22/09/14

L'Homme aux cercles bleus, de Fred Vargas

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » 

L'homme aux cercles bleus

Un Fred Vargas tout jeunot (1996), qui nous introduit un Jean-Baptiste Adamsberg fraîchement promu au commissariat du 5ème arrondissement... here I go ! Et de le découvrir faire ses premiers pas auprès d'une équipe pantoise face à ses méthodes de travail peu orthodoxes : l'homme se perd régulièrement dans de longues réflexions intérieures, les bras croisés sur son buste, se livre à du gribouillage sur un bout de papier posé sur les genoux, ou se balade la nuit, souvent près d'un cours d'eau... il dort peu, et rarement seul. Adamsberg n'est pas un romantique, mais son âme est torturée par les souvenirs d'une petite chérie, silhouette fugace, croisée, aimée puis échappée sans crier gare. L'homme est nostalgique et a le cœur ravi.

Pas étonnant que son intérêt de flic s'arrête sur des affaires sordides, comme ces cercles bleus qui pullulent dans Paris. Il prévient Danglard, ça s'annonce mal. Un matin, ça va saigner... En attendant, il rencontre une océanographe de renom, Mathilde Forestier, qui se vante d'avoir croisé l'homme aux cercles bleus et d'être capable de le reconnaître. Adamsberg, forcément, est interpellé et pénètre dans l'appartement cossu de la scientifique, où se côtoient d'autres figures insolites : un bel homme aveugle et une vieille dame solitaire, accro aux petites annonces. Ce refuge de bras cassés est aussi l'antre des soirées arrosées, à soliloquer sur le monde et sur l'enquête du commissaire. Franchement, on sourit, on jubile, on gobe tout et on en redemande.

Ah mais c'est redoutable, sous couvert de tendres excentricités, on ne soupçonne pas l'incroyable ingéniosité de l'intrigue. Et c'est écrit avec rondeur, en jouant sur les mots, en se moquant des personnages avec affection, en distillant de l'humour aussi. Bref, c'est décalé, un brin philosophe, finaud et clairvoyant. On se régale ! Mais à quand une nouveauté, madame !??

Audiolib, août 2014 ♦ texte intégral lu par Jacques Frantz (durée d'écoute : 6h 23) ♦ disponible aussi aux éditions Viviane Hamy ou en poche J'ai Lu


06/09/14

Trois mille chevaux vapeur, d'Antonin Varenne

Trois mille chevaux vapeur

Après une mission désastreuse en Birmanie, le sergent Arthur Bowman s'est réfugié à Londres, où il traîne dans des bouges infâmes, alcoolique et opiomane. Mais l'homme se voit accusé d'un crime et clame son innocence, sauf que les tortures subies par la victime lui rappellent étrangement son expérience cauchemardesque dans la jungle birmane. Pétri de doutes, il décide de retrouver tous ses compagnons d'infortune pour démasquer parmi eux le véritable coupable. Commence alors un (interminable) périple qui conduira notre héros taciturne jusqu'au fin fond de l'Amérique, dans la Sierra Nevada, lui faisant croiser au passage d'autres âmes dévastées et maudites.

Le décor est planté, et quelle lecture ! L'écoute audio, en 19 heures, a bien failli ébranler ma patience tendue à l'extrême. Car ce roman ambitieux fascine, autant qu'il effraie son lecteur. En majeure partie, je l'ai trouvé très bon, entraînant, écrit sans complaisance, porté par un personnage central charismatique, un type bourru et brisé par les nombreuses désillusions. L'histoire prend vite la tournure d'un western, dévoilant des décors magnifiques, authentiques et bruts. De plus, l'auteur ne triche pas, c'est âpre, sans état d'âme. Un emballage peaufiné, pour une histoire sombre et amère.

Et pourtant, quel sacerdoce ! De longues descriptions, un récit qui s'enlise... les 19 heures d'écoute représentent une rude épreuve. Pas dans le sens où l'interprétation de Philippe Allard est décevante, ou pénible, ou loupée, c'est simplement une question de dosage. Pour ce livre, c'était trop lourd et accablant. Néanmoins, pour qui aime les récits épiques aux multiples péripéties, la trouvaille est parfaite ! 

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Philippe Allard (durée : 19h 05) ♦ suivi d'un entretien avec l'auteur ♦ en format papier : Albin Michel 

05/09/14

L'Allée du sycomore, de John Grisham

Allée du sycomore

Accablé par la maladie, Seth Hubbard décide de mettre fin à ses jours mais rédige un testament de dernière minute qui va mettre le feu aux poudres. En effet, il choisit de déshériter ses enfants au profit de sa femme de ménage, Lettie Lang. Soudainement, une femme noire se trouve à la tête d'une fortune colossale. Dans le comté de Clanton, la nouvelle met les esprits en ébullition. La communauté avait déjà été fortement chamboulée, dix ans plus tôt, avec le procès Hailey (cf. Non coupable, rééd. Le Droit de tuer), et c'est de nouveau l'avocat Jack Brigance (incarné par Matthew McConaughey au cinéma) qui est chargé de défendre les intérêts du défunt.

J'ai pris un réel plaisir à plonger dans cette lecture, après une première rencontre avec l'auteur pas très concluante (cf. Le Manipulateur). J'aurais eu vraiment tort de me priver de ce rendez-vous distrayant et palpitant ! Grisham nous fait vivre les coulisses d'un grand procès à l'américaine, avec force détails dans le déroulement et la mise en scène d'une telle procédure. L'histoire repose moins sur le clivage racial, même s'il soulève un problème et révèle d'autres histoires cachées. Cette fois, c'est surtout l'appât du gain qui est au cœur de l'intrigue, mettant en lumière le rapport ambivalent qu'entretient la société avec l'argent, et sur ce point on ne peut blâmer personne.

La construction de l'histoire est basique, mais produit l'effet attendu. On vit la lecture à fond. Sans temps mort. On est attentif à chaque détail, chaque soubresaut, et on s'interroge tout du long sur les motivations du défunt, pourquoi se pendre à un sycomore, pourquoi un testament olographe, etc. On est complètement vendu à la mécanique Grisham !! C'est diablement américain, mais fichtrement bien mené. Rarement les 19 heures (et 41 minutes) d'écoute m'auront paru aussi divertissantes et aisées ! Certes, le scénario est facile et arrondi sur les angles (surtout vers la fin). Qu'importe. Cela reste un très bon roman, au suspense redoutable, et passionnant dans sa ligne de conduite. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (durée : 19h 41) ♦ traduit par Dominique Defert (Sycomore Row)

Excellente interprétation de Stéphane Ronchewski ! Voix très agréable, sans fausse note... une bonne pioche. 

03/09/14

Zone B, de Marie Hermanson

Zone B de Marie Hermanson

Zone B est un bon roman, au scénario assez simple et classique, mais à l'ambiance tellement mystérieuse et angoissante qu'elle vous cloue le bec et vous emprisonne entre ses pages jusqu'à la toute dernière ligne. L'éditeur parle même de « huis clos twinpeaksien » ! Tout un programme. L'histoire nous présente donc un type banal, Daniel, dont la vie professionnelle et sentimentale vole au ras des pâquerettes. Il n'a pas vu son frère jumeau, Max, depuis des lustres. Aussi, est-il assez surpris de recevoir une lettre, l'invitant à le rejoindre dans les Alpes suisses où il suit une cure de repos. En fait, Max a besoin de lui pour régler un problème urgent à l'extérieur, mais doit sortir du sanatorium en toute discrétion. Il demande donc à son frère d'échanger leurs rôles, le temps de quelques jours, puis tout rentrera dans l'ordre. D'abord sceptique, Daniel finit par accepter ces petites vacances improvisées, au cœur d'une campagne verdoyante. Or, Himmelstal se révèle autrement qu'une façade dorée, et Daniel réalise assez vite, mais tardivement, que les patients et le personnel soignant ont des agissements troubles et inquiétants. Le stress monte d'un cran lorsque Max ne revient pas, ne donne plus signe de vie ou semble s'être joué de son frère. Daniel sent la panique le gagner et va tenter, avec l'énergie du désespoir, de clamer la vérité en racontant son histoire abracadabrante. Action lente, personnages flous et insaisissables, intrigue déroulant un fil continu, cadre psychiatrique préoccupant et atmosphère pesante... Vous aimez les romans qui font galoper votre imagination et titiller votre curiosité ? Vous voilà servis.

Actes Sud, coll. Actes Noirs, janvier 2014 ♦ traduit du suédois par Johanna Chatellard-Schapira

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02/09/14

La Patience du diable, de Maxime Chattam

Il est clairement préférable d'avoir lu La Conjuration primitive avant celui-ci.

La Patience du diable

L'histoire nous renvoie auprès de Ludivine Vancker, lieutenant à la Section de Recherche de Paris. La jeune femme est encore fortement traumatisée après les douloureux évènements survenus dix-huit mois plus tôt. Elle a tout tenté pour garder la tête hors de l'eau, même un stage chez le criminologue Richard Mikelis, avec qui elle a appris à cerner la sombre psyché des dangereux sociopathes. Très attachée à son boulot, elle peut s'appuyer sur une équipe solide et efficace, dont Segnon, son socle, sa valeur sûre, qui veille sur elle comme un bon papa gâteau.

Bref, un soir, en région parisienne, l'équipe intervient pour une arrestation de dealers, mais découvre avec horreur qu'ils ne transportent pas de la drogue, mais de la peau humaine ! Une découverte que les inspecteurs ne recoupent pas tout de suite avec la soudaine épidémie de violence qui sévit en France : deux ados qui tirent sur les passagers d'un TGV, des bombes artisanales déposées dans des salles de cinéma, des pistolets à eau remplis d'acide abandonnés dans un centre commercial, un commando suicide dans un restaurant... Le monde est devenu fou !

Mais tout ceci rappelle tristement à Ludivine la sinistre « conjuration primitive », une théorie flippante à laquelle elle avait été confrontée, et qui semble se rejouer sur les mêmes accords, à un seul détail près : l'implication du diable en personne. Hallucinations ou nouveaux préceptes délirants? La gendarmerie est à cran. Le lecteur aussi. Parce qu'on nous assomme de nouveau avec une succession de violence, avec force détails macabres et sanguinolents, et qu'on n'a pas le temps de dire ouf que les faits nous abreuvent, nous étouffent.

C'est la mécanique imparable de M. Chattam, et c'est sombrement efficace. Le livre est peut-être un tout petit peu moins bon que le précédent, avec un goût de réchauffé, mais le résultat est au final infaillible : on ne lâche jamais le morceau et on gobe tout !! La version Audiolib est en cela angoissante à souhait. La réalisation sonore étant quasi inexistante, cela vous fige une ambiance, glaciale et stressante, c'est bluffant. La lecture a de nouveau été confiée à Sylvain Agaësse, qui avait parfaitement réussi à instaurer une tension palpable dans le précédent opus et renouvelle brillamment l'exploit.

On sort de là avec le sentiment d'avoir vu ses cauchemars réveillés et sa paranoïa exacerbée ! Un cocktail de sensations dérangeantes mais tellement grisantes, qui nous fait revenir livre après livre...

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Sylvain Agaësse (durée d'écoute : 14h 45) ♦ éditions Albin Michel, mai 2014



24/07/14

Le bleu de tes yeux, par Mary Higgins Clark

« Toi, dis à ta mère qu’elle est la prochaine. Puis ce sera ton tour… »
Cela fait désormais cinq ans que le petit Timmy vit sous la menace du tueur qui a abattu froidement son père devant lui. Est-ce dans l’espoir de retrouver la trace de l’assassin que sa mère Laurie, célèbre productrice télé, lance une série choc sur des cold cases ? Le premier épisode revient sur l’affaire du « Gala des lauréates » : il y a vingt ans, la mondaine Betsy Powell et son mari organisaient une grande soirée en l’honneur du diplôme de leur fille et de ses trois amies. La nuit même, Betsy mourait étouffée… Réunis pour la première fois, les acteurs du drame s’apprêtent à reconstituer la scène du crime dans un climat de suspicion générale.

Le bleu de tes yeux

Le début de l'histoire se révèle une agréable suprise, grâce à une construction, certes basique, qui est tout de même habile pour allécher le lecteur, désireux d'en savoir plus. Quel est le mystère derrière ce fameux gala des lauréates, et qu'ont les anciennes amies à dissimuler avec autant d'ardeur et de crainte ? C'est plutôt pas mal comme point de départ. On suit ainsi pas à pas chacun des personnages, partageant leurs pensées intimes et leurs secrets les plus inavouables, lesquels sont cependant enrobés dans un voile de suspense bien épais ! Principe judicieux, mais long. Finalement, l'étonnement du début s'effrite au fil des chapitres lorsqu'on constate combien l'intrigue stagne et repose sur ses acquis. L'auteur brode à l'infini autour des mêmes indices et autres soupçons potentiels, elle n'introduit plus aucun nouvel élément et l'effet produit s'apparente à une impression de redondance (au mieux) ou proche de l'ennui. J'étais tout de même curieuse de connaître la fin... et quelle déception en la matière ! Peu de surprise, une action précipitée, aucune crédibilité par-dessus le marché ! Le dénouement est une consternation sans nom. En gros, tout ça pour ça. Bref, moi qui n'avais plus lu de Mary Higgins Clark depuis ma tendre adolescence, je réalise que je n'en lirai plus car la recette est éculée et manque clairement de saveur. C'est lisse, pompeux, huilé à merveille mais ça manque d'écueil.

Par contre, j'ai beaucoup apprécié la lecture faite par Marcha Van Boven pour Audiolib. L'interprétation est subtile et nous plonge au cœur d'une intrigue qui se veut machiavélique, en brouillant les pistes à travers une multiplication de points de vue et l'ébauche de non-dits. Si la structure du livre m'a franchement peu convaincue, sa mise en scène m'aura véritablement séduite par sa simplicité et son écoute très agréable !

Audiolib, juillet 2014 ♦ Texte intégral lu par Marcha Van Boven (durée d'écoute : 8h 39) ♦ traduit par Anne Damour pour les éditions Albin Michel

15/07/14

Saint Michel, priez pour eux de Jean-Pierre Alaux

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Printemps 1978. Séraphin Cantarel, conservateur des monuments français, doit s'assurer que la baie du Mont Saint-Michel demeure pure et intacte pour son futur classement au patrimoine de l'Unesco (l'Amoco Cadiz vient de déverser son liquide noirâtre sur les côtes ouest de la France). Il doit aussi mettre au point la prochaine opération de restauration de la flèche du sanctuaire. Séraphin est ainsi malgré lui témoin d'une scène macabre - le corps d'un moine retrouvé mort sur la plage. 
Pourtant, à aucun moment, Séraphin ne s'improvise détective. Un inspecteur de police est déjà en place et ne noue aucune affinité avec notre homme. La lecture se veut donc placide et enlevée, puisqu'on suit les personnages (le conservateur, son épouse égyptologue et son jeune assistant Théo) au gré de leurs pérégrinations conviviales. 
C'est de bon goût. On apprécie le charme ambiant, c'est gourmand, gourmet, intellectuel et littéraire. Certes, on est loin du cadre policier avec ses modes et ses recettes, c'est plutôt une plongée pleine d'esprit et débordante de culture, plantée dans un décor - encore une fois - fabuleux et enchanteur ! Pas de lecture échevelée, mais un rendez-vous apaisant et agréable.

10/18 ♦ coll. Grands Détectives ♦ décembre 2013

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Un été à Pont-Aven, de Jean-Luc Bannalec

Un été à Pont-Aven

Branle-bas de combat à Pont-Aven, “la cité des peintres”, lorsqu'on retrouve le corps assassiné du propriétaire du Central, l'un des hôtels les plus prisés de la ville. Le commissaire Dupin, parisien déraciné, exilé en Bretagne, désormais sa région de cœur, se voit convoqué sur le champ pour démêler les fils de cette intrigue aux apparences lisses et sans faille. Chacun y va de son commentaire, perclus de chagrin, l'incompréhension est totale, les proches sous le choc. Et c'est en grattant toute cette couche de vernis qu'on apercevra enfin les non-dits et autres secrets de famille !
L'enquête, toutefois, est très longue, très lente à se mettre en place. L'auteur se livre la plupart du temps à un exercice de courbettes en rendant hommage à la région, son caractère, ses habitants, son patrimoine. Bannalec est lui-même un auteur allemand, qui revendique avoir trouvé sa seconde patrie en Finistère. Aussi s'exprime-t-il à travers son personnage de commissaire pour raconter cette sensation proche de l'étourdissement lorsqu'on tente de se fondre dans un lieu farouche.
La Bretagne y apparaît splendide, telle une diva hors d'atteinte, drapée dans ses mystères, plus séduisante que jamais et follement excitante. Mais l'enquête policière est terriblement frustrante, livrée sans faux pli, sans sursaut. Une déception.
 Je préfère la série d'Yves Josso, Été meurtrier à Pont-Aven.

Presses de la Cité, avril 2014 ♦ traduit par Amélie de Maupeou

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07/07/14

Profanation, de Jussi Adler Olsen

Profanation

Un peu frustrant d'avoir attendu deux ans la version audio de la deuxième enquête du département V (le livre est d'ailleurs déjà disponible en format poche)... Toutefois, c'était très agréable d'écouter Julien Chatelet, qui a pris la relève d'Éric Herson-Macarel, pour une lecture à la fois glaçante et captivante. On suit une sombre histoire de démence et de sadisme, à la Orange Mécanique, au cœur de laquelle des jeunes gens de bonne famille ont choisi la violence comme acte de rébellion, sans jamais être inquiétés. Vingt ans que cela dure. Aujourd'hui ils règnent sur des empires et se fichent complètement des familles endeuillées, meurtries et éplorées qui n'ont jamais obtenu gain de cause. Mais notre Carl “Zorro” Morck a mis le nez dans leurs affaires et entend les traquer jusqu'au bout de la nuit pour les mettre k-o. Dans sa ligne de mire : une jeune femme du nom de Kimmie (ancienne complice de ce groupe infâme). Elle a disparu de la circulation, en emportant tous leurs secrets. Fragile et animée d'une haine farouche et vengeresse, elle est parfaitement incontrôlable et fait donc l'objet de toutes les convoitises. Finalement, le suspense du roman repose sur cette attente, pas de connaître l'identité des coupables, mais de savoir comment ils vont tomber. Le rendu est assez bien maîtrisé, explosif et oppressant. On ne nous épargne aucun détail glauque non plus. Du coup, on se détache complètement du récit, sauf pour s'intéresser aux petits extras impliquant Assad, Rose (la nouvelle venue), Mona la psy et Hardy le flic dépressif... Une ambiance riche et excitante, qui pallie les faiblesses d'une intrigue policière trop rompue aux actes d'une rare barbarie.

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Julien Chatelet (durée d'écoute : 13h 50) ♦ traduit par Caroline Berg pour les éditions Albin Michel

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Ceux qui tombent, par Michael Connelly

Ceux qui tombent

Dix-septième enquête de l'inspecteur Harry Bosch !! Pour moi, c'est seulement la deuxième fois que je le croise, après une modeste apparition auprès de Mickey Haller (dans Volte-face). Voilà qui expliquerait pourquoi je me suis sentie en marge du récit, qui délivre ses petites allusions aux initiés, en laissant de marbre la néophyte que je suis. Bref, j'ai tenté par curiosité... mais force est de reconnaître que j'apprécierais davantage ses enquêtes si je les suivais par ordre chronologique. Je ne vais pas mentir en criant au génie, car j'ai trouvé l'ensemble assez convenu et peinard, peut-être parce que j'avais imaginé une lecture beaucoup plus palpitante ! Par contre, le personnage de Harry Bosch m'a plu tout de suite, sans demi-mesure, autant dans son travail, têtu, appliqué, instinctif et appartenant à la vieille école (son cahier des morts !), mais aussi dans sa vie personnelle, avec sa fille, tendre et complice, ou son collègue, paternaliste et susceptible. Sa vie sentimentale le voit incertain et vacillant, mais il tente... le rendez-vous d'un soir, une promesse d'un lendemain meilleur ou la cruelle désillusion. Finalement, ce livre se lit, et s'estime, dans un ensemble, et non comme un simple épisode, sous peine de frustration ! Me voilà prévenue.

Jacques Chaussepied nous réserve une brillante interprétation de cette intrigue où Bosch travaille sur deux dossiers distincts, l'un pour déterminer la cause de la mort du fils d'un conseiller avec qui il ne s'est jamais entendu, et l'autre pour expliquer comment un pédophile a pu se rendre coupable d'un crime à seulement l'âge de huit ans ! Deux enquêtes précautionneuses, qui n'affolent ni les personnages ni le lecteur.

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intrégral lu par Jacques Chaussepied (durée d'écoute : 11h 38) ♦ traduit par Robert Pépin pour les éditions Calmann-Lévy



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