04/07/18

Un petit pois pour six (Histoires des Jean-Quelque-Chose) de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Un petit pois pour sixC'est toujours à la saison estivale que je retrouve ma famille des Jean-Quelque-Chose - une marmaille de six garçons turbulents et leurs parents d'une patience d'ange - dans une série de petites chroniques de la vie quotidienne.
Et ainsi, on se rend à la bibliothèque chaque jeudi après-midi, on couvre les rendez-vous secrets de Jean-A, on part à la pêche aux lançons, on écoute les conseils aguerris de papa, on s'inspire des palpitantes enquêtes du Club des Cinq, on écrit et on réécrit de belles histoires, on organise une super fête des mères, on découvre chez Papy Jean une cabane dans les arbres et on s'imagine passer toute une nuit là-haut, même pas peur, même si la nuit des Robinsons vaut bien quelques frissons...
En somme, c'est savoureux et tendre à lire. On replonge au pays de l'enfance et de l'imagination foisonnante. On se fond une place confortable parmi une joyeuse tribu attachante. On vit au rythme de leurs bagarres et de leurs jeux. C'est merveilleux.
La lecture est adorable. On sourit tout du long et on se sent comme dans un cocon douillet. Un territoire familier.
Mais bien sûr je ne vous apprends rien : il suffit de replonger dans la nouvelle compilation de cette famille aux petits oignons pour goûter le parfum du bonheur !  

Gallimard jeunesse (2018) - illustrations de Dominique Corbasson

 

Le 21 février 2018, Dominique Corbasson s'éclipsait avec sa poésie, sa douceur, sa fraîcheur et son charme discret... 
Jean-Philippe Arrou-Vignod lui a rendu hommage.

J'ai eu le bonheur de faire une dizaine de livres avec Dominique Corbasson. Durant près de vingt ans, elle a donné un visage à mes Jean-Quelque-chose. Son trait lui ressemblait : élégant, lunaire et drôle.
Elle envoyait ses délicieuses saynètes sur des bouts de papier, l'air de rien, et chaque fois, c'était juste, piquant, poétique. Elle seule savait rendre émouvante une rangée de bottes d'enfants ou un bracelet scoubidou.
Parfois, dans l'euphorie, il lui arrivait d¹ajouter quelques Jean à ma petite tribu. On en riait ensemble. « Six frangins, Dominique, tu ne crois pas que c¹est bien suffisant ? » Tant pis, je changeais la scène pour elle ou en écrivais une autre. Elle se savait étourdie, oubliait ses lunettes partout, mais son coup de crayon, lui, était net, précis, étrangement doux et tranchant et à la fois.
Il y a quelques semaines encore, elle livrait trois couvertures, si fraîches, si pétillantes de vie.  Aujourd'hui, les Jean sont un peu orphelins. On ne leur dessinera plus de cabanes dans les arbres, de soirée au cirque ou de 404 familiale surchargée de bagages jusqu'au toit. 
Dominique va salement nous manquer.

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Je ne suis pas un auteur jeunesse, de Vincent Cuvellier

je ne suis pas un auteur jeunesseVincent Cuvellier aime bien, de temps en temps, faire le point sur ses débuts, son métier, son parcours, son style, ses envies (cf. La fois où je suis devenu écrivain). Et plus largement sur la littérature jeunesse, son manque d'estime, sa faible rémunération, son circuit, ses branches, sa morale...
Il l'exprime à sa manière, simple et décomplexée, racontant ici sa vie dans les salons ou les salles de classe, avouant parfois son ras-le-bol ou ses frustrations, reconnaissant ses attentes ou ses doutes. Évoquant enfin son horizon, comme explorer davantage la période de la Seconde Guerre mondiale “parce que son souvenir s'estompe, il faut l'accepter” et néanmoins continuer d'en parler “sans pathos, sans chantage affectif, sans grandes phrases toutes faites”.
C'est donc un Vincent Cuvellier caméléon qui se livre : à la fois le joyeux drille qui raconte ses petites histoires rigolotes, avec des gros mots et des idées folles à l'intérieur, mais aussi le type touchant et attachant, aux émotions qui se barrent dans tous les sens, le cowboy solitaire qui assume ses défauts, l'écrivain qui a fait son chemin et qui pense à son papa pas peu fier de son cancre attitré.
En bref, tout ce qu'on lit est infiniment intéressant (sur la prescription, le monde éditorial, les fonds publics, la transmission etc.). On est d'accord ou pas avec lui, mais on apprécie grandement son honnêteté et son authenticité. Car pour finir, c'est aussi une lecture qui prête à sourire, où l'on se rend compte que Vincent Cuvellier n'est pas tout seul dans sa tête - hello Claude François, Lino Ventura ou tiens ! le général de Gaulle himself... Et c'est justement cette petite touche d'impertinence qui fait la différence.
En bref, on pioche copieusement des envies de lecture ou de relecture dans cet exercice de style réjouissant !

Gallimard jeunesse Giboulées (2017) - illustrations de Robin

 

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02/07/18

Trans Barcelona Express, de Hélène Couturier

Trans Barcelona ExpressDans Bye Bye Bollywood, Nina rencontrait Jésus au cours de vacances mémorables dans un ashram, avec gros choc culturel, bouderies et autres aventures à mourir de rire. Après quoi, nos deux trublions avaient promis de se retrouver en Espagne pour explorer davantage leur connivence.
Mais sitôt débarquée à Barcelone, Nina comprend que leurs retrouvailles ne collent pas avec ses délires romantiques - Jésus est coincé chez sa grand-mère en rase campagne, puis rentre avec sa cousine qui ne le quitte plus, et enfin le garçon se montre distant et peu attentionné en sa présence. Tout soupçon d'idylle s'envole à grande vitesse. Et le moral de Nina est au plus bas.
La jeune fille se console dans l'apprentissage du folklore local (le botellón), mais elle boit trop et perd la tête car elle égare son sac et se retrouve avec celui d'un inconnu - un artiste torturé dont le carnet à dessins exprime tout son mal-être. Le lendemain, Nina lance un appel sur Facebook et rencontre Diego.
En vrai, ce roman est encore une fois étonnant. On partage non seulement les péripéties d'une héroïne rigolote et pleine d'autodérision, en quête d'amour et d'impossible, mais qui pose aussi un regard juste et intelligent sur le monde qui l'entoure - et plus particulièrement sur l'identité sexuelle et sur la question du genre.
Le ton est mordant, le rythme enlevé, les personnages tous attachants, les rebondissements agréables... en bref, c'est une histoire légère, bouleversante et palpitante ! Une très bonne série à découvrir.

« C'est quoi être une fille ?
C'est quoi être un garçon ?
Une fille n'est-elle pas censée aimer les voitures et le foot ? Et un garçon, pas censé aimer le rose et la danse classique ?
On est plus fille parce qu'on met du vernis à ongles et du rouge à lèvres ? On est plus garçon parce qu'on a des muscles et une barbe ?
Et celui (femme ou homme) qui justement aime des choses que son genre n'est pas censé aimer, il n'est pas normal ? Où est la limite, et qui la fixe ? Toute personne qui se comporte de manière atypique pour son genre serait-elle trans ?
Moi, Nina, un peu plus de quinze ans mais pas encore seize, en quoi est-ce que je me sens “fille” ? Parce que j'aime le gloss, les bijoux (surtout les bracelets), les fringues, les vernis hyperflashy et le garçons, même si très clairement je n'ai pas la main avec eux ?
Être une fille, c'est aimer les garçons ?
Non, l'identité de genre ne se définit pas par l'orientation sexuelle. On peut être une fille à part entière et avoir une attirance pour les filles ou même aimer les filles et les garçons.
Être bisexuel ?
Ça doit laisser plus d'opportunités pour trouver l'âme sœur. Tiens d'ailleurs, pourquoi on ne dit pas “l'âme frère” ? »

Syros, 2018

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Martin perché, de Christian de Montella

martin perchéUn soir de mai 68, alors que Paris est “à feu et à sang”, le père de Martin décide de partir à la campagne, sans demander son avis à sa famille. Pour Martin, quatorze ans, cet exil a un goût de frustration... Il ne cesse de penser à ELLE - une révolutionnaire en herbe, qui croque la vie à pleines dents et court à perdre haleine en dépavant les rues du Quartier Latin sous le nez des CRS. Et lui, en une journée, il a également couru après elle et pénétré dans son monde avec un cœur qui a fait boum-boum-boum. Comme son père est soudain résolu à abattre le chêne ancestral qui siège dans leur jardin (pour construire une piscine), Martin dit non. La nuit, il grimpe dans l'arbre et refuse d'en descendre au petit matin. Sa mère Francine va alors entendre toute son histoire sur sa rencontre avec l'étonnante Angie...

« Angie est arrivée dans notre classe en décembre. On dit qu'elle vient des États-Unis, mais, pour moi, elle vient de nulle part. Elle ne ressemble à aucune des filles que je connais. Elle porte des jeans, des ponchos, des vestes en peau de mouton, et les cheveux frisés, longs et libres.
Elle parle aux garçons comme si elle en était un. Elle interrompt les profs d'histoire et de français pour exiger qu'ils précisent leurs opinions. Quand on la menace de l'envoyer chez le censeur, elle réplique : “Vous ne connaissez que ça : la répression.” Bien sûr, on l'envoie chez le censeur et elle collectionne les heures de colle. Il paraît qu'elle n'y va jamais et qu'elle passera bientôt en conseil de discipline.
- Vous êtes un trublion ! lui dit un jour le prof de latin.
- Vous n'avez pas votre place dans le système scolaire, a renchéri la prof d'histoire, un autre jour.
- Petite enquiquineuse ! s'est écriée la prof de gym le matin où elle lui a demandé pourquoi les filles ne pouvaient pas jouer au foot comme les garçons, tout en ajoutant que, par ailleurs, elle considérait le football comme une activité frivole dont le but était de “détourner les masses populaires de son seul objectif légitime : la révolution”.
Elle n'est même pas jolie. Elle a l'air d'une folle trop intelligente et trop maigre. Et pourtant, elle me plaît. » 

En seulement 90 pages, le roman nous emporte dans sa frénésie, son exubérance et sa joie de vivre. Les personnages sont tous déjantés et fascinants. Puis l'histoire nous embarque dans une exploration, aussi brève qu'exaltante, des événements survenus en mai 68 - on croise ainsi Dany le Rouge, les slogans endiablés, la fougue populaire et la jeunesse en liesse. Tout paraît survolté, tant l'approche est joyeuse et insouciante.
À lire, c'est un vrai régal. 

médium / l'école des loisirs (2018)

*** avec une chouette couverture qui donne envie ***

 

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30/06/18

Bilan du mois : Juin 2018 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫

beach bike balloon

Il fait chaud ! il faut beau ! les vacances approchent ! et voici les bonnes pages du mois !

☼ La ferme du bout du monde, de Sarah Vaughan

☼ Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell

☼ Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, de Virginie Grimaldi

☼ Jake Djones : Gardien du temps, de Damian Dibben

☼ Moi, Simon, seize ans, Homo sapiens, de Becky Albertalli

☼ La terrifiante histoire de Prosper Redding, d'Alexandra Bracken

... entre autres  

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La Cité de verre (The Mortal Instruments 3) de Cassandra Clare

La cité de verre The Mortal Instruments 3

Changement de décor dans ce troisième tome : direction Idris, le pays des Chasseurs d'Ombres, et sa capitale, Alicante, pour une réunion au sommet. Valentin est aux portes de la ville, avec ses démons. Il est déterminé à assiéger la cité et laminer l'Enclave s'il n'obtient pas gain de cause. Ambiance politique et tension électrique ! Jace et Clary sont toujours dans le creux de la vague. Entre le garçon qui n'en peut plus d'être épinglé “fils de” et la jeune new-yorkaise qui se débat pour être active au combat, les échanges sont particulièrement houleux. J'ai beaucoup apprécié qu'on mette de côté les atermoiements de nos adolescents, déchirés dans leurs amours impossibles. On renoue avec l'action, les duels et les trahisons. C'est parfait. Clary fait également la connaissance d'un ami des Lightwood, Sebastian Verlac et sa cousine Aline Penhallow. Le garçon est charmant, galant et séduisant. Il fait oublier à notre héroïne ses récentes déconfitures, mais on sent également le petit détail chafouin qui nous oblige à rester sur nos gardes. Comme c'est bon de relire tout ça ! Je suis toujours dans ma phase de relecture et je ne boude pas mon plaisir. L'univers des Shadowhunters est infiniment excitant et je me réjouis des perspectives à venir. Seul bémol avec ce volume, l'auteur a quelque peu survolé la lutte finale et n'offre qu'une mise en scène dramatique en demi-mesure. Cela reste toutefois une bonne surprise, même si j'avais déjà lu le roman, j'avais oublié des détails et ai replongé dans un ascenseur émotionnel inattendu ! Je poursuis mon aventure chez les Nephilim avec La cité des anges déchus (The Mortal Instruments 4) - déjà disponible en téléchargement sur Audible FR.

©2009 Cassandra Clare / Univers Poche - Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios - Lu par Bénédicte Charton (durée : 15h env.)

Série : The Mortal Instruments, livre audio 3

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29/06/18

L'Archipel 1. Latitude, de Bertrand Puard

L'archipel LatitudeYann Rodin, bientôt dix-sept ans, est arrêté puis condamné pour des crimes qu'il n'a pas commis. Le garçon clame son innocence - il y a erreur sur la personne car il n'est pas du tout Sacha Pavlovitch mais juste son sosie.
Pire que ça, Yann est en fait le pion interchangeable d'un plan redoutable : une organisation secrète accepte d'effacer un individu de la surface de la planète et de le remplacer par une copie conforme. Hier, adolescent lambda, orphelin ayant trouvé refuge dans un monastère sur l'île de Porquerolles. Aujourd'hui, fils d'un criminel aguerri.
Contre la pression médiatique écrasante et la machine judiciaire en marche, impossible de résister. Le môme est expédié sur une île perdue près de l'Antarctique entre les murs d'une prison ultra sécurisée. Autant dire qu'il vient de tomber dans l'oubli...
De son côté, le vrai Sacha Pavlovitch doit donner le change en prétendant être Yann Rodin et débarque la fleur au fusil dans l'arrière-pays provençal en attendant de retourner à ses affaires crapuleuses. Digne héritier de son père, le gamin est froid et calculateur, jusqu'à son installation dans l'ancien fort militaire en compagnie du vieux prêtre aveugle Aliocha.
Contre toute attente, la quiétude des lieux va apaiser Sasha au point de titiller sa conscience et éveiller une petite pensée pour Yann, injustement sacrifié pour servir des intérêts trop grands. Ça et toutes les révélations à venir, je ne vous raconte pas la machination infernale qui va se déployer...
Et je dis bravo l'ami ! Voilà un scénario malicieux et captivant avec un roman qui se lit d'une traite et attend la suite des réjouissances au plus vite (rdv en août, ndlr). Ceci dit, je n'en espérais pas moins de Bertrand Puard qui avait déjà su me surprendre avec sa trilogie Bleu Blanc Sang ! On retrouve ici un rythme endiablé, des personnages énigmatiques, des ramifications nombreuses, des liens complexes et des dénouements invraisemblables... C'est gros, c'est osé. Mais on accepte le défi et on se glisse dans les méandres d'une vengeance de longue haleine.
Carrément TOP pour les jeunes amateurs de lectures qui procurent des sensations fortes. 

Casterman (2018)

 

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Comme une ombre, de Pascale & Gilles Legardinier

Je n'ignorais pas que ce roman avait été écrit sur commande à une époque où Gilles Legardinier galérait pour se faire éditer. L'homme se gaussait des romances à la Barbara Cartland et avait fait le pari de proposer à son tour une aventure sentimentale. Voici donc le fruit de son labeur - version revue et corrigée aux goûts du jour - mais c'est tout de même très éloigné des romans qui ont depuis fait son succès. Je ne vous cache pas ma déception...

G02086Alexandra est une belle jeune femme qui aime parcourir le monde sur les sites archéologiques, mais son millionnaire de père tremble pour sa sécurité et l'oblige à voyager avec un cerbère. La demoiselle a hélas pris pour habitude de les collectionner car elle les fait tourner en bourrique et nul ne supporte ses caprices. Son papa embauche finalement un vrai mercenaire - promu à assurer la sécurité du président américain - et ne dit rien à son fifille. Tom Drake entre en scène. Décrit en des termes de killer - mâchoire carrée, voix grave et yeux de braise - on frémit d'avance...
Entre la belle et son garde du corps, bien sûr le courant ne passe pas. Ils ont tous deux ont des caractères de chameau et aucun ne veut céder à l'autre une part de raison. Alexandra se comporte comme une enfant gâtée (même si elle se sent blessée d'être prise pour une bécasse sans cervelle). Tom veut montrer qu'il est seul maître à bord (mais comprend tardivement que c'est un gros lourdaud aux jugements hâtifs). 
On tombe vite dans les rouages d'une romance classique et saupoudrée d'action avec un kidnapping interminable (à lire pour le plaisir des scènes nunuches et les clichés à la pelle). Les personnages sont risibles ou aveugles ou nigauds ou grotesques (au choix). Je ne confierai certainement pas ma vie à ce Tom Drake - qu'est-ce qu'il est long à la détente ! Sérieusement, j'aime beaucoup Gilles Legardinier donc je vais fermer les yeux mais je le préfère dans un autre registre. Moi je veux de l'humour, de l'humour et encore de l'humour.
J'ai ainsi été agréablement surprise par la nouvelle qui clôt cette lecture : « Mange le dessert d'abord » se déguste en une bouchée tout à fait digestive. Cela m'a d'ailleurs fait oublier tout le reste ! Car le reste est tout à fait dispensable.

Gallimard coll. Écoutez Lire (2018) - Lu par Anatole de Bodinat

Anatole de Bodinat nous entraîne dans le périple d’une jeune fille téméraire et intrépide. L’homme qui la suivra comme son ombre n’est pas au bout de ses surprises... (résumé de l'éditeur)

 

Les nouvelles aventures du fakir au pays d'Ikea, de Romain Puértolas

Les nouvelles aventures du fakir au pays d'Ikea Le fakir 2

Même si je n'avais jamais lu les premières aventures du fakir au pays d'Ikea, je n'ignorais pas non plus de quoi cela retournait mais craignais une lecture trop burlesque pour m'y hasarder. C'est finalement pour le rendez-vous mensuel du Club Audible que j'ai relevé le défi et suivi avec beaucoup d'étonnement les joyeuses péripéties de notre Ajatashatru Lavash Patel (acte 2) !

Le fakir escroc a depuis fait du chemin en devenant un homme riche après avoir écrit un roman à succès et se repose donc sur ses lauriers dans son appartement cossu à Paris. Son éditeur lui fait cependant comprendre que son nouveau manuscrit ne vaut pas tripette et qu'il ferait bien de repartir en vadrouille pour pimenter sa prose. Retour donc en Suède pour concrétiser son rêve ultime - s'acheter son fameux lit à clous et rencontrer le grand patron d'Ikea. En parallèle, on replonge dans ses souvenirs d'enfance alors qu'Ajat suivait son apprentissage de jeune fakir auprès d'une autre fripouille, ce sacré Baba Ohrom. Ajoutez des quiproquos, des chassés-croisés, des petits mots doux qui s'envolent, une dulcinée qui imagine son amour perdu et un chauffeur de taxi gitan qui écoute du Raphaël à longueur de journée... La bidonnade est assurée ET assumée. Cette suite a été pour moi une totale surprise - tant mieux - j'ai été épargnée de toute comparaison et mon enthousiasme n'en a été que plus débordant à l'écoute de cette histoire - fabuleusement lue par Dominique Pinon, au passage. Sa gouaille de vainqueur et l'humour pince-sans-rire qui découle de chaque page font évidemment mouche. Le fakir est un antihéros par excellence, toujours présent pour mettre les pieds dans le plat, amateur de jeux de mots débiles, confondant d'une niaserie abyssale et se couvrant souvent de ridicule, mais avec panache...

En somme, cela se lit comme une fable truculente et déjantée. On redécouvre le royaume des boulettes et des pains à la cannelle sous un autre jour, mais on voyage aussi entre l'Inde et la France, on évoque les flux migratoires et l'idée folle d'une Europe aux abois et condamnée à se réfugier en Afrique... Tiens donc, et si on inversait les rôles ? Ne serait-ce point les prémices d'une nouvelle aventure ? Pour l'heure, c'est drôle et savoureux. L'auteur a certes annoncé qu'il allait écrire un troisième épisode - entre autres lubies - mais gare à la surdose tout de même. En attendant je m'en vais écouter Tout un été sans Facebook !

©2018 Le dilettante (P)2018 Audiolib. Lu par : Dominique Pinon

Série : Le fakir, livre audio 2 (Durée : 6 h env.)

#Club_Audible MAI 2018

Discussion  #ClubAudiblePage FB

https://www.audible.fr

 

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28/06/18

Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell

Sitôt que j'ai vu les mots magiques « Downton Abbey » en couverture de ce livre, mes yeux ont étincelé de mille feux ! Même si je redoutais en mon for intérieur une lecture rébarbative, il me suffisait d'imaginer Mrs Patmore et Daisy pour que mes doutes s'envolent aussitôt.

Les tribulations d'une cuisinière anglaiseMargaret Powell est née au début du siècle et a grandi dans le Sussex, près de Brighton, dans une famille nombreuse et modeste. Vers 13 ans, la jeune fille doit quitter l'école pour “entrer en condition” et est embauchée comme fille de cuisine. Elle connaît alors le dur labeur des journées interminables, des besognes harassantes et ingrates, des foyers méprisants.
Persévérante et effrontée, Margaret part à Londres et devient cuisinière mais ne conçoit pas de passer toute sa vie au service des autres. Elle rêve de se trouver un fiancé et de se marier. En attendant, elle enchaîne les maisons et ressasse son amertume au travers d'anecdotes truculentes et déversées sans chichis.
C'est ce que j'aime dans cette lecture - outre son humour, c'est le caractère bien trempé de Margaret. Elle dit haut et fort ce qu'elle pense, elle avance au culot et elle ne regrette absolument rien. Elle raconte son expérience sans état d'âme et croque les portraits des uns et des autres avec bonhommie. On sent que le temps a fait son œuvre et que la dame a un regard coquin sur son passé.
J'ai vraiment passé un super moment à plonger dans son histoire. En plus de me croire sur le tournage de Downton Abbey, je me figurais également vivre à une autre époque, celle des maîtres et des valets, des grandes maisons anglaises et des clichés romantiques qu'on gratouille avec tendresse. 
En somme, il y a une vraie âme dans ce livre qui rend sa lecture attachante ET passionnante. On comprend mieux pourquoi le scénariste Julian Fellowes s'en est inspiré pour le film Gosford Park mais aussi pour ma série fétiche... On aime beaucoup. On adore !

« Vivre en condition, ça donne un aperçu, voire des idées, sur ce que ça peut être qu'une vie meilleure. On pense à la façon dont nos employeurs vivaient, et peut-être qu'inconsciemment on essaie de les imiter. Les bonnes manières, ce n'est peut-être pas très important, mais ça aide à faire son chemin dans la vie, malgré tout. »  

Petite Bibliothèque Payot (2014) - traduit par Hélène Hinfray

 

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Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice mais doit “entrer en condition” et travaille dans les cuisines des grandes maisons bourgeoises. Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits nostalgiques de domestiques trop parfaits, ce truculent témoignage paru en 1968 valut la célébrité à Margaret Powell (1907-1984) et inspira plusieurs scénaristes, dont celui de la série Downton Abbey.

 

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