07/06/19

Crazy London, de Sarra Manning

Crazy LondonCette lecture est complètement dingue.
C'est l'histoire d'une nuit interminable au cours de laquelle Sunny cherche son petit copain qui a été surpris en train d'embrasser une autre fille. En compagnie de deux pâtissiers français (très sexy), elle arpente les rues de Londres pour sermonner le goujat.

Ce qui déroute, au début, c'est la totale désinhibition du récit et du personnage. Car Sunny va passer de la nana en pleine crise existentielle à la badass qui s'ignore et défonce tout. 
Mais c'est vachement drôle car on vit des expériences incroyables, on fait des rencontres insolites, on tente l'impossible, on rit, on pleure, on aime, on quitte, on trahit et on reprend tout à zéro. On trimballe aussi un balai avec le plus grand naturel. Bref. On voudrait suivre la cadence, toutefois ça part vite dans tous les sens.

En bonus, nous parcourons la ville de Londres qu'on explore de long en large et en travers. Ça vaut tous les guides touristiques du monde et c'est simplement extra (même si le dénouement fait pâle figure). On aimerait que ça ne se termine jamais... que l'aube ne pointe jamais son nez. Enfin, quelle sacrée aventure ! De toute façon, j'aime beaucoup le ton désinvolte et sans filtre de Sarra Manning. Je partais donc conquise d'avance !

(NB : C'est l'occasion également d'y recroiser l'inénarrable héroïne d'Attachiante... TOP !)

Castelmore (2018) - traduit par Nicolas Jaillet

 

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09/05/19

Des filles comme nous, de Dana Mele

Des filles comme nousAu cours d'une soirée bien arrosée, des élèves d'un lycée privé découvrent un corps dans le lac. Suicide ou meurtre ? Les soupçons se posent rapidement sur Kay Donovan, la brillante capitaine de l'équipe de foot. Mais les apparences sont trompeuses car Kay doit aussi se défendre pour se protéger d'un blog anonyme qui lui fait du chantage et l'oblige à dénoncer ses copines.
Cette lecture m'a fait penser à du Pretty Little Liars sauce 13 reasons why avec un zeste de Riverdale. Et j'avoue que ça fonctionne plutôt bien au départ. On est pris dans l'action et le suspense, on est lancé dans l'intrigue et on sursaute à chaque rebondissement. C'est haché menu. Hyper efficace.
Malheureusement j'ai fini par décrocher car cela devenait trop torturé : la nana est attirée par sa meilleure amie mais flirte avec un autre gars, puis traîne avec une excentrique au look improbable pour pirater le site de la morte. Elle passe son temps à mentir et à agir bizarrement. Au bout de 300 pages, ça gonfle.
J'ai donc terminé ma lecture en chipotant et en haussant à peine les sourcils quand la vérité éclate. C'était sacrément tordu ! Et assez décevant. Comme toutes ces séries tv (précédemment citées) qui servent des clichés et véhiculent une image déformée de la jeunesse.
On s'en lasse.

La Martinière J. (2019) - Traduit par Frédérique Fraisse

Titre VO : People Like Us

Couverture illustrée par Carine Brancowitz

 

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10/04/19

Illuminae : Dossier Alexander - 01, par Amie Kaufman & Jay Kristoff

Illuminae dossier alexander

Quelques heures plus tôt, Kady avait pris la décision de rompre avec son copain Ezra. Et puis tout a dérapé au cours de la journée : des vaisseaux ont ouvert le feu sur leur base minière, contraignant une fuite générale dans un désordre sans nom. Kady et Ezra auront la vie sauve mais vont embarquer à bord de deux navires différents, l'un sur Alexander, l'autre sur Hypatia. Consciente du climat délétère, la jeune fille va rapidement pirater le système pour entrer en communication avec son ex : ce sont ainsi sept brèves minutes quotidiennes à se taquiner et à raconter ce qui se trame autour d'eux. Et autant dire que ça ne va pas très fort : un virus est en train de se propager sur Alexander, les victimes tombent comme des mouches et les zombies sont mis en quarantaine. Mais ce n'est pas tout ! Car l'Intelligence Artificielle censée protéger l'équipage est en train de retourner sa veste et partir en roue libre. 

Techniquement, ce gros pavé de 600 pages annonce du lourd en nous expédiant dans l'espace pour vivre de palpitantes aventures. La forme de l'ouvrage est également pas banale : cela ressemble à un énorme dossier compilant rapports, mails, notes secrètes, vidéosurveillance, croquis, compte à rebours etc. L'effet visuel est curieux et épatant. Cela donne encore plus envie de jeter un œil et de décrypter tout ce bazar. De là à imaginer que ce plaisir se fait au détriment de l'histoire... Hello darkness my old friend. Cette lecture peut s'avérer déconcertante car elle n'est finalement dense et palpitante qu'en apparence. En vérité, l'histoire m'a semblé longue et un peu compliquée. J'avais aussi l'impression de tout vivre par procuration, d'assister en différé à des événements majeurs, de prendre sans discuter et de pas être au diapason avec les personnages. Trop de décalage, trop de fouillis, bref c'est assez frustrant. Ceci dit, je suis sans doute passée à côté du phénomène car les avis sont unanimes et la série suscite une enthousiasme débordant. Je me réserve pour la suite avant de juger.

Casterman (2016) Traduit par Corinne Daniellot 

Maquettistes : Kelly Heather, Jay Kristoff

 

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28/03/19

Killer Game, de Stephanie Perkins

J01661Voulant faire table rase du passé, Makani est venue vivre chez sa grand-mère à Osborne, petite ville du Nebraska, où l'attend une existence insipide. Mais quelques jours avant Halloween, le lycée apprend qu'une élève a été assassinée chez elle. Un meurtre d'une rare violence bientôt suivi par d'autres !

Pour Makani et ses amis, l'occasion est trop belle pour papoter et spéculer. Qui et pourquoi ? La liste des victimes s'allonge, la police n'a aucune piste mais rappelle aux ados la plus grande prudence. Bien entendu, Makani fonce tête baissée vers l'interdit et ainsi s'amourache du frère de l'inspecteur. Ollie est un garçon étrange, un peu fuyant, qui a teint ses cheveux en rose délavé. Ils ont eu une brève liaison l'été dernier, puis ont coupé les ponts sans explication. Aujourd'hui ils se flairent à nouveau et ne tiennent plus compte des mises en garde.

Ancienne amatrice des Slashers des années 90-2000, je ne pouvais ignorer ce roman dont l'efficacité était programmée. En effet, même si l'histoire est carrément gore et cousue de fil blanc, elle vous obsède et ne vous lâche plus jusqu'au point final. On gobe tout, même le creux, le niais, le stupide. La romance entre Makani et Ollie vous semble inopportune ? C'est vrai. Mais on gobe tout. Même le raisonnement du serial killer ou le dénouement carnavalesque... Ha, ha. Après tout, ça se lit tellement vite. Et les mises à mort sont vachement détaillées : sauvages et sanguinaires. Bleh. Rien que par curiosité, ça vaut le coup de flipper sous la couette !

Un roman d'horreur à la Scream : redoutable et impossible à refermer. Oh yeah.

Gallimard jeunesse (2019) - traduit par Isabelle Troin

Illustrateur de couverture : Emmanuel Polanco

 

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05/02/19

Crossing the Line, de Simone Elkeles

Crossing the LineRyan est passionné de boxe mais se sent incompris chez lui : sa mère noie son désarroi dans l'alcool, son beau-père (flic) est tyrannique et plein de mépris. Le garçon fuit donc au volant de sa voiture, avec ses maigres économies en poche, pour franchir la frontière du Mexique. Son but : rencontrer un boxeur d'anthologie et le convaincre de devenir son entraîneur. Au lieu de ça, c'est sur Dalila Sandoval qu'il se cogne.

Dalila a toujours évolué dans un monde préservé : son père est un grand avocat, sa mère œuvre pour le bonheur familial. Son destin est tout tracé car elle a prévu de poursuivre ses études de médecine pour devenir chirurgien cardiaque. Par contre, elle ne supporte pas d'être surprotégée ou de paraître faible. C'est une coriace, comme elle le répète souvent. La preuve, elle n'hésite pas à rembarrer quiconque aurait l'indécence d'agir héroïquement auprès d'elle.

La rencontre entre Ryan et Dalila est forcément explosive. Ils n'étaient pas voués à se connaître, mais le destin en a décidé autrement. Le monde autour d'eux s'effondre, la guérilla entre gangs est plus redoutable que jamais, la jeune fille s'inquiète pour ses proches, suspecte son père et s'interroge sur son ami d'enfance. Je ne sais pas ce que cherche à raconter l'auteur mais c'est cousu de fil blanc. En fait, tout est déjà vu, archi vu et revu. On nous ressort les mêmes vieux clichés en se disant que ça va émoustiller la lectrice : un beau gosse au sang chaud et une petite nana survoltée, deux galaxies opposées, bing bang assuré. Ajoutez une obsession pour la boxe : des coups, de la sueur, des pectoraux et du swing (car la boxe est affaire de rythme et de chorégraphie, amigo). Ça peut fonctionner auprès d'une audience débutante, moi je regrette les frères Fuentes. C'était plus rigolo, quand même. Là, on a une fin courue d'avance et servie sur un plateau d'argent. Tellement prévisible. J'ai à peine haussé un sourcil.

La Martinière J. (2019) - traduit par Isabelle Troin

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La colère des abysses (La Déferlante 2), de Michael Buckley

*** Suite de La déferlante, spoilers droit devant ! ***

LA COLÈRE DES ABYSSES

Lyric Walker est désormais une fugitive. Sur les routes avec son amie Bex et son ennemie Arcade, elle décide de rejoindre le camp situé dans le désert texan pour sauver sa famille. Depuis que son secret a été dévoilé, elle est activement recherchée par toutes les polices et voyage comme une hors-la-loi. Même l'ambiance au sein du groupe est devenue tendue : aucune des trois filles n'a envie d'apaiser la rancune qui les tenaille. Chacune a ses propres raisons, mais aucune ne crève la bulle. Résultat, on sent que ça mijote à gros bouillons et que ce désaccord risque aussi de mettre en péril leur mission. On ne doute pas de la détermination inébranlable de Lyric Walker, d'autant plus qu'elle a connaissance des expériences faites sur les Alphas, toutes plus immorales les unes que les autres. Elle refuse de laisser ces crimes impunis. Mais lorsqu'elle atteint son but, une autre vérité vient terrasser ses dernières convictions. Et là on se dit que le monde est vraiment devenu fou.

On retrouve encore et toujours cette ambiance de désolation proche de la déprime, mais bizarrement cela a un effet assez productif. Il faut dire que l'urgence cogne à la porte, ça grouille et ça secoue pas mal. Certes, la personnalité de Lyric est discutable. Peut-on fermer les yeux sur ses sautes d'humeur ? sur son sex-appeal ravageur ? Oui, fermons les yeux et plongeons au cœur de l'action. Le rythme va crescendo, on sent presque les oracles nous brûler la peau, l'eau de mer nous fouetter le visage. Accrochez-vous. Par contre, la structure de l'histoire est identique au modèle précédent, sans surprise, la scène finale est dédiée au choc des titans, notre héroïque Lyric est au garde-à-vous, d'autres font volte-face à leur manière. Mais le point final est scotchant. Toujours ce goût pour le cliffhanger... pas bien. En plus, j'ignore si la VF verra le jour alors que Heart of the Storm (Undertow, #3) est déjà disponible. Soupirs.

PKJ (2017) - traduit par Guillaume Fournier

Titre VO : Raging Sea

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04/02/19

La déferlante, de Michael Buckley

La déferlanteTrois ans plus tôt, des créatures sorties de l'océan sont venues s'installer sur la plage de Coney Island. Les autorités ont aussitôt décrété une Zone militaire pour encadrer ces étrangers. Le temps passant, une nouvelle politique est mise en place : scolariser une poignée d'entre eux au lycée local. Pour réussir cette expérience, Lyric Walker, fille du shérif, est convoquée par le directeur pour approcher Fathom, le prince des Alphas.

La jeune fille est néanmoins horrifiée car elle aurait préféré rester dans l'ombre. Depuis qu'elle a découvert que sa mère est également une Sirène, infiltrée depuis vingt ans parmi les humains, elle n'a nulle envie d'attirer l'attention et mettre en péril son secret. Les gens sont suffisamment en rogne contre les nouveaux arrivants pour apporter du grain à moudre à leur moulin. L'atmosphère en ville, et maintenant au lycée, est devenue incendiaire. Les groupes protestataires ne se cachent plus et font entendre leur voix en multipliant les actions contre ces indésirables. Face à tant d'injustice et de bêtise, Lyric Walker bout intérieurement. Elle défoule sa frustration en veillant sur sa meilleure amie Bex, maltraitée par un beau-père hargneux, mais le danger gronde. Sa famille envisage fortement de quitter la Zone au plus vite. Et pour y parvenir, Lyric conclut un marché avec le directeur de son lycée.
Elle accepte donc de servir d'émissaire auprès du prince des Alphas, même si Fathom n'est pas facile à approcher. Son attitude est hautaine, son intérêt pour l'humaine totalement absent. Il refuse leurs entrevues quotidiennes, se montre fébrile entre quatre murs, puis comprend qu'ils ont tout à gagner s'ils se serrent les coudes. Mais s'entraider ne veut pas dire s'enticher de l'inaccessible, de l'interdit. À ce petit jeu, Lyric Walker récolte un carton rouge.

La lecture ne fait pas dans la dentelle et affiche un climat de haine, de terreur et de désespoir. La violence est très présente. On encaisse durement le rejet massif des uns contre les autres. On a vite l'impression de suffoquer, mais impossible d'en sortir. Les personnages ont réussi à nous attacher à leur univers et nous invitent à en découvrir davantage au fil des pages. Envie de découvrir qui sont les Alphas, d'où viennent-ils, que veulent-ils, quelles sont leurs coutumes et pourquoi s'acharnent-ils à se défier en affichant leurs plaies sanguinolentes. Envie de faire bloc contre la colère, tout en souhaitant se rouler en boule dans un coin tant c'est flippant. Envie de cajoler la famille Walker, si forte, si solidaire malgré les épreuves. Parfois j'avais l'impression d'en prendre plein la figure ou d'être tabassée par la concomitance des drames qui convergent vers Lyric. Toujours Lyric. Trop de Lyric. Sa relation avec Fathom reste un grand mystère... on voudrait nous faire croire que... et puis... bref c'est très confus. Je suis néanmoins très intriguée de connaître la suite (déjà lue).

PKJ (2016) - traduit par Guillaume Fournier

Titre VO : Undertow

 

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01/02/19

Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton

dix jours avant la fin du mondeDeux lignes d'explosions ravagent la Terre. Nul n'en connaît l'origine mais quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, le monde sera détruit.

Cette annonce produit immédiatement une onde de choc sur la population. À Paris, Lili-Ann prend peur et accepte de rejoindre sa sœur en Bretagne. Elle croise en route Valentin, beau gosse caméléon, totalement ravagé à l'intérieur, ne laissant rien filtrer aux yeux des autres, un couple d'amoureux, Gwenaël et Sara, lui est plongé dans l'écriture de son livre, elle rêve d'une dernière fête avant la mort, et Brahim, leur chauffeur de taxi qui n'a plus rien à perdre. Le chemin de l'exode sera long, semé d'embûches, parsemé de désespoir. Les magasins sont pillés, les actes de violence éclatent, alors que le monde sombre dans le chaos, sans espoir de secours. En Bretagne, la police tente aussi d'organiser l'afflux de réfugiés et de les compartimenter sur la plage : entre les fêtards, les familles et les démunis, la cohabitation est vite incontrôlable.

Ce roman vous inspirera tout ce que vous voulez, colère, incompréhension, angoisse, perplexité... Seule certitude, il est scotchant. Sitôt les premiers chapitres lancés, ils vont défiler à une vitesse folle. On est pourtant loin d'un roman à l'américaine, où l'action prime et on repassera pour le reste. Ici, c'est justement place à l'émotion, la tension dramatique, la cohésion du groupe. L'ambiance fin du monde est palpable. Elle colle à la peau, durant 450 pages, on a l'impression de vivre aussi nos dix derniers jours. Cette mise en scène et la détresse qui se joue sous nos yeux m'ont totalement imprégnée. Impossible de perdre de vue la fameuse deadline. J'étais comme Lili-Ann, résignée sur mon sort. L'histoire montre ensuite que chacun dédie ses dernières heures à vivre selon ses instincts, en craquant tout ou en demeurant fidèle à sa philosophie. C'est ce qu'on découvre en suivant tout ce petit monde... En somme, je ne peux pas expliquer pourquoi j'ai adhéré aussi intensément à cette lecture, toujours est-il qu'après le point final, j'étais étourdie au moment de relever la tête car j'avais du mal à réaliser que je sortais d'une fiction, qu'en réalité le monde n'allait pas s'écrouler dans l'heure à venir, que j'étais de retour à une vie ordinaire. C'était déconcertant, en vrai. Rien que pour ça, je salue la prouesse et j'invite quiconque à partager une telle expérience.

Gallimard jeunesse, 2018

#ambiance : Les portes vitrées du magasin ont été brisées et des dizaines de personnes en sortent, les mains vides, ce qui ne décourage pas de nombreux autres d'y pénétrer quand même.

 

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15/01/19

Snow, de Danielle Paige

SNOW DANIELLE PAIGESnow a grandi dans un hôpital psychiatrique, en compagnie de Bale, son ami de toujours et son grand amour. Elle rêve du jour où ils pourront quitter Whittaker ensemble et vivre loin des spectres qui les entourent.
Son univers bascule lorsque le garçon est arraché sous ses yeux pour disparaître vers l'inconnu. Snow bascule également dans cette autre dimension... et découvre un royaume figé dans l'hiver et tenu par un monarque qui sème la terreur sur ses sujets.
Snow n'a pas fini de multiplier les découvertes, en comprenant qu'elle joue à sa façon un rôle à part entière dans la prophétie qui menace le Roi des Neiges.

Pas facile d'expliquer ce que la lecture nous réserve. Si je m'appuie sur ma propre expérience et les sensations ressenties, j'ai plongé à l'aveuglette dans le roman, ne sachant rien à son sujet, et ai ainsi appréhendé chaque détail de son histoire avec avidité et hallucination.
En gros, j'ai adoré.
L'ambiance est fascinante. Elle pose un cadre sans cesse renouvelé mais son aura demeure étrange, envoûtante, féerique. Le charme opère et la musique s'écoule. On découvre des enjeux et des alliances, des mystères et des mensonges, des aventures et des trahisons. C'est fabuleux.
Seul souci, l'embrouillamini autour du personnage central. Snow est une jeune fille qui a grandi sous cloche, dans l'ignorance totale de ses origines et du pouvoir entre ses mains. Sa propulsion soudaine dans le Royaume des Neiges fait vaciller ses certitudes et va lui révéler tout son potentiel. Bref. On pardonnera ses hésitations, ses doutes, ses angoisses, ses approximations.
Par contre, ses moindres pas sont guidés systématiquement par un garçon. Entre Bale, son amoureux kidnappé sous son nez, pour qui elle a franchi la frontière invisible et bravé tous les dangers afin de le retrouver, puis il y a Kaï, sensible et inaccessible, sans oublier Jagger, ce voleur au grand cœur, qui fait battre celui de notre héroïne plus que de raison... En vrai, ça fait beaucoup de prétendants pour une seule demoiselle, même si les lignes sont assez floues, et si l'essentiel se passe dans l'émotion, l'effleurement, le désir trouble.
Je peux comprendre l'idée, mais la lecture au premier degré peut s'avérer déconcertante. D'où prudence avant de condamner hâtivement. Car l'ambiance globale est tout de même prodigieuse. J'ai ressenti une profonde admiration, une vraie immersion dans ce monde imaginaire. J'ai aussi beaucoup aimé le clan des Voleuses : leurs ruses, leurs masques, leurs pactes, leurs non-dits et leurs secrets. C'est comme pour tout : beau en apparence et tellement trompeur. 
Au final, j'ai été séduite. La lecture n'est pas sans défaut mais elle a aussi du charme et du mystère à revendre. Une découverte parfaite pour la saison.

Milan (2018) - Traduit par Emmanuelle Pingault

 

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11/01/19

Les mille visages de notre histoire, de Jennifer Niven

Les mille visages de notre histoireLibby Groby, connue pour être la plus grosse ado d'Amérique, a vécu la pire humiliation à travers une vidéo la montrant avachie dans son fauteuil en train d'être évacuée de sa maison par les pompiers. Les commentaires haineux ont déferlé sur internet, depuis Libby a suivi une thérapie et perdu un peu de poids (sans afficher une taille mannequin non plus). Toutefois, elle est assez fière d'elle pour retourner au lycée et faire un pied de nez à ses détracteurs.
Jack Masselin n'a jamais craint pour sa réputation : beau gosse insolent et dragueur impénitent. Il donne le change à merveille, car cela fait des années qu'il cache son secret : il souffre d'une maladie rare qui l'empêche de mémoriser les visages et de reconnaître ses interlocuteurs. Il trompe son monde - même sa famille et ses amis sont dans l'ignorance - et agit souvent au hasard pour ne pas éveiller la moindre suspicion.
Mais Jack va tout raconter à Libby. Cela peut paraître insensé et peu vraisemblable, mais disons que l'auteur a choisi de nous embarquer dans une histoire qui se veut optimiste et conquérante ! C'est différent de Tous nos jours parfaits et c'est plutôt pas mal d'envisager qu'aujourd'hui rien n'est impossible quand on a le sentiment de sortir du cadre.
On assiste donc au rapprochement peu banal entre deux univers que tout opposait : Jack est beaucoup moins idiot que ne laisse supposer son image, Libby agit d'emblée en électron libre, elle bouscule, elle riposte. Elle ne manque pas d'air et s'avère époustouflante (imposer son physique au casting des pompom girls... chapeau). Ensemble ils vont donc former un couple inattendu mais charmant... même si je crains, hélas, qu'en réalité cette perspective soit peu plausible. Ne nous leurrons pas.
D'où mon scepticisme. Je salue la qualité du roman, l'espoir qu'il inspire, les messages de tolérance, la dénonciation du harcèlement etc. Mais l'histoire ne touche plus Terre. En plus, on a une romance comme on en a vu d'autres, qui se base sur la souffrance du couple à concilier ses différences, à surpasser ses problèmes... C'est lassant, en plus d'être superficiel et creux en fin de compte. C'est dommage car j'avais trouvé le début du roman tellement engageant : l'échange des points de vue donne du rythme à la lecture. Cela partait plutôt bien...

Gallimard jeunesse (2018) - Traduit par Vanessa Rubio-Barreau

Titre VO : Holding Up The Universe 

 

“Dear friend, You are not a freak. You are wanted. You are necessary. You are the only you there is. Don’t be afraid to leave the castle. It’s a great big world out there.” 

 

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