11/07/19

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux, de Martha Hall Kelly

Septembre 1939 : les hordes nazies déferlent sur la Pologne. Un hiver rigoureux s'installe en Europe. Commence aussi le début de l'horreur pour les tristement célèbres « Lapins » de Ravensbrück. 

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

On croise dans ce roman trois portraits de femmes très distincts : Caroline, vivant confortablement à New York, travaille pour un fonds de soutien aux réfugiés et tombe amoureuse d'un acteur français (bientôt envoyé à Drancy) ; Kasia, une jeune polonaise idéaliste, s'embarque dans la résistance mais sera arrêtée devant le cinéma en compagnie de ses proches ; et enfin Herta, une fière allemande, très ambitieuse, ne supportant plus d'avoir étudié la médecine sans obtenir la reconnaissance de ses pairs, accepte un poste dans un camp de rééducation pour femmes.

Même si j'ai trouvé la lecture globalement entraînante, je dois reconnaître que l'ensemble est parfois trop lisse et mielleux. Les démêlés sentimentaux de Caroline n'apportent pas grand-chose. Sa vision de l'héroïsme est vécue à travers son amour aveugle (et interdit). Les témoignages de Kasia et Herta sont davantage plus éloquents. À partir de la page 400, de toute façon, l'histoire devient plus diluée et moins originale. Ce n'est plus aussi accrocheur, sauf peut-être l'affrontement entre la victime et son bourreau. Sinon on a vite fait le tour.

Cela reste une bonne lecture sur un sujet trop triste mais qui manque parfois de caractère.

Pocket (2019) - Traduit par Géraldine d'Amico

La voix de Caroline Breton incarne sobriété, justesse et émotion sans débordement. C'est très bon.

le lilas martha hall kelly

©2018 Leduc.s. Traduit de l'anglais par Géraldine d'Amico (P)2018 Audible Studios

 

 

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25/01/19

La fille de l'hiver, par Eowyn Ivey

LA FILLE DE L'HIVERMabel et Jack ont tout plaqué pour s'installer en Alaska, dans une petite cabane en bois, au milieu de nulle part. Les conditions de vie sont rudes et les désillusions abondent au cours de cet hiver 1920. Le couple se demande s'il ne ferait pas mieux renoncer de cultiver la terre pour travailler à la mine. L'arrivée de leurs rares voisins, les Benson, leur conseillant de tuer un élan et de faire des pancakes au levain en attendant des jours meilleurs, leur redonne finalement de l'espoir. Auraient-ils pu aussi imaginer qu'un simple bonhomme de neige allait bouleverser leur existence ? Ou comment expliquer l'illusion d'un renard et d'une fillette rôder autour de leur maison ? Pour Mabel, fragilisée par ses fausses couches, il ne fait aucun doute que cette apparition est un don de la nature.

Il appartient ensuite au lecteur de succomber ou pas au charme de ce conte, pétri de réalisme magique, qui nous transporte dans une bulle hors du temps. Côté ambiance, on se croirait dans la petite maison dans la prairie, promis, c'est confondant. L'histoire peut sembler étrange et abstraite, alors qu'elle est pleine d'amour et d'abnégation. C'est fascinant. Entre rêve et réalité, on hésite et on se perd facilement. De plus, la nature est magnifique. On découvre une Alaska sauvage et énigmatique, véritable ouverture à voyager et méditer. Ainsi, on oublie tout. On largue les amarres. On chavire. On disparaît dans un méli-mélo onirique. On gobe son pouvoir ensorcelant et mystique. On s'imprègne de sa lumière et on savoure sa poésie. C'était bizarre, mais drôlement beau.

10-18 (2014) - traduit par Isabelle Chapman

titre VO : The Snow Child 

 

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12/09/18

Aujourd'hui tout va changer, de Maria Semple

AUJOURD'HUI TOUT VA CHANGER 1018« Allongée ce matin dans mon lit, j'avais mis la barre ridiculement bas : regarder les gens dans les yeux, s'habiller, sourire ! Ça devait être une promenade de santé. Et puis cette crapule de Réalité s'est pointée dans un pick-up devant moi, et s'est mise à me balancer des pastèques en pleine figure. Et il n'était même pas encore treize heures ! »
N'en doutez plus, voilà un roman étonnant ! C'est l'histoire d'une femme mariée et mère de famille, installée à Seattle depuis une dizaine d'années après une vie trépidante à New York et une carrière de scénariste pour un dessin animé à succès. Depuis, ses journées se résument à sortir le chien, préparer le petit-déjeuner et envisager de mettre le point final à son roman graphique entamé depuis des lustres. Ce matin-là, pourtant, rien ne va se dérouler comme elle l'espérait : son  mari se cogne la tête contre la table de la cuisine et se fait porter pâle à son cabinet, leur fils Timby se plaint d'avoir mal au ventre et refuse de rester à l'école. Eleanor n'a pas d'autre choix que de l'embarquer pour une journée parfaitement dingue : rendez-vous avec un poète, déjeuner avec un ancien stagiaire, folles emplettes chez Gap, réconciliation autour d'un stand de poissons panés...
Complètement foutraque mais carrément barré ! Une fois qu'on saisit le ton, l'humour, la supercherie, on gobe le tout en gloussant. Eleanor Flood est une héroïne impétueuse, pleine de mauvaise foi, à l'existence brouillonne et loin des clichés attendus. J'ai trouvé incroyable son aventure sur une journée : cela part dans tous les sens et c'est raconté avec malice. J'avoue, j'ai bien aimé.

Traduit par Carine Chichereau pour les éditions Plon / repris en poche 10-18 (2018)

 

Dans le même style, j'ai récemment lu le roman de Sue Townsend : Dans la peau de Coventry.

DANS LA PEAU COVENTRY

Un roman tout aussi déjanté, avec une héroïne qui zigouille son voisin et prend la poudre d'escampette. Elle abandonne son foyer, s'installe à Londres et multiplie les rencontres farfelues. L'histoire est cocasse et exubérante. Une expérience originale, assez marquante avec son humour un peu cash.

 

 

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02/08/18

Les enfants du fleuve, de Lisa Wingate

les enfants du fleuveAlors que leur mère est en plein accouchement difficile, les cinq enfants Foss sont arrachés de leur péniche pour être conduits dans un étrange orphelinat. On leur explique que leur maman est morte et que leur père a renoncé à ses droits parentaux. Les adorables bambins aux boucles blondes sont rapidement exhibés et présentés à des riches familles qui les adoptent les uns après les autres. Rill est l'aînée de la troupe, elle a douze ans et se rebiffe contre cette séparation forcée. Elle ne comprend pas non plus qu'on leur impose de changer de nom et qu'on leur interdise d'évoquer leur vraie histoire. En attendant, la fillette s'accroche pour supporter les conditions difficiles au foyer, les regards libidineux du gardien, les brimades des autres gamins... Leur famille est éclatée mais Rill ne perd pas espoir de sauver sa fratrie.

En Caroline du Sud, de nos jours, Avery Stafford est une jeune avocate à qui tout sourit. Elle vient de se fiancer à son ami d'enfance et se mobilise pour la nouvelle campagne de son père (sénateur) quand elle fait la rencontre d'une vieille dame qui s'émeut à la vue de son bracelet en forme de libellule. Un détail en amenant un autre, Avery va contacter un certain Trent Turner, chargé de remettre un courrier en mains propres à sa grand-mère, laquelle n'a hélas plus toute sa tête. Négociant au mieux, la jeune femme parvient à obtenir les documents qui la poussent à enquêter toujours plus loin sur un héritage familial complexe et inattendu.

Sitôt les premiers chapitres avalés, le temps de replacer chaque personnage dans son contexte, j'avoue que l'histoire n'a pas cessé de me hanter ! On suit avec passion les deux parcours racontés en parallèle, attendant avec fébrilité la collision, car l'intrigue est conduite de longue haleine et remue profondément notre corde sensible. On y découvre aussi le scandale Georgia Tann ou, pendant trente ans, son trafic d'adoptions sous le manteau a fait sa fortune, en volant les plus démunis pour complaire aux foyers argentés. Bénéficiant au passage de complicités bienveillantes, son marché juteux n'a jamais été inquiété mais propulsé de nombreuses familles dans un chaos sans nom.

En somme, cette lecture est excellente ! Elle m'a fait vivre mille émotions et se révèle étonnamment attachante. On se balade ainsi en plein cœur de l'Amérique bon chic bon genre à courir après une histoire invraisemblable, tour à tour romanesque, poignante et passionnante. Une belle trouvaille.

éditions Les escales (2018) - Traduit par Aude Carlier

 

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01/08/18

Un été près du lac, de Heather Young

Un été près du lacLa famille Evans passe l'été dans leur chalet, sur les bords du lac du Minnesota, mais leurs vacances vont virer au drame. Un matin, Emily, la petite dernière, est introuvable. Le mystère de cette disparition va les entraîner dans la tourmente : le père, ruiné, va se suicider, la mère refuser de quitter les lieux et les sœurs aînées, Lilith et Lucy, vont se renfermer dans leur malheur.

Soixante ans plus tard, Justine hérite du chalet et découvre l'histoire familiale à travers les journaux intimes de sa grand-tante Lucy. Débarquée de San Diego, où elle-même a fui une relation devenue trop étouffante, la jeune femme tente de se reconstruire auprès de ses deux filles, Angela et Mélanie. Mais l'ambiance n'est pas au beau fixe et les fantômes semblent toujours hanter ce théâtre de désolation, coupé du reste du monde.

En vérité, c'est aussi la sensation que j'ai eue à la lecture de ce roman, oscillant entre nostalgie, tension dramatique et secrets de famille. On y plonge avec l'espoir (vain) de partager un moment de détente et de distraction. On se heurte à une atmosphère grave et poignante qui n'incite pas à l'évasion. J'ai été un poil déçue par le ton lancinant et néanmoins hypnotisant du récit : c'est également long, même si cette construction permet de placer toutes les pièces du drame en puissance.

Au final, on se laisse absorber par les souvenirs, les non-dits et les secrets qui hantent ce roman. Il ne faut pas s'attendre à une lecture estivale et insouciante (Justine s'installe en plein hiver dans le chalet !). La voix de Tatiana Werner, la lectrice pour Audible, n'est pas désagréable, si ce n'est qu'elle accentue la sensation de langueur monotone et plombe un peu le moral du lecteur au bout de 13 heures d'écoute. C'est cependant lu avec grande sobriété et beaucoup d'émotion.

©2017 Belfond. Traduit de l'américain par Carla Lavaste (P)2017 Audible Studios

 

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09/05/18

Mange prie aime, de Elizabeth Gilbert

Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé !

Mange, prie, aime

Dans le genre « je réfléchis à ma vie et je cherche la voie du bonheur » - façon Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Raphaëlle Giordano - je dis STOP. Je n'en peux plus. Car je réalise que je ne suis PAS DU TOUT réceptive à cette tendance. Preuve avec ce roman d'Elizabeth Gilbert qui m'a semblé long, bavard et peu intéressant.

À 31 ans, pleurant à chaudes larmes dans sa salle de bains, Elizabeth comprend qu'elle n'est pas heureuse et décide de mettre un terme à son mariage. Elle se console auprès d'un amant toxique, sombre dans la dépression avant de partir pour un voyage vers de nouvelles expériences. En Italie, Elizabeth cède à ses instincts d'épicurienne. Pâtes, pizza, pains et glaces... Elle fait une razzia, prend douze kilos mais se sent en paix avec son corps. Elle continue son périple en se rendant en Inde où elle s'installe dans un ashram et s'astreint à une rigueur ascétique pour parfaire sa quête spirituelle. Après quoi, elle part à Bali et rencontre un homme d'affaires brésilien. Elle est séduite, comprend que le temps de la disette sexuelle est révolu. Amen. Elizabeth est pleinement épanouie et peut rentrer à la maison.

Tout ceci résonne un peu trop nombriliste et simpliste. De plus, son personnage incarne également l'archétype de l'américaine complaisante, égocentrique et sans difficulté financière (tant mieux) mais inspire au final beaucoup d'ennui et peu empathie. En bref, j'ai trouvé son parcours peu convaincant. Et ma lecture décevante.

À noter que l'interprétation de Catherine Creux - pas désagréable mais un peu pédante - a sans douce exacerbé mon scepticisme. Mais ceci n'est qu'une affaire de goût... J'aimerais donner une 2nde chance à l'auteur en suggérant La Tentation du Homard à Audiolib ou Audible Studios. Merci. ☺

©2008 Calmann-Lévy. Traduit par Christine Barbaste

(P)2018 Audiolib / durée : 14h 30 env.

Le roman a été adapté au cinéma en 2010, avec Julia Roberts et Javier Bardem (jamais vu, pas envie non plus).

 

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30/03/18

Les larmes de la liberté, de Kathleen Grissom

Les larmes de la liberté audible

James Pyke est devenu un homme riche et respectable, bien intégré dans la société bourgeoise de Philadelphie. Adopté par la famille Burton, il a su se construire une réputation d'orfèvre et séduire un large public féminin. James est célibataire, mais entretient une liaison avec Caroline Preston, une femme mariée à un type imbuvable. Aussi, pour couper court aux rumeurs, James décroche une bourse du musée et part dans le Sud étudier les oiseaux, son autre passion. Mais notre homme a, en fait, d'autres motivations cachées et doit retourner au plus vite sur les terres de son passé qu'il a quittées, vingt ans plus tôt, après avoir tué un homme. Après s'être sauvé de Virginie, James a été secouru par Henry, un esclave en fuite, lequel est aujourd'hui en grande détresse car son fils Pan a été kidnappé par des trafiquants. Apprenant également que le secret de ses origines commence à transpirer, James précipite son départ.

Ce roman peut être lu dans la continuité de La colline aux esclaves, même si les deux œuvres sont assez indépendantes. On retrouve ici le personnage de James, fils d'un planteur et d'une esclave, qui a masqué ses origines pour évoluer dans un monde de faux-semblants, d'où l'on perçoit la fragilité et la détresse. D'ailleurs, tout dans cette lecture est romanesque à outrance. Au cours de son voyage dans le Sud, James va rencontrer la famille Spencer, un veuf et ses deux filles, qui vont l'accueillir sur leur propriété et lui faciliter sa prise de contact avec leurs voisins. Coup de chance pour lui, Pan n'est pas bien loin et James va tracer son chemin bon an mal an. C'est sûr que l'histoire abonde en clichés et revers providentiels, le parcours de James est jalonné de péripéties et de rebondissements palpitants, qui font tenir en haleine et aussi lever les yeux au ciel. C'est fleur bleue et assumé, OK pour moi. Par contre, les premiers rôles m'ont souvent agacée, mais j'ai beaucoup aimé le majordome Robert, la pétulante Adélaïde et l'inoubliable Sukey !

L'histoire est donc belle et attachante, peut-être moins prenante que La colline aux esclaves, probablement parce que j'ai été moins touchée par la voix d'Olivier Chauvel et son interprétation parfois trop caricaturale, mais l'écoute est, malgré tout, agréable et captivante !

©2017 Leduc.s. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Allard

(P)2017 Audible Studios. Texte lu par Olivier Chauvel. Durée : 12h 25

 

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28/03/18

Après l'incendie, de Robert Goolrick

En faisant référence, à tort ou à raison, au célébrissime roman de Margaret Mitchell, l'éditeur avait beau jeu de m'attirer dans ses filets ! En effet, l'histoire est tout ce qu'il y a de plus flamboyant et romanesque dans le genre.

APRÈS L’INCENDIE

Diana Cooke est une héroïne fascinante - cette beauté sudiste vit dans une magnifique propriété en Virginie et évolue avec aisance parmi la bonne société. Or, la réalité est moins glorieuse car la famille Cooke est ruinée. Pour sauver le domaine de Saratoga, ses parents n'hésitent pas à conclure un mariage avec le capitaine Copperton, un homme riche, puissant et parvenu. Diana a dix-huit ans, elle est naïve et intrépide, éblouie par les voyages en Europe et les toilettes clinquantes. Le réveil aura néanmoins un goût amer. Car cette parade, tristement banale, ne masque pas la brutalité d'un mariage vulgaire. Diana Cooke Copperton va pourtant connaître un destin incroyable, au sein duquel la flamme de la passion ne faiblira jamais.

Après un début laborieux, en raison d'un style lourd et ampoulé, j'ai finalement dévoré le roman en deux jours ! Clairement, j'ai été envoûtée par cette superbe fresque sentimentale, où se bousculent tous les clichés, avec des personnages caractériels, des élans du cœur déraisonnés, des drames en cascade et des émotions déchirantes. On se fond, avec un plaisir énorme, dans le décor de cette Amérique sudiste, accrochée à ses vieilles valeurs et ses grandes demeures historiques. De plus, le récit est surprenant et sensuel, avec une Diana en maîtresse absolue, femme entière, qui livre son corps et son cœur à ses instincts charnels, sans retenue, sans tabou.

Le roman parle donc d'amour, de fureur et de passion, évoque aussi la famille et l'héritage, relie le passé et le présent, en somme c'est ensorcelant. Au-delà d'un certain penchant pour les démonstrations excessives, la lecture se révèle époustouflante. Il n'y a qu'à fermer les yeux et s'imaginer qu'on part pour un long voyage ! Grandiose, vraiment. ☺ 

10/18 (2018) - Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Après l’incendie est suivi d’une nouvelle autobiographique inédite, Trois lamentations : le récit autobiographique d'une année où un très jeune Goolrick a partagé sa classe avec trois jeunes filles rejetées par le groupe : une prolétaire, une obèse et la première fille noire scolarisée parmi les Blancs.

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19/12/17

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, d'Annie Barrows

À offrir ! Édition de poche collector avec couverture à rabats.

LE SECRET DE LA MANUFACTURE DE CHAUSSETTES INUSABLES COLLECTOR

Fâchée avec son sénateur de père, qui souhaitait la fiancer contre son gré, Layla Beck accepte le premier job venu - écrire l'histoire de Macedonia, une petite ville de Virginie-Occidentale, pour le compte d’une agence gouvernementale. Contre toute attente, cette expérience va s'avérer grisante et pleine de surprises ! Layla s'installe chez les Romeyn, dans la moiteur d'un été caniculaire, et découvre chez cette famille un passé cerné d'ombres et de fantômes. À force de fouiller dans les archives de la ville et les anecdotes des habitants, la jeune femme va se connecter avec un secret familial, doublé d'un drame sentimental, qui a plongé Jottie Romeyn, son frère Félix et leurs proches dans un silence pesant et expliquerait leur mode de vie engourdie.

Ce roman, très attendu depuis que j'avais été enchantée par Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, co-écrit par Annie Barrows et sa tante Mary Ann Shaffer, ne lui arrive sans doute pas à la cheville, mais offre malgré tout un instant de lecture absolument réjouissant. L'histoire nous balade gentiment à travers les rues de Macedonia, en compagnie d'une brochette de personnages attachants, qui se plaisent à colporter toutes sortes de fables et dressent ainsi un tableau de la ville particulièrement cocasse. On se sent vite comme un coq en pâte, pas mécontent de notre visite. À côté de ça, le secret de la famille Romeyn nous taraude. Et c'est grâce à la curiosité insatiable de la jeune Willa, douze ans, que certains mystères du passé vont se lever. Pourquoi Jottie se refuse d'aimer à nouveau ? que fabrique Félix dès lors qu'il s'échappe de la maison pour revenir les poches pleines d'argent ? quels mensonges Vause Hamilton a-t-il emportés dans sa tombe ? qu'est-ce qui a pu briser leur amitié avec Sol McKubin ?

Même si le rythme est lent et le roman copieux, la lecture n'inspire aucun ennui. Au contraire, j'ai été charmée par l'ambiance, captivée du début à la fin. J'avais l'impression de décrocher avec la réalité qui m'entourait pour voyager dans un décor dépaysant mais chaleureux. Cela m'a beaucoup plu. Les histoires de famille et les petites villes américaines n'ont pas fini d'exercer leur attrait sur moi ! ♥☼

10-18 COLLECTOR, 2017 -  672 pages - Traduit par : Claire ALLAIN, Dominique HAAS

 

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10/07/17

La famille Middlestein, de Jami Attenberg

LA FAMILLE MIDDLESTEINEdie Middlestein pèse plus de 150 kg et doit subir une nouvelle opération à la jambe pour lui éviter des problèmes cardiaques. Sa fille Robin tient son père responsable de la déchéance de sa mère. Alors que celle-ci doit passer sur le billard, Richard n'a rien trouvé de mieux que de demander le divorce et s'offrir une nouvelle jeunesse en multipliant les rencontres sur le net. Benny, leur fils, est lui confronté à une soudaine calvitie - liée au stress - et laisse son épouse Rachelle partir en mission pour sauver sa belle-mère. En filigrane, se prépare également la célèbre bar-mitsvah des Middlestein où vont se croiser tous les membres de cette famille dysfonctionnelle. 

Ne vous attendez pas à une comédie familiale déjantée, ni à une tragicomédie plombante et bien amère. Le roman est un étonnant mélange des deux, tantôt grinçant et caustique, tantôt désopilant et saugrenu. On sent néanmoins tous les regards converger vers la mère juive despotique et effrayante, qui se moque du qu'en-dira-t-on et se remplit la panse pour assouvir tous ses désirs. Et on devine les dents grincer, les soupirs s'accentuer, les replis sur soi et les vaines tentatives de déculpabiliser. Edie est tout de même formidable dans son rôle d'ogresse, qui a déraisonnablement choisi de croquer la vie à pleines dents. C'est un portrait tout en humour, en tendresse et en suavité qui se dessine, mais qui ne cache rien du désarroi de ses proches. La famille Middlestein incarne les dérives d'une société imparfaite, pleine d'espérances et pourtant vouée à sa propre désagrégation. 

Une lecture finalement pas si légère, malgré une orientation cynique pleinement assumée, mais qui tend à se soigner pour ne pas sombrer dans le sinistre.

10-18 / Trad. Karine Reignier-Guerre (2015)

 

 

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