18/10/12

Asphyxie progressive.

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Vincent Fournier, salarié d'un centre d'appels, n'en peut plus de subir la pression de ses supérieurs. Son médecin du travail, le docteur Carole Matthieu, est à son écoute. Un soir, après une longue discussion, elle s'empare de son Beretta et lui tire une balle dans la tête. Hop, ni vu ni connu. Le crime est découvert dès le lendemain, la police enquête et Carole fait profil bas. Elle sait qu'elle est coupable mais ne compte pas se dénoncer dans l'immédiat. Elle a l'autre Histoire, comme elle dit, à écrire.

Se présente alors une lente plongée au sein de l'entreprise, de ses arcanes et de ses révélations perfides et dérangeantes. Un réseau oppressant, un cercle vicieux, au centre duquel Carole elle-même est prise au piège. Se consacrant à son boulot corps et âme, elle réalise avec écoeurement qu'elle a été trompée par le système dans son intégralité.

Pour l'anecdote, j'ai terminé ma lecture juste avant d'éteindre la lumière pour dormir. Quelle erreur. Impossible de fermer les yeux après ça ! C'était comme si j'avais avalé une enclume. Je ne cessais de ressasser l'histoire de Carole, femme usée, droguée, abrutie par son monde du travail. L'histoire aussi est sordide et tellement réaliste, elle fait écho aux drames des dernières années (le harcèlement moral au sein de l'entreprise, des employés au bout du rouleau, poussés au suicide, une direction qui encaisse les coups en se lavant les mains, une opinion publique alertée avec un train de retard...).

C'est conscient de cette gangrène qu'on ne décolle plus le nez du livre. Qu'on absorbe ce récit éprouvant, au rythme saccadé, effréné, poussé dans ses retranchements. Ce livre est judicieux, écrasant mais percutant dans son approche. Quelque part j'étais gênée, mais j'étais aspirée par cet appel du vide. Et c'est prise d'un frisson d'effroi que j'ai tourné la dernière page, soulagée, sonnée mais admirative du tour de force.

Les visages écrasés, par Marin Ledun
Points, coll. Thriller, éd. 2012 / Grand Prix du Roman Noir (Festival du film policier de Beaune)

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10/10/12

“What are we, if not an accumulation of our memories?”

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Une femme se réveille dans un lit, la mémoire en vrac. Un homme dort à côté d'elle. Un sentiment de frayeur la gagne aussitôt. Dans le miroir de la salle de bains, son image lui fait pousser des cris d'effroi : elle a vingt ans de trop. Qu'est-ce que cela veut dire ? Et c'est ainsi, chaque matin, le même rituel. Christine souffre d'une amnésie rare (elle n'a plus aucun souvenir et ne peut stocker de nouvelles données). Elle a été victime d'un accident à l'âge de vingt-neuf ans, le temps a passé, la mémoire aussi, désormais elle tente de se reconstruire et de s'accrocher à sa vie en cherchant à comprendre. La lecture de son journal l'aidera peut-être à débroussailler son esprit ravagé. Jour après jour, Christine doit enregistrer les mêmes informations. Son présent est morne, son passé est évanoui, elle tente de cerner les ombres, de combler les vides et cherche à reconstituer le puzzle. C'est long, troublant, assez répétitif, tous les matins elle repart de zéro, doit encaisser le même choc et ainsi ingurgiter vingt années d'une vie qui s'est déroulée sans elle. Alors pourquoi un tel traumatisme ? qu'est-ce qui a pu provoquer son accident ? pourquoi son mari Ben refuse de rencontrer les médecins ? Quel est le vrai du faux, en somme ?!

Car l'histoire, aussi habile et terrifiante soit-elle, nous plonge dans un climat de paranoïa d'où germe un sentiment de doute qui ne fait que grossir. Heureusement j'aime être baladée de la sorte, ne plus savoir ce qu'il faut penser, se méfier de tout et de tout le monde, imaginer le pire scénario, craindre un dénouement encore plus tordu qu'il n'est en réalité. Tout du long, la tension psychologique est parfaitement maîtrisée. Le format livre-audio permet aussi une nouvelle approche de la lecture, c'est une expérience excitante et bien frustrante aussi, puisqu'il faut s'en tenir au rythme de la narratrice et qu'il est impossible de sauter des passages. Je l'avoue, parfois j'ai eu envie d'aller plus vite que la musique. Mais je ne regrette pas ce format non plus ! Pour info, le texte est lu par Françoise Cadol, la voix française d'Angelina Jolie et de Mary Alice dans Desperate Housewives. (Prévoir 11 heures d'écoute !)

Avant d'aller dormir, par S.J. Watson
Audiolib, 2012 (Livre audio 1CD MP3 - 644 Mo) ou éditions Sonatine, 2011
traduit par Sophie Aslanides / Prix  SNCF du polar-roman 2012

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27/09/12

♠ Sombre célébration ♠

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Changement de décor pour ce 3ème tome : Lily retourne à Bartley, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur Varena. En feuilletant le journal local, elle découvre une vieille histoire de bébé kidnappé, huit ans plus tôt, puis reçoit la visite surprise de Jack Leeds. De nouveau, tout s'écroule autour d'elle : un médecin et son assistante sont retrouvés morts dans leur cabinet, puis une petite dame inoffensive est poignardée dans son jardin. Lily capte tout de suite les premiers signes de panique, la menace devient rampante et elle se sent prise au piège, car elle a compris que cette série d'évènements morbides pouvait ébranler le fragile équilibre familial.

Concernant la relation naissante entre Lily et Jack, c'est du petit lait à boire. Rien n'est simple, mais une chose est sûre : ces deux-là se sont trouvés. Toutefois, point d'empressement, entre le passé de Lily et celui de Jack, les vieux démons sont à la fête et les cicatrices sont encore vives. J'aime beaucoup ce qu'il se passe entre eux : Jack n'est pas un type gentil, il est surtout solide, un peu jaloux et possessif aussi, en plus d'être impulsif. Il faut une personnalité aussi complexe pour s'accorder avec Lily, méfiante et terrorisée par ses sentiments, par ce semblant de retour à la normalité dans son existence qu'elle vouait à la solitude.

J'apprécie de plus en plus cette série, à la tonalité morose du fait du caractère triste de Lily. J'ai juste un souci avec les silences inexpliqués et les visages trop expressifs dont raffole l'auteur (je ne sais pas décoder les messages subliminaux, les intentions ne sont pas claires). L'intrigue criminelle est sordide et dérangeante, on ne se sent jamais très à l'aise à lire tout ça, de plus Charlaine Harris sait gratouiller là où ça fait mal. Du coup, comme pour soulager nos esprits tourmentés, on suit avec placidité l'obsession ménagère de Lily et ses séances d'abdos, en attendant la suite du programme. C'est bon aussi d'apprendre à mieux connaître les parents et la soeur de Lily, je m'attendais à un tableau bien pire, ce qui est loin d'être le cas (parfois c'est même drôle !). Le prochain tome paraîtra en février 2013, je m'en réjouis d'avance !

Sombre Célébration (Lily Bard #3) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

24/09/12

Fin d'un champion

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J'avais lu et bien aimé le premier tome de la série avec Lily Bard, sans toutefois sauter au plafond, parce qu'il faut bien admettre que l'héroïne aux idées noires plombe un peu l'ambiance générale. Heureusement ce deuxième rendez-vous révèle un potentiel nouveau et non dénué de charme, même si les évènements à Shakespeare ne sont toujours pas sujets à la plaisanterie.

Tout commence par la mort inexpliquée d'un champion de body-building, Del Packard, dans la salle de sports de son ami, et ancien amant, Marshall Sedaka. Lily, accessoirement femme de ménage et premier témoin sur les lieux du crime, pressent que de vieilles histoires vont remonter à la surface, en particulier l'affaire d'une agression contre un Noir, Darnell Glass. Un climat de suspicion et de haine raciale commence alors à s'immiscer dans les rues de la petite ville, ça en devient vite dérangeant et perturbant, surtout lorsqu'on réalise que telle ou telle personne serait impliquée dans une milice secrète aux activités extrémistes plus que douteuses. Et c'est tout le paradoxe de l'existence de Lily : elle ne rêve que de tranquillité, fait ses ménages en toute discrétion, et elle est toujours là au mauvais endroit, au mauvais moment, à fréquenter les mauvaises personnes.

Un nouvel arrivant, Jack Leeds, sème aussi la confusion dans ses pensées. Le personnage est encore trouble, mais... il y a matière à creuser ! Dans l'ensemble, la sensation d'une lecture sombre et pesante est toujours d'actualité (le sujet sur le racisme est lourd, mais traité avec un aplomb certain qui fait honneur à Charlaine Harris). On ne doit pas taire les drames intimes et mesquins des petites villes américaines, l'auteur met les pieds dans le plat et entraîne ses personnages sans tergiverser. Elle les malmène, mais elle les fait avancer, elle ne perd pas de temps avec la tendresse, le romantisme, ici les gestes sont brusques et maladroits, du coup les personnages ont tellement d'états d'âme qu'on en oublierait presque qu'un type est mort à la page 10. Enfin bref, j'ai été davantage séduite par cette nouvelle approche et compte bien m'installer plus longtemps à Shakespeare, Arkansas.

Fin d'un Champion (Lily Bard #2) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

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20/09/12

Et, comme le soleil dans son enfer polaire, Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

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Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d'un cheval, accroché à la falaise. 
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. 
Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.
Prix du meilleur roman francophone au Festival polar de Cognac

« Cette vallée était d'une beauté terrassante, qui transit Servaz.
Une atmosphère de conte de fées.
C'était bien ça : une version moderne et adulte des sinistres contes de fées de son enfance. Car, au fond de cette vallée et de cette forêt blanche, songea-t-il en frissonnant, c'étaient bien des ogres qui les attendaient. »

L'intrigue est habile et perverse, mais redoutablement longue. Comptez pour l'édition poche 730 pages ! C'est beaucoup trop. Je ne pense pas qu'il en fallait autant pour planter le décor, s'insinuer dans la vie des personnages, suivre des pistes, se perdre, avoir des soupçons, éparpiller des petits cailloux, en avoir les poches lourdes, se dire que l'ambiance est austère, fascinante, glaçante... C'est tout le mérite de cette plongée en enfer, une sensation étourdissante, un vrai coup de bluff. Il faut néanmoins avaler un récit consistant et beaucoup trop copieux pour atteindre le nirvana. Du coup, je sors de cette lecture, dont j'avais trop espéré, un peu déconfite.

Glacé, par Bernard Minier  (Pocket, 2012 )

 

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05/06/12

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

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Un gros paquet de mots contre une cartouche de clopes. C'est comme ça que tout commence.
Oxymor Baulay, journaliste en planque chez les clochards, rencontre Vaïda, qui se décrit comme le Roi des Gitans. Il a trouvé dans le fond d'une valise un vieux manuscrit dont il n'a que faire. Il propose un échange contre des cigarettes, Oxymor s'empare du texte avec perplexité. Ce récit, anonyme, est la confession de cinq assassinats jamais inquiétés. C'est sa compagne, Louise, qui lui fait remarquer que ce n'est probablement pas de la fiction, mais l'homme est étourdi, partagé entre l'envie de se débarrasser de ce cadeau empoisonné et l'envie d'en savoir plus.
Il confie le texte à son ami Paul qui travaille dans l'édition. Celui-ci s'emballe aussitôt, c'est une bombe à retardement qu'il tient entre les mains, il en réclame l'exclusivité. Oxymor va longuement hésiter avant de signer, mais la réalité sur le terrain prend une vilaine tournure. Vaïda est retrouvé sans vie dans sa caravane, l'auteur anonyme va se venger en saignant une sixième victime.

Très singulière ambiance que voilà ! Ce polar littéraire est brillant, envoûtant et intelligent. Il vous transporte dans le milieu germanopratin où se disputent les droits d'auteur et les campagnes de communication pour rendre populaire un objet aussi neutre qu'un livre sans paternité ! Le flot de spéculations n'en finit pas de grossir, au centre Oxymor Baulay est le parfait anti-héros, mou, fatigué et ne cherchant ni gloire ni fortune. Entre une vie professionnelle sans éclat et un parcours sentimental semé de déceptions, l'homme ne fait ni rêver ni chavirer. Et pourtant, ses défauts sont autant d'atouts pour agacer ou charmer. Il ne trompe pas, il joue cash, il n'a pas un rond en poche, il couche sans aimer, il traîne son amertume dans les rues de Paris avec un aplomb étourdissant. On suit cette lente procession avec intérêt et fascination. Comme le souligne le libraire G. Collard, c'est "un grand frisson de plaisir".

Mortelles voyelles, par Gilles Schlesser
Points, coll. Roman noir, 2012 

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24/03/12

Un nuage de lait dans votre thé !

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Sarah Trent vient de décrocher un poste de demoiselle de compagnie auprès d'une jeune héritière, Lucilla Hildred, actuellement hébergée chez sa grand-tante dans sa maison de campagne, notamment dans le but de lui changer les idées. Car Lucilla a perdu ses parents, a été retirée de son école et broie du noir parce qu'elle est victime de son imagination. Serait-elle vraiment folle, pense Sarah, qui trouve l'adolescente joyeuse et impertinente, ou tenterait-on réellement de la tuer pour s'emparer de son héritage ?
Des fantômes par ci, des accidents douteux par là... la question ne se pose plus et la tension monte d'un cran. Heureusement son meilleur ami Bertrand vient lui prêter secours, de même qu'un certain John Brown, une vague connaissance de la famille Hildred, qui se prétend entomologiste ou quelque chose comme ça. Son cas pose problème aux yeux de Sarah : serait-il beau parleur ou noble sauveur ? Que cache cet homme séduisant, qui lui fait un peu tourner la tête, alors que Sarah s'est jurée de ne jamais tomber amoureuse de personne ?
Entre secrets de famille et soucis d'héritage, l'intrigue nous offre du déjà-vu parfaitement bien troussé. L'héroïne, Sarah Trent, est une jeune femme moderne et dynamique, elle porte les cheveux courts et a la peau bronzée, elle aime la vitesse et les voitures de course, elle est aussi très indépendante. Sa façon de débusquer les mystères de la Maison Rouge est teintée de prudence, d'instinct féminin et de flegme britannique. On se laisse aisément porter par le rythme de l'intrigue, se surprenant même à ressentir des pics de frisson alors que le climat devient plus tendu, surtout la nuit, dans la petite chambre bleue.
Chaque roman de Patricia Wentworth procure la sensation de renouer avec une vieille camarade, qu'on retrouve avec grand plaisir, et qui ne changera décidément jamais ! La lecture se veut classique, délicieusement surannée, un peu guindée... mais finalement indémodable ! On ne s'en lasse pas.

Cache-cache avec le diable, par Patricia Wentworth
2012, Coll. Grands Détectives chez 10/18  - traduction de Delphine Rivet

23/03/12

Comment la disparition d'une momie permet de résoudre l'assassinat d'un politicien...

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Encore un très bon tome des détectives de l'étrange, Andrew Singleton et James Trelawney, de sympathiques trublions, qui rechignent à couler des jours heureux dans leur appartement cossu de Montague Street. A la place, ils aiment débusquer des affaires qui sortent des sentiers battus, et ça leur va plutôt bien.
L'histoire se passe à Londres, alors que le couronnement de George VI se prépare. Une momie disparaît, puis réapparaît en tant que suspect numéro un dans une enquête criminelle, comment est-ce possible ? Singleton alerte aussitôt l'inspecteur Harold Staiton, déjà connu par les initiés.
Et là j'interromps les présentations, car franchement cette lecture invite à la découverte. Il faut peut-être un petit temps d'adaptation, au démarrage, avant de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un roman policier comme un autre. Les personnages sont de grands amateurs d'histoires tordues et de théories alambiquées, ils ont l'esprit vif et ouvert à des idées peu répandues. C'est clairement leur marotte, ce qui les stimule et les excite.
A ses heures perdues, Singleton tente aussi de percer le secret qui entoure l'Ordre hermétique de l'Aube dorée, une confrérie à laquelle bon nombre d'écrivains auraient souscrit, mais sans en avouer le but précis. Forcément, ça le titille et il prend un plaisir fou à feuilleter les pages de ses livres, entre deux folles échappées avec son camarade Trelawnay. D'ailleurs, la fin du roman nous montrera une avancée considérable... et sidérante.
Il ne faut pas fermer son esprit à ce qui sort de l'ordinaire et flirte avec le fantastique ou l'étrange pour savourer ces aventures, sinon ce serait peine perdue. Toutefois, on sent la jubilation qu'a l'auteur, Fabrice Bourland, à rédiger ses histoires et à entraîner ses personnages dans des aventures singulières. Sincèrement, c'est communicatif, en plus d'être d'une pure élégance, rythmé, intelligent et entraînant.
Chaque nouveau livre est un rendez-vous, pour moi, incontournable !

Le Serpent de Feu, par Fabrice Bourland
2012, coll. Grands détectives chez 10-18  

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Meurtre à Shakespeare

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Lily mène une existence simple et sans histoire dans la petite ville de Shakespeare, au fin fond de l'Arkansas. Son métier (femme de ménage) fait d'elle une personne populaire mais discrète, aussi le meurtre de son propriétaire la voit soudainement propulser sur le devant de la scène, ce qui n'arrange pas ses affaires. De plus, deux hommes (l'inspecteur Claude Friedrich et son prof d'arts martiaux) lui manifestent soudain des signes d'intérêt qui la mettent mal à l'aise, ça commence à faire beaucoup pour notre héroïne ! Lily aime maintenir une distance entre elle et les autres, par la faute de son passé qui la hante encore (on découvre les raisons au fil de la lecture, c'est assez éprouvant). En apparence, Lily est une jeune femme froide et mystérieuse, mais parce qu'elle est torturée et fragile au fond d'elle. 
La personnalité de l'héroïne rend quelque part la lecture plus noire et complexe, même si l'intrigue policière est classique et traditionnelle dans sa ligne de conduite (pas d'esbroufe, mais un bon suspense car je n'avais pas deviné le dénouement). Toutefois, Charlaine Harris prend plaisir à décrire le quotidien d'une petite ville américaine, avec sa galerie de personnages et ses anecdotes savoureuses. C'est vraiment pour moi le petit plus qui rend cette série intéressante à découvrir et à suivre car plusieurs personnages sortent du lot et j'ai bien envie d'en savoir plus ! 

Meurtre à Shakespeare (Lily Bard #1) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduction de Tiphaine Scheuer 

07/03/12

"Le Peuple de la Nuit, lui, n'est plus rien qu'une ombre, l'écho vague d'un roulement de sabots dans la nuit..."

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Un bon western, saupoudré de culture indienne, de légendes, d'apparitions de fantômes, de vengeance et de liens familiaux... il plaira aux amateurs du genre !
Val est agent du FBI et doit enquêter sur un crime commis dans la région de Navajo Mountain. C'est un territoire des indiens, au milieu duquel le clan White, de riches industriels, a établi sa fortune au prix de gros sacrifices humains. Et c'est à partir de ces vieilles rancunes qui l'histoire d'aujourd'hui semble se construire. L'un des membres de cette famille a été assassiné, et ce n'est qu'un début.
Alors que Val tente de s'imprégner des lieux, de ses mystères et cerne le poids des secrets au gré de ses rencontres, l'enquête se durcit et les meurtres s'enchaînent. Bien malgré lui, notre chargé du gouvernement se retrouve dans le rôle d'arbitre, partagé entre deux camps, entre le coeur et la raison.
Ce roman se lit vite et bien. Val s'avère un flic lamentable qui passe davantage de temps à observer et piétiner, alors que la solution est sous son nez. Il faut croire, aussi, que le jeune homme est un peu parti en quête de lui-même !
La fin du roman se termine dans un voile de brouillard, la perspective est intéressante, les coupables ont été punis, justice a donc été faite, c'est du moins sur ce sentiment qu'on referme le livre qui ne cherche pas à épiloguer.
Je garderai ainsi le souvenir d'une belle atmosphère, dans le sud-ouest américain. Un roman totalement dépaysant !

Les Guerriers de la Nuit, par Jean-Pierre Andrevon
Flammarion, coll. Tribal, 2011 

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