04/10/06

Le théâtre des rêves - Bernard Foglino

theatre_des_revesL'histoire commence dans le Paris 9ème et va se terminer quelque part en Normandie, près de Sainte-Mère-Eglise. Elle se passe aussi depuis la rencontre avec un mage, un esprit africain et sera suivie d'un ancien commentateur sportif dans le lieu-dit sacré, le Théâtre des Rêves, un bistro d'aficionados de football, celui de l'âge d'or (tout ce qui s'est passé avant 1970). Baptiste Flamini, le narrateur, aide les collectionneurs à dénicher les perles rares. Il réunit les articles les plus saugrenus, mais une mission d'abord anodine va finalement le conduire à explorer des zones fort sombres, voir redoutables. Flamini devra fouiller plus loin qu'il ne le pensait. "Le théâtre des rêves" est le premier roman de Bernard Foglino et crée une bien agréable surprise : le ton général est enchanteur, il balance le lecteur dans des contrées fantaisistes. Le genre est à la fois policier, risque-tout et gouailleur. Le héros partage son quotidien entre un écrivain manchot et un travesti tordu. L'enquête est captivante, on y croise sur son chemin des personnages déconcertants; l'ensemble est tout bonnement jubilatoire. A tenter.

Buchel Chastel

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Prenez soin du chien - JM Erre

prenez_soin_du_chienDans la rue de la Doulce-Belette, deux immeubles se toisent dans toute leur splendeur et décadence, avec à leur bord des locataires triés sur le volet par un propriétaire commun mais mystérieux. Seul l'agent immobilier, Monsieur Naudet, sert d'intermédiaire pour les visites, les réglements de compte et les réunions d'urgence. Car effectivement, dans ces deux immeubles, des drames en série vont surgir. Cela a commencé par un crime atroce, celui d'une locataire, mademoiselle Chiclet, assassinée chez elle par un pervers. Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, emménage dans l'appartement et prend très vite en grippe son voisin d'en face, Eugène Fluche, qu'il soupçonne d'épier tous ses faits et gestes. De l'autre côté, Eugène surprend également cet individu collé à ses fenêtres et qui passe son temps à l'espionner. Une guerre muette s'engage, les deux hommes consignent le tout dans leurs journaux intimes. Puis, le mystère du chien de madame Brichon retentit. Le fidèle Hector a disparu, sa maîtresse (et voisine de Max Corneloup) est convaincue qu'il a été zigouillé. La dame devient dingue. Roulement de tambours, d'autres délits vont survenir, des vengeances sourdes, basses et aveugles, jusqu'au gong final à paraître dans le "Paris Massacre" très prochainement...

Si cela n'a pas suffit pour vous convaincre de vous "jeter" sur ce livre, je ne saurai vous engager plus. Ce premier roman a la verve des franchouillards, des histoires impertinentes et amusantes qui manquent cruellement chez les auteurs débutants. Le roman est un doux mélange d'histoire policière, de moeurs de voisinage et d'une comédie de théâtre de bouvard. C'est franchement drôle ! JM Erre est ingénieux, non sérieux, intéressant et, pour tout cela, il mérite qu'on l'encourage et s'intéresse à cette galéjade mémorable ! Jusqu'au bout, on s'étonne et bravo l'artiste !

Buchet Chastel

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03/10/06

Celui d'en face - Gabrielle Ciam

celui_d_en_faceJe suis une femme seule, j'ai quarante ans, je vis confortablement dans un appartement au coeur de Paris. Et j'en ai fini avec le sexe, pour de bon. C'est la parole de la narratrice, qui s'adresse à un homme, inconnu du lecteur. Elle lui raconte son expérience excitante d'avoir flirté avec son voisin d'en face, cet inconnu qui a introduit son intimité, sans jamais se dévoiler. Un jour, elle est apparue nue dans le salon et elle a bien senti qu'on l'observait, en face. Troublée, elle a eu le besoin de "se donner" à cet anonyme qui a su émoustiller son désir. Elle croyait en avoir fini, c'est tout autre chose qui commence : l'apprentissage du désir, les sens en éveil, l'attente du regard, le besoin de se livrer à l'inconnu. Il est "celui d'en face", celui qui compte pour elle, "ce que je voulais, c'est qu'il me regarde, qu'il pose les yeux sur moi, de loin, à l'affût, et qu'il me voie m'offrir".

Le jeu qu'elle joue est celui du chat et de la souris. Un homme et une femme se guettent, s'épient et se contemplent. Les préliminaires ont été absous, il y a une volonté explicite dans l'art d'être désiré, c'est cru dans les gestes, mais élégant dans les paroles. Car Gabrielle Ciam a renoué avec l'érotisme, comme dans son premier roman "Le train de 5h50", où il était question aussi d'observation et de fantasmes fous. "Celui d'en face" n'est pas obscène, et la narratrice parvient à attiser sa flamme par sa confession à son interlocuteur inconnu. La fin est charmante, on attend quelle suite l'affaire a donnée !... Ce 3ème roman de Gabrielle Ciam est capiteux, impudique, affriolant... enfin bref, ce sont les femmes qui en parlent le mieux ! Lisez-le !

Arléa

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Ce que je sais d'elle - Béatrice Hammer

ce_que_je_sais_d_elleUne femme a disparu, laissant derrière elle un mari et deux enfants. "Un enquêteur" interroge la famille, les amis, les collègues et les gens du quartier, ceux qui ont côtoyé cette mystérieuse femme. Car à la lecture des différents témoignages, on s'aperçoit que celle-ci n'était pas tout à fait la même : secrète, certes, mais pour certains, destructice et croqueuse d'hommes, pour d'autres, artiste utopiste, excellente professeur de maths, introvertie mais rancunière, une mère, une femme, une épouse lassée par son quotidien, qui a pris les voiles. On pense qu'elle est morte, qu'elle a été enlevée, qu'elle s'est enfuie avec un amant, qu'elle a changé de vie... Chacun tente d'apporter une solution, ou sa propre explication pour rejeter le sentiment de culpabilité, pour refuser de voir et de comprendre pourquoi cette femme s'en est allée sans mot dire. A la fin du livre, il n'est vraiment pas possible d'apporter un portrait défini de cette femme : elle est tout et rien à la fois. Ses traits sont flous, son caractère fuyant... peut-être n'a-t-elle jamais existé ? Il est possible de créer l'image fantasmée d'une personne, il est plus difficile de cerner la vérité. Ce livre de Béatrice Hammer démontre que toute personnalité est nuancée, qu'elle est le fruit de l'imagination des gens qui nous entoure. "Ce que je sais d'elle" de Béatrice Hammer a de plus une conclusion assez délirante et ouverte aux plus folles spéculations !

Arléa

Posté par clarabel76 à 22:17:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]