18/12/15

Un Noël à Kanpur, d'Anne Perry

UN NOËL À KANPUR

Un peu d'exotisme avec cette évasion en Inde britannique, où l'on découvre un jeune Victor Narraway (le supérieur de Thomas Pitt à la Special Branch) confronté à une délicate affaire. Il est en effet chargé de défendre l'infirmier John Tallis accusé de complicité dans l'évasion d'un détenu politique, lequel aurait ensuite livré une patrouille britannique à l'ennemi. La situation à Kanpur étant déjà tendue - les militaires sont encore sous le choc d'une récente mutinerie ayant entraîné le massacre d'innocents - Narraway est accablé par le défi qui l'attend. Pour ne pas heurter les sensibilités, il doit donc procéder avec tact et minutie. Même si les faits sont contre lui, Tallis clame son innocence. Narraway ne doit pas seulement lui épargner la potence, mais comprendre la motivation du crime. 

En seulement 157 pages, le roman nous livre une intrigue poignante, dans un contexte solennel et pesant, où tentent de percer les bonnes ondes de Noël, même si le cœur n'est pas à la fête, l'auteur essaie avant tout de rappeler que c'est une période chargée d'espoir. Avec un brin de mystère et beaucoup de classicisme, l'histoire partage les pérégrinations de Narraway dans sa quête de la vérité. Le temps est compté, les témoignages sont ressassés, à lui de décrypter l'ensemble et d'en saisir l'indice déterminant. Cela ressemble presque à du Agatha Christie ! Le dénouement ne survient également qu'à la toute fin de l'intrigue, après de longs atermoiements et autres triturages des méninges. J'ai trouvé la lecture intéressante, même si elle est très différente des autres titres de la collection.

10/18 Grands Détectives / Novembre 2014 ♦ Traduit par Pascale Haas (A Christmas Garland)

Posté par clarabel76 à 12:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


17/12/15

Le Condamné de Noël, d'Anne Perry

Le condamné de Noël FB

Claudine Burroughs, déjà croisée dans la série William Monk, où elle travaille avec Hester dans sa clinique pour prostituées, assiste avec son époux Wallace à une soirée peu avant les fêtes de Noël. Elle y croise un poète excentrique, porté sur l'alcool, Dai Tregarron, qui lui fait tourner la tête avant de revenir vivement sur terre en assistant à l'altercade entre trois jeunes gens de la bonne société, une demoiselle de petite vertu et notre énergumène éméché. La fille perd connaissance et Dai Tregarron est accusé d'être le trublion de la fête. Seule Claudine s'interroge sur la légitimité de la condamnation hâtive. Tous les indices sont contre lui, et pourtant, Claudine devient complice de sa fuite et fait appel à Squeaky Robinson, le méprisable comptable de la clinique, pour lui venir en aide.

La lecture, décrite comme étant une bouchée de mystère à déguster après son repas de Noël, est aussi le traditionnel rendez-vous de fin d'année pour tous les amateurs d'Anne Perry et de son univers feutré et raffiné. Cette histoire, dont l'intrigue policière est sans prétention, sert à nous présenter le personnage de Charlotte Burroughs dans son intimité et de découvrir que son couple est éreinté par des années d'un mariage sans amour. En prenant fait et cause pour Dai Tregarron, contre toutes les bienséances sociales, Claudine brise ainsi le joug et s'affranchit d'une existence qui ne lui convient plus. On passe un agréable moment à lire cette histoire précieuse et délicate, qui sent bon le pudding et le brandy.

10/18 Grands Détectives ♦Novembre 2015 ♦ Traduit par Pascale Haas (A Christmas Candle) @ credit photo : Page FB

LE CONDAMNÉ DE NOËL    

04/12/15

Le Retour du capitaine Emmett, d'Elizabeth Speller

Le retour du capitaine Emmett

Au lendemain de la guerre 14-18, l'ancien officier Laurence Bartram sombre dans une profonde mélancolie et tente de s'en extirper en acceptant d'enquêter pour une vieille connaissance, Mary Emmett, qui souhaite éclaircir les raisons douteuses de la mort de son frère. Après son retour du front, John avait été frappé de dépression, puis interné dans un institut privé et huppé, d'où il avait réussi à s'enfuir avant de se suicider. Il incombe désormais à Bartram de fouiller dans les archives d'un conflit aux plaies mal pansées, aux blessures encore suppurantes d'angoisse, de haine, de terreur, aux traumatismes mésestimés et aux actes de condamnation hâtive, sans procès, par simple lâcheté, ou simplement pour couvrir des faits plus graves. Elizabeth Speller dresse un contexte historique authentique et une peinture de l'Angleterre de novembre 1920 très convaincante. On y découvre aussi des personnages éreintés, égarés dans un pays qui se veut vainqueur sans mesurer les conséquences sur les pauvres âmes errantes. C'est assez poignant. L'intrigue est également conduite avec subtilité, bien écrite, agréable à parcourir et maintenant un suspense efficace de bout en bout. Une nouvelle série prometteuse. 

10/18 Grands Détectives / Octobre 2014 ♦ Traduit par Nora Bellac (The Return of Captain John Emmett) pour les éditions Belfond

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03/12/15

Le Doute, de S.K Tremayne

Le Doute

La famille Moorcroft incarne l'idée du bonheur parfait : lui est plein de charme, elle porte des petits pulls en cachemire, ils vivent dans une belle maison à Camden et sont les heureux parents de jumelles indissociables. Tout bascule quand l'une des fillettes décède tragiquement, en chutant du balcon de la maison des grands-parents. Le drame anéantit le couple qui décide de tout quitter pour s'installer sur une île écossaise. Mais d'autres faits troublants surviennent... Kirstie affirme être finalement Lydia. Ses parents ont fait une terrible erreur quatorze mois plus tôt. Ce roman fait alors preuve d'une grande dextérité à nous embrouiller du début à la fin, à nous faire partager le doute que vivent aussi les personnages, sans jamais apporter le moindre indice ou à vouloir faire exprès de semer plusieurs pistes. On ne sait plus qui croire, que penser, quoi faire. C'est assez perturbant, mais cela explique cette pulsion de tout lire en une bouchée (seulement deux jours pour moi). L'histoire est addictive, habilement menée et particulièrement anxiogène. Le cadre de l'île isolée, battue par les vents, nous met également en condition : Eilean Torran y apparaît magnifique, mais angoissante.

Presses de la Cité / Septembre 2015 ♦ Traduit par Isabelle Maillet (The Ice Twins)

Afficher l'image d'origine

Ornsay Lighthouse after dark, Sound of Sleat, Skye

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

01/12/15

La Pyramide de glace, de Jean-François Parot

LA PYRAMIDE DE GLACE

Première rencontre avec Nicolas Le Floch, premières impressions enthousiasmantes.

Quel raffinement ! Dès le début, le tableau est planté. Nous sommes dans un salon parisien, en plein hiver 1874. Il gèle à pierre fendre. Paris a froid, Paris a faim. On surprend alors quatre personnages en train de faire ripaille au coin du feu, tout en devisant de politique. La discussion s'éternise, en de passionnants et interminables bavardages. On en oublierait presque nos objectifs ! Puis, retour à la réalité : le corps dénudé d'une femme est retrouvé dans une pyramide de glace. Celle-ci ressemble étrangement à la reine Marie-Antoinette. Notre commissaire au Châtelet est aux cent coups, dopé par une enquête qui le conduira sur des terrains boueux (sorcellerie, vampirisme, vol et escroquerie) et lui fera côtoyer des figures illustres, comme le roi en personne, son cousin le duc de Chartres, le ministre Sartine, et même le jeune Louis-Philippe ! 

Cette lecture a été tout bonnement passionnante, écrite avec un souci du détail lexical et inspirée d'une grande recherche historique (parfois l'auteur en oublie d'ailleurs de rester simple romancier). Mais c'est tout à son honneur, du fait de l'évasion promise par ce livre, on s'imagine concrètement au XVIIIe siècle au milieu des intrigues qui tentent de souiller l'image du couple royal. Certains indices laissent présager du mécontentement ambiant et des idées révolutionnaires à la Voltaire qui fleurissent dans les esprits et les beaux discours, mais ceci est une autre histoire... Pour l'heure, j'ai été pleinement conquise ! J'en lirai d'autres. :)

10/18 Grands Détectives / Octobre 2015 ♦ Disponible en Audiolib (Mars 2015) / Texte lu par François d'Aubigny

LA PYRAMIDE DE GLACE CD


30/11/15

Détonations rapprochées, de C.J Box

Détonations rapprochées Seuil   Détonations rapprochées

Joe Pickett, nouveau garde-chasse dans le Wyoming, s'est déjà distingué pour avoir arrêté le gouverneur de l'état qui pêchait sans permis (notre homme ne l'avait pas reconnu !). Ceci a cependant conforté son image de type droit et incorruptible, même si ses congénères se gaussent de ses maladresses, il n'en récolte pas moins une profonde estime. Et c'est vrai que Joe Pickett est un bon gars, amoureux de la nature et attachant une importance cruciale à sa tranquillité et à celle de sa famille. On ne dit pas de Joe qu'il est ambitieux mais consciencieux. Aussi, le jour où il découvre un cadavre sur son tas de bois, notre garde-chasse est en pétard. Pourquoi ce braconnier, qu'il avait interpellé un peu plus tôt, gît sans vie près de son chalet ? Alors que les autorités attribuent cette mort à un simple accident, Joe Pickett décide de poursuivre les investigations, non par esprit de contradiction, mais parce que cette intrusion dans son jardin secret le heurte personnellement. La suite de l'histoire adopte un rythme tout aussi imperturbable et jamais ennuyeux car c'est tout un décor qu'on découvre, au cœur de la magnificence des Rocheuses, avec une ambiance à l'américaine (cowboy, stetson, cheval et fusil de chasse). C'est très, très bon. Non seulement l'intrigue va dévoiler des arcanes complexes et malheureuses, mais révéler aussi le rapport de force existant entre écologie et économie (enrichir la communauté, mais à quel prix ?). L'auteur s'attache également à nous raconter des personnages dans leur vie ordinaire, à créer une petite bulle de confort et à nous inclure dedans. C'est un charme supplémentaire qui fonctionne si bien que je reprendrai rendez-vous avec Joe et les siens très prochainement ! 

Points / Septembre 2004 ♦ Traduit par William Olivier Desmond (Open Season) pour les éditions du Seuil ♦

Texte lu par l'excellent Jacques Frantz pour Livraphone (durée : 8h 40)

27/11/15

Les Chiens de Belfast, de Sam Millar

Les chiens de Belfast

Il ne fait pas bon s'attarder dans les bars, à Belfast. Une blonde incendiaire attire des hommes dans ses filets, puis s'offre des séances de torture raffinées avant de les achever. Karl Kane, notre détective privé grincheux et désargenté, reçoit la visite d'un certain Mr Munday qui lui demande d'enquêter sur un cadavre contre une grosse enveloppe de billets. Cette affaire va ainsi le mettre sur la piste des meurtres en série, qui se recoupent étrangement avec un viol survenu en 1978 (cf. la scène d'ouverture du livre, qui annonce les festivités de façon très détaillée). Notre homme, qui se croyait aguerri aux pires crasses, est touché en plein cœurCeci dit, attendez-vous à un bouquin très noir, avec des descriptions répugnantes et vulgaires, un bouquin hyper violent, mais en parfaite cohérence avec l'intrigue, un bouquin sombre, poignant, immoral et à la lisière du désespoir. On ne s'y engage pas pour se changer les idées et voir du pays, mais on fait tout de même une sacrée découverte ! Karl Kane est du genre sympa malgré un portrait peu flatteur. C'est un mec bourru et meurtri, qui traîne des casseroles, flic refoulé, écrivain frustré, aujourd'hui affligé d'une crise d'hémorroïdes, également amateur de poker et aimant prendre des risques inconsidérés pour s'offrir la tête de ceux qui l'exaspèrent (et ils sont nombreux !). Sam Millar s'en sort plutôt bien et extirpe de cette marée noire un humour appréciable, puisqu'il est cynique et amer juste comme il faut et qu'il nous tient compagnie dans ce premier volet d'une trilogie policière pas comme les autres. Une lecture pas exceptionnelle, mais pas désagréable non plus.

Sixtrid / Août 2015 ♦ Texte lu par Lazare Herson-Macarel (durée : 7h 15) ♦ Traduit par Patrick Raynal (Bloodstorm)

Disponible en format poche chez Points Policier

Les chiens de Belfast Points

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20/11/15

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

D'après une histoire vraie

Cette histoire, qui n'en finit plus de brouiller les pistes et de chambouler les lecteurs, se complaît à décrire une situation et des personnages qui semblent inspirés du vécu de l'auteur, laquelle se défend du contraire. Ceci est une pure fiction. Il convient à chacun d'en déterminer les limites... Partant de ce principe, c'est prodigieusement démoniaque. ☺

Delphine a connu un succès fulgurant avec son dernier roman, mais est dans l'incapacité d'aligner le moindre mot depuis. Elle éprouve un rejet viscéral devant toute forme d'écriture. C'est dans cet état d'extrême fragilité qu'elle fait la rencontre de L. dans une soirée chez des amis. L. est une personne fascinante, attentive, prévenante et très intelligente. Elle flatte la jeune femme, la cajole, la rassure, la questionne... Elle réussit insidieusement à imposer sa présence auprès de Delphine, à se rendre indispensable. L. s'installe dans sa vie avec une aisance sidérante, ce contre quoi Delphine ne résiste pas, ne réalise pas non plus, car elle lui accorde une confiance aveugle, refusant de voir les signes d'une emprise obséquieuse et malfaisante. 

Cela se lit donc comme un thriller psychologique et cela pointe du doigt notre insatiable curiosité (envers la vie des autres), notre manie de fouiller et de vouloir démêler le vrai du faux. Delphine de Vigan s'amuse de cette tendance voyeuriste et joue avec nos nerfs. La méthode est déstabilisante, mais produit l'effet attendu. Il est question de manipulation, d'inspiration, de digression, “ni vu, ni connu, je t'embrouille”.  La descente n'en est que plus vertigineuse, chipant au passage de nombreuses références littéraires (Misery de S. King ou Sukkwan island de D. Vann). La lecture audio est suivie d'un entretien avec l'auteur au cours duquel on découvre une Marianne Epin en mode groupie, sincèrement bluffée par la construction de l'intrigue et son dernier mot, face à une Delphine de Vigan fidèle à son image insaisissable. Une jolie rencontre, assez touchante.

Audiolib / novembre 2015 ♦ Texte lu par Marianne Epin (durée : 8h 56)

17/11/15

La Fille du train, par Paula Hawkins

LA FILLE DU TRAIN CD

Tant de buzz autour de ce livre... et la volonté d'apprécier ce que la lecture me réserverait, coûte que coûte. J'ai donc zappé les avis qui circulaient déjà en masse pour me consacrer sereinement à cette histoire qui est dans l'air du temps (une narratrice peu fiable, une intrigue nébuleuse, le coup de théâtre final).

Rachel prend le train tous les jours pour se rendre à Londres. Elle passe tous les matins devant son ancien quartier, où son regard effleure sa maison, désormais habitée par son ex et sa nouvelle compagne. Elle se complaît également dans le spectacle offert par le couple voisin, qui lui semble si parfait et infaillible. Or, un jour, Rachel surprend la jeune femme dans les bras d'un autre homme, en train de s'embrasser. Puis apprend qu'elle a disparu et que la police effectue des recherches actives. Rachel, convaincue de posséder des éléments essentiels, n'hésite pas à s'investir dans l'enquête... même si les inspecteurs la considèrent avec commisération et la traitent de témoin peu fiable, du fait de son alcoolisme notoire. 

Toute la force du roman vient - selon moi - des trois intervenantes dans l'histoire, dont les rôles interchangeables viennent complètement troubler notre perception de l'intrigue. On ne cerne plus la plus crédible ou la plus coupable des trois et c'est assez perturbant. Cela compense aussi avec le peu d'action dans notre affaire, qui tient la distance grâce à une pression psychologique constante et finement jouée. J'ai certes vu venir la fin, mais ai attendu jusqu'au point final pour obtenir toutes les réponses. Qu'on aime ou pas, cela reste une lecture redoutable sur un plan machiavélique, et efficace pour le climat lourd, suspicieux et tendu de bout en bout.

Les trois comédiennes, Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz, apportent au livre audio (Audiolib) une dimension théâtrale très appréciable, en jouant chacune leur rôle avec une sensibilité qui leur est propre. Cette interprétation fausse aussi la partie et confond le lecteur résolument perplexe (et impatient de connaître la suite). Mieux qu’un thriller exceptionnel, l'éditeur parle de « piège paranoïaque et jubilatoire ». Écoutez-le, vous comprendrez pourquoi.

Audiolib / novembre 2015

Texte lu par Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz (durée : 11h 44)

Traduit de l'anglais par Corinne Daniellot (The Girl on the Train) pour les éditions Sonatine

16/11/15

Une mariée de trop, de Louise Vianey

Une mariée de trop

Margot est impatiente de se rendre à l'église où Gabriel, son fiancé, lui a réservé la surprise de sa vie en organisant leur mariage dans le plus grand secret. Et alors qu'elle s'engage dans l'allée principale, le cœur battant à tout rompre, ses espoirs soudain s'effondrent : son promis est déjà au bras d'une autre. Humiliée, abasourdie et estomaquée, Margot s'enfuit sans demander son reste et se réfugie dans une chambre d'hôtel où elle sombre dans un désespoir sans fond une nuit complète. Mais le cauchemar continue lorsqu'elle apprend le lendemain matin que la mariée a disparu et qu'elle figure en tête de liste des principaux suspects. Tout l'accuse. À commencer par cette mascarade du mariage. Gabriel affirme avoir rompu depuis des mois. Sa meilleure amie Sophie tente de la soutenir mais tombe des nues en découvrant le carnage sanguinaire dans son appartement. La famille de Margot est également désemparée et peu disposée à accorder du crédit à ses dires. C'est donc seule contre tous que la jeune femme se lance vers une quête de la vérité qui sera sidérante de révélations et autres rebondissements à vous en décrocher la mâchoire.

Premier roman oblige, il faut reconnaître à cette lecture ses qualités et ses défauts d'usage. Aussi est-elle débordante d'enthousiasme, appliquée et attendrissante de gaucherie, avec une histoire abracadabrante mais au suspense soutenu. Parmi les incohérences et autres faits tirés par les cheveux, je note une Margot qui a coutume de perdre la mémoire, de s'effondrer dans des lieux publics pour se réveiller dans des états vaseux (comble de l'horreur, elle supposera même avoir été abusée sous GHB... et là, pilule amère, sensation inconfortable et envie de secouer le cocotier). Malgré tout, malgré le malaise ressenti, j'ai trouvé l'ensemble de la lecture hautement addictif. Sa construction est sacrément tordue et nous entraîne sur des chemins escarpés, quitte parfois à dépasser les bornes. Mais rien que pour le plaisir ressenti, pour cette excitation constante et pour le doute distillé de bout en bout, je considère ce roman réussi dans son genre et prometteur pour cette auteur débutante, passionnée de faits divers et dévoreuse de romans policiers.

Mosaïc / Octobre 2015

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,