06/11/15

La Bicyclette bleue, tome 3 : Le Diable en rit encore, de Régine Deforges

Après, La Bicyclette Bleue #1 & La Bicyclette Bleue #2 : 101, avenue Henri Martin ...

Le Diable en rit encore

Ce tome 3 s'ouvre à peine qu'il ne cesse d'enchaîner les drames, les trahisons et les coups durs. Quelle hécatombe ! On ne quitte plus Léa, en pleine campagne bordelaise, luttant avec l'énergie du désespoir pour sauver sa peau et celle de ses proches. Mais les représailles sont de plus en plus dures, la guerre est en train de prendre un nouveau tournant, en défaveur des allemands et des miliciens, leur hargne ne cesse de se décupler. Forcée de fuir le carnage, Léa court se réfugier à Paris, auprès de ses tantes, rue de l'Université. François aussi a disparu de la circulation, laissant la jeune femme plus désemparée que jamais. Ses repères ne cessent de s'effondrer les uns après les autres. Même à l'heure de la libération, la quiétude ne la gagne pas. Léa se sent lessivée. Éteinte. Comme morte. Elle comprend qu'il lui faut partir. Échapper à cette liesse populaire, dans laquelle elle ne se reconnaît pas. Tourner le dos aux scènes d'épuration, qui singent une justice dépassée par la situation. Fuir, toujours plus loin.

Ce 3ème tome sacre définitivement Léa Delmas en lui octroyant ses derniers galons d'Héroïne. Combative dans l'adversité, sensuelle dans l'amour, elle a su mener de front tous les combats, au risque de s'être perdue elle-même. Mais les épreuves lui ont apporté aussi un soupçon de douceur et de maturité. Ses sentiments pour Camille, pour Laurent, pour François, pour Mathias aussi (le bougre se rachète enfin) vont donc lui apparaître sous un jour nouveau. Et alors qu'on ne cesse d'essuyer nos larmes, on tombe sur la dernière phrase du roman, et là, tout vous paraît plus beau. Cette dernière note est radieuse. Magique. Éblouissante. Et boucle le cycle 1 avec maestria.

Fayard, 1985 ♦ Couverture de Jérôme Lo Monaco

 

# été 2015 : Je relis la saga #

La Bicyclette Bleue SAGA

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26/09/15

Les Gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugand

Les Gens heureux

Je me méfiais de ce roman à succès, m'attendant à une histoire sirupeuse et larmoyante - les prémices réservant déjà de bonnes scènes mélodramatiques (Diane perd son mari et sa fille dans un accident de voiture). Après quoi, on voit la jeune femme s'effondrer et refuser de vivre sans eux. Elle s'enferme un an chez elle, ne va plus bosser et accepte la seule présence de son meilleur ami Félix. Puis, sur un coup de tête, elle court se réfugier dans un coin paumé en Irlande. À Mulranny. Diane passe de longues heures à errer sur la lande sauvage ou sur la plage, noyant son chagrin sous les embruns et le vent frigorifiant. Elle y fait aussi la rencontre de gens charmants et conviviaux, mis à part son voisin - Edward - qui, par son attitude rustre et malpolie, va la tirer de sa léthargie.

Je ne m'attendais pas à un roman époustouflant, donc j'estime ne pas avoir été trompée sur la marchandise : la lecture a été agréable et purement distrayante, même si j'ai quelques réserves... Là où d'autres s'émoustillent sur les interactions volcaniques entre Diane et son partenaire, j'avoue une certaine lassitude et la sensation d'un scénario prémâché. Leurs chamailleries incessantes m'ont paru forcées et pas très crédibles. 
J'avais donc matière à pester contre cette histoire banale et stéréotypée mais j'ai tellement apprécié être transportée sur cette magnifique terre irlandaise que j'ai tout gobé, tout absorbé, en pinçant le nez aussi (dingue comme la consommation abusive de tabac est banalisée dans le roman) et ne regrette absolument pas d'avoir cédé à la curiosité. 

Pocket / Juin 2014 ♦ Michel Lafon / Juin 2013

 

Et donc j'ai lu la suite ...

LA VIE EST FACILE

Sans doute l'auteur a-t-elle voulu se réconcilier avec son public en leur concoctant cette suite des Gens heureux lisent et boivent du café pour leur donner des nouvelles de Diane. Trois ans ont passé, notre parisienne a fait du chemin. Elle va bien, merci. Son travail au café littéraire occupe l'essentiel de son temps, jusqu'à ce qu'elle cède aux insistances de Félix - rencontrer des hommes, à nouveau. Et bim, elle tombe sous le charme d'Olivier. Calme, rassurant, patient. Par contre, Diane a développé une phobie des enfants, ne peut plus les voir en pâture et panique dès qu'elle se trouve en leur présence. Le souvenir de sa fille est trop fort, limite étouffant. Et puis bam, l'Irlande s'invite de nouveau à sa porte. Il est temps pour Diane de retrouver ses amis et de solder définitivement ses comptes (*Edward*). Boum ! Ce livre ne déroge pas au plaisir d'une lecture simple, agréable et distrayante. Par contre, qu'est-ce que ça verse dans le mélo ! Pfiou, ça colle aux doigts et ça titille exprès la glande lacrymale... C'était trop. Je ne me sentais plus en empathie. Pour moi, cette suite n'avait pas lieu d'être, elle existe « pour la forme » mais est parfaitement dispensable.

Michel  Lafon / Avril 2015

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12/09/15

Pas pleurer, de Lydie Salvayre

Pas pleurer CD

Dans une Espagne agitée par les idées libertaires autour desquelles s'opposent nationalistes contre républicains, l'été 1936 est aussi celui des grands bouleversements pour Montse, sa famille et leurs proches amis. Montse est jeune, belle, rêveuse et innocente. Elle suit de loin les conflits et les déchirements. C'est une vie autrement plus excitante qu'elle découvre, loin de sa campagne et de ses parents. Elle est animée d'une soif d'absolutisme et c'est tout naturellement qu'elle tombe sous le charme d'un poète français croisé sur son chemin.

La suite de l'histoire est racontée par le truchement de deux voix entrelacées. Celle de Georges Bernanos, à Palma de Majorque, devenu malgré lui le témoin impuissant des exactions commises par les troupes nationalistes, avec la complicité de l'église catholique. Et celle de Montse, désormais malade et sénile, qui s'exprime dans « un français bancal qu'elle estropie » en multipliant les grossièretés. C'est donc avec patience, en prenant un soin jaloux des confidences de sa mère, que Lydie Salvayre dépoussière l'histoire de sa famille, pour un hommage sensible, délicat et touchant.

Or, je n'ai pas vraiment trouvé le souffle espéré, alors qu'il ne manque pas grand-chose pour le rendre captivant et malgré une écoute audio bénéfique. Marie-Christine Letort y livre une force et une vitalité galvanisantes et rend la lecture solaire, sauvage, passionnée. Notamment les passages avec Montse, qui transcendent le récit selon moi. L'évocation des souvenirs se fait dans la douleur (perte de mémoire ou détails approximatifs). La mère se mélange les pinceaux et confond le français et l'espagnol pour un style direct, déconcertant mais amusant.

Une belle expérience littéraire, qu'il faut cependant débroussailler pour y apprécier l'essentiel (Montse!).

Sixtrid / Février 2015 ♦ Texte lu par Marie-Christine Letort (durée : 6h 23) ♦ éditions du Seuil, août 2014

 

Pas pleurer de Lydie Salvayre

Disponible en format poche chez Points, août 2015

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01/09/15

La Bicyclette bleue, tome 2 : 101, avenue Henri-Martin, de Régine Deforges

101, avenue Henri-Martin

La campagne bordelaise étant devenue incertaine et menaçante, Léa a rejoint Paris pour soutenir sa sœur Françoise et retrouve sa brochette de connaissances - Raphaël Mahl, Sarah Mulstein, François Tavernier... Ce dernier ne cesse de charmer notre délicieuse héroïne, intrépide et frondeuse, qui a besoin de distraction pour oublier les soucis de Montillac. L'argent manque et l'intendant de la propriété convoite les biens de la famille Delmas. Même le retour de son ami Mathias n'en finit pas de la ronger, à tel point que l'absence de Laurent n'est qu'un détail sur l'échiquier.

La résistance aussi s'organise en masse, à laquelle Camille et Léa joignent leurs efforts. Mais les allemands serrent la vis et bénéficient du zèle appuyé de la milice française. Et déjà les premiers ravages s'abattent dans l'entourage des jeunes femmes. Le ton se durcit, l'action s'intensifie et les larmes coulent sur les joues. Dans ce vaste chaos, la relation entre Léa et François s'épanouit et gagne en émotion. Toutefois ce deuxième volume, toujours aussi voluptueux, ne perd nullement de vue le contexte politique dévastateur.

Entre les collaborationnistes et les activistes opposants, Léa est de tous les milieux, mais rêve de lendemains meilleurs. Nous aussi. Et pourtant, la suite pressent des heures bien sombres... En attendant, la lecture a, une fois de plus, su me transporter au-delà de mon petit confort. L'intrigue y est bouleversante, romanesque, palpitante et fabuleusement excitante. Foin de la polémique, R. Deforges est enfin en roue libre et installe sa série avec une remarquable efficacité !

éditions Ramsay, 1983 / Fayard, 1993 ♦ Couverture de Jerome Lo Monaco

 

# été 2015 : Je relis la saga #

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30/07/15

La Bicyclette bleue, de Régine Deforges

La Bicyclette Bleue

Août touchait à sa fin. Léa, la deuxième fille de Pierre Delmas, qui venait d'avoir dix-sept ans, les yeux mi-clos, assise sur la pierre encore chaude du petit mur de la terrasse de Montillac, tournée vers la plaine d'où montait certains jours l'odeur marine des pins, balançait ses jambes nues et bronzées, aux pieds chaussés de bazardaises rayées.

Vivant dans l'insouciance de ses 17 ans et la certitude d'être aussi belle que farouche, Léa Delmas règne sur son essaim de prétendants avec une insolente assurance. Mais nous sommes en août 1939, la guerre éclate. La jeune fille est désespérée. Elle vient de voir l'élu de son cœur en épouser une autre et lui arracher la promesse de veiller sur celle-ci. Camille est fade, douce, assommante. Tout le contraire de notre rousse volcanique. Pour plaire à Laurent, elle accepte tous les compromis.

Car Léa est fougueuse, sensuelle et impudique. Elle réclame de l'amour des étreintes passionnées, pouvant l'arracher du chaos ambiant et de cette guerre cauchemardesque. Aussi, la jeune femme se donne sans compter et multiplie les amants... entre Mathias, son ami d'enfance, insatiable et impatient, sans oublier l'inaccessible Laurent, qu'elle tente de séduire à maintes reprises, ou François, pour lequel elle ne peut réprimer son attirance, et qui la comprend mieux que personne. « Votre désir sera toujours plus fort que votre intelligence et votre instinctive prudence. Vous êtes une enfant gâtée qui n'hésite pas à prendre le jouet d'une autre même si, une fois en votre possession, le jouet vous semble moins beau. Vous voulez tout, Léa, et tout de suite. »

Cette saga s'ouvre sur un premier tome flamboyant, que j'ai dévoré le cœur battant fort, fort, fort, quand bien même je l'avais déjà lu vingt ans plus tôt ! Si les premiers chapitres rappellent immanquablement que la trame d'Autant en emporte le vent constitue effectivement la base du roman, en guise d'hommage ou de pastiche, on bascule vite dans un autre monde, une autre époque, un autre combat et d'autres amours interdites. Et sulfureuses. Léa folâtre pour conquérir sa liberté et défier la mort, avec cette candeur et cette gourmandise qui la caractérisent tant. R. Deforges n'a pas fini de nous transporter dans les affres de la passion, avec pour toile de fond les ravages d'une guerre destructrice et implacable. Tout simplement, captivant !

Fayard ♦ éditions Ramsay / 1ère édition : 1981 ♦ Couverture de Jerome Lo Monaco

 

# été 2015 : Je relis la saga #

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19/06/15

Les Derniers jours de nos pères, de Joël Dicker

LES DERNIERS JOURS DE NOS PÈRES

Londres, 1940. Winston Churchill décide de créer une branche spéciale des services secrets, le SOE. Jeune parisien valeureux et attachant, Paul-Émile (dit Pal) est rapidement recruté pour intégrer un petit groupe de Français et suivre un entraînement intensif aux quatre coins de l’Angleterre. C'est lent, long, douloureux mais ça procure l'occasion de tisser une solidarité exemplaire, face aux coups durs, et surtout face à la suite des opérations, lorsqu'ils seront renvoyés en France occupée pour seconder les réseaux de résistance. Et le lecteur aussi sera aspiré par cette mélancolie ambiante, le rythme du récit étant atonique et plat, ce n'est pas une écoute qu'on partage de gaieté de cœur, même si l'interprétation d'Hugues Boucher pour Audiolib est lisse et proprette, elle n'efface pas l'impression d'un roman écrit de façon ampoulée et solennelle. Car Joël Dicker en fait beaucoup trop, et c'est bien dommage. On se lasse trop vite de cette histoire instructive, mais décrite avec grandiloquence. Action lente, style précieux, personnages effacés... pourtant au service d'une histoire de guerre et d'espionnage, une histoire d'humanité et de fraternité, une histoire de survie et de peur, une histoire de père et de fils. Vraiment dommage d'avoir tartiné tout ça d'un ton emprunté et trop maniéré.

Audiolib / mai 2015 ♦ texte lu par Hughes Boucher (durée : 12h 53) ♦ éditions du Fallois, 2012

♦♦♦

«  On ne peut pas écrire ce qu'on n'a pas vécu. » 

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18/06/15

Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils ? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté ? Qu'en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme ? Ces questions tournoient autour d'elle comme des cerceaux bouillants puis le visage de Simon se forme devant ses yeux, intact et unique. Il est irréductible, c'est lui. Elle ressent un calme profond. »

J'étais curieuse de lire ce livre, plus pour la notoriété de l'auteur, dont j'apprécie beaucoup la couleur littéraire, mais le sujet ne m’attirait pas plus que cela. Certes, M. de Kerangal aborde un sujet essentiel (le don d'organes) mais ne fait preuve d'aucun sentimentalisme en martelant son texte d'un ton réaliste, dur et implacable, assez perturbant.

On suit Simon avant son accident, puis on se retrouve à l'hôpital, au service Réa, avec l'équipe médicale, et enfin la famille abasourdie et sonnée par la nouvelle. Pour le coup, on se croit littéralement dans un film, la caméra est en mouvement perpétuel, elle zoome sur un plan, puis alterne les séquences, jongle avec les flashbacks ou s'évade vers d'autres horizons. Cette mise en scène stylée participe beaucoup au “spectaculaire” du livre, dont l'intensité dramatique est prégnante du début à la fin. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, ce n'est jamais racoleur, jamais larmoyant, même si le contexte est éprouvant et vous retourne les tripes.

Malgré quelques longueurs et digressions plutôt décevantes, j'ai finalement tourné la dernière page en restant sans voix. Prise dans un tourbillon d'émotions, entre la tristesse, la conviction d'avoir fait le bon choix et la peur de n'avoir jamais à subir ça. La lecture est saisissante, tout en puissance et en subtilité.

Folio / avril 2015

Lu par l'auteur @ Écoutez Lire (durée :  7h 20)

Réparer les vivants CD

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09/06/15

Je suis là, de Clélie Avit

Je suis là

Ce roman, lu en quelques heures, se déguste avec gourmandise et sans une once de culpabilité ! Quand bien même l'histoire est affolante d'invraisemblances et d'inepties sirupeuses, elle est franchement adorable à lire et fait du bien au moral. Pourquoi s'en priver ?

Thibault entre par mégarde dans la chambre d'Elsa, plongée dans le coma depuis des mois. Sa famille est au bout du rouleau et subit la pression du médecin qui souhaite débrancher les machines. Loin de tout ça, Thibault rumine aussi ses idées noires et trouve un certain confort au chevet de l'inconnue sans se douter qu'elle est hyper sensible à sa présence et le considère comme son “arc-en-ciel” en savourant chacune de ses visites qui se répètent.

L'auteur a su enrober de charme et de douceur cette jolie bluette qui met en avant les sentiments, les élans chevaleresques et la confiance absolue. C'est très, très touchant. Particulièrement romantique, et pas du tout crédible. (Tout ce que je fuis, habituellement.) Mais pour une fois j'avais envie d'envoyer balader mes sarcasmes pour succomber pleinement au pouvoir enchanteur de cette lecture fleur bleue.

Et j'ai adoré les personnages, leurs échanges muets, leurs émotions à fleur de peau et cette certitude d'avoir trouvé en l'autre la pièce manquante. J'avais envie de croire en leur histoire et j'ai tout gobé. Avec le cœur battant à cent à l'heure au moment de fermer le bouquin. C'est dégoulinant de guimauve et ça colle aux doigts, mais qu'est-ce que c'est bon !

JC Lattès / mai 2015 ♦ Prix Nouveau Talent 2015 de la Fondation Bouygues Telecom

« T'es en train de tomber amoureux d'une fille dont tu ne connais presque rien. Si c'était le seul souci, encore, ça irait, mais... T'es aussi en train de tomber amoureux d'une fille qui risque fort de ne jamais se réveiller. »

 

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Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Éclair et a sauvé le monde, de Paul Vacca

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde

Un titre à rallonge, une couverture sobre et un simple t-shirt qui déchire... que nous réserve ce nouveau roman de Paul Vacca ? Une histoire de super-héros, tiens donc. « Le 14 octobre 1968, à 10 ans, 3 mois et 4 jours, Thomas Leclerc comprend enfin pourquoi il est sur Terre : il n'est pas Thomas Leclerc, mais Tom l'Éclair plus vif que l'Éclair... » Très vite, on s'attache à l'histoire de ce jeune garçon au comportement autistique. Solitaire, n'exprimant aucune émotion, indifférent au monde qui l'entoure, il réalise soudain que pour “entrer dans la norme” il doit se plier à quelques règles d'usage, comme s'ouvrir aux autres et se faire des amis !

Commence alors un vrai parcours du combattant, car Tom ne sait pas trop comment s'y prendre et puise des idées dans un bouquin volé chez le marchand, mais se heurte à un mur d'incompréhension. À force d'observation et de mimétisme, l'enfant obtient des résultats concrets... jusqu'à ce que son univers se mette en branle : ses parents parlent de séparation, sa copine Palma est portée disparue. Soit ses pouvoirs de super-héros sont vraisemblablement rouillés, soit il s'agit d'une conspiration cosmique. Il est plus que temps de passer à la vitesse supérieure !

Fantastique et douce-amère, l'histoire de Tom ne manquera pas de vous toucher ! J'ai ressenti un élan de tendresse pour ce petit bonhomme désireux de se fondre dans la masse, accomplissant des miracles au gré de ses pulsions, à l'instinct, mais non sans heurt. Je ne m'attendais pas à une lecture aussi sensible et émouvante, et pleine de surprises. On a le cœur qui bat au rythme de ses pérégrinations, on sourit et on retient son souffle. Suspense, humour et émotion, le compte est bon ! Ajoutez aussi une bouffée de nostalgie (les années 60, la libération de la femme, les premiers comics...) je dis Amen ! ;-) 

Belfond ♦ avril 2015 ♦ à lire absolument : La Petite Cloche au son grêle

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08/06/15

Chien de printemps, de Patrick Modiano

CHIEN DE PRINTEMPS

Le souvenir du photographe Francis Jansen vient hanter, trente ans plus tard, le narrateur de Chien de printemps. En seulement 1 heure et 39 minutes Édouard Baer nous guide à travers les dédales de ce roman anecdotique, mais empreint d'une douce et belle nostalgie. C'est en 1964, dans un café parisien, que le narrateur rencontre le photographe et bosse à ses côtés jusqu'au jour où l'artiste va disparaître sans crier gare, abandonnant derrière lui son jeune scribe discret, attentif et prévenant. En plus de trier ses clichés, le garçon avait pour mission de filtrer les intrusions intempestives de l'extérieur, comme cette belle inconnue, battue par son mari jaloux, qui la traquait où qu'elle aille, tandis qu'elle tambourinait à la porte de Jansen... Atmosphère étrange, poétique et énigmatique. Ce texte nous glisse dessus, sans qu'on cherche à retenir quelques miettes. On écoute, simplement. L'histoire, telle une mosaïque de souvenirs, nous laisse une impression fugace et s'échappe aussi vite qu'elle est apparue. Je retiendrai malgré tout de cette lecture audio l'excellente interprétation faite par le comédien, tout en finesse, intelligence et beaucoup d'élégance. C'est d'une beauté sans nom, mais trop court.

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Édouard Baer (durée : 1h 39) ♦ éditions du Seuil, janvier 1988

♦♦♦

« De tous les caractères d’imprimerie, il préférait les points de suspension. »

 

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