12/01/12

L'heure des histoires

C'est une collection qui invite à partager le doux moment de la lecture, entre celui qui lit et celui qui regarde les images. A consommer sans modération. 

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Amusez-vous à répéter plusieurs fois le titre, vous m'en direz des nouvelles ! Bref, l'histoire de John Yeoman est celle d'un meunier exaspéré par l'invasion de souris dans son moulin. Il se procure un chat pour faire le nettoyage, mais l'animal est paresseux, ou maladroit. En clair, il ne sait pas chasser et ne se foule pas non plus pour faire le moindre effort puisque le meunier est un homme rabougri, haineux et colérique. De l'autre côté, les souris sont amicales, enjouées, compatissantes. Elles veulent aider le chat à se montrer plus zélé, puis à lui sauver la mise lorsque le meunier voudra se débarrasser de son gros incapable. Voilà une histoire mignonne, merveilleusement illustrée par Quentin Blake qui fournit comme toujours un travail impressionnant dans les détails et autres précisions pour la compréhension du texte.

Le chat ne sachant pas chasser, par John Yeoman et Quentin Blake (Gallimard jeunesse, 2012 pour la présente édition)

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Encore un classique revu et corrigé par John Yeoman, enrichi par les illustrations de Quentin Blake. Le cochon, la poule, l'écureuil et le hérisson observent l'ours bâtir une bien étrange maison pour l'hiver, avec des rondins de bois et de la mousse pour se protéger contre le froid. Les autres s'en moquent un peu. Et puis l'hiver venu, tous grelottent dans leur nid ou sur leur perchoir et repensent à la drôle d'idée de l'ours avant de se faufiler jusqu'à sa cabane. Pas rancunier, celui-ci les invite à se réfugier bien au chaud mais la cohabitation est bien lourde et fatiguante. Lorsque le printemps s'invitera à nouveau, l'ours comprendra qu'il a encore besoin de sommeil ... et de tranquillité. Ce roman est facétieux et possède le charme de l'hiver: sensation de cocon et envie de se blottir chez soi. Il laisse une impression doucement chaleureuse.

Le drôle d'hiver d'Ours, par John Yeoman & Quentin Blake (Gallimard jeunesse, 2011 pour la présente édition)

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La petite princesse est un personnage très célèbre dans la bibliographie de Tony Ross. Dans cette histoire, la jeune héroïne ne veut pas d'un seul anniversaire, celui qu'on doit attendre un an exprès pour le fêter dans la joie et l'allégresse, non elle veut une autre date, puisqu'elle peut choisir à sa guise, sa mère la reine ne conteste pas et le premier ministre se charge de corriger le calendrier. Etant donné que c'est si facile de coordonner ses envies, la petite princesse décide alors de compléter le royal planning avec ... un anniversaire chaque jour de l'année ! Ni plus, ni moins. La morale démontrera que le trop tue l'étincelle et que l'exceptionnel porte vraiment bien son nom. Avec un petit clin au non-anniversaire d'Alice. ;o)

Je veux DEUX anniversaires ! par Tony Ross (Gallimard jeunesse, 2012 pour la présente édition)

Il existe d'autres titres dans cette collection, mais ce sera pour une prochaine fois.

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19/12/11

Les Bolkodaz, un couple désopilant !

Le grand livre des Bolkodaz est en fait un recueil de petites histoires qui racontent les folles aventures d'un couple entre deux âges. Ce sont souvent des péripéties placées sous le signe de l'humour burlesque, on adhère très vite à cet humour car c'est franchement drôle. Pour moi, les illustrations ont aussi leur part de succès, à leur façon elles racontent une partie de l'histoire, avec charme et simplicité, sûr que ça fait sourire, et c'est ce qui rend cette lecture délicieuse ! Parmi mes passages préférés, il y a la chasse aux perdrix. Mme Bolkodaz les adorent tellement qu'elle finit par les dévorer en cachette, seule, dans sa cuisine, avant de s'en vouloir et d'accuser un copain de passage. Et l'histoire où le couple se perd dans la forêt, par grand froid. Ils trouvent refuge dans une cabane, y font un feu de cheminée, puis, toc toc toc, à tour de rôle, se présentent un lapin, un renard, un loup et un élan. Monsieur Bolkodaz se fâche, il n'a pas envie d'être dévoré par les carnivores, mais finalement chacun arrive à se trouver une petite place sans bouger d'un millimètre. On trouve aussi une chanson sur la mer et une recette de gâteau de pommes au miel. Servez chaud, la serviette autour du cou, vous en redemanderez !

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Forts de leur premier succès, les auteurs Fabienne Mounier et Daniel Hénon ont donc récidivé en entraînant le couple Bolkodaz à travers le miroir. Oui, c'est une découverte : chez eux, se trouve un miroir mou derrière lequel les attendent d'autres palpitantes péripéties (la chasse au 'mais', les framboises de la survie ou le perroquet roi du tiercé, pour ne citer que celles-ci). Le ton général est toujours aussi farfelu, avec une reprise des Habits neufs de l'empereur dans une version très Bolkodazienne ! Encore une fois, le plaisir est au rendez-vous. C'est le festival de l'imagination, ça part dans tous les sens, il ne faut pas s'attacher aux petits détails ni aux situations crédibles, ici c'est l'absurde qui domine. Et j"aime ça ! En prime, on trouve une poésie en guingois sur le chat, le fidèle compagnon du couple, autre personnage hautement sympathique, tout en discrétion, ce qui ne veut pas dire forcément sagesse. Je suis conquise par cette collection, un troisième titre est annoncé pour 2012 et j'en trépigne d'avance !  était annoncé pour 2012, qu'en sera-t-il depuis l'annonce du décès de Fabienne Mounier ?

Le grand livre des Bolkodaz &  Le miroir mou des Bolkodaz par Fabienne Mounier et Daniel Hénon.
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2010 & 2011.
illustrations de Daniel Hénon 

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02/12/11

Le souffle d'un matin

Faisons encore le plein d'émotions, avec d'abord de la tendresse, un peu de douceur, de l'amitié et beaucoup d'amour. C'est l'histoire d'un grand timide, Titus, qui voudrait bien inviter la petite nouvelle, jolie comme un coeur, pour le bal de la Saint-Valentin. Alors il fait appel au génie facétieux de son grand-père, l'incroyable Papyrus, pour lui donner le coup de pouce nécessaire (avec un gâteau d'affection par exemple) pour faire craquer l'élue de son coeur. C'est le deuxième livre mettant en scène Titus et son grand-père Papyrus, et la magie est toujours au rendez-vous. Isabelle Jarry a donné vie à des personnages tellement attachants, l'univers de Papyrus est unique et fabuleux, d'ailleurs les dessins d'Aurore Callias en sont l'interprétation joyeuse et parfaite, c'est sensationnel. On rêverait tous d'avoir un Papyrus dans sa vie ! 

LEBALDE

Place maintenant aux frissons avec une histoire de fantôme : la famille March prend ses quartiers à Forrest Lodge, une belle demeure perdue dans la campagne écossaise ; on y trouve le père, le grand-père, le fiston (Horace), la cousine (Olivia) et la gouvernante. La maison traîne la réputation d'être hantée, c'est vrai qu'on entend souvent des bruits bizarres la nuit dans les couloirs, mais Horace veut le voir pour le croire. Et chose promise, le voilà nez à nez avec le fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh. Qui est-il ? que veut-il ? Et pourquoi sa cousine Olivia prend soudain des airs rêveurs, en jouant à l'infini des mélodies mélancoliques à la harpe ? Une petite histoire surprenante, à lire le soir dès que la nuit est tombée. Frissons garantis pour les plus impressionnables, avec une touche (petite) de romantisme pour ceux qui veulent, voilà qui nous rappelle les romans anglais du 18ème et 19ème siècle.

LAFIANCEEDE

Et pour finir, une lecture minuscule par la taille et pour le temps qu'on passe à feuilleter les pages du livre, mais alors un texte qui sonne les cloches de notre moi inconscient / indifférent / insouciant. Un jour, peut-être, viendra le temps où il sera interdit de planter des fruits et des légumes, où il faudra se cacher pour accomplir ce miracle, et où rien que le goût d'une petite tomate, qui a rougi après avoir vu les fesses d'un petit garçon, vous apparaîtra comme étant la saveur la plus exquise de votre vie ... Han, han. Voilà de quoi rappeler les plaisirs simples de la vie, mais pas que. Car parfois la désobéissance, c'est aussi un acte de liberté. Voili, voilà. C'est encore un texte de Christophe Léon, le seul, l'unique, dont j'apprécie infiniment le tact et l'intelligence. Merci ! 

LEGOUTDE

  • Le Bal de la Saint-Valentin, par Isabelle Jarry & dessins d'Aurore Callias (Gallimard jeunesse, 2011)
  • La fiancée du fantôme, par Malika Ferdjoukh & illustrations d'Edith (Mouche de l'école des loisirs, 2011) =) ce texte est paru en 1990 aux éditions Syros sous le titre Le fantôme de Forrest Lodge.
  • Le goût de la tomate, par Christophe Léon (Petite poche des éd. Thierry Magnier, 2011)

01/12/11

Angora

Encore une tournée de petites lectures, pour le plaisir de vivre des rêves qui pincent le coeur et nous font comme des papillons dans le ventre. Ceux qui nous feraient courir à l'autre bout de la Terre même sous la pluie, même sous la neige ou le soleil brûlant. Marika ne rêve pas d'aller à la mer (voyage offert par le Secours Populaire) mais elle rêve de galoper sur un pur-sang arabe. C'est un rêve inaccessible parce que cela représente beaucoup trop d'argent, et ses parents, comme tous ceux de la cité des Muguets, ne roulent pas sur l'or. Alors, ce sera une journée à la plage en compagnie de sa meilleure amie Sofia. Et quelle journée ! Les filles vont s'amuser, barboter dans l'eau, faire des batailles de sable, découvrir le talent caché de Christian... Voilà une lecture qui donne du baume au coeur, et du rose aux joues. Et des étoiles dans les yeux ! C'est important d'avoir des rêves et de s'y attacher très fort (on ne sait jamais). Très beau texte d'Agnès de Lestrade, avec des illustrations au poil de Nathalie Choux.

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Après le temps des rêves, le temps de rire. Janin s'interroge sur son identité, à savoir s'il est bien le fils de son père. C'est suite à la réflexion de l'épicier italien qu'il s'est mis à douter, en se regardant dans le miroir. Autant il est blond comme les blés, autant son père est brun, très brun, avec une fossette au menton, la marque de fabrique, comme il dit, même le petit frère en a hérité et pas lui ! Janin est un garçon à l'imagination débordante, il va d'abord croire que ses parents ont été le choisir dans un supermarché de nourrissons, au prix de cinquante-cinq euros le kilo. Cela va lui coller une fièvre phénoménale et le droit de rester à la maison le lendemain. L'occasion de se rendre au Monoprix, d'acheter une coloration pour cheveux, de rentrer ni vu ni connu chez lui, et le soir dans la salle de bains, il passe à l'action. Alors, là, c'est vraiment le moment le plus drôle du roman. J'ai ri, mais qu'est-ce que j'ai ri ! C'est un petit livre très attachant, qui fait dire aux enfants qu'on doit ressembler goutte pour goutte à ses parents, sinon c'est inquiétant. Cette introspection est vécue avec tout le charme et la folie de l'imagination débordante du jeune héros. Les illustrations de Gabriel Gay sont très expressives et ont su plus d'une fois m'enchanter.

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Ce n'est pas nouveau de lire des romans où les enfants s'interrogent sur qui ils sont, où ils vont, à quoi ils ressemblent, etc. Raphaëlle, neuf ans et des pépettes, est confrontée à un corps qu'elle ne comprend plus. Tout fout le camp : des poils par ci, des seins par là... mais à quoi elle ressemble ? A une créature monstrueuse, pense-t-elle. A moitié fille, à moitié garçon ? Ne supportant plus son image, Raphaëlle se camoufle sous des piles de vêtements, qu'on lui fiche la paix ! Perdue dans la galaxie entre deux planètes inconnues, elle est à la recherche de ses semblables et, allez savoir pourquoi, son vaisseau ne répond plus... Tellement vrai et juste, ce texte de Charlotte Moudlic fait dans la simplicité et parle de la préadolescence avec tendresse. Et tant mieux, j'ai envie de souligner, c'est un passage qu'on oublie trop souvent de raconter ou de mettre en mots, pourtant ça aiderait les petites demoiselles ! 

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On termine sur une note d'émotion avec le très, très beau texte de Thierry Lenain : l'histoire d'une rencontre entre une jeune fille, très proche de son père, et d'un bébé abandonné à l'autre bout du monde. Marion prend très à coeur sa mission à l'orphelinat, aussi elle se sent insultée lorsqu'une infirmière lui reproche de trop s'attacher au bébé, en lui donnant goût au bonheur, aux petites attentions... C'est une remise en question, où l'on se demande si l'on peut faire du mal en croyant faire du bien, et on découvre aussi que c'est un formidable apprentissage pour Marion, qui vient de son pays doré, qui aime et est aimée en retour et qui réalise ainsi que c'est un luxe. Qu'est-ce que j'ai aimé cette façon de tout raconter à travers le regard du papa ! Très beau, très touchant. Qui fait réfléchir, pleurer et sourire aussi.

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Toutes les références : 

  • Tout le monde veut voir la mer, par Agnès de Lestrade (illustrations de Nathalie Choux) - Rouergue, coll. Zig Zag, 2011
  • Ma tête à moi, par Xavier-Laurent Petit (illustrations de Gabriel Gay) - Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2011
  • Presque ado, par Charlotte Moundlic - Ed. Thierry Magnier, coll. Petite poche, 2011
  • Lali l'Orpheline, par Thierry Lenain (illustré par Olivier Balez) - Oskar éditeur, coll. Trimestre, 2011

07/11/11

Pêle-mêle Clarabel #44

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Oncle Tatoo est un raconteur d'histoires. Il lui suffit de relever la manche de son Perfecto pour dévoiler son bras tatoué (ici, pas de Joconde ni de Radeau de la Méduse, mais un champignon, une licorne, un ressort, un raton laveur, une chaise...) et ainsi livrer le récit d'aventures palpitantes. Ce sont les fillettes La, Lala et Lalala qui sont ravies ! Les histoires du tonton sont riches en anecdotes, farfelues ou poétiques, rigolotes et invraisemblables, mais à chaque fois elles en sortent ravies, tapant dans les mains et suppliant 'encore, encore'. On les comprend ! C'est un ouvrage, avec couverture cartonnée et illustrations pleines de couleurs, qui procure un vrai plaisir de lecture.

Les Histoires de l'Oncle Tatoo, par Rascal & Peter Elliott 
Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2011. 

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Une poulette et un poulain se chamaillent l'affection du fermier. Chaque jour, l'un et l'autre guettent le moindre indice prouvant que Siméon est plus attentionné envers le premier au détriment du second. Ce sont alors de grosses, grosses scènes de jalousie qui fomentent dans l'ombre... mais elles sont vite étouffées par l'évidence que leur traitement est strictement égal. Il n'y a pas un pour dépasser l'autre, et cette situation aurait pu piétiner jusqu'à la fin des temps si Silène n'avait pas fait son apparition. C'est la voisine de la ferme, elle aussi se promène à dos de cheval et ne peut se séparer de sa basse-cour, ce qui rend heureux notre poulain et notre poulette (parce qu'ils vont trouver l'élu de leur coeur !). Et la terrible question du départ sera vite chassée d'un revers de la main (ou de la patte). 

Vous aimez les histoires drôles et poétiques, où l'on danse la polka, le rock et la rumba et où l'on pense promenade, escapade. Et tartine à la marmelade. Les histoires où on déménage une table aux pieds tournés, une collection d'étoffes à carreaux et des verres en forme d'oiseau. Les histoires où l'on glousse, roucoule et trépigne de bonheur. Alors lisez ce livre ! C'est encore une promesse de bonheur.

La Terrible Question, par Jeanne Ashbé
Ecole des Loisirs, coll. Pastel 2011.
Egalement l'auteur de Parti...   

IMG_5700  C'est l'histoire d'un arbre, d'un chat et d'un oiseau. Ce dernier vole dans le ciel, se pose sur l'arbre puis s'envole à nouveau... Le chat tente de lui faire sa fête, mais l'oiseau n'est pas dupe et s'envole de plus belle. Vient enfin l'enfant qui assiste à la scène et qui attend avec impatience le retour de l'oiseau.  Dialogue de sourds, pensez-vous ? Pas du tout ! Le livre est un bel objet, mais la lecture ne m'est pas apparue assez consistante. 

A la place, les tout-petits rigoleront sur l'histoire de la culotte envolée et dont l'utilité questionne les animaux du jardin ! 

IMG_5704  Quelle culotte ! par Yumiko Imai

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23/09/11

When the morning comes...

un auteur qui connaît la recette du bonheur, faite de simplicité et d'humour, j'ai nommé : Catharina Valckx.

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dans Waldo et la mystérieuse cousine, l'ours Waldo veut échapper à l'hiver et propose à son ami Dédé, un lapin débordé par sa nombreuse famille, de rendre visite à sa cousine Jenny qui vit au bord de la mer. Sur place, il découvre une moule dépitée car prisonnière d'un sortilège lancé par une vilaine sorcière qui ne se souvient plus de la formule magique. Quel micmac ! En réunissant les bribes d'informations pêchées à force de patience, Waldo comprend qu'il lui faut trouver un prince charmant (bonjour monsieur d'Embadechémoi, sanglier mal brossé, en pantoufles dans son château, grand amateur de fléchettes) et que ce dernier danse au son des castagnettes pour sauver Jenny ! Que d'émotions au programme, mais Waldo est enchanté de son voyage, il s'est fait un nouvel ami et a décidé de rester au coin du feu en savourant son thé à l'artichaut avec un peu de gâteau au miel, loin, très loin de l'hiver... 

Le bison est un texte tout aussi drôle et fanfaron. Billy le hamster veut devenir un bon cowboy comme son père et se lance comme défi d'attraper au lasso un bison ! « Le jour où un hamster attrapera un bison au lasso, je mangerai mon chapeau. » affirme son père en levant les yeux au ciel. Il s'en retourne à ses noisettes tandis que son fiston s'enfonce dans la plaine pour s'entraîner avec son ami Jean-Claude, le ver de terre. Passant par là, Josette la souris lui apprend qu'un bison se trouve justement dans la rivière, en train de se rafraîchir. C'est un miracle pour Billy, l'heure de vérité a sonné, il ne doit pas louper cette occasion. Aussitôt dit, aussitôt fait. Billy s'approche du lieu du crime et contemple la bête... magnifique, imposante et compréhensive. Oui, ça peut servir. Après un rodéo sans heurt, le hamster et le bison vont parvenir à un accord. Que ne ferait-on pas pour des noisettes grillées ?!  

Sur le site de L'école des Loisirs, Catharina Valckx précise qu'elle aime écrire des histoires "concrètes et pleines de fantaisie", des histoires qu'elle veut "réconfortantes et drôles", et à l’humour un peu absurde. "Celui qui ne fait pas rire, mais sourire. Celui qui me réconforte, moi aussi."  J'aime et je cautionne cette formule, elle me va comme un gant ! 

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15/09/11

Pêle-mêle Clarabel #37

IMG_5359Le chic, en cette rentrée, c'est de pouvoir dire pouce et rigoler en ouvrant un petit bouquin de 38 pages et se consoler en pensant haut et fort que l'auteur, Colas Gutman, a vraiment tout compris. 
A quoi ça sert un enfant ?
A. RIEN. DU. TOUT.
J'aime, forcément.
Et il faut savourer les petites illustrations de Delphine Perret, c'est comme la cerise sur le gâteau avec une goutte de chantilly. 
Alors, de quoi ça cause ? C'est l'histoire d'un garçon qui déteste la campagne, qui se perd en forêt et qui tombe nez à nez avec un mouton, une vache et une poule. La discussion s'engage. Qui es-tu ? que fais-tu ? à quoi sers-tu ? A force de jurer son utilité dans la vie, l'enfant s'emporte et parvient à déjouer le plan machiavélique qui se concoctait derrière son dos (un loup était aux aguets, brrr !). 
Je ne suis peut-être pas très objective non plus, parce que j'aime et ne loupe aucun livre de Colas Gutman, mais force est de reconnaître que c'est drôlement bon et truculent. Alors, pourquoi se priver ?!

L'enfant, par Colas Gutman (Mouche de L'école des loisirs, 2011).
illustrations de Delphine Perret

IMG_5377Et dans la catégorie, je m'offre un plus grand format et je ne me classe dans aucune catégorie, laissant la fenêtre ouverte aux envies, parce que c'est tellement connu que les grands lecteurs aussi se perdent dans les éditions de jeunesse, je demande donc le nouveau roman d'Olivier Adam. 
Personne ne bouge.
Non ce n'est pas un western, ni un thriller. Cela ressemble à un roman fantastique (une première !), mais c'est surtout une manière détournée pour dénoncer le temps qui passe trop vite et qui nous fait passer à côté de belles choses, toutes simples, comme contempler la mer. Antoine est un gamin qui vit avec ses parents dans une ville en bord de mer, et selon lui, il trouve idiot d'habiter si près et de ne rien en connaître. Lui se passionne pour les marées, les poissons, les oiseaux, la mer n'a aucun secret pour lui. 
L'histoire d'Antoine débute un soir, dans la cuisine. Sa mère épluche des légumes, lui fait ses devoirs, et d'un seul coup, c'est le silence total. Plus rien ne bouge. La vie autour de lui s'est mise en arrêt sur images. Il est le seul à pouvoir se balader à sa guise. Bizarre, non ? Et pourquoi, et comment... ? Nul ne sait. Mais tout va rentrer dans l'ordre et le phénomène va même se reproduire. Il va d'ailleurs vivre une expérience mémorable avec son amoureuse secrète.
Sans quoi, il ne faut surtout pas chercher d'explication scientifique sous peine de frustration. Cela arrive, sans raison. Ne pas chercher plus loin. C'est en renfermant le livre que je me suis interrogée sur son propos: et si, tout simplement, on cherchait à se rappeler que la vie nous mène un train d'enfer et qu'on donnerait cher pour s'offrir du temps en plus, avec rien à faire en particulier.
Et pour les fans, on trouve une référence à La traversée du temps. Evidemment.

Personne ne bouge, par Olivier Adam (Ecole des loisirs, 2011)
Illustration de couverture : Gwen Le Gac 

10/09/11

Pêle-mêle Clarabel #38

 

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Horrible Henri est une série drôle, qui a su cerner son public (dès 7 ans) en osant emprunter la voie du subversif avec gentillesse et sans prétention. Le but : partager les bêtises d'un chenapan sans paraître grossier et ne pas verser non plus dans le côté "c'est mal", "c'est pas bien"... Le lecteur aura assez de bon sens pour distinguer l'humour et l'insolence. Et puis Henri est un garçon fort sympathique, il mène une vie normale, il a un petit frère - Paul Parfait, quelle angoisse ! - et des parents qui ne saisissent jamais ses contrariétés (il déteste la danse et préfère le karaté, à qui la faute s'il décide de saboter le spectacle de Mlle Tutu ?). Il est parfois accompagné de son pendant féminin, l'incroyable Maudite Marguerite, et ça fuse, ça déglingue, ça gesticule. Non, les bêtises ne manquent pas. La source d'inspiration n'est jamais tarie, et c'est une idée judicieuse de suggérer que Horrible Henri est le cauchemar des enfants sages ! 

Horrible Henri par Francesca Simon
illustrations de Tony Ross - traduit par Vanessa Rubio-Barreau 
Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet, 2011.

D'autres suggestions de lecture, dès 7 ans.

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Des fées, des paillettes, une école pour se faire des copines et des ennemies... il y en a pour 11 volumes à ce régime. (Ma fille a lâché l'affaire après le tome 4, trouvant que c'était trop répétitif.)  
L'Ecole des Fées, par Titania Woods (Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet) 

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J'avais lu les deux premiers tomes avec ma fille, il y a trèèès longtemps. Je suis bien incapable de me rappeler les détails, mais je me souviens que j'avais trouvé ça très sympa. Deux prochains tomes doivent paraître à l'automne.
Les Pozzis, par Brigitte Smadja (Neuf pour L'Ecole des loisirs).  

Brigitte Smadja pense que nous sommes tous des Pozzis et des Lailleuriens. C’est que, depuis une balade en Corse, elle a changé d’univers pour créer un nouveau monde. Le sien.
D’ailleurs elle le dit elle-même : Les Pozzis est son premier récit vraiment autobiographique.
Elle raconte son histoire mais a pris un autre chemin qui grimpe, qui descend, et qui arrive à un paysage sous la forme d’un puzzle. (source : ecoledesloisirs.fr)

06/07/11

A quoi ça sert ... ? (avis aux 8-12 ans, et plus aussi, rien ne l'interdit !)

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Myriam a vécu la honte de sa vie quand son auteure préférée est venue dans sa classe et qu'elle a éclaté en larmes sous le coup de l'émotion. Depuis, elle ne rêve que de lui écrire. Mais c'est difficile... Elle décide de déverser tous ses secrets dans un journal intime, rebaptisé La poubelle des larmes pour l'occasion. Le divorce de ses parents, le passage au collège, son envie de devenir écrivain, les coups de gueule et les coups de foudre, tout y passe. C'est le début d'une nouvelle vie.

Nouvelle collection publiée aux éditions Thierry Magnier, le feuilleton des Incos a cherché à tisser une collaboration directe entre l'auteur et des classes de CM2 et 6ème. L'un écrit, les autres commentent et apportent leurs avis. J'ai particulièrement apprécié retrouver des extraits de ces échanges à la fin des ouvrages.

En ce qui me concerne, j'éprouve une petite préférence pour le texte de Frédéric Kessler - A mort la mortLéopold et les habitants de son village passent un pacte avec la mort: la vie éternelle pour tous s'ils renoncent à faire des enfants. Est-ce une si bonne idée ? Il y a une grande portée philosophique derrière ce texte qui se pare d'humour et qui joue avec le feu. Traiter de la mort, c'est un risque. Le pari est réussi à partir du moment où l'auteur fait comprendre qu'il faut s'emparer des sujets qui fâchent ou qui effraient, afin de les décortiquer pour mieux comprendre leur principe. Et ainsi, on en vient à la conclusion que la mort, ça fait partie de la vie et que sans elle, c'est aussi la vie qui fout le camp. Tout stagne, tout se répète, l'ennui s'installe... non, ce n'est pas une vie. J'ai beaucoup aimé cette approche et j'ai apprécié aussi les discussions des enfants-lecteurs qui ont su tirer les bonnes leçons également.

A Mort la Mort - Frédéric Kessler / La Poubelle des Larmes - Elisabeth Brami
éditions Thierry Magnier, coll. Le feuilleton des Incos, 2011. 4,95€ le livre. 

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20/05/11

« Un élixir est une petite créature qui n'a qu'un but dans la vie : montrer la beauté du monde »

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Quel roman absolument déconcertant ! J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, la mise en place est lente, compliquée (un peu) et puise dans le réservoir de l'imaginaire avec délectation. D'un autre côté, c'est réjouissant d'avoir un livre qui sait si bien raconter une histoire, avec son lot de créations et propositions qui sortent des sentiers battus. On rencontre Pauline, une petite fille qui apprend via sa tante l'existence des Elixirs et des sorcières amputeuses, ces dernières les avalent pour leur force et leur capacité à montrer la beauté du monde. C'est incroyablement poétique, merveilleux et fantastique. Puis le suspense grimpe avec l'arrivée de la terrible Humbaba, la sorcière la plus vieille et la plus puissante. Elle veut récupérer le Murmure qui s'est échappé de son igloo et qui s'est réfugié dans la chambre de Pauline. Mais la petite fille tient tête et va affronter la sorcière jusque dans son repère, et au péril de sa propre vie !

J'avais apprécié le premier roman de Sabrina Mullor, Le merveilleux petit champignon atomique. J'ai été déstabilisée par celui-ci, l'univers est plus riche et complexe, il faut s'accrocher, de plus la séduction est longue à venir. Globalement j'ai aimé et j'ai été déçue aussi. Cet imaginaire si fourni risque de décontenancer les plus jeunes lecteurs, alors que je reconnais que c'est bon de lire un roman aussi original et inventif. Car il se passe de jolies choses dans ce roman, qui font battre le coeur et qui donnent envie de croire à ces histoires d'Elixirs et de beauté du monde... C'est en soi un conte moderne et novateur, avec du charme à revendre, beaucoup de poésie et une pointe de déconfiture aussi, qu'il ne faudrait pas négliger du fait de la mise en route qui est quelque peu déstabilisante...

Pauline contre Humbaba et les sorcières amputeuses - Sabrina Mullor
Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 167 pages - 9,50€
illustration de couverture : Adrien Albert

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