06/09/17

Leona #2 La fin justifie les moyens, de Jenny Rogneby

LEONA 2Six mois ont passé depuis l'affaire des braquages à la fillette (cf. Leona #1), l'inspectrice Leona Lindberg suit une thérapie qu'elle fausse sur toute la ligne car elle a encore beaucoup de secrets à préserver. Financièrement, elle est toujours dans la panade et doit de l'argent à un sombre individu, un dénommé Armand, qui ne rigole pas avec les délais. Leona doit donc organiser un nouveau braquage et s'entoure d'une fraîche équipe de jeunes délinquants, qu'elle forme au cours d'un séminaire dans un ancien abattoir. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'un indic de la police s'est faufilé entre les rangs... Professionnellement, Leona Lindberg a été expressément demandée pour rencontrer un kamikaze sur son lit d'hôpital, après son attentat loupé. Le type est renfermé, il faut du temps et du discernement pour comprendre ses intentions et avertir une prochaine attaque. Personnellement, sa vie a également éclaté. Son mari a demandé le divorce et tient leur fille Beatrice à distance, car Leona serait vraisemblablement sujette à des crises de délire paranoïaque. En fait, elle est seule au courant que sa fille court un grave danger, à cause de sa double vie, et qu'elle ne peut compter que sur elle-même pour la protéger. Cela commence à peser lourd dans la balance de notre inspectrice, au calme imperturbable, et qui affiche toujours un sang-froid déroutant. Leona n'a vraiment pas gagné en charisme, mais son histoire continue de m'accrocher. Par contre, ce roman fait moins la part belle à l'action mais s'attache à décortiquer les procédures policières pour justifier la lenteur des enquêtes avant d'opérer les arrestations. Une démonstration parfois trop longue, ou qui vise à rappeler le pédigrée de l'auteur (ancienne criminologue ayant travaillé sept ans dans la police) et qui devient un semblant de caution face à d'éventuels détracteurs. Techniquement, j'ai trouvé que la dynamique n'était peut-être pas aussi efficace que dans le premier roman, mais lorsque tous les éléments se mettent en place, les derniers chapitres réservent une lecture ô combien ébouriffante ! Suspense, émotion, frisson et rebond. On termine en beauté. J'ai encore mordu à l'hameçon. La personnalité troublante de Leona Lindberg est aussi effrayante que fascinante. Le roman s'amuse de son jeu de dupe et prend son pied à tourner le lecteur en bourrique. C'est noir, poignant et explosif. J'attends forcément le troisième tome avec impatience.

>> Livre audio en exclusivité sur Audible & uniquement disponible en téléchargement.

©2017 Presses de la Cité. Traduit du suédois par Lucas Messmer

(P)2017 Audible Studios. Texte lu par Annie Milon (durée : 11 h 39)

  • Série : Leona, Livre 2

La fin justifie les moyens (Leona 2) | Livre audio

 

 


Poulets grillés (Anne Capestan 1), de Sophie Hénaff

Poulets grillésNommée à la tête d'une équipe de bras cassés - autrement dit, les rebuts du 36 Quai des Orfèvres - la commissaire Anne Capestan entend démentir la réputation de son nouveau service. Étoile déchue de la Judiciaire, elle n'a toutefois pas grillé ses neurones et est déterminée à booster le moral des troupes pour redorer leur blason. Ensemble, ils vont compulser les vieux dossiers d'enquêtes non résolues, ils vont flairer les affaires et extirper les meilleures histoires sordides, les faits divers peu croustillants, et les macchabées qui n'en finissent plus de pulluler. C'est donc dans une singulière ambiance, pour le moins décalée, que le roman va s'installer. Et très vite, se détache du lot la personnalité des laissés-pour-compte qui est truculente à souhait. Entre le type qu'on qualifie de chat noir pour ses équipiers, la nana devenue un auteur à la mode, un ancien de l'IGS classé persona non grata et un alcoolique notoire qui ne sait pas tenir sa langue, la brigade affiche un effectif complet ! C'est limite si l'on ne se désintéresse pas de l'histoire pour simplement suivre leurs faits et gestes, goûter leurs bons mots et prendre une bière en terrasse d'un café. En gros, c'est un roman vraiment pas prétentieux, pas franchement conventionnel, mais extrêmement distrayant à parcourir. L'ensemble est cocasse et déjanté, avec une intrigue somme toute honorable et bien ficelée. Un vrai bon rendez-vous sans prise de tête. 

 

>>  Livre audio en exclusivité sur Audible & uniquement disponible en téléchargement.

©2015 Albin Michel (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Christine Braconnier (durée : 7 h 43)

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05/09/17

Leona #1 Les dés sont jetés, de Jenny Rogneby

LeonaStupeur chez les forces de l'ordre. Une fillette couverte de sang, avec son petit ours en peluche, vient de braquer une banque du centre-ville de Stockholm à l'aide d'un simple magnétophone. L'enfant a surgi sans crier gare et a disparu aussi mystérieusement. C'est Leona Lindberg, inspectrice de la brigade criminelle, qui va se saisir du dossier et revoir chaque point scrupuleusement. Cette acharnée du boulot, souvent prise en exemple par ses collègues, ne ménage pas ses efforts pour tirer au clair cet embrouillamini, quitte à négliger davantage son mari et leurs deux jeunes enfants. Se défendant d'être sentimentale, en raison d'un passé familial conflictuel, Leona cache en vérité une double existence - joueuse de poker invétérée la nuit, elle claque son argent en ligne, perd des sommes astronomiques et est endettée jusqu'au cou. Pour renflouer ses caisses, la jeune femme n'a pas trouvé mieux que d'organiser un hold-up ! C'est donc elle la tête pensante du casse du siècle, elle qui prétend tenir l'enquête pour mieux déjouer les soupçons, elle qui pensait avoir tout verrouillé jusqu'à ce qu'un journaliste trop zélé découvre ses incohérences et se lance dans le chantage... La spirale infernale ne fait hélas que commencer.

J'avais des craintes en commençant ce roman, en raison de la personnalité froide, calculatrice et malhonnête de Leona qui la rend affreuse et antipathique. Mais au final, l'ensemble se révèle une très bonne surprise ! L'enchaînement des événements, l'incongruité des révélations, le numéro de voltige de l'inspectrice-cambrioleuse, les fausses pistes et les rebondissements de l'enquête font de cette histoire une machination incroyable et stupéfiante. On gobe tout du début à la fin, pris par le rythme de cette lecture pleine d'effervescence. J'ai été la première étonnée par mon addiction, au point d'avoir téléchargé le deuxième livre dans la foulée (cf. Leona #2 La fin justifie les moyens). C'est étourdissant et gonflé. Pas mal du tout pour un premier roman !

>> Format audio en exclusivité sur Audible ; uniquement disponible en téléchargement.

©2016 Presses de la Cité. Traduit du suédois par Lucas Messmer

(P)2017 Audible Studios - Lu par Annie Milon (durée : 10 h 51) 

Série : Leona, Livre 1 également disponible en format poche chez POCKET.

  Les dés sont jetés (Leona 1) | Livre audio

04/09/17

Au fond de l'eau, de Paula Hawkins

Au fond de l'eauEn retournant s'installer dans la ville de son enfance, à Beckford, Nel avait pour ambition d'écrire un livre sur la légende du « bassin des noyées » - un bras de rivière où des jeunes femmes se donnent la mort dans des circonstances douteuses. Or, c'est finalement le corps de Nel qui va être repêché et c'est sa sœur Julia qui doit répondre aux questions de la police. Pourquoi n'a-t-elle pas voulu lui répondre le soir où celle-ci a cherché à la joindre désespérément ? Julia n'ose pas assumer sa lâcheté, et encore moins fouiller dans son passé pour remonter aux sources du confit. Pourtant, Lena, la fille de Nel, exige des explications et ne laisse aucun répit à Julia. Adolescente revêche et secrète, Lena porte déjà le deuil de sa meilleure amie, dont la disparition est survenue quelques mois plus tôt, au même endroit. De son côté, la police n'a pas de mot pour exprimer le choc de ces drames en cascade et ne souhaite guère alimenter les vieilles rumeurs. Aussi, l'enquête va-t-elle se dessiner lentement et ne pas constituer le point de mire de la lecture. C'est avant tout une ambiance qu'on appréhende, une ambiance énigmatique et étouffante, empreinte d'amertume, de non-dits et de malédiction. Il y a en effet toute une galerie de personnages qui vont intervenir dans le courant de l'intrigue, chacun exprimant son opinion, confiant avec parcimonie ses secrets, ce qui va permettre de dénouer progressivement les fils du canevas. Un procédé, ma foi, efficace, même si l'assemblage semble en apparence sinueux, tout est ajusté au centimètre près. Par contre, on n'y trouve pas une action échevelée, ni du suspense à foison, ici place à une tension psychologique redoutable, qui pique sournoisement. Ce deuxième roman de Paula Hawkins fait donc montre de subtilité et de délicatesse dans sa construction, son atmosphère et sa palette d'émotion, ce qui a eu le bonheur de me distraire. Je n'en espérais pas davantage - huis clos, cachotterie, mythe et vengeance. C'était tout bon.

En bonus, le format audio offre également un casting de choix, avec pas moins de cinq comédiens pour donner du corps à ce roman polyphonique et ainsi parfaire une mise en scène aux petits oignons. Cette multiplication des rôles est tout à l'avantage du roman ! En effet, chacun apporte sa propre sensibilité au personnage qu'il joue, non seulement cela évite les cafouillages ou les confusions, mais cela offre une identification plus claire, une vision personnelle et une proposition distincte selon l'expérience des uns et des autres. On avance ainsi plus aisément dans l'écoute, en plus de donner l'illusion d'une performance théâtrale, ce qui est quelque part excitant. Le tout est aussi d'une grande sobriété, au vu du cadre dramatique, on baigne dans un contexte grave et poignant. On n'en espérait pas moins d'Audiolib, qui avait déjà proposé une excellente interprétation de La fille du train par son choix des trois actrices. “Au fond de l'eau” se révèle un très bon titre, et une très bonne écoute, au service d'une histoire ordinaire et néanmoins fascinante.

©2017 Paula Hawkins / Sonatine Éditions pour la traduction française

(P)2017 Audiolib / Texte lu par : Julien ChateletMarie-Eve DufresneClémentine DomptailIngrid DonnadieuLola Naymark (durée : 11 h 07)

01/09/17

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly

Jusqu'à l'impensableÀ force de tirer sur la corde, en usant de méthodes arbitraires pour résoudre ses petites enquêtes, Harry Bosch a été poussé à la retraite, avec un sérieux  blâme à la clef. Profitant de cette période de flottement, son demi-frère, l'avocat Mickey Haller, lui demande de remplacer son enquêteur au pied levé, suite à un étrange accident de moto. Haller a besoin de lui pour prouver l'innocence de son client, accusé d'un crime qu'il jure n'avoir pas commis. Forcément, Bosch fait la grimace - ce n'est pas éthique de soutenir la défense après des années passées au LAPD. S'il franchit la ligne jaune, il n'y aura plus de retour possible. Bosch n'étant toutefois plus à une contradiction près accepte de rencontrer Da Quan Foster, puis de jeter un œil à son dossier avant de farfouiller à droite et à gauche. Très vite, notre amateur de jazz et de justice flairera un parfum douteux autour de cette affaire qui fait bizarrement tomber les suspects, les enquêteurs et les rares témoins... 

Encore un très bon épisode de la série, laquelle s'apprécie à sa juste valeur, et davantage si l'on suit chronologiquement la parution des romans ! Bosch s'embarque donc dans une énième enquête semée de coups fourrés et de révélations sordides, selon un schéma classique mais conduit avec efficacité. J'ai beaucoup aimé. Ce sont presque 12 heures qui défilent dans nos oreilles, à écouter le comédien Jacques Chaussepied, lequel incarne désormais un Bosch à jamais cabochard et allergique à toute forme de corruption. Un rendez-vous qui ne déçoit pas les attentes, et qui me laisse dans l'expectative d'une prochaine collaboration entre les deux frangins. Une combinaison toujours réjouissante.

©2015 / 2017 Hieronymus, Inc. / Avec l'accord de Little, Brown and Company, Inc. / Calmann-Lévy. Traduit par Robert Pépin

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Jacques Chaussepied (durée : 11h 50)

 


La maison du péril, d'Agatha Christie

La Maison du péril

Hercule Poirot vient de prendre sa retraite et réchauffe ses vieux os dans la station balnéaire de St Loo, sur la côte de Cornouailles, en compagnie de son fidèle Hastings. Pas loin de sombrer dans la mélancolie, Poirot accorde finalement un vif intérêt à sa rencontre avec la fraîche et pétillante Nick Buckley.
Par son allure moderne et décalée, ses manières décomplexées, elle divertit notre ami en racontant, autour d'un cocktail, qu'elle vit dans une vieille bicoque hantée, autrement nommée “la maison du péril”. Bavarde et insouciante, elle leur explique avoir échappé par trois fois à d'étranges pépins - un tableau qui se décroche et tombe sur son lit, un rocher qui dévale une falaise pour s'écraser à deux pas, et les freins de sa voiture qui lâchent inopinément...
Quelle chance inouïe, songe Hercule Poirot, jusqu'à ce qu'il ramasse le feutre mou de la jeune femme, soufflé par le vent, et qu'il remarque un petit trou net et bien rond. La trace d'une balle perdue. Une fois encore, Nick vient d'échapper à la mort. Sous la moustache du détective.
Ses petites cellules grises sont dans tous leurs états. Il est temps pour Hercule de reprendre du service et de s'inviter dans cette symbolique maison !

Une mise en scène impeccable, une galerie de personnages insondables, de l'élégance, du mystère et de l'enfumage... Je raffole des ambiances désuètes, encore plus lorsqu'elles sont au service d'une intrigue habilement troussée, à la tension psychologique avant-gardiste, à la construction complexe et au dénouement insoupçonné.
Un très bon Agatha Christie, dans lequel Hercule Poirot brille par son éternelle suffisance et par sa clairvoyance qu'il récupère in extremis ! Classique, inlassable.

Éditions du Masque / 2015 - Traduction (entièrement révisée) de Robert Nobret 

 

31/08/17

Le cercle de Farthing, de Jo Walton

Le cercle de FarthingEn épousant David Khan, son amant juif, la ravissante Lucy Eversley brise les tabous de son entourage et provoque LE scandale de la saison. Ses parents ne lui pardonnent pas cet affront, alors que leur nom est auréolé d'une gloire politique, puisque huit ans plus tôt, les membres du cercle de Farthing, auquel ils appartiennent, ont convenu d'un traité de paix avec l'Allemagne et Hitler.
Malgré tout, le calme semble revenir au beau fixe et Lucy est conviée à passer le weekend au domaine Eversley, en compagnie d'une poignée d'amis issus de la gentry. Son époux David se retient de bondir face aux petites mesquineries et autres provocations des invités, affichant sans complexe leur antisémitisme galopant.
La tension monte d'un cran lorsqu'un des convives est retrouvé assassiné dans sa chambre, une étoile jaune plantée sur son cadavre. Tous les soupçons se portent sur le mari de Lucy, qui le défend bec et ongles. Entre en scène l'inspecteur Carmichael, dont l'enquête s'annonce sineuse et ardue.
Son introduction dans le sérail fermé de l'aristocratie fait débat, chacun se drapant dans ses états de service pour se défiler et se laver de toute responsabilité. L'identité du criminel ne fait aucun doute, même la famille Eversley blâme stoïquement cette éventualité.
Dans ce décor de faux-semblants, de rancœur et de vengeance, l'auteur tisse sa trame avec élégance et adresse. Le cadre uchronique est certes esquissé, mais sert à dépeindre une Angleterre en lutte avec elle-même, débordée par des courants politiques qu'une paix alternative n'a finalement guère résolu d'étouffer.
C'est donc dans ce contexte tantôt raffiné, tantôt fielleux, qu'on se glisse pour découvrir une histoire classique mais captivante. J'ai infiniment apprécié le style guindé et délicat de Jo Walton, l'ambiance sophistiquée du domaine Eversley, où l'on perçoit les mensonges, les troubles et les non-dits. C'est bien ficelé, bien mené.
Au final, le roman peut surprendre, par son inspiration historique, où l'on envisage une issue différente pour l'Angleterre dans le tournant de la guerre, et qui se préoccupe à raconter une intrigue criminelle traditionnelle, se déroulant en vase clos et distillant quelques pistes en devenir. La lecture est inattendue, pertinente et conduite avec habileté, sans soubresauts inutiles. Le deuxième titre de la trilogie du Subtil changement - Hamlet au paradis - paraît prochainement en Folio. 

Folio SF (n° 572) / 2017 - Trad. par Luc Carissimo

 

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Blackout Baby, de Michel Moatti

BLACKOUT BABY

Londres, 1942. Alors que la ville sombre en plein chaos, essuyant les bombardements intempestifs de la Luftwaffe, la population se rue dans les abris et panse ses plaies dans l'attente de jours meilleurs. Pourtant, les britanniques ne se démontent pas et enchaînent leur routine avec morgue et insouciance.
Dans ce tumulte indescriptible, un type hante les rues de la ville, se faufile parmi la foule et séduit des jeunes femmes au gré de ses rencontres. Ses inclinations ont néanmoins un sévère penchant vers la folie furieuse et le morbide, car ce dangereux pervers assassine froidement et sauvagement ses conquêtes.
On n'ignore hélas rien de ses pulsions, encore moins de ses obsessions ni de son modus operandi, car on le suit dans ses dérives, on assiste avec effroi à ses séances de torture et on retient son souffle.
Les services de police aussi sont aux abois, face à ce « Blackout Ripper » qui réveille les vieux cauchemars du tristement célèbre Jack R. D'où l'apparition d'Amelia Pritlowe, infirmière déjà croisée dans Retour à Whitechapel, sollicitée pour apporter ses lumières et se servir de son expérience pour soulager cette inquiétante enquête.
L'histoire, inspirée de faits réels, nous plonge dans une atmosphère opaque et oppressante, et c'est là une grande richesse. Elle donne en effet à la lecture une aura particulière, non dénuée d'intérêt. Sensible à l'époque et aux détails historiques, j'ai été transportée dans ce roman globalement prenant et rondement mené.

10x18 Grands Détectives / 2016

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30/08/17

Le joyau de l'Annam, de Patricia Wentworth

LE JOYAU DE L’ANNAMUn simple coup d'œil à la couverture a suffi pour attiser ma curiosité et anticiper le bonheur de ma lecture de ce nouveau roman de Patricia Wentworth. Je l'ai commencé en toute innocence, sans chercher à connaître son contenu, mais j'avais pressenti une promesse d'évasion à l'évocation de l'Annam (désormais le Viêt Nam)....
Peter Waring n'est qu'un enfant lorsqu'il se retrouve sans famille et sans le sou, mais il hérite malgré lui d'un lourd secret familial autour du célèbre joyau de l'Annam, devenant ainsi le maillon d'une chasse au trésor qui va soulever les foules et les convoitises.
Bien des années plus tôt, son père et deux acolytes sont partis à sa recherche, ont été en possession de l'objet, avant d'en subir la malédiction. Depuis, un mystère demeure autour de son existence et de son détenteur. L'entourage de Peter n'a eu de cesse de scruter le jeune orphelin, pesant le poids de ses souvenirs ou de ses connaissances. En vain.
Peter a ainsi grandi dans une ambiance lourde et sournoise, dont il a pu s'extirper en trouvant auprès de Rose (sa “sœur de cœur”) une relation pure et candide qui l'empêche de perdre pied dans son labyrinthe de coups fourrés. 
Adolescent romantique, Peter va pourtant s'enticher de la ravissante Sylvia... laquelle joue le chaud et le froid avec ses sentiments, avant de comprendre qu'il pourrait lui être d'une aide précieuse dans la quête du joyau !
En effet, criblée de dettes, Sylvia a vendu son âme à un sombre individu, lui aussi déterminé à mettre la main sur cette pierre unique en son genre. Avec son charme et son culot, la jeune fille va subtilement duper son entourage pour parvenir à son but.
Toutefois, le chef d'orchestre de cette sombre histoire d'ambition dévorante demeure insaisissable. Les trublions surgissent sans crier gare, les tromperies se multiplient, ce qui ne manquera pas d'étourdir le lecteur, car toutes les cartes n'ont pas été jouées !
Dommage que tout ceci donne une sensation de fouillis au roman, me faisant osciller entre l'intérêt frétillant et l'ennui gonflant au fil des pages. J'ai certes été séduite par l'ambiance des années 20, mais peu conquise par l'intrigue générale...
Un rendez-vous en somme charmant, mais peu captivant.  

10x18 Grands Détectives / Juillet 2017 / Trad. Pascale Haas

 

#LaValiseAudible : Pas de pot pour la jardinière (Agatha Raisin enquête #3), de M.C Beaton

Pas de pot pour la jardiniere Agatha Raisin enquête 3

Pendant les vacances, j'ai retrouvé ma bonne vieille copine, Agatha Raisin, dans ce troisième tome mêlant aventures rocambolesques, humour et coups bas dans la verte campagne anglaise. Et quel plaisir !

Après de longues semaines à crapahuter en Europe, Agatha rentre à Carsely où elle s'étonne de l'engouement collectif pour une nouvelle venue au village. Cette Mary Fortune lui a clairement volé la vedette et Agatha s'en trouve fort désappointée. Même James, son voisin frileux dès qu'une espèce féminine s'approche de lui, ne tarit pas d'éloges à son sujet ! En plus de son allure chic et ses bonnes manières, Mary Fortune est super calée en jardinage - d'ailleurs, le club de Carsely boit toutes ses paroles et applique à la lettre ses conseils. Ne voulant pas rester sur la touche, notre chère Agatha se joint aux festivités et constate, in petto, que cette Mrs Fortune est en réalité une vraie peste. La guerre est déclarée dans les jardinets des Costwolds. À l'occasion d'un prochain concours, Agatha Raisin entend démontrer qu'elle possède la main verte. Mais, on le sait, Agatha et les concours, c'est une longue histoire de duperie ! Elle ne va pas faillir à la tradition et nous réserve de bonnes séquences de gloussements sous le couvert de folles inventions et autres entreprises audacieuses.

Je m'amuse toujours autant à suivre cette série, pleine de charme et de pep's, loin des codes du policier moderne, adoptant au contraire une attitude flegmatique, tout en piochant dans les règles du “Golden Age” à la Dorothy L. Sayers et Agatha Christie. Et puis, Agatha Raisin est une héroïne attachante, malgré sa mauvaise foi, ses jurons et ses gros souliers prêts à écraser les plates-bandes de ses semblables. Véritable socle de la série, elle nous arrache des sourires à la lecture de ses nombreuses péripéties. Et même si cet épisode n'est pas loin de lui briser quelques illusions, en la confrontant à une vérité qui va chatouiller ses fantasmes, notre Agatha est une battante, fonceuse et déterminée. Nul doute qu'elle va renverser la vapeur, et fissa !

Initialement traduite et publiée aux éditions Albin Michel, la série se découvre également en version audio, en téléchargement sur Audible.fr. On retrouve Françoise Carrière dans le rôle d'Agatha Raisin, et on la devine de plus en plus à l'aise dans ses souliers, affichant une interprétation plus affirmée, déployant aussi un jeu plus naturel, et savourant la fantaisie et le culot de l'intrépide anglaise. Je la trouve, sincèrement, fort agréable à écouter !

Pour ne pas changer, il me tarde déjà de poursuivre les enquêtes de notre détective insatiable... 


>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©1994 / 2016 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Esther Ménévis (P)2017 Audible Studios

Pas de pot pour la jardiniere (Agatha Raisin enquête 3) durée : 4h 50