03/09/15

Jusqu'au dernier, de Deon Meyer

Jusqu'au dernier CD

Veuf depuis deux ans, Mat Joubert a sombré dans la dépression, en noyant son chagrin dans l'alcool et les cigarettes. Même son boulot d'inspecteur peine à le motiver tous les matins, tant il préfère retrouver le calme de sa maison, avec un bon bouquin pour seule compagnie. L'arrivée d'un nouveau chef au sein de la brigade va pourtant tout chambouler. Contraint de suivre un régime et de consulter un psy, Mat va peu à peu renaître de ses cendres !

On lui colle aussitôt dans les pattes une sombre histoire de meurtres en série, avec pour seul indice, un Mauser de collection. Cette affaire est rapidement parasitée par les tribulations d'un gentleman cambrioleur, qui détrousse les banques à tour de bras en faisant le joli cœur et sans guère se soucier de la police à ses basques. Voilà donc une 1ère rencontre avec Deon Meyer qui s'est pour le moins soldée sur une excellente appréciation !

C'est autant pour l'ambiance, les personnages et l'évolution des enquêtes que j'ai été captivée par ma lecture - lue par le magistral Eric Herson-Macarel, pour Sixtrid. Les tourments de notre flic désabusé, peu à peu résigné à s'extirper de son apathie, sonnent terriblement justes, sans affectation. Il en va de même pour son camarade Benny Griessel qu'on retrouvera vraisemblablement dans les prochains livres.

En somme, on a là un livre au suspense entraînant, avec une réelle profondeur dans l'analyse psychologique du personnage principal et un dénouement inattendu. Bon point pour cette alléchante introduction ! ;-)

Sixtrid / Janvier 2015 ♦ Texte lu par Eric Herson-Macarel (durée : 12h 28) ♦ Traduit par Robert Pépin (Dead at Daybreak)

Jusqu'au dernier

Points, coll. Policiers, thrillers & romans noirs / Février 2003

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Répulsion meurtrière, de Wiebke Lorenz

RÉPULSION MEURTRIÈRE

Marie est internée en asile psychiatrique, accusée du meurtre de son amant (retrouvé mort dans son lit, à ses côtés). Elle n'a aucun souvenir de son acte, si ce n'est d'être sujette à des obsessions de violence et des pulsions meurtrières depuis la perte de sa petite fille. En acceptant de se confier à son thérapeute, Marie déroule le fil d'une vie marquée par le bonheur et l'amour, avant d'être chamboulée par un drame insurmontable. Et c'est suite à son divorce que les premières crises sont apparues. Dès lors, Marie s'est enfermée dans la peur et le silence.

J'ai été emportée par la lecture de cette histoire éprouvante, cernée des spectres de la folie douce, avec une jeune femme qui s'interroge sur son état mental et sa capacité ou non de tuer. Le suspense est bien entretenu, avec des révélations finales complètement inattendues (je n'avais carrément pas TOUT deviné et j'ai été scotchée). Ceci dit, le cadre de la démence et des troubles psychologiques reste un sujet qui m'indispose et peine à me convaincre, même si l'auteur a su tirer les ficelles de la rouerie avec une grande habileté.

Cela reste un bon roman, distrayant et efficace, qu'on dévore littéralement.

Presses de la Cité / Avril 2015 ♦ Traduit par Corinna Gepner (Alles muss versteckt sein)

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02/09/15

Désir mortel, de Hans Koppel

Désir mortel

Lors d'un séminaire, Anna cède inexplicablement à son attirance pour Erik, un beau jeune homme croisé au bar. Mariée et mère de famille, elle mène ce qu'on nomme communément une vie modèle. Cette incartade est pour elle une folie d'un soir car elle entend reprendre sa routine sans dire un mot à son mari. Mais Erik resurgit comme un diable hors de sa boîte. Pressant, enjôleur et troublant. Il séduit la jeune femme et cherche à tout prix à la revoir.

Anna se sent prise au piège. Son corps la trahit, tandis que sa raison la supplie de cesser tout contact avec ce dangereux inconnu. Dangereux ? Oui. Sous ses dehors charmeurs, Erik suscite des frissons d'angoisse et de doute. Et l'on suit ainsi un engrenage sournois, entre attraction et répulsion, à se demander si Anna va réagir plus fermement, cesser de se voiler la face et réprimer son penchant vers l'interdit.

Le roman, au scénario classique, mais peu sulfureux, manque finalement de subtilité, avec ses dialogues artificiels et poussifs. Après tout, les personnages ont des réactions qui tiennent la route, même si elles sont désespérantes de banalité. Et cela rend la lecture si conventionnelle, très peu excitante, sans tension psychologique crédible. J'ai été plutôt déçue. L'idée d'une obsession passionnelle vénéneuse était alléchante, sauf que son traitement est ici sans grande originalité...

Presses de la Cité / mars 2015 ♦ Traduit du suédois par Hélène Hervieu (Kom ska vi tycka om varandra)

La Première blessure, de Ali Knight

La première blessure

Nicky a vu sa meilleure amie Grace être assassinée sous ses yeux. Cinq ans plus tard, ce drame continue de la hanter, même si elle a su trouver un certain réconfort dans les bras du veuf éploré. Mais le couple bat de l'aile à force de se croiser, entre Londres et Los Angeles, et communique de moins en moins. C'est alors que Nicky tombe sur Adam, un jeune homme rencontré dans l'avion. Fils de bonne famille, il est charmant et d'agréable compagnie. Il lui propose aussi de faire connaissance avec sa tante Connie, qui a travaillé dans une célèbre boîte de nuit dans les années 70 et flirté avec des tas de célébrités. Cela pourrait donner de la matière à un article pour son journal.

Nicky accepte et va sans se douter débarquer dans une grande saga familiale, aussi riche que mystérieuse, et visiblement cernée de dangers inavoués. En le suivant pour un weekend à la campagne, la jeune femme bascule toujours plus loin vers une zone de non-droit. Adam change de visage. Le séjour vire en pleine débâcle. À ce stade, on a là un roman qui a énormément de potentiel, où se joue une partie de séduction sulfureuse, au suspense pernicieux, et où les protagonistes endossent tous un rôle trouble, qui brouille volontairement les cartes. Un programme franchement alléchant et plutôt engageant, qui sera hélas nuancé dans la deuxième moitié du récit, plus décevante et longuette.

D'étranges accidents se produisent et font surgir de nouvelles révélations. Grace n'était pas la première épouse de Greg à décéder tragiquement. Un tueur à gages est de nouveau sur les rails. Adam a-t-il toute sa tête ? Pourquoi Nicky renonce à porter plainte contre lui et suspecte son mari d'attenter à ses jours ? À nous de débroussailler le vrai du faux parmi l'accumulation de données nébuleuses... Mais cette lecture m'aura finalement fait l'effet d'un appétissant moelleux au chocolat, à déguster sitôt sa sortie du four, lorsqu'on réalise avoir inversé le sucre avec le sel. Quelle amertume ! Le dénouement choisit la facilité, convenue et trop lisse.

JC Lattès / Mars 2015 ♦ Traduit par Nicolas Thiberville (The First Cut)

01/09/15

Dernière conversation avec Lola Faye, de Thomas H. Cook

Dernière conversation avec Lola Faye CD

Luke Paige, écrivain et enseignant, vient de conclure sa conférence lorsqu'il croise un fantôme de son passé en la personne de Lola Faye Gilroy. Cette femme était la maîtresse de son père, employée dans son drugstore. De cette liaison, a découlé un déchaînement de violence : le mari trompé a tué l'amant et l'épouse bafouée s'est éteinte à petits feux. Lorsque l'intrigante l'invite à prendre un verre, Luke ne se doute pas encore qu'il va s'engager dans une conversation interminable, où il va être bousculé et forcé à plonger dans ses souvenirs.

Pourtant, ses réminiscences vont peu à peu éclairer la tragédie familiale de façon stupéfiante. La construction du récit étant suffisamment astucieuse, on ne devine rien du tour que va prendre l'intrigue, dont les révélations ne vont jamais cesser de nous surprendre. J'ai aussi beaucoup aimé l'évocation du passé, ainsi que la peinture faite de Glenville, petite ville d'Alabama, où Luke a grandi en rêvant de de s'en échapper pour assouvir ses ambitions (intégrer Harvard). 

La lecture à huis clos est ainsi prodigieusement rendue par Marc Henri Boisse, pour Sixtrid, qui nous enveloppe dans un cocon et nous protège de l'onde de choc. On se situe au premier rang d'un drame en quatre actes, avec ses illusions perdues et ses failles sidérantes, et où le plus pourri n'est naturellement pas celui auquel on pense tout d'abord. C'est d'une grande finesse, franchement captivant. D'une tension psychologique redoutable, à lire comme un roman à suspenseUne vraie réussite. 

Sixtrid / Mars 2015 ♦ Texte lu par Marc-Henri Boisse (durée : 8h 23) ♦ Traduit par Gérard de Chergé (The Last Talk With Lola Faye)

 

Dernière conversation avec Lola Faye

Disponible en poche / Points, coll. Roman Noir, juin 2014

 


03/07/15

Les Fourmis, de Bernard Werber

Les Fourmis CD

Jonathan Wells vient d'hériter de l'appartement de son oncle Edmond, un éminent entomologiste qui a dédié sa carrière à l'étude des fourmis. Une seule consigne accompagne ce legs : ne jamais descendre à la cave. Mais Jonathan va braver l'interdiction ... et disparaître de la circulation. Aussitôt ses proches s'inquiètent et vont explorer la pièce souterraine, avant de s'évaporer à leur tour. Même les équipes de secours ou de gendarmerie vont s'éclipser mystérieusement.

À côté de ça, on découvre l'existence d'une colonie de fourmis, baptisée Bel-O-Kan, avec sa hiérarchie, ses codes rudimentaires de survie, ses stratégies de guerre... et ses modes de communication. Or, la cité est menacée par une arme de destruction massive dont les fourmis peinent à analyser la source et la signature. Pour l'instant, le danger est sournois. Seul le jeune mâle 327 est sur les charbons ardents. Et personne n'est sensible à ses discours alarmistes.

Vrai de vrai, si l'on m'avait prédit qu'un jour je lirais un livre sur les fourmis, j'aurais ri aux éclats. À part les quelques productions animées, vues avec ma fille, comme Fourmiz, Minuscule ou 1001 Pattes, je n'étais franchement pas attirée par les insectes. C'était sans compter sur l'émission de F. Lopez dans laquelle Bernard Werber était invité pour un weekend à la campagne. L'auteur y était apparu passionnant et possédé, et avait su donner l'envie de plonger dans son univers.

Qui n’a jamais rêvé vivre une expérience unique, dans un monde différent et plus passionnant que le nôtre ? Bernard Werber réalise ce rêve - vivre dans le monde des fourmis ! Quelle aventure inclassable, empruntant des tours et des détours scientifiques, documentaires ou épiques, tout en flirtant avec le genre du thriller, unique en son genre, avec tension psychologique, scène cauchemardesque et description gore.

C'est aussi grâce au comédien Arnaud Romain, qu'on partage cette expérience mémorable. Car son interprétation est flamboyante et caméléonienne ! Selon les personnages en scène, le comédien adapte sa voix, son intonation, son jeu. J'ai plus d'une fois été captivée par les modulations proposées et dois admettre avoir apprécié énormément cette ambiance grâce à son jeu d'acteur.

Mea culpa : j'ai préféré “la partie humaine” de l'intrigue (le mystère de la cave) au détriment des bestioles qui tombent vite dans une routine et enflamment de moins en moins notre imaginaire, passée l'originalité du début. Mais j'espère que les deux autres tomes rejoindront vite l'écurie Audiolib, car ma curiosité a été piquée au vif et j'aimerais connaître la suite de cette incroyable épopée ! 

Audiolib / juin 2015 ♦ Texte lu par Arnaud Romain (10h 34) ♦ Préalablement édité chez Albin Michel en 1991 !!! 

26/06/15

Temps Glaciaires, de Fred Vargas

TEMPS GLACIAIRES CD

C'était grandiose, un retour tant espéré qui ne m'a franchement pas déçue ! J'ai adoré du début à la fin, ou comment une simple lettre suspecte va conduire nos enquêteurs sur une série de meurtres déguisés en suicides, avec une simple guillotine en guise d'indice, passant par un voyage touristique en Islande, des drames et des larmes, et pourquoi pas un vengeur masqué et des victimes paniquées ?! 
Fred Vargas pousse toujours plus loin ses excentricités en nous emmenant également chez les Amis de Robespierre, lesquels se réunissent en costumes d'époque et rejouent les scènes clef de la Terreur dans un souci d'authenticité sidérante. Danglard y grappille une certaine prestance, jusqu'à entrer en sécession avec les lubies de son chef, entortillé dans une “pelote d'algues séchées”. 
L'effet est terriblement efficace, intelligent, rusé et drolatique. Les personnages sont la preuve que la finesse et la dinguerie sont un alliage tout à fait plausible !
J'ai donc savouré leurs réparties et leurs fantaisies, “On s'est fait promener comme des billes !”, de bon cœur. C'est inimitable, mêlant digressions inextricables, humour farfelu et personnalités décalées. Une lecture atypique, obsessionnelle, fiévreuse et azimutée. Incontournable.

Audiolib / juin 2015 ♦ Texte lu par Thierry Janssen (durée : 12 h 53) ♦ T. Janssen reprend du service pour Audiolib et Fred Vargas, et ce n'est pas piqué des vers ! Interprétation remarquable, en parfaite corrélation avec l'esprit complètement à l'ouest des personnages et de l'histoire. 

- Pourquoi, quoi qu'on fasse, nous prend-on toujours pour des flics ?
- À cause de notre regard perverti, de notre vigilance hors de propos, de notre suspicion, du pouvoir qu'on croit détenir, d'une offensive que chacun sent possible. Question de phéromones, l'habit ne fait pas le moine.
- À propos d'habits, est-ce vous, Danglard, qui nous avez hier soir photographiés en tenue de députés du XVIIIe siècle ? Et qui avez diffusé ces images sur les portables de tous les agents de la brigade ?
- Parfaitement. Je nous trouvais très honorables.
- Mais tous ont ri.
- Le rire est une défense contre ce qui impressionne. Vous avez, je vous le signale, beaucoup plu. Froissy est tombée amoureuse de vous dès 9 h 20 du matin. Cela perturbe la vision habituelle qu'ils ont de vous. Hommes ou femmes.
- Très bien, Danglard. Et qu'est-ce que j'en tire ?
- De l'ambiguïté.
Adamsberg avait l'habitude de rester sans réponse aux répliques de son adjoint.

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25/06/15

Je m'appelle Lumikki : Rouge comme le sang, de Salla Simukka

Lumikki

Lumikki a 17 ans et est élève dans un lycée d'arts appliqués, où elle rase les murs et se complaît dans sa transparence. Tout bascule le jour où elle découvre dans la chambre noire les murs tapissés de billets ensanglantés. Elle referme la porte aussitôt et rebrousse chemin, pensant reprendre sa routine insipide. Mais, trop tard.
Trois jeunes gens vont s'emparer du magot et comploter dans un café où la jeune fille s'est incrustée pour les espionner. C'était plus fort qu'elle, elle a choisi de s'en mêler... pistant ainsi le fils du proviseur et sa copine, accessoirement fille de flic.
En marge de cette histoire de gros sous, on trouve aussi des trafiquants de drogue, des russes, des règlements de compte et des corrompus... tous en quête du même but, quitte à déployer les grands moyens.


J'ai été franchement déçue par cette lecture, au style pauvret et à l'intrigue qui ne casse pas trois pattes à un canard non plus. Sans compter que l'héroïne, qu'on nous vend comme étant « la fille de » Lisbeth Salander et Hercule Poirot (appréciation totalement surestimée, selon moi), est une nana mystérieuse mais franchement glaciale, trop lisse et sans charisme. J'ai finalement trouvé l'ensemble très quelconque. 

Hachette, novembre 2014 ♦ Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli (Punainen kuin veri)

♦♦♦

« Pour on ne sait quelle raison, au collège, l'intelligence n'était pas sexy. Si l'on voulait être sexy, il fallait fuir l'intelligence comme la peste. Intelligent était synonyme d'ennuyeux, barbant, énervant et, sinon franchement moche, du moins physiquement quelconque. Lumikki avait cru que la situation changerait après le collège. En partie elle avait changé, en partie non. Manifestement, en présence d'un homme, certaines femmes adultes, par ailleurs tout fait respectables, continuaient de s'abêtir. C'était pénible à voir. »

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23/06/15

Bleu Catacombes, de Gilda Piersanti

3 - Bleu Catacombes

La macabre découverte d'une déferlante de corps sans tête (et de têtes sans corps) met sous pression le commissaire d'Innocenzo, dépité par son effectif mis au rabais à cause des vacances d'été. Seule Mariella accepte d'écourter son séjour à la mer pour se confronter à l'esprit retors d'un criminel qui semble puiser son inspiration dans l'art contemporain et les références bibliques. Pour la soutenir, elle peut naturellement se tourner vers Silvia, sa nouvelle collègue, mais aussi Paolo, son fringant amoureux, dont le retour fait franchement plaisir ! L'auteur n'a de cesse de peaufiner le portrait de son héroïne, qu'on découvre étourdie, migraineuse, tremblante et frissonnante, et pas seulement de passion amoureuse. Encombrée par des souvenirs de famille et ses retrouvailles tardives avec son géniteur, la jeune femme est plus vulnérable que jamais, moins attentive à son enquête, fuyante et instable aux yeux de son amant. La série, qui se décline au gré des saisons, réserve ainsi une lecture sur le long cours passionnante en développant en parallèle des enquêtes criminelles un fil rouge perspicace autour des personnages. J'apprécie moins l'aspect glauque rendu par la lecture faite par Hélène Lausseur pour Sixtrid, qui exacerbe les voix des coupables d'un ton moribond et déprimant... Ceci étant dit, le roman nous réserve une grande part d'intensité dramatique aux effets poignants ! 

Sixtrid / mars 2011 ♦ texte lu par Hélène Lausseur (durée : 5h 50)

 

BLEU CATACOMBES

éditions Le Passage, 2007 / Pocket, 2009 pour le texte original

 

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Les Jours infinis, de Claire Fuller

Les jours infinis

Peggy a huit ans et grandit à Londres dans une vaste maison avec jardin. Sa mère, d'origine allemande, est une pianiste mondialement reconnue, qui part souvent en tournée. Son père est un « Survivaliste », obsédé par l'idée de fin du monde. Un matin de l'été 1976, il entraîne la fillette à la recherche de “die Hütte”, un lieu féerique, réputé inaccessible. Ils vont ainsi s'enfoncer dans les bois et s'y perdre neuf longues années.

De retour chez elle, en 1985, Peggy tente de s'expliquer une telle folie. Mais c'est hyper délicat à déterminer car elle n'était qu'une enfant insouciante, qui n'avait pas conscience du danger, portait un culte à sa mère si belle et prodigieuse, considérait son père avec tendresse et jugeait l'entourage de ses parents (leur amitié avec l'américain Oliver) nocif et menaçant.

Ce contact avec la nature est une immersion extraordinaire, pleine de charme, de mystère et de danger, où la vie de « rescapés » est aussi un combat de chaque instant. Car même si l'ambiance est captivante, servie par une écriture lumineuse et un style très visuel, on n'oublie pas le délire paternel et les conséquences pour l'enfant.

C'est très, très perturbant, bien que raconté avec pudeur et de façon elliptique. On ne voit pas venir la fin et ses révélations... stupéfiantes, qui vous font reconsidérer tout le roman, à travers son emprise et ses ombres. De quoi vous hanter longtemps après !

Stock La Cosmopolite / avril 2015 ♦ Traduit par Mathilde Bach (Our Endless Numbered Days)

  • Click sur l'opération de communication originale ! 

 

« Les dates ne sont là que pour nous rappeler que nos jours sont comptés, que chaque jour qui passe nous rapproche de la mort. À partir de maintenant, Punzel, nous vivrons au rythme du soleil et des saisons. Nos jours seront infinis. »

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