19/03/18

Un traître à Kensington Palace, d'Anne Perry

UN TRAÎTRE À KENSINGTON PALACEJ'aime beaucoup Anne Perry - dont je lis sans déroger toutes les parutions spéciales pour les fêtes de Noël - par contre j'ai accusé beaucoup de retard dans sa célèbre série du couple Charlotte et Thomas Pitt, dont voici le 32ème volume ! Ahem. Je tiens donc à saluer l'initiative des éditions Thélème qui proposent la version audio du titre. Pourquoi celui-ci, et pas le tout premier - L'étrangleur de Cater Street ? J'avoue que cela m'échappe, mais je n'ai pourtant pas boudé mon plaisir. Si je peux enfin recoller les wagons éparpillés et suivre cette série par livre audio, ce serait pour moi une formidable aubaine ! Un autre titre est d'ailleurs annoncé pour avril 2018, soit L'attentat de Lancaster Gate (n°31), qui confirme le choix de publier la série à rebours. Un détail discutable, malgré tout.

La vie de Thomas Pitt a grandement évolué depuis ses débuts dans L'étrangleur de Cater Street, et près de vingt ans ont passé quand on le retrouve dans Un traître à Kensington Palace ! Marquée par son veuvage et la vieillesse, la Reine Victoria convoque Thomas dans ses appartements privés pour évoquer la mort de son ami John Halbert, dont le corps a été repêché dans la Serpentine. Si l'enquête policière a conclu à une noyade accidentelle, la Reine souhaite en avoir le cœur net et demande à Pitt de dissiper ses soupçons. Ses rapports avec son fils Edouard ne sont pas au beau fixe, le Prince semblant s'attirer des amitiés à controverse, il revient à Thomas d'enquêter en toute discrétion pour éviter l'incident diplomatique. La mission est tendue, car Thomas est livré à lui-même et ne peut se confier à personne. Son épouse Charlotte ressent toute sa frustration mais va parvenir, avec sa vivacité légendaire et la complicité de sa sœur Emily, à aiguiller habilement les démarches de son mari.

L'intrigue policière est basique, on suit un Thomas Pitt confronté à sa conscience et forcé d'éprouver les limites de sa loyauté, d'où ce sentiment d'un homme tiraillé tout au long de son affaire, mais l'évasion historique est irréprochable (l'époque victorienne et son tableau sociétal). C'est la grande force de la série, en plus des personnages et de la satisfaction de les retrouver, livre après livre. La lecture audio faite par Frédérique Dufour pour les éd. Thélème est sobre et épurée (sans réalisation sonore). Cela peut déconcerter au début - le texte est livré dans son jus, sans artifice. La simplicité a du bon aussi !

10/18 Collection Grands Détectives (2017) / traduit par Florence Bertrand

(P)2016 Éditions Thélème. Lu par Frédérique Dufour. Durée : 9h env. -- Téléchargeable sur Audible

Couverture de Un traître à Kensington Palace

 

Le mot de l'auteur 

La série Pitt démarre en 1879 – le décor idéal d’un roman policier. Entre faste et misère, optimisme et désespoir, rien n’est plus romanesque que ces somptueux costumes, l’éclairage au gaz, les fiacres ou des empreintes dans la brume… Et puis, l’envie, la crainte, l’espérance, la disgrâce et l’avidité restent entièrement semblables hier ou aujourd’hui. Comme, malheureusement, les maux de cette société victorienne. Avec la famille Pitt nous explorons autant la pittoresque histoire de Londres que les vies singulières, les liens, ou encore les triomphes et les désastres de ses membres.

ANNE PERRY


Partir, de Tina Seskis

PartirEmily Coleman est, en apparence, une jeune femme comblée - elle vit dans un charmant cottage à Manchester, auprès d'un mari prévenant. Leur bonheur a été scellé par la naissance d'un adorable bambin. Et pourtant, un matin, Emily quitte subrepticement la maison et prend le train pour Londres pour ne plus rentrer, plus donner de nouvelles. En gros, elle disparaît. Plaque tout. Sans explication.
Elle s'installe en colocation dans une grande maison bordélique et change d'identité pour devenir Cat Brown. Elle se présente comme une femme fragile, sans histoire ou décidée à ne rien livrer de son passé. Elle rencontre Angel, une croupière sexy, qui ne pose aucune question et la prend sous son aile. Le temps passe et Cat se reconstruit une nouvelle vie.
Le lecteur n'est cependant pas dupe de la situation et découvre en filigrane le lourd secret de la jeune femme. Emily a notamment une sœur jumelle, Caroline, dont les nombreuses frasques ont éclaboussé la famille. La relation entre elles a longtemps été bancale. Mais c'est loin d'être une simple histoire de jalousie, de rancœur ou de haine qui se raconte, car c'est un long processus de frustration et de culpabilité qui amène à comprendre le pourquoi du comment. 
Au final, je ressors de cette lecture passablement déçue et perplexe. J'ai tout lu d'une traite, et pourtant je n'ai pas trouvé l'intrigue très subtile ni passionnante. Au lieu d'un bon suspense psychologique fignolé, on suit des parcours de vies dramatiques, avec une Emily en souffrance et déterminée à toucher le fond, sans oublier Caroline, Frances, Ben ou Andrew en victimes collatérales. Seulement, c'est triste à lire, un peu plat et limite improbable (cf. la rencontre avec Robbie). La construction paraît lourde et artificielle, en plus des rebondissements exagérés. Et je n'ai pas du tout accroché à l'explication finale.
Soupirs, soupirs, soupirs. Et grosse frustration en refermant ce roman. La lecture n'est pas mauvaise, mais pourquoi avoir accolé le terme thriller au titre et à la couverture... C'est totalement usurpé ! J'en attendais davantage, même si cela reste un passe-temps correct le temps d'un trajet.

Cherche-Midi, 2015 - traduit par Florianne Vidal

Repris en poche chez Pocket (2016)

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27/02/18

Ne reviens jamais, de David Bell

Ne reviens jamaisApprenant par la police la mort de sa mère, seule, dans sa maison, Elizabeth Hampton, étudiante en master d'histoire à l'université de l'Ohio, se rend aussitôt au chevet de son frère handicapé, Ronnie, qui vivait avec elle. Les inspecteurs posent quelques questions d'usage, avant de placer le jeune homme dans un centre spécialisé pour le soigner.

Sous le choc, Elizabeth avoue s'être disputée avec sa mère six semaines plus tôt et ne pas lui avoir reparlé depuis. Il ne lui reste que son oncle Paul pour la soutenir dans cette épreuve. Et très vite, les mauvaises nouvelles vont se succéder - en fait, sa mère est morte étranglée, elle a modifié son testament peu avant son décès, l'appartement a été fouillé, d'étranges coups de fil sont passés et Ronnie est traité comme le principal suspect. 

Dès lors, Elizabeth plonge dans une sordide affaire familiale, découvrant un passé inavoué et de nombreux non-dits. Des secrets refont surface, de vieilles connaissances tombent le masque. Elizabeth n'est pas au bout de ses découvertes ! Le lecteur est tout aussi ahuri de ce qu'il va apprendre au fil des chapitres. Pour cela, l'intrigue est plutôt bien ficelée, avec des rebondissements inattendus et une tension psychologique remarquable. 

Et pourtant, alors que les pages défilent à vive allure et l'intérêt ne faiblit jamais, on reste malgré tout en retrait de la lecture. On ne s'attache pas aux personnages, on suit leur histoire, on sursaute, on tombe des nues. Mais rien ne nous accroche. Tout est froid, sans âme, sans empathie. Pour dire, j'avais à peine refermé le roman que je l'avais quasiment oublié ! Difficile à expliquer cette sensation. C'est sombre et captivant, mais on trébuche sur la dernière marche. Plouf... 

Actes Sud (Actes Noirs) 2017 - Traduit de l'anglais (USA) par Claire-Marie Clévy

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26/02/18

X-Files : Les nouvelles affaires non classées (Deuxième partie), de Joe Harris, Chris Carter & Dirk Maggs

XFiles 2 Audible

Une ambiance délicieusement flippante règne dans cette deuxième partie des Nouvelles affaires non classées, où l'on retrouve notre équipe de choc - Mulder et Scully - en charge de dossiers aussi étranges qu'invraisemblables. La routine, en somme.

Au cours des cinq enquêtes, Mulder et Sculler vont ainsi creuser le mystère de l'Immaculée (une jeune fille incarnerait l'équivalent d'une puissance divine et serait en capacité de soulever des foules en les contrôlant aveuglément), reprendre des nouvelles de Monica & John (deux agents portés disparus un an plus tôt), renouer avec le très controversé Spender, alias l'Homme à la cigarette, évoquer une drogue expérimentale datant des années 60 (G-23), tracer un tueur en série rien qu'avec un sifflement, plonger au cœur d'une tourmente médiatique et flirter avec les Doyens pour le bien de l'humanité menacée !

C'est toujours hallucinant, mais franchement grisant à écouter. La version Audiolib est une création omnisonore de qualité, construite comme un épisode de série tv, avec les effets spéciaux, la musique du générique, les voix des acteurs etc. Rien que pour l'illusion et l'ambiance que cela suscite, je signe les yeux fermés. C'est franchement trop bon. 

Amateurs de l'étrange et du paranormal, cette version des X-Files est époustouflante... Une expérience mémorable, qui file les jetons et exacerbe votre envie d'y retourner encore et encore ! ☺

>> Cet enregistrement original est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2016 The X-Files (TM) / Twentieth Century Fox Film Corporation. All Rights Reserved. Traduit de l'anglais par Novelcast (P)2018 Audible Originals, LLC / "The Y-Files Theme": Written by Mark Snow, published by T C F MUSIC PUBLISHING, INC. (ASCAP), courtesy of Twentieth Century Fox Film Corporation

 

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On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi

On la trouvait plutot jolie

Dans son petit HLM à Port-de-Bouc, près de Marseille, Leyli Maal élève seule ses trois gosses - Bamby, Alpha et Tidiane - et tient à une cohésion familiale envers et contre tout. Comme l'obligation de prendre ensemble le repas du soir, à heure fixe. Mais les aléas du quotidien rendent parfois les promesses difficiles à tenir, car l'une part en quête de ses origines, l'autre se lance dans le business et le petit dernier de dix ans défend son rituel de la lecture avant le coucher. La belle Leyli mène plusieurs combats de front et rêve du jour où elle pourra enfin poser les armes (trouver un grand appartement, un job sous CDI, de la confiance, de l'amour, du bonheur). C'est auprès de son voisin, Guy, qui affiche sans honte son aversion pour “l'exotisme”, ou Ruben, son nouveau patron déjanté, qu'elle confie son histoire, depuis son enfance à Segou, un petit village près de Bamako, sa brusque cécité, son choix de l'exil et sa rencontre avec une association chargée de venir en aide aux migrants...

Se dresse ainsi un long parcours chaotique, interrompu à plusieurs reprises par l'avancée d'une enquête policière (un type est assassiné dans une chambre d'hôtel, puis un deuxième et ainsi de suite). L'histoire frise parfois la profession de foi, avec une Leyli qui évoque son itinéraire douloureux et son espoir en une vie meilleure. On passe facilement en revue toutes les vicissitudes du système, les flux migratoires, les dérapages politiques, les dénonciations voilées et la misère humaine comme bouc émissaire. J'entends tout ça, mais je ne suis pas emballée, c'est trop lisse et bien-pensant, ancré dans un registre trop d'actualité. L'histoire de Leyli est touchante, les personnages aussi sont attachants, mais disons que la sauce ne prend pas. La lecture est loin d'être aussi captivante que les autres romans de Michel Bussi déjà lus. J'ai été moins tenue en haleine, et même si je n'ai pas vu venir le fameux “twist”, je n'ai pas non plus été abasourdie !

Un rendez-vous de routine, pas mal en attendant mieux la prochaine fois. ☺

 

©2017 Michel Bussi / Presses de la Cité (P)2017 Audiolib

Texte lu par Marie Bouvier. Durée : env. 14 h.

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24/02/18

À perdre haleine, par Aga Lesiewicz

À PERDRE HALEINEVous allez détester cette héroïne ! 

Anna a trente-cinq ans, célibataire, elle vit seule avec son chien dans un quartier cossu près du parc de Hampstead Heath. Elle travaille dans une société de production, dans un service en pleine restructuration, mais ne craint pas pour son poste de manager. Après une relation de trois ans, elle vient également de rompre avec le charmant James. Parce que, trop charmant.

Anna recherche davantage, elle veut des frissons, de l'interdit, du tabou. Et bingo, un jour en faisant son footing dans le parc, elle croise un très bel homme - du type “Mannequin Dior” - et lui saute dessus pour palper le contenu de son short. No comment. La fois d'après, c'est elle qui se fait prendre contre un arbre. Une partie de jambes en l'air fougueuse et sous l'effet d'une pulsion incontrôlable. Eh ouais. Cela va se reproduire deux, trois fois. Le truc sordide et brutal, qui devient presque un besoin obsessionnel.

Le plus choquant, finalement, c'est qu'en parallèle une série de viols survient dans ce même parc. Puis des crimes. La police enquête, Anna doute mais refuse de lier son Mannequin Dior à cette réalité barbare. Sérieux, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai cru halluciner, les yeux ronds comme des billes, en lisant tout ça. Heureusement on a une histoire qui tient la route et qui se ponctue de rebondissements inattendus. Du coup j'ai tourné les pages à toute vitesse, comme sous hypnose, tant je voulais découvrir le pot aux roses.

Il y a certes de nombreuses pistes envisagées, toutes empruntées en songeant que c'était plié, et puis... et puis... Franchement, c'est bien ficelé et assez redoutable comme lecture, même si l'héroïne n'agit pas toujours de façon cohérente et est assez imbue d'elle-même. J'avoue avoir été prise dans l'engrenage et embobinée royalement. J'ai également beaucoup aimé la totale immersion dans la vie londonienne à travers le quotidien d'une trentenaire au confort matériel indiscutable.

Au final, le roman inspire un certain malaise, qui s'oublie vite par son suspense efficace.

Belfond Noir, 2017 - Traduit de l'anglais par Claire-Marie Clévy

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23/02/18

Solomon Creed : La route de Redemption, de Simon Toyne

SOLOMON CREEDEn plein désert de l'Arizona, un avion se crashe, provoquant un incendie, lequel se propage jusqu'à la ville de Redemption, dont les habitants sont tous réunis autour du cercueil de James Coronado.

De cet enfer, surgit la silhouette de Solomon Creed, du moins le suppose-t-on, car l'individu est amnésique. Un nom apparaît à l'intérieur de son costume, puis des bribes de souvenirs lui font penser qu'il doit sauver un type déjà mort. La police locale est perplexe, par contre les narcotrafiquants ruent dans les brancards. Et blablabla. 

J'admets avoir été attirée par les promesses d'une ambiance western, d'où mon étonnement de trouver un roman d'action impliquant un ersatz de Jack Reacher et Jason Bourne réunis dans une course contre-la-montre assez explosive !

Je n'ai toutefois pas été médusée par ce qui découle des 500 pages de ce gros roman. On ressent tout de même une forte inspiration cinématographique, car plus je tournais les pages et plus je voyais les images d'un film défiler sous mes yeux. C'est, ma foi, distrayant mais également prévisible et banal comme ligne conductrice. À réserver sur un transat ou pour caler des heures creuses d'un trajet quelconque.

Presses de la Cité, 2017 - Traduit de l'anglais par Jacques Martinache

 

Roma, de Mirko Zilahy

RomaCe thriller glaçant et implacable de Mirko Zilahy ne fait pas dans la dentelle et appuie bien là où ça fait mal pour chahuter son lecteur. Avant tout ordinaire, l'histoire déploie son arsenal de détails immondes pour impliquer son auditoire avide de sensations.

Rincées par une météo déplorable, les rues de Rome sont aussi le théâtre de crimes atroces, où surgissent des corps mutilés, sans lien apparent. Le commissaire Enrico Mancini n'y prête guère une oreille attentive, n'étant pas au mieux de sa forme depuis le décès de son épouse, emportée par un cancer foudroyant. Il cherche avant tout à se consacrer à l'affaire d'un oncologue disparu, le même ayant traité sa femme. Mais les victimes s'accumulant, notre inspecteur n'a plus trop le choix de diriger son équipe sur les traces d'un vraisemblable serial killer.

Si on recherche à tout prix du glauque et de l'innommable, le roman procure quelques séquences choc pour marquer le coup. À part ça, le fond demeure assez simple et convenu. Donato Carrisi y apporte certes son parrainage, mais la lecture n'en reste pas moins classique, au suspense frelaté et où la recherche excessive du sensationnel prend trop le pas sur une construction plus subtile et aboutie. 

On referme le livre en ressentant néanmoins un profond malaise, suite aux indices sournois distillés au fil des pages.

 

Presses de la Cité, coll. Sang d'Encre, 2017 - Traduit de l'italien par Marianne Faurobert

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Trop de morts au pays des merveilles, de Morgan Audic

Trop de morts au pays des merveilles360 pages lues en apnée ! On a là une histoire bluffante, qui maintient un savant suspense sur toute la ligne. J'ai été baladée du début à la fin, les nerfs en pelote.

L'épouse d'un avocat disparaît sans le moindre indice pendant trois ans, l'homme est rendu amnésique suite à un accident, en même temps on retrouve les dépouilles d'autres femmes au physique approchant et on associe ces crimes à un serial killer mis sous écrou. Le père de la jeune femme a également fait place nette et vidé sa maison cossue en vidant tous ses comptes. Voilà, voilà. En piste, on trouve une ancienne flic, virée de la police pour comportement impulsif et violent, un lieutenant sorti de la BRI pour se consacrer à son rôle de père, et un détective privé qui retrace tous les jolies blondes en ville.

Faisons court, mais bien. C'est scotchant, inattendu et captivant. Du très très bon !

Rouergue Noir, 2016

> Voir la présentation de "Trop de morts au pays des merveilles" par l'auteur (© Mollat) https://vimeo.com/166035449

> Chronique de Gérard Collard
https://www.youtube.com/watch?v=Zi9pYQVvYC0

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19/02/18

Origine, de Dan Brown & lu par François d'Aubigny

origine dan brownInvité à participer à la grande conférence donnée par Edmond Kirsch, son ancien élève devenu un éminent futurologue, le professeur Robert Langdon débarque au musée Guggenheim de Bilbao, où règne une véritable effervescence, chacun débattant avec excitation sur les révélations promises. Ce soir-là, pourtant, la cérémonie tourne en eau de boudin. Kirsch est assassiné sur scène. Langdon est aux premières loges. C'est la panique générale. Comme toujours, notre ami Robert prend la situation en charge et s'isole avec Ambra Vidal, la directrice du musée, proche amie d'Edmond et récemment fiancée au prince héritier. Tous deux vont alors partir en croisade et mener le projet d'Edmond Kirsch jusqu'au bout, même si cette initiative n'est pas au goût de tous, entre l'église, le palais royal, les adeptes du complot et un ancien amiral recruté pour la sale besogne... Bref, Robert et Ambra sont lancés sur une piste parsemée d'embûches et suivent à l'aveugle les conseils avisés de Winston, une intelligence artificielle créée par Kirsch et dédiée à le suppléer.

Quand je pense à Dan Brown, j'imagine toujours une histoire pleine de péripéties et de rebondissements extraordinaires, une lecture vouée à la distraction et puis basta. Avec “Origine”, étonnamment, le rythme est plus mou et l'intrigue diluée. Il faut dire aussi que l'action se concentre sur 24 heures et se déroule intra-muros, d'où cette sensation de calme plat. Même les révélations finales, qu'on se languissait de découvrir, ont un effet de gaz éventé. Tout est vu, revu et convenu. On a pourtant les mêmes schémas narratifs, les sempiternels spectres complotistes, le super Robert en charmante compagnie, l'Église déterminée à préserver ses mystères, sans oublier les concepts arbitraires et les idées exubérantes sur l'humanité... Tout paraît si familier, sans doute trop, car la lecture m'a semblé ordinaire.

Aucune déception quant au format audio et ce, grâce au lecteur. Non mais quelle classe, ce François d'Aubigny ! Dès les premières notes, j'ai eu un instant de flottement car j'ai aussitôt pensé à Nicolas Le Floch (série de Jean-François Parot) dont il est aussi le lecteur récurrent. J'aime beaucoup sa voix grave, aux intonations nobles, avec beaucoup de caractère et de prestance. Cela me donne envie de replonger dans un JF Parot ! ☺

©2017 Éditions Jean-Claude Lattès. Traduction française par Dominique Defert et Carole Delporte.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par François d'Aubigny. Durée : 15h env.