11/02/17

L'Effet Papillon / Les Enquêtes du Département V (n°5), par Jussi Adler Olsen

l'effet papillon

Ce cinquième tome signe mes retrouvailles avec le Département V, au sein duquel l’inspecteur Carl Mørck et son équipe continuent de crouler sous les dossiers “cold case” qui s'empilent sur leurs bureaux, piochant au gré des envies et du temps. Ce sont plus précisément Assad et Rose qui dictent désormais les règles à leur chef, lequel se charge d'adopter une attitude blasée et arrogante qui exaspère ses supérieurs. D'ailleurs, il y a du remue-ménage au niveau supérieur (départ en retraite, nouvelle direction, changement de politique). Carl doit se coltiner un stagiaire sans jugeote, Gordon Taylor, en guise de sanction. 
Après une première enquête sur le corps calciné d'une femme découvert dans une péniche (qui, entre nous, ne sert strictement à rien), le Département V s'intéresse à la disparition d'un dénommé William Stark dont la belle-fille a placardé des avis de recherche dans toute la ville depuis trois ans. Cet homme aurait été mêlé à une affaire de corruption au Cameroun, impliquant des fonds du gouvernement danois dédiés à une association humanitaire. Pour étouffer ce scandale, les grosses têtes ont donné carte blanche à un gang de gitans, auquel appartient le jeune Marco, sauf que celui-ci en a assez de ces combines crapuleuses et file sans demander son reste. Mais en quittant “la famille” Marco signe son arrêt de mort. Et ils sont nombreux à ses trousses, car le garçon est désormais la clé de voûte d'un engrenage infernal. 
Ce numéro de cache-cache interminable n'est pas nouveau, cf. Profanation où un seul personnage avait mis en branle une intrigue complète. Outre le sentiment du réchauffé, je n'ai pas été inspirée par cette course-poursuite dans les rues de Copenhague. Comment un môme de quinze ans parvient à déjouer toutes les polices et tous les tueurs les plus aguerris ? Pour moi, Jussi Adler Olsen se repose trop sur ses lauriers, l'intrigue criminelle est correcte, mais l'ensemble tombe parfois dans la caricature. Les personnages, Assad, Rose ou Carl, sont attachants mais n'évoluent plus. Le mystère du réfugié syrien reste entier, les excentricités de la jeune femme ne se renouvellent pas, le chef d'équipe est un goujat fini (il couche avec Lisbeth la bibliothécaire pour se consoler de sa rupture avec Mona puis s'en mord les doigts). Bref. J'aime bien la série du Département V - je suis une mordue des lectures se déroulant dans les pays nordiques - mais je lui trouve aussi un côté plan-plan, à la mécanique trop bien huilée, qui ne m'étourdit plus. Il faudrait sortir des clous maintenant, Hr. Jussi Adler Olsen ! 

Sur un plan technique, Julien Chatelet assure, comme à son habitude, une lecture impeccable, efficace et captivante. Par contre, ce serait bien si Audiolib pouvait raccrocher avec la cadence imposée par Albin Michel (le tome 6 est sorti en janvier 2016, le tome 7 en mars 2017). Help ! ☺

Audiolib - Janvier 2017 (durée : 16h 52)
Traduction de Caroline Berg pour les éditions Albin Michel


31/01/17

Les salauds devront payer, d'Emmanuel Grand

les salauds devront payerUne vraie bonne découverte que ce roman d'Emmanuel Grand, lu par Christophe Reymond pour Audiolib !
Pourtant, le sujet a tout lieu d'inspirer une certaine amertume. L'histoire se passe dans le Nord, près de Valenciennes, au cœur des friches industrielles et des quartiers populaires. Le tableau dépeint est gris, lourd et morose. Ambiance peu réjouissante. Dans la petite ville de Wollaing, les habitants font contre mauvaise forture bon cœur. Entre chômage et galères, ils n'ont pas d'autre choix que d'emprunter de l'argent à des organismes peu regardants. Ce sont ensuite les petites frappes du coin qui viennent cogner pour réclamer les sommes impayées. La jeune Pauline en sait quelque chose. Elle n'a pas remboursé ses dettes mais a choisi de filer en douce pour échapper à ses créanciers. Malheureusement, elle sera retrouvée morte dans un terrain vague. Le commandant Erik Buchmeyer et le lieutenant Saliha Bouazem, nouvelle recrue débarquée de Thionville, arrivent donc sur place et procèdent à une enquête a priori limpide. Les suspects sont rapidement pointés du doigts, il ne reste plus qu'à rassembler les preuves pour les faire tomber. Cependant, l'affaire est loin d'être bouclée puisque cette organisation en vase clos est certes perfide et redoutable, mais elle va aussi dévoiler un vieux contentieux syndical et un dramatique secret de famille donnant libre cours à une machiavélique histoire de  vengeance.
Finalement, ce n'est pas seulement un pur roman noir, avec du suspense, de la sobriété et de la mélancolie. C'est aussi un roman social, d'une intensité psychologique forte et poignante. On replonge ainsi dans le contexte des grèves, des luttes des classes, des manipulations politiques et des sacrifices sans état d'âme. Un état des lieux vindicatif et démuni. Sur le coup, j'ai pesté. Encore un tableau du Nord sinistré. Encore et toujours l'image d'une région en crise et sur les genoux. J'admets que c'est facile, mais ce n'est pas malveillant non plus. Et puis ça donne une certaine gravité à l'histoire, en plus des meurtres à résoudre, des plaies ouvertes et des rancœurs tenaces. C'est comme entretenir une mémoire et des souvenirs. De toute façon, avec cette lecture, il faut apprendre à débroussailler, les thèmes sont vastes, les chemins empruntés sont nombreux, les coïncidences parfois trop belles... Même l'entrée en matière est incongrue (un régiment en Indochine et en Algérie), on se demande souvent où nos pas nous mènent mais le résultat est cohérent et réussi. J'ai bien apprécié cette errance à l'aveugle et néanmoins parfaitement maîtrisée par son auteur.  

Texte lu par Christophe Reymond pour Audiolib (durée : 10h15) - Janvier 2017

Suivi d'un entretien avec l'auteur

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18/01/17

L'Affaire de la belle évaporée, de J.J. Murphy

L'Affaire de la belle évaporée

Quelle lecture exquise ! Imaginez un soir de décembre dans les années 1920, dans le prestigieux hôtel Algonquin à New York...
L'acteur de cinéma Douglas Fairbanks et sa compagne Mary Pickford organisent un gigantesque raout où l'alcool prohibé coule à flot. Au milieu de l'effervescence générale, pourtant, un cas de variole se déclare et l'établissement est mis en quarantaine. Les esprits chagrins se consolent aussitôt en se servant une nouvelle coupe, pendant ce temps la starlette Bibi Bibelot fait le show. Entièrement nue, parée d'un médaillon d'argent, la blonde écervelée se glisse dans la baignoire remplie de vin pétillant et amuse la galerie avec ses air aguicheurs. Quelques heures plus tard, on retrouvera son corps sans vie dans la même position. 
J'avoue avoir immédiatement été embarquée par l'ambiance du roman ! C'est pimpant, c'est léger, c'est vintage et c'est charmant. Mais il y a un autre atout indéniable : cette chère Dorothy Parker. Femme de lettres et d'esprit, Dorothy est également connue pour son humour caustique et ses bons mots. Et il faut reconnaître à J.J. Murphy ce talent incontestable d'avoir saisi cette essence pour donner vie à une héroïne pleine de finesse et d'intelligence. L'Algonquin constituant son terrain de jeu propice pour son Cercle Vicieux, il n'était pas rare de la croiser autour de la fameuse table ronde en compagnie de son groupe d'intellectuels. On la retrouve ainsi avec Alexander Woolcott et Robert Benchley dans l'euphorie de la fête et au premier rang dans la découverte du drame. Experte dans l'art du Jeu de l'Assassin, notre éminente chroniqueuse se lance aussitôt sur la piste du coupable... avec l'assistance du non moins célèbre Sir Arthur Conan Doyle ! De passage en ville, l'écrivain britannique cherche ainsi à démontrer l'étendue de ses compétences, n'est pas le père de Sherlock Holmes qui veut, après tout. Mais le travail d'équipe peut poser souci et ne pas être l'apanage de cette fine équipe, chacun cherchant à asséner le coup de massue au détriment de l'autre, soit pour briller en société soit pour enquiquiner le monde.
C'est donc dans cette cacophonie que se dessine une intrigue guillerette et survoltée, où l'on suit les uns et les autres courir dans les escaliers, se planquer dans les monte-charges, batailler contre l'ennui, verser dans les plus folles spéculations, tirer des conclusions hâtives, observer leurs contemporains, épingler les anomalies, avaler une petite louche de champagne, espérer un interlude romantique et louper le gong final. C'est absolument réjouissant. On se croirait dans une comédie tout feu tout flamme, avec du rythme, du souffle, de l'éclat et des bulles. La mise en scène de personnages réels dans un contexte imaginaire apporte aussi ce supplément d'âme à une lecture par ailleurs ordinaire mais qui revêt soudain des couleurs chatoyantes. C'est raffiné, drôle et pittoresque. J'ai tout aimé dans ce livre ! 

éditions Baker Street / Novembre 2016 - Traduction par Yves Sarda [A Friendly Game of Murder]

Illustration de couverture : Lucie QZN

Disponible en Folio Le cercle des plumes assassines [Murder your darlings]

  

(cliché 1) Mary Pickford & Douglas Fairbanks (cliché 2) Art Samuels, Charlie MacArthur, Harpo Marx, Dorothy Parker & Alexander Woollcott "The Round Table Vicious Circle" 

 

17/01/17

Terminus Elicius, de Karine Giébel

TERMINUS ELICIUSSecrétaire dans un commissariat de police à Marseille, Jeanne prend le train chaque jour depuis Istres en s'installant toujours sur la même banquette. Un soir, elle trouve une lettre adressée à son nom. Un certain Elicius lui déclare sa flamme, puis lui révèle un autre aspect de sa personnalité. C'est lui l'auteur des crimes en série qui mettent à cran le capitaine Esposito avec lequel Jeanne travaille. Sous le choc, la jeune femme est d'abord tentée de tout raconter à son supérieur avant de se raviser. Pourquoi ? Jeanne est une petite souris au physique quelconque, à l'existence insipide et aux troubles obsessionnels compulsifs. Fragile et émotive, elle va lier avec cet individu une relation amoureuse, aussi inconvenante soit-elle, et qui la fait fatalement basculer dans des délires profonds.
Le roman part ainsi loin dans la spirale de la folie et des troubles comportementaux. C'est assez prégnant, au point d'en ressentir un sentiment de malaise. Je le répète, je ne supporte pas les désaxés dans les bouquins. Hélas pour moi, Karine Giébel en a fait une constante, cf. Juste une ombre par exemple, d'où un sentiment de ras-le-bol et de frustration ! Je n'ai pas aimé le personnage de Jeanne (sa psychose, son abrutissement, sa démence et sa paranoïa...). Bref. C'est étouffant et très dérangeant. Mais d'un autre côté, c'est toute la force de l'intrigue dont on découvre les rouages à force d'avancer dans le brouillard. L'ambiance est lourde, on ne porte aucun crédit à ce qu'on nous raconte et on s'embarque dans cette sinistre aventure en redoutant le pire. J'ai néanmoins trouvé le dénouement étriqué et peu ambitieux. J'espérais mieux. Et la soudaine “prise de conscience” du capitaine Esposito est trop risible pour l'envisager sérieusement. Premier roman de l'auteur, préalablement publié en 2004 aux éditions La Vie du Rail, Terminus Elicius a été remis au goût du jour par Belfond mais accuse encore une certaine verdeur, un manque de maturité, tout en laissant apercevoir son potentiel. Une nouvelle inédite (Aurore) est proposée en fin d'ouvrage, elle s'écoute en une heure et se révèle parfaitement anecdotique. Une lecture en demi-teinte, donc. 

Les amateurs de lecture audio auront plaisir de reconnaître en Micky Sebastian la voix de Sharon Stone ou de Samantha dans Sex and the City (Kim Cattrall). Son interprétation colle au mieux au caractère à fleur de peau de Jeanne, frôlant parfois l'hystérie, mais rendant l'histoire juste et sensible, glaçante d'effroi et d'angoisse. C'est saisissant, et néanmoins très bon ! 

Texte lu par Micky Sebastian pour Audible Studios- Durée : 8 h

>> Texte en version intégrale uniquement disponible en téléchargement sur le site Audible (exclusivité).

©2016 Belfond (P)2016 Audible FR

Terminus Elicius | Livre audio

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03/01/17

La Carrière du Mal, de Robert Galbraith

Un livre audio lu par Lionel Bourguet (durée : 19h 06) pour Audiolib

la carriere du mal

Dans ce troisième tome des aventures de Cormoran Strike, détective privé à la carrière fluctuante, les affaires prennent du plomb dans l'aile quand sa secrétaire reçoit par colis une jambe de femme tranchée. La presse s'empare du sujet pour en faire les gros titres. Et leurs clients se débinent, préférant la discrétion à un professionnel sous les feux de la rampe. Strike est fou de rage. Voulant ménager la sensibilité de Robin, il préfère lui en dévoiler le moins possible mais ne peut lui cacher soupçonner un spectre de son passé désirant refaire surface pour lui nuire sciemment. Malgré les recommandations de son patron, Robin se lance également dans la traque du sadique... ne doutant pas une seconde être elle-même dans la ligne de mire d'un dangereux maniaque obsessionnel. 
Ce sont donc plusieurs intrigues éparses qui se mêlent à une idée de vengeance assez floue, plusieurs intrigues où les profils de suspects se superposent et où les fantômes d'hier viennent hanter le présent du détective. Strike est encore et toujours confronté à son histoire personnelle, impliquant sa mère et ses mauvais choix amoureux, tandis que sa jeune secrétaire est également chahutée et s'implique dans des enquêtes sordides pour piéger des prédateurs sexuels. Si l'intensité est bien flippante au début, elle faiblit sur la distance car les enquêtes sont trop dispersées et pêchent à tenir en haleine. Par contre, ce sont les personnages qui nous surprennent et nous font vivre des sensations fortes - Robin est face à son destin et ne sait plus ce qu'elle veut. Ce tumulte sentimental se répercute sur le lecteur. Du coup, on continue de détester Matthew, de souffler et de pester contre la fiancée indécise, de rabrouer Strike qui s'interdit de jouer son va-tout. Et que d'émotions dans les nouvelles révélations glissées un soir de déprime ! ... 
Si Robert Galbraith n'assure pas sur tous les plans et se perd dans des enquêtes plus ou moins croustillantes, l'auteur réussit parfaitement à installer son univers et faire évoluer ses personnages en les enrichissant livre après livre. C'est l'atout principal de la série. Strike et Robin forment un duo attachant et solide d'une complicité qui ne dit pas son nom. C'est très touchant, et assez palpitant dans le genre ! J'ai hâte de les retrouver dans de nouveaux épisodes ! 
Pour la note technique, on retrouve Lionel Bourguet qui avait laissé sa place à  pour Le ver à soie et qui sert avec brio cette lecture où l'on plonge “dans les ténèbres des perversions les plus troublantes” en s'attachant aussi à brosser avec tendresse le tandem de choc et de charme ! 

Texte intégral lu par Lionel Bourguet pour Audiolib, Juin 2016
Traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

En cours de tournage, BBC One prépare une série TV adaptée de la série de Robert Galbraith avec dans les rôles de Robin Ellacott : Holliday Grainger & Tom Burke pour un Cormoran Strike plus que séduisant ! 

 


28/11/16

Hortense, de Jacques Expert

HortenseSophie Delalande a noué avec sa fille Hortense une relation exclusive, mais lorsque son ancien amant, Sylvain, refait surface dans leur vie, tout bascule. La fillette d'à peine trois ans est kidnappée par le père revanchard, sous les yeux de la mère éplorée et impuissante. Sophie n'aura plus jamais de nouvelles de son enfant, malgré une enquête acharnée et de nombreux efforts déployés pour connaître la vérité. 
Vingt-deux ans plus tard, Sophie est bousculée par une inconnue dans la rue. Une jeune femme blonde, qui lui rappelle immédiatement son Hortense. Elle la prend en filature, s'immisce dans sa vie et a la certitude d'avoir retrouvé sa fille. Celle-ci ne se doute de rien. Serveuse dans un restaurant à la mode, elle s'est prise d'affection pour cette dame solitaire, un peu désœuvrée, mais émouvante dans sa détresse. 
Elle va même jusqu'à se confier à elle, en lui racontant son enfance bohème auprès d'un père qu'elle admire, sans avoir conscience d'éveiller l'étincelle d'espoir, et de haine, chez cette mère brisée. Car Sophie voit en elle son enfant perdu et rage intérieurement contre l'homme machiavélique qui a fait de sa vie un enfer. Elle ressasse les années envolées par ce drame qu'elle porte en elle et qui la ronge insidieusement.
Repliée dans une existence insipide, Sophie a depuis fait fuir ses proches effrayés par son obsession morbide. Seule Isabelle, rencontrée à la crèche, a tenu bon et soutenu son amie jusqu'à l'impossible. Elle se réjouit également des retrouvailles avec Hortense mais dissuade Sophie de lui déballer la vérité sans prendre des précautions. 
L'ambiance du bouquin est vachement hypnotique et étourdissante. Longtemps, l'histoire cultive une ambiguïté sur les faits rapportés et sur les personnages eux-mêmes. Sophie n'est pas une narratrice fiable, puisqu'on la sent sur la corde raide, et en même temps on comprend qu'elle pète un câble après avoir enduré une telle tragédie. Elle n'en demeure pas moins terrifiante et n'inspire aucune empathie.
On en revient toujours au souci des délires psychotiques qui me font pousser des cris d'horreur et d'exaspération. J'éprouve zéro compassion pour les individus névrosés. Et dans ce domaine, ce roman m'en a bien fait baver. J'ai douté et j'ai détesté tout le monde. J'ai eu les idées embrouillées pendant une grande partie de l'histoire, mais j'ai tout de même vu venir la fin. Gros malaise après ma lecture. Un constat s'impose : sensation étrange d'une intrigue dérangeante, qui ne comble pas toutes les interrogations, un dénouement abrupt et poignant, une construction tortueuse et des figures torturées !
Une lecture franchement flippante. 

Texte lu par Anouk Adrien pour Audible FR - Durée : 7h 48

>> En téléchargement & en exclusivité sur Audible.

©2016 Sonatine (P)2016 Audible FR

Hortense | Livre audio

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21/11/16

Je l'ai fait pour toi, de Laurent Scalese

Je l'ai fait pour toiBienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l'univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l'art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit pour une enquête ou au quotidien. Ses étudiants sont d'ailleurs souvent bluffés par sa logique infaillible.
Sa hiérarchie, par contre, fait grise mine. Moss est un électron libre, arrogant et snob, il bénéficie pourtant de l'indulgence générale au vu de ses bons résultats. Mais ce type est un cas et c'est la jeune Cheyenne Calvera, fraîchement mutée dans le service, qui va se coltiner ses méthodes peu orthodoxes ! 
Au départ, leur partenariat est souffreteux et fonce droit dans le mur. Moss se comporte, comme à l'accoutumée, de manière présomptueuse et fanfaronne. Tout chez lui exaspère sa nouvelle collègue, même si celle-ci reconnaît au fond d'elle-même qu'elle a beaucoup à apprendre en travaillant à ses côtés. 
L'annonce du décès de la romancière à succès, Jade Grivier, va justement éprouver leur équipe et les théories de Moss.
Après avoir inspecté la scène du crime, ce dernier conclut qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Tout a été mis en scène exprès pour faire croire à une mort intentionnelle, mais notre fin limier a relevé des indices troublants. En fait, il a rapidement cerné le coupable et cherche désormais à réunir les preuves pour le démasquer. Moss est un maniaque du crime parfait, mais pense qu'il n'y a pas de meurtrier parfait. 
Cette façon de procéder n'est pas sans rappeler un certain lieutenant Columbo, pour les vieilles ruses à vouloir confondre le suspect, mais aussi Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, pour l'observation, la déduction et l'insolence du dandy excentrique, sans oublier l'inénarrable Adrian Monk pour le côté obsessionnel. Le tout est ingénieux, captivant, avec une bonne tension psychologique qui tient en haleine. 
Cette lecture a été une agréable surprise, portée par l'interprétation recherchée et brillante de Laurent Jacquet. C'est sobre, avec une pointe d'humour appréciable. Et comme beaucoup d'autres lecteurs, j'ai très envie de retrouver Moss dans de nouvelles enquêtes ! 

Texte lu par Laurent Jacquet (durée : 8h 44) pour Audible FR

>> en exclusivité & en téléchargement sur Audible.

©2016 Place des Éditeurs (P)2016 Audible FR

 

Je l'ai fait pour toi | Livre audio

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Le Temps des regrets, de Mary Higgins Clark

LE TEMPS DES REGRETSLe procès de l'année fait la une de tous les journaux : Betsy Grant est accusée d'avoir tué son mari, un riche médecin atteint d'un Alzheimer précoce. Les auditions s'enchaînent et blâment la veuve à qui on reproche d'avoir entretenu une liaison secrète avec son amour de jeunesse. Seule la journaliste Delaney Wright prêche son innocence auprès de ses amis Alvirah et Willy Meehan, lesquels n'osent pas lui avouer être sur le point de retrouver l'identité de sa mère biologique. Vingt-six ans plus tôt, celle-ci a en effet accouché en cachette et a été contrainte par ses parents d'abandonner l'enfant en le vendant à un couple désireux de fonder une famille. Ce vide a longtemps hanté Delaney, en dépit d'une enfance heureuse et aimante. La révélation qui s'annonce risque également de chambouler la couverture du procès. 

Mais trêve de suspense. J'ai trouvé qu'il manquait de la consistance à l'intrigue et aux personnages. L'ensemble sonne creux, superficiel et attendu. J'aime bien les histoires judiciaires, celle-ci n'a pas failli à la règle, par contre je regrette sincèrement l'absence de machiavélisme dans son déroulement. Je n'ai pas franchement ressenti d'attente angoissée à l'écoute de l'histoire qui dévoile son plan placidement. J'avais tout deviné et n'ai donc pas été surprise par l'aboutissement de l'enquête. L'interprétation par Cécile Musitelli demeure la note appréciable de cette lecture. 

Traduit par Anne Damour pour les éditions Albin  Michel / Lu pour Audiolib, novembre 2016 (durée : 7h 49)

10/11/16

Le Premier miracle, de Gilles Legardinier

On ne répétera jamais assez que le nouveau roman de Gilles Legardinier - cru 2016 - n'est pas une comédie mais un vrai roman d'aventures entraînant un historien et un agent du gouvernement britannique dans de folles péripéties à travers le monde ! 

LE PREMIER MIRACLE

Déprimé de ne pas être aimé en retour par sa camarade d'études et de recherches, Benjamin Horwood peine à tourner la page quand il rencontre Karen Holt lors de ses vacances en France. Celle-ci ne fait pas dans la demi-mesure et lui pointe son arme sous le nez pour l'obliger à rejoindre leur cellule secrète qui enquête sur une série de vols d'objets historiques. Horwood n'a pas d'autre choix que de remplacer son ancien mentor, le professeur Wheelan, victime d'un accident de voiture, et ainsi prêter ses lumières à une traque infernale et complexe.
Habitué à son confort et à sa routine, il ignore encore qu'il va s'embarquer pour une équipée frénétique et mouvementée au cours de laquelle Benjamin va explorer les recoins cachés des plus grands musées, approcher des collections privées et des trésors insoupçonnés. Cette mission menée dans l'urgence l'expose également à des dangers, meurtres en série, figures fanatiques et autres révélations historiques révolutionnaires qui pourraient perturber la perception académique de sa profession. Mais Horwood est un éternel émerveillé face aux nouvelles connaissances et prend rapidement goût à la tâche.
De plus, son duo avec Karen Holt fonctionne à la perfection. Notre agent spécial est pragmatique et inflexible, notre historien attaché au British Museum est nonchalant et ironique, deux tempéraments opposés qui font pourtant mouche. Les traits d'humour et les taquineries fusent, tandis que la connivence s'installe et donne à la lecture une tonalité printanière très agréable. C'est emporté dans ce même élan que Horwood combine tous les rôles, depuis Robert Langdon à Indiana Jones, en passant par James Bond. Notre dandy érudit charme les foules et masque sa vulnérabilité par des pirouettes... sans totalement tromper la galerie.
Cette tendresse qu'on trouve dans les personnages est la marque de fabrique de l'auteur, sa très grande force, associée à son sens du partage, son goût du romanesque et son instinct à formuler avec justesse des émotions vraies. Il peut à loisir nous raconter une histoire trépidante sur les mystères de la science et de l'Histoire, une histoire qui confronte des théories du passé à de nouvelles prétendument visionnaires, une histoire ésotérique un brin rébarbative et pompeuse... Du moment qu'il compose avec la fantaisie, la fraîcheur, l'humour et l'authenticité, c'est dans la poche !  
Au final, cette lecture n'est pas désagréable à parcourir, l'écoute audio est entraînante, le rythme de l'histoire est endiablé et l'interprétation de David Manet flirte avec l'insouciance et la badinerie pour notre plus grand bonheur. C'est très plaisant à écouter, cela donne de la rondeur et de la joliesse à l'ensemble. En bref, je ne regrette pas du tout d'avoir embarqué à bord de cette escapade effrénée... même si j'ai une petite préférence pour les comédies de Gilles Legardinier, je n'ai pas boudé mon plaisir à le découvrir dans un registre différent. 

Texte lu par David Manet pour Audiolib (durée : 13h 41) - Novembre 2016
©2016 Flammarion (P)2016 Audiolib

 

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08/11/16

Code 93, par Olivier Norek

Code 93J'ai d'abord découvert Olivier Norek avec Territoires, qui était en fait le premier titre disponible en audio alors qu'il s'agissait du deuxième tome de la série, un détail incongru quand on décide de faire ses premiers pas dans le service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. Code 93 rétablit l'ordre et propose de retrouver l'équipe du capitaine Coste en procédant à une rencontre plus cohérente et sans formalité.  
Car ce roman est tout de même chaud, chaud, chaud. Lorsqu'on amène un cadavre à l'institut médico-légal et qu'au moment de procéder à son autopsie, le corps soudain se redresse et meugle comme un zombie, il y a de quoi sursauter dans son fauteuil ou retenir son souffle en redoutant la suite des festivités, car cela démarre de façon spectaculaire. 
L'enquête policière est embourbée dans une série funeste et tente de déterminer le lien entre deux, trois macchabées sévèrement amochés et victimes de mises en scène lugubres. Le capitaine Coste se prépare au pire. Il a conscience d'être un pantin articulé par une main invisible, cherchant à le conduire là où l'individu le désire, en plus de recevoir des lettres anonymes évoquant un mystérieux Code 93. 
Non contente de savoir tenir en haleine, la lecture n'en paraît que plus crédible quand on connaît le pedigree de l'auteur - lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans. Si son imagination a débordé pour recréer des scènes de meurtres pour le moins perturbantes, la procédure est pointilleuse et ne propulse pas la brigade des enquêteurs dans un tourbillon infernal pour en faire des super flics surhumains. ^-^
Conduit avec calme, mais glaçant d'effroi, le roman nous transporte sur le terrain de la débauche et de la vengeance aveugle, depuis des cercles huppés aux quartiers déshérités, et révèle aussi la face obscure des guerres internes selon les conjectures politiques. Une réalité bien affligeante, nichée au cœur d'un système implacable. 
La dimension humaine déploie tout doucement ses ailes, mais déjà on s'attache aux personnages gravitant autour de Victor Coste et on n'attend plus que ça pour repartir comme en quatorze ! Très, très bon roman lu par François Montagut de façon élégante et pondérée pour une écoute agréable.  

Texte lu par François Montagut pour Audible FR (durée : 8h 50) / Octobre 2016

>> En exclusivité & uniquement disponible en téléchargement sur Audible.

©2014 Michel Lafon (P)2016 Audible FR

Code 93 | Livre audio

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