05/02/16

Destination inconnue, d'Agatha Christie

 Destination inconnue

Les services secrets britanniques sont aux cent coups, depuis l'étrange disparition du scientifique Thomas Betterton. Son épouse prétend ne rien savoir mais annonce qu'elle doit quitter le pays sur avis médical. Olive Betterton prend donc son vol pour Marrakech mais est victime d'un accident. Hospitalisée, en piteux état, la femme décède en glissant quelques mots à l'oreille d'une inconnue, venue exprès à son chevet. Hilary Craven, fraîchement recrutée pour servir d'appât, doit usurper l'identité de Mrs Betterton et continuer son voyage vers l'inconnu, en supposant qu'il la conduira jusqu'au scientifique. C'est grâce à sa chevelure rousse, semblable à celle de l'épouse décédée, que son sort a basculé vers une destinée plus excitante et romanesque. Car Hilary n'avait plus le goût de vivre et ruminait des idées suicidaires lorsqu'elle a rencontré un agent convaincant et sarcastique (leur première entrevue est franchement piquante !). Elle prend vite à cœur sa nouvelle mission et s'embarque pour une série d'aventures inattendues et passionnantes. Ce roman d'espionnage, pour le moins original et audacieux pour l'époque, ancrée au début des années 50, s'inspire d'une aura politique très pesante, celle de la guerre froide, avec les courants communistes, les idéologies flamboyantes, la démocratie remise en question et la fuite des cerveaux, devenue une récurrence inquiétante pour le monde occidental. Les considérations philosophiques apparaissent donc de façon flagrante et priment parfois sur l'action, sans toutefois susciter de l'ennui ou du désintérêt. En effet, plus que son histoire d'agent double et de duperie, Agatha Christie propose un regard équivoque sur l'époque d'après-guerre et rend sa lecture plus enrichissante qu'une simple distraction ! 

Le Livre de Poche ♦ Publication Septembre 2010 pour la présente édition ♦ Traduction de Janine Lévy (Destination Unknown, 1954)

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un globe terrestre

Mort sur le Nil, d'Agatha Christie

Mort sur le Nil

Scandale dans la bonne société anglaise ! La belle et riche héritière, Linnet Ridgeway, vient d'épouser son régisseur, Simon Doyle, auparavant le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Le couple convole en justes noces en Égypte, avec l'extrême désagréable surprise de trouver l'amoureuse déchue à leurs trousses. Voilà une attitude fortement désobligeante. Jacqueline se défend d'être jalouse ou haineuse, mais son attitude prouve tout le contraire. Hercule Poirot, lui, est également troublé pour l'entêtement de la demoiselle, dont il avait déjà croisé le chemin à Londres, alors qu'elle se trouvait en galante compagnie et ne cachait rien de ses sentiments amoureux. Pour notre détective belge, c'était assurément une démonstration excessive et préoccupante. Alors que ce joli monde embarque à bord de la même croisière sur le Nil, l'ambiance est aussi lourde de sensualité que de cupidité autour de ce singulier trio. Et le danger gronde... Ce livre est sans doute celui dont j'ai vu et revu le plus souvent l'adaptation tv, à tel point que l'histoire a fini par s'imprimer dans mes petites cellules grises. Merci Hercule ! Il n'empêche que j'ai pris grand plaisir à voguer sur le Nil en compagnie de ces voyageurs crapuleux (la brochette de personnages est large et croustillante), en plus d'assister à un mélodrame de premier ordre, qui s'avère poignant jusqu'au bout. Un très grand roman, encore une fois. 

Le Livre de Poche, 2001 pour la présente édition ♦ Traduit par Robert Nobret & Elise Champon (Death on the Nile, 1937)

description
Emily Blunt as Linnet Ridgeway

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un plan d'eau

04/02/16

Sidney Chambers et l'ombre de la mort (Les Mystères de Grantchester), de James Runcie

Sidney Chambers et l'ombre de la mort

Les amateurs des séries policières du dimanche soir, sur France 3, connaissent probablement déjà Sidney Chambers et ils ont bon goût car Grantchester est une série de qualité, inspirée des livres de James Runcie. Sidney Chambers est donc chanoine à Grantchester, près de Cambridge, c'est aussi un jeune homme charmant et célibataire, disponible pour ses ouailles et prêtant volontiers une oreille compatissante dès lors qu'on le sollicite pour s'épancher. C'est ainsi qu'il reçoit la confidence d'une femme éplorée par la mort de son amant, qui vient de se suicider, or celle-ci refuse de croire cette théorie et implore le pasteur de mener une enquête discrète. Après quoi, notre Sidney va prendre goût aux intrigues policières et s'investir, souvent à la demande de son ami, Geordie Keating, inspecteur à Scotland Yard, dans des histoires louches, impliquant des vols, des empoisonnements et même des meurtres ! Soudain la vie cléricale vous paraît tellement plus excitante... si grisante qu'elle éloigne notre homme d'église de ses fonctions premières, au grand dam de son assistant, Leonard Finch. Le livre se compose donc de six petites histoires, qui s'enchaînent sur 350 pages, tout en entretenant un lien invisible entre elles. On y retrouve ainsi la même brochette de personnages pittoresques, comme Mrs Maguire, la gouvernante revêche, ou la pétillante Amanda Kendall, une amie de longue date, désormais sa tendre complice, avec ambiguité amoureuse perceptible, sans oublier le chien Dickens, nouvelle coqueluche du village. Le contexte des années 50 participe aussi au charme et à l'élégance de la lecture, et si l'esprit général est assez poudré, cela n'occulte pas des thèmes subversifs, comme la violence sexuelle et l'homophobie, qui viennent quelque peu noircir le tableau bucolique. Grantchester reste néanmoins une série d'ambiance et de caractère bon chic bon genre, où l'action lente et la réflexion métaphysique prennent le pas aux pérégrinations de notre chanoine préféré, amateur de jazz, de backgammon, de whisky et de bière brune. C'est sans esbroufe et très classique, mais plaisant à lire pour qui recherche une forme de détente dépaysante (et apprécie la formule du “cozy mystery so british”). ;-)

Actes Sud / coll. Actes Noirs ♦ Janvier 2016 ♦

Traduit par Patrice Repusseau (Sidney Chambers and the Shadow of Death, 2013)

Grantchester

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02/02/16

Nymphéas Noirs, de Michel Bussi

NYMPHÉAS NOIRS

À Giverny, berceau de Claude Monet, la découverte du corps d'un ophtalmologiste gisant dans l'eau, plaie béante au cœur, crâne ouvert, provoque un choc émotionnel, même s'il faut bien admettre que la victime n'était pas sans tache non plus. Réputé pour être un coureur de jupons, Jérôme Morval aurait payé sa nature butineuse. Et très vite, les rumeurs grondent dans le village, des photos sont adressées anonymement aux enquêteurs, rendant perplexe le nouvel inspecteur, Laurenç Sérénac. Avec son look de jeune motard, blouson de cuir, sourire rebelle, l'homme fait palpiter le cœur de la ravissante institutrice, Stéphanie Dupain, dont le mari devient, dans la foulée, le suspect principal. L'adjoint Sylvio Bénavidès tente de freiner les ardeurs de son supérieur, certes beau gosse et érudit, tout en fouillant activement dans les archives des musées, dans les mémoires collectives, ou se lançant sur la piste de tableaux volés, des Monet authentiques, débusquant par la même occasion la mort accidentelle d'un môme de onze ans, classée sans suite, malgré les protestations de la mère convaincue du contraire. Cette lecture, finalement, possède un charme éthéré, calfeutré sous la couche du suspense, des crimes à répétition (eh oui... ce n'est pas faute d'avoir été prévenus non plus), des silhouettes floues et fuyantes qui parcourent les rues de Giverny, ressassant des souvenirs, élaborant des théories, tels “des yeux de hibou qui voit et sait tout”. C'est aussi une lecture étrange, empreinte d'émotions et chargée de points de suspension. On devine plus qu'on ne suppose, tout en pénétrant dans une intrigue nébuleuse et inquiétante, mais tout de même enveloppée dans un voile vaporeux, du moins c'est ce que je ressens après avoir tourné la dernière page. La fin du roman est franchement déconcertante. Limite poussive, pour dire la vérité. J'avais anticipé ce revirement et les révélations qui en découlent, aussi je n'ai pas été totalement ébahie par la découverte. Mais l'entourloupe est brillante et originale, drôlement bien suggérée et servie royalement sur un plateau. On est en droit de relire le roman pour le considérer autrement ! Livre après livre, Michel Bussi convainc, séduit, touche et surprend. Il use et abuse de jeux de miroirs pour semer la zizanie et mystifier son lecteur, lequel saisit les nuances et apprend à déjouer les plans de l'auteur, sauf que ce petit jeu de dupes fait vite tourner les têtes et esquinte les nerfs. Mais c'est de bonne guerre. ;-) À la lecture, Colette Sodoyez, plaisante et agréable, nous embarque dans cette histoire pour le moins troublante et évanescente. 

 Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Colette Sodoyez (durée : 13h 40)

Téléchargez l'extrait (mp3, 2 Mo)

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015

01/02/16

Dossier 64 / Les Enquêtes du Département V (n°4), par Jussi Adler Olsen

DOSSIER 64

Les affaires roulent, pour notre équipe du Département V, qui a le vent en poupe. Même si, pour l'heure, leur principale préoccupation semble être de résister à l'épidémie de grippe qui sévit dans le commissariat, les vieux dossiers s'empilent sur les bureaux et réclament à cor et à cri leur attention. L'inspecteur Carl Mørck, toujours autant à côté de la plaque, voit ses vieux spectres resurgir, concernant la fusillade dont il a réchappé in extremis, contrairement à ses deux partenaires. Des zones d'ombre persistent, empoisonnent son existence et son moral, notre inspecteur est à cran, aussi cède-t-il de bonne grâce aux insistances de ses assistants, Assad et Rose, pour se préoccuper de la disparition, dans les années 80, de Rita Nielsen, une fan de Madonna, également connue pour vivre de ses charmes. Le département V l'ignore encore, mais cette affaire est plus que sulfureuse, voire carrément glauque et scandaleuse. Car elle va mettre à jour des pratiques honteuses de la médecine, avec la complicité des services sociaux et sous l'égide d'un parti politique extrêmiste. Il était une fois, l'île de Sprogø... où des filles paumées étaient envoyées dans un institut d'aliénées pour y subir, en plus des sévices corporels, des stérilisations forcées et des tortures mentales. Franchement, abject. Parmi elles, se trouvait la jolie Nete Hermansen, une victime abusée parmi tant d'autres, sauf que... Trente ans plus tard, Nete est résolue à se venger et décide d'inviter ses anciens bourreaux à prendre le thé, pour solde de tout compte. Accrochez-vous aux détails et aux descriptions dégoûtantes et méprisables... c'est assez tendu et démoralisant. Pour le reste, c'est avec grand plaisir qu'on suit les frasques de notre trio de choc - Carl et sa relation amoureuse avec sa psy sexy, Assad et ses nombreux secrets sur son passé et ses origines, Rose, fantasque et rebelle, dont on comprend un peu mieux les troubles de la personnalité... Bref. On ne s'ennuie pas. J'ai même trouvé que l'auteur s'éclatait davantage à dessiner son petit monde et privilégiait cette belle connivence, parfois au détriment de l'enquête qui décolle quelque peu tardivement. En tout cas, cette lecture a le goût des retrouvailles pittoresques et déjantées, avec une équipe complètement barrée, mais tellement attachante qu'il me tarde déjà de renouer avec. Les personnages sont, incontestablement, le point fort de la série.

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par  Julien Chatelet (Durée : 16h 51) ♦ Traduit par Caroline Berg (Journal 64) pour les éditions Albin Michel ♦ Sortie Le Livre de Poche, Janvier 2016 également. ;-)

Dossier 64   Challenge Nordique 2016



25/01/16

Le Spectacle de Noël, d'Anne Perry

LE SPECTACLE DE NOËL

Caroline et son mari Joshua Fielding ont été conviés chez les Netheridge, dans un village perdu en pleine campagne, à Whitby, pour apporter leur soutien à miss Alice qui monte sa première pièce de théâtre, adaptée du roman de Bram Stoker, Dracula, paru un an plus tôt. Le père est en effet soucieux de la réputation de sa fille et entend préserver son nom d'une humiliation publique après la représentation prévue pour la veillée de Noël. Car ses craintes sont tout à fait légitimes : pour l'heure, l'adaptation est hasardeuse, la mise en scène chaotique et les acteurs, éteints, ne donnent aucun souffle à la pièce. Le fiasco semble confirmé. Sur ces entrefaites, un voyageur égaré se présente à la porte et est introduit avec déférence dans le salon des Netheridge. L'homme, de belle prestance, est également bien mystérieux avec son costume noir et sa mine pâle. Mais son arrivée ragaillardit l'assemblée neurasthénique. L'inconnu fait également preuve d'aisance sur le mythe du vampire et a une connaissance prodigieuse du théâtre. Son regard est percutant, ses conseils précieux. La pièce s'en trouve métamorphosée. Et Alice tombe sous le charme de cet Anton Ballin, au grand mécontentement de son fiancé attitré, Douglas Paterson. Dans cette demeure bourgeoise, coupée du reste du monde, à cause d'une tempête de neige, l'ambiance ne cesse de s'apesantir et miner les esprits. Caroline a hâte d'en sortir, quand le drame finit par s'abattre. Le climax survient assez tardivement dans l'histoire, mais on passe tout de même un agréable moment avec Caroline Fielding - la mère de Charlotte Ellison Pitt - qui ne cache rien de son changement de vie, lourd de conséquences. Que de chemin parcouru ! Aujourd'hui elle s'inspire des méthodes de son gendre, inspecteur de police, pour éclaircir un crime sordide, accompli exprès pour semer le trouble dans la tête d'une assistance fragile et émue. C'est toujours un plaisir de renouer avec les romans d'Anne Perry, d'y croiser des personnages fétiches, de s'imprégner ici de l'univers du théâtre et des contes vampiriques. Cela peut paraître inattendu, mais le résultat est d'une grande subtilité et embobine efficacement le lecteur. Un bon cru de la collection. 

10x18 Grands Détectives / Novembre 2013 ♦ Traduit par Pascale Haas (A Christmas Homecoming, 2011)

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24/01/16

L'Homme au complet marron, d'Agatha Christie

L'Homme au complet marron

Après la mort de son père, Anne Beddingfeld se retrouve seule et sans le sou, mais a la tête farcie d'aventures flamboyantes piochées dans ses nombreuses lectures. Aussi, lorsqu'elle assiste à la chute mortelle d'un homme, sur les quais du métro, elle voit un prétendu médecin, en complet marron, prendre la poudre d'escampette après avoir énoncé son verdict. L'imagination d'Anne s'enflamme aussitôt. Cet inconnu aurait été également aperçu sur les lieux d'un crime, dans une villa déserte, où une femme a trouvé la mort. Après avoir recoupé plusieurs indices en lisant les journaux, Anne n'hésite plus une seconde et claque ses dernières économies pour une cabine en première classe à bord d'un paquebot en partance pour l'Afrique du Sud. D'autres péripéties attendent notre héroïne, qui a pleinement la sensation de vivre le rêve de sa vie. La voilà embringuée dans une histoire d'espionnage, de diamants volés et de chasse à l'homme, comme dans les romans qu'elle affectionne ! Et même si les envolées sentimentales ne sont probablement pas le point fort de l'auteur, on devine qu'elle a pris un plaisir fou à jouer avec les clichés et composer une intrigue explosive, où l'action, le suspense et la romance font bon ménage. C'était charmant, particulièrement exaltant à suivre.

Le Masque A. Christie / Mai 2006 ♦ Traduction de Sylvie Durastanti (The Man in the Brown Suit, 1924)

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23/01/16

Le Meurtre de Roger Ackroyd, d'Agatha Christie

Le meurtre de Roger Ackroyd

Le village de King's Abbot est sous le coup de l'émotion après la mort soudaine de Mrs Ferrars, probablement empoisonnée, victime d'un maître-chanteur, dont seul son ami et voisin Roger Ackroyd avait connaissance de l'existence. Mais peu après avoir eu vent de son identité, lui aussi est retrouvé mort, dans son fauteuil, près de la cheminée, alors qu'il s'était enfermé à double tour dans son bureau. Le docteur Sheppard, également le médecin du village, est témoin des événements qu'il relate dans ce roman particulièrement bien troussé ! Car Sheppard va également faire la rencontre de sa vie, en la personne de son nouveau voisin, un petit belge comique, qui maltraite son potager et expédie ses citrouilles de mécontentement, manquant assommer notre narrateur. L’incomparable Hercule Poirot entre alors en scène... Soucieuse de rendre justice à son oncle, Flora Ackroyd supplie le détective, pourtant à la retraite, de démasquer la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Amen. Et il aura fort à faire concernant l'entourage du riche et exigeant Ackroyd. Tous sont vraisemblablement coupables de mensonges, petits et gros, qui nuieraient à la résolution de l'enquête. Il enjoint donc famille, amis ou domestiques d'aller à confesse, notre ami Poirot est tout ouïe. Cette lecture vaut franchement le détour, rien que pour son suspense, sa construction et sa fameuse pirouette. Le scénario ici est habile et inventif, clairement en avance sur son temps, il réinvente les codes et bouscule les traditions... c'est du grand art ! Et puis c'est drôle, raconté avec une pointe d'ironie, dont l'apparition épique de Hercule Poirot ! Notre jeune retraité, qui se languit de son ami Hastings, parti en Argentine, est en mal d'ami et va élire Sheppard comme étant son nouveau confident. La sœur de celui-ci, Caroline, mettra également son grain de sel, avec ses bavardages incessants et son goût prononcé pour les commérages, elle sera d'une aide précieuse pour la conduite de l'enquête, et séduira Hercule autrement que par sa confiture de nèfle. ;-) Une lecture indispensable. Chapeau, Dame Agatha ! 

Le Masque, coll. Masque Christie / mars 2007 ♦ Traduction entièrement révisée par Françoise Jamoul  (The Murder of Roger Ackroyd, 1926)

Le meurtre de Roger Ackroyd 2013

Bibliothèque idéale d'A.Christie (Novembre 
2013) Couverture par Martin Parr

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : des taches de sang

21/01/16

Le Monde caché d'Axton House, par Edgar Cantero

Le monde caché d'Axton House

A. et son amie Niamh, un couple de jeunes londoniens, viennent de toucher un bien généreux héritage d'un parent éloigné, Ambrose Wells, qu'ils ne connaissaient pas du tout. Les voilà donc en Amérique, plus précisément à Point Bless, une petite ville de Virginie, en train de poser leurs valises à Axton House, un magnique domaine aux allures gothiques, qu'ils découvrent avec des yeux écarquillés. Mais ils ont à peine le temps de savourer leur fortune qu'ils déchantent aussitôt en apprenant que l'ancien propriétaire s'est défenestré le jour de son 50e anniversaire, tout comme l'avait fait son père, au même âge, trente ans plus tôt. A. semble convaincu qu'une étrange malédiction frappe sa famille et cherche à en percer le secret. Il commence donc à fouiller chaque recoin de la maison, dépouille la bibliothèque, livre par livre, à la recherche de lettres ou d'indices censés le mettre sur la piste d'une société secrète, dont les membres, éparpillés à travers le monde, confirment l'un après l'autre leur rendez-vous pour la réunion annuelle du 21 décembre. Le mystère qui pèse sur Axton House ne cesse de s'alourdir. A. subit de plus en plus l'emprise de la maison, fait des cauchemars la nuit, entend des murmures, soupçonne une présence dans la salle de bains... Notre jeune héritier se métamorphose à vue d'œil et son amie Niamh, une fringante punkette mutique, au tempérament plus pragmatique, s'inquiète pour lui. Sûr qu'on marche à fond dans le délire de l'auteur, qui nous concocte une savoureuse intrigue, mystérieuse et passionnante, plantée dans un cadre fascinant, dont on s'imprègne littéralement. C'était fantastique, avec quelques longueurs dans l'histoire, mais franchement fantastique de monter à bord d'une fantasmagorie aussi géniale qu'incroyable ! ... 

10x18 ♦ Janvier 2016 ♦ Traduit de l'anglais par Paul Benita (The Supernatural Enhancements)

Challenge ABC Policier Thriller

19/01/16

Meurtre en Mésopotamie, d'Agatha Christie

Meurtre en Mésopotamie

Amy Leatheran vient d'être embauchée pour s'occuper de l'épouse du Dr Leidner, un archéologue actuellement sur un chantier de fouilles en Mésopotomie (aujourd'hui, l'Irak), car celle-ci est atteinte d'une maladie nerveuse, liée à un profond sentiment d'insécurité. Louise Leidner révèle rapidement à son infirmière qu'elle est persuadée d'être harcelée par son ex, qui cherche à se venger d'elle pour avoir rompu leurs fiançailles et dénoncé ses activités illicites. Sur le campement, chacun semble se désintéresser des crises hystériques de Mrs Leidner. Aussi, l'annonce de sa mort provoque un léger tumulte dans les rangs. La jeune femme s'était en effet repliée dans sa chambre, close et sans issue possible, à proximité de ses partenaires de voyage. Sous le choc, ils n'en montrent pas moins leur soulagement en évoquant le caractère exécrable de la victime. Louise Leidner aimait diriger son monde et était une femme particulièrement exigeante. Elle avait réussi à s'attirer l'antipathie de tous et n'en éprouvait pas le moindre remords. Amy Leatheran va ainsi rencontrer ce cher Hercule Poirot, de passage dans la région pour résoudre un scandale militaire en Syrie, et partager à ses côtés une expérience unique en résolvant un crime complexe. Après avoir établi les alibis de tous les protagonistes, et pris note de leurs griefs, le détective belge va épingler le cerveau de cette infamie, qui a conduit tout de même à un deuxième assassinat ! Cette évasion exotique, forcément liée au propre parcours de l'auteur, passionnée de voyages et épouse d'un archéologue, dresse une intrigue traditionnelle et distinguée, qui s'attache davantage à la peinture des personnalités et à l'ambiance du lieu qu'à décrire les recherches harassantes et la réalité sur le terrain. Mais c'était juste Miam ! Et j'ai énormément souri à la description faite par Amy Leatheran lors de sa toute première rencontre avec Monsieur Poirot. ;-)

« Jamais je n'oublierai l'impression que me causa Hercule Poirot la première fois que je le vis. J'avais dû me représenter un personnage dans le genre de Sherlock Holmes, long et mince, au visage fin et intelligent. (...) Rien qu'à le regarder, il vous prenait envie de rire. Poirot vous rappelait un artiste sur la scène ou au cinéma. D'abord, ce petit bonhomme tout rond, haut à peine de cinq pouces, paraissait tout à fait vieux avec son énorme moustache et sa tête en forme d'œuf. On eût dit un coiffeur dans un vaudeville. » (Trad. Louis Postif, 1967)

Le Livre de Poche /  Parution : Mai 2010 pour la présente éditionTraduction de Robert Nobret pour Le Masque (Murder in Mesopotamia, 1936)

La jaquette de l'édition britannique chez Collins Crime Club est illustré par Robin McCartnay. Agatha Christie l'avait rencontré au printemps 1935 sur le chantier de fouilles de Chagar Bazar et lui proposa sans hésiter d'illustrer son livre de l'époque. Elle s'inspira aussi de son amie Katharine Woolley, épouse de l'archéologue Sir Leonard Woolley, pour croquer le personnage de Mrs Leidner. ;-)

Murder in Mesopotamia      bannerfans_16489672 (61)

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