23/09/11

“My name is Gin, and I kill people.”

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Voilà une lecture qui ne m'a pas complètement séduite, sans me décevoir non plus. Quel casse-tête ! J'avais plus d'une fois envie de me dire, laisse tomber, mais j'étais trop curieuse de connaître la suite et, de fil en aiguille, je suis arrivée à la dernière page, la maudite, qui me lâche une info vile et mesquine, du genre à me donner (presque) envie de signer pour la suite. 
Argh ! Que de perversité dans ce monde de brutes. 
Jennifer Estep n'a rien inventé de nouveau, ce qui ne signifie pas que ça ne plaise pas aussi. L'héroïne est une dure, une vraie, elle est tueuse à gages, avec la conscience d'accomplir un nettoyage juste (elle ne zigouille que les pourris, les violeurs d'enfants, etc.). Elle a connu la rue, en est sortie à l'âge de 13 ans et doit son salut à Fletcher, son mentor, patron du Pork Pit, un second père. Et si la dame est aussi froide et intransigeante, c'est parce qu'elle aurait trop souffert de son passé et de sa faiblesse. 
Elle masque bien cette vulnérabilité derrière sa façade de bombe atomique et de redoutable machine à tuer. Elle fait du boulot vite fait, bien fait. C'est la meilleure sur le marché, aussi lorsque sa dernière mission vire à la catastrophe, ça chauffe à tous les étages car Gin, surnommée l'Araignée, ne tolère pas d'avoir été doublée. Assistée du fils de Fletcher, l'irrésistible Finnegan Lane, elle va donc jurer vengeance en levant son poing au ciel. 
En cours de route, elle s'associe également avec l'enquêteur de police, Donovan Caine, le type le plus intègre de la ville (Ashland serait un peu la soeur jumelle de Gotham City). Ces deux-là ont bien du mal à collaborer, ils sont ennemis par principe mais, bon, ils sont tous deux séduisants et le savent, ils se plaisent et s'attirent, ils jouent un jeu trouble et dangereux, pas de quoi arranger leurs petites affaires... 
A lire comme ça, c'est très excitant sauf que l'alchimie ne fonctionne pas du tout ! Déjà, Gin et Donovan ont l'un et l'autre des personnalités peu glamour, de ce fait leurs scènes de séduction sont risibles et ne produisent aucun effet. L'apparition d'un autre candidat, dans le tome 2, pourrait corriger l'erreur de casting de ce premier volume - ouf. 
C'est un peu juste pour se prononcer sur cette série, parce que l'histoire laisse entrevoir une intrigue sombre et retorse qui colle bien avec l'ambiance générale, mais je ne sais pas, il me manque le fameux petit truc en plus...

Le Baiser de l'Araignée (L'Exécutrice#1) - Jennifer Estep
J'ai Lu, coll. Crépuscule, 2011. Traduit par Agnès Girard. 


21/09/11

Can I turn into a bat and fly home now ?

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Sarah Dearly, en trois mots : mignonne, mais stupide. 
Suite à un rencard loupé, et arrangé par sa meilleure amie, Sarah découvre que son soupirant est un vampire qui vient de la transformer. Elle est effrayée et doit sa vie sauve à une bande de tueurs qui troue la peau de son créateur. Au secours, elle est la prochaine sur la liste ! Elle croise alors un bon Samaritain, un vrai, qui décide de soulager ses crampes d'estomac en la nourrissant. 
Il s'agit de Thierry de Bennicoeur, le maître vampire le plus puissant de la ville. Mais le type est taciturne, déprimé et dégoûté de la vie. Sans l'intervention de Sarah, il aurait probablement fait le grand plongeon. 
Ces deux-là vont donc conclure un pacte, selon lequel ils doivent se prêter main forte. Or, les évènements vont se précipiter à une allure folle, et souvent Sarah y trempe un doigt de pied avec toute l'insouciance de son jeune âge et de sa bêtise légendaire ! Cette fille est sotte, mais vraiment sotte. Ou naïve, et croyant sincèrement en la bonté des hommes. Tss. 
Il est donc écrit qu'elle ferait une autre rencontre décisive, au cours de cette folle semaine. Il s'appelle Quinn, c'est un charmant ... tueur de vampires ! Le pauvre n'a pas fini de regretter d'avoir croisé le chemin de notre ravissante idiote. 
Non mais franchement, c'est une manie chez Sarah de mettre les pieds dans le plat et de se fourrer toujours dans les mauvais plans. A sa décharge, elle n'écoute pas, n'en fait qu'à sa tête, elle est aveugle, bornée et ne possède aucun discernement. C'est usant ! Certes, à la longue, on finit par s'habituer et c'est aussi grâce à sa maladresse que l'intrigue connaît ses soubresauts déjantés. 
Toutefois, dans le même genre, je préfère nettement la personnalité de Betsy Taylor (cf. la série de MaryJanice Davidson). 
Immortality Bites est une série sympathique et divertissante, où certains passages sont vraiment drôles et où parfois l'attitude de l'héroïne appelle au meurtre (même sa meilleure amie, non merci, je ne peux pas l'encadrer !). J'ignore encore si je m'astreins au même régime pour les 4 prochains tomes (série bouclée, au passage). Parce que c'est charmant et rigolo, malgré tout. C'est juste l'overdose des bêtises de Sarah qu'il faudra canaliser...

Bitten & Smitten (Immortality Bites #1) - Michelle Rowen
Published November 2008 by Grand Central Publishing . DISPONIBLE EN VF.

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20/09/11

Oh La La

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Voilà un deuxième tome qui passe immédiatement la vitesse supérieure, pas le temps de gober les mouches. Riley se réveille nue dans un entrepôt, avec un cadavre à ses côtés. Elle essuie une attaque, parvient à s'échapper de ce centre où elle était, semble-t-il, retenue prisonnière depuis une semaine, mais sous l'effet de la drogue, elle ne se rappelle rien, sinon d'avoir été violée ! (sic) 
Page 50, Riley s'envoie en l'air avec un cheval. Oui, déjà.
Quoi, un cheval ?
En fait, un métamorphe. Il s'appelle Kade, lui aussi était retenu contre son gré dans ce laboratoire et compte bien se venger des traitements infligés. 
A ce stade, il faut donc savoir que notre héroïne n'a pas du tout changé et considère le sexe comme une absolue nécessité dans sa vie. Elle le répète tant et tant de fois, pfiou, c'est parce que nous réagissons avec notre sensibilité humaine que nous n'y comprenons rien. En gros. 
C'est un peu le cas de Quinn, aussi. Notre vampire sexy est de retour. Yeah. Il a bien tenté d'oublier Riley, mais impossible, il l'a dans la peau. Il la veut, toujours, mais veut surtout une relation exclusive. Et il demande ça à une louve nymphomane, le pauvre, il n'a rien compris et il va souffrir. (D'ailleurs, il affiche principalement une mine contrite et désespérée dans ce tome. J'étais à cran, gniii. Il en bave, Riley mérite les pires insultes...)
Autant j'avais pu excuser l'attitude de Riley dans le tome 1, du fait de la fièvre lunaire, autant cette fois j'ai failli craquer face aux scènes de sexe trop nombreuses, souvent inappropriées et décrites en des termes de violence et de passion sauvage. Trop, c'est trop. 
C'est finalement parce que l'intrigue autour est bien ficelée que j'aime cette série. L'étau se resserre autour du grand stratège qui se planque derrière les manipulations génétiques, probablement le tome suivant fera tomber les masques. En attendant, j'espère que Riley aura fait du tri dans son harem et qu'elle évitera de répéter, comme pour se convaincre elle-même, que le sexe est une danse sensuelle absolument complémentaire à sa façon de vivre, qu'il n'est pas né celui qui la fera tout arrêter, sauf si elle rencontre son âme soeur (alors là, j'attends de voir !). J'en viendrais presque à quémander un peu de sentiments romantiques, pour changer...

Le Baiser du Mal (Riley Jenson #2) - Keri Arthur 
Milady, 2010. Traduit de l'anglais par Lorène Lenoir 

 

19/09/11

"Interesting shade #23 Lush Golden Blonde highlights. Heyyyyyy.... The woman in the awful suit was me! "

Undead

En septembre, quand tu entends la grive chanter, cherche la maison pour t'abriter ou du bois pour te chauffer. Traduction pour moi : il est temps de me réfugier avec un bouquin "qui vide la tête" (parce que trop de gris dans le ciel et de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau de là-haut...). C'est chose faite avec MaryJanice Davidson et sa série absolument désopilante !

Undead and Unwed nous raconte l'aventure croquignolesque de Liz Taylor, sans rire, qui en une semaine perd son job, est renversée par une voiture, meurt en se fracassant contre un arbre, se réveille à la morgue, se découvre vampire, et pas n'importe quel vampire, puisqu'elle serait reine ! Dans la foulée, la miss développe des pouvoirs hors du commun, se moque d'un chef de clan et récolte une guerre ouverte, mais refuse de s'allier à un beau gosse au comportement arrogant et redoutablement protecteur. Tout ça en une semaine, oui vraiment, chapeau ! 

Je ne vais pas tourner autour du pot, il n'y a strictement rien à dire sur cette lecture, c'est drôle et divertissant, ça s'arrête là. L'héroïne est un peu cruche mais se défend bien, le potentiel masculin est, lui, tout simplement irrésistible, ça cabriole dans le ventre (et pas seulement), je vous jure... j'en glousse bêtement rien que d'y repenser. L'histoire se lit très vite, il y a toute une brochette de personnages secondaires très attachants, je n'ai qu'une hâte : me procurer la suite pour retrouver tout ce petit monde et prendre du plaisir à découvrir cet univers, qui usurpe les codes de la chick-lit et qui s'en moque aussi, c'est très bien fait, pas lourd du tout, après c'est une question de goût. Pour ma part, c'était pile poil le rendez-vous du moment. Du léger et un sourire banane, merci, au revoir.

Undead and Unwed - MaryJanice Davidson smileyc002
Published March 2004 by Berkley (Berkley Sensation) - DISPONIBLE EN VF.

LUENVOLu en VO - 35

"Oh my God", Marc rhapsodized. "Who is that ?" 
"An asshole," I mumbled, turning back to him and picking up my tea. I was so rattled I sloshed some of the hot liquid on my hand, but I didn't feel a thing. 
"He's coming over here !" Marc squealed. "Oh my God, oh my God, ohmyGod!" 
"Will you get a hold of yourself?" I hissed. "You sound like a girl with a crush. Ah-ha !"

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25/07/11

"Oh my God! I'm crushing an angel. Let me up!"

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Elena est une chasseuse de vampires, dans le sens où elle traque les plus récalcitrants sur ordre de mission de la Guilde, généralement sous contrat avec les Anges, lesquels sont également les créateurs des buveurs de sang. A aucun moment elle ne tue. Elle est la meilleure de son service, ce qui lui offre une opportunité en béton : décrocher le pactole si elle parvient à mettre la main sur un Archange devenu fou et qui sème le chaos. 
Pour cela, elle doit aussi composer avec Raphaël, son nouvel employeur au charme dévastateur, qui décrète qu'elle est sienne et qu'elle finira dans son lit. Youplaboum. Je vous passe les détails sur le langage fleuri du monsieur, les remarques pleines de délicatesse, tout en finesse, et l'opération de séduction subtile et sobre à laquelle il s'adonne... 
Argh, non franchement, n'en jetez plus, la coupe est pleine ! J'ai trouvé ça insupportablement grossier. L'attitude abusive du mâle m'a fait sortir de mes gonds, je sais que la pratique est courante dans cette littérature, mais cette fois je n'ai vraiment pas adhéré. C'est d'un vulgaire, sans tact et sans attrait à mon goût. Quelle déception.

Le Sang des Anges (Chasseuse de Vampires #1)) - Nalini Singh
J'ai Lu, 2011. Traduit par Luce Michel. 

"I've never heard a man's cock described as a fang before...." 
"Fang, cock.... It's all sexual to a vampire." 
"But not to an angel. My cock serves a highly specific purpose." 

Subtil, je vous dis... :/


17/06/11

"People talk about nature as a mother, but to me she's always been Medea, ready and willing to slaughter her children."

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Premier tome d'une série qui s'annonce originale, riche, instructive et ... addictive !
Joanne est au volant de sa voiture et fuit la Floride pour retrouver Lewis. Qui est Lewis ? (Un ancien copain de formation.) Pourquoi se sauve-t-elle ? (Elle serait suspectée de meurtre.) Cela démarre sur les chapeaux de roue ! Toutefois, ne vous emballez pas, car l'histoire se dessine progressivement, par flashbacks essentiellement. Et c'est donc petit à petit que l'intrigue prend forme, de quoi chatouiller ma curiosité, mais c'est un procédé efficace car je ne suis pas mécontente de ce qui se dévoile.
L'univers de Rachel Caine est nouveau - il est question de gardiens des éléments (eau, ciel, terre, feu), d'hommes et de femmes chargés de contrôler les caprices de Mère Nature, qui chercherait à anéantir l'humanité. Joanne fait donc partie de cette organisation, elle possède de sacrés pouvoirs, ce qui finalement ne lui attire que des ennuis !
Je ne vous résume pas son histoire, après tout c'est encore mieux de la découvrir par soi-même. Quoi qu'il en soit, c'est prenant et perpétuellement alimenté en nouvelles indications qui donnent l'impression que le rythme est trépidant. Joanne est une héroïne avec laquelle il est impossible de s'ennuyer - elle jure, elle peste, elle rage, elle s'emporte, elle est facilement incontrôlable, elle n'est pas idiote, elle panique à juste titre, elle se pâme aussi pour les beaux garçons et elle aime les voitures de course...
En chemin, elle rencontre un auto-stoppeur aussi. Soupirs.
C'est juste un peu sexy sans être vulgaire, et c'est très bien. La fin aussi est pertinente, elle annonce un deuxième tome qui s'engage sur un sujet déjà aperçu entre ces pages, et qui promet d'être captivant. Globalement, c'est vraiment différent des autres lectures "fantastiques" du moment (et, à mon goût, meilleur que la série des Morganville Vampires de la même Rachel Caine).

La Maîtresse du Vent (Les gardiens des éléments #1) - Rachel Caine
Editions Eclipse, 2010 - 347 pages.
traduit de l'américain par Marianne Audouard

Note concernant l'édition française : les pages du livre se décollent ! C'est décevant.

MERCI ANNE !

26/01/11

Apprendre à danser sur les flots lumineux du Pays profond

IMG_2288Le hic, avec la collection Soon chez Syros, réside dans le choix des couvertures (souvent space et peu accessible). Car au-delà de ça, la lecture vous prend par la main et ne vous lâche plus. C'est l'histoire d'un ado de quinze ans, rebelle et insupportable, qui commet une grosse bêtise et qui est envoyé à l'autre bout du monde pour accomplir des travaux d'intérêt général. Bon, le seul détail ici, c'est qu'on ne se balade pas en avion ou en car pour aller d'un point à l'autre, on prend une navette (spatiale) pour rejoindre une planète classée No Access. Adieu la société vendue à l'ère de la haute technologie, bonjour l'authentique, le vrai, le pur. Malheureusement la navette de Nash explose en plein vol, le garçon est le seul survivant, il est sauvé par Burril, un type bourru qui vit dans les montagnes avec ses lamânes (des créatures hybrides). Le garçon découvre un nouveau monde, il est passablement écoeuré, tout est trop sauvage, sale, archaïque. Il veut rentrer chez lui, prévenir sa mère, il n'a plus goût à l'aventure, il veut du concret.
Petit à petit, les choses s'améliorent. Nash tombe amoureux, il s'acclimate à sa nouvelle vie, les espaces montagnards le fascinent. De plus, les secrets que renferment ces régions le titillent. Il voudrait en savoir plus, devenir un Vogueur, comprendre le Pays profond, sauver cette planète menacée par des Marmoos... Bref, l'histoire se révèle captivante, un brin poétique (suite aux références du Bateau Ivre et des rêves rouges) et picturale (les tableaux de Magritte et William Turner ont inspiré les décors, c'est fascinant !). L'aventure accorde son pas à cet hymne écologique et humaniste. J'ai beaucoup aimé, ressenti même un pincement de coeur à la fin. Loïc Le Borgne est définitivement un très bon romancier ! (Lisez le très flippant
Je suis ta nuit pour vous en convaincre.)

Le bout du monde - Loïc Le Borgne
Syros, coll. Soon (2010) - 338 pages - 16,20€
illustration : Stéphanie Hans

Et la chanson de Sammy Decoster qui colle merveilleusement au cadre et à l'ambiance...  (à quand son prochain album !?!!!)

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29/12/10

"You'd tell the world what your best friend wore to sleep if you thought it made a good enough story."

IMG_1770Parce que j'aime beaucoup sa série avec Mercy Thompson, j'ai été tentée de découvrir un des premiers ouvrages de Patricia Briggs, Le Pacte du Hob, initialement édité en 2001. Mais quelle déception. L'univers est austère, je n'ai pas du tout adhéré. J'ai bien aimé la complicité entre Aren et Caëfann, il y a un peu d'humour, pas mal d'action et tout ça sur le dos de la magie hautement prohibée. Aren, justement, possède la vue et le révèle aux gens de son village, afin de les aider à combattre les attaques des maraudeurs (qui ont déjà fauché la vie de son époux et de ses proches). Aren prend un gros risque en s'exposant, mais elle est comme ça. C'est courageux. Et puis, elle accepte aussi de se donner au Hob, la créature au physique repoussant qui vit en harmonie avec la Montagne, elle se dévoue pour mieux protéger des gens qui n'en ont rien à faire de sa personne. J'aurais aimé me laisser convaincre, toucher, entraîner par cette histoire, hélas je suis restée aux portes de l'intrigue. C'est un ouvrage qui souffre de maladresses (l'absence d'émotions chez Aren, notamment, rend la jeune femme distante et peu charismatique), et je n'ai pas été particulièrement emballée par cette proposition d'univers. Dommage.
Et je reste fidèle à Mercy !

L'Atalante (2010) - 317 pages. Traduit de l'anglais par Marie Surgers.

babelio

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11/12/10

"I punched to line. "Yes? What?"

J'ai fait une orgie de tomes 1, j'ai tant d'objectif de séries à découvrir qu'il était temps de faire un peu de ménage...

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Kitty Norville est une déesse de la radio, son émission sur les créatures fantastiques est en train de connaître un succès inattendu, ce qui va aussi provoquer pas mal de changements dans sa petite vie. Kitty a été attaquée par un loup-garou quelques années auparavant et porte ce secret comme un poids mort. Elle a beaucoup de mal à accepter son sort, à se plier aux règles de la meute, d'ailleurs mettons les choses au point : si Patricia Briggs et Mercy Thompson offrent une vision virile et dominante, dans les limites d'un certain civisme, Carrie Vaughn a opté pour un point de vue différent. D'abord, aucun coming-out. Loup-garous et vampires vivent dans l'ombre, ils ne s'entendent pas et détestent les brebis galeuses. C'est plutôt rude et violent, je n'ai pas trop aimé. Les rapports sont bruts et sans concession, et quand on n'a pas trop l'habitude, c'est franchement déconcertant.

Bref, l'émission à succès de Kitty est très mal perçue par ses comparses, l'Alpha lui demande même de tout arrêter, pour son bien et pour celui de son espèce. La jeune femme refuse, elle propose alors de lui verser son salaire en échange de pouvoir continuer. Et ce n'est qu'un début... J'ai eu vraiment pitié pour Kitty, c'est une paumée qui a encore bien du mal à accepter le loup qui est en elle, elle a très peu d'amis et se sent étrangère au sein de la meute. Son émission lui donne le sentiment d'exister, même s'il faut pour cela attirer trop d'attention, au risque de déplaire ou de courir de graves dangers. Et ça ne manque pas : il existe désormais un contrat sur sa tête, ce qui la conduit à rencontrer Cormac, le chasseur de lycanthropes. Vouiiii, je vous vois venir. Il est sexy, le Cormac ? Euh... difficile à dire (il a une moustache ! vous le croyez, vous ? je n'aime pas les types à moustache ! désolée). Comme j'ai terriblement envie de vibrer pour le mâle au charme mystérieux et inquiétant, je vais m'emballer. Juste un frémissement d'emballement, en fait. Le problème, c'est que la série ne veut pas donner dans le glamour. C'est un tort, nous sommes bien d'accord ? Aussi, même si je trouve la petite aventure de Kitty Norville intéressante, elle n'est pas non plus terriblement excitante (dans le sens secrètement désiré).

Par contre, bon point pour les émissions de radio de Kitty, qui sont drôles, vives et assez pétillantes, donnant plus de punch à l'héroïne - oui, clairement c'est son créneau et ce job est fait pour elle, ce serait dommage de l'en priver ! Ses premiers coups de fil avec Cormac m'ont bien faire rire. C'est dommage ce qu'il existe au sein de la meute, ces rapports de force un peu trop cash... Cela influence la personnalité de Kitty, la montrant trop vulnérable et déprimée, du coup même l'ambiance du roman prend un sérieux coup de blues. Bof, il me manque la petite étincelle pour aller plus loin.

Existe en VF : Kitty et les ondes de la nuit - Carrie Vaughn

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La série de Rachel Vincent n'a pas suscité de plus vif intérêt. C'est l'histoire de Faythe, une petite vingtaine d'années, étudiante à l'université et ... werecat (là, au moins ça change un peu). Cependant, même si elle a choisi de vivre en marge de sa tribu et de sa famille, elle se rend vite compte que toute liberté ou idée d'indépendance lui est passablement refusée. Du fait de son sexe et de son statut, elle est particulièrement vulnérable. D'autres jeunes femmes werecats ont récemment été enlevées, elle-même vient tout juste d'essuyer une tentative de kidnapping, et c'est alors que réapparaît Marc, le bras droit de son père.

Marc a accessoirement été son amant dans le passé, elle n'est pas enchantée de le revoir, car cela signifie qu'elle a ordre de rentrer à la maison. Elle va tenter de protester, elle va même s'entêter à vouloir prouver qu'elle est capable de s'assumer comme une grande et que les strays (ces werecats qui vivent comme des marginaux) ne lui font pas peur. Non, non, ça ne l'inquiète pas qu'une fille de sa connaissance a été retrouvée torturée et violée et qu'elle est probablement la prochaine sur la liste. Faythe est capricieuse et bornée, à ce stade c'est pénible. (Ha, ha ! La gourde se fera bien avoir par l'ennemi d'ailleurs, je ne spoile pas, c'est censé donner du piment à l'intrigue.)

Le problème, c'est qu'il manque le petit truc qui fait swoush. Et puis je n'aime pas les personnages, ils m'ennuient et ils ne possèdent pas cette flamme nécessaire dans ce genre de lecture (à propos, le couple doit gérer leurs retrouvailles glaciales et effacer les plaies du passé, sauf que l'attitude de Faythe rend l'affaire difficile ; elle sait s'y prendre pour épuiser nos réserves de patience !). Le rythme du roman est également long, trop long.  Bref, je n'ai pas du tout accroché. Comme d'habitude j'ai cherché les spoilers de la série, elle se boucle en 6 tomes et a recours au vieux piège du triangle amoureux dans sa forme la plus vicieuse et classique. Raison de plus, pour moi, de fuir cette série !

Existe en VF : Les griffes de la nuit - Rachel Vincent

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Happy Hour at Casa Dracula est en fait un pur produit de chick lit à la sauce paranormale. Nous avons Milagro de Los Santos, une jeune femme d'origine mexicaine, à qui la vie n'a jamais fait de cadeau. Elle collectionne les petits boulots, vit dans un appartement qui grouille de rats, elle est fâchée avec sa mère et ne parvient pas à faire publier son livre. A part cela, Mil conserve son esprit et son humour malgré le lot d'épreuves qui jalonne son existence.

Lors d'une soirée littéraire, elle tombe nez à nez avec son ex, Sebastian Beckett-Whiterspoon, devenu un auteur à succès et un snobinard arrogant. Ils se querellent quasi aussitôt. De colère, elle accepte de suivre un bel inconnu jusqu'à sa chambre d'hôtel où, par un incontrôlable instinct, le couple échange un baiser passionné, mais aussi un peu de sang (l'un des deux s'est écorché la bouche). Pendant les jours qui vont suivre, Mil se sent complètement groggy, elle revoit également Sebastian qui va la kidnapper et lui annoncer une nouvelle terrible.

Mil a été contaminée par un vampire, ledit Oswald Grant et sa famille seraient activement recherchés par une organisation secrète qui lutte contre les espèces démoniaques (de purs activistes complètement allumés, en fait !) et la jeune femme pourrait servir de pièce maîtresse pour faciliter leur arrestation. La seconde d'après, elle est enlevée par Gabriel, un rouquin dont elle a récemment fait la connaissance, et conduite au ranch de la famille Grant. Vous imaginez l'angoisse ?! Milagro est au bord de la panique, mais elle gère. En fait, les Grant se défendent d'être des vampires, ils souffrent d'un dérèglement génétique (les rendant plus sensibles à la lumière du jour et les contraignant à se nourrir exclusivement avec des aliments de couleur écarlate, non ils ne boivent pas de sang). L'incident entre Oswald et Mil est un cas exceptionnel, car la jeune femme n'aurait pas dû survivre !

A partir de là, la vie de notre héroïne prend des tours et des détours inattendus ! C'est très léger et plutôt drôle. Ce n'est franchement pas le genre de bouquin qu'on cataloguera comme inoubliable, toutefois ça ne fait pas de mal d'en lire de temps en temps. La narratrice est une nana pleine de punch, qui contourne les situations désespérantes grâce à son aplomb et son humour. A côté, Oswald, le potentiel masculin, fait pâle figure. Par contre, j'ai beaucoup aimé sa famille - la grand-mère Edna, en tête ! - et la vie au ranch avec les cowboys en toile de fond. Hmm. (Ce 1er tome est déjà suivi de 3 titres, ** spoilers ** Milagro va se fiancer avec Oswald et rompre avec lui pour les beaux yeux d'un autre vampire, sauf qu'elle s'en mordra les doigts, sera victime d'un incident et tombera amnésique, ce qui peut-être lui permettra de se réconcilier avec son ex !) Voili voilà.

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Passons maintenant à une bombe ... Gentlemen prefer Succubi, de Jill Myles. La couverture, déjà, tout un poème... ahem, et l'histoire n'en est pas moins étonnante. Jackie Brighton, vingt-sept ans, guide dans un musée, un physique passe-partout et une vie toute propre, lisse et sans saveur, est complètement déprimée d'avoir loupé une promotion. Elle se réveille à poil à l'arrière d'un Dumpster, après une nuit d'ivresse dans les bras d'un apollon rencontré dans un bar. Ohmygod. Jackie est sous le choc, mais ce qu'elle va apprendre en recroisant son amant, Noah, dans la rue n'est qu'un modeste avant-goût de ce qui l'attend. En gros, Jackie a été mordue par un vampire, a couché avec un ange déchu et est désormais un succube ! Oh yeah.

La transformation est en cours, la jeune femme a les sens en éveil, les yeux d'un bleu vif, signe que son *Itch* a besoin d'être chatouillé, physiquement sa poitrine a doublé de volume, son corps la démange, son besoin de sexe la tiraille, et à part Noah, elle ne connaît personne d'autre vers qui se tourner - notre Apollon s'exécutera à merveille pour satisfaire ses besoins, ne reculant devant rien, quitte à se réfugier dans le confessionnal d'une église pour répondre au plus pressant ! C'est sans compter les retrouvailles avec son vamp agresseur - Zane, aussi bouillant et sexy que son concurrent. Et vas-y que je m'éclate, à droite et à gauche, copieusement et goulûment, arf. Certes, il y a un soupçon d'intrigue entre deux hautes considérations sexuelles et bassement existentielles, mais je n'en retiens rien du tout. Franchement, je me demande d'où m'est venue mon envie de lire ce roman, est-ce à cause du titre ? Ou parce que je voulais parfaire mon vocabulaire érotique ? Ha ! ha ! je me demande moi-même ce qui me passe par la tête... Mais au moins, je me suis bien amusée.

 

Je commence à saturer, il est temps que je change de registre !

LireEnVo

 

Je booste mon challenge Lire en VO !!!
- 42 ! Oh yeah.

 

06/12/10

Mercy Thompson #4 : La Croix d'Ossements

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Quatrième tome avalé et aussitôt digéré tant il est conforme à ce que j'attendais ! L'histoire est proprement ficelée, les personnages sont et demeurent attachants, c'est un vrai petit monde dans lequel on s'incruste, parce qu'on s'y sent quasiment à l'aise, Mercy est une héroïne qui possède d'énormes atouts, tout en tirant profit de ses défauts (sa propension à se mettre dans des situations catastrophiques, notamment). Et puis, il y a une vraie tension sexuelle, depuis le temps qu'on attendait que ça se décante, et même si le passage à l'acte laisse un goût d'inachevé (voire, de frustration !). Avec Patricia Briggs, c'est "laisse parler ton imagination" !

Pour l'histoire, Mercy est donc de retour chez les vampires. La Reine a découvert que la Changeuse avait tué son Favori, elle lui déclare la guerre en imprimant une croix d'ossements sur la porte de son garage. Qui dit vampire, dit le retour de Stefan, notre fan #1 de Scoubidou. J'aime beaucoup ce vampire au grand coeur, fidèle et loyal, même dans l'adversité. Cela compense l'absence de Warren et Kyle, deux autres personnalités atypiques, que j'affectionne grandement ! Donc, pour éviter une guerre des clans, Mercy s'éloigne en se rendant chez une copine de fac, Amber, qui a sollicité son avis depuis qu'elle pense sa maison hantée. Ce bol d'air ne sera pas qu'une promenade de santé, on s'en doute, les événements qui vont survenir à Spokane donneront lieu à des moments douloureux, flippants et malheureux aussi.

Mercy Thompson devient ainsi une des séries que j'apprécie le plus, alors que les deux premiers tomes m'avaient laissé une impression de "presque bien, mais manque le petit truc pour faire la différence", la série montre donc une qualité qui se peaufine au fil des épisodes, de même qu'une certaine aisance. L'auteur et ses lecteurs se sont bien entendus, et chacun trouve son compte dans cette série, ce qui est un pari difficile mais réussi.

 

Mercy Thompson, tome 4 : La Croix d'Ossements - Patricia Briggs
Milady (2010) - 383 pages - 7€
traduit de l'anglais (USA) par Lorène Lenoir

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