18/02/11

You rock my world

Mon livre de chevet, actuellement et pour un bon bout de temps :

Miscellanees3

Une histoire du rock émaillée d’anecdotes, de rumeurs, de légendes urbaines et d’une masse
d’informations étonnantes, incroyables, scandaleuses ou franchement drôles...

Et parce que ce ne sont pas toujours des informations utiles et qui révolutionneront le monde, je les apprécie davantage et les savoure, toutes pétries de pertinence et d'humour qu'elle puissent être. Je lis plusieurs pages par soir, ce livre ne me quitte plus, je l'ai également prêté à l'homme de la maison qui déteste lire mais qui aime le rock. Non, tu n'apprendras rien mais c'est rigolo. Comme les prénoms qu'il faut défendre quand on entre au CP (Zowie Bowie, Fifi Trixibelle, Misty Kyd et j'en passe). Ou pourquoi Plastic Bertrand ? (Certaines vérités sont bonnes à entendre !) Les noms des groupes les plus énervants, ou rigolos, ceux à coucher dehors aussi. Les plus grandes reprises, les chansons pour chaque jour de la semaine, ou les vingt chansons à écouter tout seul en pleurant dans sa bière... Il y a aussi des pages intéressantes, sur The Beatles, Kurt Cobain, sur le rock de la côte Ouest des USA (des années 70), sur les groupes constitués de frères et soeurs, les scopitones ou les solos de guitares cultes.

Enfin bref, je n'ai pas fini d'en faire le tour et j'en découvre à chaque coin de page. Et j'aime BEAUCOUP ! Il y en a franchement pour tous les goûts, notamment pour ceux qui veulent (un peu) en savoir plus, tout en sachant que l'essentiel se trouve (souvent) ailleurs, et en particulier dans les titres, les idées et l'humour des trois adeptes du rock - Perrin, Rey & Verlant... merci pour ces miscellanées !

Les Miscellanées du rock - Jean Eric Perrin, Jérôme Rey & Gilles Verlant
Points (2011) - 298 pages - 7,00€

et le rockeur qui fait battre mon coeur...

 

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06/01/11

Des filles de la côte Est

IMG_1916Bouh, la claque ! Enfin, celle qui fait mal et donne envie de pleurer. Parce que j'ai été ultra déçue par ce deuxième livre de Courtney Eldridge. J'avais aimé son roman, Record à battre (Phébus, 2005), c'était un bon coup de pied aux fesses au cours d'un été ronronnant, et je pensais que les retrouvailles seraient dans le même genre. Pas du tout ! D'abord, c'est un recueil de nouvelles - comptez sept titres pour 230 pages. Et qu'est-ce que c'est long ! Ohlala. Je n'ai rien contre l'exercice de la nouvelle, alors le problème ne se pose pas. Et Courtney Eldridge, oui j'aime bien. C'est frais, ça parle beaucoup, c'est parfois drôle et sarcastique, c'est fort aussi, car on sent la détresse derrière le grotesque (Becky, la cliente en fauteuil roulant, harcèle au téléphone Rachel, la vendeuse du bloomingdale's. Et pourquoi ? On se le demande !) (ou cette copine qui a la phobie des requins, jusqu'à les imaginer dans une piscine, et qui se prive de tremper le moindre orteil dans l'eau, pff, mais où va-t-on ?!). Non franchement je me suis ennuyée, l'auteur est la reine de la digression, sauf que cette fois l'effet est loupé. On perd vite le fil, on bâille, on soupire, on regarde les aiguilles tourner, on attend, on re-soupire, qu'est-ce que ça peut être bavard. Ahlala. Je ne cache pas mon ennui, malgré un soupçon d'intérêt pour le premier texte, qui évoque en long, en large et en travers le challenge des 5 premiers mots d'un texte. Ceux qui marquent et lancent l'histoire. Ceux qui font tout. Hélas ça duuure... Et finalement mon esprit s'évade. Bref, je suis déçue, vraiment déçue. J'espère que son prochain livre répondra davantage à mes attentes.

Des filles de la côte Est - Courtney Eldridge
Editions 10-18 (2010) - 234 pages - 7,40€
traduit de l'anglais (USA) par Evelyne Gauthier

Présentation de l'éditeur : Elles ont toutes un petit grain, ces filles de la côte Est ! A commencer par Courtney Eldridge elle-même, qui nous conte par le menu, dans la première nouvelle, tous les projets de récits déjantés qui ont fini au panier, étouffés dans l'oeuf par ses angoisses d'écrivain. On la devine ailleurs : dans cette vendeuse en papeterie prise en otage par une cliente névrosée... Et les proches - réels ou imaginaires - de l'auteur ne sont pas en reste : il y a sa meilleure amie et sa phobie des requins de piscine, il y a cette mère alcoolique qui peine à communiquer avec sa fille lesbienne... Courtney Eldridge est une sacrée conteuse, de celles qui savent, définitivement, capter l'air du temps.

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30/10/10

En poche ! #33

 

 

 

* twistTwist, de Delphine Bertholon

Une fillette de onze ans est enlevée sur le chemin de l'école. Pendant cinq ans, la petite Madison Etchart ne donnera aucun signe de vie. Elle s'est évaporée. Une Volvo noire a croisé son chemin, et zou. Plus rien. Les enquêteurs ignorent tout des circonstances, une cellule de crise est créée mais les maigres pistes aboutissent à des désillusions. A la longue, les parents de Madi se renferment mais ne veulent pas perdre espoir. Pour sauver sa peau, la mère écrit de longues lettres à l'absente, qu'elle ponctue d'un "N'oublie jamais que je t'aime", et se promet de les brûler le jour où sa fille rentrera.

Cette histoire, inspirée d'un fait divers, sait admirablement échapper au témoignage délirant et larmoyant - toute disparition d'un enfant est vécue comme un vrai cauchemar par les familles concernées. Or on ne lâche aucune larme, c'est incroyable ! J'avais personnellement peur de tomber dans une emphase déplacée, un climat malsain et éprouvant. J'ai eu l'agréable surprise de lire une histoire passionnante, écrite avec justesse et élégance. Le récit de la petite Madison, notamment, se révèle étonnant, charmant, plein d'humour et d'ironie. On côtoie ses heures de captivité, pas toujours drôles non plus, mais on échappe à toute névrose, toute affliction. C'est une lecture que je conseille pour sa vitalité et son message d'espoir. Cela parle aussi d'attente et d'amour, à un sens très large !

> en librairie le 18 août

* hors_jeuHors-jeu, de Bertrand Guillot

Jean-Victor Assalti est un Dominant, un jeune loup aux dents longues. Brillamment diplômé, il a connu une ascencion fulgurante dans sa boîte de com jusqu'au jour où tout s'écroule. Chômage, attente, désespoir, honte et sentiment d'humiliation. Il décide alors de s'inscrire à un casting pour un jeu télévisé. Lui qui pensait se moquer des autres se trouve bien à son propre piège...

« Hors Jeu » est le premier roman qui va vous convier dans les coulisses des jeux télé (rappelez-vous « La Cible » qui a remplacé la cultissime « Pyramide » sur France 2 !), et ce faisant, suivre l'entreprise d'un Rastignac des temps modernes, chassé de son sérail, et farouchement déterminé à reconquérir sa place au soleil. L'aventure de ce fier spadassin frise l'insupportable, l'insolence, c'est méchant et volontairement grinçant, mais on adore ça ! Drôle et agaçant,  bonjour l'esbroufe !

> en librairie le 25 août

* val_de_graceVal de Grâce, de Colombe Schneck

Situé dans un quartier parisien, le Val de Grâce était un appartement cossu, le lieu magique de toute une enfance, une bulle d'un autre temps, où l'on se sentait coupé du reste du monde. C'était aussi un monde enchanteur, anarchique, où les enfants évoluaient dans un brouhaha constant, sous la coupe bienveillante de Madame Jacqueline, qui lavait, repassait, reprisait et rangeait, cuisinait de la mousse et de la crème au chocolat. 

Au Val de Grâce, tout n'était qu'illusion et poudre aux yeux. Il fallait rendre la vie des enfants féérique, idyllique, douce et sans heurts. Chaque désir était comblé (danser avec Fred Astaire, apercevoir le monstre du Loch Ness, rencontrer le prince à Buckingham Palace, avoir un crédit illimité à la boulangerie).   

Ce furent vingt-trois années de rêve, et pourtant la narratrice a failli tout oublier. Sa mère vient de mourir, la voici face à son héritage. L'heure de solder tous les comptes.   

Le récit est tour à tour pudique, émouvant, drôle et attachant. L'auteur, pleinement consciente d'avoir vécu un rêve, adopte une lucidité franche et honnête, révélant aussi ce que ses parents ont toujours cherché à dissimuler, à expliquer leur exubérance comme une revanche sur la vie. C'est un roman touché par la grâce, qui reste simple et qui ne fait pas montre d'un trop-plein d'amour mièvre et écoeurant. Sa sensibilité le rend, au contraire, sincère et véritablement attachant.

> en librairie le 25 août

* appartement_temoinL'appartement témoin, de Tatiana de Rosnay

Il s'agit du tout premier roman de Tatiana de Rosnay ! Un quinquagénaire désenchanté, après un divorce douloureux, emménage dans un bel appartement moderne au coeur du VII° arrondissement. Des ondes énigmatiques l'assaillent, ainsi que la vision d'une belle et mélancolique pianiste qui semble hanter l'appartement. Le voilà parti de New York à Venise sur les traces de la mystérieuse inconnue ...

Déjà dans ce premier roman, Tatiana de Rosnay abordait des thèmes qui allaient devenir récurrents : la mémoire des murs. La quête de cet homme pour découvrir qui était cette pianiste ressemble à une course à perdre haleine, c'est vif et passionnant. Et même si le personnage manque de charisme, son histoire parvient à nous arracher de notre torpeur car les dernières pages sont plus que surprenantes !

> en librairie le 1er septembre

 

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29/10/10

Une si douce fureur, de Christian Authier

une_si_douce_fureurIl y a six ans, Valentine et le narrateur se sont aimés avant de se séparer. Ils se retrouvent par hasard. C'est plus qu'un signe, pour le narrateur cela signifie que Valentine est bel et bien la femme de sa vie. On parle alors de rencontre amoureuse et de plénitude sentimentale revêtues de leurs plus beaux atours, sauf que tout n'est jamais rose dans le meilleur des mondes... le narrateur l'apprend à ses dépens. Troisième roman de Christian Authier, "Une si douce fureur" a  été en fait ma première rencontre avec l'auteur. J'avais été tellement emballée que j'avais aussitôt voulu lire ses précédents romans (Enterrement de vie de garçon ; Les liens défaits). Jamais niaiseux, ce roman parle d'une relation amoureuse actuelle, ordinaire, avec ses hauts et ses bas. De très belles références accompagnent les pérégrinations du narrateur, et aboutissent sur une conclusion toute poétique : "J'ai perdu ma vie à t'oublier et à me souvenir de toi, à te fuir et à te poursuivre" (Octavio Paz). Un vrai hymne à l'amour, si vous en doutiez...

J'ai Lu, septembre 2010 - 4,20€

EXTRAIT :

" Ceux qui vivent dans les livres, par et pour les livres forment une race curieuse. Pourquoi se retrancher de la réalité et des vivants pour engloutir des centaines de milliers de pages écrites le plus souvent par des morts ou des inconnus que nous ne rencontrerons jamais ? A quoi bon refuser la "vraie vie", au profit d'histoires imaginées ou réinventées ? Pourquoi, parmi ces lecteurs frénétiques, certains jugent-ils bon parfois d'ajouter quelques pages aux bibliothèques déjà existantes ?
Tout simplement parce que nos existences et nos sentiments ne sont finalement justifiés que lorsqu'ils reçoivent l'onction de la fiction ou de la création littéraire. Les livres qui nous accompagnent sont des preuves précieuses. Ils nous confortent dans nos erreurs, nos doutes, nos croyances, nos colères, toute cette somme de mollesses et de crispations qui fait de nous des inadaptés. Ce sont les papiers d'identité de clandestins qui trouvent dans la compagnie des ombres que nous permettent les écrivains une franc-maçonnerie informelle. La littérature ne possède aucune valeur thérapeutique. Un temps, elle peut nous anesthésier, elle ne nous guérira pas de nos plaies et blessures. Ce n'est pas son rôle. Nous traînons avec des livres dans les poches et des phrases dans la tête. Pas dupes de cette fragile mais précieuse carapace, nous nous ébrouons dans une dimension parallèle, entre les vivants et les morts, entre notre réalité recomposée et celle, sèche et étroite, des autres humains.
C'est cet "état d'esprit" qui fait de nous des êtres à part, des réfractaires, des marginaux. "

 

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30/09/10

En poche ! #32

Rebelles, le premier tome de la série d'Anna Godbersen, est disponible en format poche (LdP) !

 

rebelles_anna_godbersen

   

Dans le New York de la fin du XIXe siècle, Elizabeth Holland n'a aucune envie d'épouser Henry Schoonmaker, le riche fiancé choisi par ses parents, d'autant plus qu'elle aime Will, le domestique de la maison. Elles sont belles, riches, snobs, amoureuses et prêtes à tout pour trouver l'amour, l'argent et la gloire… Scandales, drames et complots sur fond d'humour et de passion : le roman d'une jeune fille libre en 1899 à Manhattan. (4° de couv)

La série collectionne les clichés, c'est mièvre et ça coule de partout, cela colle même aux doigts, c'est limite écoeurant, tant de visages en forme de coeur et les teints forcément d'albâtre laissent penser qu'on baigne dans du *harlequinisme* de haut vol. Et pourtant, on s'accroche, on en redemande, on aime ça et on suit avec délectation les péripéties amoureuses de la bonne société new-yorkaise, la même qu'affectionnait Edith Wharton. Du moins, Anna Godbersen manie autrement la plume, moins classieuse et plus cinématographique. L'effet fait illusion. Les personnalités sont stéréotypées, l'histoire repose sur les cancans, les scandales, les liaisons secrètes et les alliances arrangées. On y découvre aussi des êtres avides, opportunistes, sans état d'âme. Ce n'est pas de la grande littérature, mais la série se lit avec facilité et réussit à construire une intrigue habile, riche en suspense et assez bien fouillée pour nous émouvoir, nous atteindre et nous embarquer. La suite tient la route, la série se boucle en quatre tomes.

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07/09/10

En poche ! #31

Ker Violette de Karine Fougeray avait été  pour moi un GROS COUP DE COEUR (éditions Delphine Montalant, 2008).

Le roman est enfin en poche !

ker_violette  10 heures du matin. Du kir-champagne dans une bolée de cidre. Au fond d'un bar breton, ils sont deux face à face. Lui, c'est Félix, marin, pêcheur, artiste. Elle, c'est Clara. Elle n'est pas d'ici. Plus d'ici. Un homme qui peint des rascasses et une fille qui cherche son cheval...  Clara ne pense qu'à cela, ne rêve que de cela. Retrouver Prince. Refaire le chemin. C'était il y a longtemps mais rien n'est oublié. D'abord : aller voir Martreux, le maréchal-ferrant sourd-muet. Lui, saura. Et ensuite ? La vie, la mer. L'Irlande, une vieille pension bretonne, des lettres d'amours, des histoires de marins et l'odeur du varech... Parce que, parfois, la vie se cabre, à 36 ans, Clara n'a plus que son cheval en tête. Pour se remettre en selle...

=) C'est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?

Pocket (septembre 2010) - 5,90€ 
NB : La couverture originale était mille fois plus jolie !

Encore un COUP DE COEUR, mais dans un registre tout à fait différent : Darling Jim de Christian Mork.

Darling_Jim    Il est arrivé un jour à Castletownbere, Irlande. Tout en lui respirait la force, la beauté. Le bruit de sa moto l'annonçait de loin. Et personne en ville, depuis, n'a oublié Jim. Darling Jim. Le raconteur d'histoires, l'amant merveilleux : les hommes l'admiraient, les femmes l'adoraient. On écoutait sans se lasser sa vieille légende celtique, toujours la même : celle du loup qui, devant sa proie, hésite. Aimer. Ou dévorer. Sombre et sauvage histoire qui décidera de celle des soeurs Walsh. Tombés dans les mains d'un innocent facteur, leurs journaux intimes révéleront tout le bruit, la fureur, l'horreur d'une passion perverse. Des cadavres, des haines et des vengeances de femmes rendues folles par un faux prophète, un loup, déguisé en brebis, l'irrésistible, l'inoubliable, l'impitoyable Jim...

C'est un roman qui nous promène d'un chemin à un autre, sans jamais nous perdre, le narrateur veille et nous pousse gentiment vers le sentier qu'il souhaite nous voir emprunter. Et ça fonctionne plutôt bien, on mord à l'hameçon. Une fois ouvert ce livre, on ne peut plus le refermer ! Et l'écriture est sensuelle, brillante, étourdissante. C'est un livre à plusieurs facettes, qui vous raconte une histoire d'amour, de danger et de tristesse. Une histoire qui donne la chair de poule. Une histoire un brin fantastique, avec des contes et légendes qu'on imagine se raconter au coin du feu ou avec une lampe de poche sous une tente ! Pour frémir de plaisir.

Pocket (juin 2010) - 7,30€


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16/04/10

En poche ! #30 : Corniche Kennedy, de Maylis de Kerangal

Corniche_Kennedy

 

Puisque frimer précisément, tchatcher, sauter, plonger, parader, c'est ce qu'ils font quand ils sont là, c'est ce qu'ils viennent faire.

 

Un roman de l'été, de l'interdit, du danger. Ce sont les petits cons de la corniche, vus par Maylis de Kerangal.

en savoir plus, ici

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03/02/10

En poche ! #29

Deux sorties en format poche pourraient intéresser petits et grands lecteurs (sur ma bonne foi ! ;o)

Tobie_Lolness

Tobie Lolness, Tome 1 : La vie suspendue de Timothée de Fombelle

Folio junior, 2010 - 390 pages - 7,60€

Tobie Lolness, un millimètre et demi de la racine des cheveux à l'ongle des pieds, appartient au peuple du grand chêne. Le père de Tobie, savant génial et prophète d'une grande sagesse, a refusé de livrer le secret d'une invention pour transformer la sève de l'arbre en énergie motrice. Furieux, le Grand Conseil a condamné les Lolness à l'exil dans les basses branches, territoire sauvage. Tobie y rencontrera la jolie Elisha. Et plus encore...

Vous ne connaissez pas encore Tobie Lolness ? Réparez vite cet oubli ! Tobie est un personnage de littérature qui deviendra classique, c'est ma conviction ! Tobie Lolness est un héros hors du commun, attachant, courageux, fidèle en amitié et en amour, sensible et droit. Un modèle ! A ceci, s'ajoute une aventure captivante, en plus d'être intelligente et poétique. On y trouve des valeurs fondamentales, des messages subliminaux (prenez soin des arbres et de la planète  !) et c'est tellement bien écrit. Pas de fantastique, pas de magie, simplement de l'élémentaire. La preuve que cela demeure une valeur fondamentale ! François Place apporte également sa contribution grâce à des illustrations de toute beauté. C'est plus qu'un cri d'alarme, c'est une absolue nécessité de lire Tobie Lolness (à suivre avec un deuxième tome, Les yeux d'Elisha).

Pour les fans, le nouveau roman de Timothée de Fombelle, VANGO, sortira en librairie le 18 mars !

 

skully_fourbery

Skully Fourbery de Derek Landy

Folio junior, 2010 - 360 pages - 7,60€

Skully Fourbery est, comme son nom l'indique, un squelette qui, camouflé sous son allure de dandy, se révèle un détective doublé d'un extraordinaire magicien. Il a aussi un humour imparable. La jeune Stephanie Edgley fera sa connaissance en héritant d'un oncle richissime, car dans le même temps elle devient la cible d'individus peu recommandables qui attendent d'elle de leur donner une clef que détenait son oncle défunt. 

Stephanie va découvrir que la petite ville irlandaise où elle vit repose aussi sur un monde souterrain, un univers plus sombre, où on trouve des Forces des Ténèbres, des mages, des sorciers, des magiciens, des gentils, des méchants. La lecture est entraînante, on a à peine le temps de souffler. Il y a du complot, de l'action, des batailles échevelées, et surtout beaucoup d'humour. Le personnage de Skully Fourbery est épatant, sa petite partenaire très attachante. D'ailleurs, ceux qui sont fans du détective squelette auront le plaisir de le suivre dans deux autres tomes, chaque livre offrant la liberté de prolonger ou non l'aventure, il n'y a pas de final à se ronger les ongles parce qu'on crève d'envie de connaître la réponse.

  ******   

A signaler pour ceux qui ont eu le bon goût d'apprécier le premier tome, Le livre du temps, Tome 2 : Les sept pièces de Guillaume Prévost est déjà disponible en Folio junior  !

 

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11/12/09

De grâce et de vérité ~ Jennifer Johnston

10-18, domaine étranger, 2009 - 218 pages - 7,90€
traduit de l'anglais par Anne Damour

de_grace_et_de_veriteSally, comédienne, rentre chez elle à Dublin pour profiter de son congé après une tournée triomphale mais épuisante, c'est alors que son mari Charlie lui annonce qu'il la quitte. Le coeur brisé, elle le met à la porte, se réfugie sous la couette ou s'isole devant son téléviseur à regarder la guerre, comme elle dit. Son voisinage veille sur elle, les enfants bruyants tapent du ballon, une copine lui remonte le moral autour d'un verre de vin, son agent la pousse pour signer un nouveau contrat à New York, sa belle-mère lui remonte les bretelles au téléphone, Sally dit stop.

Aussi, pour faire table rase du passé, elle décide d'affronter monsieur l'évêque, son grand-père, avec qui sa mère était fâchée. Sally souhaite lui tirer les vers du nez, qu'il lui avoue les secrets de famille, à commencer par qui était son père. Sa mère Ruth l'a élevée seule, en lui interdisant toujours de poser trop de questions, ce silence a fini par empoisonner la vie de tous.

Jennifer Johnston est une brillante romancière. Ce que j'apprécie dans ses livres repose dans son ambiance irlandaise, cette fois pas de pub, pas de pluie (ou très peu), pas de solitude avec acharnement du sort, mais bien évidemment une maison dont le charme opère comme un cocooning, un personnage féminin au caractère affirmé, une histoire pas folichonne et encore moins palpitante. A quelques exceptions près, ce sont toujours les mêmes ingrédients et c'est ce que j'aime le plus retrouver. Ce roman, de grâce et de vérité, porte très bien son titre, l'histoire agit tout en séduction, doucement mais sûrement, j'ai aimé son rythme, les personnages qui pourraient en glacer plus d'un, par contre j'ai été un peu rebutée par ce qu'on y apprend à la fin, même si je n'ai pas été surprise non plus, en fait j'ai regretté qu'on bascule aussi inévitablement dans la facilité.
Discutable, donc.

Du même auteur, s'il fallait vous conseiller un titre pour mieux découvrir Jennifer Johnston, je ne peux que vous recommander Petite musique des adieux.

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26/10/09

Nous avons toujours habité le château ~ Shirley Jackson

Christian Bourgeois, 1971 pour la traduction française / Pocket, 1999 - 285 pages.
Shirley Jackson 1962 / titre vo : We have always lived in the Castle.
traduit de l'anglais (USA) par Françoise Maleval et Irène de Cambeur

« Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans et je vis avec ma soeur Constance. Je me suis souvent dit que j’aurais fort bien pu être un loup-garou, car l’index et le majeur de mes deux mains sont de la même longueur, mais il a fallu que je me contente de mon sort. J’ai horreur de me laver, je déteste les chiens et le bruit. J’aime bien ma soeur Constance, Richard Plantagenet et l’amanite phalloïde. Tous les autres membres de ma famille sont morts.

La dernière fois que j’ai jeté un coup d’oeil aux livres de la bibliothèque municipale alignés sur l’étagère de la cuisine, je me suis rendu compte que la date limite de prêt était dépassée depuis plus de six mois. Je me suis demandé si mon choix aurait été différent si j’avais su alors qu’ils resteraient nos derniers livres et, à jamais, sur l’étagère de notre cuisine. »

***********

nous_avons_toujoursDeux soeurs vivent dans une grande demeure isolée, avec un vieil oncle scotché dans son fauteuil roulant, perdu dans son monde et ses papiers qu'il compulse à longueur de journée. Une étrange atmosphère règne dans la demeure des Blackwood, cela vous frappe aussitôt dès les premières pages. L'aînée, Katherine, surnommée Merricat, se rend deux fois par semaine au village pour les courses et les livres à la bibliothèque. C'est une épreuve pour elle, l'hostilité des villageois est flagrante, les murmures grondent sur son passage et quelques enfants n'hésitent pas à pousser la chansonnette qui fiche la frousse,

Merricat, said Connie, would you like a cup of tea?
Oh no, said Merricat, you'll poison me.
Merricat, said Connie, would you like to go to sleep?
Down in the boneyard ten feet deep!

du thé, du sucre, du poison... peu à peu la petite étincelle voit jour et le lecteur comprend le drame de cette famille. Ou presque.

Constance, la plus jeune, vit recluse chez elle, sous la garde protectrice de sa soeur. D'étranges rumeurs ont couru à son sujet, avec une accusation de crime par empoisonnement. Seul le vieil oncle Julian est là pour témoigner du dernier repas pris avec tous les membres des Blackwood, et des fameuses framboises au sucre. ^~^

Ce n'est pas un roman bien épais, mais il réussit à produire l'effet désiré... distiller le doute, l'angoisse et le malaise. C'est une histoire qui traite de secrets, mais aussi de sorcellerie, de squelettes dans le placard, de maison lugubre... bref, de quoi bien frissonner en tournant les pages et en attendant la fin et sa délivrance. C'est un roman qui réunit les codes du roman gothique, par contre l'aspect terrifiant (comme l'indique le TERREUR de l'édition Pocket) se vérifie dans son ambiance et ses mystères, n'attendez pas de rebondissements qui éclaboussent (de sang) en pleine figure. C'est beaucoup plus latent et tout aussi efficace !

Un dernier mot sur l'auteur : Shirley Jackson est morte à 45 ans. C'était un personnage excentrique et secret (elle mentait sur sa date de naissance) et elle s'était autoproclamée sorcière. Elle a néanmoins été reconnue par la critique anglo-saxonne comme l'un des grands écrivains du XX° siècle avec deux ouvrages fondateurs de la terreur moderne, "Maison hantée" et "La loterie". (Ses écrits ont d'ailleurs inspiré des adaptations cinématographiques.)

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