22/11/09

Au Bord de la Tombe ~ Jeaniene Frost

Série : Chasseuse de la Nuit - Tome 1
Milady, label des éditions Bragelonne, 2009 - 505 pages - 8€
traduit de l'anglais (USA) par Frédéric Grut

# I Can Feel A Hot One - Manchester Orchestra

Une chanson tout à fait appropriée à cette lecture ... Hot, hot, hot. Et terriblement grisante. Hmm.

au_bord_de_la_tombeCat est une nana très jolie, étudiante le jour, elle traîne le soir dans les bars minables de l'Ohio. Elle allume les types, pas n'importe lesquels, juste les vampires, qu'elle déteste cordialement. Elle les attire dans un piège avant de les tuer de sang froid. Elle est très douée pour ça, son physique de rousse plantureuse lui vaut bien des égards, mais sa mission lui vient d'une vengeance personnelle (sa mère a été violée une vingtaine d'années plus tôt par un vampire). Et aussi étrange que cela puisse paraître, Cat est née de cette union ! Elle est mi-humaine, mi-vampire. Sa vie n'est pas facile, elle est détestée par ses grand-parents chez qui sa mère et elle ont trouvé refuge, celle-ci d'ailleurs la pousse à tuer plus, toujours plus, et ne la lâche pas une minute, elle craint tellement que sa fille succombe à la partie vampire de son sang, bref elle fait tout pour lui faire détester les créatures de la nuit, elle est même hyper agaçante pour ça, mais bon... Cat est formatée pour la haine et la vengeance, jusqu'à présent son palmarès est impressionnant, elle a aligné les macchabées sans se faire repérer. Cela n'empêche pas la jeune femme de se sentir seule et frustrée parce qu'elle a été abusée par son ancien petit ami, Cat est une héroïne forte en apparence mais vulnérable en fouillant de plus près.

Et puis, elle rencontre Bones. Un vampire qui est aussi chasseur de primes. Elle a prévu de l'envoyer en enfer, mais le type lui a tendu un piège. Le tête-à-tête est explosif ! Une trêve est pourtant conclue lorsque Bones comprend que Cat devient un atout inestimable. Il lui promet de l'aider à retrouver son père en échange elle l'aide à arrêter un vampire qui appartient à l'équivalent de la pègre. Une mission corsée, ardue et pimentée s'annonce. Beaucoup de sensualité, de baston, de provocation gratuite, de scènes olélé sont à prévoir. Et c'est terriblement aguichant ! Mygod, je n'ai pas vu le temps passer.

C'est de la bit-lit convenue et sexy, rien de neuf sous le soleil, mais c'est tout ce qu'on demande à ce genre de lecture ! L'héroïne est au départ une nénette inhibée, qui se révèle finalement une vamp irrésistible et qui n'a pas froid aux yeux, pfiou, quel contraste ! D'un autre côté, Bones est l'archétype du héros impitoyable mais pas méchant, car il oeuvre pour la bonne cause, lui aussi tue des vampires, c'est un monde à part, ni tout blanc, ni tout noir, on le découvre petit à petit, et comme Cat, nos préjugés tombent comme les feuilles des arbres durant l'automne ! L'histoire entre ces deux-là vaut son pesant de cacahuètes, il y a de l'amour, c'est fatal, en même temps je n'ai jamais trouvé que c'était mielleux (ni vulgaire) et la fin échappe même à l'idée que tout conte de fées est possible ! Ouf. Vivement le prochain, j'ai hâte !

En vo, le tome 2 s'intitule One Foot in the Grave.
4 tomes sont actuellement déjà sortis.
Un spin-off sort en 2010 avec le personnage de Spade, le meilleur ami de Bones. ^-^

 

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07/11/09

Orgueil et préjugés et zombies ~ Seth Grahame-Smith

 

 

 

 

 

 

Orgueil_et_pr_juges_et_zombies

Flammarion, 2009 - 317 pages - 17€
traduit de l'anglais par Laurent Bury

« - Elle est tolérable, mais pas assez jolie pour me tenter, et je ne suis pas d'humeur à accorder de l'intérêt aux demoiselles que les autres hommes dédaignent.
Alors que Mr Darcy s'éloignait, Elizabeth sentit son sang se glacer. Jamais de sa vie elle n'avait été insultée de la sorte. Le code des guerriers exigeait qu'elle vengeât son honneur. En veillant à ne pas attirer l'attention, Elizabeth baissa la main jusqu'à sa cheville, où elle trouva la dague qu'elle dissimulait sous sa robe. Elle avait l'intention de suivre cet orgueilleux Mr Darcy à l'extérieur et de lui trancher la gorge.
Cependant, à peine avait-elle saisi la poignée de son arme que la salle se remplit d'un choeur de hurlements, aussitôt accompagnés d'un bris de vitres. Des innommables se répandirent dans la pièce, avec des mouvements gauches mais rapides ; les habits dans lesquels ils avaient été inhumés illustraient toutes les formes de désordre possibles. Certains portaient des robes en lambeaux, si bien que leur nudité en était scandaleuse ; d'autres, des costumes si crasseux qu'on les aurait crus faits de terre et de sang séché. Leur chair présentait des degrés divers de putréfaction ; chez ceux qui venaient de trépasser, elle était souple et légèrement verdâtre, alors que chez ceux dont la mort remontait à plus longtemps, elle était grise et friable. Leurs yeux et leur langue étaient de longue date tombés en poussière, et leurs lèvres se retroussaient en un perpétuel sourire de squelette.
Quelques-uns des invités, qui avaient la malchance de se trouver près des fenêtres, furent aussitôt capturés pour être dévorés. Lorsque Elizabeth se redressa, elle vit Mrs Long tenter de se dégager alors que deux monstres femelles lui mordaient la tête. Le crâne craqua comme une noix et projeta des éclaboussures de sang noir jusqu'aux lustres.
Tandis que les invités fuyaient en tous sens, la voix de Mr Bennet retentit à travers le vacarme.
- Mesdemoiselles ! Pentagramme de la Mort !
Elizabeth rejoignit aussitôt ses quatre soeurs, Jane, Mary, Catherine et Lydia, au centre de la pièce. Chacune des filles détacha un poignard de sa cheville et elles se disposèrent de manière à former les cinq branches d'une étoile, puis s'avancèrent simultanément. Chacun brandissait d'une main un poignard tranchant comme un rasoir, l'autre main pudiquement rangée dans le dos.
D'un angle de la salle, Mr Darcy regarda Elizabeth et ses soeurs progresser vers les murs, décapitant zombie après zombie sur leur passage. Il ne connaissait qu'une seule autre femme dans toute l'Angleterre qui maniait le poignard avec autant d'habileté, avec autant de grâce et avec la même précision mortelle.
Lorsque les filles atteignirent les murs de la pièce, le dernier des innommables gisait au sol, inerte.
En dehors de cette attaque, la soirée se déroula agréablement pour toute la famille.
(...)
»

Orgueil_et_pr_juges_et_zombies_de_Seth_Grahame_Smith

Une farce, ce roman !
Pas le temps d'avoir une petite pensée pour Jane Austen, ou tout juste, qui doit se retourner dans sa tombe. Cette parodie est à prendre à la légère, l'intrigue de base est la même que l'oeuvre originale (Orgueil et Préjugés) mais cette fois le Hertfordshire est ravagé par un terrible fléau : des attaques de zombies. M. Bennet ne gamberge plus dans son bureau, parmi ses livres poussiéreux, il a le souci de veiller à la défense de sa maison et passe son temps à aiguiser son poignard, nettoyer son mousquet et entraîner sa progéniture. Les filles Bennet sont des fines mouches, elles constituent l'armée de faction (en jupons et dentelles) à Longbourn et ses environs (elles ont même suivi un entraînement intensif dans l'art du combat à mort !).
Netherfield Park accueille ses nouveaux locataires, soit M. Bingley et toute la clique londonienne, dont le très orgueilleux Darcy. Vous l'avez compris, 85 pour cent du texte original ont été préservés, Grahame-Smith s'est ensuite contenté de fondre son grabuge du zombie ultraviolent pour un roman au-delà de toute morale. Les puristes crieront au scandale, les autres lecteurs penseront juste que c'est à prendre au second degré !
Car c'est effectivement cocasse, absurde, grand-guignolesque, invraisemblable, terrifiant et ridicule. Et pourtant, ce n'est pas totalement mauvais non plus, sauf si vous n'aimez pas les zombies et ce qui s'apparente à de la comédie très gore ! 
Pour ma part, j'ai ricané. J'ai franchement passé un bon moment, en reconnaissant que c'était osé, maladroit, en perte de vitesse au fil des pages et proche du sacrilège.
Ce livre de Grahame-Smith n'a aucune prétention, l'auteur a d'ailleurs de l'humour puisqu'il se présente lui-même comme un écrivain et scénariste américain qui ne s'est jamais remis de la lecture de Jane Austen ! Bien sûr, son délire littéraire est voué à l'oubli, en attendant il est bon de rire...
Et c'est à souhaiter que les lecteurs qui trouveront ce livre, sans connaître l'original, auront l'envie de découvrir la véritable pépite sans attendre ! 

 

> l'avis d'Isil

D'autres facéties sont à craindre pour la suite :  Sense and Sensibility and Sea Monsters ;  Mansfield Park and Mummies ... Et  un prequel à Pride and Prejudice and Zombies va paraître en mars 2010 sous le titre de Dawn of the dreadfuls, où Liz Bennet devient cette stupéfiante tueuse de zombies qu'on connaît.
Les Janeites sont sous le choc !  :o)

 

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30/10/09

Fièvre Noire ~ Karen Marie Moning

J'ai Lu semi-poche, 2009 - 410 pages - 12€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliers
titre vo : Darkfever

fievre_noireAu commencement, MacKayla est une jeune américaine d'une vingtaine d'années, au physique de poupée barbie, qui mène une existence idyllique et sans nuage. Ses parents sont en croisière, sa soeur aînée est en voyage d'études à Dublin et la demoiselle paresse au bord de la piscine en écoutant son ipod.
Le chapitre suivant, c'est le drame.
La police irlandaise lui apprend l'assassinat d'Alina, probablement livrée aux griffes d'un psychopathe. L'enquête piétine, avant d'être bouclée moins d'un mois après le crime. La famille Lane est dévastée, MacKayla prend aussitôt la décision de partir pour enquêter sur le terrain et découvrir les circonstances affreuses du meurtre de sa soeur.
Alina semble en effet avoir basculé dans des affaires louches, lorsque MacKayla découvre les derniers messages laissés sur son répondeur de téléphone portable, sa soeur lui fait part d'informations obscures et sans queue ni tête. MacKayla fonce bille en tête, débarque dans une ville inconnue, totalement livrée au fog qui lui fait perdre tout sens d'orientation. Et sur place, la jeune femme est horrifiée par ce qu'elle VOIT. Des visions qu'elle seule semble avoir le pouvoir. Une vérité horrible et oppressante qu'elle refuse farouchement de croire.
En chemin, elle fait la connaissance de Jéricho Barrons, libraire et bibliophile, un beau brun ténébreux, macho et goujat, qui lui secoue les puces en lui ordonnant de rentrer au pays, pauvre petite agnelle qu'elle est, à se jeter dans la fosse aux loups affamés.
Et ce n'est pas qu'une image, car la suite promet des révélations toutes plus sordides et mortifiantes les unes que les autres !

Fever est une série qui connaît un gros succès aux USA, et je peux vous assurer que c'est mérité. Fièvre Noire (ou Darkfever), le premier tome, nous fait découvrir des personnages attachants et agaçants à la fois, avec une MacKayla Lane particulièrement superficielle et idiote dans la toute première partie de ce livre, même si on reconnaît en son for intérieur qu'on ne serait probablement pas plus brillante qu'elle dans de pareilles conditions ! Heureusement, son personnage s'étoffe au fil des pages et passe de la blonde bimbo à une créature plus racée et plus mature aussi. Tout n'est pas gagné non plus, cela participe à la légèreté de la lecture et c'est appréciable.
Car Fièvre Noire est une lecture facile, agréable et distrayante, où l'on passe du rose au noir en toute impunité, sans ciller. Karen Marie Moning nous fait en effet pénétrer un monde obscur peuplé de faës et autres créatures délicieuses (ahem, ahem) avec une facilité qui ne nous laisse guère le temps d'être décoiffés ! Personnellement cela me convient tout à fait, car je déteste me triturer les méninges pour comprendre les intentions de l'auteur.
Bref, on ne fait pas que broyer du noir non plus... il y a aussi de la sensualité et un zest d'érotisme, entre MacKayla et le sombre Barrons, par exemple, l'antagonisme est évident, cela provoque des étincelles, les échanges verbaux sont cinglants, mais dans le même temps il y a un truc comme une attirance physique pas bien définie, et là encore, c'est tant mieux car cela va permettre à l'histoire de mieux se développer (on ne peut pas tout avoir sur un plateau non plus, ce serait lassant).
Ah, et il y a aussi un autre personnage (que je ne nommerai pas) et dont la fonction est d'être dotée d'une telle puissance sexuelle qu'il tue toute humaine avec qui il a des relations, à moins qu'il ne décide de la protéger de son érotisme mortel. Hiiiii ! La rencontre m'a bien fait rire, c'est un passage hallucinant et cocasse. Vivement la suite ! 

Hélas, préalablement annoncé en octobre 2009, le tome 2 (Fièvre rouge) sortira finalement en février 2010. Grrrr. Du coup, j'ai commandé Bloodfever en anglais.  :p

> Trillian aussi s'est prise au jeu !

edit du 31/10 :

je viens de trouver sur Only simple things un cliché qui illustre parfaitement l'idée que je me fais de la librairie-refuge de Jéricho Barrons ...

fievre_noire_librairie

(cliquez sur l'image pour voir en plus grand !)

Free Darkfever Download

Darkfever, the first book in Karen Marie Moning's Fever series is now available for free download. Go to Suvudu site for more information.

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05/08/09

Plaisirs coupables ~ Laurell K. Hamilton

Fleuve Noir, 2002 / repris par Bragelonne, coll. Milady, 2009 - 380 pages - 7,00€
Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Troin

plaisirs_coupables2C'est étrange comment j'ai pu traîner pour lire ce livre, il y a quelques mois j'avais lu une centaine de pages, avant de le mettre de côté, pensant le reprendre très vite, mais le temps a filé et ce n'est que dernièrement que j'ai terminé à petites doses ce premier tome de la série d'Anita Blake, la tueuse de vampires (non, ce n'est pas Buffy !). Laurell K. Hamilton est pionnière dans le secteur de la bit-lit, elle ne doit rien à personne, ou les autres lui doivent tout. Nous aussi, lecteurs humbles et avides de sensations.
Quand j'étais plongée dans ma transe Twilightienne, j'ai un peu cherché des séries du même goût et tous les avis renvoyaient vers Anita Blake, une héroïne pas forcément sexy mais pas mal attirante dans son genre, c'est une GI Jane des quartiers glauques, à faire sa loi chez les vampires, les goules, les lycanthropes et les zombies. Autant vous dire que c'est une nana décidée, au caractère bien trempé et qu'il ne faut surtout pas lui marcher sur les pieds ! Toutefois, elle fait aussi preuve de sensibilité, n'est pas avare d'humour et regrette souvent de mener cette vie difficile et impitoyable.
Anita en fait encore tristement les frais dans cet ouvrage. De force, elle vient d'être embauchée par ses ennemis de toujours - les vampires - pour trouver le tueur en série qui s'en prend à leur communauté. Le loup dans la bergerie, pourrait-on croire. Mais c'est beaucoup plus compliqué, car Anita n'a pas le droit à l'erreur, le maître de la ville a parfaitement su la manipuler, même si un certain Jean-Claude, charmant vampire au pouvoir troublant, veille sur elle.
Que dire ? S'il avait fallu se fier au titre et à la couverture, je serais en droit de réclamer un remboursement. Ce tome 1 n'est point sulfureux. Mais alors, pas du tout. C'est beaucoup plus sombre, plus oppressant, plus vif dans l'action, plus violent aussi. Il y a du sang partout, de la baston, ce n'est vraiment pas pour les mauviettes, et Anita cultive son attitude de superhéroïne qui ne craint rien ni personne, au risque de nous la rendre un vrai phénomène de foire. Ceci étant, j'ai aimé. Anita a beau juré qu'elle ne sort pas avec les vampires, qu'elle les tue, point à la ligne. L'attirance entre Jean-Claude et elle annonce de prochaines scènes un brin plus torrides que dans ce tome 1, totalement exempt en la matière (je ronge mon frein !).
Verdict : Une série pas du tout girly, qui demande patience et indulgence, à la suite de quoi le lecteur sera probablement accro. 

lire, aussi, l'avis de Francesca

 

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02/08/09

Succubus Blues ~ Richelle Mead

Bragelonne, 2009 - 380 pages - 20€
Traduit de l'anglais (USA) par Benoît Domis

succubus_bluesJ'ignorais tout de la signification du mot succube, entendez : un démon qui prend l'apparence d'une femme pour avoir des relations sexuelles avec un mortel. Ha-ha. Ma curiosité a toutefois été titillée, ça et le fait que l'histoire se passe dans un monde autour des livres ... j'étais cliente !  
Georgina Kincaid, l'héroïne, travaille dans une librairie. Elle est succube mais déteste ça. Ses réflexions et ses attitudes s'attachent plus à celles d'une humaine, jusqu'à son apparence, irréprochable de séduction, qui fait tourner la tête à tous les hommes sur son passage.
Cela commence par sa rencontre avec son auteur préféré, Seth Mortensen, qui se révèle sous un jour nouveau. Beaucoup moins brillant qu'à l'écrit, l'homme est un introverti peu sûr de lui, fasciné par la belle Georgina, pourtant il recule plus souvent qu'il n'entreprend. Mais il faut souvent se méfier de l'eau qui dort ! 
C'est Roman Smith, un type croisé entre les rayons de la librairie, qui rendra Georgina fébrile d'excitation rien qu'à sa vue. Il est beau, il est sexy, il est charmant, il est culotté. Il est le fruit défendu. Georgina se fait violence de ne pas succomber, car elle connaît les conséquences, aussi elle se retient, souffre et devient folle de désir, en dépit des nombreuses barrières qu'elle s'impose.
Des scènes d'intensité érotique sont à prévoir ! Vraiment, un régal.
Bref, toute cette histoire ne se cantonne pas à des aventures sentimentales d'un succube qui regrette son pacte avec le diable. En fait, Seattle voit surgir un tueur en série qui s'en prend à la communauté des immortels, dont fait partie Georgina. Le petit groupe se concerte, cherche des solutions, malgré les imprécations sévères de l'archidémon Jérôme et de l'ange Carter qui souhaiteraient mettre leur troupe à l'abri.
Sur ce plan, l'auteur cherche à brouiller les pistes, j'ai joué le jeu durant un temps mais j'ai clairement vu venir le fin mot de l'histoire. Ceci n'a nullement gâché mon plaisir, j'admets, j'étais accrochée aux pages de mon livre. Au début j'étais étonnée du manque d'action et du côté plan-plan de l'intrigue. Des démons et des vampires mènent une vie ordinaire, se fondent dans la masse, côtoient des anges en toute impunité, et jamais ne démontrent l'étendue de leurs pouvoirs machiavéliques, tiens donc ! C'est dire combien cette lecture s'appuie sur d'autres sensations, plus sensuelles et érotiques, mêlant crûment les fantasmes et le sexe.
N'est-ce pas terriblement affriolant ?
Verdict sans appel : La lecture est rapide, distrayante, surprenante et très sexy !
Le tome 2 "Succubus Nights" est déjà disponible en français. Yapluka !

En savoir plus sur Georgina Kincaid, sur le blog de l'éditeur et sur Facebook

illustration de couverture : Jean-Sébastien Rossbach

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24/07/09

Vamp in Love ~ Kimberly Raye

Fleuve Noir, 2009 - 370 pages / 14,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Christine Barbaste

vamp_in_loveLilliana Marchette (ses amis l'appellent Lil) est une vampirette célibataire, sexy, branchée et dotée d'un indéniable flair en matière d'accessoires (les chaussures griffées, plus particulièrement). Elle vient de créer en plein Manhattan la première agence de rencontres pour vampires. Or, en dépit de ses talents d'entremetteuse, l'agence Vamp'n Love a du mal à décoller.
Dans la foulée, Lil fait la connaissance d'un séduisant chasseur de primes, Ty Bonner, qui est - hélas pour elle - un récent mordu. La demoiselle appartient à la branche des vampires héréditaires, les snobs, et elle ne peut décemment guère envisager de s'abaisser à une caste inférieure.  C'est interdit. 
Comble de malchance, le type a toute la panoplie du cow-boy éclatant de virilité (stetson noir, manteau en cuir qui frotte le sol, jean noir et bottes noires patinées). Il est en ville sur les traces d'un serial-killer, mais très franchement, on s'en contrefiche un peu, l'enquête est cocasse et sympathique, or tout ce qui compte ne se raconte pas, ça se vit, ou ça se lit, entre le cow-boy et la belle. "Il est supersexy. D'une façon sauvage, primitive. Il avait les cheveux bruns mi-longs, une mâchoire carrée ombrée d'une barbe naissante, et des yeux bleus. Mais pas n'importe quel bleu : un bleu fluo, si vif et si intense que, lorsque nos regards se sont croisés, j'aurais pu jurer entendre bourdonner un néon. Certes, le bourdonnement pouvait provenir de mes hormones de vampirette frustrée, qui tendent à s'emballer à la vue de trop de testotérone".
C'est vous dire l'intérêt de ce livre ! Nul. Mais tant pis, je n'allais pas me priver et j'ai croqué avec délices ce fruit défendu. Je me suis prise sincèrement au jeu et j'ai beaucoup apprécié cette lecture, pour le côté sexy et branché, la vampirette très bavarde et irrésistiblement drôle, souvent en train de se débattre avec les lubies de sa mère qui cherche à la caser à tout prix, ou parce qu'elle est fatalement attirée par ce Ty Bonner, qui est beau, qui sent bon le sable chaud, mon légionnaire, oups. N'en jetez plus, la coupe est pleine.
Voici le premier livre d'une série plaisante, agréable à lire, qui raconte les aventures délirantes d'une vampirette qui aime porter le rose et qui sent la barbe à papa (aucun lien de cause à effet). C'est simple, facile, bourré d'énergie. Et j'aime ça. (C'est bon, la honte !)
Une série TV est en préparation pour ABC, la chaîne américaine.

http://www.kimberlyraye.net/

Couverture illustrée par Muriel Bouret

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02/01/09

Les chroniques de Khëradön 1. L'éveil du roi - Chris Debien

518JQioa9HL__SS500_A Everlaine, capitale des Terres tranquilles, le couple royal, Hazel et Adön, vit des heures sombres. La reine se meurt, épuisée par un accouchement interminable. Son époux aux abois prend une décision radicale, qui outre-passe ses convictions profondes, en acceptant de faire intervenir la magie noire. Le pire se produit, mais un fils naît. L'hériter Luther Khëradön.

Huit ans vont passer, le garçon assiste à la mort violente de son père et est élevé en retrait du pouvoir, sous la tutelle d'un magicien sage et puissant, Arax. C'est Kharän, un autre mage, qui assure la régence. Celui-ci prône une magie de l'éclat, en totale opposition avec les idées d'Arax, le fidèle de Luther. Ce dernier grandit donc en chérissant l'idée du partage, de la combinaison des magies, mais il est bien seul à penser ainsi. D'abord, parmi ses proches et ses partisans. Puis, au large du royaume, sur d'autres territoires, les mouvements de protestation grondent. La jalousie, la colère et les complots grossissent de toutes parts.

Luther, âgé d'une vingtaine d'années, est à son tour victime d'une tentative d'assassinat. L'épée de sa lignée est brisée, et le jeune homme va être frappé d'une inexplicable léthargie.

Aucun remède ne semble exister pour le sauver. Les fidèles protègent l'héritier du trône, pour maintenir un semblant de paix, laquelle est de plus en plus fragilisée. Dans l'ombre, la voluptueuse Maë est convoquée pour accomplir des miracles, sans se douter que le souverain est en train de tomber amoureux d'elle. Et la menace s'envole, par miracle. Mais les conséquences sur Luther sont profondes, marquantes et obligent le jeune homme à porter un masque en cuir.

Les Terres tranquilles sont totalement ravagées. Les disparitions mystérieuses du jeune roi, les attaques successives pour le supprimer, les trahisons des alliés et la montée en puissance d'une force occulte poussent Luther à prendre les armes pour sauver son statut. Une grande bataille l'attend, qui dépassera de très loin ce à quoi il avait été préparé.

**********

De la fantasy, moi j'avoue que j'en lis très peu. Ou pas assez. Ce n'est pas par faute de goût, mais par timidité. J'hésite, même si les résumés me tentent souvent. J'ai toujours peur de m'embarquer dans des mondes impossibles, à suivre des personnages qui portent des noms à coucher dehors, à devoir me concentrer pour recouper les relations entre les différents clans, bref j'ai une idée un peu usurpée de la fantasy... Mea culpa.

Ce premier tome d'une trilogie est en fait assez surprenant : tout de suite il accapare notre attention, il a une écriture vive et un rythme haletant. L'ambiance est cependant assez sombre, oppressante, faite d'apparitions glauques, de magies spectaculaires, de peuples bigarrés aux physiques repoussants. Et le combat est présent, la guerre menaçante, les affrontements sans répit, le sang dégoulinant... Le lecteur a une idée précise et peu appétissante du tableau, il faut mettre de côté sa sensibilité exacerbée, pas de place ici pour l'atermoiement.

D'après le peu que j'en sais, sur la fantasy et ses remèdes, j'ai senti que ce roman n'offrait rien d'original dans le décor et restait très traditionnel avec des héros valeureux, des femmes au charme redoutable, de la sensualité qui frise en marge, de la magie étincellante, des communautés diverses, des méchants, des gentils, du souffle épique... et j'en passe. Cela se laisse découvrir, même si la lecture ne révolutionnera pas votre culture dans ce domaine.

J'ai particulièrement aimé l'élan dramatique, le retournement des situations, les intrigues et les faux amis, la conspiration, la duperie et en même temps j'ai failli me lasser de cette atmosphère de cataclysme persistant. C'est très noir, de plus en plus poisseux. Je n'étais pas mécontente d'en sortir. Bizarre, n'est-ce pas ? J'avais besoin de me noyer pendant un temps, de me perdre dans d'autres dimensions mais il a fallu que je me sauve du marasme. Parce que, ça devenait usant.

Je présume que l'auteur nous réserve d'autres surprises, car il a su introduire des éléments - comme des nouveaux personnages - qui vont prendre leur importance pour la suite des aventures. J'avoue, je suis curieuse de connaître leur évolution...

Hachette, 2008 - 384 pages - 18€
Illustrations de Pascal Quidault

Un blog : http://kheradon.skyrock.com/

C'est grâce à Babelio et aux éditions Hachette que j'ai découvert ce livre.

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24/11/08

Le Testament de Stone - Celia Rees

Très, très étrange roman que voilà.
Un coup d'oeil sur l'énigmatique présentation de l'éditeur : Une statue qui pleure, un crucifix qui saigne... Sur tous les continents, d'étranges événements laissent présager la fin du monde. Le compte à rebours a commencé !
Zillah, Adam et Kris. Depuis la nuit des temps, leur destin semble être lié. Aujourd'hui, ils sont les seuls à pouvoir combattre les forces du mal... Sauront-ils survivre en pleine apocalypse pour sauver l'humanité ?
Ceci est bien mystérieux et cela n'éclaire pas tellement notre lanterne. Je vous l'accorde !

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L'histoire nous promène dans les temps anciens et les temps futurs, dans un Londres du début du 20ème siècle et celui de nos jours. On y parle d'Apocalypse, d'enfants capables de sauver notre monde et de bonds dans le passé pour résoudre le présent...

Trois enfants - trois orphelins - sont amenés à se rencontrer, après bien des embûches et des secrets de famille qui peuvent éclater en pleine figure. Ils se croisent dans un hôpital et les galeries souterraines de la capitale anglaise, seront aidés par une Mama Célestine et un clochard prénommé Bram, tout deux ont un passé mystérieux et ne sont pas ce qu'ils prétendent être. Mais des ennemis sont aux trousses des enfants, en plus de la mission qu'ils sont appelés à accomplir.

La suite est déconcertante, tout comme l'ensemble se révèle brillant mais déroutant. Plusieurs fois, il a fallu que je revienne sur les quelques pages déjà lues. Je suis néanmoins venue au bout du roman, pas péniblement, parce que j'avais été gagnée par cette part de mystère judicieusement distillée. Le roman est captivant, dans le fond, un peu construit comme un thriller. Et puis se mêle un parfum de fantasy assez sombre, où on retrouve des vérités reconnues, des fantasmagories populaires et des pures inventions littéraires.

Très original, mais absolument désarmant !
Ce roman pourra être lu par des adolescents (15 ans, au moins) mais sa maturité prouve qu'il mérite d'être lu par le plus grand nombre !

*****

(en savoir plus)

L'histoire s'ouvre sur une introduction opaque et troublante. L'OEil de la Mer, une guerrière prête à tuer et j'en passe. Le chapitre s'achève en nous laissant totalement abasourdi et déjà perplexe. Puis on rencontre une jeune fille - Zillah - seule rescapée d'un massacre au sein de la secte des Enfants de la 6ème Aube. L'Avocat, ce grand manitou, a tout orchestré et pense avoir accompli son contrat en prenant la fuite lorsqu'il se rend compte de l'existence de la survivante. Son but, alors, sera de la retrouver coûte que coûte.

On découvre ensuite Adam, dans une chambre d'hôpital, qui attend son opération alors que la jeune fille arrive dans les locaux, toute la presse à ses trousses. Bien étrange affaire, qui intrigue notre garçon... La rencontre avec la demoiselle sera aussi éphémère qu'un clin d'oeil car Zillah s'échappe de cet endroit. La peur au ventre, mais déterminée, elle se cache dans les galeries souterraines de Londres.

Près de là, se trouve Temple Green, un quartier délaissé où les clochards, comme Bram, ont trouvé refuge. Le vieil homme a à la bonne le jeune Kris, un orphelin qui a été recueilli par sa Mama Célestine, toute fraîchement débarquée de ses îles. Le gamin croise la jolie Zillah devant la gare, au même moment son vieil ami Bram s'époumonne et tombe raide en la pointant du doigt. C'est elle, il faut la retrouver...

Pourquoi ? Que sait exactement le vieux Bram ? Qui est-il finalement ? L'homme aurait un passé mystérieux et il serait détenteur d'un testament révélant l'existence d'une secte maléfique. A l'hôpital, il retrouve Adam et là encore les révélations vont tomber.

 

Seuil, novembre 2008 - 468 pages - 16,95€
Traduit de l'anglais par Jean Esch
titre vo : The Stone testament

12/11/08

Autre-Monde : l'Alliance des Trois - Maxime Chattam

 

Amis lecteurs, voici un brillant roman qui saura vous capturer dans sa toile pour ne plus vous relâcher avant d'avoir ingurgité les quelques 400 pages et des poussières. C'est signé d'un auteur réputé - Maxime Chattam. Je le connaissais de nom mais j'avais toujours tourné autour sans m'y intéresser. Cette première rencontre est une découverte, pour moi. Et j'en suis particulièrement ravie ! 

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5115SDk9SmL__SS500_L'histoire débute à New York, un peu avant les fêtes de fin d'année. Matt et ses deux camarades, Tobias et Newton, traversent la ville sans but précis. Par dépit, ils se rendent chez le vieux Balthazar, le patron d'une boutique d'objets bizarres. Ce type n'aime pas les enfants, il les accueille en beuglant de déguerpir. Mais Matt s'aperçoit que l'homme est entortillé avec le corps d'un serpent. Non, ceci n'est pas un piège, c'est beaucoup plus effrayant. L'adolescent se sauve et confie à ses amis son étrange sensation d'avoir été témoin d'un truc qu'il n'aurait pas dû voir.
Bref, chacun rentre au bercail. Noël arrive, en même temps qu'une tempête jugée colossale selon les chaînes d'informations. D'un seul coup, un froid polaire tombe sur la ville, des bourrasques de vent et des coupures de courant s'enchaînent. Matt préfère se coucher, malgré l'angoisse qui monte. Et au cours de la nuit, il est réveillé en sursaut. C'est trop calme dehors, le ciel est zébré par des éclairs de lumière. C'est plus qu'une simple foudre, cela ressemble à une main de fer qui s'introduit dans tous les appartements new-yorkais. 
Dans quel but ?
C'est bientôt au tour de l'immeuble de Matt et ses parents. Il faut agir au plus vite, mais le garçon de 14 ans n'aurait jamais pu imaginer ce qui l'attendait.

L'Autre-Monde est une trilogie qui raconte le bouleversement de notre société égoïste et inconsciente qui verrait ainsi la disparition des adultes pour la sauvegarde des enfants et adolescents afin de rebâtir un monde meilleur. La planète détraquée s'est vengée et a choisi de faire un tri en confiant son destin entre des mains jugées plus innocentes.

Ecologique, ce roman ?
En quelque sorte.
Car il nous fait signe, il nous interpelle. Il lance un message : L’Homme est-il toujours au sommet de la chaîne alimentaire ? L'Enfant est-il appelé à sauver le monde ? Et quel avenir pour la planète ?

L'intrigue est très habilement construite, autour de son jeune héros - Matt - et de ses futurs compagnons d'infortune. Qui sont-ils ? Ce sont les Pans, des enfants rescapés qui se sont regroupés pour unir leurs forces et affronter les Gloutons et les Cyniks. Ces derniers sont des créatures mutantes et des rares adultes rendus sauvages par le dérèglement du monde.
Tout est proprement chamboulé.
Je vous laisse découvrir l'ampleur des dégâts et je charge l'adrénaline (que j'ai bien sûr ressentie !) pour le reste.

Lorsque j'ai commencé cette lecture, c'était en toute ignorance de son histoire. Je me suis donc laissée embarquer et je ne regrette pas l'effet de surprise !
C'est un roman captivant et curieux, axé sur le fantastique, et qui recrée une ambiance mélangeant Sa Majesté des Mouches, Tolkien et les Goonies (film vu tout récemment, d'ailleurs).
Au début l'atmosphère est assez angoissante, telle une lente traversée de l'enfer vers l'inconnu frileux. On accompagne les acteurs principaux en faisant communion avec leurs émotions. Tout y est : la curiosité, le doute, la peur, la panique, le courage, le dégoût et la volonté.
Lorsqu'on arrive enfin dans l'île aux enfants, chez les Pans, on sent aussi un changement dans l'histoire. Cela devient mieux ! J'aimais déjà l'entrée en matière, mais mon enthousiasme est encore monté d'un cran. 
On y découvre alors des manoirs hantés, des dons attribués aux enfants dont l'organisme a été altéré, des créatures qui ont triplé de volume, et des chauve-souris qui attaquent en bande soudée, comme si elles étaient à la recherche de quelqu'un en particulier.
De son côté, Matt n'est pas en peine : il souffre de cauchemars, se sent la cible d'une menace noire, malsaine et imminente. Il fait alliance avec deux camarades, car il a surpris des conversations dénonçant un complot au sein des Pans. L'adolescent va chercher à démasquer le traître, en même temps qu'il s'habitue à cet Autre-Monde.

C'est très chargé comme synopsis, mais c'est admirablement bien étalé. Les pièces du puzzle trouvent peu à peu leur place, mais le résultat ne nous laisse pas pour autant repu et soulagé car il faut rebondir et s'armer de patience pour partir vers d'autres aventures !

Ce roman mettant en scène des enfants et adolescents peut être lu par un public jeunesse, mais pas seulement ! (Mon cheval de bataille contre les préjugés sur la littérature dite de jeunesse est prêt à ruer dans les brancards !)
C'est un roman qui brasse moults genres : l'aventure épique, le parcours initiatique, la quête philosophique. Et j'en passe.
Je reprendrai simplement les propos de l'auteur, qui dit que ce livre est un grimoire. « Prenez garde si vous décidez de tourner la page, il vous faudra une baguette magique : votre âme de rêveur. Celle que bien des gens perdent en devenant adultes. »
La possèdez-vous encore ? Telle est la question. Je ne doute pas de votre réponse.
Bonne lecture !

Albin Michel, novembre 2008 - 483 pages - 20€

Et une bande-annonce pour se mettre dans l'ambiance : 

 

 

L'avis de Madame Charlotte

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01/10/08

Les Âmes Vagabondes - Stephenie Meyer

 

Dans une société du futur, la planète Terre a été envahie par une entité difficile à représenter, imaginez une espèce de mille-pattes qui vient prendre possession de votre corps et devient votre Âme. La population humaine a été anéantie, remplacée par des mutants qui réclament paix et sérénité au sein de notre civilisation, jugée incapable (trop de vicissitudes, trop de guerre, etc). Votre apparence et votre mode de vie font illusion, calqués sur le modèle humain, or cela ne trompe personne, notamment les rebelles qui s'opposent à cette invasion perfide et criminelle.

Melanie Stryder, 20 ans, était un humain sauvage jusqu'à sa capture par les Traqueurs. Entre les mains d'un Soigneur, son corps devient l'hôte d'une âme exceptionnelle, qui a déjà voyagé dans plusieurs mondes et vécu moults vies. Elle se nomme Vagabonde. Son insertion est douloureuse, violente ; l'afflux des souvenirs bouleverse cette entité peu habituée aux émotions humaines. C'est tout nouveau pour elle, pas loin de la déstabiliser, et pourtant elle refuse de paraître faible en laissant son hôte la dominer.

Melanie n'est pas une jeune femme facile à endormir, son esprit est encore présent, sa personnalité vibrante. Elle se rebiffe et tente d'ériger des murs pour ne pas rendre facile l'accès à sa mémoire. C'est l'affrontement de deux battantes, l'une et l'autre perdent du terrain et Vagabonde reçoit en plein coeur l'image d'un homme, d'une beauté à couper le souffle. C'est Jared, le grand amour de Melanie.

L'âme est chavirée par ce souvenir, par le flot de sensations qui monte en elle, dans le corps de Melanie. Cette fusion met en péril la mission de Vagabonde - chargée de fouiller les pensées de son hôte pour les rapporter à son Traqueur. Totalement ébranlée dans ses certitudes, mais émue et poussée par la curiosité, Vagabonde accepte de suivre les conseils de Melanie qui veut la guider dans le désert, à la recherche de Jared et de Jamie, son jeune frère.

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J'avais plusieurs craintes avant d'ouvrir ce livre, 1°) c'est un nouveau roman de Stephenie Meyer - 2°) allait-elle être capable de se renouveller après le succès de sa série Twilight - 3°) elle s'attaque au genre de la science-fiction qui n'est pas ma tasse de thé... Finalement, aucune appréhension à avoir car c'est une réussite sur toute la ligne. Stephenie Meyer prouve qu'elle est une remarquable romancière, qui sait proposer un autre univers, même s'il est toujours ancré dans la thématique de l'amour, la fascination, la sensualité etc.

Un carton plein, assurément. Après une lente et complexe introduction (50 à 80 pages), l'histoire se met en branle, racontée à la première personne, un atout majeur, car cela apporte une introspection plus palpable et attendrissante. L'étrange paradoxe, aussi, est de ressentir ce récit par deux personnes coincées dans le même corps. Si la narratrice principale reste Vagabonde, le personnage qui incarne l'hôte - Melanie - n'est pas ténu. Sa présence est encore forte et prégnante, assez pugnace.

Bref, j'ai adoré ! On oublie très vite qu'on lit un bouquin de science-fiction, on dépasse les théories selon lesquelles l'humanité a flanché, à force de concourir dans la médiocrité et les petitesses (l'homme apparaît vil, tricheur, fourbe et tortionnaire !). On se rend compte qu'on tient entre les mains une histoire d'amour véritable, d'un romantisme à toutes épreuves !

Une relation triangulaire se profile, mais avec beaucoup d'intensité et de complications. On s'en doute. C'est une configuration unique, conflictuelle (deux femmes, coincées dans un même corps, s'opposent pour atteindre le coeur d'un homme) et ce dernier est lui-même déchiré, partagé par ce qu'il ressent. Rien n'est simple !

J'ai beaucoup apprécié les personnages, qui ont été bien étudiés et décrits. La communauté des rebelles, réfugiée dans des cavernes souterraines, a su recréer un cycle de la vie primitif, indispensable à leur survie. Je n'ai pas eu le sentiment d'un espace clos et étouffant, au contraire j'ai trouvé que cela accentuait l'atmosphère d'angoisse et le sursis qui plane au-dessus de leurs têtes. Vagabonde est le pion central, mais tous les caractères jouent un rôle crucial et qui s'imbriquent les uns avec les autres. Non, je ne vous parlerai pas de Jared, l'élu de ces dames, le beau ténébreux par puissance... Mais c'est appréciable de se mettre sous la dent une palette de personnages bien croqués !

En règle générale, cette lecture force à se remettre en question, tout le temps. Elle nous renvoie à nos choix et nos prises de positions, à nos sacrifices et nos abnégations. Stephenie Meyer mérite de prendre du galon, parce que ce roman est remarquable. L'intrigue est singulièrement excitante, totalement imprévisible et captivante, l'action dense, palpitante et dramatique, du genre à vous couper le sifflet. Est-il nécessaire de préciser combien j'ai été envoûtée ? !

Editions JC Lattès, octobre 2008 - 617 pages - 20,50€
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert
titre v.o : The Host

Le site : http://www.stepheniemeyer.com/thehost.html (en anglais)

Virginie (des Chroniques de Chrestomanci) l'a lu en anglais

Posté par clarabel76 à 07:30:00 - - Commentaires [78] - Permalien [#]
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