14/01/19

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Le réseau corneilleFrance, 1944. Le Débarquement est imminent. Tous les réseaux clandestins et les services d'espionnage sont aux cent coups. Depuis Londres, Betty met en place son Réseau Corneille, lequel rassemble six femmes avec pour mission de s'infiltrer dans un château occupé par des allemands pour y saboter le système de communication. Betty n'a que quelques jours pour mettre au parfum des novices, parfois dotées d'un tempérament volage ou trop caractériel. C'est peu, assez frustrant, mais Betty n'a plus le choix. Sur le terrain depuis des mois, figurant parmi les meilleurs agents, elle craint désormais pour sa couverture récemment menacée.
Petit rembobinage sur la scène d'ouverture du roman. Gran-diose ! Près de Reims, un groupe de résistants tente une action de force contre l'occupant mais l'opération tourne court. Betty parvient à s'échapper avec son mari, Michel, salement blessé. Tous leurs camarades ont été arrêtés, probablement torturés et donc passibles de livrer des secrets. Betty sait que son temps est compté. Mais elle veut tenter le tout pour le tout.
Face à elle, un officier allemand, Dieter Frank, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues. C'est un homme redoutable, comme elle, il est rusé et parvient à anticiper les faits et gestes de l'ennemi. Je ne compte plus le nombre de fois où mon cœur a fait des bonds de cabri tant j'étais affolée à suivre Betty et Dieter dans ce jeu du chat et de la souris particulièrement féroce.
Vous l'avez compris : j'ai dévoré ce roman, écouté en une dizaine d'heures au cours de séquences que j'entrecoupais avec frustration. J'étais totalement captivée par l'histoire - merveilleusement lue par Caroline Klaus - j'étais comme devant un film de guerre, au scénario plein de suspense, entre frissons, angoisse, terreur et émotion. J'étais 100% au cœur de l'intrigue.
J'ai aimé sa mise en scène, ses personnages, même ses envolées sentimentales ont fini par m'attendrir (je roulais des yeux quand Betty et Paul roucoulaient tendrement...). Bref. Ken Follett possède un vrai talent de conteur. Et ça passe très, très bien en format audio : on ne voit pas le temps passer. On trépigne après chaque piste, on enchaîne les chapitres... C'est terriblement addictif. Et l'hommage rendu aux héroïnes de l'ombre est, par sa simplicité, d'une grande noblesse.

©2002 Éditions Robert Laffont. Traduit par Jean Rosenthal. (P)2018 Audiolib

 

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L'attaque des cubes, de Marine Carteron

L'attaque des cubesAntoine est accro à Minecraft. Il pourrait jouer en ligne durant des heures avec sa meilleure amie Vénus. Mais ne racontez surtout pas que celle-ci est meilleure que lui, ce serait un crime de lèse-majesté.
Sur le chemin de l'école, les deux amis sont également intrigués par l'apparition d'une nouvelle structure en forme de cube et qui promet d'être un nouvel antre de perdition. Bibliothèque, jeux vidéo... tout est permis et leur imagination s'emballe.
L'ouverture de ce lieu secret est imminente. Et déjà la ville a donné au quartier un nouveau look. Sauf que les enfants songent immédiatement à l'Overworld... Allez dire ça à des adultes et ils vont vous accuser d'être des geeks obsédés par leur jeu en ligne.
Antoine et Vénus deviennent alors les témoins impuissants d'un monde en plein mutation. En découvrant leurs proches avec le cerveau lobotomisé, se comportant de façon étrange, ils comprennent que leurs soupçons sont légitimes.
C'est donc avec la complicité inattendue de leur nouveau prof de techno que nos jeunes amis vont se lancer dans une aventure virtuelle plus vraie que nature ! Et je pense à tous les passionnés de technologies nouvelles, à tous les amateurs de réalité qui dépasse votre entendement, cette lecture est franchement décapante.
Elle nous entraîne dans un univers coloré, aux péripéties multiples et tourbillonnantes, avec de jeunes trublions attachants et qui ne manquent pas d'humour. On croque ce roman en deux bouchées, sourire aux lèvres. On y goûte un programme fun et complètement décalé, où les références à Minecraft ne manquent pas. Pour ceux qui ne connaissent pas, youhou, vous apprécierez l'ambiance effervescente... c'est bon aussi !
À déguster donc en petit quatre-heures : c'est super délicieux.

dacodac du rouergue (2018)

illustrations de Gaspard Sumeire

 

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Philibert Merlin apprenti enchanteur, de Glwadys Constant

Philibert Merlin apprenti enchanteurDans la famille de Philibert Merlin, tout le monde a un don : peinture, musique, littérature, sciences, danse, médecine, physique... Parents et enfants ont tous coché une case pour aptitudes exceptionnelles remplies.

Tous, sauf Philibert, le plus jeune de la fratrie. Toujours sur la touche. Et cette situation le désespère. Philibert n'hésite d'ailleurs pas à multiplier les expériences pour bousculer son destin et débusquer son talent. Il cherche, il teste, il ose. Parfois frise la catastrophe.

Bref. Philibert est en peine. Il se rend néanmoins jusqu'à Vienne pour rencontrer une spécialiste - à la place, son frère tombe follement amoureux. Le concernant, le verdict est sans appel : « Ce n'est pas à toi d'aller au don, il viendra à toi tout seul et tout naturellement. »

Cette petite lecture est délicieuse, tendre, drôle et attachante. Elle dresse le portrait d'une famille d'enchanteurs sans complexe et avec éblouissement. Au milieu, se trouve le vilain petit canard. Du moins, c'est ce que ressent Philibert. Le garçon n'a pourtant strictement rien d'anormal ou de dysfonctionnel. Après tout, ne serait-ce pas génial d'être tout simplement banal ?

À découvrir pour sourire en famille et pour lister les talents des uns et des autres, en toute modestie. Ou pas. Très, très sympa.

daodac chez rouergue jeunesse (2018) - illustrations de Juliette Barbanègre

 

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Un Ange à la fenêtre, de Darcie Chan

Un Ange à la fenetreÀ Mill River, tout le monde connaît Mary McAllister : une vieille dame qui vit en ermite depuis de nombreuses années dans sa grande maison plantée sur la colline.
Un dimanche matin, elle est retrouvée morte dans son lit.
Le prêtre du village, qui avait juré de prendre soin d'elle, connaissait le poids de son secret. Et quelle triste histoire...
Le roman va alors alterner les chapitres, en brassant le passé et le présent, tout en nous présentant d'autres personnages de Mill River, comme le policier, sa fille et son institutrice.
Ils nous apparaissent comme une bouffée d'air frais dans ce voile de souvenirs amers et poignants. Eux aussi ont recherché à Mill River un second souffle, un nouvel espoir. 
Il y a toutefois cet individu baveux qui reluque la jolie jeune femme en douce, se faufilant chez elle pour piquer ses petites culottes... Sinon, rien de méchant. L'histoire coule tranquille, sans frémir. Et le lecteur reçoit sa pitance, toute faim assouvie, car on comprend d'emblée que le menu ne va pas partir dans des énormités. 
En somme, c'est reposant, surtout pour un soir d'hiver. J'ai apprécié cette ambiance délicate et apaisante, malgré les échos mélancoliques et dramatiques de l'histoire. Reste une lecture qui accroche et qui donne envie de tourner les pages... avant de s'éclipser sans bruit.

Traduit par Colette Michel pour MA Editions (2014)

Titre VO : Mill River Recluse

 

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11/01/19

Les mille visages de notre histoire, de Jennifer Niven

Les mille visages de notre histoireLibby Groby, connue pour être la plus grosse ado d'Amérique, a vécu la pire humiliation à travers une vidéo la montrant avachie dans son fauteuil en train d'être évacuée de sa maison par les pompiers. Les commentaires haineux ont déferlé sur internet, depuis Libby a suivi une thérapie et perdu un peu de poids (sans afficher une taille mannequin non plus). Toutefois, elle est assez fière d'elle pour retourner au lycée et faire un pied de nez à ses détracteurs.
Jack Masselin n'a jamais craint pour sa réputation : beau gosse insolent et dragueur impénitent. Il donne le change à merveille, car cela fait des années qu'il cache son secret : il souffre d'une maladie rare qui l'empêche de mémoriser les visages et de reconnaître ses interlocuteurs. Il trompe son monde - même sa famille et ses amis sont dans l'ignorance - et agit souvent au hasard pour ne pas éveiller la moindre suspicion.
Mais Jack va tout raconter à Libby. Cela peut paraître insensé et peu vraisemblable, mais disons que l'auteur a choisi de nous embarquer dans une histoire qui se veut optimiste et conquérante ! C'est différent de Tous nos jours parfaits et c'est plutôt pas mal d'envisager qu'aujourd'hui rien n'est impossible quand on a le sentiment de sortir du cadre.
On assiste donc au rapprochement peu banal entre deux univers que tout opposait : Jack est beaucoup moins idiot que ne laisse supposer son image, Libby agit d'emblée en électron libre, elle bouscule, elle riposte. Elle ne manque pas d'air et s'avère époustouflante (imposer son physique au casting des pompom girls... chapeau). Ensemble ils vont donc former un couple inattendu mais charmant... même si je crains, hélas, qu'en réalité cette perspective soit peu plausible. Ne nous leurrons pas.
D'où mon scepticisme. Je salue la qualité du roman, l'espoir qu'il inspire, les messages de tolérance, la dénonciation du harcèlement etc. Mais l'histoire ne touche plus Terre. En plus, on a une romance comme on en a vu d'autres, qui se base sur la souffrance du couple à concilier ses différences, à surpasser ses problèmes... C'est lassant, en plus d'être superficiel et creux en fin de compte. C'est dommage car j'avais trouvé le début du roman tellement engageant : l'échange des points de vue donne du rythme à la lecture. Cela partait plutôt bien...

Gallimard jeunesse (2018) - Traduit par Vanessa Rubio-Barreau

Titre VO : Holding Up The Universe 

 

“Dear friend, You are not a freak. You are wanted. You are necessary. You are the only you there is. Don’t be afraid to leave the castle. It’s a great big world out there.” 

 

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Repartis pour un tour (Blue Heron 3), de Kristan Higgins

Repartis pour un tourPour ce troisième rendez-vous à Blue Heron, on se concentre sur un satellite de la famille Holland, à savoir Colleen O'Rourke, meilleure amie de Faith, également propriétaire avec son frère jumeau du bar éponyme. Colleen est célibataire et a pour réputation de butiner en toute désinvolture, sans jamais s'attacher, préférant collectionner les relations sans lendemain. Elle préfère de loin jouer les entremetteuses et voir son entourage heureux (hello la princesse poulet). En fait, nul ne sait qu'elle cache un chagrin d'amour et qu'elle n'a jamais oublié Lucas Campbell. D'où le choc d'apprendre son retour en ville.
Appelé au chevet de son oncle mourant, Lucas doit également mettre du plomb dans la tête de son cousin Bryce avant de rentrer à Chicago où il a construit sa vie. Pour lui aussi, sa présence à Manningsport est un crève-cœur et ravive de douloureux souvenirs. Entre les anciens amants, l'attirance est encore fatale mais les vieilles blessures émergent à gros bouillons. Pourquoi est-il parti pour en épouser une autre ? pourquoi a-t-il toujours refusé d'avouer ses sentiments ? Et j'en passe.
En fait, cet épisode est assez lassant car l'alchimie du couple ne fonctionne pas. Pas totalement. On retrouve l'humour, la communauté exubérante, les rôles secondaires si poilants... et néanmoins, on a un homme et une femme qui se débattent avec leurs non-dits et ça pèse lourd dans la balance. Les raisons invoquées pour expliquer la rupture et la trahison sont vaines, archi vaines. Lucas est un type torturé, avide de cellule familiale mais convaincu d'être l'éternel rejeté. Colleen aussi abuse de son attitude volage et détachée. On n'y croit pas une seconde. Et puis ça manque de finesse, bonté divine, faites place au rouleau compresseur, j'étais surprise de certaines réflexions ou autres attitudes.
Je suis également dubitative quant à la lecture faite par Camille Lamache, sa morgue pour incarner Colleen et sa voix éraillée pour jouer les mâles dominants, mouaip... pas très convaincant. En bref, ce n'est pas le roman le plus exaltant de la série. Toutefois, je reste une lectrice indécrottable de Kristan Higgins : ses romances sont sans égal et savoureuses. Elles offrent généralement une belle échappatoire pour rêver et glousser sans honte. On reprend vite des nouvelles avec 
N'y pense même pas ! pour assister aux tumulteuses aventures de Jack Holland. Chic.

©2016  HarperCollins. Traduit par Sandrine Jehanno (P)2018 Audible Studios

 

10/01/19

La petite librairie des gens heureux, de Veronica Henry

La petite librairie des gens heureuxQuoi ? Un roman qui parle de livres et de librairie ! Il ne m'en fallait pas davantage pour partir en vrille. À l'arrivée, j'ai été agréablement surprise par cette lecture pleine de charme et de gourmandise. Un roman qui ne paie pas de mine et qui vous prend totalement au dépourvu.
Direction un petit village de la côte anglaise, Peasebrook. Le propriétaire de la librairie locale vient de mourir en léguant à son unique fille son bien le plus précieux, Nightingale Books. Mais Emilia se retrouve avec un lourd fardeau sur les bras, car la librairie se porte mal et les dettes s'accumulent. Son père vivait d'insouciance et de passion. Aujourd'hui, Emilia doit décider si elle poursuit l'aventure droit dans le mur ou se résoud à vendre la vieille bâtisse à un promoteur âpre au gain.
Pourtant, elle découvre rapidement l'existence d'une communauté très attachée à la librairie : des amoureux des livres, mais aussi des personnes ayant toutes aimé profondément son propriétaire. Julius était un homme formidable, attachant, avec le cœur sur la main. Tous ont désormais conscience qu'ils ne peuvent pas abandonner Nightingale Books et entendent soutenir Emilia face à son héritage.
Les petites histoires viennent ainsi s'immiscer, ci et là, avec sa brochette de personnalités affables. Chacun y va de son anecdote, mais aussi de ses secrets ou de ses ambitions, pas toujours honorables. Autant de petites billes qui roulent et viennent s'entrechoquer pour créer une formidable osmose. Oui, il y a dans cette lecture une aura magique et poignante : une harmonie réelle et captivante.
J'étais finalement bien lovée dans mon canapé à tourner les pages du roman. Avec un sourire niais sur le visage. Je me sentais dans mon élément, parfaitement chouchoutée dans cette ambiance. Comme un doux refuge qui inspire un vrai confort. Ne cherchez pas le moindre soubresaut, juste l'assurance d'une rencontre improbable et néanmoins lumineuse. J'ai été conquise sur toute la ligne : effet cocooning assuré !

City éditions (2017) - Traduit par Ariane Maksioutine

Titre VO : How to Find Love in a Bookshop

Existe en format poche (2018)

 

 

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Nous étions les filles de la plage, de Meg Donohue

Nous étions les filles de la plageHuit ans ont passé depuis le tragique été durant lequel Colin a été retrouvé mort sur une plage à Avalon, en Californie. Depuis, sa sœur jumelle vit dans son souvenir et laisse peu de place à son fiancé dans leur relation qui s'effrite. Celui-ci la met en garde et annonce, trois mois avant leur mariage, qu'il préfère prendre de la distance. Kate est effondrée et impuissante. Elle vient notamment d'apprendre qu'elle est enceinte.
Elle se tourne alors vers ses amies, Dani et Vanessa, malgré la distance et le poids du passé qui ont eu raison de leur connivence. L'une collectionne les petits boulots, fume et boit trop, promet d'écrire un roman avant ses 30 ans, l'autre est mariée mais malheureuse, son mari a embrassé une autre femme au boulot, depuis elle a repris contact avec son premier amour et espère le revoir à Avalon.
Car les amies ont pris conscience de leur responsabilité non assumée dans la mort de Colin. En acceptant de retourner ensemble dans leur bungalow sur la plage, elles ont espoir de retrouver l'élan qui fait défaut à leur existence. Leur présent est alourdi par le passé : toutes trois n'ont pas dit toute la vérité. Huit ans plus tôt, Dani, Vanessa et Kate ont en effet précipité le drame d'une manière ou d'une autre et perdu à jamais l'insouciance de leur jeunesse.
Je ne sais plus comment ce roman a atterri entre mes mains, avant de réaliser que j'avais déjà lu La fille qui cherchait son chien du même auteur. J'ai donc plongé et avalé 100 pages d'une traite : la tension dramatique est palpable, savamment dosée par un suspense réel. Seulement, au fil des chapitres, l'intérêt s'est émoussé. Quand, comment, pourquoi. Impossible de pointer du doigt. Peut-être l'amertume me semblait de plus en plus lourde et indigeste.
Toujours est-il que j'ai fini par me lasser : une fois révélés, les secrets ne nous laissent pas bouche bée. Que de tristesse et de non-dits... Le verdict final est désolant. En bref, ce court roman n'a pas su me convaincre pleinement et taille le portrait de trois copines sans concession, en laissant filer toute légèreté... J'espérais davantage de charme, de chaleur, de douceur. En vain.

HarperCollins (2016) - Traduit par Jeanne Deschamp

Titre VO : All the Summer Girls


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Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodiles ? de Lucie Castel

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodilesSuite à un récent traumatisme, Sofia a été expédiée en vacances forcées dans un manoir écossais. Mais à peine débarquée, les ennuis commencent. Pour la jeune femme, qui se sent peu disposée à se montrer aimable ou conciliante, c'est la goutte de trop. 
Or, son séjour à Redstone va la déconcerter à plus d'un titre, d'abord par sa rencontre explosive avec le très taciturne Lachlane, puis avec la découverte d'un trafic d'œuvres d'art entre les murs de l'hôtel.
Contre toute attente, Sofia va faire équipe avec son rustre préféré et mener une enquête rocambolesque. Le résultat aussi va s'avérer étonnant et plutôt réjouissant.
Pour avoir lu ce roman en deux petits trajets de voiture, j'ai été agréablement surprise de me prendre au jeu en tournant les pages aussi facilement, sans voir le temps passer.
L'histoire est simple mais entraînante, avec une intrigue criminelle rondement menée et diablement efficace. Certes, le cadre environnant, avec sa campagne écossaise et son manoir d'un autre temps, reste son atout majeur. 
Bon point aussi pour les personnages secondaires, caricaturaux et néanmoins attachants, à défaut des premiers rôles dont le caractère trop fougueux donne des échanges impétueux et inspire une certaine lassitude. Leur relation est d'ailleurs pénible à suivre, avec ses non-dits et ses mystères. Par contre, leur tandem fonctionne à merveille pour débusquer les embrouilles et les traîtres.
Côté détente et évasion, cette lecture remplit donc largement son contrat. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête et dans une atmosphère particulièrement ensorcelante. Plutôt pas mal. 

Harlequin (2018)


À noter : le premier roman de l'auteur vient de paraître au prix mini de 4.99€

Pas si simple

 

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09/01/19

Des millions de larmes et de rires, de Karma Brown

Des millions de larmes et de riresTegan et Gabe vivent le grand amour depuis leur rencontre à l'université. Désormais mariés, ils attendent la naissance de leur premier enfant dans trois mois. Mais un soir d'hiver, sur une route verglaçante, leur voiture fait une embardée.
La jeune femme se réveille sur un lit d'hôpital et apprend qu'elle a perdu son bébé. Effondrée, elle ressent une profonde rancœur à l'égard de son compagnon et s'enfonce dans la dépression. Les semaines passent, l'amertume a fait son nid et Tegan refuse de reprendre goût à la vie.
Le couple est dans l'impasse : ils ne se comprennent plus et se disputent sans cesse. Gabe cherche à bousculer Tegan et lui propose finalement de partir pour un long voyage de six semaines : les plages de Bangkok, la cuisinie italienne, le surf à Hawaii... Pourquoi ne pas réaliser leurs vieux rêves pour sauver leur amour ?
Tegan accepte. À son corps défendant. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle se ment. Et elle ment aux autres. Elle refuse d'évoquer le drame qu'elle vit. Son deuil insurmontable. Et s'enferme dans une bulle increvable.
En fin de compte, ce voyage va lui offrir mille sensations et autres émotions : en remontant le fil des souvenirs, elle va extérioser sa douleur trop longtemps enfouie.

- Ça peut paraître dingue, mais peut-être que je n'ai pas envie de surmonter tout ça.
Je suis soulagée de l'avoir enfin dit tout haut.
- Est-ce que j'ai vraiment envie d'aller mieux ? D'aller de l'avant ? Parce que... parce que...
Je m'interromps, le souffle coupé par le chagrin.
Gabe m'interroge d'une voix douce, compréhensive.
- Parce que tu as peur d'oublier ?
Je hoche la tête en aspirant un peu d'air.
- Et si j'oubliais tout l'amour que... tout l'amour que...
- Tu ne l'oublieras pas, m'interrompt Gabe d'une voix imprégnée de détermination. Je ne te laisserai pas oublier.

Je ne m'y attendais pas du tout, mais ce roman est juste bouleversant ! Je l'ai lu d'une traite, j'ai voyagé, j'ai rêvé, j'ai souri, j'ai pleuré. Même après avoir terminé ma lecture, je me sentais encore imprégnée par ses mots et ses messages. Que d'amour et d'espérance entre les lignes... c'était magnifique.

HarperCollins (2015) - Traduit par Florence Guillemat-Szaras

Titre VO : Come Away With Me