25/10/16

Le grand Rendez-vous, de Hubert Ben Kemoun

Le grand Rendez-vous

Un grand rendez-vous à ne pas manquer ! Un album qui se regarde... et s'écoute !

Les nouvelles technologies ne cessent de s'inviter dans la lecture, cf. aussi le très interactif Dessine-moi le vent ! Cet album également nous propose de nous évader à travers 24 histoires mises en scène et en musique par Hubert Ben Kemoun, Sébastien Pelon, Judith Gueyfier, Nicolas Duffaut & Marc-Olivier Dupin.

Pour les découvrir, il suffit de télécharger l'application Nathan Live, d'ouvrir le livre et de scanner l'illustration, puis d'écouter l'épisode sélectionné. Ou de vous rendre sur le site : http://grandrendezvous.nathan.fr/audio.php

Si toutes ces technologies vous dépassent, alors place à l'imagination en feuilletant cet album sans texte et composez vous-mêmes vos aventures ! 

Un violoniste à Sydney, trois enfants chanteurs de rue à Valparaiso, une flûtiste charmeuse de serpent à Bombay, des joueurs de banjo dans le bayou, une harpiste à Buckingham, et bien d'autres, reçoivent tous une invitation à un rendez-vous. Quel est ce rendez-vous si important qu'ils cessent leurs activités pour s'y rendre ? 

Voilà qui chamboule nos habitudes de lecture ! Appréciant le livre audio en général, l'idée qu'on me raconte une histoire me plaît beaucoup. Par contre, télécharger ou s'armer des outils comme un smartphone ou une tablette pour envisager la lecture du soir, j'avoue être un peu réfractaire. Il y a déjà trop d'écrans dans la vie des enfants... Je suis de la vieille école, et j'aime par-dessus tout le bon vieux livre papier ! ^-^

Nathan - Octobre 2016 / Raconté par Louise Grinberg et Emmanuel Lemire. 

NB : Toutes les histoires sont imprimées sur un livret qu'on retrouve sur la dernière page de garde de l'album. 


24/10/16

Cinq petits cochons, par Agatha Christie

Cinq petits cochons

Seize ans plus tôt, Caroline Crale a été condamnée pour avoir empoisonné son mari, le peintre Amyas Crale, sous prétexte que celui-ci allait la quitter pour sa jeune maîtresse, l'affriolante Elsa Greer, qui lui servait aussi de modèle pour son dernier tableau. 
Venant tout juste de se fiancer, leur fille, Carla Lemarchant, convoque le passé et demande à Hercule Poirot de reprendre l'enquête pour l'éclaircir. Celui-ci s'y plie avec bonne grâce et rencontre les acteurs du drame, soit Meredith Blake, l'expert en plantes, son frère Philip, l'amoureux refoulé, la nouvelle lady Dittisham, par qui le scandale est arrivé, mais aussi Cecilia Williams, la gouvernante acariâtre, et Angela Warren, la demi-sœur de Caroline qui n'était qu'une adolescente revêche et dissipée à l'époque. 
L'un après l'autre, ces témoins livrent leur version de l'histoire en accablant Caroline, dont les crises de jalousie acerbes et très violentes faisaient grand bruit dans la maison. Le couple était au bord de la rupture, le mari volage affichait sa nouvelle conquête sous le nez de l'épouse bafouée, qui n'a pas supporté pareille humiliation. Chacun y va de son commentaire ou de son jugement relatif, pendant ce temps Hercule écoute patiemment. 
Les intrigues d'Agatha Christie sont comme des petites mailles tricotées en point très serré. Qu'on ne s'y trompe pas. Ce ne sont pas les mêmes propos qui sont ressassés à l'envi ni les mêmes conflits qui sont rapportés dans le vide, l'histoire n'est jamais statique et tout est dans le détail, car rien n'est jamais anodin dans les histoires de la duchesse ! Non seulement la lecture déploie une prodigieuse mise en scène dans l'art de ménager le suspense, instaurant au passage une ambiance très théâtrale à l'ensemble, mais elle aborde aussi des thèmes d'avant-garde, dont le libertinage et la sensualité, qui n'étaient pas légion dans les romans de 1942 ! ^-^
Ce roman ne vieillit pas et est, de plus, excellemment servi par l'interprétation de haute volée de Samuel Labarthe, alias le commissaire Laurence dans Les Petits Meurtres d’Agatha Christie sur France 2. À noter aussi qu'il existe une adaptation par ITV (saison 9, épisode 1) avec David Suchet, Rachael Stirling, Aidan Gillen, Julie Cox... L'un des meilleurs épisodes de la série Hercule Poirot ! 

Texte lu par Samuel Labarthe pour Audiolib (durée : 7h) - Septembre 2016

Traduction révisée par Jean-Michel Alamagny pour les Editions du  Masque

Mémoire de fille, d'Annie Ernaux lu par Dominique Reymond

Mémoire de fille

Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, alors qu'elle était une toute jeune fille d'à peine dix-huit ans, sortant de son école religieuse, innocente de la vie et du monde. Elle débarque à la colonie de S. dans l'Orne en tant que mono et tombe sous le charme de son supérieur, H. Ce type abuse d'elle honteusement, mais la jeune Annie, tellement naïve, s'accroche à lui et ne s'apesantit pas sur sa première nuit (loupée) avec cet homme, qui cherche un plaisir brutal et égoïste. Le compte-rendu est extrêmement violent, donnant des détails crûment, sans trace d'émotion ni le moindre état d'âme. Comme une volonté franche et résolue de s'affranchir de la petite Annie Duchesne. La fille de 58 cherche en effet à s'émanciper de son éducation de jeune campagnarde et envisage la sexualité comme une étape pour appartenir à un groupe, aussi elle se donne sans réfléchir et se soumet au désir de l'autre. Mais son attitude est raillée, la jeune fille tombe en dépression, son corps exprime son traumatisme (boulimie, aménorrhée). Bref. L'écoute du livre audio devient rapidement une expérience douloureuse, d'abord parce que le récit est lu très froidement par Dominique Reymond, d'une voix grave et sensible, quasi atone, ce qui ne favorise pas un sentiment d'empathie. Puis, l'étalage de l'agressivité sexuelle est déplaisant, en plus de mettre mal à l'aise. Je me sentais dans la peau d'une voyeuse, dépositaire d'une histoire confiée sans retenue, supportant un troublant jeu de rôles entre le “elle” et le “je” pour bien marquer la distance intectuelle et la condamnation de la petite Annie D. (“son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari”). Je n'ai pas adhéré au principe, trouvant cette attitude désagréable et prétentieuse. Ce livre, non vraiment, n'a pas su me toucher, ni m'émouvoir. Je l'ai trouvé insupportable à écouter, à comprendre, à cerner. Je vais à contre-courant de la tendance générale qui crie au génie dès qu'un livre d'A. Ernaux sort en librairie, mais personnellement je trouve ses récits de plus en plus lassants. 

Lu par Dominique Reymond pour Gallimard, coll. Ecoutez Lire / Octobre 2016

Durée : env. 3h 30

Bibliobs > VIDÉO. Faut-il lire “Mémoire de fille”, d'Annie Ernaux ?

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22/10/16

Un bruit étrange et beau, par Zep

Après avoir opéré un virage artistique avec Une histoire d'hommes et aussi son Carnet intime, Zep ne cesse de nous surprendre par l'étendue de son talent et sa sensibilité à fleur de peau, capable de convoquer des émotions vraies et sincères.

Un bruit étrange et beau

William a renoncé au monde, à la vie, à l'amour, aux femmes, à la richesse il y a vingt-cinq ans, en devenant simple chartreux dans le cloître de la Valsainte. Un jour, il reçoit une convocation chez un notaire parisien pour la lecture du testament de sa tante, avec laquelle il s'était fâché suite à sa décision de rejoindre l'ordre religieux. Ce retour à la civilisation est un électrochoc de mots, de sons, d'émotions pour cet homme qui pensait être sevré de tant d'artifices. Dans le train qui le conduit à Paris, il rencontre une jolie jeune femme, Méry, qui lui confie son histoire dramatique : une maladie grave et incurable, plus que quelques mois à vivre... Et les questions pleuvent sur la foi et la croyance, les doutes, l'engagement, les regrets. Comment expliquer à une nana qui croque la vie à pleines dents le choix de se retirer de cette agitation ? En quelques jours, le séjour de William (alias Don Marcus) va le conduire sur le chemin des souvenirs et le mener à ressasser des idées ou des sensations soudaines, parfois déstabilisantes. William retrouve ainsi les enfants de sa tante, Gabriel et Tolède, tous deux profondément marqués par les aléas de la vie. Ils ne sont clairement pas heureux et ils se contentent d'aligner leurs pas au fil du temps sans se donner la peine d'y trouver un sens. Ce sont des personnages éteints et usés par cette vie qui ne fait pas de cadeau. Hériter de biens et d'une fortune, certes... Mais sans la récompense d'un mot doux, d'une caresse, d'une vraie preuve d'amour. 
Zep tire profit de la situation pour exposer la valeur qu'on accorde à la vie en croisant des portraits et des destinées tous plus dissemblables, mais qui parviennent tous à nous toucher. William se confronte à sa vie d'avant et à sa vocation. Son choix du recueillement et du silence est-il le bon ? Qui sommes-nous pour juger ou inciter la balance à peser plus lourd d'un côté que d'un autre ? Cette histoire est infiniment profonde et touchante, elle fait écho à la noblesse de l'âme et du cœur dans le parcours d'un homme saint et en même temps faillible. Ce récit d'une grande pudeur exprime aussi sa force dans un graphisme épuré, aux teintes du passé, alternant entre le sépia ou le noir et blanc, mais où l'évocation est réellement poignante. Une lecture saisissante pour une bd émouvante.  

Rue de Sèvres / Octobre 2016

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Au fil de l'eau, de Juan Diaz Canales

Scénariste de Blacksad et du nouveau Corto Maltese, Juan Diaz Canales dévoile cette fois son talent graphique dans une bande dessinée d'une intensité dramatique ô combien bouleversante.

Au fil de leau

Sur le trottoir juste en face du commissariat de police, ce sont bien des petits vieux qui arnaquent le monde en vendant à la sauvette des produits chipés ci ou là. Oui, une bande de fringants vieillards qui ne craignent rien ni personne ! Même quand la police fait mine de les interpeller, nos papis usent de leur carte vermeille pour obtenir la clémence des agents, non sans récolter un sermon d'usage. Niceto s'en soucie comme d'une guigne et file rejoindre ses potes autour de leur tablée de poker où ils jouent leur argent en avalant un cognac-anisette. Et pourtant, le vent tourne sur nos petits vieux. L'un d'eux a déjà déserté les rangs, sauf que son corps vient d'être retrouvé la nuque fracassée. Premier meurtre, pas le dernier. Car toute la bande est dans la ligne de mire. Les copains tombent les uns après les autres. Niceto panique et quitte sans prévenir le foyer de son petit-fils. Mort d'inquiétude, celui-ci avertit son père de la tournure des événements et tous deux vont fouiller les rues de Madrid pour sauver leur aïeul.  
Oubliez Les vieux fourneaux, cette histoire intégralement réalisée par Juan Diaz Canales (scénario et dessins) nous fait basculer dans un univers sombre et brouillon, rien qu'en noir et blanc, et où l'on perçoit avec un réalisme cuisant le désœuvrement des laissés-pour-compte, la démence sénile et le constat d'impuissance au crépuscule de sa vie. Et au milieu de tout ça, quand même, tous les codes du polar sont empreintés, ambiance glauque et poussée de tension, suspense et descente en enfer, bref on ne se marre pas à chaque coin de page mais on reste les doigts scotchés pour connaître le dénouement. C'est bon, très bon. La lecture est foncièrement passionnante, mais aurait peut-être gagné en intensité et pertinence avec quelques planches supplémentaires pour exploiter davantage les nombreux sujets esquissés, mais ceci n'est qu'un avis subjectif.^-^ Car cette bd évoque avec brio les zones d'ombre de la mécanique humaine avec ses failles et ses sursauts, en nous comprimant bien le cœur au passage. On soupçonne tout et n'importe quoi, avant d'admettre la triste réalité. Un vrai coup de bluff ! 

Rue de Sèvres / Septembre 2016 - Traduction de Sophie Hofnung

 

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21/10/16

Chaque soir à 11 heures, de Malika Ferdjoukh

Réédition du roman de Malika Ferdjoukh, cinq ans après sa parution, avec une nouvelle couverture aux teintes crépusculaires qui rappelle implicitement la très belle adaptation en BD par Camille Benyamina & Eddy Simon.

Chaque soir à 11 heuresLire un roman de Malika Ferdjoukh, c'est l'assurance d'une élégance de style, de personnages excentriques et attachants, d'un univers qui vous coupe de votre réalité et vous fait basculer dans une bulle réconfortante. C'est un rendez-vous doux, chaleureux et lénifiant. Alors, n'hésitez pas à vous glisser sous la couette en buvant, comme l'héroïne, du café au lait pour savourer comme il faut cette lecture. 
Willa est heureuse de sa vie, entre un père adolescent dans l'âme et une mère débordée qui papillonne dans l'univers des Miss, la demoiselle a trouvé un juste équilibre. Sa meilleure amie Fran, qui vit dans un palace, est une nana attachante, fantasque et épuisante à vouloir toujours tirer la couverture à elle, à multiplier les frasques pour obtenir qu'on l'aime exclusivement, etc. Mais impossible de lui en vouloir. Willa est aussi folle amoureuse de son frère, Iago, qui n'a d'yeux que pour elle alors qu'il pourrait conquérir la planète entière. Pourtant, leur belle idylle est en perte de vitesse, Willa ignore pourquoi, son galant se montre distant et invente des prétextes pour la tenir à l'écart. Le petit cœur mou de notre héroïne ne peut en supporter davantage. Un après-midi de déprime, elle accepte l'invitation d'un spécimen rare, rencontré lors de l'anniversaire de Fran. Edern Fils-Alberne lui propose très honorablement de former un duo avec sa jeune frangine Marni, également passionnée de musique, hélas privée de son art depuis la mort de leur mère. Charmée par les lieux, Willa succombe et accepte de “chabadabada” avec Marni et sa collection de matous. Lassée d'être devenue une quantité négligeable aux yeux des Hilbert, Willa se fond dans le cocon douillet de ses nouveaux amis mais ignore encore que la grande demeure familiale, Fausse-Malice, renferme de lourds et poignants secrets. En attendant, la vie autour d'elle continue de tourbillonner sans fin, de l'interpeller, de l'inquiéter, de lui donner des bleus à l'âme. Willa souvent se sent épiée, puis manque de peu d'être envoyée ad patres. 
Quelle angoisse, quelle ambiance. Quelle réussite aussi. Je trouve toujours savoureux de plonger dans une histoire au scénario solide et qui baigne aussi dans un contexte soucieux des détails et des apparences. Cela conforte mon sentiment de bulle hors du temps, quand on plonge son nez dans le bouquin, on ressent un étourdissement dès qu'on relève la tête une seconde. On se comprend, j'espère. Car les romans de Malika Ferdjoukh produisent sur moi cet effet infaillible. Et j'adore ça. De toute façon, je me sens en territoire familier dans ses livres. Leur ambiance old school et fantaisiste renvoie aussi à des univers très marqués, comme les films hollywoodiens de l'âge d'or (années 40-50), ou des romans fantastiques un peu désuets (The Ghost and Mrs. Muir ♥) qui correspondent totalement à mes goûts. À partir de là, je nage dans le bonheur ! ☺
Une pure lecture d'ambiance, énigmatique et foisonnante, au charme éthéré, à la plume enchanteresse, aux références glissées en douce et au suspense parfaitement troussé. Un rendez-vous sous la lune et sur les toits de Paris... tellement excitant ! 

Flammarion Jeunesse / Octobre 2016 pour la présente édition

image de couverture : Studio Flammarion jeunesse

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Suis-moi Sophia !, de Fleur Hitchcock

Suis moi sophiaLourde responsabilité que de porter le même patronyme qu'un certain Alfred ! ... Cela a suffi pour embrouiller mon esprit. J'avais imaginé une histoire moins contemporaine et au ton faussement compassé, mais au final c'est une lecture affolante d'humour et d'aventures dont il est ici question. Une fois ce fait établi, j'ai pris plaisir à poursuivre la découverte. 
Grande dévoreuse de livres, Lottie cherche à  échapper à une existence plate et ennuyeuse, dans une famille qui ne cesse de la désespérér. Ses parents ne font rien comme tout le monde, ils se passionnent pour les plantes, les insectes, font des collections insolites et amassent un bric-à-brac dans leur maison peu reluisante. Lottie en a tellement honte qu'elle n'a jamais osé inviter une camarade chez elle ! Aussi, le jour où leur nouveau voisin débarque avec sa fille Sophia, qui se rend au même camp de vacances, Lottie redoute que celle-ci colporte de folles rumeurs à son sujet. Que nenni. Sophia affiche rapidement une certaine complicité et va même l'entraîner dans sa fugue ! La jeune fille se plaint d'avoir un beau-père tyrannique qui l'empêche de voir sa mère, une célèbre chanteuse en tournée à travers le monde. Elle a donc décidé de la retrouver coûte que coûte. Naturellement, les fables de Sophia ont trouvé chez Lottie un public de choix car la jeune fille croit enfin vivre pour de vrai les mêmes aventures romanesques qu'elle bouquine à longueur de journée. Seulement, il n'était écrit nulle part que son destin d'héroïne passerait aussi par une série de péripéties rocambolesques et frisant le danger de mort à maintes reprises...
Du rythme, des cascades, du cran, de l'amitié, des rêves, de l'espérance, c'est tout un programme que nous vend ce petit roman, dont j'ai beaucoup aimé la dynamique du récit, son humour et son héroïne qui vit sa vie à travers ses lectures. L'histoire n'est peut-être pas follement surprenante, mais elle questionne aussi sur les faux-semblants et l'imagination débordante, en plus de dégager une énergie positive et spontanée. C'est définitivement une chouette rencontre. ☺

Traduit par Catherine Guillet pour les éditions Flammarion Jeunesse / Août 2016

Titre original : Saving Sophia

Illustration de couverture : Jim Field

 

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20/10/16

Un coupable presque parfait, de Robin Stevens

Un coupable presque parfait

Repéré depuis des mois, ce roman détenait la promesse d'une lecture au charme pétillant et au contenu croustillant, puisqu'il est question d'une enquête criminelle au cœur d'un pensionnat anglais dans les années 30 ! Miam, miam. J'étais impatiente de passer à table ! ^-^
Deux amies, Daisy Wells et Hazel Wong, ont créé leur club de détectives mais n'ont jamais pu démontrer l'étendue de leurs compétences. Il faut dire qu'à Deepdean l'ambiance est plutôt paisible. Les pensionnaires vivent sous la coupe d'un règlement très strict et occupent leur temps entre les leçons, les études, les repas et le coucher selon une discipline rigoureuse. Aussi, les filles doivent ruser pour échapper à toute surveillance, soit pour comploter en douce des farces ou pour convoquer des assemblées spéciales et discuter de leurs enquêtes. 
Pour la première fois, les détectives Wells & Wong ont un vrai crime à résoudre. Hazel vient en effet de découvrir, sur le parquet du gymnase, le corps démantibulé de son professeur de biologie, Miss Bell, avant de mystérieusement disparaître. La jeune fille est choquée, mais perplexe, tandis que son amie Daisy est survoltée et prend aussitôt la direction des opérations : dresser la liste des suspects, pousser des interrogatoires à la ronde et démasquer le coupable.
Seulement, il y a un monde entre dévorer des romans policiers et se confronter à la réalité, nos demoiselles vont l'apprendre à leurs dépens et commettre quelques petites erreurs (manque d'impartialité dans leurs jugements). Résultat, nos enquêtrices se fâchent car elles ne partagent plus les mêmes opinions ni les mêmes vues sur leur travail. Cela s'embrouille gentiment pour mieux nous balader dans l'enceinte de cette école austère et à l'ambiance inquiétante.
Au passage, l'auteur revient sur la première rencontre entre Daisy et Hazel, que tout sépare, puisque l'une est fille de Lord et l'autre débarque de Chine, même leurs caractères sont diamétralement opposés, car si toutes deux sont intelligentes et réfléchies, Daisy est impulsive et Hazel plus discrète, mais les deux s'accordent pour équilibrer leur tandem. 
La lecture remplit ainsi son contrat à nous fournir une aventure pleine d'esprit et de suspense, dans un contexte délicieusement guindé mais où on ressent aussi le poids des traditions et de la discipline intransigeante. Un deuxième tome est déjà annoncé en fin de roman, et espérons que la série rencontrera du succès pour ne pas succomber à la malédiction des suites jamais traduites après le deuxième tome (cf. Les incorrigibles enfants de la famille Ashton de Maryrose Wood, Avant minuit de Christopher Edge ou Les affreusement sombres histoires de Sinistreville de Christopher William Hill entre autres). 

Traduit par Faustina Fiore pour les éditions Flammarion Jeunesse / Août 2016

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19/10/16

Cité 19 : Ville noire, de Stéphane Michaka

Cité Ville noire

À la bonne heure ! Une lecture qui promet des voyages dans le temps avant de vous réserver la surprise du chef... youplaboum, ce bouquin est fait pour vous, amateurs de romans étonnants et captivants ! Pour ma part, j'ai été grandement et agréablement surprise, totalement embarquée dans cette aventure et je ne regrette vraiment pas cette incursion dans un univers pour le moins original.
Voyez donc. 
Suite à la tragique disparition de son père, Faustine n'est pas convaincue par l'enquête en cours et se heurte à l'inspecteur peu commode, qui ne lui inspire aucune confiance. Contrainte de fuir, la jeune fille disparaît sans avoir le temps d'avertir ses amis Vikram et Morgane. En fait, Faustine vient de basculer dans une autre dimension - celle d'un Paris sous le Second Empire. Les travaux du Baron Haussmann créent des secousses dans la capitale, de même qu'un tueur barbare essaime ses victimes dans les quartiers populaires en faisant les choux gras de la presse. 
Faustine, qui a grandi dans un musée en cultivant une fascination pour le XIXe siècle, tire rapidement profit de la situation et ne se laisse nullement désarçonnée par ce bond dans le temps. Au contraire, elle s'y sent à son aise et ne manque pas de ressources pour trouver un logement, puis un job de journaliste. Faustine se voit confier la mission de débusquer le tueur en série, de damer le pion au commissaire Gontran et de pondre des articles tous plus sensationnels les uns que les autres, mais ce petit jeu de détective l'entraîne aussi à prendre des risques inconsidérés (rencontres louches dans des quartiers mal famés ou intronisation burlesque dans la haute société aux mœurs excentriques). Pour bien faire, Faustine est chapeautée par le sémillant Victor Echouart dans ce dédale poisseux et inquiétant.
Mais clairement la plongée historique est fabuleuse ! On ressent pleinement les sensations d'un Paris hors du temps dans sa reproduction fidèle et authentique. On se pourlèche des détails et de l'intrigue, ressassant au passage une autre série chère à mon cœur (Blanche de Hervé Jubert). Un franc succès. 
Et puis voilà que tout bascule à mi-parcours... sans crier gare, sans signe avant-coureur et sans ménagement. En gros, c'est extra. Le chamboule-tout inconcevable, mais qui nous remet aussi sur  les rails car il faut tout recommencer à zéro. Une perspective ô combien excitante !
Bref. Ce bouquin propose de l'action, du suspense et des rebondissements inattendus qui rendent la lecture tout bonnement passionnante. J'ai tourné les pages avec insatiabilité
 et impatience, étourdie par le flot de révélations, la ronde des personnages et les nombreuses répercussions qui en découlent. Heureusement que la suite (Zone blanche) est déjà disponible ! ^-^

Pour obtenir un aperçu virevoltant de cette série, n'hésitez pas à écouter le feuilleton radio commandé par France Culture en un clic ICI

PKJ. / Octobre 2015 @Couverture : Laurent Besson

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18/10/16

Toujours maudit ! de David Safier

Toujours MauditDavid Safier renoue avec le succès en reprenant la même formule qu'à ses débuts, lorsqu'en 2008 il débarquait avec son Maudit Karma, un roman burlesque et déjanté qui traite de la réincarnation non sans humour et ironie.
Cette fois, nous faisons la connaissance de deux acteurs aux parcours diamétralement opposés, Daisy Becker et Marc Barton. Tous deux se rencontrent sur le plateau de tournage du nouveau James Bond et se détestent cordialement. Daisy est débutante dans le métier, elle crève d'envie de décrocher un cachet pour payer ses traites, mais voilà que la superstar Barton plombe tous ses rêves en lui sucrant son rôle. Retour à la case départ
 pour notre comédienne maladroite, qui accomplit l'exploit de zigouiller le chien de Marc et multiplie par dix sa fureur. Résultat, à force de chamailleries et d'amaretto ingurgité à haute dose, le couple envoie la Lamborghini se crasher dans un camion. Clap de fin pour ces deux-là. Adios amigos. 
C'est là que notre histoire s'engage sur les sentiers de la comédie loufoque. Car Daisy et Marc se réveillent dans la peau de petites fourmis au cœur d'un conflit guerrier hyper sanglant. En plus du choc de la réincarnation, la rencontre avec Bouddha et l'affreux constat d'être copains de galère, se pose aussitôt la question du karma et des bons points à récolter pour gravir les échelons dans le processus de la renaissance (et ainsi reconquérir leur forme humaine).
Cette seconde chance est aussi l'occasion pour Daisy et Marc de faire table rase du passé, du moins en théorie, puisque notre duo infernal conjugue un caractère de cochon à un tempérament d'âne bâté et ne cesse de se disputer, en se renvoyant mutuellement la responsabilité 
de leur manque de fortune. Mais un événement inattendu va pourtant les rapprocher : l'idylle naissante entre la femme de Marc et le meilleur ami de Daisy. Et ça, aucun des deux n'est prêt à accepter l'impensable. 
À partir de là, l'histoire nous régale de séquences désopilantes et enchaîne les situations ubuesques avec des personnages de mauvaise foi, qui avancent au hasard de leur destinée, sans totalement se débarrasser de leurs mauvais penchants pour le mensonge, l'individualisme, la rancœur et la jalousie. Le chemin pour redorer leur blason est long, long, long mais source d'anecdotes mordantes et cocasses qui font souvent ricaner ! ^-^
Certes, la recette est éculée mais la lecture offre un formidable moment de lecture à voix haute (pour la version audio lue par Pascale Chemin). C'est convivial, fantasque et délirant, en plus de rappeler les valeurs qui rendent la vie plus belle (amour, courage & lâcher prise), avec aussi une dose de pandas pour se blottir tout contre ! 
Un roman frais et distrayant, à défaut d'être follement original (à moins de n'avoir jamais lu Maudit Karma). 

Traduit de l'allemand par Catherine Barret pour Presses de la Cité

Texte lu par Pascale Chemin pour Audible FR (durée : 7h 51) / Octobre 2016

>> Téléchargement en exclusivité sur Audible.  ©2016 Place des Éditeurs (P)2016 Audible FR

Toujours maudit ! | Livre audio

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