12/11/06

J'ai nom sans bruit - Isabelle Jarry

j_ai_nomLa narratrice quitte Paris en auto-stop et part se réfugier à la campagne, dans une petite maison où elle a coulé des jours idylliques avec son compagnon, Philippe. Cet homme est mort et la jeune femme se sent désormais démunie avec leur fille, Nisa. D'ailleurs l'enfant a été confié aux soins d'une assistante sociale, après la chute de la mère qui s'est retrouvée dans la rue. Elle pense regagner sa dignité perdue à la campagne, où elle va faire communion avec la nature, rencontrer un viticulteur et s'enfermer dans un silence de plus en plus désarmant. Car au-delà du matériel et de l'affectif, la narratrice a également perdu le coeur même de son intimité. Elle était poète, mais elle a perdu l'usage des mots. Il faut à tout prix qu'elle redevienne "elle", il lui faut récupérer sa fille et aussi reprendre le sens des mots. "J'ai nom sans bruit" est donc le roman de ce combat, écrit avec sobriété et émotion. Un roman fort et farouche, à découvrir si ce n'est pas déjà fait !

Folio

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Je m'appelle Elisabeth - Anne Wiazemsky

je_m_appelle"Je m'appelle Elisabeth", c'est l'histoire de Betty, douze ans, la petite dernière d'une famille de cinq enfants. Son père est directeur d'un hôpital psychiatrique et la famille vit dans une villa au-delà du mur qui sépare l'enceinte de l'hôpital. Le roman débute avec le départ de sa soeur préférée qui rentre en pensionnat, se pliant là à la sacro-sainte tradition familiale. Betty est seule, un peu déprimée et persécutée par deux frères cruels. Un jour, elle fait une rencontre peu banale : un homme sans âge et sans intellect, un malade de l'hôpital de son père, un homme qui a fui. Betty décide de le cacher et d'en faire son secret, elle veut "apprivoiser son fou". Et effectivement, quelque chose entre eux se passe... Ok, ce n'est pas palpitant mais honnêtement l'histoire est admirablement écrite. C'est là tout le talent d'Anne Wiazemsky qui décrit d'une façon très personnelle le monde de l'enfance (déjà prouvée dans "Sept garçons"). A bas la fausse innocence, l'enfance se nourrit de sentiments troubles, obsessionnels et exclusifs. Tout ce que j'aime ! (Cette histoire va être adaptée sur grand écran.)

Folio

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11/11/06

Mon père sera de retour pour les vendanges - Olivier Larizza

mon_pere_seraL'histoire est racontée par un enfant de dix ans : son père part au front, nous sommes le 1er août 1914. En partant, le père promet d'être de retour pour les vendanges. Mais hélas, le conflit s'enlise et l'absence va se creuser au fil des jours chez le jeune garçon et sa maman, qui attend son deuxième enfant. Cette histoire est magique car elle est racontée au travers des yeux d'un enfant. La guerre nous apparaît sous ses mots, une triste et cruelle vérité qu'il découvre en lisant les lettres de son père en cachette de sa mère. Et cette guerre est également l'occasion de dévoiler non seulement les âmes torturées, mais aussi les rencontres humaines que fait son père. C'est un homme plein de poésie, de philosophie et très attachant!.. D'un autre côté, on découvre la vie de ceux qui attendent et là c'est le jeune garçon qui est aux premières lignes. Fin et observateur, il guette sa jolie maman qui rencontre de plus en plus souvent un homme blond. Petit roman bourré de poésie, d'humour et d'émotions multiples. Très beau.

Pocket (ou Anne Carrière)

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09/11/06

Marilyn dernières séances - Michel Schneider

marilyn_5En janvier 1960, Marilyn entre pour la première fois dans le cabinet du Dr Ralph Greenson, c'est son quatrième analyste, l'actrice est dans un état psychique et physique délabré... La relation qui va s'établir entre Marilyn et Greenson va prendre un tour ambigu, complexe et trouble... une étrange relation de dépendance mutuelle, une liaison amoureuse sans sexe, une addiction réciproque... "Greenson et Marilyn étaient attachés par l'amour et la mort, mais ils n'avaient pas fait l'amour. Il leur restait à faire la mort. Ensemble ou chacun pour soi.". Greenson a été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte. Pourra-t-on jamais expliquer les événements étranges de la nuit du 4 au 5 août 1962, où Marilyn Monroe a trouvé la mort ? Non, jamais. Et d'ailleurs le livre de Michel Schneider n'est pas un énième ouvrage pour découvrir qui a tué Marilyn, mais pourquoi est-elle morte.

Le livre de Schneider, aussi bizarre que cela puisse paraître, est en fait un roman. Les personnages et les faits sont réels, les propos reproduits avec la plus stricte exactitude, et pourtant Schneider a pris le parti d'en faire "un roman". Belle idée, l'auteur a décidé d'écrire un roman sur la blonde et le psychanalyste, sur les trente mois de leurs rapports, et sur les fameuses dernières séances de Marilyn, avec play / rewind sur les cassettes enregistrées...

"Au fil du temps, l'espace qui séparait Greenson et Marilyn ne s'était pas comblé, mais il s'était en quelque sorte inversé. Ils avaient échangé leurs idéaux et chacun avait pris le symptôme de l'autre. L'analyste s'était laissé prendre dans une fascination croissante pour les films et pour sa propre image. Il évitait les patients et les colloques et passait son temps dans les couloirs de la 20th Century Fox. Marilyn parlait plus, et quand elle avait un interlocuteur à qui se fier, elle trouvait ses mots. Les images lui faisaient peur."

Schneider a su me réconcilier avec l'image de Marilyn, entre les livres où on accuse trop et ceux où on ne dit pas assez, j'avoue m'être perdue dans des tonnes de considérations... bien souvent superflues. Le livre de Michel Schneider rend l'image d'un être mi-ange, mi-démon vis-à-vis de laquelle je ne suis pas fâchée. Il y a une grande intelligencmarilyn_dernieres_seancese dans le portrait dessiné des névroses de Marilyn et une grande objectivité dans la psychanalyse. Marilyn y croyait, fervente admiratrice de l'école freudienne, et pourtant Marilyn appartenait au monde de pacotilles qu'était Hollywood. Elle n'était pas la seule à être victime de ces deux systèmes parasités, on le découvre en lisant ce livre... C'est un "roman" riche, palpitant et lucide. Sans concessions, la réalité crue et sincère, oui il y a beaucoup d'honnêteté dans cette "Marilyn" et j'ai apprécié ce tableau, avec sa tendresse, sa voix, ses amitiés, ses amours et ses colères, ses trahisons et ses bêtises, ses courses vers le sexe, son besoin d'images... Il y a tout ça, en vrac : 530 pages de lecture lumineuse sur un sujet opaque et épineux.

Grasset

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Perturbations - Gisèle Fournier

perturbationsUne étrangère, Louise R., est installée depuis l'hiver dans une maison aux larges du village, dans un coin retiré, où rares sont ceux qui s'y aventurent par hasard. Un jour, Louise R. est portée disparue. Et aussitôt toutes les spéculations les plus folles courent à son sujet. Dans un fouillis narratif, plusieurs personnages interviennent : Matthieu, épieur obsessionnel, son épouse Constance, jalouse, silencieuse et malheureuse, forcément, mais aussi le facteur, le cafetier, le propriétaire de la maison, etc. Tous s'y mettent, tous commentent à leur tour, car tous ont épié, suspecté, mitonné leurs petites versions personnelles mais personne ne dit rien. Et donc l'ambiance au village devient lourde, intense et vicieuse.
Gisèle Fournier a beaucoup de talent pour préserver les secrets, faire planer les doutes et traduire les tourments de chacun en quelques pages. Ce condensé de rumeurs illustre ces sales atmosphères de villages reculés aux mentalités étriquées. Suite à un banal fait divers, les esprits s'échauffent et "Perturbations" en raconte tous les rouages sournoisement et efficacement.

Folio

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05/11/06

Corps de ballet - Michel Quint

corps_de_balletMaria est une ancienne danseuse, au corps déglingué et usé par le temps qui a passé, elle est aujourd'hui femme de ménage chez Paul, un prof d'histoire, et les Gamelin, un couple d'avocats, parents de deux jeunes enfants, Astrid et Vincent. Maria passe son temps libre au Comtesse à écouter son ancien amant Armand, ou s'éblouit les yeux devant la vitrine de Diva, la boutique de fripes vintage d'Adèle. Maria est d'ailleurs une femme extraordinaire, elle lit chez les autres les romans comme Giono, Steinbeck ou Dos Passos. Elle n'a jamais été mariée, a rompu avec ses amants car elle refusait tout engagement, ne voulait pas non plus d'enfants. Elle se rattrape chez les autres, comme les petits Astrid et Vincent, avec lesquels elle prépare en cachette un ballet pour la surprise du matin de Noël. Au coeur de ce fantastique remue-ménage, Maria est également fâchée après Paul, fâchée d'avoir répondu à des questions sur sa vie, sur son père et son passé dans l'armée Rouge, durant la bataille de Stalingrad. Maria est chamboulée d'avoir commencé à "déboutonner la mémoire", des vieux démons semblent s'échapper de sa boîte de Pandore...

En un mot comme en cent, "Corps de ballet" est un livre éblouissant et remarquable, il met en scène cette femme, Maria Voronina, dont le parler ne s'enrobe d'aucun maniérisme, qui fait fi des ronds-de-jambe, "mes mots je les vois d'en dehors, je les juge à la carcasse, m'en fous un peu de leur sens, pourvu qu'ils se tiennent correctement et soient sages, et qu'ils dansent bien, évidemment". C'est un exercice ensorcellant, impossible de ne pas s'attacher à cette ancienne ballerine, désormais âgée de soixante ans, qui vit dans le Vieux Lille, dans ses petits quartiers qui constituent à eux seuls un village dans la ville. Son histoire est touchante, à la fois entraînante et élégante, comme un "corps de ballet", mais elle cache en fond de tiroir un passé plus troublant, plus opaque et qui est sincèrement bouleversant. Michel Quint est un prodige qui entend ce que lui chuchotent "les murs, les rues, les pavés" de ce Vieux Lille qu'a su attraper Cyrille Derouineau du fond de son objectif, "un attrapeur d'âmes". Emparez-vous de ce livre, il est étourdissant, poétique et émouvant, il montre également qu'on peut faire de la littérature avec d'autres matériaux que 900 pages d'un vocabulaire ronflant ! Pssst, suivez cette ombre qui porte un ocelot et qui se balade dans les rues de Lille, c'est sans doute Maria Voronina...

Texte de Michel Quint, Photos de Cyrille Derouineau - Estuaire

  • échappée de lecture : "Voilà tout mon royaume de Cendrillon qu'a passé l'âge des citrouilles. La paix y régnait, jusqu'aux curiosités de Paul. De vouloir à tout prix me grimper à l'arbre généalogique, remonter à mes origines, il a tout chamboulé mes amnésies tranquilles. Et moi, bécasse, qui suis entrée dans son manicrac ! Faut croire que j'avais besoin de vider mes poches... Ce que je finis de faire aujourd'hui, dimanche de Noël, maintenant que les plaies de maintenant sont à vif, celles du passé rouvertes comme une tombe profanée, et qu'on s'écarquille la bouche sur un grand cri sans fin... Mais faut revenir sur nos vieilles danses, retrouver là où on a fait des faux pas et qu'on a dansé un monde inhumain. Peut-être que le dire ça va le remettre d'aplomb, allez savoir. "

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04/11/06

Ne quittez pas - Marie Magdeleine Lessana

ne_quittez_pasC'est au commencement un homme (Louis), marié à Pauline depuis dix ans, qui entend leur fils dire à celle-ci que Louis est en trop dans cette maison, qu'ils seraient bien heureux sans lui !.. L'homme prend mouche, il décide de "disparaître" et emménage dans un appartement où il reste à sa table en observant par la fenêtre. Il aperçoit un individu au profil marqué et décide de lui écrire sa vie... Le deuxième roman glisse dans le premier, pour le lecteur il y a une façon claire de s'y reconnaître : les chapitres sont soit intitulés "je" ou "vous", selon le narrateur en question. Louis va donc imaginer une existence folle à cet inconnu, qu'il baptise Antoine, qui rencontre une femme russe superbe et avec qui il va vivre une histoire passionnelle, pour laquelle il quitte tout. C'est en quelque sorte un exutoire pour Louis qui va se nourrir de cette frénésie de fantasmes pour remplir le vide de sa propre vie. En somme, ce dérivatif va conduire Louis à une autre quête plus personnelle, plus identitaire. Pour en savoir plus, lisez le livre...

Car si votre curiosité est éveillée, voici le principal dynamisme qui motive la lecture du roman. En ce qui me concerne, je suis venue à bout du livre pour justement connaître les fins de la crise de Louis, dans une deuxième partie beaucoup plus palpitante que le début de l'histoire. J'ai failli mettre de côté ce livre de Marie-Magdeleine Lessana car j'ai pris en grippe les héros masculins de son récit. Question de goût... Puis, en découvrant ce qui "réveille" Louis, j'ai aussitôt été prise dans l'engrenage de son enquête et impossible de lâcher le livre avant d'en savoir le bout. Un peu fangeux pour commencer, puis savamment plus croustillant !

Maren Sell éditeurs

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30/10/06

Prix Femina et Médicis 2006

Si j'évoque les Prix Femina & Prix Médicis 2006, c'est parce que les deux lauréats sont deux romans que j'ai lus et (plus ou moins) approuvés. En effet, j'avais un autre favori pour le Médicis : Vues sur la mer, de Hélène Gaudy qui aurait pu bénéficier d'un coup de phare bénéfique pour ce premier roman d'une jeune femme prometteuse. Cela n'empêche pas de la découvrir encore !

Donc, c'est Une promesse, de Sorj Chalandon qui a décroché la timbale. Joli roman, certes, avec une ambiance inquiétante et nébuleuse d'un culte de mémoire pour une maison... ce n'était pas un coup de coeur pour moi, mais ce n'est pas mauvais non plus. :-)

Bref, le  Prix Fémina a été attribué à Lignes de Faille, de Nancy Huston : le roman d'une famille américaine sur quatre générations, depuis l'Amérique en passant par Israël et l'Allemagne nazie... Une histoire de secrets et de non-dits étouffés depuis 1944 et qui entraîne la lignée à porter le sceau du silence maudit. Poignante histoire, à recommander fortement !

Psst, il y a du rififi chez ces dames du Femina avec l'exclusion de Madeleine Chapsal et la démission de Régine Deforges, par solidarité ! Voir l'article de l'AFP ici. 

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29/10/06

Le cercle parfait - Pascale Quiviger

cercle_parfaitVous avez entre les mains un roman d'amour. Une histoire de rencontre entre une femme qui est en voyage en Europe et qui croise cet homme pour qui elle décide de tout quitter, tout vendre au Quebec pour retrouver celui pour qui son coeur bat à cadences folles. Cette femme s'appelle Marianne, l'objet de son amour est Marco, italien, célibataire, éleveur de chiens, chasseur de canards. Marianne vient vivre dans ce petit village perdu de l'Italie, elle ne travaille plus, elle vit dans cette attente de lui. Au temps qui passe, s'installe l'ennui, puis la haine et la destruction. Marianne plonge dans une mélancolie dépressive (ou inversement), elle n'a plus qu'une idée en tête : partir.

Celles qui ont aimé un caractère latin comprendront... le charme ténébreux, silencieux et distant, indépendant mais lié à la mama (surtout par la table)... "Marco patrouille son village depuis des années. Dans son lit passent des voyageuses, mais aucune d'entre elles n'acceptera d'épouser son village, sa mère, ses dizaines d'oncles et de cousines, précisément parce que ce sont des voyageuses. Marco est entier, il les laisse partir, il en garde le souvenir comme d'une brûlure bénigne, sachant d'avance que son étrange façon d'être à la fois une racine et une feuille l'empêchera toujours de partir avec elles."

Voilà d'où s'explique le titre du roman : "Le cercle parfait. La vie ronde de Marco. Etanche comme un oeuf. L'univers à l'échelle d'un village dont on ne sort jamais." Et Pascale Quiviger raconte cette magnifique histoire d'amour, même si elle est diantrement ordinaire et de celles qu'on vit tous les jours, pourtant c'est aussi ces histoires-là qui nous nourrissent et nous poussent. Il y a dans ce livre des passages sublimes sur les sentiments amoureux, sur l'acte de tomber en amour, sur l'espoir et l'attente, puis le vide qui gratte à la porte pour creuser son nid dans le coeur de l'amante... C'est stupéfiant ! Si je décidais de reproduire quelques-uns de ces extraits, il me faudrait des pages pour tous les consigner ! ... Lisez ce livre, vous comprendrez !..

Il y a de la poésie, de l'instinct et paradoxalement il y a de l'acuité dans le regard de la narratrice, celle qu'on ne trompe pas et qui pressent l'échec de sa belle histoire d'amour. Et l'humour, aussi, ne l'oublions pas, quand Marianne affronte sa belle-mère autour de repas gargantuesques... Ah, j'allais omettre de citer le 3ème personnage du roman : l'Italie, belle, somptueuse, implacable et fascinante, celle aux "voix secrètes de vêpres", celle au dimanche rose et pâle sur une place baignée de soleil, celle de Giotto, des câpres sauvages poussant sur les murs, etc. "L'Italie est parsemée de lieux de prière et de vengeance, d'art et de pouvoir".

En voilà un roman qui se découvre à chaque effeuillage !.. Note de conclusion : "Le bonheur exige la rupture des cercles parfaits." Point.

Les 400 Coups

  • Pascale Quiviger vit en Italie, où elle enseigne la peinture tout en poursuivant son oeuvre littéraire et picturale. Un premier recueil de nouvelles, intitulé Ni sols ni ciels (2001), s'est hissé au rang des finalistes 2002 des prix Anne-Hébert et Odyssée.
  • Le Cercle Parfait, couronné en 2004 par le Prix du Gouverneur général au Québec, confirme l'opinion élogieuse de la critique.

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26/10/06

L'été - René Frégni

l__t_Tous les matins, Paul prépare sa terrasse pour son restaurant "Le Petit Farci" qu'il gère avec son ami Tony. C'est bientôt l'été dans ce pays du sud de la France, baignée par le soleil, le calme et l'arrivée imminente des touristes. Un jour sur la plage, Paul croise une jeune femme brune très belle et mystérieuse qui écrit sur un cahier. Il l'aborde, est séduit par son charme et l'invite à lui rendre visite dans son restaurant. Elle viendra, une semaine après. Paul n'espérait plus cette vision idyllique, contient ses émois et commence avec cette beauté fatale une amitié pudique, en attendant de passer à l'acte, sous la demande subite de cette femme.

Sylvia est troublante, étonnante et tourne la tête de Paul. Elle lui apprend qu'elle partage sa vie avec un artiste fou qui menace de tuer son amant (Paul) et de mettre fin aux jours de Sylvia. Elle est attachée à "ce loup", ne veut pas le quitter et confie ses angoisses à Paul. L'homme devient jaloux, ne dort plus de ses nuits, abandonne son boulot, surveille Sylvia pour la protéger et la débarraser de son compagnon... Et puis, les choses se passent tout autrement.

"L'été" de René Frégni est une histoire d'amour tragique, une passion dévorante d'un homme pour une femme à la séduction destructice. L'été de Paul va être celui des nuits sans sommeil, des délires les plus insensés, d'une plongée sans fin dans l'alcool, les souffrances et le machiavélisme. Sylvia est une femme superbe, avec ses blessures secrètes. Elle recherche chez les hommes bien plus qu'un regard concupiscent. Dans "L'été", on assiste donc à un théâtre de drames intimes dont les cartes s'abattent en coulisses, c'est un cruel et sombre duel entre une femme fatale et un homme désespéré par son amour. Ce roman, très bien écrit, est poignant. Surtout dans son dénouement.

Folio

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