22/11/19

Rose désert, de Violaine Huisman

G03362En comparaison avec Fugitive parce que reine, le deuxième roman de Violaine Huisman paraît d'abord beaucoup plus superficiel. C'est l'histoire d'une jeune femme qui vient de se séparer de son compagnon et qui décide de traverser le désert du Sahara pour tout oublier. Elle débarque avec un modeste bagage et ignorant les zones à risques qu'elle va fouler... qu'importe, elle va au-devant de rencontres et d'interdits un peu flous. C'est une jeune femme bohème, libre et entière, après tout.

Au fil des pages, on réalise aussi que l'histoire se répète, mais sonne plus profonde et consistante. L'ombre de la mère est toujours présente et plane sur son existence, ses choix de vie, ses aventures amoureuses. On y revient sans cesse. On parle aussi de son père, de leur famille, de son adolescence chaotique, des premières idylles et des hommes toxiques. Par contre c'est toujours aussi cru et impudique, tellement personnel aussi (comme raconter sa première fois), érotique et sensuel, pense-t-on, moi ça ne me branche pas beaucoup.

Le roman est donc un fourre-tout de souvenirs, de rencontres, d'expériences, d'états d'âme et d'espoirs. Dommage pour le déballage grivois (tendance porno-chic). Reste la sincérité derrière les confidences. Et puis ce roman est merveilleusement lu par Rachel Arditi, comédienne prodigieuse et interprète formidable, qui mérite à elle seule qu'on n'abandonne pas trop vite ni trop tôt ! 

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

En revisitant ses rapports aux hommes depuis l'adolescence, la narratrice aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l'éveil à l'amour et à la sexualité. L'écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s'impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.

 

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Fugitive parce que reine, de Violaine Huisman

G02701Quel beau roman... qui m'a d'ailleurs fait penser aux films de Diane Kurys et au roman de Gwendoline Hamon, Les dieux sont vaches. Des univers profonds, qui puisent dans l'intimité et l'authenticité, tout en titillant notre corde sensible. Ça peut effrayer, lasser, exaspérer - moi, ça m'a bien plu.

Dans ce roman, Violaine Huisman évoque sa maman, Catherine, une femme très belle et farouche, qui se voulait libre d'aimer sans la moindre attache. Par contre, c'était aussi une femme fragile, exigeante envers les hommes et tyrannique avec ses filles. Elle buvait trop, fumait comme un pompier, était malade, n'avait aucune convenance sociale. Honteuse de ses origines modestes et de son manque d'éducation, elle avait mis l'accent sur son charme, sa sensualité, son aura. Toute sa vie, Catherine a ainsi tracé son chemin sans tergiverser, se donnant sans retenue mais griffant comme une tigresse à la moins incartade.

Ce portrait de femme est raconté à travers les yeux de sa fille qui déballe son enfance tumultueuse, ses chagrins, ses frustrations, ses lacunes, ses désirs... avec toujours son besoin désespéré d'attirer l'attention de celle-ci, de crier son amour et d'en recevoir autant. C'est assez violent et sans concession (d'où l'étalage de sexe et d'obscénités... pas top !). Mis à part ce détail, le roman est envoûtant et touche au cœur de la cible (quand tu es en plein chaos affectif ou quand tu lis tout ce qui touche à la famille ou avec des mères sur la corde raide). C'est tout bon !

©2018 Éditions Gallimard (P)2019 Éditions Gallimard

Ce premier roman raconte l'amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l'écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d'une femme, une femme avant tout, qui n'a jamais cessé d'affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

Violaine Huisman met en voix ses propres mots et livre une déclaration d'amour bouleversante. Une lecture d'une rare intensité. Note de moi-même : excellente perfomance ! Car il est rare qu'un auteur soit aussi bon lecteur... hé oui.

Disponible en collection Folio (n° 6631)

  G02630

PRIX LITTÉRAIRE DE L'ENS CACHAN 2019

PRIX FRANÇOISE-SAGAN 2018

PRIX MARIE CLAIRE DU ROMAN FÉMININ 2018

 

 

 

 

 

 

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20/11/19

Ça peut pas faire de mal : Les femmes écrivains, lu et commenté par Guillaume Gallienne

Les femmes écrivains ça peut pas faire de malCette émission radio, diffusée sur France Inter, est excellente ! Elle m'accompagne souvent sur les routes des vacances et offre à découvrir un large panel de lectures et d'univers littéraires.
Cette fois, ce sont les femmes écrivains qui sont à l'honneur. De grandes dames comme Marguerite Duras, Annie Ernaux, Simone de Beauvoir et Marguerite Yourcenar. Comme le souligne Leïla Slimani en préface, il n'existe pas d'écriture féminine mais il y a une urgence pour les femmes à raconter leur histoire. « À lever le voile sur des expériences, des émotions, des combats qui ont été trop longtemps passés sous silence. L'avortement. Le viol. L'érotisme. La maternité. La domination sociale et le combat pour la liberté. »
Toutes ont aussi puisé dans les livres une émancipation, une échappatoire. Elles ont bouleversé l'ordre, changé de classe sociale, affronté le regard des autres, bousculé la pudeur. Elles ont ainsi fait preuve de courage, de lucidité ou de tendresse à raconter leur parcours. Leurs romans évoquent des femmes qui s'affranchissent, qui font des études, qui aiment librement, qui se détournent du patriarcat. Tous les quatre nous touchent à leur façon et pourraient encore éveiller des consciences endormies. Hé-ho, ça se passe ici et ça peut pas faire de mal !
J'ai donc passé deux heures trente fabuleuses à me bercer de mots, de musique d'ambiance et d'extraits de romans où l'on respire un parfum quelque peu suranné... j'aime beaucoup !

"C'est un drôle de truc, l'écriture."
Marguerite Duras

 "Être femme, c'est le résultat d'une histoire."
Simone de Beauvoir

"Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. On risque avant cet âge de méconnaître l’existence des grandes frontières naturelles qui séparent l'infinie variété des êtres."
Marguerite Yourcenar

 "Il n’y a pas de vraie mémoire de soi."
Annie Ernaux

©2018 France Inter (P)2019 Editions Gallimard

Guillaume Gallienne rend hommage avec délice à quatre grandes écrivaines, accompagné au piano par Philippe Dubosson et au violoncelle par Ernesto Insam. L’écoute en classe de ce CD est autorisée par l’éditeur.

 

 

01/10/19

Une joie féroce, de Sorj Chalandon

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l'aime, Jeanne. Libraire, on l'apprécie parce qu'elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d'eux. Jeanne, qui a passé ses jours à s'excuser, est brusquement frappée par le mal. "Il y a quelque chose", lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d'elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d'avant.

Une joie féroce

Les premières pages du roman sont glaçantes : l'annonce du cancer tombe comme un couperet. S'ensuit tout le protocole d'usage (rapporté platement et néanmoins très fidèlement à la réalité). L'héroïne est sonnée. Son désarroi s'accentue par la distance du corps médical, la réaction pathétique du mari, le regard des gens, les réflexions anodines et superficielles.
Tout ça fout un coup au moral. Et je n'étais franchement pas très réceptive.
Puis le roman glisse vers une histoire de rencontres providentielles avec trois autres femmes soudées par la maladie et les coups du sort. Toujours au nom de leur solidarité féminine, elles vont devenir partenaires dans le crime (et mettre au point le braquage du siècle dans une bijouterie place Vendôme).
C'est alors un roman aux antipodes de ce qu'on envisageait qui s'écrit et qui va se conclure de manière tout aussi inattendue. Sauf que j'étais déjà totalement larguée (avant tout parce que je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages, puis parce que j'ai trouvé cette volte-face impromptue et aberrante). Cette lecture est donc tombée à plat.
Mauvais timing ou pas, je n'ai pas réussi à adhérer à son style patchwork. Ses spectres aussi sont très pesants et vite démoralisants : ils marquent l'histoire d'entrée de jeu et vous hantent tout du long. Impossible de me décoller de cette sensation... j'avais hâte d'en finir !

Excellente interprétation par Valérie Muzzi, tout en finesse et sobriété. Malgré mon manque d'enthousiasme pour son propos, l'écoute du roman a été très agréable.

©2019 Éditions Grasset & Fasquelle (P)2019 Audiolib

 

En guerre contre ce qui la ronge, Jeanne va prendre les armes. Elle était résignée, la voilà résistante. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle découvre l'urgence de vivre, l'insoumission, l'illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu'elle ne soupçonnait pas. Avec Brigitte la flamboyante, Assia l'écorchée et l'étrange Mélody, trois amies d'affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreuses et élever une joyeuse citadelle.

 

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09/09/19

Venise n'est pas en Italie, par Ivan Calbérac

Venise n'est pas en ItalieÉmile, quinze ans, craque pour Pauline, musicienne et passionnée de cinéma. Il a suffi d'une simple balle de ping-pong pour lui mettre la tête à l'envers. Depuis, il ne cherche qu'à lui plaire et attirer son attention. La patience aidant, le garçon est invité à l'accompagner pour un concert à Venise.
Son cœur manque d'exploser dans sa poitrine. Ne reste plus qu'à convaincre ses parents pour acheter le billet de train, et alors... en avant la dolce vita ! Seulement, rien ne va se passer comme prévu. Mouise après mouise, Émile croit sa chance lui échapper. Mais il va s'accrocher - il n'est pas prêt de renoncer à son rêve - et s'embarque pour une aventure pleine d'émotions.
Au programme, l'histoire réserve pas mal de dérision et de tendresse. Elle croque surtout le portrait d'une famille haute en couleurs - les Chamodot sont des gens extraordinaires aux apparences terriblement ordinaires. Pour Émile, la cohabitation n'est pas simple. Il faut dire que le garçon a un peu honte des siens tandis que Pauline est habituée au velours, au faste et au grand luxe.
Très peu pour la famille d'Émile, qui vit en caravane sur un terrain embourbé et qui s'imagine qu'on peut teindre les cheveux en blond pour paraître différent. Ça peut sembler saugrenu - et parfois on atteint les limites du cocasse - mais l'émotion n'est jamais loin pour révéler la vérité derrière les faux-semblants.
Et je ne regrette absolument pas d'avoir découvert ce roman en format audio - le comédien est franchement top. Son interprétation est enjouée, propre au fatalisme des adolescents, elle incarne le désarroi amoureux, les affres du premier amour, l'espoir et les désillusions en vrac. C'est pertinent, entraînant. Sûr que ce voyage entre Montargis et Venise surprend mais l'expérience est pleinement revigorante. Très, très chouette lecture !

©2015 Flammarion (P)2017 Éditions Gallimard

 

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02/09/19

Le Chemin des falaises (Le Moulin du loup #2), par Marie-Bernadette Dupuy

Le chemin des FalaisesRetour au Moulin du loup dans la verte campagne charentaise, sur les terres de la famille Roy, alors unique papetier du pays. Amoureuse d'un bagnard en fuite, Claire avait rongé son frein pour vivre au grand jour leur bonheur en dépit de nombreuses déconvenues.
Cette suite promettait des retrouvailles, des émotions, des tourbillons. Et j'ai récolté des soupirs et des grimaces. En cause, le comportement de Jean : colérique, jaloux, impétueux. Mais aussi la sensiblerie excessive de Claire, devenue étrangement chichiteuse et barbante. Résultat, leur relation est souvent ponctuée de chamailleries inutiles et lassantes.

Ce gros roman de 790 pages, qui s'ouvre en 1905, décrit longuement la vie paisible au Moulin : les enfants grandissent, les cœurs battent à l'unisson, les espoirs s'enflamment et les illusions aussi se brisent. En fait, on suit des scènes de vie quotidienne avec le sentiment que c'est mou. Il y a bien des coups de canif dans le contrat, des gueulantes qui font claquer les portes... mais ce n'est jamais foufou non plus. On attend aussi les tourments de la guerre - qui survient finalement au 3/4 du livre ! On se dit que ce n'est pas grave. Après tout on sait que l'ambiance de cette saga est principalement sentimentale. On se passionne à juste titre pour les amours impossibles et les secrets de cette famille ordinaire. On s'attache à la brave Raymonde, au gentil Léon, à la délicieuse Faustine, à l'impossible Étiennette, au vieux Colin, à la pimbêche Bertille, au fougueux Matthieu et à l'intrigante Blanche... Finalement cette lecture se lit avec ses défauts car elle possède un goût de revenez-y auquel j'ai honteusement succombé.

Pocket (2016)

Après Le Moulin du Loup, Le Chemin des falaises poursuit l'histoire touchante d'un couple dans la tourmente des sentiments, des drames de la vie et de la tragédie de la guerre.

©2009 Presse de la Cité (P)2017 Sixtrid

 

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31/07/19

Le Moulin du Loup, de Marie-Bernadette Dupuy

LE MOULIN DU LOUPÔ agréable surprise ! J'ai quasiment bu d'une traite les 680 pages du roman ! Un exploit.
En fait c'est super facile et très entraînant à lire. On monte à bord du train en toute bonhomie et on ne le quitte plus avant le terminus. Préparez-vous cependant à une histoire sentimentale mais que voulez-vous... j'ai perdu tout sens commun et n'ai pas boudé mon plaisir.
L'histoire se passant dans la région d'Angoulême a également interpellé la vacancière que je suis car j'aime beaucoup le cadre verdoyant et campagnard. Bref. Chez la famille Roy dont le père, maître papetier, a quelques difficultés pour honorer ses dettes, l'heure est grave.
L'homme a accepté de marier sa fille Claire au fils Giraud non sans savoir que Frédéric traîne une réputation de brute débauchée. Celui-ci jure pourtant de se ranger pour les beaux yeux de Claire... n'imaginant pas qu'elle vient de succomber au charme d'un bagnard en fuite et qu'elle est prête à tout pour le sortir des griffes de la police.
La lecture va ainsi enchaîner les heurts et bonheurs de cette famille et de leurs proches à travers des alliances, des trahisons, des mariages, des naissances, des morts et tout ça. On absorbe ainsi une grande quantité de scènes crémeuses et parfois trop mielleuses. J'étais néanmoins scotchée et impatiente d'avancer car la lecture est honteusement addictive.
Mais la Claire du début - la jeune fille intrépide et désinvolte - devient une créature plus sombre et amère au fil des chapitres. La morosité et le mélodrame s'abattent sur son existence. Elle semble se résigner trop facilement et devient l'ombre d'elle-même. Quelques 100 pages avant la fin, on ne vibre plus du tout à ses aventures ou disons qu'on aimerait bien une sérieuse reprise en main pour soutenir à nouveau ses combats.
Affaire à suivre dans Le Chemin des Falaises.

Saga familiale, amours impossibles et secrets de famille : en Charente, les aventures semées d'embûches d'une jeune fille rebelle et d'un bagnard, à la fin du XIXe siècle. 

©2015 Presses de la cité (P)2016 Sixtrid

Le Moulin du loup sixtrid

 

23/07/19

La vie secrète des écrivains, de Guillaume Musso

La vie secrète des écrivainsJe ne suis pas mécontente de cette lecture aux faux airs de La Vérité sur l'affaire Harry Quebert.
On retrouve la figure de l'écrivain célèbre vivant reclus dans sa maison, sur une île, loin du tapage médiatique. Un aspirant romancier souhaite le rencontrer pour lui confier son manuscrit. Et dans le même temps le corps d'une femme assassinée est découvert non loin de sa propriété.
Une journaliste est sur les dents et souhaite faire la lumière sur plusieurs affaires dont le meurtre sauvage d'une famille entière (probablement au cours d'un cambriolage). Un crime survenu des années plus tôt et jamais résolu.
On a ainsi plus qu'à suivre le rythme d'une histoire pleine de mystères et peuplée de personnalités pas très fiables. Le scénario est assez convenu, toutefois on mord facilement à l'hameçon car on croque la lecture en une bouchée.
Convient aussi parfaitement en livre audio : 6 petites heures d'écoute en apnée avec un narrateur efficace (sauf une voix trop âpre pour incarner le fameux Nathan Fawles).
Par météo assassine et chaleur écrasante, voilà donc un rendez-vous adéquat qui permet de buller tranquille et de passer un moment simple et distrayant.

©2019 Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

 

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10/05/19

En poche ! Les Dix Vœux d'Alfréd ♥

les dix voeux d'alfred pocket

Ah, quel bonheur à lire ! L'histoire est simple mais adorable. Elle est pleine de tendresse et de bienveillance, avec des personnages croquignolets et des aventures truculentes, tout ça dans une ambiance bon enfant, franchement on se régale !

Direction un petit village breton, Le Camboudin, Alfréd (avec un accent) dresse une liste de vœux pour ses dix ans (rencontrer un vrai cowboy, conduire un tracteur, voir la mer et goûter la mythique trouspignôle). Rien n'est impossible pour un môme qui n'a que des petits vieux comme copains ! Son grand-père, Alfred (sans accent), est son principal partenaire dans le crime. Et il faut avouer que ces deux-là vont nous réserver de bonnes parties de fous rires. Leurs aventures sont alors racontées sans lourdeur, on sent la bonne humeur derrière chaque mot, on se berce de nostalgie et de douceur. C'est formidable.

Certes, parfois la vie est rude pour notre jeune héros : sa mère boit beaucoup trop et a un caractère de cochon. Lui, Alfréd, rêverait d'un foyer ordinaire, de vacances à la mer, de journées spéciales rien qu'à deux... Au lieu de ça, il découvre que les adultes sont des menteurs, qu'ils ne sont pas dignes de confiance et qu'ils ne comprennent rien aux surprises. Enfin bon, ça reste une belle aventure à lire et relire. J'ai adoré son énergie et son humour pétillant : je n'avais pas envie d'être à la fin, trop tôt, trop court, j'en voulais encore ! C'est bon comme tout. 

POCKET 2019

Attention... ils sont de retour !

Les Amours d'Alfréd

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21/01/19

Changer l'eau des fleurs, de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleursViolette travaille dans un cimetière. Elle prend soin des allées, des fleurs, des plaques, des tombes. Elle connaît chacun des occupants, leurs histoires et leurs familles. Elle propose souvent un café ou un thé, des petits gâteaux, une oreille attentive aux gens de passage. Par sa gentillesse et sa discrétion, elle rend l'instant plus doux. Par contre, tous ignorent que Violette a aussi ses propres fantômes. Abandonnée à la naissance, elle a rencontré son mari très jeune. Un jour, celui-ci disparaît sans crier gare, laissant Violette dans le flou. Pourtant, elle ne s'en inquiète pas et trace sa route auprès de ses morts, jusqu'à ce que débarque Julien, un commissaire venu chercher une réponse aux dernières volontés de sa mère.
Ne nous voilons pas la face : on a du charme, de la tendresse et beaucoup de mélancolie dans cette histoire. Cela donne un roman poignant mais très triste aussi. Au début, on savoure chaque bouchée. On retrouve la délicatesse des Oubliés du dimanche : le style simple et sans fausse note, les petites vies ordinaires et les secrets de famille. Puis, trop de parcours s'entrecroisent, déposent leurs complaintes, plombent l'ambiance et laissent une impression décousue. Entre la soumission de Violette, le grand amour caché de Paul et Irène, la double vie de Philippe Toussaint, les rêves de Sasha, la disparition de Léonine, les tourments de Françoise Pelletier, cela fait beaucoup de drames intimes. Mis bout à bout, ils imposent aux 15 heures de cette lecture un arrière-goût d'amertume. On reste malheureusement en retrait, face à des personnages peu charismatiques, qui nous touchent sans nous attacher réellement. C'est embêtant car l'histoire devient trop longue et déprimante. On se croirait dans un interminable mois de novembre, monotone et lugubre, avec une narratrice résignée et larmoyante.
Au final, ce n'est pas le plus foufou des romans, même s'il dispose de qualités indéniables et dégage une sincère bienveillance. Techniquement, 
Marine Royer est merveilleuse dans son rôle. C'est toujours agréable de l'écouter. 

©2018 Albin Michel (P)2018 Audible Studios

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