08/07/17

Le testament de Jessie Lamb, de Jane Rogers

Le testament de Jessie LambDans un monde ravagé par un virus qui foudroie toutes les femmes enceintes, Jessie Lamb est une adolescente de seize ans, avec ses élans de rébellion spontanée ou de sensibililité excessive. Après tout, Jessie grandit dans une société menacée par le SMM (Syndrome de Mort Maternelle) qui vise à fragiliser l'humanité - si plus aucune grossesse n'est conduite à son terme, la vie sur Terre va également se réduire comme peau de chagrin. D'où les débordements des uns et des autres. Entre les familles qui prennent tous les risques pour assurer une descendance, les enfants kidnappés dans les crèches, le mouvement des Sleeping Beauties (où les femmes acceptent de porter des embryons puis de plonger dans le coma jusqu'à la naissance), des groupes sectaires se déploient, la violence se propage dans les rues, les jeunes filles deviennent des cibles vulnérables et sont sexuellement agressées... Bref. Le chaos règne. C'est donc à travers le journal intime de Jessie que l'on découvre son triste quotidien et la réalité amère de cette société en déclin. Le regard que porte l'adolescente sur les évènements est étalé sans ambages et c'est ce qui rend la lecture aussi sidérante d'authenticité et d'accessibilité. On s'y projette tout de go. Cela fait froid dans le dos. Mais les faits sont exposés et souvent commentés avec une certaine naïveté liée au jeune âge de la narratrice. Jessie est agaçante, Jessie est longue à la détente, Jessie s'enflamme. Jessie est une adolescente entière, avec ses qualités et ses défauts. Tout au long du roman, plane aussi le flou quant au choix radical qu'a pris la jeune fille pour son avenir, un choix qui suscite une vive colère chez ses parents et de l'incompréhension dans son entourage. Jessie est néanmoins déterminée et s'en explique dans son journal testamentaire.

On a là une lecture au final réaliste et poignante, où se trace un parcours initiatique dans un contexte houleux et qui révèle la face sombre de notre humanité. C'est une lecture qui remue en nous de vives sensations et qui nous fait tourner les pages du livre avec avidité et effarement. Une bonne découverte au style efficace et prenant.

Collection Folio SF (n° 523)

Trad. de l'anglais par Marion Roman

Parution : Août 2015


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16/12/16

Le Trône de fer Tome 5: L'Invincible forteresse, de George R.R. Martin lu par B. Métraux

Nous voici déjà dans le dernier épisode de la saison 2 du Trône de fer, après La bataille des rois & L'ombre maléfique ! L'intensité ne faiblit pas, les batailles font rage et les émotions sont multiples. Chaud devant ! 

L'invincible forteresse

Les têtes n'en finissent plus de tomber parmi les prétendants au trône des Sept Couronnes, les coups de force prolifèrent au gré de nombreuses tractations perfides ou malchanceuses. Malgré cette confusion, le jeune Joffrey, l'abominable fils de Cersei Lannister, capricieux et colérique, est toujours en position sur l'échiquier, protégé par les savants jeux de dupe de son oncle Tyrion. Le lutin a plus d'un tour dans son sac et n'œuvre certainement pas par dévouement familial, mais plutôt pour des ambitions toutes personnelles. Pendant que Joffrey prend plaisir à tyranniser son entourage, Tyrion place donc ses pions et se prépare à une opération d'envergure, alors que la flotte de Stannis Baratheon est aux portes de Port-Réal. 

Le frère de Robert poursuit activement ses objectifs, toujours sous l'emprise de Mélisandre la Rouge, la prêtresse aux pouvoirs étranges, dont l'influence est grande et inquiétante selon les proches de Stannis, à commencer par son précieux allié, le chevalier Davos, désormais à la tête de son armada. C'est d'ailleurs lui qui affrontera la terrible bataille de la Néra, autre tournant décisif dans la série ! Pendant ce temps, à Winterfell, la trahison aussi a fait son nid. Theon Greyjoy a frappé fort, les deux jeunes Stark sont perdus, lady Catelyn est effondrée mais s'offre le tête-à-tête de sa vie en extorquant les confidences de Jaime Lannister, qui croupit dans une cellule à Vivesaigues.

Robb ne réapparaît toujours pas, accaparé par ses conquêtes de pouvoir. Sansa se console dans ses rêves de chevalerie, alors que la vie à la cour lui a déjà démontré la niaiserie de telles fables, sans parler de ses fiançailles avec Joffrey, qui ne sont qu'une pure fumisterie. Cette fille n'est qu'inconsistance... Arya trace aussi son bout de chemin, enchaînant les fuites, les cachettes et les impostures, pour préserver son identité secrète, et retrouve ainsi un vieil ennemi, Tywin Lannister, qui figure sur sa liste des traîtres à éliminer pour venger son père. 

L'histoire avance lentement, mais elle reste passionnante à lire et à écouter. L'interprétation de Bernard Métraux est toujours convaincante et fascinante, elle nous entraîne dans le monde dense et compliqué du Trône de fer sans jamais perdre le fil ou égarer son auditeur. C'est une formidable prouesse. Je m'inquiète néanmoins de la suite des aventures, quant à savoir si Gallimard continue l'édition audio de la série dans sa collection Écoutez lire, étant donné que la parution du tome 5 date de juin 2016, et que rien n'a été annoncé depuis. J'éprouve une certaine amertume... et une immense frustration ! [Edit : confirmation de la parution du tome 6, Les brigands, en mai 2017, et du tome 7 en novembre 2017 !]

Mettez de la fureur et de la folie dans vos casques audio ! Succombez aux intrigues fascinantes de G.R.R. Martin par la magie d'une théâtralité époustouflante et pour la vitalité qui se dégage de la lecture du comédien. Winter is coming. ***

 

Collection Écoutez lire, Gallimard
Lu par Bernard Métraux /  Durée d'écoute : environ 14 h
[A Game of Thrones]  Trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean Sola
Parution : 09-06-2016

 ♠♠♠♠

Actuellement sur Audible

18 titres à moitié prix parmi la collection Écoutez Lire de Gallimard, jusqu'au 15 février.

Profitez-en, & bonne écoute !

09/12/16

Le Trône de Fer Tome 4 : L'Ombre maléfique, de George R.R. Martin lu par Bernard Métraux

Ce tome fait suite à La Bataille des Rois et se révèle globalement n'être qu'un épisode de transition, assez creux, et néanmoins essentiel à la bonne compréhension de la série. ☺

L'ombre maléfique

Le royaume des Sept Couronnes est désormais plongé dans le chaos, la mort de Robert Baratheon a logiquement installé son héritier Joffrey sur le trône, mais sa légitimité est contestée. Décrié comme étant le pantin à la solde des Lannister, sa mère Cersei et son oncle Tyrion, désormais la Main du Roi, Joffrey ne rallie aucun seigneur à sa cause. Les frères de Robert, Stannis et Renly, partent en guerre. Robb de Winterfell s'autoproclame roi du Nord et envoie ses troupes à la conquête de territoires ennemis. Disons que, dans l'ensemble, ça s'affronte dans tous les coins, le royaume est à feu et à sang. Même Theon Greyjoy se lance dans la mêlée pour affirmer crânement son autorité, frustré par une sœur à qui l'on confie des missions plus valorisantes. Il faut dire aussi que Asha Greyjoy a salué leurs retrouvailles, au bout de dix ans, par une humiliation publique, en se faisant passer pour une autre tandis qu'il la courtisait hardiment. Jalousie, ambition, pugnacité, trahison et mésalliance... Les ingrédients du bouillon croquent sous la dent, mais laissent un goût amer en bouche.

L'intrigue générale est donc assez stratégique. On survole les positions des personnages, on suit leurs motivations, on tente parfois de cerner leurs plans, sans quoi il y a peu d'action susceptible de surprendre le lecteur. Certes, un prétendant aux sept couronnes va décéder, dans des circonstances très nébuleuses et qui seront sans doute exploitées par la suite (je l'espère). Le personnage de Robb Stark est totalement zappé : l'héritier de Winterfell est parti en campagne, mais ses exploits sont relatés par ouï-dire. Sa mère Lady Catelyn erre comme une désespérée alors que sa famille se délite, Sansa est retenue prisonnière des Lannister pour épouser Joffrey (quelle cruche, celle-ci), Arya se cache sous les oripeaux d'une servante de cuisine à Harrenhal où se trouve Tywin Lannister (quelle ironie), Bran est seul à Winterfell et fait de plus en plus de rêves tristement prémonitoires... Jon Snow, toujours flanqué chez la Garde de la Nuit, vient de franchir le Mur pour parcourir des contrées étranges et dangereuses. 

Ainsi, toutes les araignées tissent leur étoile avec fourberie et audace, des personnages secondaires surgissent, comme Osha la sauvageonne, Asha l'insolente et intrépide sœur de Theon Greyjoy, et aussi Ygritte la fille du Nord. De son côté, l'exotique Daenerys prépare son retour fracassant, suivie de trois jeunes dragons déchaînés. L'ambiance est assez sombre et pesante, elle n'égale sans doute pas la tension dramatique du premier volume mais se propose de nous divertir autrement. Pour le coup, je dois admettre que la lecture audio est grandement efficace pour s'absorber dans ce récit teinté de fureur et de folie. On y avance à petits pas chassés, hypnotisés par l'interprétation de Bernard Métraux. Ce dernier n'a de cesse de nous plonger au cœur des méandres, avec sa gouaille, sa force et son sens très pointu de la théâtralité. C'est assez impressionnant... (même si le choix des voix nasillardes pour les personnages, principalement féminins, me fait hérisser les poils sur les bras). Le format audio offre ainsi une sacrée immersion dans l'univers foisonnant du Trône de Fer ! Je poursuis l'aventure... 

[A Game of Thrones]

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean Sola

Lu par Bernard Métraux - Durée d'écoute : environ 14 h

Collection Écoutez lire, Gallimard  /  Mars 2016

 

18/03/16

Au cœur du silence, de Graham Joyce

Au cœur du silence

Zoe et Jake forment un couple heureux et amoureux. En vacances dans les Pyrénées, ils partent skier tôt le matin sur les pistes enneigées quand, soudain, une avalanche s'abat sur eux et les broie comme du linge sale dans une machine à laver. Ils en ressortent, pourtant, miraculeusement et regagnent aussitôt leur hôtel, qu'ils découvrent complètement vide et mis sur pause. Le personnel a interrompu son service en pleine action, les cuisines croulent encore de nourriture fraîchement coupée, la viande est sanguinolente, les frigos pleins à craquer. Même la conciergerie est vide. Profitant du fait que l'électricité fonctionne toujours, notre couple court prendre un bain chaud, avale un morceau, boit du vin et du champagne, avant de tirer des conclusions. Puisque l'hôtel a été évacué dans l'urgence, Zoe et Jake craignent une nouvelle avalanche. Ils ne veulent pas traîner dans les parages et cherchent à quitter les lieux le plus vite possible. C'est là que ça se complique... Et pour le lecteur aussi les illusions se brisent. Après avoir dévoré les 100 premières pages d'une traite, prise par le souffle, l'angoisse, le mystère et le suspense de l'histoire, j'ai moyennement apprécié le tournant de l'intrigue et la révélation qui s'en profile. Oui, j'avais deviné avant la fin ce que l'auteur tramait. Et cela ne m'a pas plu. J'ai néanmoins terminé le roman pour en avoir la confirmation (bingo) en ingurgitant au passage des réflexions plus ou moins passables, car éculées, sur l'amour, la vie, la mort. Dommage que ça parte en cacahuète, car le début était extra, digne d'un épisode de la mythique Quatrième dimension ! 

Folio SF / Février 2016 ♦ Traduit par Louise Malagoli (The Silent Land) pour les éditions Bragelonne

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01/03/16

Les Mondes de Philip K. Dick

mercredi 02 mars à 22h40 (56 min) sur ARTE

LES MONDES DE PHILIP K

 Rediffusion mardi 29.03 à 3h25

Le nom de Philip K Dick vous évoque probablement l'univers abstrait de la science-fiction, que je considérais stupidement inaccessible, ou peu à mon goût, jusqu'à ce que j'apprenne que Minority Report, Blade Runner, Paycheck, L'Agence ou Total Recall, avant d'être les adaptations hollywoodiennes à succès, étaient tous des romans (ou nouvelles) de l'auteur. Et cela change tout. J'ai eu soudain envie d'en savoir plus, et bingo, le film, diffusé sur Arte, écrit par Yann Coquart et Ariel Kyrou, vous invite à mieux découvrir la personnalité, le parcours et les écrits de l'auteur. 

En moins d'une heure, on découvre un véritable personnage de fiction : l'homme, de nature paranoïaque, à tendance obsessionnelle, ne sortait jamais de chez lui, recherchait l'éternelle fille aux cheveux noirs ou vivait dans le souvenir de sa jumelle décédée, il croyait aussi en la théorie du complot, voyait le danger partout, imaginait notre société du futur sous le contrôle des machines et des nouvelles technologies, notre humanité effacée par la rencontre du 3e type, le martien n'étant plus un mythe etc. C'est aussi tordant que décalé, torturé que tourmenté, un esprit génial, en surchauffe perpétuelle, dopé aux amphétamines ou visionnaire défaitiste... Les spéculations ne manquent pas. Mais le plus perturbant revient à lire ou relire ses œuvres, aujourd'hui, en plein XXIe siècle blasé par l'évolution perpétuelle de notre mode de vie. On plonge dans ses histoires avec le même trouble et la même fascination, réalisant surtout que tout avait déjà été écrit, pensé, annoncé. Philip K Dick avait réellement anticipé notre monde actuel - par pur génie ou simple fantasme délirant ?

Pour le savoir, laissez-vous porter par ce portrait dressé d'après de nombreux témoignages (dont sa veuve, son thérapeute et son biographe), des clichés personnels et, surtout, des passages de ses récits lus à voix haute. Et si l'envie de tout noter pour en lire davantage et prolonger cette immersion "dickienne" ne vous effleure pas, je n'y comprends rien ! ;-) Pour ma part, j'ai commencé la lecture de son roman uchronique, Le Maître du Haut Château. Et je me régale. 

Les Mondes de Philip K. Dick (1928-1982), réalisé par Yann Coquart, produit par Thibaut de Corday (2015).

 

SOURCE : Arte  © Nova Production

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12/01/16

Le Trône de fer, tome III : La Bataille des rois, de George R.R. Martin

L'aventure continue avec « La Bataille des rois » (Livre 1 de l'intégrale 2) toujours en format audio, lu par le formidable Bernard Métraux. Durée d'écoute : environ 14h. Une broutille. ;-)

La bataille des rois

Après le tumulte provoqué par la famille Lannister, au terme de moult complots, alliances et trahisons, le trône de fer a perdu son roi, laissant un héritage qui soulève bien des passions. Les seigneurs des quatre coins de Westeros s'autoproclament souverains légitimes et font des pactes (qui ne demandent qu'à être retournés). Résultat, l'action est assez lente et se perd en pourparlers, mais on devine déjà que les intrigues sont tricotées et détricotées à l'envi et annoncent un chaos indescriptible. De nouveaux personnages sont également introduits ou avancent d'un pas presque timide vers le devant de la scène (Theon Greyjoy, Melisandre la Rouge, Lady Meera et Jojen de Griseaux). Ils n'éclipsent pas encore les principaux concernés, même si rien n'est laissé au hasard non plus. Tyrion Lannister, envoyé par son père, se rend auprès de sa sœur Cersei et constate avec effarement que le jeune Joffrey est hors de contrôle. Notre Lutin place délicatement ses billes et éjecte une par une les petites mains trop zélées, coupables du désastre que l'on sait, après la condamnation hâtive de Ned Stark. Il constate aussi que la jolie Sansa s'étiole de jour en jour, se sentant plus trahie que jamais, apeurée, désespérée... Son sort est d'une tristesse abyssale. Quelque part dans la forêt, Arya a rejoint incognito des vilains bougres censés se rendre au Mur (elle espère ainsi prévenir Jon Snow) mais leur avancée est ralentie par les attaques répétées des guerriers qui traquent la fille du traître... ou un certain Gendry, fils illégitime de feu Robert Baratheon. De son côté Bran, le fils cadet des Stark, soupire d'ennui à Winterfell qu'il doit protéger jusqu'au retour de sa famille éclatée. Les souvenirs de son agression sont encore floues, le garçon a définitivement perdu l'usage de ses jambes mais frémit rien que de songer à Jaime Lannister, tenu captif par Robb Stark. Plus loin, la divine Daenerys Targaryen se console de ses pertes et traîne derrière elle ses jeunes dragons en traçant sa destinée, désormais réduite à une peau de chagrin. 

C'est tout de même peu et frustrant, ça suppose aussi de ronger son frein et de spéculer à n'en plus finir. L'auteur a cependant bien ferré son lecteur (définitivement accro). J'hésite à poursuivre ma lecture avec le bouquin ou attendre la sortie du CD en mars. Je suis au supplice. 

Gallimard / Coll. Écoutez Lire (Avril 2015) ♦ Traduit par Jean Sola (A Clash of Kings)

description

Cette série n'est que pure forfanterie, croyez-moi, je ne fais que pester !

 

06/01/16

Le Trône de fer & Le Donjon rouge, de George R.R. Martin

En ces temps-là nimbés de brume, où la belle saison pouvait durer des années, et la mauvaise toute une vie, se multiplièrent un jour des présages alarmants. Au nord du Mur colossal qui protégeait le royaume, se massèrent soudain des forces obscures. Au sud, l'ordre établi chancela. Le meurtre et la corruption, la lâcheté et le mensonge enserrèrent inexorablement le trône convoité...

Trone de Fer

Comme probablement beaucoup de personnes, c'est après avoir vu la première saison de la série télé créée par HBO que ma curiosité a été piquée de lire le Trône de Fer de G.R.R. Martin. Et c'est au bénéfice du livre audio, à l'écoute du formidable Bernard Métraux, que j'ai choisi de me lancer dans l'aventureEt quelle aventure ! Certes, l'adaptation tv est très fidèle au roman et j'aurais pu zapper une lecture-fleuve et aller à l'essentiel, mais cela aurait été dommage de se priver de cette mise en bouche, pour la simple et bonne raison qu'on y découvre une introduction nécessaire à l'univers des Sept Couronnes, des familles aux liens inextricables, des ambitions politiques, des conflits en souffrance et des intrigues tarabiscotées qui annoncent le chaos, le sang, la guerre, la vengeance et la soif du pouvoir.  
Miam, miam.

Cela m'a également permis de me rafraîchir la mémoire, car j'ai vu la saison 1 il y a maintenant deux, trois ans (j'ai oublié, le temps passe si vite). Ce livre audio a donc été une aubaine et je n'ai pas boudé mon plaisir. 😏

L'histoire, en quelques mots. Au Nord du royaume de Westeros, vit la famille Stark de Winterfell, où Lord Eddard y mène une existence rangée, auprès de son épouse Catelyn et leur nombreuse marmaille. Tout bascule le jour où le roi Robert débarque en personne pour le nommer nouvelle Main du Roi et le convoque auprès de lui à la cour. La reine Cersei fait grise mine. Elle n'en peut plus de se débarrasser de son époux grassouillet pour placer sur le trône son fils Joffrey. Ned Stark n'est pas dupe et cherche à la confondre, confiant ses doutes auprès d'une audience au sens de l'honneur fort discutable. Sa femme Catelyn mène aussi ses propres combats, chevauchant le royaume pour réclamer la tête du tortionnaire de son fils handicapé. À force de désespoir, elle kidnappe Tyrion Lannister et fait frémir de rage sa sœur Cersei. Les esprits chauffent et cogitent des plans retors pour rendre la pareille, sauf que les dés sont pipés et chamboulent les destinées. Armez-vous de vos sels, âmes fragiles, ça va valser ! Sur ce grand échiquier, vient également s'ajouter le sort de la jeune Daenerys Targaryen, dont le père a été dépossédé par Robert Baratheon, au terme d'une guerre sans pitié qui a conduit la jeune fille et son frère à vivre en exil. Ses épousailles avec un seigneur dothraki sonnent leur retour imminent ... et fracassant. 

Cette lecture, menée à fond de train, aura quelque peu ruiné ma vie sociale occupé de nombreuses heures de mes vacances, mais cela aura valu le coup car la découverte est franchement excitante. Et je le rappelle, il faut absolument lire les romans et regarder en parallèle la série tv, les deux programmes vous réservent un festival d'émotions fortes, avec haute probabilité d'addiction, au point de contaminer toute une maisonnée ! Damned. 

Gallimard, coll. Ecoutez Lire / 2014 ♦ Texte intégral lu par Bernard Métraux (Durée d'écoute : environ 17h & 20h) ♦ Trad. de l'anglais par Jean Sola

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Volume 2 : Le Donjon rouge de l'intégrale I (J'ai Lu, 2010)

Le Donjon rouge

21/11/14

La Nuit a dévoré le monde, de Pit Agarmen

La nuit a dévoré le monde

Antoine Vernet collectionne les échecs : écrivain raté, amoureux abandonné, type désabusé... Il est en quête d'un nouveau souffle. Aussi, accepte-t-il l'invitation d'une amie à passer la soirée dans son appartement cossu. Mais cela ne va pas se dérouler comme prévu. Il va boire, beaucoup. Perdre pied. Se réfugier dans un bureau et s'écrouler de fatigue. Le lendemain, il se réveille dans un appartement étrangement silencieux. Découvre une scène de désolation, avec des murs maculés de sang. De plus, les lieux sont vides.

Dehors, règne la même scène de chaos. Il y a des zombies, partout ! La police tente de lutter contre une armée de morts-vivants affamés, lesquels sautent sur tout ce qui bouge, se multiplient, forment des hordes sauvages, déchaînées, incontrôlables. C'est la fin du monde. Antoine est ahuri mais décide de se barricader dans l'appartement. Il rassemble le maximum de vivres pour assurer sa survie. Trouve des armes. Le voilà désormais seul, coupé du reste du monde. Avec l'angoisse au ventre. Et du temps pour cogiter. 

Antoine va alors s'organiser une routine surprenante de banalité : il lit, il mange, il prend des bains de soleil, il s'occupe amoureusement d'une petite plante verte, il joue de la trompette. De temps en temps il dézingue un ou deux zombies pour se rassurer. Il fait un peu n'importe quoi, il hurle à la mort, s'habille en femme, se désole et est tenté de s'offrir en amuse-bouche aux âmes errantes. La folie n'est pas loin de le guetter quand survient, vers la fin, LA rencontre qui peut tout changer.

Voilà un roman original, bien écrit, à envisager comme une approche philosophique (et intellectuelle) sur le temps perdu, les remords et les regrets, la solitude et comment ne pas sombrer face au désespoir. C'est intéressant, totalement décalé et assez perspicace. Par contre, ce n'est pas un roman de “zombies” tel qu'on pourrait s'attendre (il y a peu d'action, juste un type paumé qui soliloque), c'est davantage une robinsonnade qui se veut distrayante mais révèle surtout un grande part de mélancolie.    

Robert Laffont, août 2012 ♦ parution en format poche (J'ai Lu)

« Ce qui est beau et sûr, c'est le passé. Même le passé triste, ma solitude, mes difficultés matérielles, mon adolescence, tout ça me paraît doux désormais : j'étais heureux et je ne le savais pas. Le désespoir d'alors était un état de plénitude extatique comparé à ce que je vis aujourd'hui. »

 

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Le Bal des immortels, de Colleen Gleason

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(ci-dessous la couverture VF peu aguicheuse)

Suite à la disparition de leur frère Chas, lors d'une mission en Europe, Angelica et Maia Woodmore doivent séjourner chez son ami, le comte de Corvindale. Chas est en fait un éminent chasseur de vampires, qui vient de se mettre à dos l'un d'eux en kidnappant sa sœur. Il redoute, à juste titre, la vengeance de Cezar Moldavi, d'autant plus que celui-ci a appris les dons de prescience d'Angelica et souhaite les exploiter à des fins personnelles.

Angelica et Maia Woodmore n'ont néanmoins aucune connaissance de telles arcanes et n'ont pour seul souci d'aller au bal pour rencontrer d'éventuels soupirants. Et là, entrée en scène de Voss Drewhurst, cynique, arrogant et opportuniste.

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Angelica est troublée en sa présence, Corvindale le réprouve farouchement. Pourtant, c'est lui qui vole à son secours quand des individus sanguinaires sèment le chaos lors d'une réception pour enlever la jeune femme !

Mais Voss a une réputation à tenir et des intérêts à défendre (lui aussi convoite les dons d'Angelica). Plus de doute permis sur ses intentions. C'est un Dracul, de grande lignée (il a prêté allégeance à Lucifer). Il est constamment poussé à assouvir ses plus bas instincts (boire le sang de ses victimes). La tentation auprès d'Angelica est grande, or il ne souhaite pas céder à ses pulsions et veut la protéger.

Une grande première pour cet être égoïste et sans cœur ! 

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Notre demoiselle en détresse est dans l'ignorance totale, elle ne sait rien de sa nature ni de ses tourments. Sa réaction au moment de découvrir le pot aux roses ? Comment vous réagiriez, vous ? ...

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Sauve qui peut ! 

Et c'est naturellement jubilatoire, car l'histoire ne se focalise pas sur la romance ou la tension amoureuse entre le couple. Les dialogues sont bien sûr exécutés avec brio, les interactions sont savoureuses et alimentent l'étincelle du désir. Mais ce n'est pas tout.

Colleen Gleason (l'auteur des Chroniques des Gardella, dont le 5ème tome n'a jamais été publié en VF ! Merci.) propose une lecture pas forcément surprenante, mais tellement bien écrite, sans aucune vulgarité, avec un univers riche, où se mêlent joyeusement vampires, époque de la Régence et plusieurs intrigues autour du même noyau de personnages.

Cette série est pour l'instant une découverte très plaisante, seul le dénouement me paraît tiré par les cheveux, mais ceci ne va surtout pas me priver de lire la suite où il sera question de la relation haute en couleur entre Maia et Corvindale !

Harlequin, coll. Nocturne, juillet 2013 ♦ traduit par Fabrice Canepa (The Vampire Voss) 

Couverture VF franchement monstrueuse !!  les-princes-de-sang 1 le-bal-des-immortels

 

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18/11/14

Les Dossiers Dresden, tome 1 : Avis de tempête, de Jim Butcher

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Harry Dresden est magicien, consultant pour la police (sitôt que l'enquête prête à confusion) et accessoirement détective pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Et justement, une épouse éplorée recherche son époux qui n'a plus donné signe de vie, depuis qu'il est rentré un soir prendre une valise avec ses affaires personnelles, suite à son licenciement. L'épouse est au bord de la crise de nerfs et Harry est tenté de la traiter avec condescendance. Toutefois, ses finances ne lui permettent pas de faire la fine bouche.

En fait, il est plutôt préoccupé par cette affaire criminelle sur laquelle l'inspecteur Karrin Murphy piétine : un couple d'amants a été retrouvé avec le cœur arraché. L'empreinte d'un grand magicien, sans nul doute. Harry est perplexe. Il se voit aussi convoqué (de force) par un chef de la pègre qui, sous réserve de menaces, lui demande d'arrêter les frais et de retourner dans sa tanière. Trop, c'est trop. Notre ami Dresden est désormais alléché et va s'impliquer plus que de raison dans cette affaire aussi louche que dangereuse.

Et cette première lecture est vraiment convaincante. Elle s'impose comme une mise en bouche simple mais goûteuse : on découvre les prémices d'un univers magique avec ses règles, ses codes, ses interdits. Harry est le type désabusé, solitaire, à l'humour sarcastique, qu'on adore détester. L'histoire manque un peu d'étoffe, mais n'enlève en rien le plaisir d'une lecture distrayante et prometteuse. Je ne lâche pas l'affaire et poursuis la découverte ! 

Milady,  coll. Fantasy, février 2010 ♦ traduit par Grégory Bouet (The Dresden Files : Storm Front)

 

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