01/09/16

La Résurrection de Luther Grove, de Barry Gornell

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John et Laura Payne viennent d'acheter une vieille ferme au cœur d'un terrain immense dans la campagne écossaise. Après des mois de travaux, le couple peut enfin emménager avec leur petite Molly et se féliciter de leur bonne fortune. Le cadre est verdoyant, isolé et à l'abri du bruit de la ville. Ils ont la certitude de recommencer à zéro une vie jusque-là fébrile et fragile. Ils découvrent par la même occasion l'existence de leur voisin, Luther Grove, un type bourru, qui préfère la compagnie de ses abeilles à celle des humains. Il ne manifeste aucune politesse à l'encontre de John, venu le saluer avec toute sa suffisance de propriétaire fraîchement établi. Seule la petite Molly tend à dérider le bougre. Laura a bien conscience de la grossièreté de son époux et cherche à apaiser les tensions naissantes entre les deux hommes. Mais l'arrivée de Frank, le frère de John, va mettre de l'huile sur le feu et compliquer les rapports de voisinage. Laura ne supporte pas ce beau-frère vicieux et alcoolique, au comportement violent. Dès que John se trouve en sa compagnie, il se métamorphose en un individu lourd, moqueur et blessant. Les mots claquent, les mains se perdent et les esprits s'échauffent. C'est finalement chez Luther que Laura va trouver du réconfort autour d'une tasse de café. Derrière ses manières rustres, l'homme cache un chagrin insurmontable lié à un drame du passé. Pourtant, à aucun moment le roman ne laisse deviner la direction que va prendre l'histoire, si ce n'est à travers son atmosphère. D'abord sombre et inquiétante, celle-ci prend peu à peu des allures glauques et dérangeantes. On s'enfonce jusqu'au cou dans une intrigue empreinte de folie, de rage, de désespoir. Et ce n'est pas toujours aisé à supporter. J'ai tourné la dernière page avec soulagement et ressors contrariée par cette lecture... :/

Traduit par Nathalie Bru pour Mercure de France (The Healing of Luther Grove)

Repris en poche chez Folio Policier,  mai 2016

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Les Enquêtes de Mary Lester : Les Bruines de Lanester & Les Diamants de l'archiduc, de Jean Failler

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Mary Lester vient de décrocher son premier poste au commissariat de Lorient et anticipe la perspective d'enquêtes trépidantes. Las, la jeune femme est renvoyée dans son bureau, chargée de consigner des plaintes quelconques. Son capitaine n'est pas d'une grande ouverture d'esprit quant à la présence féminine dans ses bureaux. Mary ronge son frein et s'applique aux exigences administratives mais n'en espère pas moins un miracle quand on retrouve un clochard noyé dans le Scorff, puis quand une jeune épouse éplorée vient signaler la disparition de son compagnon. Deux affaires louches en moins de temps qu'il n'en faut pour dire chic. Mary est prête à bondir dans son Austin pour mener une enquête de terrain, seulement le capitaine Amédéo la rappelle à l'ordre en lui reprochant son impétuosité. 

Cette série dénichée par France Loisirs n'est pas une nouveauté, puisqu'elle existe depuis 2003 aux éditions du Palémon et compte déjà une quarantaine de titres au compteur ! En attendant d'atteindre de tels sommets, ce premier tome remet au goût du jour cette héroïne frondeuse et attachante, ainsi que ses enquêtes divertissantes qui nous font visiter des petits coins de Bretagne en toute simplicité. Cerise sur la galette, l'énigme du roman se révèle passionnante, à la fois bien ficelée et conduite avec dynamisme.   

Dans la deuxième enquête, Les Diamants de l'archiduc, Mary a pris du galon en rejoignant le commissariat de Quimper mais a juré de se tenir à carreau après ses débuts tumultueux. Elle croise au hasard de ses promenades un clochard goguenard qui va lui raconter en plusieurs épisodes les secrets du casse du siècle. La jeune femme est tenue en haleine et devient la dépositaire d'une confession aussi étonnante qu'invraisemblable. Notre héroïne prend une part moins active dans l'histoire mais la lecture n'en demeure pas moins plaisante, empreinte d'un charme désuet et enveloppée de bon air iodé. On devine pas loin le goût du cidre, du beurre salé et des galettes ! 

Une jolie série sans prétention, dégustée sur la route des vacances. 

France Loisirs, coll. Piment noir / Avril 2016

Le Commissaire Bordelli, de Marco Vichi

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Encore une découverte italienne avec ce roman de Marco Vichi dont la jolie couverture colorée annonce une rencontre attrayante et pleine de charme ! L'histoire nous plonge en plein été 1963 dans la ville de Florence. Le commissaire Bordelli se rend dans une somptueuse villa où une vieille dame est morte, étouffée par une violente crise d'asthme. Le policier émet cependant quelques réserves et obtient de l'autopsie la preuve d'un meurtre commis dans les règles de l'art. Il ne faudrait cependant pas s'attendre à une enquête fracassante, car notre commissaire est du genre débonnaire et mélancolique, souvent plongé dans ses souvenirs, préférant s'imprégner du crime avant d'en découdre les ficelles. Reposante, décalée avec son époque, la lecture possède cette désuétude délicate et attachante, piochant sans faillir dans les combines du cozy mystery pour nous envelopper dans sa bulle. L'intrigue s'applique à rassembler les indices et les suspects, puis à décortiquer les motivations et les mobiles de tous. Il y a très peu d'action, mais on ne s'ennuie pas car on se laisse porter par le mouvement nonchalant et l'ambiance chaleureuse et dépaysante. Les personnages aussi nous réservent leur part de mystères et de douces excentricités - entre Diotivede, le médecin légiste ; Dante, l'inventeur fou et génial ; Botta, le cambrioleur converti en cuisinier ; Rodrigo, le cousin effrayé par l'amour et Rosa, la prostituée au grand cœur. Bordelli lui-même n'est pas loin d'être le produit hybride du couple Maigret / Adamsberg ! Solitaire et désabusé, gourmand et bon vivant, notre homme file au volant de sa Coccinelle en ne laissant rien paraître de ses tourments personnels. La suite de ses aventures promet donc un rayonnement de bonheur littéraire à picorer pour son bon plaisir. 

Traduit de l'italien par Nathalie Bauer (Il commissario Bordelli) pour les éditions Philippe Rey

Repris en poche chez 10x18 / Mars 2016

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31/08/16

La Méthode du crocodile & La Collectionneuse de boules à neige, de Maurizio De Giovanni

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Cette série policière à la sauce napolitaine figure parmi mes découvertes de l'été ! J'ai ainsi enchaîné avec beaucoup d'enthousiasme les deux premiers tomes, le troisième - disponible chez Fleuve Éditions - est en cours de lecture.

Giuseppe Lojacono est un homme fini. Inspecteur de police suspecté de magouilles mafieuses, l'homme a perdu son poste, son rang social et sa famille. Sa femme n'a pas supporté l'humiliation publique et a demandé le divorce, le privant aussi de son droit de garde en lui refusant tout contact avec sa fille. Lojacono a pourtant clamé son innocence, mais a été broyé par une machine infernale. Il vit depuis dans une petite ville napolitaine, coincé dans un bureau des plaintes, et passe son temps à jouer sur l'ordinateur. Un soir de garde, seul au commissariat, il reçoit un coup de fil signalant le meurtre d'un adolescent, abattu devant chez lui. Malgré l'interdiction, il se rend aussitôt sur les lieux et a le temps de noter deux, trois indices importants, dont des mouchoirs en papier trempés de larmes. Laura Piras, le substitut du procureur, est impressionnée par l'individu et réclame sa présence pour diriger l'enquête. 

Celle-ci révèlera une histoire poignante et dégoulinante de désespoir. Sans connaître son identité, on suit le tueur traquant ses victimes, patientant des heures durant et versant inévitablement des larmes de crocodile, d'où son pseudonyme. La lecture dévoile ainsi une personnalité troublante et attachante d'un criminel en quête de vengeance qu'il aura élaborée de longue haleine. L'atmosphère qui règne dans ce livre est donc pesante, mais son format court et son découpage bien ficelé rendent la lecture captivante. Impossible à lâcher.

Dans La Collectionneuse de boules à neige, l'inspecteur Lojacono obtient une promotion inespérée en intégrant la nouvelle équipe du commissariat Pizzofalcone, pourtant entaché par un scandale de corruption. Il rejoint ainsi une brochette d'outsiders, tous recrutés par le commissaire Gigi Palma, qui mise sur ces flics fêlés et meurtris pour réhabiliter le bureau menacé de fermeture. Entre rapidement en scène une affaire de meurtre, l'épouse d'un notable a été découverte assassinée dans son salon, le crâne fracassé par une boule à neige. Pour l'occasion, Lojacono retrouve la belle Laura Piras, qui en pince secrètement pour lui, mais n'oublie pas non plus ses rendez-vous quotidiens à la trattoria de Letizia, elle aussi entichée de notre policier au charme ténébreux. C'est en compagnie du jeune Marco Aragona qu'il va mener son enquête, passant au crible la vie du couple.  

L'intrigue criminelle est du genre ordinaire, mais laisse longtemps planer le doute quant à son dénouement. Il reste à la lecture une mise en place pertinente de ses nouveaux personnages, outre l'inspecteur Lojacono, le casting s'enrichit de personnalités insolites, calfeutrées dans ses secrets et ses non-dits, qui ouvrent ainsi le champ des possibles en promettant de nombreuses ramifications à la série. C'est frais, c'est moderne, ça ne piétine pas des heures et ça se renouvelle sans cesse. La dimension humaine est également très présente, ce qui assure du drame, de la sensibilité, de la vie, de l'humour, mais aussi de l'évasion et simplement de la distraction. Une série convaincante !  

Traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont pour Fleuve Editions

Repris chez 10x18 en juin 2014 & avril 2016

La Méthode du crocodile  La collectionneuse de boules à neige  Et l’obscurité fut

Le Camp, de Christophe Nicolas

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Cyril vient prêter main forte à son amie Flora qui emménage dans la maison de sa grand-mère dans un petit village du Languedoc. Marie, sa fiancée, doit les rejoindre le lendemain... sauf qu'au moment où elle débarque sur le quai de la gare, personne ne l'attend. Le boulanger itinérant accepte de la prendre en stop et c'est ensemble qu'ils découvrent un village mort, vidé de toute sa population. Que s'est-il passé ? Le lecteur, lui, le sait. Car au cours de la nuit, Cyril, Flora et tous les habitants de La Draille ont été déportés malgré eux dans un bunker, où ils se sont réveillés héberlués et dévastés par ce kidnapping. On imagine tout ce petit monde cloîtré dans un espace exigu, dans l'ignorance totale du pourquoi, du comment, et du après. Aussi, les nerfs sont à vif, les esprits s'échauffent, même s'il devient urgent d'imposer le calme pour comprendre au mieux leur situation et espérer y survivre sans trop de dégâts.

Ce roman est tout simplement incroyable ! On plonge littéralement dans une ambiance unique, sombre, inquiétante et très pesante. Une vraie réussite. On découvre ensuite une histoire qui dépasse l'entendement, mais qui est rondement menée et nous entraîne dans une spirale infernale, où se mêlent action, angoisse, suspense, événements proches du paranormal et aussi du thriller. Excitation garantie. Seul le dénouement pêche à nous embarquer totalement, eu égard à la tension psychologique qui n'a jamais faibli, la solution proposée apparaît tarabiscotée et quelque peu poussive. Mais ceci ne ménage nullement mon enthousiasme général. Une lecture que je recommande ! 

Fleuve Éditions / Coll. Outre Fleuve, Mars 2016

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30/08/16

Traqué, de Simon Lewis

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Jake et Will, deux étudiants anglais, ont choisi de s'octroyer une année sabbatique à travers le Sud-Est asiatique. L'un a échoué à ses examens, l'autre veut panser une peine de cœur. À mi-chemin entre la Chine et le Laos, ils décident de partir à l'aventure en suivant un dénommé Howard, du genre hippie hirsute, qui leur promet un site inconnu du grand public situé en pleine jungle. Baignades et rencontres avec des indigènes font aussi partie du programme. Alors que Jake est surexcité par leur expédition, Will boude dans son coin, plus méfiant et craintif que jamais. Son angoisse monte d'un cran lorsqu'il découvre qu'ils débarquent en plein carrefour stratégique où le trafic de teck, de jade, de drogues ou de réfugiés a régulièrement cours. Sous l'emprise d'un euphorisant, Jake plane totalement, prend son pied en plongeant cul nu dans l'eau et séduit une beauté locale. Will, par contre, rechigne à lâcher prise. Le retour à l'hôtel va hélas s'avérer particulièrement épique. De rencontres importunes en réactions fébriles et maladroites, la situation va dégénérer et placer nos globe-trotters en mauvaise posture. Après quoi, les coups fourrés vont s'enchaîner. La lecture bascule alors dans une surenchère de catastrophes et de violence avec un scénario gavé jusqu'à la surdose. Le rythme est vif, l'action intrépide, mais les personnages sont affligeants de sottise et agissent constamment de manière irréfléchie. C'est usant. Le roman promettait du dépaysement, des émotions fortes... à la fin, il devenait urgent de mettre un terme à cette folie ambiante ! 

Traduit par Julie Blanc pour les éditions Actes Sud / Coll. Actes Noirs, Mai 2015 (Border Run)

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Agatha Raisin enquête : La Quiche fatale & Remède de cheval, de M. C. Beaton

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Quelle exquise série ! Agatha Raisin est une héroïne hors pair, fantasque, fonceuse, décidée à tout péter dans ce petit village des Cotswolds où elle vient de s'installer, quittant une vie londonienne bouillonnante d'activités et une brillante carrière au sein de son agence de communication.

C'était son rêve de toujours de s'acheter un cottage à la campagne pour y couler une retraite à la hauteur de ses espérances. Las, son adaptation à la vie de Carsely n'est pas un franc succès. Les autochtones sont excessivement polis mais distants. Agatha a beau multiplier les efforts d'intégration, rien n'y fait. Elle se sent seule, isolée et elle s'ennuie. Son dernier espoir consiste à participer à un concours de quiche - qu'elle court acheter chez un traiteur à Londres. Or, peu après sa dégustation, le président du jury meurt empoisonné ! Agatha jure ses grands dieux qu'elle est innocente et avoue honteusement sa supercherie. L'enquête tourne court, mais contrarie notre héroïne qui cherche à démontrer au jeune agent Bill Wong qu'un véritable crime vient d'être commis à la barbe de tous. Cette chère Agatha met les pieds dans le plat, tout en culot et en maladresse, pour nous régaler de son histoire décapante et savoureuse.

Un cozy mystery pur jus, planté dans un décor de carte postale, avec des personnages toqués, de l'humour et une intrigue pétaradante. Un régal ! 

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Et donc, j'ai enchaîné avec le deuxième tome des aventures d'Agatha Raisin (Remède de cheval). ^-^

Après bien des déboires et des hésitations, Agatha a choisi de rester à Carsely. La présence de son nouveau voisin, James Lacey, qui affiche prestance et célibat, n'est pas sans influencer notre héroïne qui n'est plus à une excentricité près (s'envoler aux Baléares en imaginant des vacances en tête-à-tête !). Evidemment, son manque de tact effarouche notre ermite, déjà alarmé par les excès de prévenance des dames du village. James n'entend pas se caser et s'enferme chez lui pour rédiger ses mémoires militaires, mais affronte le syndrome de la page blanche, tout en contemplant derrière le rideau de ses fenêtres les allées et venues de sa voisine hyperactive.

Agatha vient en effet de rallier les rangs des abeilles butineuses agglutinées dans la salle d'attente du nouveau cabinet de vétérinaire. En effet, Paul Bladen est plutôt bel homme, avec son regard pénétrant et des mains sensuelles, en plus d'être célibataire. Justement, Agatha trouvait que son chat était en petite forme. Raison de plus pour consulter le véto au plus vite... Ses efforts ne seront d'ailleurs pas vains, puisqu'elle décroche un rendez-vous galant auquel elle ne pourra se rendre en raison d'une tempête de neige exceptionnelle. Mais elle s'accroche. Et nous offre des séquences hilarantes qui prouvent que le ridicule n'existe pas. 

L'annonce de la mort de Paul Bladen va forcément troubler la communauté de Carsely, principalement sa population féminine, frileuse à l'évocation de son assassinat, embarrassée de quelques secrets peu avouables. Pour l'occasion, Agatha va s'allier à James pour rompre leur routine et rendre service à l'agent Wong. Notre duo de choc se livre à une enquête de terrain particulièrement piquante et cocasse (lire la scène des WC du pub pour s'en convaincre) et pare ainsi ce volume d'anecdotes truculentes et enlevées.

Encore une lecture de confort, pour les amateurs de meurtres à l'anglaise, qui doit aussi son succès à la personnalité haute en couleurs de son héroïne. À suivre avec grand plaisir ! 

Traduit par Esther Ménévis pour les éditions Albin Michel (Juin 2016)

La suite est déjà prévue en Octobre : Pas de pot pour la jardinière (T.3) et Randonnée mortelle (T.4)

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01/08/16

Tabou, de Casey Hill

TABOU

Brillante experte médico-légale, formée à Quantico, Reilly Steel a tout plaqué pour s'installer à Dublin avec son père, devenu une pauvre loque vautrée dans l'alcool. Un drame familial aurait brisé cet homme et fragilisé sa fille, qui se refuse pourtant de confier son secret auprès de ses nouveaux collègues de boulot.
Mais l'heure n'est plus aux épanchements personnels lorsqu'une série de meurtres sordides s'enchaînent dans les rues de la ville et viennent bouleverser les inspecteurs de police peu coutumiers du fait.
Reilly déploie une appréhension des scènes de crime avec une sensibilité toute particulière, qui prête d'abord à sourire avant de forcer l'admiration, car oui c'est une pointure dans son milieu. Reilly comprend vite et bien ce qui anime leur tueur en série, elle met le doigt dans l'engrenage et débusque une piste sérieuse pour épingler leur suspect. 

J'ai pris grand plaisir à me lancer dans cette lecture, limpide et agréable à parcourir, proposant quelques scènes choc dans les descriptions des meurtres, attelant efficacement les drames, les mystères et les révélations. Cela se lit tout seul.
Il n'y a pas de rouerie particulière, pas d'intrigue tarabiscotée (les références freudiennes sont accessibles et accessoires). Le dénouement également est facile, expédié abruptement et sans surprise, mais on ne lui en tient pas rigueur car l'ensemble n'en demeure pas moins correct. ;-)
Je suis davantage frustrée de découvrir que la suite n'est pas traduite, alors que tout est mis en place pour une lecture au long cours. La perspective de retrouver les personnages est donc à proscrire, alors que tout n'était pas encore écrit à leur sujet. Franchement dommage.  

10x18 Domaine Policier (mars 2015)

Traduit par Anath Riveline pour les éditions Les Escales

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29/07/16

Un plus plus loin sur la droite, de Fred Vargas

Un peu plus loin sur la droite audiolib

Assis sur un banc dans un square parisien, Kehlweiler remarque un bout d'ossement humain dans des déjections canines et s'épanche auprès de l'exubérante Marthe, une ancienne entraîneuse, dont la gouaille mordante lui rétorque de ne pas pinailler. Ce serait mal connaître notre homme.
Après des heures d'observation et de réflexion, Louis finit par débusquer une piste conduisant dans un petit port breton, où il se rend avec son crapaud de compagnie et son nouveau complice, Marc Vandoosler, un médiéviste désargenté qui occupe une vieille baraque avec deux autres historiens, Mathias et Lucien, et son oncle Armand, un ancien flic (cf. Debout les morts), également une vieille connaissance de l'Allemand.
Et de nouveau, nos deux compères, friands d'intrigues alambiquées, se perdent en contemplations et autres conclusions aléatoires parmi des locaux revêches ou excessivement conviviaux, qui tenteraient de masquer un crime parfait derrière des bavardages futiles, des passions sordides ou des discussions embrumées dans les vapeurs de l'alcool.
Kehlweiler et Marc sont attentifs aux moindres détails, surveillant les habitudes ambiantes, écoutant les potins, rencontrant les figures de proue, sympathisant avec l'ennemi et réveillant parfois la flamme éteinte d'un premier béguin. 

C'est encore une fois une lecture peu coutumière du genre policier, Fred Vargas y trempe un orteil en brandissant les flonflons, les mystères, les crimes et les soifs de vengeance mais procède à une exécution atypique pour livrer son histoire, qui nous régale par sa dose d'excentricités, sa plume facétieuse et ses personnages insolites. 
Après des débuts lents et précautionneux, l'enquête amorce un virage plus complaisant pour retrouver cette atmosphère si caractéristique de l'auteur. Du charme, de la folie douce, de la finesse, de l'humour et de la subtilité font de cette lecture un rendez-vous excitant. Rien n'est laissé au hasard et, contrairement aux apparences, pas si banal ou pantouflard. Même le dénouement parvient à nous surprendre en nous cueillant là où on ne s'y attend pas. 

Très bonne lecture audio proposée par Philippe Allard, dont il s'agit du troisième enregistrement des ouvrages de Fred Vargas. Son interprétation est impeccable, pleine d'humour et de vivacité, respectant ainsi le registre de l'auteur avec brio, pour une écoute pertinente et très agréable. 

Audiolib, Juin 2016 - Lu par Philippe Allard (durée : 7h32)

 

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Jusqu'à ce que la mort nous unisse, de Karine Giébel

Jusqu'à ce que la mort nous unisse

Après deux lectures pleinement enthousiasmantes (De force, Les Morsures de l'ombre), confirmant le potentiel de Karine Giébel, je découvre Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Un roman qui se passe dans les montagnes, avec Vincent Lapaz, un guide meurtri par une rupture amoureuse qu'il ne parvient pas à cicatriser (et dont il cherche à exorciser la douleur en collectionnant les conquêtes sans jamais s'attacher) et la jeune Servane Breitenbach, fraîche recrue de la gendarmerie. 

Entre ces deux-là, naît une tendre complicité, sans ambiguïté. Ils ont pour terrain de jeu la nature belle et sauvage, mais parfois hostile, avec ses braconniers, ses coups bas et ses cadavres. Touché personnellement, Vincent se décide à réclamer justice en se lançant dans une enquête sensible avec le soutien sans faille de Servane. C'est ensemble qu'ils vont donc remuer le fumier masquant les magouilles entre notables, qui voient d'un mauvais œil cette intrusion (et emploieront les grands moyens pour y mettre un terme). 

Je dois reconnaître que l'ambiance rustique et montagnarde renferme un charme fou. On s'y sent à l'étroit, à crapahuter sur des chemins rocailleux, toujours au bord du précipice, la sensation de vertige est tenace, mais le cadre est parfait pour y camoufler ses petits secrets et mener une existence à l'abri des regards curieux. Seulement, au bout d'un moment, l'histoire continue d'emprunter des tours et détours qui, après m'avoir longtemps fait espérer un intérêt quelconque dans le déroulement de la trame romanesque, ont fini par me lasser. Ce roman est extrêmement déroutant dans sa conduite poussive et nous bricole deux, trois sursauts pour ne pas sombrer dans l'inertie, mais c'est bien pour sauver les apparences. L'intrigue est en effet routinière, elle manque d'action et de rebondissements, elle est aussi beaucoup trop longue et sans grande surprise au final. Une lecture un brin décevante eu égard à mes attentes.  

Texte lu par Olivier Blond pour Audiolib (Juillet 2016) durée : 15h 20

Jusqu'à ce que la mort nous unisse | Livre audio

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©2009 Univers Poche (P)2016 Audible FR

 

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