17/05/07

Désagrégé(e) ~ Christophe Ono-dit-Biot

César a loupé son agreg, et il s'en faut de peu pour qu'il soit sur la liste des admis (c'est lui le "premier collé"). Une idée germe dans son esprit retors: récupérer la place d'un admis et pour cela pourquoi pas l'éliminer ?.. En cible, son meilleur ami Arthur. Tous deux partent en vacances à Cuba; pour César son plan doit fonctionner, il rentrera agrégé dès son retour au pays. Evidemment les choses vont se corser, sur l'île du Lézard Vert les plaisirs paradisiaques vont embrumer les esprits souvent pris d'alcools des deux jeunes gens. César, entre scrupule et calcul, va tenter de redonner goût à la vie à Arthur, en couple depuis six ans et donc qui traverse une crise existentielle. Les deux compères vont se perdre en rencontres, sorties et autres épopées "calientes". Pour conclure à un dénouement assez inattendu...

Bref, ce premier roman de Christophe Ono-dit-Biot est l'histoire d'une jeunesse désolée et perdue dans des échecs sociaux, sentimentaux et ...scolaires. César est le jeune homme qu'on abhorre par excellence, grand et petit joueur à la fois. Incapable d'encaisser l'échec de son agreg, il pense avoir loupé complètement sa vie. Mauvais, il en veut aux autres et du coup abuse du système : il boit trop, attise les jeunes filles, couche trop vite et se sauve au petit matin, se joue de la vie comme d'une partie de pocker. Résolu mais pris de remords, César pourra-t-il atteindre son objectif ??? Pour cela, l'auteur use (et abuse) de 245 pages pour dépêtre son personnage cynique et un rien dandy. César, le Surcouf des amphithéâtres, a 23 ans, il n'est ni fou ni amoureux, et va commettre un crime. D'emblée, son histoire est tracée. Christophe Ono-dit-Biot fait valser sa plume pour créer ce ton blasé et auto-dérisoire, parfois lourd à lire. Trop de cynisme finit par tuer l'assassin. Et puis, il aurait été préférable d'abréger de quelques chapitres l'histoire qui a tendance à s'enliser vers la fin ... mais bon. Petite erreur de jeunesse somme toute pardonnable. "Désagrégé(e)" est un roman cocasse, écrit subtilement (et aussi pointilleusement). L'écriture captive ou lasse (parfois). L'auteur signe un bon petit roman intéressant, mais qui ne s'inscrira pas dans les annales.

mai 2004

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15/05/07

La femme interdite - Delphine de Malherbe

femme_interditeLa femme interdite s'appelle Lila. Elle a 24 ans et partage sa vie avec Serge, âgé de 55 ans. Mais Lila a un problème : elle souffre de vaginisme, l'impuissance féminine. Son corps se crispe dès qu'on l'approche. Son corps est vierge, la jeune femme, elle, est pourtant brisée.
Sa relation avec Serge semble à bout de souffle, mettant ces deux amants face à une liaison stérile et qui les dérange de plus en plus. Décidée d'en guérir, Lila consulte un énième médecin, mais son couple n'est-il pas déjà perdu ?
En voici un roman pudique sur un thème dont on lève très rarement le voile à son propos. Et pourtant les corps impénétrables, ça existe mais on n'en parle guère, et ça bouleverse car : Comment aimer lorsque le corps s'y refuse ? Se ferme ?
Très surprenant, ce roman de Delphine de Malherbe décide de briser la loi du silence. De manière enlevée, pour mieux masquer l'émotion et les angoisses, elle décide donc de retracer ce parcours avec heurts et déboires, son amour pour un homme épuisé et son chemin vers la guérison.
Jamais de mélancolie, un peu d'ironie, beaucoup d'humour et de dérision, bref le style est fin et s'apprécie. J'ai toutefois pensé que ce "roman" aurait pu se soulager de quelques passages qui pèsent et alourdissent le rythme de lecture.
Sans quoi, pas mal. Sujet étonnant, à découvrir quoi !

JC Lattès - 265 pages / Janvier 2006.  A LIRE : lu / lu  ** Découvrez aussi le MySpace de Delphine de Malherbe !

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12/05/07

La ballade de Lola ~ Xavier Houssin

Trop court mais chargé d'émotion brute, "La ballade de Lola" donne la parole à un papa dont la petite fille a brutalement disparu sur le chemin de l'école. Un matin, comme ça... Sans traces, sans indices, sans témoins. Une petite fille de neuf ans disparaît de la vie de ceux qui l'aiment à moins de deux cents mètres du domicile.

Sous forme d'une marelle, ce père retrace son désir d'enfant, la naissance de la petite Lola et les années qui ont suivi jusqu'à ce matin maudit et tragique. Laissant seuls deux parents inconsolables, mortifiés et forcément qui vont se déchirer.

Xavier Houssin nous dépeint avec une très grande justesse la douleur d'un père, le chagrin des parents qui perdent un enfant soudainement, et puis le silence, l'attente, l'envie de comprendre et d'accuser. "La ballade de Lola" est un petit roman de seulement 75 pages qui déverse une émotion foudroyante. Comment se relever d'une telle détresse, d'un tel désarroi ?..
C'est beau et grave. D'une effroyable justesse. "La ballade de Lola" laisse une trace indélébile chez le lecteur.

mai 2004

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11/05/07

Ce qu'en dit James - Dominique Schneidre

ce_qu_en_dit_jamesComment faire avec une toiture délabrée, un âge certain, un genou qui lâche, un compte en banque à découvert et une riche bibliothèque ? Demander conseil à des auteurs éclairés. Après tout, ils sont là pour leur imagination !
Alice est une septuagénaire attachante, charmante et pétillante. Face à son problème de toit qui fuit, elle décide de se tourner vers ses auteurs qui vivent à ses côtés dans sa petite maison, intervenant de ci, de là, posant une assiette de fromage sur la table avant de réprimander la dame qui ne cesse de s'aplatir, "Tolstoï fronçait les sourcils et arpentait le seuil de la cheminée comme si c'était la steppe russe, les mains croisées dans le dos" ou "Avec James, il est prudent de ne pas insister. Nos relations étaient un peu tendues depuis quelques jours".
Dominique Schneidre convie dans son histoire des écrivains illustres, depuis Kipling, Shakespeare, Henry James, Edith Wharton ou Lewis Carroll et leur donne la parole dans un étrange mais assez jouissif échange avec l'héroïne Alice. Une invraisemblable relation s'est établie dans ce foyer, une folie douce mais réconfortante, très stable aux yeux des milliers de lecteurs qui se reconnaîtront en Alice, "Abandonner mes livres si longtemps me déstabilisait. Il en est ainsi à chaque visite de Basile. Il prend toute la place. (...) Mon lien avec les livres se distend et je me mets à vivre comme s'ils n'étaient plus qu'un décor, je leur bats froid et donne aux gens la première place. Quand je suis seule, tout est plus facile."
Les allusions ne manquent pas "les livres sont des bouées de sauvetage que seule ma grand-mère avait su me faire laisser sur le sable" et ne peuvent laisser insensibles, "Alice, vous qui vivez dans les livres, vous ne voudriez pas trouver quelque chose de beau à lire à la messe ?".
"Je ne sais pas si c'était une bonne façon d'équilibrer les relations avec Tolstoï... Soyons franche, quand je suis gaie, je n'ai pas envie d'avoir à m'en justifier auprès de lui. Léon Daudet, Lewis Carroll, Thomas Bernhard, Tchekhov ou Proust, voilà de bons compagnons ! Peut-être Mark Twain, à qui je n'avais pas fait signe depuis longtemps..."
Lancé par une ouverture primesautière, le roman poursuit son chemin vers des sentiers plus nostalgiques, vers l'enfance, le fils Basile et les amours perdues. Le problème du toit demeure en filigrane, leitmotiv des digressions d'Alice, mais les têtes-à-têtes avec les auteurs sont les plus intriguants, les dialogues, les interventions judicieuses et savantes, bref on ne demande que ça !
Délicieuse balade parmi les livres, aux côtés des écrivains qui nous hantent et des êtres de papier qui sont les compagnons fidèles des grands lecteurs, "Ce qu'en dit James" est un roman original et tendre, drôle et spirituel, truffé d'une érudition qui n'écrase pas mais vous transporte... Ce roman se déguste ! "Buvons à notre imagination plutôt qu'à nos souvenirs."

Seuil, 174 pages / Février 2007.

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07/05/07

Je préfère la comédie ~ Ariane Gardel

Le dernier roman d'Ariane Gardel est une pépite à manier avec précaution : petit, frêle, fragile et bourré de sensibilité. "Je préfère la comédie" met en scène une jeune adolescente rêveuse et lucide, mystérieuse et blessée. Elle emménage dans un nouvel appartement tout blanc avec son père, sa soeur est en Amérique, ses frères vivent entre amis, et sa mère... Absente, l'ombre de la maman plane telle un peau de chagrin sur la collègienne. Désemparée, mal fagotée, avec des résultats scolaires médiocres, la jeune héroïne du roman vit dans son univers à elle: le cinéma, les vieux films, les acteurs américains des années 50, et le théâtre, la comédie. Ses lectures, sont des pièces de Marivaux ou Giraudoux. Tandis que ses camarades scotchent des posters de Tom Cruise dans leur chambre, elle découpe les jolies photos en noir et blanc des acteurs de son magazine de cinéma. Dans son walk-man, elle écoute les chansons de Peau d'Ane. Elle visionne Happy Days à la tv... bref : portrait d'une adolescente décalée, mal dans ses baskets, une Charlotte Gainsbourg version "La petite voleuse", avec ses jeans, son pull marin et ses baskets blanches.
Véritablement attendrissant, "Je préfère la comédie" est un petit roman qui se lit d'une traite. L'écriture parle de l'adolescence sans niaiserie. L'auteur, comédienne de formation, dessert ses chapitres de citations, brode ses dialogues façon échanges théatrales et glisse des extraits de pièces qui dépoussière quelques bons vieux classiques. La jeunesse n'est pas perdue : la petite Anne du roman d'Ariane Gardel nous en livre un portrait haut en couleurs, et d'une rare délicatesse !

mai 2004

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04/05/07

Le dîner des ex ~ Tatiana de Rosnay

Encore un très beau roman écrit par Tatiana de Rosnay, "Le dîner des ex" confirme le talent de l'auteur. Magnifique ode à la musique et son influence sur notre vie, sur la similitude avec les relations amoureuses, "Le dîner des ex" se centralise autour de la célèbre chef d'orchestre Margaux. A la veille de son quarantième anniversaire, elle décide d'inviter trois principaux ex-hommes de sa vie pour un repas intime. Une idée dont les véritables motivations ne seront pas analysées, toutefois la jeune femme s'épanche dans une longue lettre adressée à son premier amant, Max, aujourd'hui décédé. Dans ce long texte que constitue le roman, elle lui parle d'elle et de ses amours, ses rencontres avec ses trois hommes les plus importants et glisse quelques anecdotes actuelles (des concerts à préparer, la rencontre d'un homme...).
Chaque histoire amoureuse est associée à un cantate qui illustre l'essentiel de chaque passion: Max, plus âgé, chef d'orchestre renommé, lui apprend l'amour; Manuel, homme marié et incorrigible séducteur, lui révélera la volupté; et Pierre, celui qu'elle épousera, lui donnera un fils. Tous ces hommes ont fait de Margaux la femme qu'elle est aujourd'hui. Elle l'avoue et le reconnaît. Est-ce pour cette raison qu'elle compte les réunir autour d'une table?.. pour les remercier?..
En épitaphe, l'auteur a glissé cette citation de Denise Bombardier: "L'histoire d'une femme, c'est avant tout l'histoire des hommes qui jalonnent sa vie." A Margaux de raconter leurs histoires pour dessiner la sienne.

"Le dîner des ex" est joliment écrit à travers la plume de l'héroïne tour à tour charmeuse, mutine, ambitieuse et libertine. Margaux porte ce roman sur ses frêles épaules : pari réussi. Son histoire nous emporte et nous touche.
Au cours du roman, une phrase glissée... "Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans." L'âge du premier bilan... Mais n'attendez pas pour ouvrir ce roman. Sa douce mélodie vous atteindra et vous conviera à ce doux voyage en arrière, vers des amours tumultueuses, passionnelles et constructives. A chacun son dîner !

mai 2004

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21/04/07

Bon vent - Pascal Morin

bon_ventC'est un stage de parapente de deux semaines, cinq néophytes s'y trouvent dont Paul, le narrateur. Ils sont tous un peu empruntés, s'inventent des vies et parlent à mi-voix du mort de la Montagne-Rouge. C'est tout récent, survenu dans un autre club, mais le spectre est bien présent. D'ailleurs, dans le village, la famille de ce mort est là, une mère et sa fille, Agathe.
En fait, Paul est comme ses compagnons, un tricheur. Il prétend être journaliste mais on devine qu'il est fragile et déboussolé. Une liaison amoureuse a mal fini, son histoire avec Suzanne le rend à fleur de peau. Elle l'obsède, le pèse et ses souvenirs d'elle l'envahissent et nuisent à sa concentration.

Parce que j'ai été estomaquée en lisant son tout 1er roman "L'eau du bain", j'ai toujours suivi avec intérêt les publications de Pascal Morin. Or je remarque de plus en plus que je demeure moins sensible et emballée par ses romans. "Bon vent" ne fait pas exception, j'ai bien aimé, mais sans plus. Le manque de compassion pour les personnages a semblé paralysé mon entrain dans cet univers qui est, avouons-le, très masculin. Au début, ça ne me gênait pas de plonger au coeur de ce désespoir vraiment flippant, de tâter la tristesse de Paul qui est un peu énigmatique. Et puis tout a fini par me lasser, à me filer une légère aversion, j'étais ennuyée par cet homme embourbé dans son chagrin qui le rend pathétique. Ce n'est pas la faute du roman qui est bien écrit, mais c'est un "feeling" qui ne passe pas, qui ne m'émeut pas. J'ai adhéré totalement à ce qui plane, bien loin des sensations du parapente, dans la perception du doute, des angoisses et puis ces fantômes qui rôdent. Je ne regrette pas, mais par contre Paul a des fantasmes qui deviennent glauques, poisseux et cela finit de nous le rendre exaspérant ! Désolée pour lui, le roman s'alourdit par sa faute !

Editions du Rouergue, 155 pages  (Août 2006)

  • A force de lire les avis élogieux sur le net, je commençais à devenir verte ... et puis ouf ! l'avis d'InColdBlog est venu rejoindre mon opinion ... Me voilà moins seule ! :)

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19/04/07

Chut ! - Jean Marie Gourio

chutUn jeune militaire en permission rencontre une jeune fille assise sur un banc dans un parc, elle est coupée du monde, le nez plongé dans son livre. Le garçon la regarde, fasciné. Il souhaite la revoir et l'aborde. Elle lui tend son livre, elle s'appelle Mathilde, elle est bibliothécaire. Et l'histoire d'amour peut commencer. On peut s'attendre à tout de la part de ces deux mondes qui s'entrechoquent et s'éblouissent. Lui n'a jamais ouvert un bouquin de sa vie, chez ses parents les 21 volumes de l'Encyclopédie universelle sont fermés sous clef et exposés sous une lumière bleue. C'est un cadeau de son père pour la mère qui lisait et qu'il fallait respecter pour ça. Or, la mère est morte, en lisant un Jim Thompson à la page vingt-sept, depuis le père a tout bouclé, il s'est éteint. Avec son fils, on préfère boire un verre au café au lieu de parler de ces livres qui leur semblent étrangers... De son côté, Mathilde est une ogresse, dans sa famille les livres se comptent par milliers.
L'amour résiste aux fausses idées, et pour les beaux yeux de sa belle n'est-on pas prêt à entrer dans une librairie pour la première fois de sa vie ? acheter un livre, construire une bibliothèque, ranger des livres en vrac, poser son attitude de lecteur dans la rue, chez le boucher, devant sa douce...
chut_poche"Chut" est donc ce livre qui parle des livres et des lecteurs qui les rencontrent. Il fait aussi bien la part belle aux passionnés qu'aux incultes, démontre l'étendue de ce territoire inconnu et qui fait peur, et pourtant c'est un monde qui ne demande qu'à être conquis, approché, aimé ! Jean-Marie Gourio nous en parle bravement et vachement bien, la gouaille de son jeune homme qui fait semblant nous touche. C'est drôle. Mais c'est aussi plus émouvant qu'on ne le pensait, car l'histoire du père ne laisse pas insensible. C'est le portrait d'un homme qui a perdu sa moitié et qui va chercher dans les livres un sauf-conduit, oui vraiment ce livre a de quoi vous offrir des pistes de lecture nombreuses, à la fois fascinantes, facétieuses et palpitantes. A découvrir.   Julliard, 177 pages (1998) / ou chez Pocket.

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17/04/07

Sa passion - Véronique Olmi

sa_passionQuand on a l'habitude de lire les romans de Véronique Olmi, on sait d'avance qu'on pénètre un univers qui n'est jamais tout rose ni édulcoré, où l'amour éperdu est l'étendard d'amants éplorés et écorchés vifs. Oui, il faut savoir qu'un livre de Véronique Olmi entraîne son lecteur vers l'absolu, vers la désolation, la perdition, le bouleversement. Cela peut accabler et déconcerter, mais étant donné que Véronique Olmi est avant toute chose une grande dramaturge, il n'est donc guère surprenant de succomber avec étourdissement à ces histoires poignantes. Comme bien souvent, l'héroïne de Sa Passion est une femme percluse qui, en recevant le message de son amant, Patrick, pense à des retrouvailles idylliques. Or, Hélène n'en peut plus et le rire sardonique et mesquin de cet homme marié la blesse et la brusque. Finir. Il faut en finir avec cette liaison. Et forte de cet adage, "Comment font les autres, tous ceux qui ne meurent pas d'amour?", Hélène décide de briser sa réserve, de suivre son instinct. Et en bon lecteur attentif, on suit sa confusion, on comprend sa rage, on remonte le fil de ses désordres de jeunesse. Sans doute n'est-on pas dupe du Gong final, n'empêche qu'on se sent à chaque fois retourné par de tels chaos ! Pourtant, j'avoue que ce livre ne figure pas parmi mes préférés, j'aime infiniment le style de Véronique Olmi dont les intrigues m'embarquent instantanément, mais pour le coup j'ai eu un sentiment de déjà lu, c'est vrai. J'ai bien aimé, mais pas autant que "Bord de mer".  Grasset, 169 pages

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Route Royale - Stéphanie Polack

route_royaleConstance Haroche sort de prison, elle est seule, personne ne l'attend. Son petit ami David lui a envoyé un courrier dans lequel il lui explique qu'il ne sera pas là pour elle car il en aime une autre. Blessée et amère, Constance repense à leur histoire et admet avoir bien mérité cette rupture. Qu'importe... Elle tente de reprendre le volant, la nuit, de faire le taxi et d'oublier la vacuité de sa nouvelle existence. Un jour, elle rencontre Werner qui a vingt ou vingt-cinq ans de plus qu'elle et qui lui propose de s'occuper d'elle. Il se dit "exilé de l'émoi, errant, et attendant sa fin". Constance ne sait pas encore que Werner a suivi son procès avec attention, qu'il sait presque tout d'elle et de David...
"Route Royale" est un roman que j'aimerais beaucoup aimer, mais quelque chose m'en empêche. Peut-être par la faute du personnage de Werner, type bizarre et peu attachant. Et cette Constance, qualifiée de mec par son cow-boy qui la quitte par lettre, alterne aussi les sentiments de compassion et de haut-le-coeur. C'est donc tout en ambivalence, à l'aide d'un style coupant (phrases courtes, vocabulaire sans empathie), qu'on glisse sur cette histoire qui n'est pas caressante, heureusement car c'est ce qu'on apprécie aussi. C'est un mélange de tendresse et violence, à l'image de Constance Haroche. Le temps seul dictera mon avis définitif à son sujet, dans plusieurs mois... Pour l'instant, j'ai autant aimé que j'ai ressenti du malaise. A tenter, cela cache un os !  Stock, 116 pages

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