et le fait bondir de son fauteuil. La surprise fait place à la panique. Les coups redoublent de violence, quand soudainement c'est le Boom de trop. La fillette vient de passer à travers le mur, direct chez son voisin. C'est finalement plus simple pour lier connaissance sans passer par la case Départ. ☺

On sourit à la lecture de cette histoire drôle et savoureuse, qui se raconte par de simples onomatopées. C'est simple, efficace et ingénieux. On suit les personnages de chaque côté du mur, dont les expressions sont absolument désopilantes à découvrir. Tout texte serait superflu, car les détails sont exquis. Un petit album cartonné à croquer pour son plus grand plaisir.  

Boom Boom Boom, de Johan Troïanowski 

Éditions Thierry Magnier, 2017

 

un coeur qui bat

Cet album est une petite perle de douceur et de poésie. Préalablement paru en 2004, ce titre est remis au goût du jour pour son thème incontournable : attendre un enfant. Mais la lecture nous offre une perspective plus grande, puisqu'il est question d'univers, de la Terre qui tourne, d'un pays, d'un jardin, d'un immeuble et d'un appartement, puis d'un salon, avec un fauteuil où une maman assise cajole son ventre rond, dans lequel se niche bébé. Bref. C'est ce qu'on appelle un livre "zoom" et c'est vraiment très beau. Les illustrations de Joëlle Jolivet sont raffinées, cf. l'intérieur de l'appartement, absolument divin. Le texte est parcimonieux, mais invite juste ce qu'il faut à se pencher sur l'ouvrage en posant les bonnes questions.

N'hésitez pas à offrir cet album autour de vous ! Petits et grands lecteurs succomberont à son charme.

Un cœur qui bat, de Virginie Aladjidi & Joëlle Jolivet

Éditions Thierry Magnier, 2017 pour la présente édition

 

le chat le plus mignon

Grand moment de bidonnade droit devant ! Voici l'histoire d'une petite fille qui se rend en animalerie pour adopter un chat. Le choix est vaste, mais la fillette craque pour un petit chat vraiment trop mignon. Toute la famille est ravie et rentre à la maison. Seulement, le chat trop mignon est aussi très timide. Il est adorable, mais de dos. Les parents et l'enfant commencent à se poser des questions et cherchent à piéger le chat pour qu'il tourne enfin la tête vers eux. La bestiole déjoue toutes les ruses, alors tant pis. Il faudrait aussi lui trouver un nom... Et là, le chat trop mignon va enfin réagir et enchanter le public !

La fin ne m'a pas surprise, mais elle est 100% hilarante ! J'adore l'humour de Vincent Pianina. Son univers est enchanteur, ses illustrations rondes et charmantes. L'histoire est également attendrissante et loufoque. C'est pour moi un album COUP DE C♥UR.

Le chat le plus mignon du monde, de Vincent Pianina

Éditions Thierry Magnier, 2017

 

Un rond, deux points : Le petit manuel qui t'apprend à dessiner, de Christophe Bataillon

un rond deux points

C'est une semaine spéciale, à l'école, puisqu'elle est entièrement consacrée aux matières artistiques. Pour la journée du dessin, le professeur est formel : tout le monde sait dessiner. Pour preuve, un simple rond et deux points donnent l'illusion d'un visage. Puis le professeur s'applique à démontrer qu'en changeant les points par des arcs-en-ciel, par exemple, on exprime la joie. Et de démontrer que tous les sentiments ont une expression type, une virgule sur le front, des larmes qui coulent, des Zzzz sur le front, et expriment soit la colère, la tristesse, la fatigue etc. Simple, mais ingénieux.

Celui qui se passionne pour les smileys trouvera d'ailleurs cette leçon hautement instructive ! ☺

La journée se décline donc en huit ateliers, au cours desquels le professeur élargit son étude. Il évoque ainsi les héros, reconnaissables à travers des symboles stéréotypés, il en va de même pour représenter un être fort ou un personnage féminin, comment on imagine  un type intelligent ou bêta. Nos dessins se basent sur des idées reçues, finalement. Mais n'oublions pas qu'un héros n'a pas de modèle par excellence, seul son créateur détient la formule magique et peut faire d'un champignon, d'une fleur ou d'une carotte le héros de nouvelles aventures !

Voilà un ouvrage pertinent, drôle et perspicace, qui propose aux enfants de comprendre le langage dessiné, tout en glissant les bonnes astuces et certaines règles basiques (la perspective, la ligne d'horizon, le loin et le près). C'est à la fois ludique et truffé de conseils précieux pour qui souhaite se lancer dans l'écriture d'une histoire ou d'une bande dessinée. Les enfants ne manqueront pas de relever le défi du mini-livre ! 

 Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées, 2017

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02/02/17

Soul Breakers, de Christophe Lambert

soul breakers

Touchée par la crise économique, la famille Gentliz a rassemblé ses maigres biens pour rejoindre la Californie et démarrer une nouvelle vie. Alors qu'ils campent en plein désert de l'Arizona, Teddy et sa petite sœur Amy sont fascinés par l'arrivée du cirque, sachant pourtant qu'ils n'auront pas le droit d'assister au spectacle car ils sont fauchés. Ils se débrouillent pourtant pour décrocher des billets gratuits et en prennent plein les yeux devant les numéros de la diseuse de bonne aventure ou celui des marionnettes.
Et puis, tout dérape. Le maestro de la troupe, un certain Sirius Huntington, autrement dit l'homme en noir, va jeter un sort sur la fillette de six ans. Après quoi, Amy n'est plus que l'ombre d'elle-même, plongée dans un état catatonique, muette et amorphe. Teddy assure à son père que c'est la faute des forains, qu'ils ont volé l'âme de sa sœur et qu'il doit désormais les pourchasser s'ils veulent sauver l'enfant.
Avec son petit baluchon sous le bras, l'adolescent de quinze ans s'aventure courageusement sur les routes américaines et fait une première halte à Grover's Mills pour travailler dans les mines à cuivre. Là, il rencontre un aspirant écrivain sans le sou, Duca Moreno, qu'il ne va plus quitter de tout le voyage ! Ensemble, ils vont affronter bien des épreuves et des ennemis, tous envoyés par le mystérieux homme en noir.
Ils croiseront aussi un groupe de femmes esseulées, le Club des cœurs solitaires, parmi lesquelles la douce Mary Jane, une jolie muette qui s'exprime en griffonnant son carnet, et qui tape dans l'œil du garçon. Souvent confrontés à l'hostilité des habitants, comme à Coppertown, une petite ville repliée autour de son église et du révérend, ils progressent au gré du hasard, non sans une certaine défiance, déjouant les pièges in extremis, mais pas l'hôpital psychiatrique, dans lequel Teddy est enfermé de force pour y subir un traitement de choc. 

J'ai pris énormément de plaisir à dévorer cette histoire hors du commun. Elle nous transporte dans des décors cinématographiques, en plein cœur de l'Amérique de la Grande Dépression, dans des milieux hostiles et rudimentaires. On parcourt la misère sociale et économique, tout en soutenant une traque infernale, qui ne manque pas de surprendre. En effet, l'homme en noir et sa complice exercent au centre une magie noire et une emprise maléfique en toute impunité, tissant ainsi leur toile pour servir leurs sombres desseins. Cette intrusion du fantastique a été pour moi inattendue, mais agréable, car cela a totalement bouleversé ma perception de cette lecture. J'ai été pleinement emballée, par la somme d'action et d'émotion au compteur, par les personnages et leurs péripéties toutes plus insensées et passionnantes. C'est une lecture à la fois magique, palpitante et géniale, qui nous raconte une histoire sur la famille, l'amitié et l'amour et qui nous emporte loin dans son sillage. La couverture est également très belle. Bref, un roman épatant. ☺

Bayard Jeunesse - Janvier 2017

Illustration de couverture : Raphaël Gauthey

 

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01/02/17

Scarlett Epstein rate sa vie, par Anna Breslaw

Sarlett epstein

Enfin un roman qui ne prend pas les filles pour des nouilles et qui s'affranchit des clichés tout en racontant une histoire ordinaire, mais sur un ton plein d'humour ! J'ai adoré.
Scarlett Epstein est une fan inconditionnelle de la série Lycanthrope College, mais voit son monde s'effondrer en apprenant que celle-ci s'arrête sans crier gare. Pour tromper son ennui, elle se met à inventer une fanfiction librement inspirée de sa vie personnelle. En effet, la jeune fille extrapole le petit monde cruel du lycée dans un univers d'androïdes qui connaît un gros succès en ligne. Scarlett y trouve un certain confort de pouvoir se libérer de toutes les frustrations de la journée. Car Scarlett snobe résolument ses petites camarades, en particulier la clique des populaires, qu'elle juge navrants de bêtise. Elle est aussi extrêmement déçue de l'attitude de Gideon, son ami d'enfance, avec lequel elle ne parlait plus depuis des années, et qu'elle découvre en train de papillonner avec ces moutons, ou dans les bras de sa rivale, la sublime Ashley, qui ne manque jamais l'occasion de critiquer Scarlett, trop pauvre, trop geek, trop asociale. Scarlett se sent au-dessus du lot, certes sa mère fait du ménage, boit trop et s'imagine souvent avoir trouvé le grand amour, mais Scarlett ne cultive pas non plus l'image sordide du foyer misérable. Sa voisine, Ruth, une vieille intellectuelle qui passe son temps à fumer des pétards, lui parle de lectures, de féminisme et de ses folles expériences, pendant que l'adolescente s'occupe de son jardin. Elle évoque aussi la vie sans mesure et incite Scarlett à s'ouvrir davantage, loin de son écran et de sa communauté virtuelle. 

J'ai trouvé ce roman très riche, intelligent, drôle, caustique et savoureux. Scarlett Epstein est une héroïne extra, avec un caractère de cochon, de la mauvaise foi et du sarcasme en bandoulière. Au fond, on le sait, c'est une grande sensible, qui préfère se réfugier dans un monde imaginaire, pour fuir le réel. On la découvre touchante et vulnérable, à se voiler la face et à accuser les autres alors qu'elle envie leur aisance, leur naturel, leur spontanéité. Son histoire contient juste ce qu'il faut de dérision, d'ironie et de situations téléphonées. Le tout est mordant, actuel et frais. J'ai totalement accroché à ses réparties, à sa vision de la vie, à ses blagues, à ses références en matière de pop culture... C'est loin des modes actuelles qui surfent sur le mélodrame à deux balles et qui pondent des romances ineptes et fades. Ici, le portrait de la lycéenne est désopilant, décalé, décapant. Franchement top ! 

Traduit par Laetitia Devaux pour les éditions Gallimard Jeunesse - Collection Scripto - Janvier 2017

Titre VO : Scarlett Epstein Hates It Here

 

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Cell. 7, de Kerry Drewery

cell7

Accusée d'avoir assassiné Jackson Paige, une vedette du petit écran, également connue pour ses œuvres de bienfaisance, Martha Honeydew est envoyée illico dans le couloir de la mort pour attendre son jugement, devenu une exécution arbitraire, puisqu'il revient au public de voter coupable ou non en son âme et conscience, tout en suivant l'émission Mort égale Justice. La procédure est expéditive, en seulement sept jours, la détenue est scrutée sous l'œil mort d'une caméra, puis conduite cellule après cellule vers son destin. Martha Honeydew a seize ans et vient du quartier populaire des Tours. Elle bénéficie ainsi d'une assistance juridique en la personne d'Eve Stanton, qui se bat contre cette justice implacable et met tout en œuvre pour obtenir la relaxe de sa cliente. Or, Martha refuse d'être aidée et manipule le système pour faire passer un message. En attendant que la vérité éclate, la campagne médiatique est virulente et Martha perd chaque jour des points, tandis que Eve remue ciel et terre pour sauver l'adolescente bornée.

Je sors frustrée de cette lecture, qui me laisse une sensation trop glaçante, mais offre par sa vision pessimiste d'une justice sous le joug du sensationnel de la télé-réalité une perspective effroyable qu'il faut méditer. J'ai finalement gardé une distance émotionnelle tout au long du récit, le personnage de Martha ne m'a pas touchée. J'étais curieuse de connaître son histoire et ses secrets, mais les révélations me laissent un goût amer. J'attendais, je pense, une intrigue plus percutante et autrement plus dynamique. À la place, c'est un roman à suspense, écrit avec solennité, angoisse et amertume. Le mélange n'est pas très bon, puisqu'il sonne assez lourd moralement. Cela se lit vite et bien mais il faut apprécier les histoires tristes et funestes. La fin est ouverte. 

Traduit par Christophe Rosson pour les éditions Hachette - Septembre 2016

 

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31/01/17

Bilan du mois : Janvier 2017 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

coin douillet pour l'hiver 2

 

Début d'année frisquet, températures glaciales, pas le goût de mettre un orteil dehors, à part pour les contraintes d'usage, repli total dans notre cocon, avec des litres de thé et des centaines de pages à parcourir... 

 

Ce mois de Janvier, j'ai préféré : 

❅ Espionnage intime, de Susie Morgenstern

❅ Ne retournez jamais chez une fille du passé, de Nathalie Stragier

La Brigade des Poussins, de Doreen Cronin

Sherlock, Lupin & moi : Le mystère de la dame en noir, d'Irène Adler

 

❅ Kamarades, de Mayalen Goust, Benoit Abtey & Jean-Baptiste Dusseaux

❅ L'Affaire de la belle évaporée, de J.J. Murphy

❅ La Carrière du Mal de Robert Galbraith

❅ Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom de Barbara Constantine

❅ Petits secrets, grands mensonges, de Laura Moriarty

 

Ce mois-ci j'ai également vu la série norvégienne, OCCUPIED, d'après une idée de Jo Nesbø

Occupied

 

La Norvège souhaite se concentrer sur des énergies propres et mettre un terme aux exploitations de gaz et de pétrole, suscitant un profond mécontentement chez les autres gouvernements européens. La Russie décide de frapper fort en kidnappant le Premier Ministre, pour le contraindre à une cohabitation de six mois afin de boucler leurs contrats. Au cours de cette occupation sous tutelle, la situation ne va hélas pas s'améliorer entre les deux pays. Et ce sont les destins du Premier Ministre, Jesper Berg, de son garde du corps, Hans Martin Djupvik, mais aussi du journaliste, Thomas Eriksen, et de sa compagne, Bente Norum, propriétaire d'un restaurant situé juste en face de l'ambassade russe... que nous allons suivre avec grand intérêt. 

Cette série d'anticipation sur fond de conscience écologique a été une vraie bonne surprise. Outre son ambiance glaciale et fascinante, elle dévoile aussi un scénario d'une redoutable intensité. Le ton est incisif, la mise en œuvre perspicace et surprenante. Malgré certains points trop flous ou survolés, l'histoire est totalement crédible et s'envisage comme une sidérante réalité. À voir ! 

 

  

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Les salauds devront payer, d'Emmanuel Grand

les salauds devront payerUne vraie bonne découverte que ce roman d'Emmanuel Grand, lu par Christophe Reymond pour Audiolib !
Pourtant, le sujet a tout lieu d'inspirer une certaine amertume. L'histoire se passe dans le Nord, près de Valenciennes, au cœur des friches industrielles et des quartiers populaires. Le tableau dépeint est gris, lourd et morose. Ambiance peu réjouissante. Dans la petite ville de Wollaing, les habitants font contre mauvaise forture bon cœur. Entre chômage et galères, ils n'ont pas d'autre choix que d'emprunter de l'argent à des organismes peu regardants. Ce sont ensuite les petites frappes du coin qui viennent cogner pour réclamer les sommes impayées. La jeune Pauline en sait quelque chose. Elle n'a pas remboursé ses dettes mais a choisi de filer en douce pour échapper à ses créanciers. Malheureusement, elle sera retrouvée morte dans un terrain vague. Le commandant Erik Buchmeyer et le lieutenant Saliha Bouazem, nouvelle recrue débarquée de Thionville, arrivent donc sur place et procèdent à une enquête a priori limpide. Les suspects sont rapidement pointés du doigts, il ne reste plus qu'à rassembler les preuves pour les faire tomber. Cependant, l'affaire est loin d'être bouclée puisque cette organisation en vase clos est certes perfide et redoutable, mais elle va aussi dévoiler un vieux contentieux syndical et un dramatique secret de famille donnant libre cours à une machiavélique histoire de  vengeance.
Finalement, ce n'est pas seulement un pur roman noir, avec du suspense, de la sobriété et de la mélancolie. C'est aussi un roman social, d'une intensité psychologique forte et poignante. On replonge ainsi dans le contexte des grèves, des luttes des classes, des manipulations politiques et des sacrifices sans état d'âme. Un état des lieux vindicatif et démuni. Sur le coup, j'ai pesté. Encore un tableau du Nord sinistré. Encore et toujours l'image d'une région en crise et sur les genoux. J'admets que c'est facile, mais ce n'est pas malveillant non plus. Et puis ça donne une certaine gravité à l'histoire, en plus des meurtres à résoudre, des plaies ouvertes et des rancœurs tenaces. C'est comme entretenir une mémoire et des souvenirs. De toute façon, avec cette lecture, il faut apprendre à débroussailler, les thèmes sont vastes, les chemins empruntés sont nombreux, les coïncidences parfois trop belles... Même l'entrée en matière est incongrue (un régiment en Indochine et en Algérie), on se demande souvent où nos pas nous mènent mais le résultat est cohérent et réussi. J'ai bien apprécié cette errance à l'aveugle et néanmoins parfaitement maîtrisée par son auteur.  

Texte lu par Christophe Reymond pour Audiolib (durée : 10h15) - Janvier 2017

Suivi d'un entretien avec l'auteur

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30/01/17

Le Dernier Des Nôtres, d'Adélaïde De Clermont-Tonnerre

Cette lecture rassemblait plusieurs atouts qui avaient tout lieu de me plaire : grande fresque familiale sur fond historique, des drames, des trahisons, des secrets, des mensonges, des pertes et des retrouvailles, avec en sus le Grand Prix de l'Académie française. 

Le dernier des notresManhattan, 1969. Werner Zilch est un beau jeune homme, cavaleur et intrépide. Il croise dans la rue une jeune femme superbe, qu'il décide de suivre et séduire, mais la belle est farouche et insaisissable. Elle fuit le bellâtre et se joue de ses sentiments, ce qui augure un cache-cache amoureux interminable et mouvementé.
Dresde, 1945. Parmi les décombres et les bombardements, une mère agonisante met au monde son bébé, recueilli in extremis par des soldats en déroute. Après bien des déboires, cet enfant sera confié à une famille américaine, qui ignore tout de son passé, à part la supplique, écrite sur un bout de papier, implorant de conserver le nom de l'enfant, “le dernier des nôtres”. 
Werner grandit heureux, comblé d'amour et de tendresse, mais avec cette frustration de ne rien connaître de ses origines et la peur de l'abandon, d'où ses conquêtes multiples, son besoin de plaire, son tempérament impulsif et colérique. Sa liaison avec Rebecca, difficile et tourmentée, va cependant l'amener à percer le mystère de sa naissance et de sa famille. 

Eh bien, quelle déconvenue au bout du compte ! J'ai trouvé ce roman extrêmement banal, sans surprise et absurde. L'histoire de Werner s'inscrit d'après une haine farouche entre deux frères, l'un brillant ingénieur auprès de von Braun, l'autre officier sadique dans un camp de concentration. Lequel est son véritable géniteur ? Comment et pourquoi l'enfant a parcouru les océans et atterri dans un orphelinat ?
C'est en rencontrant la mère de Rebecca que Werner prend en pleine face l'horreur de ses racines. Imaginez, la fille d'une juive martyrisée avec le fils d'un allemand... Tout amour est impossible, le couple se déchire et chacun lutte contre ses fantômes. (“Je t'ai trompée parce que tu m'as quitté. - Je t'ai quitté car tu m'as trompée.”) Le couple tourne autour du pot. C'est lassant. Alors, pour sauver leur idylle du naufrage, ils s'investissent dans la traque des nazis et alimentent le suspense par des rebondissements à n'en plus finir.
C'est peu de dire que j'ai été déçue par cette lecture (qui revêt les mêmes apprêts qu'un roman de Douglas Kennedy, selon moi). C'est beaucoup trop sentimental, absolument pas crédible, avec des personnages creux et agaçants. Le fil conducteur est grossier, on voit tout venir à des kilomètres. Certes, il y a du rythme et des destins racontés en parallèle, ça se lit vite et bien, on mord facilement à l'hameçon, mais ça inspire également de l'impatience et de l'exaspération. Et puis, à force de cultiver l'histoire d'amour interdite, le ton devient mielleux et pousse les amants dans des situations abracadabrantes et grotesques. Au secours. On se retrouve avec une macédoine d'intrigue sentimentale et de faux suspense dans un théâtre de guerre et de mort. Le résultat est loin d'être à mon goût !
J'ai traîné pour arriver au bout du livre, car je voulais malgré tout connaître son issue, mais toute réconciliation était inenvisageable. Du mélo, de la facilité, encore et toujours... j'étais hélas rompue. Seule note appréciable : la lecture faite par Rémi Bichet pour Audiolib. Un ton juste, une émotion palpable, une attitude désinvolte. Son identification au personnage de Werner aurait pu être détestable, car ce type est détestable, mais Rémi Bichet glisse une bonne distance et sauve son rôle en toute subtilité. Cela ne repêchera pas mon appréciation pour le roman, dont je ne regrette pas la découverte, mais j'en prends acte. 

Texte lu par Rémi Bichet pour Audiolib (durée : 11h 44) - Janvier 2017

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