07/09/16

Sirius, Le Chien Qui Fit Trembler Le IIIe Reich, de Jonathan Crown

Sirius, Le Chien Qui Fit Trembler Le IIIe Reich

Ce roman ressemble à une farce sans en être une ! L'histoire raconte le parcours sensationnel d'un jeune fox-terrier depuis les rues de Berlin jusqu'aux studios hollywoodiens où notre animal à quatre pattes va devenir la nouvelle gloire montante du cinéma. Compagnon d'une famille allemande juive, les Liliencron, contrainte à l'exil avec la montée du nazisme et des persécutions antisémites, Sirius va également traverser l'Atlantique pour aller à la rencontre de son destin. Ce chien exceptionnel, qui comprend les humains et parvient à communiquer avec eux à sa façon, fait grand bruit et séduit les agents, les producteurs et même des stars comme Clark Gable, Carole Lombard, Humphrey Bogard ou Rita Hayworth. La carrière de Sirius atteint des sommets étourdissants. Mais son aventure ne s'arrête pas qu'au monde des paillettes, puisque notre toutou va malencontreusement être l'objet d'un cafouillage lors d'un numéro de cirque et être expédié sur un paquebot à destination de l'Europe. Retour à la case départ. Sirius rentre à Berlin, côtoie des dignitaires nazis et se trouve aux premières loges au moment où ces derniers élaborent leurs stratégies militaires. Il n'en faut pas davantage à notre prodigieux clébard pour partager les informations en envoyant des messages codés à Londres ! Cette histoire totalement improbable ne nous arrache pourtant pas des cris de révolte car il se dégage de l'ensemble une sensation grisante et primesautière qui rend la lecture entraînante, fraîche et enlevée. Les aventures rocambolesques de Sirius procurent autant d'enchantement que d'incrédulité, sans compter qu'au farfelu se mêlent aussi des anecdotes historiques véridiques qui vous replantent le décor en deux temps trois mouvements. C'est une lecture sans prétention, qui se découvre juste pour le plaisir d'un bon moment partagé et qui vous laisse une franche sensation grisante. Nicolas Justamon accorde son interprétation au vent de folie qui souffle sur le roman et rend du mieux qu'il peut son ambiance grand-guignolesque sans jamais forcer le trait. Très agréable, simple et joyeux.    

Texte interprété par Nicolas Justamon pour Sixtrid (durée : 6h 23) - Juin 2016

Traduit de l'allemand par Corinna Gepner pour les éditions Presses de la Cité

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12/04/16

Le Tabac Tresniek, de Robert Seethaler

Le tabac Tresniek CD

À la fin de l'été 1937, le jeune Franz Huchel a dix-sept ans et quitte ses montagnes, et les jupes de sa mère, pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, un buraliste unijambiste, qui tient haut et fort des discours libertaires dans un contexte politique particulièrement agité (montée du nationalisme, de l'antisémitisme, annonce imminente de l'Anschluss). Au Tabac Tresniek, les classes populaires et la bourgeoisie juive ont coutume de se fréquenter dans un joyeux tohu-bohu, d'où une effervescence stimulante pour notre jeune héros mal dégrossi. Franz ressemble à un Candide perpétuellement émerveillé par ses découvertes et ses rencontres. Celles-ci ne manquent d'ailleurs pas de prestige, car Franz va croiser à plusieurs reprises le professeur Sigmund Freud, dont la réputation n'est plus à faire, et va échanger avec lui son cas d'école : il est fou amoureux d'une inconnue, la voluptueuse Anezka, une artiste de cabaret qui occupe toutes ses pensées, mais ne sait pas comment l'approcher. Otto Tresniek aussi lui confiera quelques leçons de séduction de son cru, tout comme il lui enseignera la lecture des journaux et le monde des cigares. Cette insouciance générale ne sera hélas que passagère, vite rattrapée par la colère ambiante, celle qui gronde dans la rue et incite à la vilenie. Le temps de la fête n'est plus, les commerces sont vandalisés, les réfractaires sont rués de coups, les amis plient bagage et l'amertume s'installe.

Le roman parvient à raconter, avec une certaine virtuosité, cette ambiance sournoise et délétère de la ville de Vienne à la fin des années 30. Au début, l'histoire est en apparence guillerette et niaiseuse, à l'image de son héros, l'ingénu Franz, en plein apprentissage de la vie. C'est insidieusement qu'elle bascule dans une atmosphère plus sombre et poignante, nous confrontant à une réalité fielleuse et mordante. Ce volte-face, sans tambour ni trompette, est déstabilisant et peut inspirer autant d'inconfort et de malaise. Seulement, l'auteur reste toujours à la surface et ne creuse jamais son sujet. Son style elliptique relate des faits, des changements, la poussée de tension sur le même mode, sans force ni âpreté. Même l'émotion est contenue mais reste hélas sur l'estomac comme une lourde pâtée à ingurgiter. La lecture se termine donc en demi-teinte, malgré l'interprétation éloquente de Marc Henri Boisse.

Traduit par Élisabeth Landes (Der Trafikant) pour les éditions Sabine Wespieser

Lu par Marc Henri Boisse pour les éditions Sixtrid, Octobre 2015 - durée : 6h 28

Le tabac Tresniek

Disponible en format poche chez Folio (Février 2016)

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03/03/16

Une année particulière, de Thomas Montasser

Une Année Particulière

Par une froide soirée d'hiver, sans prévenir, Tante Charlotte quitte sa librairie, tourne la clef dans la serrure, serre son sac à main contre elle et poursuit son chemin dans un souffle. Sans nouvelles de celle-ci, sa famille envoie la jeune Valérie, étudiante en économie et gestion d'entreprise, pour liquider son commerce poussiéreux et croulant sous les dettes. Notre ambitieuse et pragmatique héroïne ne s'avoue pas vaincue, même si l'ampleur de la tâche est conséquente. À peine débarquée dans l'antique librairie, Valérie s'effondre dans le fauteuil usé de sa tante et pousse un profond soupir. Elle songe alors qu'une bonne tasse de thé, préparé dans le précieux samovar, lui redonnera un coup de pep's avant de plonger son nez dans les registres et les catalogues. Attendant que le liquide infuse dans les bonnes proportions, Valérie patiente en prenant un livre au hasard et retourne s'installer dans son fauteuil... pour seulement s'en extraire en fin de journée, 248 pages lues, la goutte au nez, un sourire hébété sur les lèvres. ;-)

Pour Valérie, qui entretient un rapport très éloigné avec les livres, la littérature, l'imagination, les rêves, la poésie etc, cette plongée dans l'univers de sa tante, libraire par vocation, par goût et par envie, est un choc culturel d'amplitude considérable. Et pourtant, la magie a déjà fait son chemin. Au fil des jours, la jeune femme s'installe dans une routine, thé, fauteuil, lecture, et revoit progressivement sa perception des lieux. La librairie a fait son temps, perdu de nombreuses batailles, loupé le coche de la modernité et se débat désespérément contre la fatalité. Pour Valérie, pourtant, l'aventure ne fait que commencer. Un soir, un jeune homme déboule à l'improviste, cheveux en pétard, imperméable chiffonné, l'air pensif et recueilli devant les rayons. Et tout se scelle autour d'un petit bouquin, jugé défectueux, écrit par un auteur inconnu, avec pour titre Une année particulière... 

Alléchée par le résumé, j'ai dévoré ce roman en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et si le contenu n'a pas su me séduire totalement (l'écriture est peu folichonne, l'histoire assez creuse), j'ai totalement succombé au charme du lieu, la librairie désuète et oubliée de tous, où on imagine s'y perdre, prendre un bouquin et s'affaler dans le fauteuil usé durant des heures, à boire du thé, croiser des figures aimables, des personnalités excentriques et attachantes (le môme Timmi qui ne craque que pour les BEAUX livres, le grand acteur Noé ou l'ouvrier du bâtiment, venu d'Iran, qui voue à la poésie perse une vénération sans borne). Autant de rencontres colorées, dans un endroit apparemment mis sur pause.

C'est un peu ça, finalement, qu'il faudra espérer du roman, une lecture hors du temps et des considérations sur la vie qui font réfléchir, une foule de livres à noter, une touche de fantaisie, pas mal de sensibilité, et un roman qui fait la part belle à cette passion de lire et de la lecture en général. 

Presses de la Cité / Mars 2016 ♦ Traduit par Leïla Pellissier (Ein ganz besonderes Jahr)

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09/06/14

Quand souffle le vent du nord, par Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord

Deux inconnus entament une relation épistolaire (par mail) tout à fait anodine, mais au fil du temps celle-ci ressemble de plus en plus à du badinage amoureux. Après tout, pourquoi pas ? Leo se remet tout juste d'une rupture sentimentale difficile, par contre Emmi... c'est beaucoup plus compliqué. La jeune femme est mariée, elle l'affiche d'emblée, se dit comblée et épanouie. So what ? Qu'est-ce que la pousse, jour après jour, à consulter sa messagerie pour y glaner un message de son correspondant anonyme ? Affamée, insatiable, impatiente, excitée, bref une véritable amoureuse ! Le jeu est également pimenté par leur refus de se rencontrer en vrai. Ils demeurent ainsi deux fantasmes, parfaitement intouchables. Contrairement à la plupart des lecteurs, j'ai très peu adhéré à l'histoire, qui me pose un réel cas de conscience. À partir de quand estime-t-on être infidèle ? peut-on se sentir libre de tout dire, sous prétexte que c'est par écrit, et parce qu'on ignore tout de l'autre, derrière son écran ? Je n'ai absolument pas capté les motivations de la jeune femme, Emmi est entière, limite capricieuse et exigeante, sa relation avec Leo est pour moi tout à fait illogique et incongrue. (Son correspondant est devenu “sa chose”, mais elle lui propose de rencontrer sa meilleure amie célibataire, très belle et sensuelle, là elle pique une crise de jalousie sitôt qu'elle comprend que ces deux-là se sont trouvés et lui échappent ... !) J'ai donc beaucoup soupiré, trouvé le temps long, pas compris l'engouement pour ce livre. Seule la fin a su trouver grâce à mes yeux, enfin un choix judicieux, qui en appelle à l'imagination du lecteur. Mais l'auteur a succombé à la facilité en publiant une suite. Hélas.

Audiolib, mai 2010 ♦ texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse, Nathalie Hugo et Robert Guilmard ♦ traduit par Anne-Sophie Anglaret pour les éditions Grasset & Fasquelle

14/05/13

"... l'oubli n'est pas seulement une forme du souvenir, mais le souvenir est une forme de l'oubli."

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C'est probablement un livre qui a été écrit pour moi. Il est en effet question d'une maison et d'une famille où il n'y a que des filles. Le reste, c'est de la poésie, de la gourmandise, de la nostalgie, de la tendresse et de la délicatesse. Comment résister ?

Iris vient d'hériter de sa grand-mère Bertha la grande maison de Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne. C'est l'été, le jardin regorge de couleurs et de senteurs, subrepticement tous les souvenirs d'enfance lui reviennent à la pelle : la maladie de Bertha, à la mémoire défaillante depuis sa chute du pommier, les balades dans la campagne, près de l'écluse, les heures à plonger ou nager dans le lac, sa cousine Rosemarie et leur amie Mira, les tragédies, la mort, les histoires d'amour naissantes, les trahisons, le désespoir, la jalousie...

Tout ça en un lent et langoureux va-et-vient avec le présent, où Iris fouille les placards, revêt les vieilles robes de bal de ses tantes ou sa mère, croise avec nonchalance Max, le jeune avoué qui doit régler les questions de succession. C'est une lecture qui doit se vivre, être ressentie comme un cadeau, ou être considérée comme un écho à vos propres souvenirs. Ce roman aborde d'ailleurs la délicate suggestion de la mémoire et de l'oubli, avec les histoires qu'on se construit à partir des souvenirs qu'on se force à faire renaître, ou qu'on tente d'inventer.

C'est une lecture que j'ai savourée, en regrettant sincèrement la fin et le moment de devoir dire adieu aux fantômes de Bootshaven, à Iris et à sa fabuleuse histoire familiale. Très belle et passionnante version Audiolib, comme d'habitude !

Le goût des pépins de pomme, par Katharina Hagena
Audiolib / Anne Carrière, 2010 (existe en format poche) - Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss
Texte intégral lu par Cachou Kirsch

"J'aimais lire et manger en même temps (...). C'était merveilleux les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies..."

Un grand merci à Bladelor pour la découverte ! ♥


04/07/12

Sacrée famille !

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Voilà un roman qui démarre sur les chapeaux de roue : Emma est libraire et mère de famille, atteinte d'un blues insurmontable (selon elle). Elle n'hésite pas une seconde pour se rendre à une soirée littéraire où se trouve Stephenie Meyer, dans le fol espoir d'attirer l'auteur à succès dans sa modeste librairie pour une séance de dédicace. La rencontre, finalement, se solde sur un fiasco. De plus, Emma et sa famille se sont couverts de ridicule en débarquant costumés en monstres. Dans une tentative (quasi désespérée) de ressouder les liens familiaux, Emma assiste, impuissante, à son naufrage. Et qu'est-ce que c'est drôle ! Le pire, ensuite, c'est d'avoir excité la colère d'une petite vieille, qui était en fait une sorcière, laquelle, pour se venger, leur a jeté un sort. Résultat, ils incarnent désormais le déguisement qu'ils portaient (vampire, loup-garou, momie, Frankenstein) ! Pour s'en sortir, seule solution : se serrer les coudes afin de retrouver cette Baba Yaga. Mais chez les Wünschmann, c'est une autre paire de manches ! ;) La suite du roman ressemble à une vaste farce, dans la plus pure tradition des comédies familiales complètement déjantées, avec des caractères grotesques et des situations parfaitement ridicules. C'est une chouette lecture de vacances, pour qui ne craint pas l'overdose du cocasse !

Sacrée famillle ! par David Safier
Presses de la Cité, 2012 - traduit de l'allemand par Catherine Barret 

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20/04/09

Un bonheur insoupçonnable ~ Gila Lustiger

« Tu dois parvenir à trouver ta question. Chacun de nous a sûrement une question qui l'attend. »

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Plus que le texte, c'est l'esthétique du livre qui vaut le coup d'oeil : la couverture ravissante, les illustrations d'Emma Tissier, quasiment à toutes les pages... bref c'est un petit bonheur à feuilleter. L'histoire en elle-même est du tonneau 'roman philosophique' pour enfants sages et parents attentifs.
On y découvre au centre M. Grinberg, cinquante-huit ans, un peu corpulent, le front dégarni. Il vit seul, avec son chien Holstein. Il n'aime pas les enfants, mais les supporte. Tous les jours il se rend au parc pour lire son journal et rencontre un petit gars du quartier, Paul, qui s'est fait la malle. En fait le garçon est fâché, lui qui vénère sa grand-mère, avec qui il passe des heures à jouer au Petit Bac, il vient d'apprendre qu'un jour elle va partir au ciel, et cette fois ce n'est pas un mensonge (la grand-mère est une experte !).
Dans la vie de M. Grinberg, il y a aussi l'amour qui s'ignore, en la personne de Mirabella, sa femme de ménage depuis quatre ans. Un poignet foulé, des vacances en Italie, et les papillons grouillent dans le ventre.
Mais l'homme est lent à la détente, et n'est pas du genre à s'épancher, ni à se dévoiler. Comment la flèche de Cupidon pourra-t-elle atteindre sa cible ?
Doigs croisés, bouche en coeur, on devine l'issue de cette comptine doucereuse, charmante, légère comme une plume, qui plaira aux petits et aux grands. Dans cet ouvrage, les bambins ont également la part belle. En plus de Paul, on trouve aussi Mathilda, Lucas, Simon et Juliette. On l'ignore peut-être, ou on l'oublie trop vite, mais ça tourbillonne vite et souvent dans le ciboulot, d'où l'existence du fameux Livre des Questions ! On se le confie en douce, on se donne du coude, on cligne de l'oeil, on se comprend.
De cette lecture, je n'en retiendrai finalement pas grand-chose, même si j'ai pris grand plaisir à la parcourir. Depuis longtemps, je n'arrive pas à être sensible à la plume de Gila Lustiger. Encore une fois, cela s'est prouvé. Ce n'est pas que ce soit mal écrit, c'est juste que cela ne me touche pas. J'ai trouvé l'idée du roman agréable, l'ensemble original et drôle, mais je ne classe pas ce livre parmi mes favoris.

Stock, 2008 - 190 pages - 17€
traduit de l'allemand par Isabelle Liber
illustrations réalisées par Emma Tissier

J'aime beaucoup ce qu'en dit la quatrième de couverture :

Ce roman philosophique, truffé d'anecdotes, de notes, de maximes, de dogmes et de leurs contraires a pour sujets le bonheur, les oreilles décollées, Dieu, un mystérieux livre, l'éducation des chiens, la gourmandise, la mort, les règles du poker, les étrangers, la force de l'amitié et ce qu'on appelle, à tort ou à raison, « la magie de l'amour ».

Lu (dans mon bain) pour le prix de la révélation littéraire auFeminin.com   logo   

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09/10/08

Maudit Karma - David Safier

 

 

Kim Lange a tout sacrifié à sa carrière de présentatrice vedette de la télévision, négligeant son mari Alex et leur petite fille de cinq ans, Lilly. Le soir de la remise d'un trophée, correspondant à l'anniversaire de l'enfant, Kim succombe au charme d'un collègue de travail, puis reçoit le lavabo d'une station spatiale qui s'écrase sur la Terre. Paix à son âme ? Non, Bouddha lui offre une nouvelle chance et Kim se voit réincarner en fourmi ! Parce qu'elle n'a pas été exemplaire durant sa vie, mais odieuse, menteuse et égoïste, maintenant elle en paie le prix avec son mauvais karma !

Pour gagner des points, il faut donc apprendre à faire le bien. Ce ne sera pas facile, dans un premier temps, mais c'est sans compter sur l'aide d'un certain Signore Casanova. De fourmi travailleuse, Kim deviendra cochon d'Inde, vache, ver de terre, doryphore, écureuil et enfin chien, le stade supérieur ! Et toutes ces réincarnations sont motivées par un autre but : retrouver sa petite famille, consoler sa fillette et empêcher le remariage d'Alex avec son ex-meilleure amie, Nina !

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Enfin une lecture qui fait du bien, qui détend et qui déclenche des éclats de rire !
Pour sûr, Maudit Karma est léger, délicieusement grotesque, offrant une vision édulcorée (pour ne pas dire, ironique!) de la réincarnation. Mais c'est principalement très drôle, racontant une suite de péripéties désopilantes au centre desquelles Kim Lange se débat avec son culot monstre. Au début, son personnage n'est franchement pas très sympathique, mais il devient très vite attachant. Et puis, c'est émouvant aussi de suivre Kim, prête à tout, même à renoncer au Nirvana, pour retrouver son enfant.
L'histoire est également un brin sentimentale, avec un bon gros happy-end couru d'avance. Toutefois l'intrigue est assez bien ficelée pour donner le sentiment de louvoyer en vous faisant croire que peut-être bien ci ou ça. Bref, tout est possible. C'est un vrai régal, je vous le conseille en tant qu'antidote contre la morosité ambiante !

Editions Presse de la Cité, septembre 2008 - 318 pages - 19,50€
traduit de l'allemand par Catherine Barret

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07/12/07

Un cochon pour la vie - Elke Heidenreich

un_cochon_pour_la_vieDeux choix s'offrent à vous : passer Noël toute seule, au fond d'une couette, à recharger vos batteries épuisées de boulot infernal, ou bien, accepter l'offre de votre ex, qui vit désormais à Lugano en Suisse, pour dévorer un rosbeef en buvant du fendant, se rappeler les vieux souvenirs en s'envoyant des vannes cyniques et bassement drôles ...

Alors, vous choisissez quoi ?

Elisabeth décide de prendre le premier avion depuis Berlin, puis le train à Milan pour répondre présente à cet appel inespéré. Après tout, pourquoi pas ? En chemin, elle décide de faire quelques emplettes et tombe nez-à-nez avec une peluche rose, un cochon à taille humaine, avec des yeux bleus et quatre pattes dodues, qu'elle achète à un prix fou. Qu'importe, ce cochon qu'elle appelle Erika a un pouvoir magique. Il est doux, moelleux et Elisabeth remarque qu'elle n'est pas la seule à y être sensible, « sa présence de velours suffisait à faire régner la gaieté ».

Sauf qu'au fil de son voyage, Elisabeth va revenir sur ses années de vie de couple avec Franz et prendre une décision importante. La suite de l'aventure continue d'être stupéfiante, tendre et cocasse. C'est de la tendresse douce-amère qui transpire de ce texte, que je conseillerai aux adultes, ou à des grands adolescents. Pas moins. Les illustrations dans ce petit livre apportent une touche de sensibilité fort appréciable ! Une lecture veloutée, si c'est possible d'imaginer ! !

Illustrations de Michael Sowa - 56 pages, éditions Sarbacane - Traduit de l'allemand par Christine Lecerf - 9,50 €

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06/06/07

Le Désir d'amour - Dieter Wellershoff

desir_d_amourC'est un roman sur l'amour, l'amour et le mariage, la trahison dans l'amour, la pérennité des sentiments, la passion vouée à l'échec et le couple au coeur de tout cela. En fait, ils sont quatre dans cette histoire : Paul, Marlène, Léonard et Anya. Ce sont "quatre pions sur un terrain de jeux trop étroit".
Anya est une jeune étudiante qui est embauchée chez Marlène et Paul pour garder leur maison, le temps d'un voyage en Extrême-Orient. Elle fera la connaissance d'un homme brillant et instruit, Léonard, un ami du couple qui la séduit et la demande en mariage. Tous les quatre deviennent inséparables, mais entretiennent une amitié sur des faux-semblants. Car Léonard est l'ex de Marlène qui l'a trompé et quitté pour son ami Paul. Aujourd'hui Paul est troublé par Anya, jugée instable et fragile pour son entourage... Et adviendra la haute trahison, encore et toujours.
Ces quatre-là devront ôter leurs masques, cesser d'être dupes et tenter d'être sincères. Mais il est difficile de commencer à dire les choses qu'on a préféré taire pendant des années ! Alors le drame pointe, annoncé en début de roman par le suicide d'Anya.
En procédant de la sorte, l'auteur Dieter Wellershoff demande ainsi au lecteur de ne pas juger et lui accorde une prescience. Car sans en connaître le déroulement, on sait déjà la conséquence fatale. Voilà, l'histoire peut commencer sur une note triste et prédestinée. Impossible aussi de blâmer l'un ou l'autre des personnages.
La composition de cette oeuvre intimiste est rigoureuse, écrite avec un grand classicisme. Cette maîtrise parfaite paralyse un peu l'émotion, mais on se laisse surprendre à parcourir les 400 pages de ce roman pour en voir la fin, coûte que coûte.

405 pages. Editions de Fallois, 2002. Le Livre de Poche - 2004. Traduit de l'allemand.

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