09/09/13

Sous un vernis impeccable, des drames, des mensonges, de la folie. Une pure tension psychologique !

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C'est un très court roman qui réussit habilement à nous plonger dans un foyer familial, bien sous tous rapports, mais qui révèle ses fêlures sitôt que le fils annonce ses fiançailles avec une demoiselle débarquée de nulle part. Sans expliquer son malaise, la mère entend protéger son fils et cherche à convaincre son époux de rompre les fiançailles. Pourtant, la jeune fille semble si parfaite, issue d'une famille bourgeoise et argentée, qui a même vécu dans leur quartier des années auparavant.

Mais je préfère m'en tenir aux explications les plus minces, parce qu'on ne cesse d'aller au-devant de découvertes qui font voler en éclats la belle image de ces gens si beaux, si parfaits, si sûrs d'eux. Dominique Dyens a scrupuleusement aiguisé sa plume pour tailler dans le décor, lacérer le tableau, écorcher les figurants, les laisser en lambeaux. Effet prodigieux ! Le format court permet aussi de ne pas s'appesantir, de se balader en toute quiétude, avant de tomber sur un os, paf, de s'étaler de tout son long et de tourner les pages pour en savoir plus.

Impression d'avoir lu un roman qui se la joue sainte-nitouche, ça me plaît !

Intuitions, par Dominique Dyens  (Pocket, mai 2013)

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06/09/13

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Audiolib (27 h) lu par Christine Pâris

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Très sincèrement, j'ai trouvé ce troisième volet long, trop long, partant dans tous les sens, offrant des perspectives peu réjouissantes, on piétine beaucoup, on bavarde, on doute énormément, on n'agit plus, on fait trois pas en arrière et même les plus téméraires deviennent tout fripés sur eux. Bouh, quelle débandade!

Joséphine a le cœur brisé et a coupé tout contact avec Londres. Son amoureux attendra, ou pas. A ce stade, leur petit jeu me semble interminable, peu crédible, c'est dommage. Même Shirley va perdre de sa superbe, en tombant folle amoureuse d'un homme qu'elle doit s'interdire d'aimer, afin de protéger son fils... Gary pose en effet des questions qui dérangent, part en quête de ses origines, revient déçu, se fâche et traverse l'Atlantique. La belle Hortense se sentira flouée, abandonnée. Qu'importe, j'aime terriblement leur relation orageuse, j'en redemande !

Le reste m'apparaît alors comme du vulgaire remplissage, des personnages comme Josiane, Marcel, Henriette ou Zoé me paraissent fades, ennuyeux, Junior, lui, est franchement ridicule (à seulement 2 ans, il lit La Bruyère, parle comme Einstein et porte des mocassins !), j'ai détesté Chaval, pas aimé qu'on se moque de Denise, grande amatrice de romances... En gros, j'ai ressenti de l'ennui pour une grande partie de l'histoire, tout en refusant de décrocher pour vouloir en savoir plus. Quelle terrible contradiction.

Ce troisième livre, trop volumineux, m'est finalement apparu inégal et frustrant. Toutefois, j'ai beaucoup aimé les passages sur Hortense et Gary. ♥ Rien que pour ça, je lirai le quatrième tome (en cours d'écriture).

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, par Katherine Pancol
Audiolib, 2010 / éditions Albin Michel, 2010 - texte intégral lu par Christine Pâris (durée : 27 heures)

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La valse lente des tortues, Audiolib (20 h 20) lu par Marie-Eve Dufresne

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La suite est peut-être moins excitante, car moins nouvelle, mais elle nous permet de retrouver Joséphine, ses proches et amis, dans un quartier chic de Paris où une sombre histoire de meurtres en série va sévir ! Eh oui, nous voici avec une intrigue mêlant un serial-killer, une enquêtrice chevronnée, un témoin embarrassant et des doutes qui gonflent à tous les étages... Cela accompagne les pérégrinations de nos personnages, qui continuent de se frotter à la vie avec le même désarmement.

Joséphine, par exemple, se sent étrangère dans son grand et bel appartement, qu'elle vient d'acquérir pour plaire à sa fille. Hortense a une ambition démesurée, elle part à Londres étudier le stylisme, elle est intrépide, impatiente, capable de tout broyer sur son passage. Seul Gary lui tient tête et la mène par le bout du nez. C'est un vrai régal de suivre leurs échanges !

De son côté, la petite Zoé cherche à sortir de l'ombre de sa sœur, elle devient une adolescente influençable et plus que sentimentale. Très marquée par l'absence de son père, elle va commettre des petits trucs débiles et exiger qu'on joue cartes sur table avec elle. Sauf que, toute vérité n'est jamais bonne à entendre !

Tandis que Jo butine entre son bel amant et son amoureux transi (super chaud le réveillon de Noël !), Iris prépare son retour sur le devant de la scène. Plus belle, plus redoutable que jamais. Leur mère, Henriette, a aussi juré de ne pas s'avouer vaincue et mijote une vengeance diabolique. Marcel, Josiane, leur petit Junior... rien ne va plus à Paradise Island. Shirley manque cruellement, aussi quel plaisir de la retrouver chez Joséphine ! La vie semble plus facile avec elle.

Ce deuxième tome tourbillonne, virevolte et étourdit le lecteur en un claquement de doigts. Encore une fois, j'ai trouvé que c'était mignon, charmant, facile et agréable à parcourir. Par contre, cela se termine sur une pointe d'amertume, on a mal, on souffre et naturellement on enchaîne avec le très volumineux troisième livre, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

La valse lente des tortues, par Katherine Pancol
Audiolib, 2011 / éditions Albin Michel, 2008 
Texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 20 h 20)

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Les yeux jaunes des crocodiles, Audiolib (19 h) lu par Marie-Eve Dufresne

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Ne supportant plus l'infidélité de son mari, Joséphine Cortès le fiche à la porte et se retrousse les manches pour élever seule leurs deux filles, Hortense et Zoé. Sa sœur, Iris, qui n'est que beauté et splendeur éblouissante, s'est mis en tête d'écrire un livre, pour épater la galerie. Toutes deux concluent alors un pacte, qui se résume à : tu l'écris, je le vends, tu deviens riche, et moi célèbre.

Joséphine est une jeune femme banale, qui manque de confiance en elle, elle n'a jamais reçu le moindre soutien de sa mère, même sa sœur a tendance à la regarder de haut, et pourtant elle est remarquable, intelligente, passionnée par le XIIe siècle, compatissante et généreuse. D'ailleurs, chez elle, dans son appartement à Courbevoie, on se sent à l'aise, on se donne le mot pour y déposer ses coups de blues, ses doutes, ses angoisses ou ses espoirs.

On boit du thé, on avale des petits gâteaux, on épluche des légumes, on sifflote, on tremblote, on a le cœur lourd, on s'interroge, est-ce normal d'éprouver de l'attirance pour le mari de sa sœur ? que fait son amie Shirley à Buckingham Palace lors d'un bal officiel donné par la reine ? Antoine réussira-t-il sa reconversion au Kenya avec son élevage de crocodiles ? Marcel et Josiane vivront-ils enfin leur amour en paix ? Henriette n'a-t-elle pas juré de livrer bataille jusqu'à son dernier souffle ? ...

La recette est facile, mais goûteuse et savoureuse. On a laissé les mots naviguer, les histoires flotter et les anecdotes nous embarquer vers des contrées accueillantes. C'était bon, c'était bien ! Je me suis sentie à l'aise, comme dans une petite bulle, chouchoutée et heureuse. C'était une jolie entrée en matière, pétillante et chaleureuse, qui parle de la vie et des gens avec simplicité, sincérité et bonne humeur. Je poursuis l'aventure avec La valse lente des tortues...

Les yeux jaunes des crocodiles, par Katherine Pancol
Audiolib, 2010 / Albin Michel, 2006 - texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 19 heures)

04/09/13

Demain, Audiolib (9 h 30) lu par Olivier Blond

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Matthew est un homme désespéré depuis la mort de son épouse, survenue un an plus tôt. Il vit seul à Boston et s'occupe de leur fille unique, mais ne parvient pas à reprendre goût à la vie. Un jour, il fait l'acquisition d'un ordinateur portable lors d'un vide-grenier. C'est ainsi qu'il fait miraculeusement la connaissance d'Emma, avec laquelle il s'entend à merveille. Tous les deux se fixent rendez-vous dans un restaurant de Manhattan.

Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte du restaurant. Ils sont conduits à la même table et pourtant... ils ne se croiseront jamais. Il apparaît que ces deux-là se sont infiltrés dans une faille temporelle, Emma vit en fait un an plus tôt, à New York. Matthew est bel et bien dans le présent, a du mal à expliquer le pourquoi du micmac mais entend rebondir aussitôt en demandant à Emma de sauver son épouse ! La belle désillusion pour notre célibataire, qui se voyait partager un avenir radieux aux côtés de Matt et sa petite fille...

Elle va d'abord bouillir de colère, de frustration et d'incompréhension, avant de capter qu'elle seule détient les rênes du destin de tout le monde ! Machiavélique, notre Emma ? C'est une question parmi tant d'autres que l'on va se poser. L'intrigue va effectivement bien nous balloter, pour brouiller les pistes et révéler une succession de données toutes plus surprenantes les unes que les autres. A ce petit jeu, l'auteur est habile et nous mène par le bout du nez. C'est plutôt pas mal ficelé et entraînant, même si ça ne nous scotche pas non plus à notre fauteuil.

C'était le premier livre de Guillaume Musso que je découvrais, je n'en garde pas un souvenir trop mauvais mais je ne pense pas que je retenterai l'expérience, car je sens que c'est une mécanique trop chichement huilée pour me convaincre totalement. C'est à considérer comme une lecture de vacances, distrayante et captivante car j'ai bien aimé le début de l'histoire, beaucoup moins la fin (convenue, lisse et attendue). La lecture faite par Olivier Blond s'est avérée très agréable elle aussi. En somme, je n'ai rien à ajouter à ce qui fut un plaisir fugace et éphémère, dont l'impact s'effacera très vite, au fil du temps.

Demain, par Guillaume Musso
Audiolib, 2013 / XO éditions, 2013
Texte intégral lu par Olivier Blond (9 h 30)

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03/06/13

♫♪♫♪♪♫ (Un refrain sur les murs)

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Au cours de l'été 1987, Isabelle, fraîchement divorcée, envoie ses deux enfants chez leur père. A elle, maintenant, quatre semaines d'un vide intersidéral qu'il faut remplir pour garder la tête hors de l'eau... C'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'un dénommé So What, qui joue du hautbois dans la rue. Contre le gîte et le couvert, il propose de repeindre la chambre de sa fille Romane en un orange pétant, symbole du bonheur.

Bizarrement, Isabelle accepte le deal. En effet, la jeune femme n'est pas du style à sortir des sentiers battus. Sa vie, elle la veut droite, bardée de barrières, à ne surtout pas dépasser. On lui a souvent reprocher son petit côté sage, très prévisible, son aspect froid et imperméable, comme si elle n'était pas douée pour le bonheur ou donner de l'amour en retour (d'où son échec conjugal). Mais elle n'y peut rien, Isabelle, elle est de la trempe de ces femmes transparentes, mais heureuses de leur petit bonheur sans nuages.

Par contre, sa fille Romane va grandir dans la rage et la révolte de cette vie passive et trop ordonnée. Dès que l'occasion se présentera, elle prendra la poudre d'escampette et brûlera la chandelle par les deux bouts. D'ailleurs, elle finira clouée sur un lit d'hôpital, brûlée vive, alors que sa mère livrera son dernier combat contre un cancer. Les deux femmes n'auront jamais trouvé le temps ni de se comprendre, ni de se pardonner.

Bref, c'est un petit roman absolument bouleversant, dont l'émotion et la justesse m'ont saisi à la gorge sans que je m'y attende. J'ai surtout aimé l'histoire d'Isabelle, une femme solitaire, incomprise, prisonnière de sa cage dorée, qui a conscience du regard et du jugement des autres, mais sans trouver l'énergie pour s'en échapper. Elle ploie, en silence. Elle subit, même si elle aimerait parfois taper du poing sur la table. Qu'on cesse de la trouver ennuyeuse, insipide, elle aime la physique mais déteste l'enseigner à des enfants bêtes à manger du foin, elle se conforte dans une mécanique laborieuse, rassurante, elle a des désirs, mais réprime ses élans.

C'est tout ça, une femme simple et honnête. Avec ses secrets, ses mensonges et ses tours de passe-passe. Le dernier chapitre de l'histoire m'a, par exemple, totalement bluffée et donnée envie de sourire. Il n'y a, finalement, que le portrait de Romane, cette jeune folle volage et impétueuse, qui m'a fait pousser des soupirs d'ennui. Heureusement, ses incursions étaient parcimonieuses et ne faisaient office que de faire-valoir pour percer la carapace d'Isabelle... Un doux et beau roman, donc, à découvrir le cœur vaillant. ;)

Un refrain sur les murs, par Murielle Magellan
édition Pocket, 2013  (préalablement paru aux éditions Julliard en 2011)
illustration de couverture : Marion Tigréat

22/05/13

La première chose qu'on regarde (Audiolib)

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Le roman s'ouvre sur une phrase étonnante : « Arthur Dreyfuss aimait les gros seins. »
Quelques lignes plus loin, le chapitre se conclut sur cette autre révélation : « Devant lui se tenait Scarlett Johansson. »

C'est donc l'histoire d'un mécanicien au physique de Ryan Gosling, en mieux, qui trouve sur le pas de sa porte la star hollywoodienne et en tombe des nues. Puis, s'invite à la fête Jeanine Foucamprez, animatrice de supermarchés et autres salons de mariage. Avec son physique de rêve, la beauté à couper le souffle, un petit air de Scarlett, la nymphette fait tourner les têtes. Mais les gens se méprennent sur son compte et Jeanine est lasse de jouer un rôle qui l'étouffe. Elle souhaiterait maintenant être aimée pour elle-même.

Quelle aventure, mais quelle aventure ! Si l'histoire semble promettre un détour saugrenu et particulièrement cocasse, le fond n'en est pas moins sordide. Car très vite, il apparaît que nos deux protagonistes sont deux être torturés, par la faute d'une enfance malheureuse, et aujourd'hui ils sont à la recherche d'un idéal qui leur fait défaut. Pourtant, ils se lancent dans leur aventure amoureuse avec une spontanéité désarmante.

Tour à tour, le roman s'avoue drôle, cocasse, frais, charmant, un vrai vaudeville. Sauf que, derrière le burlesque, se cache une comédie dramatique,  où l'on parle d'amour, certes, et plus particulièrement de nos attentes et du fait de renvoyer une certaine image, sur laquelle les regards se posent, souvent sans jamais chercher à percer la façade. C'est le drame de notre siècle, se nourrir d'une apparence. C'est tellement triste, car « ... on n'est jamais aimé pour soi mais pour ce qu'on comble chez l'autre. On est ce qui manque aux autres. ».

C'est foncièrement un roman désabusé et poignant, par contre l'auteur se perd dans des considérations sur le star-system, détaille la filmographie des acteurs, fait de nombreux apartés géographiques aussi... Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un peu bizarre. L'histoire en elle-même m'a plu, mais ce qu'il y a autour m'a parfois semblé superficiel. Cela me laisse perplexe, quoi...

La première chose qu'on regarde, par Grégoire Delacourt
Audiolib / JC Lattès (2013)
Texte intégral lu par Marc Weiss (durée : 4h48)

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03/05/13

“Mothers are all slightly insane.”

le confident

La narratrice, Camille, vient de perdre sa mère et épluche son courrier lorsqu'elle découvre la missive étonnante d'un dénommé Louis, qui s'enhardit à lui raconter une histoire ayant eu lieu bien avant sa naissance. Au départ, Camille s'imagine que c'est une tentative désespérée d'un auteur (elle est éditrice) pour attirer son attention. Certes, cette histoire mettant en scène la jeune Annie, la très sophistiquée Madame M., son époux Paul, et Louis, alors jeune et naïf, implique une série de bonnes et surprenantes nouvelles, où l'amour, la duperie et la vengeance sont fortement liés. Toutefois, ce qu'elle recèle risque bien de fragiliser ce qu'elle croyait acquis.

La construction du roman est en effet stupéfiante, car sitôt qu'on s'imagine une partie de l'intrigue, on en redécouvre une autre facette au détour d'une autre lettre, les révélations ne cessent de pleuvoir, les personnalités deviennent floues, on ne sait plus bien qui est manipulé ou qui tire toutes les ficelles. Je dois en effet avouer que tous les rôles sont sans cesse inversés, on a à peine le temps de s'apitoyer sur untel qu'on sursaute en réalisant que la vérité est ailleurs... Quel scénario habile et pervers! L'auteur a vraiment su nous balader de bout en bout.

A l'écoute, nous avons une palette de comédiens talentueux, Carole Bouquet dans le rôle de Madame M., Jacques Weber pour Louis, Sara Forestier pour Annie et même Hélène Grémillon pour Camille. Un sans-faute sur ce casting. Il m'arrivait presque d'avoir l'illusion d'un film, je n'avais plus qu'à me faire mes propres images dans la tête, les narrateurs étant tous d'expressifs interprètes ! Cette lecture s'est révélée vivante, passionnante, et m'a entraînée dans une partie de cache-cache démoniaque, sur fond de guerre, d'identité, de maternité, de folie et d'absolutisme. Une réussite !

Le confident, par Hélène Grémillon
Gallimard, coll. Ecoutez Lire (2013) - Lu par Sara Forestier, H. Grémillon, Jacques Weber et Carole Bouquet

« L’Inde change toujours les gens. »

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Pendant huit jours, un festival culturel, en Inde, devient le théâtre des petits drames bourgeois de Roland, écrivain sexagénaire, éternel séducteur, mais farouchement allergique à la paternité, sa jeune compagne Renata, d'origine italienne, Charlotte, cinéaste new-yorkaise, perpétuellement angoissée et encore sous le choc du suicide de sa meilleure amie, Raphaël, écrivain ravagé, désabusé, un vrai mufle avec les femmes, et enfin Géraldine, l'organisatrice, expatriée, mariée et mère d'un jeune enfant, mais toute tourneboulée depuis qu'elle vient de retrouver son amour d'enfance.

C'est un roman qu'on découvre avec plaisir et qui tente de nous bercer dans un paysage indien, dont on ne perçoit hélas ni le charme, ni le glamour et encore moins le folklore, ou tout ça de très loin. Ce qui nous frappe, c'est l'ironie dont se sert Catherine Cusset pour tourner en dérision ses personnages, ces derniers sont en effet malmenés par cette aventure à l'autre bout du monde, et souvent contraints de traverser des tempêtes personnelles et émotionnelles. C'est sur ce schéma classique, pas déplaisant non plus, que nous nous baladons, au son de la voix de Cécile Cassel. C'est nerveux, déluré, ça s'embrase et pourtant ça retombe vite à plat. L'ensemble n'est pas désagréable à écouter, j'ai plutôt bien aimé, mais il m'a manqué un petit quelque chose.

Indigo, par Catherine Cusset
Gallimard, coll. Ecoutez Lire, 2013  - Texte intégral lu par Cécile Cassel (environ 8 heures d'écoute)

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01/05/13

"Tant qu'on peut boire, profitons-en pendant qu'on est vivants."

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Paris, fin 1959. Michel Marini a douze ans. Il aime la lecture, le rock et le baby-foot. Souvent, il se rend au Balto, un bistro de l'avenue Denfert-Rochereau, où il est intrigué par les activités secrètes d'un club, derrière une porte verte, dans l'arrière-salle. Le jour où il obtiendra enfin son sésame, Michel va plonger dans une autre galaxie : celle d'exilés des pays de l'Europe centrale ou de l'Est, des réfugiés politiques, des énergumènes qui refont le monde autour d'une bouteille d'alcool ou d'une partie d'échecs.

C'est ainsi qu'on s'aventure dans ce roman foisonnant, entre les anecdotes de ces hommes brisés, mélancoliques et meurtris, aux parcours malmenés suite à la guerre et à la révolution, à leurs nombreuses tentatives pour survivre, aimer, oublier... Sans se rendre compte, on se passionne vite pour ces bouts de vie saccagés (la folle histoire d'amour de Leonid, par exemple, ou les frasques de l'acteur Tibor Balazs, tellement beau et orgueilleux qu'il ne supportait plus de vivre chichement). Viendra aussi le mystère autour de Sacha, cet homme discret, que tous les membres du club conspuent, haïssent haut et fort, sans jamais en expliquer les raisons.

Michel, lui, est un garçon heureux, curieux et sensible. Chez lui aussi, ça va barder entre ses parents, depuis le coup d'état de l'aîné de la famille, Franck, qui va partir en Algérie, où la guerre d'indépendance n'atteint pas le quotidien des Parisiens, qui subissent de très loin les ondes de choc. Michel va donc consoler Cécile, la petite copine délaissée de son frère, et l'aider à maintenir la tête hors de l'eau lorsque ce dernier disparaîtra sans donner la moindre nouvelle.

Cette lecture est, sans conteste, un long moment de plaisir. C'est une promenade d'un autre temps, dans un contexte chaleureux et florissant, mais toujours marqué par les blessures du passé, de la guerre, de ses trahisons, de la perte des valeurs et des utopies aussi. J'ai dégusté chaque instant de ce livre, je m'y sentais à l'aise, je n'avais plus envie d'en sortir, et pourtant la lecture est très longue, plus de 21 heures d'écoute, mais sérieusement je n'ai pas vu le temps passer ! Je réinscris ce livre parmi mes rares moments de lecture où j'ai adoré perdre la notion du temps pour me retrouver au cœur d'histoires palpitantes, bouleversantes, avec un pincement de cœur au moment de devoir les abandonner.

Le Club des incorrigibles optimistes, par Jean-Michel Guenassia
Audiolib, 2013 / Albin Michel, 2009
Texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (suivi d'un entretien inédit avec l'auteur)

“Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l'irrationnel. Avant d'avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C'est l'alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s'impriment dans notre cerveau. Un livre, c'est un être vivant.”