05/10/18

Vertige, de Franck Thilliez

vertige

Trois individus se réveillent au fond d'un gouffre, dans une cavité creusée dans la glace. Tous trois sont piégés et enchaînés, livrés à eux-mêmes, sans explication. Ils disposent d'une simple tente, d'un chien et d'un cadavre. À eux maintenant de s'entraider s'ils veulent survivre. Commence donc, pour Michel, Jonathan et Farid, une expérience douloureuse et traumatisante, qui va mettre à mal leur courage et leur foi en l'humanité. Le lecteur aussi se sent impliqué et se pose des questions, pourquoi eux, comment ont-ils atterri dans ce trou, sont-ils coupables de crimes ignobles à l'extérieur, s'agit-il d'un complot ou d'une machination vengeresse... On a vite le cerveau embrouillé par le froid glacial et l'ambiance suspicieuse qui règnent dans cette crevasse. Les langues ont beau se délier, on peine à accorder notre confiance ou donner du crédit à ce qu'on entend. Parmi eux, se cachent un menteur, un voleur et un tueur. Le tour est vite fait, mais les indices sont faibles. Alors on attend, longtemps. Le temps est suspendu, on sent le danger imminent et on retient notre souffle. C'est franchement flippant.
Au fond, la lecture peut sembler excitante, riche en densité et en intensité. Elle nous fait vivre le supplice des personnages, partager leurs idées noires et leurs pensées amères... Et puis, il y a la forme : l'action est lente et se déroule en huis clos, d'où un certain flottement. Option : torture mentale et examen de conscience. C'est dit, et moins alléchant. On n'a peut-être pas le palpitant au bord de l'implosion, néanmoins on ne moufte pas une seconde jusqu'au point final. Et là... on salue la rouerie de l'auteur (vous jugerez à votre guise). Disons que j'aime bien qu'on brouille les pistes jusqu'au bout !

Fleuve Noir (2011) - Pocket (2012) - Lizzie (2018)

Extraordinaire interprétation de Guillaume Cramoisan, mais vraiment. J'ai adoré sa voix.

 

 

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La Faute, de Paula Daly

La FauteLisa Kallisto mène une vie bien remplie : responsable d'un refuge pour chiens, elle habite une ferme isolée, pleine de courants d'air, avec son mari et leurs trois enfants. Le jour où elle apprend la disparition de la fille de son amie Kate, Lisa réalise son erreur : elle avait promis de récupérer Lucinda à la sortie de l'école mais a complètement oublié ! Lisa ne sait plus quoi faire pour s'excuser. Kate est en mode zombi, seule sa sœur peut l'approcher mais celle-ci veille à filtrer toute communication (en fait, Alexa lui reproche toujours la débâcle d'une soirée d'il y a quatre ans au cours de laquelle son mari et elle avaient trop bu). La police a également d'autres chats à fouetter puisqu'il s'agit de la deuxième adolescente enlevée dans la région. La panique gagne tous les habitants, à quelques jours de Noël, et la météo paralyse les routes avec son froid polaire.

L'ambiance hivernale m'a immédiatement frappée, plongée dans les paysages ruraux, j'ai aimé cette immersion bucolique et tellement british. L'auteur décrit aussi avec beaucoup de réalisme la vie bordélique de Lisa, son quotidien fait de petites galères, de temps qui passe trop vite et d'une montagne de charges à assumer. Cette femme est épuisée, complètement à la masse et désabusée, elle envie l'existence aisée des autres, s'accuse de négligence et s'en rend coupable. Lisa veut donc se racheter et comprendre ce qu'elle a loupé. En plus du travail des enquêteurs, elle aussi farfouille et se triture les méninges. Au final, on a une lecture convaincante : suspense, émotion, angoisse, tout y est. On tourne les pages avec empressement. On patauge dans le no-man's land. On suit l'inspecteur Joanne Aspinall sur son terrain (elle aussi est très crédible, flic ordinaire, rarement confrontée aux crimes sordides, usée par son mal de dos à cause de sa poitrine trop forte). On salue cette simplicité à raconter la vie ordinaire, même l'enquête trace sa route en évitant la surenchère. Chaque pièce du puzzle s'emboîte progressivement, de façon cohérente, si ce n'est le dénouement un peu abrupt et inattendu, qui nous laisse un goût amer en bouche et un sentiment de frustration... mais pourquoi pas ?

Traduit par Florianne Vidal - le cherche midi (2014) ou pocket (2015)

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24/09/18

Je sais où tu es, de Claire Kendal

Ambiance stressante à la lecture de cette histoire de harcèlement et de traque obsessionnelle.

Je sais où tu es

Alors qu'elle sort d'une rupture amoureuse, Clarissa rencontre Rafe et passe la nuit avec lui. Seulement, le lendemain matin, ses souvenirs sont flous. Elle préfère éconduire ce prétendant un peu trop pressant... mais Rafe ne l'entend pas de cette oreille. Il va la suivre dans la rue, l'inonder de cadeaux, fouiller ses poubelles. Très vite, Clarissa prend peur et ne sait plus quoi faire. Quand elle est convoquée en tant que jurée dans un procès pour viol, elle pense déjà qu'en s'éloignant, ses ardeurs vont se calmer. Loin de là. Rafe est encore plus redoutable et continue d'envahir son espace vital (sa maison, ses proches). Confrontée également à une audience pesante, Clarissa confond peu à peu sa situation à celle de la victime...

Gloubi-boulga émotionnel droit devant ! Tout d'abord, l'intrigue est construite de façon confuse. On patauge entre les parties racontées à la 1ère personne, celles adressées à la 2ème et les faits rapportées à la 3ème. En gros, on perd vite ses repères. On s'imprègne aussi du calvaire subi par Clarissa (sans oublier Carlotta). C'est palpable. On a envie de hurler après ce désaxé, de jeter le bouquin contre un mur, de fermer les yeux, de changer d'air. Bref. On se sent hyper mal. J'ai aussi beaucoup trop absorbé la souffrance des personnages car je suis sortie de cette lecture lessivée. Mais il y a tout de même un vrai malaise derrière tout ça, un truc qui cloche (impossible à expliquer) et qui fait penser qu'on va au-delà du moche et du dur. C'est très perturbant. Affreux et terrifiant.

Albin Michel (2016) - traduit par Nathalie Cunnington

Je sais où tu es - Cover image

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21/09/18

Ce qu'il reste d'Alice, de T.R. Richmond

CE QU'IL RESTE D'ALICEPar une froide soirée d'hiver, à Southampton, la police repêche le corps d'une jeune femme qui vient de se noyer dans la rivière. Alice Salmon, journaliste de 25 ans, était à l'aube d'une carrière prometteuse. La veille, elle avait arrosé ses retrouvailles avec ses amies puis était rentrée chez elle, complètement pompette. Que s'est-il passé ensuite ?
Les circonstances sont assez floues (suicide, accident ou meurtre) mais déjà le sujet fait débat, sur internet et dans la tête des gens, on raconte tout et n'importe quoi. Pour faire taire ces ragots, un anthropologue proche de la retraite décide de rétablir la vérité sur Alice en dressant un portrait façon patchwork (enquêter, recueillir, colliger). La famille s'y oppose car le projet est trop personnel et impudique.
En effet, le Professeur Cooke se base sur des extraits du journal intime d'Alice, des messages postés sur le blog de son amie Megan, des notes prises par son petit copain Luke ou des lettres écrites à sa mère Elizabeth... sans compter que les motivations du bonhomme semblent également discutables.
C'est tout le suspense de l'intrigue - rapporter de nombreux détails et embrouiller le lecteur. Un pari risqué... et loupé car j'ai trouvé le roman très fouillis. L'auteur a cru bon tenter une expérience (une construction alambiquée sur les nouveaux outils de communication) mais ça reste artificiel et peu convaincant. Les personnages ne gagnent pas en noblesse. Le mystère est élucidé, mais sans gloire. Suis sceptique.

Traduit par Pascal Loubet pour les éditions Calmann-Lévy (2015) / repris au Livre de Poche

ce qu'il reste d'alice calmann levy

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20/09/18

Désordre, de Penny Hancock

Désordre ldpC'est peu de dire que j'enchaîne les lectures avec des personnages cinglés et des histoires bizarres ! Cette fois encore, une femme en pleine dépression franchit la ligne jaune et séquestre un môme de 16 ans dans son garage. Sonia mène pourtant une vie confortable dans sa maison familiale, sur les bords de la Tamise, devenue également un sujet de dispute au sein de son couple. Son mari souhaiterait vendre, mais Sonia n'est pas prête. La maison fourmille de souvenirs. Même si sa solitude pèse sur son moral, elle a façonné son rythme de vie dans cet écrin, depuis que sa fille est partie à l'université et son époux en déplacement professionnel constant. Sonia vit désormais dans la nostalgie du passé et ressasse son aventure avec Seb... son frère. Adolescents, ils ont bravé tous les interdits, fait les 400 coups, vécu avec fougue et déraison. Mais Seb est mort et Sonia porte en elle la responsabilité de cette tragédie. Lorsqu'elle ouvre la porte au jeune Jez, elle se surprend à ressentir du désir. Rien de sexuel. Simplement, elle ressent pour lui un élan qu'elle veut à tout prix garder intact et décide alors de retenir le garçon sous son toit. Sans nouvelles, la famille va alerter la police dont l'enquête se focalise sur Helen, la tante du disparu (également une amie de Sonia). Le problème de Helen ? Elle boit. Beaucoup. Ses témoignages sont flous, son angoisse peu sincère. Heureusement la petite copine de Jez va croire en elle et s'allier contre tous pour éclaircir cette affaire. De son côté, Sonia reste imperturbable, conservant une parfaite maîtrise de la situation.

Je pourrais vous dire que le ton est glaçant, l'atmosphère étouffante et le désarroi immense. Sauf que le bouquin fouille également dans vos entrailles et vous noue l'estomac en infusant une peur panique indéchiffrable. On sentirait presque les effluves poisseux de la Tamise nous envelopper dans son brouillard... à nous d'en sortir. Ou pas. Je ne sais pas si j'ai réellement aimé ce roman, mais je lui reconnais des qualités indéniables. Comme d'avoir su me chambouler et d'être parvenu à m'ensorceler malgré moi. Un roman envoûtant et terrifiant, dit-on, c'est tellement vrai !

Sonatione Éditions (2013) - traduit par Julie Sibony - repris en Livre de Poche

Après Les Visages de Jesse Kellerman,
après Avant d’aller dormir de S. J. Watson,
après Les Apparences de Gillian Flynn,
la nouvelle découverte Sonatine.

Désordre Sonatine

 

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19/09/18

Emma dans la nuit, de Wendy Walker

Emma dans la nuit

Portée disparue depuis trois ans, Cassandra Tanner réapparaît miraculeusement et explique au FBI qu'elle a vécu sur une île, hébergée par un couple, loin de toute civilisation. Par contre, sa sœur Emma est toujours entre leurs griffes. Elle insiste pour la retrouver et explique, point par point, les raisons de leur fugue, veillant à ce que sa mère, Judy, n'en loupe pas une miette. 

Je me suis longtemps demandé si c'était du lard ou du cochon ce que confessait Cass, mais une chose est sûre, son histoire est très perturbante. C'est autre chose qu'un simple thriller avec des rebondissements et du suspense qui vous empêche de fermer l'œil. Ici, le cadre est posé, proche de huis clos, avec des aveux solennels et le tracé perfide d'une vengeance machiavélique. On découvre en effet le portrait d'une famille qui cherche à sauver les apparences, alors que tout va de travers. En tête : Judy Martin, décrite comme une perverse narcissique, mère tyrannique et femme vénéneuse. Entre ses filles et elle, s'est nouée une relation malsaine que la psychiatre, Abigail Winter, a décortiquée sous toutes les coutures. Emma et Cass ont ainsi fait front pour résister à son emprise, mais à quel prix ? Forcément, le malaise n'est pas loin, et la lecture assez désagréable car on suit un chemin laborieux à décrypter son propos. Par contre, j'applaudis la mise en scène (redoutable) qui nous mène en bateau et réussit à nous surprendre jusqu'à la dernière note. 

Bonne prestation des deux comédiennes, Clara Soares et Aurore Paris, choisies pour incarner Cassandra Tanner (la jeune sœur revenue de nulle part) et Abigail Winter (la psychiatre rigide et impassible).

©2018 Wendy Walker / Sonatine pour la traduction française. Traduit par Karine Lalechère (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche

 

17/09/18

La Coupure, de Fiona Barton

la coupureAprès la découverte d'un squelette de bébé, sur un chantier de Londres, trois femmes voient leur passé resurgir et réveiller les souvenirs enfouis.
Entre Angela, brisée depuis la disparition de son nouveau-né, Emma, marquée par une adolescence difficile et sa relation conflictuelle avec Jude, sa mère, convaincue d'avoir perdu son amant par sa faute, le lien semble donc invisible mais réel. Kate Waters, une journaliste en manque de scoop, pressent une histoire bien poignante à raconter dans ses colonnes. Elle a du flair et de l'empathie, assez pour avancer ses billes et détricoter les mailles des vieilles rancœurs tenaces.
Face à ces nombreuses pistes, j'ai ressenti beaucoup de confusion et de perplexité au cours de ma lecture. Le début est assez lent et étrange, car l'histoire met peu à peu en place des éléments, a priori ordinaires, qui se révéleront décisifs une fois qu'ils seront assemblés tous ensemble. En attendant, on prend notre dose de révélations sordides et d'ambiance sinistre. À vrai dire, le suspense n'est pas si haletant, le roman baigne dans le drame et l'émotion, pourtant rien n'est laissé au hasard et on attend avec une certaine fébrilité l'enchaînement des indices. Résultat, même si le roman de Fiona Barton n'est pas très original, il accroche bien son lecteur et distille une sensation oscillant entre le malaise et l'addiction.
J'ai apprécié aussi la réalisation du livre audio, avec plusieurs comédiens pour incarner tous les personnages du roman. C'est un choix judicieux de Lizzie, qui suit une ligne éditoriale convaincante (avec de bons acteurs et des titres d'actualité ou parmi les meilleures ventes).

©2017 Fiona Barton. Traduit par Séverine Quelet (P)2018 Fleuve Noir / Lizzie (un département d'Univers Poche)

la coupure lizzie

 

Disparue, de Darcey Bell

« Il se peut que les disparitions provoquent chez moi un déséquilibre.
Que les chagrins libèrent un démon profondément enfoui. »

disparue darcey bellAprès l'accident qui a coûté la vie de son mari, Stephanie a choisi de vivre seule avec son petit garçon jusqu'à sa rencontre avec Emily, la mère du meilleur ami de son fils. Active et débordée par son boulot, elle fait souvent appel à Stephanie pour la dépanner.
Un jour, pourtant, Emily ne rentre pas à la maison et laisse sans nouvelles sa famille. Inquiète, Stephanie lance un appel sur son blog. Le temps passe. Et malgré tous ses efforts, l'enquête de police va faire chou blanc.
Convaincu de la mort de son épouse, le mari éploré va succomber au charme de sa voisine, la très dévouée Stephanie. Celle-ci a en effet pris place dans la vie d'Emily et substitué son rôle sans le moindre remords.
Car Stephanie a peu à peu découvert que sa meilleure amie avait aussi ses petits secrets. Depuis, elle n'est plus totalement sûre du lien sincère qui les unissait.
On perd vite pied dans cette intrigue sulfureuse, dérangeante et très troublante. Même les personnages sont des experts dans l'art de la manipulation. Et on n'est pas au bout de nos surprises.
Malgré le malaise qu'elle inspire, la lecture n'en demeure pas moins bluffante car on mord à l'hameçon et on se demande jusqu'où ce jeu de dupes va nous entraîner. On aime, on n'aime pas. En tout cas, le roman se lit d'une traite.

Pocket (2018) / Hugo Thriller (2017) - Traduit par Claire Desserrey 

Adapté sous le titre "L'ombre d'Emily" AU CINÉMA LE 26 SEPTEMBRE. 

disparue l'ombre d'emily

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12/09/18

Les Secrets de l'île (Meurtres à Sandhamn 4), de Viveca Sten

Les Secrets de l'îleUn étudiant en psychologie est retrouvé pendu dans sa chambre. Désespérée, sa mère implore l'inspecteur Thomas Andreasson de ne pas abandonner l'enquête. Ses collègues et lui ont déjà matière à réflexion avec la mort d'anciens chasseurs-côtiers, qui auraient tous fréquenté la base militaire de Korsö, dans les années 70. L'intrigue va suivre son cours, avec son suspense et ses rebondissements, un processus routinier, car disons que d'autres éléments m'interpellent assez rapidement... 

D'abord, Sandhamn, la bouffée d'oxygène des citadins, les weekends de détente et la mer pour seul horizon. Ensuite, les personnages : Thomas, à nouveau en couple avec son ex, et Nora Linde, en plein divorce houleux. Le duo harmonieux de la série TV n'est qu'un mythe : dans les romans, Nora est passive et déprimante, submergée par ses émotions. Thomas, toujours à cran avec son épouse à fleur de peau. Tous deux entretiennent une simple relation amicale, sans ambiguïté, et Nora a rangé sa tenue de Miss Marple au placard. 

C'est sans doute moins excitant, pourtant ça rend leurs histoires poignantes et concrètes. On ne se prive pas non plus pour avoir de belles images en tête, au moins ça console du ton geignard de Raphaël Mathon - qui ne varie jamais ses intonations de voix, masculines ou féminines, c'est du même tonneau. Franchement sinistre. Mais la série a du charme à revendre, ce qui fait qu'on y retourne sans cesse.

©2016 Albin Michel. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne (P)2018 Audible Studios

 

06/09/18

Les proies du lac, de Kate Watterson

Les proies du lacBryce Grantham pensait se ressourcer dans le calme du chalet familial, à Loon Lake, dans le Wisconsin, pour terminer l'écriture de son roman, profiter de la fraîcheur de l'arrière-saison, prendre quelques verres au bar...
Un soir, il rencontre une étudiante qu'il accepte de dépanner en la raccompagnant chez elle. Le lendemain, voulant lui rendre son téléphone qu'elle aurait oublié dans sa voiture, il comprend que quelque chose de grave est arrivé à Melissa : traces de sang, meubles renversés, la jeune femme est introuvable.
Il alerte la police sans se douter que les enquêteurs sont déjà à cran : cette disparition s'ajoute à une série de plus en plus inquiétante. À leurs yeux, Bryce Grantham cumule les détails troublants et devient le suspect idéal. Soit l'homme est victime d'un engrenage infernal, soit c'est un manipulateur redoutable.
Seule Ellie MacIntosh refuse de tirer des conclusions hâtives. Par contre, elle n'ose pas encore l'admettre, mais elle est en train de tomber sous le charme de cet homme très séduisant...
Bien que de facture classique, le roman est assez saisissant à lire et offre même quelques frissons tant l'intrigue tient en haleine, avec son rythme soutenu, qui donne envie de tourner les pages vite, très vite, pour connaître le dénouement.
J'ai également beaucoup aimé l'ambiance automnale de cette campagne isolée, en bord de lac, avec des personnages dont on ignore encore s'il faut donner du crédit ou pas à ce qu'ils prétendent être (chasseur et proie se livrent un cache-cache angoissant).
En somme, c'est classique et efficace. L'auteur a depuis continué sa série, cf. Parmi les cendres & Secrets enterrés, je ne vous cache pas que cela me réjouit particulièrement ! Une bonne pioche, sans surprise.

Traduit par Valérie Malfoy pour les éditions Presses de la Cité - repris en poche chez 10 x 18 (Domaine Policier), 2015

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