02/06/18

La dernière expérience, d'Annelie Wendeberg

La dernière expérience 10 18Après une première rencontre dans Le Diable de la Tamise, on retrouve Anna Kronberg - une femme médecin qui a longtemps caché son identité car la profession était interdite aux femmes - dans une nouvelle affaire sordide. Exilée dans son cottage du Sussex, Anna a finalement été pistée par le Professeur Moriarty - droguée, enlevée puis séquestrée chez lui, à Londres. Elle doit lui fournir une nouvelle arme chimique et n'a pas d'autre choix que de se plier à ses exigences - son père est également retenu en otage. S'installe alors une étrange cohabitation entre notre bactériologiste et son geôlier, l'un et l'autre ne se faisant pas confiance, tous les coups possibles sont permis - quitte à succomber au capiteux parfum de l'interdit. Ambiance opiacée, séduction veloutée, soirée à l'opéra, souper aux chandelles... Anna tombe sous le charme vénéneux de James Moriarty. Quid de Sherlock Holmes ? Lui aussi avait exercé un puissant ascendant sur notre héroïne - femme fatale et maîtresse de son corps, bravo ! - mais le fin limier avait également tracé son chemin sans demander son reste. Entre Anna et lui, l'attirance est palpable mais la raison domine la passion. Ceci dit, il ne faut pas chercher loin pour que la coquille se brise... Aussi troublante et sulfureuse soit-elle, la relation entre Anna et Moriarty ne nous laisse guère dans l'indifférence ! Le résultat est à la fois dérangeant et excitant, à l'image de la série. Pour tout dire, j'aime beaucoup le contexte historique, l'Angleterre victorienne, la société à double vitesse, les rôles controversés que l'auteur attribue à Holmes et Moriarty, les joutes verbales avec la scientifique, par contre l'intrigue est assez complexe et un peu lente pour faire battre mon cœur. Et l'idée d'une Anna Kronberg au centre des convoitises, suscitant les plus fervents penchants, c'est un peu fort de café ! Passons, car cette lecture me perturbe en exerçant une réelle addiction, ce qui m'a fait lire d'une traite les 300 pages du roman. Dernier tome disponible : L'Héritier de Moriarty aux Presses de la Cité.

10 X 18 Grands Détectives (2018) - traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux

Presses de la Cité, 2017 pour la traduction française

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#moisanglais_2018

 


01/06/18

Une cruelle absence, de Jenny Blackhurst

On débute ce Mois Anglais avec un roman à suspense qui m'a totalement prise au dépourvu !

UNE CRUELLE ABSENCEAccusée du meurtre de son bébé, Susan Webster a été internée dans un centre pénitentiaire pendant quatre ans. Elle tente aujourd'hui de reconstruire sa vie, sous une nouvelle identité, dans un petit village du Shropshire. Un matin, elle découvre sur son paillasson une enveloppe contenant la photo de son petit garçon... toujours vivant. Susan est sidérée. Encore sous le choc, elle peine à rassembler les souvenirs brumeux de cette journée funeste - la jeune femme était épuisée et souffrait d'une dépression puerpérale. Elle était sans connaissance quand on a découvert le corps sans vie de son fils à ses côtés. L'enquête a rapidement conclu qu'elle avait tenté de se suicider après son infanticide. Horrifié, son mari a demandé le divorce et coupé tout contact. Aujourd'hui, Susan se demande qui cherche à lui nuire - coups de fil intimidants, maison dévastée, filatures et menaces. Réalisant que son passé est loin d'être enterré, Susan décide de faire éclater la vérité et relance son enquête. Sa récente rencontre avec le journaliste Nick Whitely va finalement lui servir de ressort pour rencontrer les témoins de son histoire (avocate, mari, père, médecin etc.) et débroussailler les sentiers sinueux de cette sombre affaire. Stop, n'allez pas plus loin, plongez en apnée, avec la promesse d'un cocktail pimenté. Attendez-vous à du suspense, des rebondissements, des révélations étonnantes, des vies brisées, des secrets étouffants, des cauchemars, des mensonges et des vengeances acharnées... Je n'avais jamais entendu parler de ce livre. Je l'ai ouvert par curiosité (et parce que j'adore les romans policiers se déroulant en Angleterre). J'ai coulé aussi sec. Je n'ai rien vu venir du dénouement ni de la tournure des événements. J'ai juste tourné les pages avec avidité. Que de stress et d'angoisse. La lecture est simple, mais diablement efficace. Elle m'a tenue en haleine de bout en bout. Bon point pour ce roman !

belfond noir (2015) - traduit par Hélène Colombeau

titre VO : How I lost you

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logo créé par the cannibal lecteur

 

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31/05/18

La femme à la fenêtre, de A. J. Finn

la femme à la fenetreAnna Frost vit recluse chez elle et passe ses journées à boire du merlot en épiant la vie de ses voisins. Séparée de son mari et de sa fille, elle reçoit régulièrement de leurs nouvelles et les rassure sur sa santé - oui, elle suit scrupuleusement son traitement. Elle s'accroche. Elle est incapable de sortir, de voir du monde, elle a une peur panique dès que son pied franchit le seuil de la porte, mais elle s'accroche. Elle parle à des inconnus en ligne. Elle a également mis sa carrière de psy en berne et regarde des vieux films en noir et blanc à longueur de journée. En bref, Anna n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Sa routine est pourtant chamboulée avec l'arrivée des Russell dans le quartier. Très vite, Anna s'aperçoit que ça ne tourne pas rond dans cette famille et soupçonne le père d'être violent et tyrannique. Un soir, elle surprend le couple en train de se disputer et voit Jane Russell s'effondrer, le corps poignardé. Elle contacte aussitôt à la police, qui lui apprend l'existence d'une autre Jane Russell. La famille fait bloc, accuse Anna d'avoir tout inventé mais celle-ci s'acharne et fouille dans sa tête en vrac.
Pendant 500 pages, on avance ainsi à tâtons et on suit les méandres des pensées d'Anna - embrumées par l'alcool, les médicaments, les phobies et les non-dits. Il n'en fallait pas moins pour brouiller les pistes. On traîne donc pas mal la patte, à se demander ce qu'on fait là, à regarder cette femme errer dans sa propre existence, à s'interroger sur son état mental, à s'encroûter dans sa routine... Cela peut sembler lent et long - oui, ça l'est forcément - mais c'est aussi l'ambiance désirée par l'auteur. Distiller le doute, rendre la narratrice peu fiable, pointer son état borderline, hésiter entre la soutenir ou la blâmer. J'ai finalement opté pour la présomption d'innocence. Portée par ce rythme, j'ai tout gobé et n'ai absolument pas vu venir la fin ! Damned. Une prouesse.
En somme, c'est lourd d'une monotonie pointilleuse, soutenu par un suspense glaçant et nourri d'une tension psychologique ciselée. C'est gros mais assez bon car j'aime énormément les références aux classiques du cinéma qui ont donné le ton en créant une atmosphère façon Hitchcock & co (sans réellement égaler leur génie). Attendez l'essoufflement du buzz, puis tentez le coup ! 

Presses de la Cité (2018). Traduit par Isabelle Maillet

 

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28/05/18

Un cri sous la glace, de Camilla Grebe

UN CRI SOUS LA GLACEEmma Bohman est une jeune femme à la petite vie tranquille et monotone. Employée dans une grande chaîne de vêtements, elle tombe un jour sous le charme de son patron, le séduisant Jesper Orre. Leur liaison clandestine va néanmoins connaître une fin brutale car l'homme disparaît sans crier gare, malgré leurs récentes fiançailles. Ébranlée par ce soudain désistement, Emma commence à douter. Seule avec ses secrets, elle perd de plus en plus pied.

Peu de temps après, la police découvre, dans la maison de Jesper Orre, le cadavre d'une femme avec la tête tranchée. L'enquête est conduite par Peter Lindgren, un policier désabusé, bientôt rejoint par un profileuse de renom, Hanne Lagerlind-Schön. Or, ces deux-là se connaissent car ils ont vécu une liaison passionnelle dix ans plus tôt, laquelle s'est achevée abruptement, laissant les anciens amants meurtris et amers.

À tour de rôle, les trois protagonistes nous font avancer dans le dédale de cette histoire tarabiscotée et au suspense tendu. Les secrets des uns et des autres viennent peu à peu approfondir l'enquête et agrémenter la lecture d'une note d'angoisse pesante et latente. C'est bien ficelé, assez glaçant et dramatique dans son genre. Le cadre suédois reste - à mes yeux - un supplément d'âme et d'attrait non négligeable. Même si je n'ai pas accroché aux personnages, je reste curieuse de connaître la suite de leur histoire (cf. Le journal de ma disparition). En attendant, ce premier contact offre une évasion appréciable, riche en frissons et autres émotions, car le dénouement est assez inattendu !

Calmann-Lévy, 2017. Traduit du suédois par Anna Postel

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07/05/18

Je sens grandir ma peur, de Iain Reid

Je sens grandir ma peurUn jeune couple prend la route pour se rendre à la campagne, où vivent les parents de Jake, dans une ferme isolée. Le paysage est enneigé, les températures sont glaciales.
La jeune fille est silencieuse, paumée. Son histoire avec Jake date d'à peine quelques semaines. Elle a rencontré le garçon dans un pub. Ils ont discuté, plaisanté et ont gardé le contact. Elle connaît Jake, sans fondamentalement être sûre de lui. Il est cultivé, timide et attachant, mais s'enferme aussi dans ses mutismes.
Plus le temps passe, plus elle prend conscience de ne pas trouver sa place. Elle ignore pourquoi elle a accepté de l'accompagner. Elle est inquiète aussi car elle se sent épiée, harcelée par un individu qui lui téléphone ou envoie des messages. Bizarrement, elle n'ose pas se confier à Jake.
De toute façon, l'ambiance dans la voiture diffuse une sensation étrange, mêlée de tension, de suspense et de mystère. C'est très prégnant et cela renvoie un vrai malaise.
Et pourtant, impossible de décrocher. On se sent pris en otage. Happés par ce climat de terreur sourde, par les rares indices lâchés au sujet d'un massacre, on avance à l'aveugle, on frissonne et on reste aux aguets. 
C'est comme se sentir au bord du gouffre, sauf qu'on bascule pour rapidement toucher le fond de l'abîme. On se relève en zigzaguant, pris de vertige. Encore plus désarçonnés et déroutés par ce qu'on découvre.
En gros, c'est un roman hors normes, qui ne laisse pas indifférent, qui soulève beaucoup de questions et qui hante le lecteur bien après avoir tourné la dernière page. La fin est inexplicable, difficile, obscure et abstraite. Une pure torture !

Presses de la Cité, 2018 - Traduit par Valérie Malfoy

Titre VO : I'm Thinking of Ending Things

« Si seulement c'était plus surnaturel. Une histoire de fantômes, par exemple. Quelque chose de fantastique, un produit de l'imagination, même abominable. Ce serait moins terrifiant. Si c'était plus difficile à intégrer ou à admettre, s'il y avait plus de place pour le doute, je serais moins effrayée. Ceci est trop réel. Bien réel. Un homme dangereux animé de mauvaises intentions, d'intentions irréversibles, dans cette grande école vide. C'est ma faute. Je n'aurais jamais dû venir ici. »


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06/05/18

Panique au manoir (Agatha Raisin enquête 10), de M.C. Beaton

Panique au manoir Agatha Raisin enquête 10Désirant vérifier les dires d'une voyante, Agatha Raisin part s'installer dans le Norfolk pour y rencontrer l'âme sœur. Enfin l'occasion d'enterrer ses rêves d'idylle avec James Lacey ?
Or, l'ambiance à Fryfam n'est pas à la hauteur des attentes. Aucune chaleur. Une hospitalité déplorable. La météo aussi fait grise mine. En bref, le séjour d'Agatha vire à la déconfiture.
Pour se consoler, elle décide d'écrire un roman policier... Panique au manoir ! Elle s'inspire ainsi de sa récente rencontre avec le couple Trumpington-James, avec qui elle a pris le thé en pinçant le nez, et jette sur le papier toutes ses rancœurs enfouies.
Fait non surprenant, un meurtre improbable survient dans cette paisible bourgade. Pour le coup, le fameux manuscrit d'Agatha pèse lourd dans la balance et place encore notre héroïne dans le viseur de la police. Affolée, elle appelle sir Charles Fraith à la rescousse !

Ce qui est sûr avec cette série de MC Beaton, c'est que les tomes défilent mais mon enthousiasme ne s'émousse guère. Cette comédie policière fait toujours preuve de charme et d'humour à travers des enquêtes ordinaires et néanmoins distrayantes.
Agatha Raisin est éclatante de mauvaise foi. Son duo avec Charles est impayable - dommage que l'ombre de James plane de façon pesante et tragique. Et je ne vous parle pas des cinq dernières minutes du roman... Crise de nerfs assurée.
Rendez-vous est déjà pris pour le mois de juin, avec la parution des deux nouveaux épisodes (L'enfer de l'amour #11 & Crime et déluge #12). 
Elvis has left the building !

©2000 / 2018 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Françoise Du Sorbier

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière (durée : 5h 40)

Série : Agatha Raisin enquête, livre audio 10

 Bravo Françoise Carrière pour votre assiduité et votre dynamisme enjoué dans chacune de vos lectures ! C'est un régal. ☺

 

24/04/18

Une journée exceptionnelle, de Kaira Rouda

Une journée exceptionnellePaul et Mia Strom partent en weekend dans leur maison secondaire en bordure de lac. Les enfants sont confiés aux bons soins d'une babysitter. Le couple peut prendre la route en toute quiétude. Pour Paul, la journée s'annonce exceptionnelle.
Mais voilà... Une tension perceptible flotte dans l'habitacle. La sensation diffuse d'un malaise. D'une contrariété. Et ce bruit sourd est en train de gronder, enfler... prêt à exploser.
Toutefois, Paul est confiant. Il trace son chemin, les mains sur le volant, les yeux fixés sur le bitume, et ressasse les années heureuses de leur mariage - son coup de foudre pour la jolie Mia - et leur amour face aux obstacles. Paul est un homme sûr de lui, de son charme, de son pouvoir. Il a gravi les échelons dans son agence de publicité. Il a fondé une famille exemplaire. Il aime séduire et courtiser pour se rassurer.
Oui, vraiment, Paul Strom est un homme comblé.
Et pourtant, en jetant des regards en coin, il ne peut ignorer la position crispée de son épouse, ses allusions piquantes, ses questions insistantes. Aussitôt le doute s'installe. Mia est différente. Ses pensées vagabondent et semblent l'éloigner de lui.
L'époux cherche alors une explication. Il fouille dans sa mémoire, cherche des indices et pioche au hasard. Ce détail l'agace, car il se vante d'avoir tout sous contrôle et ce grain de sable peut entacher son weekend parfait. Impossible. Paul juge cela intolérable.
Il est vrai que Mia n'est pas en grande forme, ces derniers temps. Elle a perdu beaucoup de poids et les médecins ne trouvent aucune explication à ses symptômes. Paul a saisi l'occasion - sa femme a besoin de repos. Il balaie ainsi d'un geste de la main l'idée qu'elle reprenne le travail. La place d'une épouse est à la maison, auprès des enfants. Point.
Ceci plus cela font que le portrait de Paul Strom ne laisse aucune hésitation sur sa véritable personnalité - c'est un pervers narcissique, au comportement infect, qui fait valoir sa supériorité de mâle et qui tire plaisir à écraser les autres. Ouch.
Toute la complexité du roman est finalement d'avoir su marcher sur cette corde raide. On passe une bonne dizaine d'heures à écouter ses palabres, la mâchoire raide, les nerfs en pelote. On se glisse dans la tête de ce type odieux et on mesure l'ampleur de son raisonnement. L'effet est glaçant... par contre, quelle prouesse ! L'auteur a réussi un suspense psychologique de haute volée avec une histoire, certes, un peu trop lisse et banale mais au sein de laquelle le profil du psychopathe s'épanouit tranquillement, à la barbe du lecteur honteux de sa fascination.
J'ai bien aimé le tour de passe-passe. J'ai surtout été étonnamment surprise par l'interprétation de François Montagut qui a su me faire rire à plusieurs reprises (je l'ai pourtant souvent épinglé pour ses mimiques insupportables à caricaturer les voix féminines) ! Là, j'ai été scotchée. 
Un bon roman où priment l'action lente et la manipulation mentale à dézinguer famille, mariage etc. Épouvantable ! ☺

©2018 Leduc.s Traduit par Amélie de Maupeou (éditions Charleston, 384 pages)

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par François Montagut (durée : 11h env.)

une journée exceptionnelle charleston

 

20/04/18

Sale temps pour les sorcières (Agatha Raisin enquête 9) de M. C. Beaton

Agatha Raisin sale temps pour les sorcièresLes tomes s'enchaînent, comme les déboires, pour Agatha Raisin !
Après les émotions fortes subies dans Coiffeur pour dames, Agatha est partie se consoler dans un hôtel de bord de mer, à Wyckhadden, où elle trompe son ennui en se joignant à une bande de retraités fondus de Scrabble. En discutant ci et là de ses problèmes capillaires, elle se voit conseiller de consulter la sorcière locale, Francie Juddle, dont la réputation n'est plus à faire en matière de décoctions miraculeuses.
Agatha est excitée et ne résiste pas à la tentation en achetant un philtre d'amour ! Ses pensées volent toujours vers James Lacey... soupirs, soupirs... seulement notre anglaise vient de rencontrer un inspecteur de police, Jimmy Jessop, loin d'être insensible à son charme. Partout où Mrs Raisin passe, les cœurs battent la chamade et les victimes se comptent à la pelle.
En effet, alors que la petite ville de Wyckhadden ronronnait paisiblement dans son coin, l'arrivée de notre détective amateur va semer la zizanie. Seuls ses nouveaux amis du Garden Hotel restent imperturbables et ne dérogent nullement à leurs rituels - repas, promenade, bal sur la jetée et jeux de société.
Ce 9ème épisode est absolument sensationnel et figure parmi mes préférés de la série ! Le changement de décor ne pénalise en rien la bonne ambiance (pourtant, j'adore Carsely & le charme des Cotswolds), les personnages sont aussi facétieux et Agatha ne cesse d'être surprenante.
Ses péripéties sont toujours piquantes - entre sa quête d'amour et son besoin de fourrer son nez dans les affaires des autres. En bref, on ne s'ennuie pas un instant. C'est une lecture pleine de peps et de sourires. Une série divertissante & un rendez-vous (pour moi) incontournable. 

©1999 / 2018 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Amélie Juste-Thomas
Original Title : Agatha Raisin and the Witch of Wyckhadden

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière (durée : 6h env.)

Série : Agatha Raisin enquête, livre audio 9

 

16/04/18

Je te vois, de Clare Mackintosh

Tu fais la même chose tous les jours - Quelqu'un d'autre le sait

je te vois clare mackintoshLors de son trajet de retour dans le train, Zoe Walker croit reconnaître sa photo dans un journal à petites annonces mais sa famille la détrompe en arguant qu'elle se fait des illusions. Toutefois, ce détail la turlupine et la pousse à compulser les précédentes éditions pour découvrir d'autres portraits de jeunes femmes illustrant le même site de rencontres. La panique la gagne quand elle réalise que certaines auraient été agressées, et vraisemblablement traquées par des abonnés qui les pisteraient grâce à des informations achetées sur un site internet. Par chance, Zoe trouve une oreille compatissante en la personne de Kelly Swift, ancienne enquêtrice criminelle, désormais affectée à la brigade des transports publics. Elle aussi rumine une ancienne affaire d'agression sexuelle, dont elle revit les heures sombres à travers le cas de Zoe. Persuadée que ses angoisses sont bien fondées, l'agent Swift va outrepasser ses fonctions et aborder la question sans détour. Résultat, je m'attendais à une lecture assez ordinaire et au final, je me retrouve avec un roman au suspense bien maîtrisé - et dont je n'avais absolument pas deviné la fin ! Rien que pour ça, cela vaut le coup de s'y attarder. Au programme, attendez-vous à de l'action lente, à de la manipulation mentale, à de la névrose et à la perspective glaçante d'être une cible potentielle à force de répéter la même routine ou d'afficher sa vie sur la toile. Paradoxalement, cette histoire installe un vrai climat de confiance, où l'on s'imprègne des pensées des personnages, on partage leur vie familiale et on côtoie leurs drames intimes. En même temps, on perçoit une voix inquiétante et la sensation malsaine du danger imminent, donc la position est loin d'être confortable. Certes, tout n'est pas parfait (longueurs et lourdeurs) mais globalement le roman s'en tire bien grâce à son tour de passe-passe final. J'ai d'ailleurs préféré ce titre au précédent, Te laisser partir.

© 2017 Pour la traduction française par Françoise Smith pour Hachette Livre (Marabout)

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Marcha Van Boven. Durée : 12h

Très bonne lecture faite par Marcha Van Boven ... qu'on retrouve également dans la série Laurie Moran de Mary Higgins Clark & Alafair Burke.

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12/04/18

La Reine de la Baltique (Meurtres à Sandhamn #1), de Viveca Sten

La Reine de la BaltiqueFérue des romans de Camilla Läckberg, dont j'attends désespérément le dernier, La Sorcière, en format audio, je me replie sur sa compatriote, Viveca Sten, puisque sa série des Meurtres à Sandhamn connaît également un joli succès ! Il existe d'ailleurs une (très bonne) série TV déjà diffusée sur Arte.

L'amoureuse des contrées nordiques (que je suis) n'a forcément pas su résister à cette nouvelle invitation, direction une petite île au large de Stockholm, un paradis pour des vacances en famille ou une mise au vert en toute quiétude. Le charme scandinave par excellence. J'ai donc succombé, c'était parié. Or, cet havre de paix est perturbé par la mort suspecte d'un homme échoué sur une plage, puis par d'autres découvertes macabres qui amènent l'inspecteur Thomas Andreasson à booster ses cellules grises afin de calmer le vent de panique qui monte chez les insulaires, en pleine saison touristique. Habitué de Sandhamn, Thomas y retrouve son amie d'enfance, Nora Linde, devenue juriste dans une banque et mère de deux enfants. Elle forme avec Henrik un couple bohème et moderne, même si la jeune femme aspire à d'autres ambitions, d'autres envies, et se heurte à un mur d'incompréhension chez son mari.

On ne retrouve peut-être pas encore cette même sensation d'immersion totale dans un cocon familier, celle qu'on éprouve à partager l'intimité du couple Erica Falck et Patrik Hedström, mais le dépaysement n'est pas mal non plus. Pour l'intrigue policière, l'action et le suspense sont bien dosés. On ne se fait pas des nœuds au cerveau non plus, et la fin pousse trop loin le bouchon, mais je ne louperai certainement pas la suite dès sa publication en audio ! J'ai adoré enfiler mes clogs Lotta, flâner à vélo et déguster des kanelbullars, mais j'aimerais maintenant bousculer les personnages pour qu'ils se lâchent davantage... Pour la détente et l'évasion, cette série s'annonce parfaite.

©2013 Albin Michel. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne

(P)2018 Audible Studios. Lu par Raphaël Mathon (durée : 11h)

 

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