02/05/11

Un auteur : Yann Coridian

Yann Coridian est apparu sur la scène littéraire en 2010 et a déjà publié 3 romans chez l'école des loisirs (à paraître bientôt, un texte dans le recueil s'intitulant : Mon royaume est un cheval aux côtés de Susie Morgenstern, Christian Oster et Brigitte Smadja). La rencontre a eu lieu au détour d'une lecture, et aussitôt mon coeur a fait des bonds idiots pour me signaler que j'étais grillée, car totalement sous le charme !

Cela a débuté avec Le grand petit déjeuner (un père et son fils partagent un tête-tête attendrissant autour de la table du petit déj' où s'entassent du fromage, des yaourts, des oeufs brouillés, du chorizo, du café et du lait chocolaté), l'ambiance est délicieuse, chaleureuse, intimiste et les illustrations de Gabriel Gay ont accentué cette impression de bulle. J'en suis sortie heureuse, mais vraiment heureuse. Pour bien faire, j'ai donc mis la main sur les deux précédents titres de l'auteur, à commencer par Le jour où mon papa a perdu son papa. J'avais repoussé sa lecture, je ne me sentais pas le courage, j'ai eu raison, c'est beau et triste et sensible, bref ça met la tête à l'envers et le coeur au bord des lèvres, mais c'est raconté avec humour et tendresse aussi donc ça fait du bien. Puis, est venu Mon idiot de beau-père, un texte beaucoup plus drôle et foufou. La mère d'Adam a un nouvel amoureux dans sa vie, un breton répondant au prénom de Loïc (ça rime avec colique). Ce type est un peu dingue, à vrai dire. Lorsque sa mère doit s'absenter pour son travail, elle confie son fils à ce beau-père mystérieux. La cohabitation n'est pas du goût du garçon de neuf ans, qui veut montrer que c'est lui le chef de la maison, mais c'est exactement l'inverse qu'il va se passer. Adam devient témoin et complice de la facétie de cet homme, nous offrant une lecture plus que sympathique ! Une vraie bouffée d'air frais.

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Le jour où papa a perdu son papa, Neuf de l'école des loisirs, 2010 (illustration de couverture : Adrien Albert) ; Mon idiot de beau-père, Neuf de l'école des loisirs, 2010 (illustration de couv: Adrien Albert) ; Le grand petit déjeuner, Mouche de l'école des loisirs, 2011 (illustrations de Gabriel Gay).

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30/04/11

Pêle-mêle Clarabel #32

C'était notre découverte d'un soir, Le bébé tombé du train par Jo Hoestlandt & illustré par Andrée Prigent.

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J'ai été ravie par cette lecture, en fait ! C'est l'histoire d'un vieil homme seul, Anatole, dont la maison se situe près d'une voie ferrée. Il est coutume qu'il retrouve toutes sortes de choses dans son jardin, comme des lettres ou une brosse à cheveux, le genre de détails auxquels il a fini par ne plus prêter attention... jusqu'au jour où il découvre avec étonnement un bébé, un vrai bébé qui rampait dans les herbes. Aussitôt Anatole décide de l'adopter et prend soin de l'enfant ; commence alors une belle relation entre le vieil homme et le petit Virgile. Le temps passe, on toque à sa porte mais Anatole rembarre les gendarmes, mais pas cette jeune femme qui se présente à lui. Je me suis laissée porter par l'histoire, n'ayant rien deviner malgré les indices, et la fin a été un beau cadeau que j'ai déballé avec ravissement. J'aime définitivement cette collection (Trimestre, chez Oskar jeunesse) où la voix d'un auteur devient complice du talent d'un illustrateur pour un plaisir de lecture garanti.  

Nous avons également lu le dernier roman d'Agnès de Lestrade, Le jour où j'ai abandonné mes parents.

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Karla-Madeleine n'a pas seulement un prénom impossible à porter, elle a aussi des parents insupportables, tellement différents l'un de l'autre qu'ils passent leur temps à se chamailler. Et quand arrive un gros souci domestique dans la maison, pendant les vacances, et qu'il leur faut donc plier bagages pour aller au camping, Karla-Madeleine ne va plus vouloir supporter les querelles entre ses parents et va choisir de vagabonder entre les allées. Elle y fera une bien étrange rencontre ! Ceci l'amènera à mettre son grain de sel dans les relations conflictuelles de ses parents, en réalisant qu'il existe bel et bien de la tendresse et un amour fou entre eux, puis elle voudra raccomoder ses parents avec leurs familles respectives à l'occasion d'un évènement inattendu. L'histoire doit son rythme enjoué et agréable à son héroïne pétillante, car c'est drôle et facile à lire, même si j'ai trouvé la première partie plus avenante (les situations finales me semblaient trop téléphonées). Très sympa et idéal pour les vacances ! (Rouergue, coll. Dacodac, 2011).

Lu aussi La mensongite galopante d'André Bouchard.

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Voilà une lecture particulièrement loufoque ! Adrien a besoin d'attirer l'attention de ses copains et s'invente donc un oncle imaginaire, Honoré Aubenard, milliardaire après avoir déterré un poireau, soldat de Napoléon et portant désormais un oeil de verre en diamant. Aussi, quelle surprise pour lui lorsqu'il croise dans la rue cet homme pour de vrai et lorsque celui-ci prétend que Adrien est en toc ! L'oncle fait alors tout pour prouver qu'il a raison, convoque même Napoléon pour une partie de cartes avec les parents d'Adrien, fait des merveilles auprès des copains en les invitant à bord de son hélicoptère personnel. Bref, c'est un cas grave de mensongite galopante (une maladie contagieuse qui fait qu'on ne peut pas s'arrêter de mentir) ! C'est d'ailleurs une surenchère perpétuelle entre Adrien et cet oncle imaginaire-qui-existerait-pour-de-vrai, car tous deux, en fin de compte, apprécient d'être la vedette et n'aiment pas qu'on la leur prenne ! Chaque nouvelle page tournée promet un mensonge encore plus dingue et délirant, c'est un texte rigolo, qui montre surtout le bon côté du mensonge (et ses conséquences démentielles) parce que cela ouvre la porte à la folle du logis, et le jeune lecteur appréciera probablement. (Gallimard jeunesse, 2011)

01/03/11

Pêle-mêle Clarabel #24

Enfin des nouveaux Zig Zag !

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J'étais curieuse de lire le roman de Rachel Corenblit, Ceux qui n'aiment pas lire. Parce que c'est un fait tellement répandu, il ne faudrait pas l'oublier. Imaginez un groupe d'enfants - ceux du club qui n'aiment pas lire - qui lance leur propre révolution en mettant à sac la bibliothèque. Ce qu'ils revendiquent ? D'être libres de lire ou de ne pas lire. De lire seulement s'ils en ont envie et ce qu'ils désirent, pas ce qu'on leur dicte. C'est tellement vrai, le roman rappelle des paroles grinçantes - il faut lire des classiques pour être cultivé (au secours !) - et malheureuses qui s'échappent trop souvent des bouches des adultes. Les enfants n'en peuvent plus, ils se sentent transparents, il est temps d'agir et de faire réagir.
Globalement, ce roman n'apporte rien de neuf et c'est même une pitié de devoir toujours répéter l'un des messages qu'il véhicule, comme de devoir batailler contre de vieilles idées préconçues concernant la jeunesse et les livres... tout ça m'épuise. Alors, que retenir ? La couverture est flippante, mais ça fait partie de son charme. L'histoire est folle, complètement folle. Elle ne m'a, toutefois, pas complètement séduite. Cependant, j'espère de tout coeur que le message sera entendu - un enfant a le droit de ne pas aimer lire, ce n'est pas une honte. (Mais pas besoin de se livrer au vandalisme non plus !)

Ceux qui n'aiment pas lire - Rachel Corenblit
Illustrations de Julie Colombet
Rouergue, coll. Zig Zag (2011) - 6€

Petite bulle de fraîcheur avec le roman de Thomas Gornet ! J'ai beaucoup aimé l'histoire de Zouz, qui doit lutter contre sa surchage pondérale, comme l'a dit le docteur. Sa maman lui concocte donc un programme pour chaque mercredi en diversifiant les activités sportives ! L'angoisse. Zouz déteste le sport !
Chaque expérience est pour le lecteur un grand moment d'humour, mais attention, on ne se moque pas non plus ! On devine le calvaire de Zouz, on le partage, on compatit. Et sa mère qui s'entête et s'acharne à trouver LE sport qui lui conviendrait le mieux... c'est désolant pour le garçon. Or, Zouz ne cherche pas à susciter la pitié, il a un don pour l'auto-dérision qui force l'admiration. Et en même temps, il ne cache pas sa détresse. C'est sur cette belle ambiguité qu'il devra composer et tirer profit, en trouvant l'activité du mercredi où il s'épanouira ENFIN !
Ce petit roman est vraiment génial, il est drôle, un peu ironique (dans le bon sens) et donne franchement envie de connaître Zouz pour de vrai. J'ai également beaucoup aimé les illustrations de Clothilde Delacroix !

Mercredi c'est sport - Thomas Gornet
illustrations de Clothilde Delacroix
Rouergue, coll. Zig Zag (2011) - 6,50€ 

05/01/11

Pêle-Mêle Clarabel #16

 

 

Avis de dernières lectures : smileyc052bis

Voici Lola et Lola agent secret d'Isabel Abedi. Une série drôle et punchy qui raconte les aventures rigolotes d'une petite allemande de 9 ans 1/2 qui rêve la nuit d'être une chanteuse de pop-rock et qui, le jour, aime beaucoup fourrer son nez dans les affaires des autres. Avec sa meilleure amie Flo (leur rencontre se passe dans le tome 1, et c'est déjà tout un programme !), Lola revêt la panoplie du parfait agent secret afin de s'introduire chez un critique gastronomique qui n'a pas digéré sa visite dans le restaurant familial, où bosse également la mère de Flo, et qui menace donc avec son article grognon de mettre en péril les affaires du père de Lola. En route, la demoiselle tombe amoureuse. A dix ans c'est terrible, beau, sérieux déjà et touchant - je n'oublie pas que c'est une lecture récréative, qui s'adresse à des mistinguettes qui ont l'âge de ma fille, et qui ont donc des attentes toutes propres, toutes lisses et bien gentilles. Et c'est tant mieux ! Car cette série aux allures girly (les illustrations d'Isabelle Maroger sont pour cela parfaites et craquantes) est fraîche, drôle et distrayante. A adopter ! Voir un aperçu sur le blog de l'illustratrice. (Bayard jeunesse, 2008 & 2010)

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Vous pensiez tout connaître des contes de fées et vous avez le goût de secouer tout ça en voulant des histoires qui partent dans tous les sens, tout en respectant la trame d'origine ? Optez donc pour les Anticontes de fées de Grégoire Solotareff ! Ce sont trois histoires à l'envers, trois histoires détournées des classiques et franchement c'est un régal. On découvre un Petit chaperon vert au caractère revêche, qui n'a pas peur du loup et qui peste de devoir mettre en garde sa copine au chaperon rouge, laquelle papillonne dans les bois sans craindre la bête féroce. Ha ha ! Non seulement Barbe Bleue cachait sa pièce secrète (sa salle des tortures) mais il aurait eu également un frère - Barbe Rose, un type gentil qui observait les crimes du tyran en attendant sagement son heure pour sauver les demoiselles trop curieuses. La cruauté de ce conte donne ici lieu à un grand moment d'humour. Barbe Rose, ou celui qui se rêvait nabab à la place du tortionnaire... le pied ! Et enfin, la Laide au bois dormant, ou comment une jumelle jugée trop laide a vécu à l'écart mais sans jalousie, profitant des 100 ans pour mener une vie heureuse et très calme (du moins, une petite vengeance envers la Reine mère n'est pas de refus, gnak gnak gnak). J'ai beaucoup aimé l'arrivée du prince charmant au look un peu voyou, qui vient enlever sa princesse avec sa tronçonneuse d'or. Les temps ne sont plus ce qu'ils étaient, et je trouve ça génial !  C'est une lecture originale, culottée et truculente. (L'école des loisirs, 2009) Illustrations de Nadja.

L'occasion de vous rappeler l'existence de Château l'attente de Linda Medley (Editions Ça et Là, novembre 2007) :

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Le poids de ce livre vous donnera des biscotos en béton, et c'est tant mieux aussi de découvrir son contenu alléchant, enchanteur, un peu barré et loufoque comme j'aime. Cela commence par une version de la Belle au bois dormant, classique et intéressante, mais après le départ de la princesse... Le château est abandonné, quelques âmes vont alors prendre possession des lieux et tous ont en commun d'être soit déboussolés ou incompris, rejetés par la vie ou touchés par un coup du sort. Ce Château l'Attente devient donc le rendez-vous de tous ceux qui veulent vivre une autre vie, en harmonie et en paix. C'est reposant, on s'y sent comme dans du coton, c'est doux et rassurant. On y croise un peu de tout - des humains, des animaux ou des créatures fantastiques. Tous ont une histoire attachante, chaque chapitre offre l'occasion d'en apprendre plus sur chacun d'eux. Et 450 pages plus loin, on a le sentiment d'être orphelin parce qu'il faut tous les quitter et retourner à sa vraie vie.
(Lecture destinée pour les plus adultes d'entre nous...)

Petite déception avec le nouveau roman de Colas Gutman, Les super-héros n'ont pas le vertige. smileyc089

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Comment vous dire ? Je suis une grande, GRANDE admiratrice des histoires de Colas Gutman. Et chacun de ses livres a été pour moi un régal de lecture. L'histoire de Maurice avait tout pour me plaire : on parle de super-héros. Et j'adore les super-héros ! Ajoutez cette ravissante couverture de Marc Boutavant, dont j'aime beaucoup le travail également, bref, les carottes étaient cuites. Mais non ! Quelle désillusion. Ce qui avait débuté dans un grand tourbillon d'humour a subitement glissé dans une certaine gravité inopinée. Oui, oui, il se passe un événement tragique, mais pourquoi ?! Je me suis posée la question sur son utilité. A la fin, je ne savais plus du tout où on allait, quel était le propos de l'histoire (la timidité, non ?...), pourquoi les parents ressemblaient à des pantins sans utilité, et si finalement la volonté de faire léger n'a pas été traitée trop maladroitement. Bon, on fera comme si. Et lisez La vie avant moi, c'est un petit bouquin génial !  (L'école des loisirs, 2010)

On change de registre, on opte pour un livre rigolo et qui NE SE PREND PAS DU TOUT AU SERIEUX : Krotokus 1er, Roi des Animaux de Caryl Ferey (Pocket jeunesse, 2010).

krotokusKrotokus est un monarque despotique, un monstre sanguinaire, particulièrement fainéant, qui se charge d'éliminer ses ennemis à force de coups bas. Pour mieux endormir son peuple, il mijote de marier son fils à une Danaïde - la princesse Papillon. Malheureusement celle-ci se fait enlever par des hyènes, au grand dam de sa dame de compagnie, la vache Pâquerette, complètement traumatisée par cette agression. La cour fait alors appel à Goupille, le renard qui craque pour le sexe féminin, le vin et les câlins. L'opération pour sauver la fiancée est lancée, les scènes à venir s'annoncent poilantes, délirantes, burlesques, cocasses et fatalement irrésistibles ! L'histoire s'adresse à la fois aux plus jeunes (la trame de l'histoire est simple, l'action trépidante, ça fonctionne toujours) et aux plus adultes (l'humour, les clins d'oeil font des étincelles, même si le second degré n'est pas toujours très clair pour les enfants, qu'importe...). C'est mieux que du prozac.

En voici un extrait,
- Tu me plais bien, petit renard, dit-elle. Mais ne m'appelle plus jamais reine : je renonce à ce titre idiot et me range près de mon peuple, et de tous les autres...
Les moustaches de Goupille frémirent de plaisir.
- Qu'à cela ne tienne, très, très chère... Je ne sais pas ce que vous avez prévu pour les cinquante prochaines années de votre vie, mais je suis d'accord pour les passer avec vous... si le coeur vous en dit, bien sûr.
Goupille souriait, mais son coeur battait comme des volets dans la tempête. La lionne prit son air le plus majestueux :
- Mon coeur est grand, dit-elle. Il y a bien assez de place pour un petit renard comme toi... Mais je te préviens : je n'aime que la douceur, l'amour et le rock'n roll.

Oh yeah.

Et pour terminer ce marathon de lectures cautionnées par mademoiselle ma fille... Dans la collection des destins extraordinaires des grands héros de la mythologie, je demande Lancelot du Lac. Cette version a été rédigée par Anne-Laure Bondoux. Oui, Anne-Laure Bondoux ! Hélas je n'ai pas trop retrouvé son brin de plume. Le style est simple, mis au service d'une histoire entraînante et instructive (notamment pour ceux qui ne connaissent pas !). Un peu trop simple, à mon goût. L'accent est porté sur l'amour fou de Lancelot pour Guenièvre - la fin ne dit pas ce qu'il adviendra d'eux après leur fuite de Camelot mais ce n'est pas ce qui compte... L'histoire ici veut montrer un Lancelot amoureux - un amoureux loyal et honnête, envers sa dame et envers lui-même. Un amoureux au coeur palpitant ! L'idée est noble et respectable. (Tourbillon, 2010) Illustrations de Joëlle Jolivet. 

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17/12/10

Les super-héros n'ont pas le vertige

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Depuis sa petite enfance, Maurice a la conviction d'être un super-héros et sa voisine, Mme Polenta, ne lui dira pas le contraire. Hélas, dans la vie, ses proches restent aveugles : ses parents vivent dans leur bulle (ils ne comprennent même pas les mots de l'institutrice) et sa petite soeur est une plaie ambulante (son jeu Sorcière-Sorcière n'a nulle autre utilité que de tester la patience !). A l'école, Maurice se montre discret, jusqu'à l'arrivée du nouvel élève, Jupiter. Car aussitôt Maurice a le sentiment que ce garçon vient exprès de croiser sa route pour révéler ses fonctions cachées.

Bon, la mission est délicate : d'abord il y a Juliette Baccara, auprès de laquelle Maurice perd tous ses moyens. C'est bien simple, dès qu'elle est dans les parages, sa langue lui colle au palais. La timidité le cloue sur place. Comment venir au secours de Jupiter, nouvelle cible des trois brutes de l'école, et surtout comment se sauver lui-même quand il devient la tête de turc attitrée parce que son moi profond s'est prononcé trop bruyamment (et de façon trop agressive, selon la maîtresse) ? Comble de tout, Jupiter a osé confier qu'il trouvait Juliette particulièrement mignonne. Argh, c'est la crise ! La vie d'un super-héros n'est vraiment, vraiment pas facile. Mais Maurice s'est juré de briser la malédiction qui pèse sur sa famille (oui, je sais, on n'y comprend plus rien), il croit en ses rêves, il croit en ses chances et il croit en son potentiel, même Mme Polenta a foi en lui et donne les meilleurs conseils au monde. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard !

J'ai été étonnée par ce roman, qui débute dans un grand tourbillon d'humour, et qui glisse doucement dans une certaine gravité inopinée. La lecture est jolie, elle traite de la timidité avec sérieux et détachement. Par contre je me sens perplexe face à l'évolution de l'histoire : il y a un passage triste (était-il utile ?), les parents me sont apparus trop à côté de la plaque, je n'ai pas cerné leur rôle, en fait l'histoire part un peu dans tous les sens, et pas toujours pour un bien. Je m'avoue déconcertée par cette lecture, où règne une sensation de légèreté quelque peu maladroite. J'ai même ressenti du soulagement à la fin. C'est la première fois qu'un roman de Colas Gutman me laisse aussi songeuse (moi qui ne jure que par lui, c'est un auteur talentueux, lisez La vie avant moi par exemple, cela avait été un vrai coup de coeur !). Bon, allez... on fera comme si. Vivement le prochain !

Les super-héros n'ont pas le vertige - Colas Gutman
Neuf de l'Ecole des Loisirs (2010) - 95 pages - 8,50€
illustration de couverture : Marc Boutavant

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16/11/10

Lecture du soir #2

Le mercredi, il a plu toute la matinée.
Par la fenêtre, j'ai regardé mon hamac se tremper, s'alourdir sous le poids de l'eau et dégouliner sur l'herbe.
J'ai vu les gouttes de pluie se rassembler et former des ruisseaux de boue le long de la terrasse et sous les rocailles de fleurs. J'ai vu que des animaux différents prenaient la place de ceux qui étaient partis se cacher dès les premières gouttes ; des escargots, des limaces, des grenouilles et les canards d'une maison voisine. Ils étaient cinq qui marchaient en se dandinant, l'eau glissait sur leurs plumes comme si de rien n'était. Je me suis dit que j'aimerais avoir ce pouvoir.
- Quel pouvoir ?
Maman avait lu dans mes pensées ?
- De quel pouvoir tu parles, ma chérie ? a-t-elle insisté.
J'avais dû encore penser tout haut comme ça m'arrive parfois. Maintenant, j'étais bien obligée de lui répondre :
- Que l'eau glisse sur mes plumes comme les canards. Que les choses désagréables ne me touchent pas.
- Mais elles nous touchent forcément, m'a répondu maman en souriant. Ce n'est pas toujours ce qu'on préfère mais il ne peut pas arriver que des choses agréables dans la vie.
- Alors, je veux bien qu'elles me touchent, je veux bien les sentir, mais qu'elles ne me fassent pas mal. Tu vois ? Comme les canards !
Maman a trouvé que c'était une très bonne façon de voir les choses, m'a félicitée et s'est replongée dans son livre.

extrait de : Comme le soleil, par Jérôme Lambert

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Non, ce n'est pas un roman de saison, mais qu'importe... Ou d'un autre côté, il a su nous apporter un peu de soleil en ces froides journées qui ont tout l'air de basculer dans l'hiver, brrr. C'est une histoire super mignonne, qui raconte les vacances de Laura, une petite fille solitaire, qui s'ennuie un peu mais n'ose pas s'ouvrir aux autres, alors elle s'invente un ami, Jérémy, un blondinet qui se cache pas très loin du hamac où elle se prélasse, qui lui montre les petits cailloux pour ne jamais perdre son chemin, qui n'aime pas la pluie et qui n'apparaît que lorsqu'il fait beau. Ses parents se font un peu de souci, tout en comprenant que l'imagination est précieuse chez les enfants, Laura par exemple s'en sert pour passer le temps, pour tuer l'ennui et la solitude. C'est une vision simpliste mais pas niaise non plus, la lecture se veut réconfortante, auréolée par les tendres illustrations de Kimiko, vraiment un atout de charme à ne pas négliger. Et puis, Jérôme Lambert nous souffle à l'oreille une histoire très jolie, pleine de douceur et de tendresse (je me répète), mais cela a été comme une bulle chaleureuse, une sensation de bonheur et de bien-être, c'est un livre que nous relirons à la belle saison, ou pas. Il est la garantie d'un grand coup d'amour, lui aussi !

Mouche de l'Ecole des Loisirs (2006) - 46 pages - 7,50€

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07/11/10

Lecture du soir #1

Je suis allongée depuis à peine cinq minutes que se pointe un garçon des CEP : classes des enfants précoces, rebaptisées par nous "classes des bouffons". Je fais mine de dormir parce qu'il est hors de question que je lui donne le moindre espoir de sympathiser avec moi.
J'entends le deuxième lit qui grince et je sens une odeur qui couvre celle d'eau de Javel de l'infirmerie. Et pour couvrir l'eau de Javel, il faut mettre le paquet.
En l'occurence, le paquet, ce sont ses chaussettes.
- T'as quoi exactement ? me demande-t-il.
Cet enfant précoce est peut-être un festival de neurones à lui tout seul, mais côté physique, ça laisse à désirer. Petit, gringalet, boutonneux et chaussettes pourries en prime, il coche toutes les cases. J'ai pas franchement envie de lui faire la conversation, alors histoire de m'en débarrasser une bonne fois pour toutes, je lance :
- J'ai un indien dans le jardin.
Evidemment, je m'attends à ce qu'il ouvre des yeux ronds comme des billes. A la place, il s'agite sur son lit, ce qui fait remonter l'odeur de ses chaussettes jusqu'à mon nez, et il déclare :
- C'est drôle, parce que moi, j'ai une grenouille affamée dans la tête ! Elle saute, elle saute jusqu'à ce que je lui trouve un truc à manger ! Et j'te jure sur la vie de ma mère que c'est épuisant !
C'est pile à ce moment-là que je découvre ses yeux d'un vert gazon. Des yeux tellement incroyables qu'ils pourraient me faire oublier la guirlande de boutons qui clignotent tout autour.
- La prochaine fois que tu verras ton Indien, compte les plumes sur sa tête. Chaque plume représente une épreuve remportée haut la main, comme tuer un bison, communiquer avec les esprits. Alors si ton Indien est tout déplumé, c'est que c'est un naze.
Puis il enchaîne en me disant qu'il s'appelle Youssef et qu'il est une sorte d'Indien avec son QI gros comme un oeuf de pintade qui l'encombre au moins autant que des plumes sur la tête.

extrait de : Un indien dans mon jardin, d'Agnès de Lestrade IMG_0722

Ce petit roman est génial, très drôle, il raconte l'histoire farfelue d'un homme - le papa de Mia - qui se réveille un matin en se prenant pour un Indien. En fait le problème est plus profond et la conséquence de vieilles plaies mal cicatrisées. Quand il était plus jeune, le papa de Mia a vécu quelques mois dans une réserve de la tribu walla-walla aux Etats-Unis, et ce après la mort de ses parents. Les années ont passé,  il n'a jamais pu oublier sa tribu et constate aussi qu'il n'a pas totalement fait son deuil. Il a donc besoin de chercher un signe, au coeur du cercle magique, afin de boucler la boucle (soulager sa conscience, en somme). Cela perturbe toute la famille, la vie sera chamboulée pendant un mois, pas de souci, chacun y mettra du sien, quitte à trouver des excuses bidons pour écarter les copains et les voisins trop curieux. Même tatie Ronchon, qui n'est pas née de la dernière pluie, rendra un grand service à tous en dévoilant sa moitié que personne n'avait jamais vue.
Ce petit roman est absolument charmant et étonnant car, sous l'humour, il vous raconte des tas de choses : Parfois, même les mots, ça fait trop mal. Ou parfois les signes sont juste sous nos yeux, il suffit de savoir les regarder.
C'est une jolie lecture qui parle des angoisses des parents vues à travers le jugement (ou l'inquiétude) des enfants, des signes qui surgissent sans crier gare (un bouquet de fleurs dans les bras, des yeux vert gazon), du soutien familial, de tendresse et d'espoir. Et en prime une nouvelle expression pour dire un truc bizarre : Y'a un Indien dans le jardin !

Dacodac du Rouergue (2010) - 57 pages - 6€

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23/10/10

Pêle-Mêle Clarabel #11

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3 romans, 3 univers, 3 lectures savoureuses ...

Mathis nous propose un western, un vrai. Au casting, nous avons un shérif, un bandit, un papa appelé à l'aide et une petite fille qui a peur de le perdre, et aussi un maître d'école affreusement sadique et méchant. Lorsque le bandit des grands chemins se présente à Creek Village, les enfants lui sautent aussitôt dessus, prenant les devants sur les adultes, leur plan est redoutable ET efficace. En prime, Jane Smith, dix ans, obtient du shérif d'être entendue et prise au sérieux pour régler le problème de discipline ultra-réglementaire qui sévit dans leur classe. C'est très sympa à lire, et parfaitement dépaysant, cela m'a beaucoup plu. (Les enfants, le shérif et les affreux, par Mathis)

Emmanuel Bourdier met en scène un quartier - le bâtiment E de la cité Marcel-Pagnol. Il est 13 h 23. Un par un, minute après minute, les habitants se souviennent, ont une pensée, réfléchissent, ont le sourire aux lèvres, la boule au ventre, mais partout règne le silence. Car l'heure est grave : on rase un bout de chacun. Il est 14 heures, il n'y aura pas d'autre feu d'artifice et tout le monde peut rentrer dans son nouveau chez-soi. Et manger du cassoulet, pourquoi pas ? Voilà un petit roman basé sur les instantanés d'une vie, de personnages et de leur quartier. Les souvenirs sont autant de poussières qui vont et viennent, sans aucune nostalgie, mais plutôt comme des notes de musique. C'est joli. (Ça s’est passé là, par Emmanuel Bourdier)

Et enfin, Frédéric Kessler nous propose une histoire complètement folle et pleine d'imagination. Géraldine et Olivier sont des gosses de fées prépubères, ils ont toujours les poches pleines à craquer, avec des ustensiles pratiques et magiques, des poupées à troquer pour Géraldine, des outils pour Olivier. Et la demoiselle en a ras-le-bol et décide de braver les interdits : ne pas manger ce que cuisine la dame du quatrième, ne pas emprunter le passe-partout du monsieur du cinquième, se rendre dans la mansarde du sixième. L'interdit est excitant ! Au diable l'ogre et la sorcière, Géraldine est fille de fées, elle connaît les formules pour déjouer les plans des vilains. C'est une fable absolument délirante et déjantée, je me moque de savoir quel est le crédit de cette histoire, ce qui m'importe c'est d'avoir été étonnée, ravie, séduite et d'en redemander encore !!! (La fée Tralala, par Frédéric Kessler)

Place au défoulement, (merci Lili Scratchy !)

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Faites de la place dans votre cervelle et immergez-vous dans ce coloriage poétique ! Un univers où se côtoient une biche, des saucisses, des méduses et des citrons, du football et de l'amour...
Un concentré de folie et de bonne humeur pour tous les âges !

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Ne vous jetez pas sur votre feuille de coloriage avec vos feutres sans réfléchir ! Il faut d'abord répondre à quelques questions pour étaler votre talent. On ne dirait pas, mais c'est un livre de coloriage qui vous fait triturer vos méninges. Exemple sur l'illustration de gauche : qui ne boit pas avec une paille ? qui avale de l'air ? qui va aspirer le petit pois ? et où est l'oeuf ? Vous avec quinze minutes !!!

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Et toujours le même fil rouge : l'oeuf, l'avez-vous vu ?!!!!!

Fou-fou Coloriage par Lili Scratchy (éditions Thierry Magnier)

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14/10/10

Le merveilleux petit champignon atomique

** piqûre de rappel ! **

Merveilleux_petit_champignon_atomiqueCoup de coeur pour ce Merveilleux petit champignon atomique de Sabrina Mullor, illustré par Catharina Valckx ! C'est une histoire incroyable qui débute sur une montagne alors que le champignon n'était qu'un spore. Il a grossi et est devenu un beau champignon, sauf qu'il était bourré de plutonium et qu'il se sentait prêt à exploser. Il s'est lié d'amitié avec la montagne, laquelle est boudeuse et grincheuse, elle en a assez qu'on lui marche dessus et voudrait qu'on en finisse grâce à un feu d'artifices. Mourir, pour elle, ça veut dire : confondre l'Amérique avec une chasse d'eau ! Hihihi.
Notre champignon est donc prêt à fissionner lorsqu'une demoiselle se pointe sur la montagne, ce n'est pas une inconnue, il s'agit de la petite Affabulatrice, et la montagne, cette cachotière, n'ignore pas qui elle est. Selon elle, c'est une raconteuse d'histoires. Car elle parle d'amour, donne des bisous et invente aussi des noms d'amour. La montagne et le champignon trouvent qu'elle est dingue, mais dans le fond, ils se sont attachés à l'Affabulatrice et attendent sa venue, chaque jour, avec impatience.
Ont-ils toujours envie de confondre l'Amérique avec une chasse d'eau ? Non, plus vraiment.
J'ai trouvé que derrière la tendresse et l'humour de ce texte se trouvaient aussi des messages sur le monde qui nous entourait : la terre, le soleil, la montagne, etc, des extraits de monde qu'on n'imagine pas, ou auxquels on ne prête plus attention, plus autant qu'on ne le devrait. Et même la fin de l'histoire m'est apparue un brin philosophique, et d'une grande sagesse !

* Le merveilleux petit champignon atomique - Sabrina Mullor
illustrations de Catharina Valckx
Mouche de l'école des loisirs (2010) - 75 pages - 8,50€

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25/06/10

Pêle-Mêle Clarabel

La reine des chats ~ Elise Fontenaille

la_reine_des_chatsNina porte un amour fou pour son chat Mina. Depuis la naissance de son petit frère, suivi par le déménagement dans un appartement sans jardin, la fillette a perdu ses repères et se console auprès de son animal et des deux chatons qu'elle vient de mettre bas. Et puis le petit frère tombe malade, les médecins informent les parents qu'il est allergique aux poils de chats et qu'il faut se séparer de Mina et ses petits. Nina ne l'accepte pas et préfère fuguer. Elle se réfugie dans un parc où elle rencontre une princesse gothique, qui l'emmène chez elle, dans sa maison biscornue où vivent déjà sept chats !
C'est une histoire inspirée d'une expérience personnelle, raconte l'auteur à la fin du roman. Mais au lieu d'être triste et injuste, son histoire se veut plus optimiste car tout se termine bien. Moi qui aime la collection ZigZag parce qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans ses livres, je n'ai pas été déçue par ce titre, pas transportée non plus, car j'ai trouvé que c'était un titre - et c'est normal - plutôt enfantin. Par contre, je suis tombée en admiration devant les illustrations de Céline Le Gouail, tellement expressives, tendres et attachantes, elles réinventeraient presque le livre à elles toutes seules (enfin, ne minimisons pas le travail d'Elise Fontenaille non plus !).
Pour les jeunes lecteurs, notamment ceux qui adorent les chats ou qui ont un animal de compagnie à la maison, ils seront comblés par cette histoire riche en émotions !

Coll. ZigZag du Rouergue (février 2010) - 6,50€

L'été à Pékin ~ Elise Fontenaille

lete_a_pekinLa meilleure amie de Valentine, Nikita, vient de partir en Chine avec son père pour une durée de deux ans. Valentine est malheureuse comme les pierres, elle se sent seule et abandonnée. Même les liens de l'internet peinent à raccomoder le fil détendu, la demoiselle n'a plus le moral.
Pris de compassion, ses parents lui proposent de lui payer un voyage à Pékin si Valentine parvient à faire augmenter sa moyenne en maths. Le pari est risqué mais tous les moyens sont bons pour décrocher la timballe. Valentine va se réconcilier avec une ancienne copine, ensemble elles vont réviser comme des malades, d'un autre côté Valentine commence à apprendre le chinois et prendre des cours de calligraphie, bref c'est l'effervescence !
L'enthousiasme de Valentine fait plaisir à lire, le roman ne s'attache à aucune réelle difficulté, même les soucis d'argent sont réglés en un claquement de doigts, tout paraît surréaliste, et pourtant les jeunes lecteurs n'en voudront pas à cet excès de bonne humeur pour s'embarquer dans cette aventure. Le ton est léger, le propos intelligent, avec une fenêtre ouverte sur la culture chinoise. C'est simple, efficace, à conseiller pour les 9-10 ans.

Coll. Dacodac du Rouergue (avril 2010) - 5€

Le sourire de maman ~ Isabelle Rossignol

le_sourire_de_mamanLa vie de Chloé n'est pas rose. Sa maman et elle ont un secret. De l'extérieur, c'est une grande actrice, en pleine préparation pour son prochain spectacle. De l'intérieur, il n'y a que du pain de mie à manger le soir, plus d'argent pour régler la cantine, un trou dans la botte de Chloé, des hommes qui viennent prendre leurs affaires pour payer les factures. Face au monde, Chloé et sa maman gardent la tête haute et affichent un sourire forcé. Mais de plus en plus, la petite fille se crispe, elle s'isole et elle a honte si jamais l'école apprend toute la vérité.
Un soir, le directeur les convoque et propose un marché. La maman de Chloé accepte sans conviction, les petites camarades de Chloé se gaussent. Et pourtant, c'est la réalité du chômage, même si le texte n'emploie jamais le mot, et il n'y a pas de déshonneur à ne pas avoir de travail et encore moins à accepter le premier poste venu pour payer son toit et pour manger.
L'histoire est vécue d'après le ressenti de Chloé, une petite fille déboussolée, tantôt en colère, tantôt malheureuse. Isabelle Rossignol a évité de tomber dans le pathos ou le misérabilisme, elle raconte une histoire qui, hélas, concerne beaucoup d'enfants de nos jours, montrant ainsi qu'ils préfèrent se taire sous le poids de la honte. Les copines de l'école ne sont pas toujours compréhensives, trop jeunes, trop bêtes, trop attachées aux apparences. A sa façon, Chloé aussi se défend, arrondit les angles et triche mais c'est pour mieux se protéger.
Ici, l'histoire connaît un happy end qui suit la logique de l'intrigue : courage, espoir et confiance font donc bon ménage. C'est un petit texte qui sait ouvrir les yeux et dire les choses vraies en toute simplicité.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 8,00€
illustrations d'Audrey Poussier

La boîte à pleurs ~ Dorothée de Monfreid

la_boite_a_pleursHmm, étrange petit roman. Charmant, mais déconcertant. Qu'on ne me demande pas son explication, je n'en sais strictement rien ! A croire que c'est simplement un livre à prendre pour soi, pour son plaisir de lire. Chacun, ensuite, interprète ce qu'il a envie.
C'est l'histoire de Pépita qui est née en éclatant de rire. Depuis, elle ne cesse de consoler ses amis, d'écouter leurs malheurs, d'offrir son sourire et les aide à guérir leurs chagrins. En fait, en cachette de ses proches, Pépita a une boîte sous son lit qui lui sert pour recueillir toutes ses larmes. Car Pépita pleure loin du regard des autres, jusqu'au jour où elle craque. Elle se met à pleurer dans la forêt, elle ne se contrôle plus, sa boîte à pleurs déborde et c'est le déluge dans sa chambre. Un raz-de-marée de larmes. Pépita se réfugie dans sa boîte, y fait la connaissance de Boubou et ensemble ils vont vivre sur une île déserte. Le retour sur Terre signera la fin de sa tristesse et le bonheur de retrouver les siens.
Le propos de l'histoire me laisse perplexe, mais c'est merveilleusement illustré, avec des couleurs chatoyantes. Cela illumine le texte, renforce la poésie et le côté imaginaire. Il est bon de pleurer, lâchez-vous et cessez de vous cacher ! Les amis sont là aussi pour les coups de blues et pour vous soutenir en séchant vos grosses larmes.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 6,50€

Tu veux être ma copine ? ~ Susie Morgenstern

tu_veux_etre_ma_copineLes parents d'Hedwige ont quitté Paris pour vivre à la campagne où ils ont décroché un nouveau poste. La fillette entend souvent parler du directeur des ressources humaines et comprend que sa mission est de dégoter le meilleur candidat pour le poste à pourvoir.
Cela lui donne une idée. A l'école, où elle se sent seule et malheureuse, Hedwige rédige un questionnaire qu'elle fait passer à ses camarades. Son but : découvrir qui pourrait devenir sa meilleure copine. Hélas, les réponses obtenues ne la satisfont pas du tout. Hedwige est dure en affaires ! Dépitée, elle cherche à approfondir le casse-tête des ressources humaines quand ses parents lui expliquent qu'il faut parfois un peu de souplesse pour obtenir ce qu'on cherche.
De fil en aiguille, Hedwige va donc comprendre qu'en amitié, il ne faut rien brusquer, juste attendre le coup d'amitié, comme le coup de foudre en amour. Selon elle, c'est un peu la même chose, ça te tombe dessus, boum ! " On ne pose pas de questions à l'amitié, c'est l'amitié qui donne des réponses ! "
Ce qui frappe au premier coup d'oeil dans ce livre, ce sont les illustrations ravissantes de Claude K. Dubois. L'histoire, ensuite, est mignonne et intelligente. L'auteur n'est pas tombée dans le piège du discours bêtifiant, même si son sujet paraît simple et pas follement original. Le jeune lecteur, lui, apprécie et y trouve son plaisir. Que demander de plus ?

Mouche de l'école des loisirs (mars 2010) - 7,50€
illustrations de Claude K. Dubois

Talam ~ Walter Spock
T1. L'énigme du tigre (Jean-Michel Payet)
T2. L'envol de l'aigle (Cécile Roumiguière)

Sous le pseudonyme de Walter Spock, se cachent Jean-Michel Payet, Cécile Roumiguière, Maryvonne Rippert et Sigrid Baffert. Oui, la même équipe complice de la série des Blue Cerises. Ils ont remis ça, en écrivant à quatre mains une série qui s'adresse pour les plus jeunes lecteurs (dès 8 ans) et qui s'intitule Talam.

talam1Dans le premier tome, on fait la connaissance de Tennessee qui, sur le chemin de l'école, découvre un drôle de tag sur un mur. Il s'agit bien sûr de TALAM. D'autres coincidences vont la poursuivre et c'est en discutant avec sa grand-mère qu'elle apprend l'existence d'un poème, reçu alors qu'elle n'avait que sept ans, et qui aujourd'hui prend toute sa signification, ou du moins, qui commence à avoir son utilité. Ce poème parle d'un tigre, d'un lièvre, d'un aigle, des douze ans et de cinq pouvoirs. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'un chat noir ne cesse de la suivre,  qu'un cirque avec un lama vient de s'installer en ville, qu'à l'école elle se métamorphe en tigresse car elle ne supporte plus les moqueries des autres filles.
Etrange, très étrange ?

talam2Dans le deuxième tome, L'envol de l'aigle, les explications se font encore désirer. Anton est nul au tennis et cartonne aux jeux vidéo et en maths. Ses parents décident de l'inscrire dans une école de cirque où il retrouve Tennessee. Lui aussi a reçu un poème à l'âge de ses sept ans, au sujet de Talam, mais il ignore ce que cela cache. Depuis quelques temps, il est sujet à des visions mais n'ose en parler à personne, de peur d'être ridicule. Au cirque, Mariposa Butterfly n'est pas une jeune femme quelconque et semble attendre beaucoup des enfants, lesquels, pour l'instant, pataugent encore dans la semoule.

C'est une série entraînante, auréolée de mystères, avec des personnages attachants, qui laisse peu à peu entrevoir ses trésors, en ne livrant qu'au compte-gouttes ses chères révélations. L'histoire se met en place lentement. Livre après livre, le mystère ne désépaissit pas. Le lecteur, de son côté, est bigrement intrigué et souhaite poursuivre sur sa belle lancée !

A suivre : T3. Skate toujours (Maryvonne Rippert - T4. L'homme-termite (Sigrid Baffert)
Milan poche cadet aventure (mai 2010) - 5,90€
illustrations de Benoît Perroud