11/10/12

Les fées, les ours et moi

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La valise de Papa est posée dans le couloir. Il part en voyage en Afrique. Tout à l'heure, Lola l'aidera à préparer ses bagages, mais pour l'instant elle a un grave mystère à résoudre : les ours en peluche ont disparu. Ils s'appellent Kika, Neige et Bibou. Ils ont longtemps habité sur une étagère où ils s'ennuyaient, jusqu'à ce que Lola vienne les délivrer, avec l'aide des fées. Ce sont des ours un peu vieux, et un peu fragiles, ils n'ont pas pu quitter l'appartement tout seuls. Lola se demande si les fées ont emmené les ours jouer sans elle. - Les fées n'existent pas, lui dit Tom, son frère. Bien sûr que les fées existent. Avril, la voisine, les a vues de ses yeux.

Un petit roman tout doux, à l'histoire étrange et fantaisiste, portée par les jolies illustrations de Kimiko.

Les fées, les ours et moi, par Kéthévane Davrichewy - illustrations de Kimiko
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012

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06/09/12

Souvent, je me dis que la vie des gens qui ne peuvent pas aller dans les nuages doit être bien ennuyeuse.

extrait d'un petit roman ouvert par hasard, lu en quelques minutes (oui, oui), parfois il n'est pas nécessaire d'écrire des tartines pour attester sa qualité...

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C'est une histoire un peu folle, l'histoire d'un garçon qui se réfugie dans les nuages ou visite le fond des mers grâce à un poisson nommé Robert, il est aussi le roi des taupes, conservateur de musée, jardinier excentrique, grand explorateur et un aventurier hors pair. Il explore les rivières souterraines, dresse des cartes et se bat contre des animaux sauvages. Il râle aussi, il peste contre le dérangeur et le désordre sur sa planète, il insiste quand sa parole est mise en doute, il soutient que son histoire est vraie. Ce serait dommage de le contrarier. Ce texte aux accents oniriques est une jolie invitation à l'évasion et à la réflexion. (En effet, ce garçon ne raconte pas que des bêtises, voyons !) A considérer comme une fable, à lire à voix haute, tout en contemplant les illustrations d'Adrien Albert qui se fondent sans complexe dans cet univers de doux-dingue.

Le roi des taupes, par Olivier Rolin 
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012 - illustrations d'Adrien Albert

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30/08/12

Mister Bonflair : Un voleur trop gourmand

Demain, Jean le hérisson fête l'anniversaire de ses trois enfants. Mais pendant la nuit, quelqu'un dérobe le gâteau ! Qui a bien pu voler ce gâteau ? Mister Bonflair mène l'enquête, avec l'assistance du lecteur. 

L' avis de Miss C. : C'est un livre très drôle, avec un héros particulièrement hilarant. L'histoire est entraînante, laisse planer un faux suspense, on joue le jeu, comme on s'amuse à décrypter les messages cachés avec la loupe rouge, on découvre des révélations rigolotes et on passe un bon moment. C'est une série très sympathique, qui plaira aux lecteurs débutants. Les illustrations saluent aussi tout l'humour de l'histoire, j'ai bien aimé ! 

Mister Bonflair : Un voleur trop gourmand, par Claire Clément (illustrations de Frédéric Bénaglia)
Nathan, 2012

 

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28/06/12

Pêle-mêle Clarabel #51

Nous nous offrons quelques jours de vacances (en fait, cela fait déjà 2 jours que nous avons pris la poudre d'escampette), mais nous ne partons pas les mains vides. Voici quelques-unes de nos dernières lectures :

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  • Pop' Up Zoo de Martine Perrin (Seuil jeunesse, 2012)

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Voilà une chouette balade animée dans le zoo le plus pop : avec la girafe la plus grande, le singe le plus malin, l'éléphant le plus gros, le serpent le plus long... Les animaux se vantent, le gardien n'est pas content et rappelle à tous que c'est l'heure du dodo. J'ai été très agréablement surprise par cet album (pages cartonnées, peu de texte), avec ses couleurs pétantes et son graphisme qui surgit comme un diable hors de sa boîte. L'effet est saisissant, je suis complètement séduite !

  • Honoré à toute allure, par Iris de Moüy (Ecole des Loisirs, Loulou et compagnie, 2012)

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Honoré et ses amis utilisent toute une série de moyens de transport pour se rendre à leur rendez-vous à l'autre bout du monde. Il y a très peu de texte, mais ce n'est pas important. A la place on suit l'histoire fortement illustrée, avec des détails rigolos et des descriptions très poussées sur tout ce qu'il se passe autour (les enfants vont enrichir leur vocabulaire sur tous les transports existants !). Les illustrations d'Iris de Moüy possèdent ce charme naïf et ravissant qui a le don d'enthousiasmer petits et grands lecteurs. On trouve aussi une page à rabat, comme une sorte de paravent qui vous dévoile une autre partie de l'histoire, plus cocasse.

  • Rex, ma tortue de Colas Gutman (Chut ! les livres lu de l'Ecole des Loisirs, 2012)

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J'aime beaucoup les histoires de Colas Gutman, et cette fois encore je n'ai pas été déçue. C'est l'histoire d'un petit garçon qui reçoit une tortue pour son anniversaire. Le problème, c'est qu'il voulait absolument un chien. Alors il décide de transformer sa bestiole pour qu'elle se comporte en chien, pour de vrai. La métamorphose est drôlissime, Rex la tortue va en voir de toutes les couleurs, et l'histoire lue par Céline Milliat a su merveilleusement rendre le ton cocasse de l'histoire. Cela ne vous prendra que 20 minutes pour la découvrir, n'hésitez pas ! 

  • Mortelle Adèle tome 3 : C'est pas ma faute ! par Mr Tan & Miss Prickly (Tourbillon, 2012)

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Adèle n'en finit pas de martyriser son faux lionceau (en fait, un chaton) et son mini grizzli (en fait, un hamster), et le pire dans tout ça, c'est qu'on ne fait que sourire dans son coin. Adèle n'est pas méchante, elle est juste complètement cinglée. Elle a aussi un ami imaginaire et un amoureux transi qu'elle ne peut pas encadrer (beaucoup trop de bons sentiments, pour elle, c'est inadmissible). Elle n'est pas tendre avec ses parents, ni avec les filles de sa classe, ou les retraités. Troisième tome oblige, on retrouve les ingrédients qui ont fait le succès des livres précédents : la lecture se compose d'une succession de scènes désopilantes, fortes d'un humour grinçant (mais pas dérangeant). J'ai pas mal apprécié. Avec une mention spéciale pour la fin, je ne vous dis que ça mais ça vaut le coup d'oeil. Vivement la suite ! 

  • Hulul, par Arnold Lobel (Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012)

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Voici Hulul, le hibou qui sait faire du thé aux larmes et qui, un jour, a invité l’hiver à venir se réchauffer chez lui. Cet ouvrage comporte cinq petites histoires dans ce goût-là, soit une tendre facétie, beaucoup de poésie, des questions simples et philosophiques (pourquoi ces bosses sous la couverture ? et pourquoi ne peut-on pas être en haut et en bas en même temps ?). C'est une lecture chaleureuse, attachante, avec de jolies illustrations. Une petite découverte dont la préciosité et la douceur vous toucheront instantanément. D'ailleurs, c'est une lecture qui ne se raconte pas, on aime et puis c'est tout.

  • Petit prince Pouf, par Agnès Desarthe & Claude Ponti (Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012)

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Et une petite histoire sur la confiance en l'éducation qu'on donne aux enfants... Les parents du Petit Prince Pouf sont soucieux d'apporter le meilleur pour leur garçon, alors ils engagent le meilleur précepteur de la région. Celui-ci va donner trois leçons toutes simples : apprendre à compter un plus un, faire des boudins en pâte à modeler et déduire qu'un chat est un chat. Tout ceci laisse perplexe les adultes, qui vont tester l'enfant de façon fort surprenante. Le charme opère dès les premières pages, l'association Agnès Desarthe et Claude Ponti est alléchante et fait des merveilles. Voilà une lecture rassurante, un brin espiègle, un brin spirituelle, et qui apporte beaucoup de sérénité au passage. 

31/05/12

Une bande de dinosaures crasseux à couettes

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La mère d'Ulysse rêvait de se mettre au vert, aussi sans crier gare elle a poussé sa petite famille à quitter Paris pour vivre à la campagne, une idée vraiment peu réjouissante aux yeux du garçon de neuf ans. Le jour de la rentrée le voit mortifié, sans ses meilleurs potes pour le soutenir, Ulysse se sent seul et est paralysé par la peur. Pour ne pas manquer, la caïd de l'école, une dénommée Charlie, le houspille violemment et lui fait entrevoir l'ambiance de la classe : deux clans ennemis, les Crasseux contre les Couettes, à lui de faire son trou. C'est finalement la dame de la cantine qui va venir à son secours, sauf que ça lui colle la honte ! Après quoi, il devra redoubler d'efforts pour prouver sa valeur et son courage, et à ce jeu-là, Charlie est redoutable. Sauf que sous ses dehors de petite dure, se cache une fillette qui en a gros sur la patate, pour des raisons très proches de celles d'Ulysse... Enfin, tout ça se dégoupillera en temps et en heure. Dans l'attente du dénouement, la guerre froide se durcit entre les garçons et les filles de la classe, pour le plus grand plaisir d'Ulysse qui se complaît dans cette communion d'esprit avec sa bande de potes, qui s'amuse à terroriser les petits nouveaux (c'est comme être aussi courageux qu'un dinosaure, la passion d'Ulysse). 

Voilà donc un petit roman sympathique, sur la force de l'amitié, la difficulté d'intégrer un groupe et l'optimisme de la jeunesse, jamais abattue face aux adversités. Il lui manque un petit quelque chose pour pleinement séduire mon coeur de grande lectrice, mais ça reste un bon conseil pour ceux qui recherchent des lectures qui évoquent le déménagement et les bisbilles à l'école. Bon point d'encouragement ! ;-)

Quand un dinosaure déménage, par Nastasia Rugani
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2012 - illustration de couverture : Delphine Perret 

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30/05/12

Une fille presque banale

Peu de gens le savent. En apparence, j’ai tout d’une fille banale. Rien de particulier à signaler sur mon compte, je ne suis pas du genre à me faire remarquer, bien au contraire ! Je fais tout pour être comme il faut, le but étant bien sûr qu’on « me donne le bon Dieu sans confession ».
Pourtant, j’ai un secret. Je vole, je tire, je pique, je choure, je dérobe.

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Romane cultive en secret le vice de voler (des meringues, des gommes, des stylos, bref des bricoles). C'est une petite voix dans la tête qui la pousse à agir sur l'instinct, alors qu'elle jure à chaque fois de ne plus s'y laisser prendre. Elle veut s'acheter une nouvelle conduite, ne se risque plus à rôder dans les allées des magasins, et en veut à sa mère de l'obliger à faire des petites courses, en somme c'est un peu la faute des autres si elle est tentée.

Un jour, grosse révélation : sa tante préférée lui révèle qu'elle est une chapardeuse patentée, elle dispose même d'un aimant spécial pour chiper des articles de mode sans complexe. C'est un jeu, ou ça y ressemble. Romane, elle, a conscience de mal agir, elle redoute le jour où l'agent de sécurité posera sa lourde main sur son épaule, un simple geste qui condamne tout, mais malgré cette pensée obsédante, elle chipe sans vergogne.

Parce qu'elle est invitée chez Mattéo, le garçon qui fait battre son coeur, Romane a choisi de sortir le grand jeu. De belles fringues tape à l'oeil, le cadeau d'anniversaire qui fait plus que plaisir, bref l'adolescente se lâche... mais à quel prix ! La chute sera rude, douloureuse, bonjour la honte ! Toutefois, l'heure de la rédemption va enfin sonner, et cette prise de conscience, bien que tardive, sera merveilleusement récompensée, et c'est tant mieux car l'histoire se termine sur une belle morale, sans avoir l'air de donner des leçons.

C'est un très beau texte de Raphaële Frier, un titre tiré de la collection Le feuilleton des Incos, qui veut que l'auteur entre en contact avec ses lecteurs au moment de l'écriture du livre, je me sens toujours étrangère à ce principe de bon échange, même si je trouve l'idée généreuse. Néanmoins, je ne boude pas le plaisir de découvrir des petits romans de grande qualité, celui-ci ou celui de Gaia Guasti par exemple.

Volé plané, par Raphaële Frier
éditions Thierry Magnier, coll. Le Feuilleton des Incos, 2012 

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11/05/12

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux...

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Dans ce chouette petit roman, on trouvera :

- une fillette autoritaire
- son meilleur ami qui pense tout le contraire de ce qu'il fait
- des parents qui s'aplatissent comme des carpettes
- une grand-tante revêche
- un petit frère pleurnichard
- une maman débordée, et qui invente des recettes de cuisine douteuses
- un chat au pelage satiné
- une maison étrange, cachée au milieu des détritus, et protégée par un jardin de camélias
- une armée de chats qui aiment l'odeur de la morue
- une salle de musique, et des miroirs
- un moulin à café qui transforme les larmes en bonbons

Enfin bref, voilà une belle lecture envoûtante, hantée par des personnages inquiets et inquiétants, à commencer par Marguerite, la vieille dame au visage félin, avec des pouvoirs de sorcière, qui vit seule entourée de chats, mais aussi les trois enfants, curieux et craintifs, qui vont sortir de cette aventure plus confiants, Armand va apprendre à dire non à voix haute, Flavie va s'adoucir et se dire que finalement elle est douée pour la musique, Marius va sécher ses larmes de crocodile, seuls les parents Marilac resteront des pantins, tandis que la grand-tante Clarisse sera sérieusement secouée.

C'est une lecture magique, poétique, enchanteresse. Gaia Guasti possède un vrai don de conteuse, avec sa touche de facétie et de fantaisie.

La dame aux Chamélias, par Gaia Guasti
éd. Thierry Magnier, coll. Le feuilleton des Incos, 2012 

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04/05/12

C'est moi qui l'avais fait éclore, ce petit sourire, au coin de sa bouche en bouquet de fleurs.

Deux nouveaux titres viennent compléter la chouette collection ZigZag, que j'affectionne particulièrement. Ce sont deux romans très attachants, admirablement écrits, avec des formules et des petites phrases qui touchent, paf, en plein coeur, avec des histoires tendres et amères, d'une perspicacité qui ne laisse pas indifférent. 

Ça déménage !  par Cécile Chartre - illustrations de Charlotte des Ligneries (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)

La vie d'Alexandre, huit ans et des pépettes, n'était que bonheur et tranquillité dans sa petite maison à la campagne, jusqu'au jour où maman et lui sont partis en ville, dans un appartement, parce que papa a décidé de refaire sa vie avec une autre. Pour Alexandre, c'est le début d'une douce rébellion. Il n'aime pas, mais alors pas du tout, son nouveau foyer. Et puis sa mère ne cesse de le coller, de le câliner, c'est insupportable. Même le chat Jean-Claude Chipolatas préfère quitter le navire, après avoir bien noyé le lit de son urine... Hmm, Alexandre aussi veut manifester son mécontentement, lui aussi voudrait qu'on lui rende sa liberté, mais au contraire, sa mère ne cesse de l'étouffer. Il tente d'exprimer son chagrin par la colère et la force, il tape du pied et du poing, les voisines sont d'ailleurs très mécontentes, mais lui s'en fiche... il veut retourner à sa vie d'Avant. Il veut son papa, avoir une discussion, comprendre que les larmes ne sont pas que pour les minus, qu'il faut parler pour expliquer l'inexplicable, que la vie est sans cesse une nouvelle histoire à écrire, avec d'autres maisons et d'autres familles, mais ça ne veut pas dire qu'on change de parents, non. Ni de nom, ni de prénom. Parfois, la vie d'après n'est pas aussi affreuse.

-) Ce petit texte permet de mettre des mots sur le désarroi des enfants, pris dans le feu des tourments des adultes. Ce n'est jamais facile, il y a beaucoup de maladresse et de tristesse, mais heureusement la vie offre aussi la possibilité de rebondir et de croire en des lendemains plus jolis. 

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L'histoire d'Aimée est celle d'une petite fille qui a grandi dans un foyer, parce qu'elle n'a plus de parents. Elle a été abandonnée quelques jours après sa naissance, avec juste un petit mot où était inscrit son prénom. Aimée s'est construit un petit cocon avec ses soeurs d'adoption, mais elle n'a jamais osé avouer que le manque de maman était de plus en plus pesant. C'est en voyant sa copine Clémence qu'elle a compris ce que signifiait l'amour d'une mère, et en cachette Aimée s'est inventé une maman de papier. Au foyer, les filles pensent que c'est un mot d'amour de Medhi. Medhi et ses sanglots qui mangent tous ses mots. Medhi avec un sac de problèmes qui pèse une tonne et un coeur aussi grand que le haut du ciel. Et même si Aimée est méfiante vis-à-vis de l'amour, elle n'est pas insensible au regard doux et triste de Medhi, à ses yeux lourds comme l'amour, à sa lettre avec des ratures et plein de fautes d'orthographe... Et puis, il suffit d'un baiser sur la joue pour faire naître un sourire sur le visage du garçon, c'est dire le potentiel d'Aimée à donner du bonheur. Pourquoi ne pas aller plus loin, alors ? Et croire enfin qu'elle aussi peut faire des trucs bien dans sa vie.

-) Ce petit roman fait bougrement du bien, même si le sujet n'est pas gai et encore moins joyeux, il échappe toutefois à paraître sinistre ou démoralisant, et c'est ça que j'aime dans cette collection, la volonté de ne jamais baisser les bras, d'admettre que la vie n'est pas rose tous les jours mais que ça ne veut pas dire qu'il faut cesser d'y croire. Une vie sans parents, par exemple, c'est ce qu'il y a de plus douloureux pour un enfant. Et la petite Aimée est drôlement attachante à sa façon, parce qu'elle est aussi à fleur de peau, elle passe son temps à observer le monde, à se poser des questions, à avoir des envies, à avoir peur de les vivre ou de simplement les ressentir... La magie d'un livre, c'est donc d'offrir des rêves et des ailes dans le dos, de vous chambouler la tête et le coeur avec toutes ces belles idées. Je crois qu'on n'en a jamais en trop ! 

L'invention des parents, par Agnès de Lestrade - illustrations de Lucie Albon (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)

13/03/12

Pêle-mêle Clarabel #52

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Le panier, par Jean Leroy - illustrations de Matthieu Maudet

C'est l'histoire d'une sorcière très attachante et faussement grincheuse qui découvre dans la forêt un panier avec un bébé. Celui-ci se met à hurler, ce qui incite la sorcière à fuir le plus loin possible car elle ne supporte pas les cris de l'enfant. Mais quelques instants plus tard, la pluie se met à tomber et la sorcière est prise de remords. Elle retourne dans la forêt et rentre chez elle avec le panier ET le bébé. Elle soupire, elle peste, elle râle, elle répète qu'elle ne supporte rien ni personne, mais c'est plus fort qu'elle. Le bébé ne cesse de pleurer et ses hurlements sont stridents, la patience de la sorcière a ses limites... et c'est alors que son voisin l'ogre se présente à sa porte, alléché par l'odeur et alerté par les braillements de l'enfant. Il se propose de la débarrasser de son fardeau, que croyez-vous que la sorcière va faire ?
L'intrigue est joliment subtile puisqu'elle joue avec les trouilles (du lecteur, et de la sorcière). C'est du plus bel effet, surtout à la fin. Ajoutez l
es illustrations de Matthieu Maudet, qui sont superbes, toutes en ombres chinoises. Vous obtenez une chouette petite lecture pour jouer avec la notion de peur et de suspense.

Le brigand à quatre mains, par Jean-François Chabas - illustrations de Cassandre Montoriol

Voilà un conte exotique, fort charmant et admirablement écrit par J-F Chabas, même si je trouve le vocabulaire un peu compliqué pour la tranche d'âge indiquée (collection Mouche), il n'en demeure pas moins poétique à l'oreille.
Des évènements troublants surviennent dans la forêt du Kuatcha, alors que les marchands sont dépouillés de leurs biens sans jamais apercevoir les coupables. Même le sultan est embêté et décide d'envoyer ses troupes pour faire cesser ce désordre commercial. La forêt serait-elle habitée par des esprits malins ? En effet, les soldats finissent par perdre un peu la tête et se résignent à rentrer bredouilles. Tandis qu'ils s'interrogent sur les mystérieux agissements qui semblent naître dans ces lieux ensorcelants, ils jurent de ne pas souffler mot ni d'avouer leur déconfiture. On découvre ainsi LE coupable - le brigand à quatre mains. Et pourquoi il agit aussi sournoisement, du moins... c'est avant de comprendre ses réelles motivations, car lui aussi en bave pour épater celle qui lui fait battre le coeur ! 
Le retournement de situation est très drôle, inattendu et attendrissant. Les illustrations de Cassandre Montoriol sont frappantes, très originales, elles se marient à merveille avec la luxuriance des détails et des descriptions du texte, c'est incontestablement une lecture enrichissante !  

Ecole des Loisirs, coll. Mouche, 2012 

05/03/12

Imaginez qu'un jour vous vous retrouviez brusquement le héros d'une histoire.

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C'est l'incroyable histoire du canard Carlo, qui croise sur son chemin Gnouf le cochon. Celui-ci lui chuchote: hep, c'est toi le héros du jour ! Félicitations, à partir de maintenant, tout ce qui tu feras sera l'objet d'un roman ! Oui, oui, c'est ton histoire, toi qu'on va suivre et ne plus quitter. A partir de ce moment, tout ce que tu feras, penseras, diras sera consigné noir sur blanc.
A toi de jouer !
Gloups, se dit Carlo. Que de responsabilité ! Lui, un héros... tss, quelle idée ! Carlo est un gentil canard à l'existence sans chichi, il a juste une collection de coquillages mais, d'après Gnouf, ce n'est pas très excitant et le lecteur risque de s'ennuyer.
Alors Carlo rencontre Lottie la grenouille, puis Jacquette la chèvre qui peint des tableaux qui ne se vendent pas, et enfin le crapaud au look de cowboy. Finalement son histoire se construit, alimentée par une série de bonnes trouvailles, avec des personnages attachants et des séquences d'action et d'émotion qui conviennent parfaitement aux attentes du lecteur.
Parce que ça se passe comme ça, dans un roman : il faut un personnage central, un héros, et son histoire autour, pas facile à broder, il faut des idées et de la bonne volonté, un zest de facétie, de l'humour et des illustrations aussi rigolotes. C'est subtil, parce que les jeunes lecteurs se sentiront impliqués dans l'histoire, ils seront les complices de Carlo et de Gnouf, ça leur plaira forcément parce qu'ils auront l'intuition d'avoir participé à la création de l'histoire, ou à comprendre comment ça se bidouille, comment un chouette petit roman voit le jour.
Merci Catharina Valckx !

Carlo, par Catharina Valckx smileyc002
Ecole des Loisirs, coll. Mouche, 2012 - illustrations de l'auteur. 

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