01/09/19

Le Vol du Frelon, de Ken Follett

Le Vol du FrelonLondres, 1941. Lassés de voir leurs avions torpillés par l'ennemi, les anglais déduisent que les allemands détiendraient une machine redoutable capable de repérer leurs attaques. Leurs soupçons se portent sur une petite ville danoise d'où la résistance locale tente de tisser sa toile à la barbe de l'occupant.
Parmi ces Veilleurs de Nuit, deux frères vont prendre une part active à des missions d'espionnage mais devront également affronter une vieille connaissance - un policier cruel et mesquin - qu'une longue rancœur familiale a rendu encore plus amer et revanchard.


Cette histoire me laisse globalement un goût d'invraisemblance avec en héros un lycéen de 18 ans ingénieux au point de réparer un biplan de fortune pour survoler la Mer du Nord et remettre (potentiellement) des documents qui pourraient changer la face du monde...
Même pas peur de la Luftwaffe, vous dirai-je, ça carbure à l'insolence (ou inconscience). C'est dire si Harald est un môme qui en veut ! 
Dès lors, la lecture prend des tours et des détours stupéfiants... et notamment les derniers chapitres qui se lisent de manière frénétique et avec des yeux hallucinés !
Cela peut paraître dingue et insensé (après tout, il faut s'accrocher). C'est surtout long aussi : l'histoire manque de rythme et s'éternise sur des détails... (le décryptage du Frelon, vraiment, on perd un temps fou dans cette chapelle abandonnée et on s'improvise mécano). L'auteur a le sens artistique, moi non. J'ai trouvé ça un peu bancal et pas toujours captivant.
Malgré tout, les personnages sont jeunes et intrépides. Ils apportent à leur façon un souffle de fraîcheur à cette lecture qui se laisse conter. Peut d'ailleurs convenir à un public adolescent ou désirant se mettre en selle sur le sujet.
Pour ma part, ce ne sera pas le meilleur des Ken Follett lus à ce jour. C'est distrayant, lu avec entrain et donc entraînant. Mais je tique sur la perspective d'un jeune Géo Trouvetout trop habile et tenant tête aux ennemis les plus impitoyables... Plus de sang et de larmes auraient apporté du crédit - non ?

Très bonne lecture audio... effectuée par Valentin Merlet (également la voix récurrente d'Adam Driver, de Jamie Dornan ou d'Alexander Skarsgård).

©2003 Éditions Robert Laffont (P)2019 Audiolib

 

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La Marque de Windfield, de Ken Follett

La marque de WindfieldUn collège prestigieux, une amitié qui se scelle autour d'une tragique disparition, un rêve qui s'effondre et des espoirs qui partent en fumée... Le destin de Hugh Pilaster s'inscrit dans ce long roman - long à démarrer - et nous embarque dans son histoire de banques, de familles et d'ambitions démesurées au cœur de cette Angleterre des années 1860 (et des décennies suivantes).

À la mort de son père, Hugh Pilaster doit quitter son école et comprend qu'il n'a plus d'autre choix que de se retrousser les manches pour gagner sa vie. Même s'il appartient à une famille riche et puissante, rien ne lui sera épargné pour gravir les marches du succès : coups du sort, tromperies et mensonges. Les Pilaster gouvernent le milieu de la banque, des affaires et de la bourgeoisie entre gant de velours et bras de fer. Toutefois, les passions aussi entraînent tout ce petit monde à comploter sans fin pour le pouvoir. En amitié, en amour, en politique, en société, les limites n'ont plus lieu. 

Une incroyable dynastie finit par découler - tout en rebondissements et en éclats. Ken Follett réussit ainsi à nous tenir en haleine et à nous surprendre sans cesse. Sa brochette de personnages est également bien campée avec des pourris jusqu'au trognon qui continuent d'agir en toute impunité (son cousin Edward, sa tante Augusta ou le sulfureux Micky Miranda...). C'est limite excitant de voir leurs combines se goupiller aussi efficacement - mais c'est aussi hyper écœurant !!!

En conclusion, la lecture est certes parfois trop dense mais globalement captivante. Se lit facilement.

©2002 Éditions Robert Laffont, pour la traduction française (P)2018 Audiolib

Très bon choix du comédien qui nous transporte des bureaux lambrissés d'acajou aux salons privés où se tiennent des parties fines, des quartiers populaires aux bureaux solennels où règne la finance... Un récit qui gagne en intensité et redonne vie à la fascinante Angleterre victorienne. Dans toute sa splendeur. Dans toute sa noirceur.

 

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22/07/19

Un mariage anglais, de Claire Fuller

Un mariage anglaisUne jeune étudiante de vingt ans se laisse séduire par son professeur, tombe enceinte et renonce à ses rêves et autres idéaux (qui consistaient à dire non au patriarcat). Elle s'installe donc chez lui, dans sa maison près de la plage, au grand dam de sa meilleure amie qui condamne son existence rangée et passéiste.
Les années passent et le bonheur se fait la malle. On le découvre à travers la lecture des lettres de l'épouse - glissées dans des ouvrages en sachant qu'elles ne seront probablement jamais découvertes. Apparaît alors une radiographie du couple sans complaisance. Une histoire de désillusions, de mensonges et de tromperies.
Un jour, la femme disparaît en allant nager au large.

Quinze ans plus tard, l'homme est persuadé de l'avoir recroisée en pleine rue et la poursuit en hurlant son prénom avant de basculer par-dessus la digue. Ses filles ne savent plus où donner de la tête. Et le mystère sur la Mère s'épaissit.
En vrai ce roman est terriblement amer et démoralisant. Loin de baigner dans une atmosphère de bord de mer ou à raconter une histoire de couple chahuté par les aléas de la vie. On ne s'attache pas du tout aux personnages, on ne comprend pas leurs choix, on s'interroge sur l'absence et finalement on abandonne l'idée d'obtenir une explication.
En bref, on soupire beaucoup et on compte le temps qui nous reste avant de tourner la dernière page.

Ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais et je suis fortement déçue.

Un roman de mer et de soleils étouffés.
Un roman de secrets brûlants et de livres oubliés.
Un roman d'amour contre la mort.

©2018 Éditions Stock (P)2019 Audiolib

 

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17/07/19

L'Aviatrice, de Paula McLain

L'Aviatrice audibleNe faisons point de mystère. J'ai adoré ce roman !

Il s'agit en fait de la biographie romancée de Beryl Markham. Cette contemporaine de Karen Blixen - entraîneuse de chevaux de course et pilote d'avion - a également connu une grande histoire d'amour avec Denys Finch Hatton (et une probable liaison avec le prince Henry).
Femme libre et indépendante, Beryl a toujours été éprise de grands espaces. Ayant principalement vécu au Kenya, elle a également renié les conventions de son rang et assumé toutes ses passions. Elle a ainsi traîné une réputation scandaleuse, échoué à devenir une petite épouse bourgeoise et défrayé la chronique mondaine.

À travers son portrait, c'est aussi une vision exaltante de l'Afrique qu'on redécouvre. Un continent magnifique et farouche - avec malheureusement une banalisation de la chasse et du safari - pour un voyage d'un autre temps. C'est aussi follement romanesque. Une plongée sensuelle et poétique pour raconter un parcours de femme audacieux et néanmoins incompris.
En clair, une lecture passionnante !

©2015 Presses de la Cité. Traduit par Isabelle Chapman (P)2016 Audible Studios

 

Disponible en format poche chez LdP (2017)

l'aviatrice

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08/07/19

Filles de la mer, de Mary Lynn Bracht

Ce roman inspiré de faits historiques est passionnant mais également déchirant pour tout ce qu'il rapporte ! Pfiou... c'est très dur à lire parfois.

Filles de la mer

C'est l'histoire d'une jeune coréenne de seize ans qui, en 1943, a été arrachée à sa famille pour être envoyée dans un bordel en Mandchourie et servir de “femme de réconfort” aux soldats japonais. Témoin de son enlèvement, sa jeune sœur n'a jamais pu oublier ce jour tragique. On la retrouve près de soixante-dix ans plus tard en train de manifester sur les places de Séoul pour connaître son sort.

Raconté par alternance, le roman nous tient en haleine à travers les voix de Hana et Emi dont chaque parcours soulève bien des injustices, des drames, des larmes, de l'horreur. J'ai eu la boule au ventre plus d'une fois au cours de ma lecture. Et pourtant, pour rien au monde je n'aurais voulu mettre pause ou abandonner ce livre.
D'un côté c'est hyper poignant et douloureux à encaisser. D'un autre, on est surpris par sa force romanesque et obnubilé par la suite de l'histoire. On a autant envie de soutenir les deux sœurs et de découvrir leur sombre destinée.

C'est sans doute paradoxal à avouer mais j'ai adoré ce roman ! Je ne suis d'ailleurs pas prête d'oublier le sort misérable des coréennes victimes de l'esclavage sexuel (et plus largement, les ravages imprimés par la grande Histoire sur ce coin du Pacifique). Absolument traumatisant. Un bel hommage est également rendu à la culture des haenyeo - ces fameuses filles de la mer qui plongent en apnée pour pêcher. Une vraie lecture coup de poing.

©2018 Robert Laffont. Traduit par Sarah Tardy (P)2019 Audible Studios

Le choix de la lectrice a également été décisif car Micky Sebastian est une comédienne formidable - sa voix, son interprétation, sa sensibilité, sa justesse... Tout est extrêmement poignant, bouleversant, percutant. Je ne suis jamais déçue des lectures qu'elle exécute ! C'est tout simplement prodigieux.

 

Repris en Février 2019 chez POCKET

FILLES DE LA MER pocket

 

 

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11/06/19

Le Manuscrit perdu de Jane Austen, de Syrie James

Le manuscrit perdu de jane austen

En visite dans la région d'Oxford, Samantha déniche un recueil de poésie dans une librairie d'occasion d'où s'échappe une lettre... qui proviendrait de la correspondance de Jane Austen ! Intarissable sur le sujet, Samantha comprend que son écrivain préféré aurait égaré un manuscrit au cours d'un séjour dans le Devon et décide de s'y rendre illico pour rencontrer le propriétaire du manoir. 
Sur place, elle tombe sur son héritier - Anthony Whitaker - qui se laisse convaincre pour fouiller la bibliothèque de fond en comble. Leurs efforts seront récompensés. D'où Les Stanhope. Place alors au roman dans le roman !
Une certaine Rebecca et son père pasteur doivent quitter leur maison avec un scandale aux fesses et se réfugient chez la sœur aînée pour se refaire une santé. Notre demoiselle va également rencontrer deux gentilshommes - l'un qu'elle va détester, l'autre qui va la séduire. On connaît la ritournelle (et le club des filous en W !). Pour notre spécialiste, le doute n'est plus permis car ce sont tous les thèmes fétiches de Jane Austen qui sont réunis dans ces 300 pages. Cette découverte va révolutionner la communauté des fans.
Pour ma part, j'ai nettement préféré l'histoire dans l'histoire - même si on est loin du style de la femme de lettres - par contre l'intrigue est largement plus captivante que la partie contemporaine. J'ai adoré l'histoire des Stanhope, a contrario Samantha et Anthony sont fades, leurs interludes sonnent creux et ça augure la romance platonique à la ronde. Bref. Ça m'a fait le même effet que dans le roman de Lucinda Riley - un retour au présent qui est trop frustrant.
Ceci dit, on sent vraiment tout l'amour et la vénération qu'inspire Jane Austen sur cette lecture donc le résultat ne peut pas être foncièrement mauvais. C'est comme une petite récréation appréciable - légère et charmante. Plutôt sympa pour une austenerie.

Milady (2015) - Traduit par Luc Rigoureau pour les éditions Hachette

 

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10/04/19

L'invitation, par Elizabeth Day

L'invitation audibleBen Fitzmaurice et Martin Gilmour ont fréquenté ensemble Cambridge et sont devenus des amis inséparables, alors que tout semblait les opposer. La famille de Ben appartient à l'élite, tandis que Martin a grandi dans un foyer modeste auprès d'une mère célibataire. Ben est extraverti et chaleureux, Martin plus sombre et complexé. Mais l'ambition et la fascination ont fait le reste. Vingt ans plus tard, Martin et sa femme Lucy se rendent à l'anniversaire de Ben organisée par son épouse Serena. Ébahis par le faste des lieux et des invités, ils montrent aussi une certaine lassitude. En grattant bien la surface polie, le couple est en réalité aigri et beaucoup moins sensible à la séduction déployée. En clair, on est loin de l'union sacrée car l'ambiance va se révéler explosive.

Un drame va donc éclater au cours de la soirée. Interrogé par deux inspecteurs de police, Martin commence alors à raconter sa rencontre avec Ben et livre les dessous de leur amitié a priori parfaite. Évidemment, sa confession fait vite apparaître des traces d'aigreur et de bassesse. On remarque aussi que des sentiments troubles et troublants ont lié le quatuor durant des années - l'envie, la jalousie, la frustration, l'amertume, la haine. En bref, tous ces désirs refoulés ont généré une violence sourde. La menace est d'ailleurs palpable, dès les premières lignes, on ressent en vrac la tension et le cynisme de cette relation toxique. De plus, l'histoire déroule son fil avec lenteur, le narrateur ne se sépare jamais de son flegme, le climat est détestable et on scrute chaque figurant sans la moindre compassion. Il n'empêche que ce roman est envoûtant : il a su m'accrocher de bout en bout, inspirer une curiosité malsaine et créer une attente angoissante. J'aurais voulu un dénouement plus percutant, mais bon... je n'en demeure pas moins conquise et satisfaite par l'exercice.

©2018 Belfond (P)2018 Audible Studios

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26/01/19

iRachel, de Cass Hunter

iRachelRachel était une femme brillante, ingénieure surdouée, elle avait créé son double androïde sans imaginer que cela aurait un impact sur sa vie et ses proches. Car Rachel va mourir dans un accident de voiture (nulle préméditation, triste fatalité). Contacté par son collègue, Aidan va alors découvrir le projet secret de son épouse : iRachel, un prototype unique d'une intelligence artificielle remarquable.

Le robot a également été programmé pour s'installer dans leur maison et vivre à leurs côtés. Son but ? Absorber leurs émotions, anticiper les lendemains difficiles et permettre un travail de deuil moins douloureux. Le père et la fille sont choqués et mal à l'aise en sa présence. Mais iRachel est un modèle de patience, de dévouement et de compassion. Elle finit par se fondre dans le décor et réussit à compenser l'absence de Rachel tout en ravivant les souvenirs de la famille.

Franchement, c'est magnifique ! J'étais loin de me douter dans quoi je m'embarquais, mais sitôt ouvert, ce roman a été avalé en une goulée. J'ai été captivée par l'histoire... histoire d'amour et de tendresse, histoire de perte et de manque, histoire de sacrifice et de partage, histoire de trahison et de conquête. On découvre à chaque coin de page un aspect nouveau et étonnant de cette lecture. C'est poignant, c'est doux, c'est romantique, en gros c'est bouleversant. Les personnages sont touchants et très attachants. On a envie pour eux la meilleure solution possible, et puis... on a le cœur gros aussi. Lu en une soirée, ce roman a été un compagnon inattendu et bienveillant. Une découverte pleine d'émotions et qui me laisse avec un sourire jusqu'aux oreilles. J'ai adoré !

JC Lattès (2018) - Traduit par Lucie Delplanque

Titre VO : The After Wife

 

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10/01/19

La petite librairie des gens heureux, de Veronica Henry

La petite librairie des gens heureuxQuoi ? Un roman qui parle de livres et de librairie ! Il ne m'en fallait pas davantage pour partir en vrille. À l'arrivée, j'ai été agréablement surprise par cette lecture pleine de charme et de gourmandise. Un roman qui ne paie pas de mine et qui vous prend totalement au dépourvu.
Direction un petit village de la côte anglaise, Peasebrook. Le propriétaire de la librairie locale vient de mourir en léguant à son unique fille son bien le plus précieux, Nightingale Books. Mais Emilia se retrouve avec un lourd fardeau sur les bras, car la librairie se porte mal et les dettes s'accumulent. Son père vivait d'insouciance et de passion. Aujourd'hui, Emilia doit décider si elle poursuit l'aventure droit dans le mur ou se résoud à vendre la vieille bâtisse à un promoteur âpre au gain.
Pourtant, elle découvre rapidement l'existence d'une communauté très attachée à la librairie : des amoureux des livres, mais aussi des personnes ayant toutes aimé profondément son propriétaire. Julius était un homme formidable, attachant, avec le cœur sur la main. Tous ont désormais conscience qu'ils ne peuvent pas abandonner Nightingale Books et entendent soutenir Emilia face à son héritage.
Les petites histoires viennent ainsi s'immiscer, ci et là, avec sa brochette de personnalités affables. Chacun y va de son anecdote, mais aussi de ses secrets ou de ses ambitions, pas toujours honorables. Autant de petites billes qui roulent et viennent s'entrechoquer pour créer une formidable osmose. Oui, il y a dans cette lecture une aura magique et poignante : une harmonie réelle et captivante.
J'étais finalement bien lovée dans mon canapé à tourner les pages du roman. Avec un sourire niais sur le visage. Je me sentais dans mon élément, parfaitement chouchoutée dans cette ambiance. Comme un doux refuge qui inspire un vrai confort. Ne cherchez pas le moindre soubresaut, juste l'assurance d'une rencontre improbable et néanmoins lumineuse. J'ai été conquise sur toute la ligne : effet cocooning assuré !

City éditions (2017) - Traduit par Ariane Maksioutine

Titre VO : How to Find Love in a Bookshop

Existe en format poche (2018)

 

 

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14/11/18

Par un matin d'automne, de Robert Goddard

Par un matin d'automneLeonora Galloway est en pèlerinage dans la Somme pour se recueillir sur la tombe de son père et confier à sa fille tous les secrets entourant son histoire de famille. En effet, le mystère a longtemps plané sur ses parents : sa mère est morte peu après sa naissance, laquelle est survenue un an après la disparition de son père, mort au combat. Cette ombre au tableau familial a ainsi profité à la seconde épouse de son grand-père, une séductrice impénitente, qui a également manipulé son entourage pour dérober l'héritage et exacerber le sentiment de culpabilité de Leonora. Le temps a passé mais les souvenirs sont toujours vivaces. C'est, du moins, ce que m'inspire cette lecture, intense, romantique et captivante. On replonge dans le passé des personnages, dans une Angleterre isolée, en pleine campagne, là où se situe le manoir de Meongate. On revit les bonheurs et malheurs de la narratrice, le drame de ses parents, et tant d'autres vies fauchées ou emportées par le destin impitoyable... J'avoue avoir préféré, de loin, toute la première partie du roman, à Meongate, qui colle typiquement aux grands classiques anglais, car la suite réserve plus ou moins de bonnes surprises (la succession de rebondissements s'avère un peu pénible car peu crédible au final). Somme toute, la lecture est facile, elle s'écoute non sans une certaine dévotion et on y prend goût ! Au casting, Olivier Chauvel est excellent, Bénédicte Charton tient la distance même si elle accentue un poil trop la note mélodramatique à son interprétation.

©2010 Sonatine. Traduit de l'anglais par Marie-José Astre-Démoulin (P)2017 Audible Studios