18/06/18

Le Pensionnat des innocentes, d'Angela Marsons

LE PENSIONNAT DES INNOCENTESDe récentes fouilles archéologiques sur le site de Crestwood, un ancien foyer pour jeunes filles ayant fermé ses portes après un incendie, font remonter à la surface des ossements et révéler, en vrac, des crimes d'une rare violence, des disparitions non signalées, des témoins brutalement assassinés les uns après les autres.
Pour l'inspectrice principale, Kim Stone, teigneuse mais bosseuse acharnée, l'enquête va prendre des tours et des détours compliqués, face auxquels son tempérament fougueux va vite passer en surchauffe.
En commençant cette lecture, on découvre avant tout le Pays Noir (ancienne zone minière située à l'ouest de Birmingham), dépeint comme un lieu de misère sociale et de désolation économique. Le ton est donné. On plonge ensuite dans une intrigue assez tordue - un tueur anonyme, qui s'en prend à une liste de victimes triées sur le volet, un passé omniprésent, des secrets reliés à des pactes, des remords obsédants, des souvenirs qui ne s'effacent jamais et une soif de vengeance qui ne reculera devant rien.
Au milieu, on fait connaissance avec l'équipe de police qui entoure Kim Stone, souvent épinglée par ses supérieurs, connue pour ses coups de sang et son franc-parler, mais réputée pour son travail abouti. On perçoit rapidement ses failles affectives liées à un passé traumatisant. Forcément, l'histoire de Crestwood avec ses pensionnaires malchanceuses va la renvoyer à ses pires cauchemars... 
En bref, les chapitres défilent, l'ambiance est pesante, le spectre d'un imbroglio inextricable pointe son museau. On est vite pris dans le feu de l'action et attirés par le suspense. Tous les signaux sont en rouge écarlate, scintillants sous notre nez, on ne voit pourtant pas venir le dénouement. Tout est bien cadenassé jusqu'au final ! 
Cela reste une bonne lecture, même si cela manque parfois d'audace. Il y a aussi beaucoup d'amertume et d'émotion, seulement je n'y ai pas du tout adhéré. L'auteur a publié d'autres livres autour du personnage de Kim Stone - quid du marché français ? À suivre, ou pas. 

Belfond Noir (2018) - Traduit par Valérie Bourgeois

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Angela Marsons a rencontré un succès éditorial considérable avec la publication de son premier roman, Le Pensionnat des innocentes, vendu à plus d'un million d'exemplaires et traduit dans plus de vingt pays. Elle vit dans le Black Country, en Angleterre, avec sa compagne et leur petite ménagerie.

 

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15/06/18

Le Maître des insectes, de Stuart Prebble

Le Maitre des insectes

Après la mort de ses parents dans l'incendie de leur maison, Jonathan, étudiant insouciant et amoureux fou de Harriet, plaque tout pour rentrer à Londres et s'occuper de son frère, Roger, un handicapé mental de six ans son aîné. Ce dernier vit en fait dans son monde à lui et voue une passion débordante pour les insectes, auprès desquels il passe des journées complètes. À force d'observations et d'expériences, il a également créé son propre insectarium dans un abri de jardin et est intarissable sur le sujet. Jonathan est toujours aux petits soins pour lui et ne souffre pas de la situation. Fort de son amour pour Harriet, il déborde de projets et n'imagine pas son avenir sans elle. Pour l'instant, le couple vit leur relation à distance, car Harriet poursuit ses études à Newcastle. Or, une ombre sournoise plane sur leur idylle car une jalousie maladive est en train de le ronger et faire rage. Jonathan ne s'explique pas sa frustration, mais il éprouve une haine viscérale dès qu'il pense à Harriet et à Brendan Harcourt (son partenaire en musique). Et puis le drame sonne à la porte, ding dong ! Une soirée trop alcoolisée, les idées embrouillées, des paroles malheureuses, une détresse insurmontable et une relation à la vie à la mort... Mon premier verdict, tout de suite, serait de dire que c'est un roman vraiment étrange (la relation fraternelle est très forte mais inspire un profond malaise aussi), pourtant l'histoire se lit d'une traite car elle nous entraîne dans les méandres d'une psychose paranoïaque qu'on ne voit pas venir et qui nous scotche aux pages du bouquin. Clap your hands. Cette lecture est clairement envoûtante !

Folio Policier (2016) Traduit par Caroline Bouet pour les éditions Denoël

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Stuart Prebble est un producteur de télévision anglais né en 1951.

 

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La petite amie, de Michelle Frances

la petite amie audibleLorsque Daniel présente sa petite amie Cherry à sa mère Laura, celle-ci est sincèrement heureuse pour lui et accueille la jeune femme avec un sourire bienveillant. En bonne mère surprotectrice, Laura veille au bonheur de son fils. De son côté, Cherry est attentive à ne pas commettre le moindre impair. En vérité, elle a un peu honte de ses origines modestes et n'a jamais ménagé ses efforts pour sortir de sa condition. Intelligente et ambitieuse, elle a décroché exprès un poste dans une agence immobilière à Kensington pour y faire des rencontres propices. Daniel Cavendish, étudiant en médecine, a ainsi croisé sa route et succombé à son charme. Très vite, la lune de miel entre Laura et Cherry va virer à l'orage. La mère se sent exclue de la vie de son fils, elle commence à mettre en doute la sincérité de Cherry et l'accuse d'être une croqueuse de diamants ! La riposte ne va pas se faire attendre. En bref, j'ai été carrément roulée dans la farine. J'avais imaginé un scénario classique, sans surprise. Au final, j'ai été scotchée. Les personnages sont impressionnants de duplicité (je n'ai fait que pester tout du long) et l'histoire est sacrément ingénieuse à balancer et contrebalancer le pouvoir des deux ennemies. Car Cherry et Laura vont se lancer dans une véritable guerre d'usure. Quand l'une prend l'ascendant sur l'autre, l'instant d'après, un détail vient renverser la tendance. Toutes deux sont tenaces et font preuve de sang-froid. Mais jamais elles ne vont baisser les armes. C'est glaçant. Par contre, ce bougre d'âne de Daniel est franchement nigaud et aveugle. Je n'ai fait que soupirer après lui (son père Howard est tout aussi inexistant). Les deux tigresses déchirent tout et tiennent le haut de l'affiche. Clairement, on vibre de la tête aux pieds, on éprouve de la compassion ou de la colère, on n'est plus qu'une boule de nerfs. C'est dire comme la tension psychologique est tendue de bout en bout. Je salue également la prestation de Pascale Chemin, totalement époustouflante. Elle s'est imprégnée des personnages, elle a fait corps avec leurs rôles, elle a alterné les intonations tour à tour onctueuses ou hystériques. Une vraie prouesse, qui rend l'écoute vivante et prenante ! Bravo. 

©2017 L'Archipel. Traduit de l'anglais par Antoine Guillemain

(P)2017 Audible Studios. Lu par Pascale Chemin (durée : 13h env.)

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Michelle Frances est productrice et scénariste de séries télévisées, dont Shameless. La Petite Amie, son premier roman, s'est déjà vendu à plus de 250 000 exemplaires au Royaume-Uni. Traduit en quatorze langues, il est en cours d'adaptation au cinéma.

 

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13/06/18

Le chat qui a tout vu, de Sam Gasson

Le chat qui a tout vuDans le quartier paisible de St. Andrew's Road, nul n'aurait pu imaginer un crime aussi horrible - une femme assassinée dans sa cuisine, le mari cuvant son vin dans la pièce à côté. Bruno Glew, onze ans, décide alors de prendre la succession de son père, détective fraîchement à la retraite. Et lance aussi vite les opérations : retrouver coûte que coûte Mildred (son chat qui a tout vu), consoler son meilleur pote Dean, convaincre l'opinion publique que le coupable idéal est innocent, retrouver l'homme aux bonbons, s'épancher devant l'affiche de Philip Marlowe (l'idole de son père) et porter la casquette de Sherlock Holmes, en confiant ses billes au compte-gouttes à la police. Après tout, chacun tire avantage de la situation... Hélas, cette lecture a été une cruelle déception. J'espérais une histoire pleine de peps, avec de l'humour, de l'ironie, du flegme, des aventures insolites, des détails cocasses, du rythme, de la surprise, du thé, de la jelly, des crumpets. Mais le résultat est beaucoup moins goûteux. Il y a en fait un tel décalage entre le narrateur de onze ans, obsédé par la disparition de son chat, surprenant ci et là des indices troublants sans saisir leur importance, et la réalité d'une affaire sordide, voire assez glauque. C'est tellement déconcertant que je ne suis pas sûre d'avoir accroché au principe. De plus, l'intrigue policière trop moyenne ne m'a pas convaincue (il y a du suspense et des rebondissements, mais un scénario noir de chez noir, totalement inattendu au moment de se jeter dans l'arène). Mon cœur n'a pas fait boum et ma tête oubliera rapidement ce rendez-vous loupé. Au suivant !

éditions L'Archipel (2018) - traduit par Catherine Duras

Sam Gasson, 34 ans, diplômé en écriture créative, passe ses journées à enseigner l'anglais à Horsham (Sussex) et ses soirées à écrire. 

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11/06/18

Le couple d'à côté, de Shari Lapena

le couple d'à côté lizzieAnne et Marco passent la soirée chez leurs voisins. Leur bébé de six mois dort tranquillement dans son lit, surveillé par un babyphone et leurs allées-et-venues toutes les trente minutes. Malgré toutes ces précautions, au moment de rentrer chez eux, le couple découvre avec horreur que leur petite Cora a disparu ! La police est aussitôt prévenue pour lancer les recherches. L'inspecteur Rasbach prend leurs dépositions mais soupçonne Anne et Marco de ne pas tout lui révéler. En grattant bien, il découvre notamment que l'épouse est dépressive et l'homme cachottier (boulot, liaison, belle-famille). D'autres révélations sont à craindre, qui viendront brouiller les pistes et faire perdre tous les repères.
En gros, l'intrigue va prendre des tours et des détours tantôt faciles tantôt inattendus. Ce n'est pas la révolution à tous les étages mais la lecture a au moins le mérite de titiller notre intérêt jusqu'au bout. J'ai d'ailleurs quasiment tout lu d'une traite - comptez une lecture audio de 9 heures, entrecoupée de brèves pauses - j'étais sacrément harponnée ! On a beau se dire qu'on a déjà tout lu, tout vu, que plus rien ne nous étonne, et bim on mord bêtement à l'hameçon. L'auteur réussit en effet à nous tenir en haleine à partir d'un scénario ordinaire (basique mais diablement efficace). Elle nous entraîne dans l'intimité d'un couple défaillant, au-delà de l'image du modèle fantasmé, elle met à nu les pensées et les non-dits. En deux temps trois mouvements elle nous retourne comme une crêpe, et on n'en attendait pas moins. 
Il s'agit aussi du premier titre que je découvre chez Lizzie - la nouvelle marque de livres audio lancée par Editis. Le texte lu par Taric Mehani est parfait : justesse du ton, intonation pertinente, mise en scène entraînante. On plonge sans chichis dans l'histoire, la réalisation sonore est sans artifice et irréprochable, en bref on va à l'essentiel. Suite à cette expérience plus que positive, je m'en vais piocher d'autres titres parmi un catalogue alléchant !  

©2017 Presses de la Cité. Traduit par Valérie Le Plouihinec

(P)2018 LizzieTitre téléchargé sur Audible FR

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Shari Lapena est anglaise mais a basé son histoire à New York - damned !

 

 


Petits meurtres à Mangle Street, de M.R.C. Kasasian

Petits Meurtres à Mangle StreetOrpheline sans le sou, March Middleton est invitée à rejoindre son parrain à Londres. Elle ne connaît Sidney Grice que de réputation - détective privé au 125 Gower Street, l'homme collectionne les articles de presse élogieux et les relations mondaines, d'où l'outrecuidance du bonhomme et son caractère odieux. Après avoir vécu auprès d'un père excentrique, cette nouvelle cohabitation n'effraie pas notre demoiselle (qui aime le gin et les romans policiers). Elle n'hésite d'ailleurs pas à tenir tête au sémillant détective, après la visite d'une nouvelle cliente. Mrs Grace Dillinger est venue plaider la cause de son gendre, William Ashby, lequel est accusé d'avoir poignardé son épouse. Le couple ne roulait pas sur l'or et tenait une petite boutique dans Whitechapel. La violence du crime a ainsi soulevé une vive émotion dans le quartier. Toutefois, en réalisant que toute rétribution financière est impossible, Sidney Grice refuse de s'embarrasser d'un tel dossier. Émue par la détresse de leur visiteuse, March se heurte à son parrain et reprend l'affaire. Or, la jeune femme est à la fois novice dans le métier et dans la ville. Elle avance donc à pas prudents et à tâtons, n'imaginant pas encore la portée de l'enquête et ses conséquences sur la carrière de son bienfaiteur. Grosse déception en bout de course. J'ai trouvé l'ensemble creux et caricatural. March est une héroïne sans charme, Sidney Grice est risible. L'ombre de Sherlock plane, mais de loin. Même l'apparition de Conan Doyle paraît bien lourde dans ce décor. La conduite de l'enquête n'est pas surprenante mais se laisse lire sans frémir. En somme, il ne suffit pas de convoquer les ingrédients qui font le succès d'autres séries victoriennes, encore faut-il le petit zeste qui apporte sa touche personnelle. Un rendez-vous prometteur qui prend la tasse. Gloups.

City éditions, 2015 pour la traduction française par Hélène Tordo

M.R.C. KASASIAN partage sa vie entre le Suffolk et l'île de Malte. Ce fier sujet de Sa Majesté connaît un immense succès avec cette série mettant en scène un duo de détectives originaux et attachants.

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08/06/18

L'attentat de Lancaster Gate, d'Anne Perry

l'attentat de lancaster gate

Une bombe vient d'exploser dans une maison de Lancaster Gate, faisant cinq victimes parmi les rangs de la police. Les premiers soupçons de l'enquête se focalisent sur les anarchistes, mais Thomas Pitt, commandant de la Special Branch, découvre au gré des témoignages que les agents auraient été piégés et envoyés dans un guet-apens. Un suspect sort rapidement du lot, seulement son identité doit demeurer secrète pour ne pas compromettre les négociations en cours entre le gouvernement et la Chine. Autre cas de conscience pour Thomas Pitt, il doit convaincre son ancien sergent, Tellman, de fouiller dans les archives de ses confrères pour vérifier si une possible erreur judiciaire, avec corruption passive, est à déplorer. 

Ambiance tendue et délétère dans ce 31ème épisode ! Les copains d'hier font grise mine et sont contraints à une posture désobligeante. De son côté, Anne Perry avance à pas mesurés pour déployer les ficelles de son intrigue (minutieuse) où l'on constate que les personnages sont tous mis à mal et pataugent dans un contexte particulièrement difficile. C'est une lecture qui ne manque ni de charme ni de raffinement. J'ai ainsi pris plaisir à retrouver Charlotte, sa sœur Emily, leur tante Vespasia ou Gracie Phipps autour d'un feu de cheminée, d'une tassé de thé ou dans un salon cossu. Cela pantoufle pas mal aussi mais il faut dire que tous les couples sont casés, plus besoin de s'attendre à de grands chamboulements, encore moins depuis que l'auteur a franchi le cap des 30 épisodes. En fait, Anne Perry ne me surprend plus mais bichonne tendrement ma fibre nostalgique (j'ai tellement vibré au rythme des premières enquêtes de Thomas et sa suffragette d'épouse). Désormais ses romans deviennent trop longs, avec des enquêtes qui se bouclent sans esbroufe, et se perdent parfois dans des atermoiements ronflants. Dans cet épisode, j'ai apprécié le procès final, sa mise en scène et ses révélations retentissantes. Ce dénouement a su me tirer de ma torpeur et me tenir en haleine jusqu'au tout dernier point ! Rien que pour ça, c'est déjà pas mal.

On reste dans une lecture audio impeccable, orchestrée par les éditions Thélème et lue par Frédérique Dufour. C'est lisse, sans chichis inutiles et d'une très grande sobriété. Je reste cependant sceptique quand au choix de proposer les derniers titres de la série. À quand le tout premier tome, L'Étrangleur de Cater Street ? Un peu d'ordre, maintenant !

©2017 Éditions 10/18, département Univers Poche. Traduction de Forence Bertrand

(P)2018 Éditions Thélème. Durée : 9h 53

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02/06/18

La dernière expérience, d'Annelie Wendeberg

La dernière expérience 10 18Après une première rencontre dans Le Diable de la Tamise, on retrouve Anna Kronberg - une femme médecin qui a longtemps caché son identité car la profession était interdite aux femmes - dans une nouvelle affaire sordide. Exilée dans son cottage du Sussex, Anna a finalement été pistée par le Professeur Moriarty - droguée, enlevée puis séquestrée chez lui, à Londres. Elle doit lui fournir une nouvelle arme chimique et n'a pas d'autre choix que de se plier à ses exigences - son père est également retenu en otage. S'installe alors une étrange cohabitation entre notre bactériologiste et son geôlier, l'un et l'autre ne se faisant pas confiance, tous les coups possibles sont permis - quitte à succomber au capiteux parfum de l'interdit. Ambiance opiacée, séduction veloutée, soirée à l'opéra, souper aux chandelles... Anna tombe sous le charme vénéneux de James Moriarty. Quid de Sherlock Holmes ? Lui aussi avait exercé un puissant ascendant sur notre héroïne - femme fatale et maîtresse de son corps, bravo ! - mais le fin limier avait également tracé son chemin sans demander son reste. Entre Anna et lui, l'attirance est palpable mais la raison domine la passion. Ceci dit, il ne faut pas chercher loin pour que la coquille se brise... Aussi troublante et sulfureuse soit-elle, la relation entre Anna et Moriarty ne nous laisse guère dans l'indifférence ! Le résultat est à la fois dérangeant et excitant, à l'image de la série. Pour tout dire, j'aime beaucoup le contexte historique, l'Angleterre victorienne, la société à double vitesse, les rôles controversés que l'auteur attribue à Holmes et Moriarty, les joutes verbales avec la scientifique, par contre l'intrigue est assez complexe et un peu lente pour faire battre mon cœur. Et l'idée d'une Anna Kronberg au centre des convoitises, suscitant les plus fervents penchants, c'est un peu fort de café ! Passons, car cette lecture me perturbe en exerçant une réelle addiction, ce qui m'a fait lire d'une traite les 300 pages du roman. Dernier tome disponible : L'Héritier de Moriarty aux Presses de la Cité.

10 X 18 Grands Détectives (2018) - traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux

Presses de la Cité, 2017 pour la traduction française

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01/06/18

Une cruelle absence, de Jenny Blackhurst

On débute ce Mois Anglais avec un roman à suspense qui m'a totalement prise au dépourvu !

UNE CRUELLE ABSENCEAccusée du meurtre de son bébé, Susan Webster a été internée dans un centre pénitentiaire pendant quatre ans. Elle tente aujourd'hui de reconstruire sa vie, sous une nouvelle identité, dans un petit village du Shropshire. Un matin, elle découvre sur son paillasson une enveloppe contenant la photo de son petit garçon... toujours vivant. Susan est sidérée. Encore sous le choc, elle peine à rassembler les souvenirs brumeux de cette journée funeste - la jeune femme était épuisée et souffrait d'une dépression puerpérale. Elle était sans connaissance quand on a découvert le corps sans vie de son fils à ses côtés. L'enquête a rapidement conclu qu'elle avait tenté de se suicider après son infanticide. Horrifié, son mari a demandé le divorce et coupé tout contact. Aujourd'hui, Susan se demande qui cherche à lui nuire - coups de fil intimidants, maison dévastée, filatures et menaces. Réalisant que son passé est loin d'être enterré, Susan décide de faire éclater la vérité et relance son enquête. Sa récente rencontre avec le journaliste Nick Whitely va finalement lui servir de ressort pour rencontrer les témoins de son histoire (avocate, mari, père, médecin etc.) et débroussailler les sentiers sinueux de cette sombre affaire. Stop, n'allez pas plus loin, plongez en apnée, avec la promesse d'un cocktail pimenté. Attendez-vous à du suspense, des rebondissements, des révélations étonnantes, des vies brisées, des secrets étouffants, des cauchemars, des mensonges et des vengeances acharnées... Je n'avais jamais entendu parler de ce livre. Je l'ai ouvert par curiosité (et parce que j'adore les romans policiers se déroulant en Angleterre). J'ai coulé aussi sec. Je n'ai rien vu venir du dénouement ni de la tournure des événements. J'ai juste tourné les pages avec avidité. Que de stress et d'angoisse. La lecture est simple, mais diablement efficace. Elle m'a tenue en haleine de bout en bout. Bon point pour ce roman !

belfond noir (2015) - traduit par Hélène Colombeau

titre VO : How I lost you

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31/05/18

La femme à la fenêtre, de A. J. Finn

la femme à la fenetreAnna Frost vit recluse chez elle et passe ses journées à boire du merlot en épiant la vie de ses voisins. Séparée de son mari et de sa fille, elle reçoit régulièrement de leurs nouvelles et les rassure sur sa santé - oui, elle suit scrupuleusement son traitement. Elle s'accroche. Elle est incapable de sortir, de voir du monde, elle a une peur panique dès que son pied franchit le seuil de la porte, mais elle s'accroche. Elle parle à des inconnus en ligne. Elle a également mis sa carrière de psy en berne et regarde des vieux films en noir et blanc à longueur de journée. En bref, Anna n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Sa routine est pourtant chamboulée avec l'arrivée des Russell dans le quartier. Très vite, Anna s'aperçoit que ça ne tourne pas rond dans cette famille et soupçonne le père d'être violent et tyrannique. Un soir, elle surprend le couple en train de se disputer et voit Jane Russell s'effondrer, le corps poignardé. Elle contacte aussitôt à la police, qui lui apprend l'existence d'une autre Jane Russell. La famille fait bloc, accuse Anna d'avoir tout inventé mais celle-ci s'acharne et fouille dans sa tête en vrac.
Pendant 500 pages, on avance ainsi à tâtons et on suit les méandres des pensées d'Anna - embrumées par l'alcool, les médicaments, les phobies et les non-dits. Il n'en fallait pas moins pour brouiller les pistes. On traîne donc pas mal la patte, à se demander ce qu'on fait là, à regarder cette femme errer dans sa propre existence, à s'interroger sur son état mental, à s'encroûter dans sa routine... Cela peut sembler lent et long - oui, ça l'est forcément - mais c'est aussi l'ambiance désirée par l'auteur. Distiller le doute, rendre la narratrice peu fiable, pointer son état borderline, hésiter entre la soutenir ou la blâmer. J'ai finalement opté pour la présomption d'innocence. Portée par ce rythme, j'ai tout gobé et n'ai absolument pas vu venir la fin ! Damned. Une prouesse.
En somme, c'est lourd d'une monotonie pointilleuse, soutenu par un suspense glaçant et nourri d'une tension psychologique ciselée. C'est gros mais assez bon car j'aime énormément les références aux classiques du cinéma qui ont donné le ton en créant une atmosphère façon Hitchcock & co (sans réellement égaler leur génie). Attendez l'essoufflement du buzz, puis tentez le coup ! 

Presses de la Cité (2018). Traduit par Isabelle Maillet

 

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