20/01/15

Temps mort, par Harlan Coben

TEMPS MORT

(Myron Bolitar #5)

Myron Bolitar est recruté pour veiller sur l'étoile montante du basketball féminin, la ravissante Brenda Slaughter. « Du miel tiède sur des pancakes du dimanche. » Excusez du peu ! L'entourage de la sportive soupçonne son père de vouloir ruiner sa carrière, or ce dernier est porté disparu. Myron ne cache pas sa perplexité, puisqu'il a connu Horace durant ses jeunes années et ne conçoit pas une once de duplicité chez lui.

Brenda, aussi belle que farouche, semble soutenir la thèse de Myron. Le couple devient alors inséparable et noue une connivence très forte, et de plus en plus compromettante, d'autant plus que notre agent voit sa dulcinée prendre le large et considérer leur avenir d'un autre œil. Myron, confronté à son destin ! ... Il était temps, ai-je envie de souffler.

Avec le recul, je me rends compte que cette histoire m'a davantage séduite, en dépit des petits travers linguistiques de l'auteur (qui me font sourire plutôt que froncer les sourcils). C'est de bonne guerre, la série Myron Bolitar jure complètement sur la crédibilité mais divertit tant et si bien le lecteur qu'il ne tient nullement rigueur aux facilités récurrentes.

Car ce sont toujours les mêmes ficelles et de sacrées répliques doucereuses... L'histoire inspire aussi beaucoup de compassion, l'enquête décèle une part sombre et cruelle qui n'est pas sans charme. Contre toute attente, ce cinquième tome aura su me toucher plus que de coutume !

Pocket, août 2011 pour la présente édition ♦ traduit par Paul Benita (One False Move)

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Du sang sur le green, par Harlan Coben

DU SANG SUR LE GREEN

(Myron Bolitar #4)

Le couple de champions de golf, Linda et Jack Coldren, en plein tournoi de l'US Open, apprend la disparition de leur fils de 15 ans, Chad. Kidnapping ou fugue ? Le couple refuse aussi sec d'alerter la police ou les médias mais conçoit timidement l'aide de Myron Bolitar, lequel va rapidement s'apercevoir que tout dans cette affaire sonne faux.

De plus, son ami Win marque la distance et le laisse mijoter dans son jus, à se triturer les méninges face à un couple Coldren qui manque de transparence et inspire peu de sympathie... Myron pédale dans la semoule, alors que sa fiancée Jessica fait de nouveau des siennes et son assistante Esperanza le tanne pour devenir son associée. Situation tendue pour notre agent sportif !

L'enquête, néanmoins, déploiera un certain cafouillis, à force de multiplier les retournements de situation qui ne produisent plus l'effet escomplté ! Trop, c'est trop. On ne comprend plus rien, ou cela ressemble à du grand n'importe quoi. Au milieu de tout ça, Myron sera égal à lui-même : charme et humour à deux balles pour contrer le sordide. Et pour la première fois, Win lèvera le voile sur un aspect insoupçonné de sa personnalité ! Woow.

Bref, ce quatrième titre n'est pas sensationnel mais fait partie d'un ensemble toujours agréable à découvrir...

Pocket, août 2011 pour la présente édition ♦ traduit par Thierry Arson (Back Spin)

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15/01/15

Angor, de Franck Thilliez

Angor

Angor s'inscrit dans la lignée du triptyque (Syndrome E, GATACA et Atom[ka]), avec toujours Sharko et Lucie Henebelle en tête d'affiche, sauf que le couple se fait voler la vedette au profit de nouveaux personnages : Camille Thibault, jeune gendarme travaillant dans le Nord, et Nicolas Bellanger, leur capitaine au 36, quai des Orfèvres.

Depuis sa greffe du cœur, Camille est obsédée par l'identité de son donneur. Elle s'imagine partager les pensées de celui-ci, car elle se surprend à avoir des envies de fumer ou fait souvent des cauchemars avec une inconnue appelant à l'aide. Tout ceci l'interpelle et rien ne peut la détourner de son but. Sur la route de ses vacances, elle en profite pour mener son enquête... qui la conduit vers l'équipe du 36.

En ce mois d'août caniculaire, l'effervescence est à son comble, dans les bureaux. Des corps refont surface, orientant vers une piste fumeuse, également suivie par Camille, qui fait cavalier seul. Mais les enquêtes respectives mènent vers un seul but : le démantèlement d'un réseau de trafic d'organes ! F. Thilliez n'y va pas avec le dos de la cuillère et nous plonge, à nouveau, dans l'ignominie de l'espèce humaine (qui n'est pas sans rappeler La Patience du diable de M. Chattam !).

J'ai beaucoup aimé renouer avec l'univers macabre et tordu de l'auteur, reprendre contact avec ses personnages et, pourquoi pas, donner une chance aux électrons libres de s'affirmer. On a entre les mains une intrigue diabolique et efficace, mais dont le schéma peine ici à se renouveler car j'ai été beaucoup moins surprise par la logique et le dénouement de l'enquête. Celle-ci part carrément en roue libre, du fait de l'entêtement de Bellanger, qui perd tout son bon sens et se fiche de la procédure, au nom de l'Amour ! Quelle fumisterie.

Rien que pour ça, j'ai un peu tiqué. Par principe. Les tourments de Nicolas prennent trop d'importance et nuisent à la crédibilité de l'histoire. Je ne suis pas déçue, mais plutôt frustrée, car l'affaire n'est pas proprement terminée et annonce d'autres rebondissements, gageons ainsi que nos tourtereaux retrouveront leur rigueur et leur professionnalisme pour ne plus me laisser cette sensation de “too much” au fil des chapitres. D'un autre côté, je tiens à souligner l'excellente réflexion, objective et pertinente, sur le don d'organes, proposée en filigrane dans ce livre !

Audiolib, décembre 2014 ♦ texte intégral lu par Michel Raimbault (durée : 17h 47) ♦ 618 pages chez Fleuve Noir

Interprétation irréprochable de Michel Raimbault, dont la voix colle à merveille avec le caractère bourru de Sharko ! Aucune fausse note à l'écoute de l'Audiolib, même s'il faudrait songer à une autre alternative pour les voix féminines...

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14/01/15

Cyanure, de Camilla Läckberg

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Une lecture coupe-faim pour tous les amateurs des enquêtes d'Erica Falck et Patrik Hedström, sauf que notre couple phare n'apparaît pas entre ces pages et laisse la vedette à Martin Molin, le jeune policier au cœur d'artichaut.

À l'approche des fêtes de Noël, Martin part en weekend avec sa petite amie Lisette, sur l'île de Valö, où se réunit toute sa famille. Mais le séjour tourne au vinaigre lorsque le grand-père Ruben, après un exercice de remontage de bretelles pour toute la tablée, s'écroule la tête dans son assiette. L'homme a été empoisonné ! Martin agit aussitôt en conséquence et rassemble les témoins dans la bibliothèque. Plus besoin de sauver les apparences, ils sont tous à couteaux tirés. L'ambiance est glaciale, voire explosive. De plus, à cause de la tempête, ils se retrouvent bloqués sur l'île jusqu'à nouvel ordre.

Cette lecture ressemble tellement à un roman d'Agatha Christie, l'illusion est parfaite qu'on s'y croirait ! L'enquête se déroule en vase clos, autour d'une assemblée familiale aux aguets, notre détective débutant a privilégié la posture du gars attentif, qui observe et interroge les suspects, puis ressasse ses réflexions en buvant du café et en dégustant des brioches à la cannelle, au coin du feu. C'est une atmosphère très cosy, qui pourrait en déconcerter plus d'un, mais qui a su me charmer malgré les nombreuses maladresses de l'intrigue.

Le dénouement déçoit naturellement, par sa résolution précipitée et son clin d'œil impromptu à Sherlock Holmes. Un tour de passe-passe que je trouve facile et frustrant. Mais cela a tout de même été gratifiant de retrouver l'île de Valö, cf. La faiseuse d'anges, et plus généralement le cadre nordique et familier de Camilla Läckberg.

Actes Sud, coll. Actes Noirs, novembre 2011 ♦ traduit du suédois par Lena Grumbach  

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13/01/15

En mer, de Toine Heijmans

en mer

Donald a largué les amarres, à bord de son voilier rouge, pour une virée en mer du nord durant trois mois. Moral en berne, boulot peu épanouissant, vie de couple en stand-by. Ce besoin de partir devenait vital. Son épouse, Hagar, l'a immédiatement soutenu, gageant que cette aventure le rendrait meilleur à son retour. 

Et puis, deux-trois jours avant la fin du périple, Donald propose de récupérer leur fille de sept ans, Maria, lors d'une escale au Danemark. Il rêve de voguer en duo avec la prunelle de ses yeux. Il s'y voit déjà et se fait un film dans la tête : osmose fabuleuse, complicité évidente et expérience inoubliable.

La petite Maria s'invite donc à bord, avec ses Barbie, sa peluche préférée et ses questions à la pelle. Ensemble, ils mangent des sardines grillées, nagent en pleine mer, dévorent des tartines au chocolat, regardent le ciel... menaçant. Un gros rouleau de nuages sombres s'annonce à l'horizon. L'orage approche. Donald se crispe et multiplie les signaux d'alerte. Surtout, ne pas faillir. Être à la hauteur. Ne pas décevoir.

Ce court roman de 160 pages réussit l'exploit de nous bluffer en partageant l'état d'esprit du narrateur, un type plein d'allant, animé d'intentions louables, mais vite gagné par l'angoisse et saisi d'une paranoïa démentielle lorsque surgit le doute. Celui qui fait perdre tous les repères et noircir un tableau jusque là idyllique. 

J'ai beaucoup apprécié cette plongée vertigineuse et délirante, le suspense psychologique et la construction en flashback qui nous tient d'autant plus en haleine ! Puis survient la fin ... véritable soufflé sorti du four trop tôt, dégonflé par l'air ambiant.

Sérieusement, quelle déception ! Quelle supercherie. J'en attendais davantage, ou disons que je regrette que l'éditeur ait osé faire des promesses non tenues. Une belle arnaque, cette comparaison avec Sukkwan Island. Mais les 3/4 de la lecture n'en demeurent pas moins stupéfiantes !

10/18 (littérature étrangère), septembre 2014 ♦ traduit du néerlandais par Danielle Losman ♦ Prix Médicis Étranger 2013

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06/01/15

Le Ver à Soie, de Robert Galbraith

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Auréolé de son récent succès dans l'affaire Lula Landry (cf. L'Appel du coucou), Cormoran Strike voit son business de détective privé prendre enfin l'essor espéré. Il peut désormais traiter les dossiers selon son bon vouloir, et non plus pour renflouer des caisses désespérément vides, assurer sa survie, payer son loyer, prouver qu'il n'est pas un raté, etc.

Lorsque la petite Mrs Quine, épouse de l'écrivain Owen Quine, se présente à son bureau, déboussolée et ruisselante de larmes, Cormoran est saisi de compassion. Son mari a disparu de la circulation, soit-disant pour fignoler son dernier roman. Sa maison d'édition balaie tous les doutes possibles : elle n'est au courant de rien !

Ceci dit, Owen Quine venait de mettre le point final à un ouvrage sulfureux, qui tournait en dérision sa famille et ses proches. L'homme n'était plus à un scandale près et prenait plaisir à multiplier les audaces pour regagner l'intérêt du public. Il semblerait, hélas, que son énième tentative ait provoqué la colère de trop.

Les suspects ne manquent pas, les pistes non plus, c'est ce qu'on découvre au détour des chapitres de ce roman passionnant, classique dans sa ligne de conduite, mais toujours hyper efficace pour captiver l'amateur d'intrigues finement troussées, au suspense psychologique redoutable.

C'est toujours bon aussi de retrouver Cormoran et son assistante Robin, dont la relation ne cesse de s'étoffer, entre complicité professionnelle et amitié sincère. L'univers de la jeune femme est pourtant mis à mal depuis son embauche. Son couple formé avec Matthew est toujours sur la corde raide, Robin est tiraillée entre son besoin d'épanouissement personnel et ses rêves de petite fille...

Cormoran aussi nous ouvre les portes de son intimité, en croisant ses amis ou son demi-frère, le seul membre de sa famille paternelle à se soucier de lui. L'homme fait montre d'une certaine sensibilité, sur laquelle il ne s'étend pas, mais qui se révèle très touchante ! Robert Galbraith (= J.K. Rowling) réussit un véritable tour de force : à la fois nous passionner pour l'enquête, pour son issue, sans réellement soupçonner l'identité du coupable, et pour la vie de nos héros.

Sans bouleverser les codes du genre, le roman s'y attache et touche sa cible. On est séduit par tant de finesse, par la minutie des détails et la construction de l'intrigue. On s'impatiente déjà pour la suite ! 

Audiolib, décembre 2014 ♦texte intégral lu par Philippe Résimont (durée : 17h 05) ♦ traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

05/01/15

Des enfants trop parfaits, de Peter James

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Effondrés après la perte de leur fils, décédé d'une maladie génétique rare, John et Naomi Klaesson décident d'accorder leur confiance au Dr Leo Dettore, un généticien de renom, qui vient d'élaborer une méthode infaillible pour « programmer un bébé sur-mesure ». Pour cela, le couple doit se rendre sur un paquebot luxueux, qui navigue dans les eaux tropicales, et régler une forte somme d'argent pour combler leurs plus folles attentes.

Si parfois les Klaesson remettent en question leurs décisions et l'éthique de cette entreprise, ils déculpabilisent aussitôt en pensant à leur futur enfant, « Luke », un beau bébé qui sera en parfaite santé. Très vite, Naomi tombe enceinte et retourne à sa routine, mais une simple visite chez son obstétricien vient tout plomber : elle attend une fille ! Et le Dr Dettore ne répond plus aux coups de fils du couple.

À partir de là, la pression endurée depuis des mois par le couple va leur sembler trop lourde, testant toujours plus loin la solidité de leur amour. Une fuite dans la presse va également les mettre en péril, d'une part en excitant la curiosité des journalistes et d'autre part en attirant la folie fanatique d'extrêmistes (les Disciples du Troisième Millénaire) qui fomentent des attentats contre Dettore et ses patients.

Mais l'incroyable se poursuit après la naissance (déjà, en elle-même, une scène mémorable !), car la progéniture des Klaesson va pulvériser les courbes, les tests, les niveaux, bref atteindre une perfection hors norme, de plus en plus dérangeante. C'est d'ailleurs ce qu'on ressent tout au long de la lecture, une sensation de malaise et d'inconfort qui nous tient à distance et nous empêche de compatir ou éprouver la moindre sympathie pour les personnages. 

L'intrigue, pourtant bien ficelée, tenue par un rythme bluffant et un scénario accrocheur, ne cesse de nous interpeller et titille notre curiosité à vouloir connaître la suite (dommage, le récit sonne parfois lourdaud, avec détails aberrants et gros clichés téléphonés). Mais j'ai lu ce livre très vite, sans déplaisir, en appréciant ce fourmillement d'angoisse, d'inquiétude et de doute éprouvé tout du long. 

Fleuve Noir, mars 2014 ♦ traduit par Raphaëlle Dedourge (Perfect people)

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01/12/14

Sukkwan Island, de David Vann

Sukkwan Island

Un père et son fils s'installent dans une cabane en pleine nature, sur une île en Alaska, pour une année en tête à tête. Pêche, chasse, solitude constituent leur lot quotidien. Le garçon de 13 ans sombre vite dans l'amertume, gardant toutefois pour lui ses réflexions acerbes. Il ne veut pas décevoir son père, déjà aux abois, désespéré d'avoir loupé sa vie (carrière en berne et relation amoureuse désastreuse). Le temps passe, et puis ça dérape... Ai-je été surprise par la tournure du récit ? Non. Par contre, j'ai craint le pire pour la suite de l'aventure, soudain beaucoup plus corsée, longue et désespérante. Bref, imbuvable.

Si j'ai été sensible à la mélancolie du début, j'ai complètement sombré dans l'ennui dès la deuxième partie de l'histoire, centrée sur le père. Je n'en pouvais plus de supporter un type aussi lâche ! Brrr... j'avais hâte d'être à la fin. Heureusement la lecture ne durait que 5 heures, portée par l'interprétation toujours vaillante de Thierry Janssen, qui rend encore plus maléfique l'esprit retors du bouquin.

Audiolib, juillet 2010 ♦ texte intégral lu par Thierry Janssen (durée : 5h 36) ♦ traduit par Laura Derajinski pour les éditions Gallmeister

Un feu dans la nuit, par Erin Kelly

Un feu dans la nuit

C'est l'histoire d'une famille, les MacBride, qui passe le weekend à la campagne, pour célébrer la mémoire de la mère, décédée trop tôt d'un cancer foudroyant. Le plus jeune frère, Félix, débarque avec sa nouvelle petite copine, Kerry, belle et provocante, ce qui agace l'aînée, Sophie, déjà au fond du trou depuis son accouchement. Un soir, tout le monde profite d'une sortie pour décompresser. Le bébé est confié à la blonde incendiaire. Mais à leur retour, panique à bord : l'enfant et la jeune femme ont disparu.

Ce qu'on découvre ensuite est complètement hallucinant ! On a un retournement de situation qu'on n'aurait jamais soupçonné et qui a non seulement le mérite de nous surprendre mais aussi de regagner notre intérêt flageolant. Le début est en effet assez classique, on s'attend à des retrouvailles larmoyantes d'une famille encore éplorée par la perte de leur mère. Mais l'ambiance à la campagne est tendre et chaleureuse, donc pourquoi pas ? Quand tout dérape, on n'a rien vu venir et on reste comme un rond de flanc.

Franchement, l'onde de choc a été la bienvenue. L'histoire prend une tournure plus machiavélique, et c'est très bon, captivant, avec une part de psychose bien flippante. Certes, l'expérience reste perturbante et inspire une multitude de sentiments, mais cette plongée au cœur d'une histoire familiale, cernée par la vengeance et la haine, est saisissante par sa mise en scène et sa rouerie. J'ai été bluffée. Rien que pour ça, je recommande ce livre ! 

JC Lattès, octobre 2014 ♦ traduit par Eva Roques (The Burning Air)

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17/11/14

Joyland, de Stephen King

Joyland

Après trois mois d'expérience à Joyland, un parc d'attractions dans la tradition des années 70, Devlyn Jones, étudiant désabusé par un échec sentimental, décide de prolonger son séjour en ne retournant pas à l'université. L'étourdissement saisonnier n'est plus, le jeune homme s'immerge pourtant dans les coulisses de l'univers forain avec enchantement. Il a tissé des liens d'amitié avec ses collègues, appris le « parlure », incarné le chien Howie avec brio... Après les flonflons de la fête, il est temps de dorloter la vieille dame.

Mais Devlyn est encore tout engourdi par la trahison de sa petite copine, malgré l'aide de ses nouveaux amis, Erin et Tom, il n'arrive pas à remonter la pente. Il se consacre donc à son boulot et veut percer le secret de la maison hantée (un crime a été commis des années plus tôt, le fantôme de la victime erre comme une âme en peine, selon la légende). Bref, il n'en faut pas plus pour s'attendre à une histoire passionnante et chargée d'intensité dramatique.

Et puis, non. C'est une lecture plus ancrée dans l'émotion et la mélancolie que nous propose S. King. Un roman où le héros se débat avec ses propres fantômes, où ses rencontres vont révéler le bon samaritain qui sommeille en lui, et où la déception amoureuse va chambouler son destin... Suspense et terreur, promis par l'éditeur, ne font pas partie du lot. Ou à moindre mesure. Ai-je été déçue pour autant ? Point du tout.

J'ai été happée par cette atmosphère d'une douce nostalgie, touchée par ce héros meurtri et désenchanté. J'ai également beaucoup apprécié cette plongée au cœur de la fête foraine, à travers un tableau idyllique et parfois figé dans ses clichés.  C'est un très bon roman, assez surprenant (peu avant la fin, il nous sort de son chapeau magique les quelques minutes de sensations fortes promises !). Mais la lecture est toutefois plus nuancée, car il s'agit avant d'un récit tout en finesse et en introspection. Une jolie histoire, assez émouvante.

Aurélien Ringelheim, nouveau venu dans l'écurie Audiolib, livre une interprétation brillante, en se glissant de façon troublante dans la peau du narrateur. C'est très bon ! Anecdote rigolote : il est connu pour interpréter Sacha dans la série Pokémon !

Audiolib, novembre 2014 ♦ texte intégral lu par Aurélien Ringelheim (durée : 9h 56) ♦ traduit par Nadine Gassie et Océane Bies pour les éditions Albin Michel



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