18/07/16

Le Lagon Noir, d'Arnaldur Indridason

Le Lagon Noir

Retour sur le début de carrière de notre Erlendur, âgé d'une trentaine d'années, alors jeune recrue de la section criminelle à la demande de Marion Briem. Nous sommes en 1979. Le corps d'un homme est repêché dans un lagon, dont les bains sont réputés pour ses vertus thérapeutiques. Cet homme, dont on ignore l'identité, se révèle être un ingénieur islandais, employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. La police n'obtient aucun accord pour enquêter sur les lieux, mais peut s'appuyer sur l'assistance d'une jeune officier de la base, Caroline, qui prête son concours en dépit des circonstances. La présence de l'armée américaine est perçue comme une intrusion inacceptable aux yeux de la population, Erlendur lui-même ne cache pas ses sentiments politiques sur ce sujet. Mais que ceci ne vienne pas nous détourner de notre chemin. L'affaire Kristvin, un type ordinaire, pas si irréprochable, moins lisse en apparence, au vu de sa consommation de marijuana et la découverte d'une liaison extraconjugale... Un cas autrement plus complexe et torturé, que nos inspecteurs ne manqueront pas de décortiquer. En marge de cette enquête, Erlendur se passionne sur un vieux Cold Case : la disparition d'une jeune étudiante sur le chemin de son école, vingt ans plus tôt. La démarche, personnelle et officieuse, fait naturellement écho au drame que l'on sait. 

Cet épisode aux événements antérieurs complète efficacement la série et apporte une dimension juvénile attachante au personnage d'Erlendur. Ce n'est pas un scoop. L'homme est un éternel solitaire, qui suinte la tristesse et qui protège jalousement ses secrets. Ses collègues ignorent encore tout des démons qui l'habitent, même si on perçoit la fragilité de sa carapace et le début de confiance qui s'installe entre Marion Briem et lui. Les deux intrigues criminelles sont passionnantes, l'une pour le contexte qu'elle révèle (la présence de l'armée américaine, le marché clandestin, la musique rock, les disques, les cigarettes qu'on se refile en douce... et bien entendu une grogne montante chez les insulaires antimilitaristes). La deuxième histoire ne manque pas non plus d'attrait, Cold Case oblige, même si son dénouement me rappelle une autre œuvre classique hyper connue, chut ! ^-^ 

Une ambiance définitivement envoûtante, des histoires poignantes, des destinées qui prennent racine et des personnages qui s'étoffent... Le Lagon Noir a tout pour plaire. La construction alambiquée de cette série, via son procédé de remonter le temps, est judicieuse car elle apporte beaucoup au personnage d'Erlendur ! C'est un roman noir, sans effet de style, simplement construit sur un solide appui et auréolé d'une atmosphère unique, mystérieuse et captivante. Un très bon cru  ! 

Texte lu par Jean-Marc Delhausse pour Audiolib (Juin 2016) durée : 10h 04

Le Lagon noir (Commissaire Erlendur Sveinsson 14) | Livre audio

Traduit de l'islandais (Kamp Knox) par Éric Boury / Titre téléchargé sur la plateforme Audible


13/07/16

Sous haute tension, de Harlan Coben

Myron Bolitar #10

Sous haute tension

C'était initialement le dernier rendez-vous pour Myron Bolitar, Windsor Horne Lockwood, Esperanza Diaz et Big Cindy... jusqu'à ce que l'auteur annonce la parution en septembre prochain d'un nouvel épisode (Home, en VO), après une brève incursion dans le secteur YA où un certain Mickey a tenu le rôle vedette.

Suzze T., une ancienne joueuse de tennis, désormais mariée à une star du rock, est inquiète des accusations lancées sur sa page Facebook concernant sa grossesse. Elle demande à Myron de retrouver son loustic d'époux, probablement enivré dans un bar quelconque, et de démasquer l'auteur des calomnies sur la paternité de son bébé. C'est par ce pur hasard que Myron croise sa belle-sœur Kitty, laquelle ne cherche pas à être vue ou retrouvée. Seize ans plus tôt, les deux frangins se sont fâchés par sa faute. Et depuis, Brad mène sa vie à l'autre bout du monde, avec femme et enfant. Que diable signifie ce retour ? Myron va remuer ciel et terre pour revoir Kitty et la questionner au sujet de Brad, qui aurait de gros soucis, en plus d'avoir mis sa famille en danger. 

Quelle histoire ! Malgré quelques longueurs, on découvre une intrigue assez émouvante, car plus centrée sur les Bolitar et leurs secrets de famille. L'ambiance est nostalgique, l'auteur évoque le temps qui passe, les mœurs qui évoluent, les nouvelles technologies et le métier qui se renouvelle. Même Win envisage sa vie sentimentale autrement et doit porter des lunettes ! Une page se tourne chez MB Reps, non sans tristesse. 

Traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond (Live Wire), 

Repris chez Pocket / mars 2013 pour la présente édition

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Rêves oubliés, de Léonor de Récondo

Rêves oubliés Sixtrid

Voilà un très beau roman, dont le principal sujet n'avait pas lieu de me captiver, et qui finalement a su me transporter, me toucher, m'interpeller. L'histoire raconte l'exil de la famille d'Ataï, en août 1936, alors que l'Espagne est en pleine guerre civile. Sa femme Ama, ses fils et les grands-parents quittent précipitamment leur maison pour franchir la frontière et s'installer dans les Landes françaises, rapidement rejoints par Ataï, retenu par son boulot, puis par des oncles et des cousins, qualifiés de dissidents politiques. 
Le temps de l'exil, d'abord incertain, finit par s'ancrer dans leurs esprits désolés, confrontés à la difficulté de s'installer dans un pays étranger, dont on ne parle pas la langue, et où l'on pressent une hostilité grandissante à l'égard de l'autre, l'inconnu, le réfugié. Dès 1939, un vent changeant souffle sur le pays. Les cousins et les oncles sont arrêtés par la police française, envoyés dans des camps, avec interdiction de véhiculer des nouvelles. L'angoisse monte d'un cran avec l'arrivée des allemands, des jeunes soldats blonds qui crachent leur haine en dégainant leur carabine.
En marge du contexte politique, particulièrement démentiel, le livre raconte aussi le parcours d'une famille, unie comme jamais, très démonstrative et aimante. Ama écrit un journal intime, où elle confie ses espoirs, ses interrogations, où elle parle aussi de sa fausse couche, de ses peurs, de la sensation de coquille vide, de ses désillusions... Écrire un avenir dans un pays qui n'est pas le vôtre, songer aux racines, à l'éloignement, expliquer le sentiment d'exclusion, de non-appartenance à une vie, du sentiment de jouer un rôle et le désespoir du non-retour, du rêve impossible. Croix définitive.

Ce texte, écrit en toute simplicité, est imprégné d'élégance et de pudeur, il est également lu par Marjorie Frantz avec tact, sincérité et sensibilité. L'histoire rappelle qu'être ensemble, c'est aussi tout ce qui compte, dans ce roman qui apporte une autre vision de l'exil, sans tomber dans le misérabilisme ou le pathos. Le tout est généreux, authentique et émouvant. Très, très bon.

 

Interprété par Marjorie Frantz pour Sixtrid / Octobre 2015 (durée : 3h 32)

Rêves oubliés

Repris en poche chez Points (Grands Romans, 2013)

 

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12/07/16

L'Homme de la montagne, de Joyce Maynard

L'homme de la montagne

Rachel et sa sœur Patty adorent vagabonder sur les chemins de randonnée qui jouxtent leur maison, située au  pied de la montagne. Mais durant l'été 1979, une série de meurtres vient semer la panique dans cette contrée paisible et campagnarde. Le père des filles, le séduisant inspecteur Torricelli, est sur toutes les chaînes, toutes les radios, répétant qu'il n'aura de cesse de traquer cet individu.
Au départ la population est en confiance, les copines d'école sont excitées et font les yeux doux à Rachel, qui gagne en popularité et se met à sortir avec des nanas branchées, délaissant de plus en plus sa petite sœur. Patty, fantasque et exubérante, lui reproche de perdre son temps mais Rachel s'en moque.
Elle a treize ans, elle entre en adolescence, se pose des questions sur son corps et sur les garçons, elle est curieuse de plaire et ne veut pas décevoir les attentes. Elle a aussi besoin de se changer les idées et d'échapper à son quotidien en le pimentant autrement (son père a quitté le foyer et fréquente une autre femme, sa mère a piqué une grosse colère et professé des menaces, les filles ont champ libre pour occuper leurs heures perdues).
L'enquête va néanmoins éclabousser leur famille de bien des façons. Les mois vont passer, les meurtres se multiplier, la psychose monter d'un cran. L'hystérie collective va prendre une nouvelle forme et entacher nos jeunes héroïnes. Déterminées à sauver leur père du marasme, les filles veulent démasquer l'Étrangleur du Crépuscule mais vont précipiter malgré elles la chute de l'inspecteur chef. 
Cet été dramatique a marqué à vif les esprits d'une même communauté. 
Obsession maladive, fantasme délirant, sentiment d'échec, exaltation vaine, sexualité débridée... Le constat est sidérant. Cette histoire, à mi-chemin entre le roman d'apprentissage et le polar psychologique, se lit donc comme un conte cruel haletant. L'ambiance nous happe, les personnages nous touchent, la tension nous saisit à la gorge. Une lecture résolument âpre, où persiste le charme de l'enfance et ses attraits vénéneux pour l'interdit. Troublant, captivant, poignant. Très bon ! 

Traduit par Françoise Adelstain (After Her) pour les éditions Philippe Rey / Repris chez 10-18, en sept. 2015

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11/07/16

Sous la terre, de Courtney Collins

SOUS LA TERRE

Une jeune femme couverte de suie et de sang s'agenouille dans la terre pour enterrer son bébé sans vie, avant de s'enfuir à dos de cheval dans les montagnes de cette province reculée d'Australie, laissant derrière elle un cadavre parmi les ruines d'une ferme en feu.

Jessie vient d'éliminer son tortionnaire et refuse de retourner en prison. Orpheline, en liberté sous caution, elle avait été recueillie par Fitz Henry pour s'occuper des chevaux et tremper dans des combines douteuses, croisant en chemin un cowboy au regard de braise, Jack Brown, avec lequel elle a vécu une brève et intense liaison. Leur dernier rendez-vous loupé va d'ailleurs amener celui-ci à partir à sa recherche, en compagnie du shérif Barlow, un pauvre type perclus de douleurs, qui pense se soulager dans la consommation abusive de l'héro. Drôle d'équipe de bras cassés... aux intentions assez troubles et troublantes. Jessie, de son côté, fuit toujours plus loin et se joint à une petite bande de voleurs intrépides, bien planqués dans les montagnes. Sa vie défile en flashbacks et dresse un parcours jalonné de coups et de larmes. Mais la jeune femme, animée d'un caractère farouche, a toujours bravé les obstacles et tracé sa route sans se retourner. 

D'une poésie brutale et poignante, ce récit haletant se boit en une goulée. L'histoire est tout simplement envoûtante. Elle parvient à transmettre un éventail de sensations bouleversantes, en plus de nous planter dans un décor rude et un univers implacable, où souvent le rôle de la femme comptait pour des prunes (l'histoire se passe en 1921). À sa façon, Jessie part à la conquête de son destin et nous emporte au galop de son cheval Houdini vers sa quête de la liberté en une cavale infernale et vibrante d'émotions. Très beau, très fort ! Une vraie réussite. 

Traduit de l'anglais (Australie) par Erika Abrams (The Burial) pour les éditions Buchet Chastel

Repris chez 10-18 en Avril 2015

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08/07/16

Une belle brochette de bananes, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Une belle brochette de bananes

« On est six garçons. Six frères avec les mêmes oreilles décollées et le même épi au sommet du crâne.
Vivre dans une famille nombreuse, c'est un peu comme être un simple exemplaire dans une collection de figurines publicitaires. Impossible de passer inaperçus quand on sort le dimanche. Surtout habillés tous pareils, avec nos blazers anglais, nos culottes de flanelle et les petites cravates que nous offre grand-maman à chaque Noël... Les gens qu'on croise nous comptent et nous recomptent mentalement en faisant les yeux ronds, comme s'ils étaient victimes d'une illusion d'optique.
- Ils sont à vous, tous ces garçons ?
- Oui, pourquoi ? demande maman.
- Une bien belle famille, s'enthousiasment les gens du ton dont ils parleraient d'un tremblement de terre ou d'une catastrophe ferroviaire. Mais six garçons, tout de même, ça ne doit pas être facile tous les jours...
- Oh ! répond maman avec un petit sourire, il suffit d'un peu d'organisation, voilà tout.
C'est vrai que maman est très organisée : on a tous deux ans d'écart, ce qui est commode pour se refiler nos vieux vêtements, et on est tous prénommés Jean-Quelque-Chose. Comme ça, papa et maman ne peuvent pas se tromper quand ils nous appellent pour mettre la table ou ranger les pièces de Meccano répandues sur le tapis du salon.
À chaque rentrée des classes, papa nous photographie deux par deux, la main sur la porte, quand on part à l'école. On a nos gros cartables sur le dos et l'air réjoui d'une cordée d'alpinistes qui s'apprêtent à escalader l'Himalaya sans oxygène en pleine tempête de neige. »

On retrouve avec grand bonheur de nouvelles anecdotes savoureuses sur la famille des Jean-Quelque-Chose : vacances chez les grands-parents, colos à la neige, Jean-Claude Killy et les JO de Grenoble, photographies, premières amours, bagarres entre frangins, principes éducatifs, lectures et animaux... On s'amuse drôlement chez les Jean ! Et on ne s'en lasse pas.  

Je ne vais pas disserter des heures sur le bienfait de cette lecture (et de la série en général), mais il est toujours bon de rappeler les valeurs essentielles qui en font tout le charme : humour, tendresse et batailles de chaussettes sales. Un vrai feu d'artifice !

Gallimard Jeunesse / Mars 2016

Illustrations de Dominique Corbasson

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Écoutez Lire : L'Omelette au sucre, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

L'omelette au sucre

La série des Jean-Quelque-Chose est la lecture parfaite à partager en famille !

Prenez cinq garçons et leurs parents, puis plongez au cœur de leur quotidien, entre vacances à la neige, fête de Noël, cours de piscine, camp de scout ou séjour en Bretagne... Nous sommes en 1967, quelques mois avant la grève et les revendications syndicales, auxquelles nos garçons vont apporter leur pierre à l'édifice, avec leurs vélléités toutes personnelles. Après tout, qui ne tente rien n'a rien ! ^-^ À part ça, la tribu des Jean rêve toujours de télévision, bouquine chaque soir sous les couvertures avec une lampe de poche et s'imagine vivre les aventures du Club des Cinq. Avoir un chien comme Dagobert serait franchement génial. Bizarre, à la place leur père propose d'adopter une souris blanche !

Autre grande nouvelle pour la famille, maman attend un bébé. Les garçons, confiés aux bons soins paternels, auront alors l'honneur suprême de goûter à la fameuse omelette au sucre ! Incontournable. Et la lecture d'égrener de fabuleuses anecdotes qui font la part belle à la complicité et à l'esprit de famille. C'est chouette, simple, sans prétention. Il y a dans cette série une tendresse et une sincérité qui rendent la lecture confondante de bonheur. Sans compter que les histoires de famille nombreuse auront toujours un écho particulier chez nous... 

C'est donc à consommer sans modération ! Pour les lecteurs d'hier et d'aujourd'hui. Car toutes les générations peuvent se reconnaître dans cette formidable lecture ! 

L'interprétation faite par Laurent Stocker est excellente, avec une réalisation sonore très appréciable, qui donne une allure guillerette à l'écoute de cette chronique familiale indémodable (et qui figure parmi mes lectures fétiches !). ♥

Ecoutez Lire, chez Gallimard Jeunesse / Septembre 2008

Prix Lire dans le noir 2009, catégorie jeunesse.

 

Offre «  spéciale Kids » sur Audible.fr valable jusqu’au 31 août

Audible été enfant

Pour occuper sereinement vos enfants durant leurs trajets des vacances, testez les livres audio en découvrant parmi la sélection Jeunesse des textes joyeux, rigolos et incontournables (Le Petit Nicolas, Martine, Les Contes de la Rue Broca, La famille Motordu, P. P. Cul-Vert des Enquêtes au Collège, Le Chien des Baskerville, Le tour du monde en 80 jours...) ! 

Tout l'été, les titres du catalogue Jeunesse (jusque 10 ans) sont disponibles en téléchargement à moins de six euros.  N'hésitez pas. ☺

 

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07/07/16

DUFF, Dodue utile et franchement fade, de Kody Keplinger

DUFF, Dodue utile et franchement fade

Bianca déteste traîner dans les bars ou les boîtes, contrairement à ses deux meilleures amies qui adorent danser, elle préfère les attendre en buvant un soda à la cerise et discuter avec le barman. Et puis un soir, un dragueur de service se tape l'incruste et commence à lui servir un discours alambiqué sur la DUFF. Le vilain petit canard qui détonne parmi son groupe de copines canonissimes. Bianca n'est pas vilaine, elle est juste plutôt banale et sert de faire-valoir à Casey et Jessica. Vexée, elle envoie son verre dans la figure du malotru. Puis, deux secondes après, elle lui saute au cou et l'embrasse à pleine bouche ! Wesley Rush, le tombeur de ses dames... ^-^

Après quoi, tout va aller de travers dans la vie de Bianca. Sa mère annonce son retour au bercail avec une demande de divorce, son père noie son chagrin dans l'alcool, B. flippe et se réfugie sous la couette du playboy, choix qu'elle n'assume pas, même si ce garçon parvient miraculeusement à l'apaiser, elle finit par mentir à ses copines et perd le contrôle de la situation. Elle, d'habitude si grincheuse et sarcastique, devient fuyante, peu sûre d'elle et malhonnête. Cette soudaine perte d'estime lui tombe dessus sans prévenir et rend Bianca complètement désarmée. Au lieu de fuir son tortionnaire, elle se rue chez lui à la moindre crise de panique... Et justement, Wesley n'est pas juste le type odieux qu'on voudrait nous présenter. C'est un garçon plus sensé, sensible et attentif. Les deux caractères, ensemble, font des étincelles mais se correspondent tout à fait. Leur liaison est franchement excitante et pragmatique. J'ai beaucoup aimé leurs réparties, les émotions florissantes et les sentiments naissants. C'est chou. Bianca est une héroïne avec du punch et des neurones (qui ne grillent pas au contact des pectoraux irrésistibles du beau gosse)... Et ouf, quoi.

C'est un bouquin qui se lit pour la détente, pour sourire et pour se rappeler que les clichés ont la vie dure, que les stéréotypes n'ont pas fini d'évoluer et qu'il existe toutes sortes de palliatifs pour soigner sa psychose. C'est fleur bleue, sexy et drôle. Une parfaite petite comédie à déguster pour les vacances. 

Traduit par Aude Gwendoline pour Hachette, janvier 2016

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06/07/16

Vive les Vacances ! par Enid Blyton

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Il souffle un vent de fraîcheur et de douce nostalgie sur cette lecture, que les amateurs du Club des Cinq (mais aussi du Clan des Sept, de la série des Mystères au Cirque ou de Malory School) auront plaisir à goûter ! Pour moi, Enid Blyton me rappelle les vacances, des heures à lire des histoires passionnantes et à s'imaginer partager un bout d'aventure avec Claude, François, Annie, Michel et le chien Dagobert.

C'est donc cette petite fille qui vient de se plonger avec délice dans cet ouvrage qui compile des histoires inédites de l'auteur : une vingtaine de textes courts, qui sentent bon l'air iodé, la crème solaire, les glaces et les châteaux de sable. Au programme : des intrigues simples et charmantes, certaines avec du suspense, d'autres avec de la magie, des histoires autour de la famille ou de la fratrie, avec des enfants qui se chamaillent et se réconcilient, qui combinent des projets pour occuper leurs journées oisives, qui s'improvisent détectives, explorateurs ou flibustiers. Les animaux aussi occupent une place importante au cœur de l'action, tous plus prodigieux, rusés et intrépides les uns que les autres (chiens, ânes, lapins, chats, mouettes...).

Je ne m'attendais pas à apprécier autant ma lecture, que je trouvais au départ délicieusement old-school, avec un contenu assez niais et dépassé, mais qui semble avoir eu prise sur moi, car j'ai dévoré ce bouquin en souriant comme une bécasse de bout en bout ! Toute la magie de l'enfance est remontée. Comme une grosse bouffée de chaleur. Je me sentais bien, heureuse, avec entre les mains un chouette roman aux histoires surannées, qui convient idéalement à la détente et l'évasion. Une belle invitation pour se prélasser... et penser aux vacances, enfin ! ^-^

Traduit par Luc Rigoureau pour Hachette, juin 2016

Illustrations de Mark Beech

Un autre recueil de textes inédits paraîtra fin novembre sur la thématique de Noël !

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Dessine-moi le vent, de Damien Pons & Marina Roel

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Nahel, un petit garçon rêveur et discret, reçoit souvent la visite de Leila « la fille du vent ». Elle s'amuse à lui raconter tout ce qu'elle voit ou croise dans ses tournées. Ce faisant, Nahel a pris l'habitude de dessiner ses récits. Les deux amis s'enthousiasment de leurs créations et redoublent de créativité, d'imagination, de poésie et de fantaisie.

Seulement, un jour, Leila se fâche car elle ne trouve plus que les dessins de Nahel correspondent à ses ressentis de voyages. Le garçon est vexé. S'ensuit une dispute et notre fille du vent s'éclipse comme une bourrasque en claquant les fenêtres. Nahel pense d'abord qu'elle va bouder un temps, mais les semaines passent et Leila ne réapparaît plus.

Alors, l'enfant reprend ses crayons et s'appliquent de nouveau à dessiner les histoires de son amie. Ces doux souvenirs la feront probablement revenir ?

Que se passerait-il si les dessins du livre que vous avez entre les mains s'animaient et quittaient les pages sur lesquelles ils ont été imprimés ? C'est là le nouveau pari du label « Promenons-nous dans les bois » ! L'idée est à la fois simple et très ambitieuse : revisiter le conte traditionnel pour enfants en y ajoutant une composante interactive. Combiner l'objet livre à la technologie de l'écran qui fait des émules chez les jeunes générations.

Si, par cette innovation, les enfants reviennent à la lecture en y trouvant le confort qui leur convient le mieux, je ne peux qu'encourager cette idée. Sur papier, les illustrations ne manquent pas de charme et l'histoire fait la part belle à l'amitié, aux rêves et à l'imagination. Une belle création, mêlant les tableaux interactifs, le dessin animé et d'autres surprises... 

Promenons-nous dans les bois - juin 2016

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