08/07/17

Did I Mention I Love You ?, de Estelle Maskame & lu par Astrid Roos

Did I Mention I Love YouAprès cinq longues années de silence, le père d'Eden refait surface dans la vie de la jeune fille pour l'inviter à passer l'été à Santa Monica où il vit désormais avec Ella et ses trois garçons. De prime abord, la jeune fille se montre polie et complaisante, alors qu'elle bout intérieurement de colère et de frustration. Mais il fallait qu'elle s'éloigne de Portland et de ses petits tracas au plus vite, d'où son arrivée en Californie. Contre toute attente, on lui réserve un accueil chaleureux et convivial. Eden se fait également de nouvelles amies sur place. Seule ombre au tableau : Tyler, le fils aîné de sa belle-mère. Particulièrement ingérable et refusant toute autorité. Eden le trouve aussitôt détestable et agaçant, avant de le suivre dans ses périples nocturnes et dépasser les limites autorisées. Elle, si sage et exemplaire... bascule dans la spirale des fêtes alcoolisées et des mensonges éhontés. Comble de tout, Tyler et Eden se découvrent une attirance réciproque et n'hésitent pas à l'assouvir. Au fil de mon écoute, j'avoue avoir ressenti un sentiment proche de l'accablement. En effet, l'histoire collectionne tous les clichés du genre et m'a souvent fait dresser les cheveux sur la tête. J'ai flairé le parfum du scandale improbable, soupiré devant l'étalage des facilités et retenu des hoquets de mécontentement en découvrant l'enchaînement des drames aussi futiles que vains. Je me sens trop vieille pour adhérer à de telles sornettes mais j'étais curieuse de découvrir ce que l'on nous présente comme la “série phénomène” aux 4 millions de hits sur Wattpad. La parade est facile, la lecture sommaire et distrayante - agréablement lue par Astrid Roos dont j'apprécie beaucoup la diction et l'interprétation, cf. Tu comprendras quand tu seras plus grande. On a là un rendez-vous gentillet, à l'ambiance estivale affriolante, et qui honore cette série addictive selon les amateurs de romances faciles et légères. 

©2015 / 2016 Estelle Maskame / Éditions Pocket Jeunesse. Traduit par Maud Ortalda

(P)2017 Audiolib / Lu par Astrid Roos (durée : 8h 55)

 

 

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07/07/17

Replica, de Lauren Oliver

REPLICADeux filles. Deux histoires. Un même roman. C'est sur cette promesse que Lauren Oliver nous embarque dans un univers d'expériences interdites en s'intéressant aux parcours de deux héroïnes, qui vont évidemment se croiser pour mieux confronter les visions aperçues de part et d'autre.

Gemma souffre de son image. Elle est en surpoids, a effectué plusieurs séjours à l'hôpital et a le sentiment d'être un monstre, d'ailleurs ses camarades au lycée le lui rendent bien. Elle a pour seule amie April, qui déploie des trésors d'ingéniosité pour lui chasser ses idées noires. Chez elle, Gemma se sent également incomprise, entre une mère angoissée et un père accaparé par son boulot, pour lequel il s'absente constamment en désertant le foyer. La jeune fille va finalement comprendre que ses parents sont des cachotiers en découvrant le nom de son père associé à l'institut Haven, connu pour sa réputation sulfureuse, et pire encore en apprenant que le lieu a été la cible d'un acte terroriste. Gemma part sur un coup de tête pour percer les mystères de ce laboratoire aux expériences scientifiques inqualifiables. Elle entraîne dans son expédition un ancien camarade de primaire et le fils d'un blogueur qui enquêtait sur les actions de Haven avant de disparaître du circuit. Au cours de son périple, elle tombe alors sur Lyra.

Lyra est le produit des expériences honteuses de l'institut de Haven - en gros, Lyra est un clone. Son existence non plus n'a pas été doucereuse et sans heurt. C'est ce qu'on découvre dans l'autre partie du livre, en quelques 200 pages visant à compléter les révélations divulguées par Gemma. Mais j'avoue avoir ressenti une pointe de lassitude au moment d'enchaîner avec cette lecture alternative. J'ai alors réalisé que j'avais ingurgité ce roman alambiqué sans réel entrain, ni étincelle d'excitation. J'avais tenté par goût pour l'auteur (cf. sa série Delirium) mais suis, pour le coup, déçue du résultat - les personnages sont fades, l'action est convenue, avec des rebondissements improbables, l'ensemble sonne monotone. N'étant peu d'humeur aux concessions, j'ai donc lâché l'affaire. Sans regret.

Hachette Romans, 2017 - Trad. Alice Delarbre

 

 

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23/06/17

Parmi les vivants, Tome 1 : Abel, de Valie Le Gall & Alex Cousseau

Parmi les vivants AbelAbel, “ce garçon qui semble arriver de nulle part, et avancer sans savoir où”, surgit en plein été dans la routine languide de Vlad, Esther et Inoke. Les trois amis, en vacances, sont intrigués par son allure peu commune - il porte un long manteau noir, de grosses chaussures en cuir brun. Ses cheveux sont en bataille, son teint pâle. Il erre avec désinvolture, mais semble percer l'âme de notre trio d'un simple regard. En vérité, Abel cherche à récupérer un médaillon perdu chez Esther, ainsi qu'un reliquaire en forme de cœur que deux fripouilles lui ont chapardé tandis qu'il sommeillait sur un banc.

Les trois amis se lancent sans réfléchir dans cette traque, contre la promesse d'une confession aussi fascinante qu'improbable. Celle-ci va mettre à jour un drame romantique datant du XVIe siècle et une quête d'amour impossible au compte à rebours enclenché. Vlad, Inoke et Esther vont également perdre quelques plumes dans cette histoire - Vlad est secrètement amoureux d'Inoke mais n'ose pas avouer ses sentiments, Inoke aime s'isoler dans la ferme de son père et pleurer en silence la mort de sa mère, Esther n'est pas dupe et cherche à être l'élément catalyseur de ce vaste imbroglio.

Le roman invite à l'exploration en évoquant les amours contrariés, entre passé et présent, entre les vivants et les morts. Avec ses accents fantastiques distillés par petites touches discrètes, il installe une ambiance surannée et nous convie, au détour des chapitres, à partager des secrets, enquêter et fouiller, récolter des indices et percer des mystères... Le cadre estival apporte aussi de la fraîcheur, de l'humour et un grand souffle d'évasion pour chasser l'idée d'un univers trop abscons, mais au dénouement inattendu et surprenant. Ce roman possède un charme étrange et pénétrant, grâce à une histoire dont les nouveaux éclairages ne manqueront pas d'être démêlés par la suite, Parmi les vivants 2. Louise. Une lecture complètement décalée avec l'ordinaire.

Rouergue, coll. épik, 2017

 “ Sa bêtise rivalise avec celle d'une carotte qui aurait pour projet de s'installer dans un terrier de lapin. ”

 

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19/05/17

Everything everything, de Nicola Yoon

everythingMaddie est atteinte d'une maladie rare - son système immunitaire est défaillant - ce qui la contraint à vivre cloîtrée chez elle, entourée de mille précautions. Âgée de dix-huit ans, la jeune fille n'a connu que les murs blancs de sa chambre et la vie dans les romans. Ses seules amies sont sa mère médecin et son infirmière, Carla. Puis débarque Olly, dans la maison voisine. Avec ses vêtements noirs, ses cheveux fous, son allure de saltimbanque qui gigote partout, il attire l'attention de Maddie qui le fixe derrière sa fenêtre. Lui aussi finit par la remarquer et toque chez elle armé d'un kouglof. Commence peu à peu une étonnante relation, entre pudeur et curiosité, méfiance et compassion, attirance et émotion. C'est juste incroyable, beau et très touchant ! J'ai adoré toute cette période d'apprivoisement, les messages échangés en cachette sur internet, les premiers rendez-vous à distance, les souffles retenus et les papillons qui explosent dans le ventre. C'est franchement adorable. J'étais sous le charme de cette idylle naissante, sans toutefois exclure le dilemme de l'adolescente, coincée dans sa bulle, privée de liberté, désirant enfin vivre sa vie et défier son destin. Face à elle, aussi, sa maman veille et gronde. Depuis la perte tragique de son mari et de leur fils, des années plus tôt, elle s'est dévouée corps et âme pour sa fille, quitte à la surprotéger. Aujourd'hui Maddie aspire à de nouvelles expériences et de nouvelles rencontres... La bulle de sécurité, son cocon douillet, semble être devenue trop étouffante, prête à exploser ! 

Je n'ai rien vu venir de la fin, pour le coup j'ai été grandement bluffée, tant mieux. J'ai beaucoup apprécié ce dénouement imprévisible et cette sensation d'une issue magique, qui rend la lecture encore plus précieuse et exceptionnelle. Ce roman est, en somme, un hymne à la vie, au pouvoir de l'amour et au droit de s'affranchir. C'est tellement beau qu'on en oublie tous les petits défauts, les raccourcis, les facilités. Et puis la couverture est déjà tout un poème... 

Bayard Jeunesse, 2016 - Trad. Eric Chevreau

SORTIE CINÉMA le 21 Juin 2017 : film réalisé par Stella Meghie avec Amandla Stenberg & Nick Robinson.

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18/05/17

Demain n'est pas un autre jour, de Robyn Schneider

Demain nest pas un autre jourLane avait déjà bâti son avenir selon un plan parfait - avec ses résultats brillants et sa motivation gonflée à bloc, le garçon visait une entrée en grandes pompes à Stanford. Au lieu de ça, c'est à Latham House qu'il pose ses valises avec un profond sentiment d'échec. Latham est un sanatorium pour jeunes malades atteints de tuberculose. Récemment diagnostiqué, Lane est contraint au confinement et au repos. Sur place, le garçon retrouve une ancienne camarade de colo, Sadie, qui s'est entourée d'une bande de potes turbulents, aimant flirter avec les limites du raisonnable. Lassé de son rôle de garçon modèle, au parcours irréprochable, Lane tente de les approcher mais se heurte à une Sadie hargneuse et rancunière. 

C'est parce que j'avais beaucoup apprécié le premier roman de Robyn Schneider, Cœurs brisés, têtes coupées, que j'ai décidé de me plonger dans celui-ci. Car un livre traitant de maladie et d'amour n'a généralement pas mes faveurs... L'autre aspect positif du roman, c'est son ambiance en vase clos, où des jeunes gens patientent et luttent contre une fin programmée, mais choisissent de profiter pleinement plutôt que de s'avachir dans leur coin en tremblant de peur. Ce sont des résistants, des guerriers, des héros. J'ai aimé suivre leurs transgressions dans les bois ou à la bibliothèque. Leurs échanges aussi sont pleins d'autodérision. Et sous leurs airs bravaches, forcément, on devine leurs failles, leurs trouilles, leurs espoirs... C'est très bon, merveilleusement écrit, avec certes un sujet réchauffé, mais le roman possède le même charme que Auprès de moi toujours de K. Ishiguro, autre lecture empreinte de nostalgie, de beauté et de poésie. Si vous aimez John Green, vous ne pouvez louper Robyn Schneider !

Gallimard Jeunesse, 2017 - Trad. Nathalie Peronny [Extraordinary Means]

« Jamais je n'ai eu autant envie de faire partie d'une bande qu'à cet instant précis. Ils détonnaient avec le reste de Latham, mais pas comme moi. Ils se comportaient comme dans un pensionnat strict à l'ancienne où on défiait l'autorité et où on enfreignait les règles en cachette. Je les trouvais plus combatifs que les autres. Moins enclins à pleurnicher sur leur sort et à passer leurs journées au lit. Ils n'étaient pas en vacances, ils vivaient une aventure. »

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10/05/17

Les Puissants #1 : Esclaves, de Vic James

Nouvelle série repérée sur le phénomène Wattpad et promise à enflammer l'imaginaire du lecteur. Nathan mise sur Vic James et nous projette dans une Angleterre alternative bien codifiée. Penchons-nous sur le sujet.

les puissantsPeu après l'anniversaire de la plus jeune de la fratrie, la famille Hadley s'engage auprès des puissants Jardine pour honorer leur contrat qui implique de donner dix ans de leur vie en esclavage à l'élite. Les Jardine occupent une position dominante dans la hiérarchie du pays qu'ils gouvernent selon des lois ancestrales, même si celles-ci ne cessent d'accroître les inégalités sociales.

De toute manière, les privilégiés, aussi nommés les Égaux, détiennent des Dons rares et précieux qui confortent leur suprématie. Après quoi, la caste ouvrière se plie à leurs exigences, souvent parquée dans la cité de Millmoor, où les conditions de vie sont rudes et implacables.

Au moment de prendre leur fonction, la famille Hadley a ainsi la désagréable surprise d'apprendre qu'un des leurs ne rejoindra pas le domaine de Kyneston. Une séparation injustifiée et annonciatrice d'une première onde de choc. Car la suite de l'histoire va propulser Abi, son frère Luke, leur petite sœur Daisy et leurs parents dans un maelström de conflits et de complots qui vont profondément chambouler la donne.

À Kyneston, la vie royale n'est pas exempte d'antagonismes larvés entre les frères - l'Héritier Gavar, Jenner et Silyen - et de nombreuses rivalités germent sous couvert d'ambitions dévorantes et parfois dévastatrices. Tandis qu'à Milmoor, les habitants s'organisent pour revendiquer leurs droits et entrent en rébellion contre les Égaux, le Chancelier Winterbourne Zelston fait sensation en voulant voter un acte contre l'esclavage !

La présentation peut sembler globalement fastidieuse, si ce n'est qu'elle ouvre les portes d'un univers riche, complexe et extrêmement élaboré. C'est tout un ensemble dense, aux ramifications multiples et rigoureuses, avec aussi un large éventail d'individus, qu'il faut donc appréhender. J'ai été particulièrement séduite et intriguée par ce monde assez original, qui se déploie au fil des chapitres. Certes, tout reste perfectible car je n'ai pas été sensible aux personnages, j'ai trouvé les interactions gauches et les rares sursauts romantiques assez vains. Par contre, j'ai aimé la trame politique, ses ressorts et ses arcanes. C'est beaucoup plus sombre, poignant et palpitant car l'histoire révèle aussi de nombreuses duperies, manipulations et autres trahisons chez les uns et les autres. L'ensemble m'a finalement bien plu, malgré certaines maladresses qui s'effaceront - j'espère - par la suite, car il faut élaguer cette sensation de fouillis...

 

Ce titre est également proposé en exclusivité par Audible Studios 

avec pour lecteur le formidable Julien Allouf (durée : 10h 24).

Esclaves (Les Puissants 1) | Livre audio

©2017 Nathan. Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Julie Lopez (P)2017 Audible Studios

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02/05/17

L'Épreuve #1 : Le Labyrinthe, de James Dashner & lu par Adrien Larmande

le labyrintheThomas se réveille dans un endroit inconnu, entouré d'une bande d'adolescents le dévisageant avec hostilité. L'esprit confus, le garçon saisit des bribes d'informations sur sa situation : ses camarades et lui sont tous piégés dans un Bloc, entourés de murs et de portes, qui se ferment chaque soir pour les protéger de l'extérieur, car derrière l'enceinte se trouvent une jungle, un Labyrinthe et des Griffeurs (des créatures immondes qui piquent leurs victimes rendues fous de douleur). Toute leur ancienne vie a été effacée, de sorte qu'ils n'ont plus aucun souvenir du passé. Hébété, Thomas refuse néanmoins de rentrer dans le rang et de perpétuer leur mode de survie. Au contraire, il a envie de comprendre, de trouver des solutions, de bousculer le destin. Il a une sensation de déjà vu qu'il n'arrive pas à s'expliquer, et ce n'est pas avec l'arrivée de Theresa - une fille ! - que la situation va se détendre. Les garçons sont à cran et perçoivent un changement imminent. Ils reportent leur frustration sur Thomas en le traitant sans ménagement, convaincus qu'il est un pion entre les mains des Créatures du Bloc. 

J'avais déjà lu ce roman à sa sortie, en 2012, et avais apprécié le suspense et l'action de l'intrigue, mais en regrettant la platitude de l'ensemble. J'ai donc voulu l'écouter en livre audio pour lui donner une seconde chance. Une totale réussite. C'est la voix française qui double l'acteur Dylan O’Brien dans le film qui a pris le chemin du studio. Adrien Larmande, en l'occurrence, s'approprie à la perfection le bouquin et livre une interprétation vivante, palpitante et réjouissante, du coup j'ai trouvé cette version beaucoup plus entraînante et suis sortie de mes 9 heures d'écoute pleine d'enthousiasme ! La suite paraîtra en juin chez Audiolib - il me tarde déjà d'y être ! 

©2009 / 2012 James Dashner / Pocket Jeunesse, Univers Poche - Traduit par Guillaume Fournier (P)2017 Audiolib

Texte lu par Adrien Larmande (8h 59) 

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27/04/17

Un peu plus que des amis, de Michael Kun & Susan Mullen

Un peu plus que des amis

Youhou... Voilà un roman totalement surprenant, qui nous embarque pour un petit voyage dans le passé, direction les années 80, et plus précisément 1982. Cath et Scott ont dix-huit ans. Ils sont voisins, amis d'enfance et ont grandi ensemble. Pour la première fois, cependant, leurs chemins vont se séparer. Cath part à l'université, tandis que Scott a loupé ses examens et doit travailler dans le magasin de prêt-à-porter de son père. Qu'importe, ces deux-là vont s'envoyer de longues lettres. Comme au bon vieux temps. Des lettres écrites à la main, sur du papier à en-tête, pour prolonger le lien et échanger leurs espoirs et leurs désillusions. Cath découvre à la fac une vie autrement plus intense, avec de nouveaux camarades, des cours stimulants et du travail harassant. Elle partage sa chambre avec une fille qui aime les pizzas nauséabondes et qui colle sur son mur un poster clamant “tiens bon”. De son côté, Scott tourne en rond dans leur petite ville et se sent dévalorisé d'être le seul à ne pas continuer ses études. Il va alors dépenser son énergie en créant son propre groupe de rock et en écrivant des chansons. À Wake Forest, Cath l'encourage de son mieux mais tombe au fond du trou en apprenant que ses parents se séparent. Scott va la soutenir, admonester son père de tous les noms, se rendre sur place et rendre la situation encore plus compliquée... car Scott a mis la tête et le cœur de sa coloc à l'envers ! Et ça continue de chipoter, de se plaindre, de se réconcilier, de décrire tout ce qui va ou ne va pas. Leur correspondance dessine ainsi une véritable relation de confiance et d'amitié, très profonde et d'une grande sensibilité. L'histoire est attachante et ordinaire, mais contient surtout un doux parfum de nostalgie qui donne envie de sourire. Les courriers de Scott et Cath parfois se croisent, créent des malentendus, les jours passent avant d'obtenir une réponse. C'était une époque moins centrée sur l'instantané, et plus tournée vers l'autre. Même pour écouter de la musique, on s'échangeait des cassettes ou on enregistrait ses morceaux préférés avec les moyens du bord (fond sonore souvent insolite). Cath et Scott s'enthousiasment pour Thriller de M. Jackson, découvrent Kate Bush ou Prince. En somme, c'est vintage, charmant et adorable. Un roman épistolaire sensible et émouvant, qui aborde des sujets toujours d'actualité, mais dont le dénouement hâtif laisse un peu sur la faim. Une lecture très sympa, néanmoins.☺

Casterman, 2017 - Trad. Hélène Borraz [We Are Still Tornadoes]

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Flora Banks, de Emily Barr

Flora BanksFlora a dix-sept ans et souffre d'une amnésie antérograde. À l'âge de dix ans, Flora a été soignée pour une tumeur au cerveau, ayant aussi entraîné une altération de sa mémoire. Depuis, Flora n'est plus capable d'enregistrer ses nouveaux acquis. Tout s'efface au bout de deux heures. Pour ne pas perdre pied, Flora note tout dans son carnet de bord, colle des pense-bêtes partout dans la maison, écrit sur sa peau ce qu'elle doit se souvenir dans l'immédiat. Sa vie défile ainsi dans un brouillard qui ne se dissipe jamais, mais ses parents cherchent au mieux à la protéger. Seulement, le jour où ils apprennent que Jacob, son frère, est gravement malade à Paris, ils plient aussitôt bagage pour le retrouver, confiant leur fille aux bons soins de sa meilleure amie Paige, mais ignorent que les filles viennent de se fâcher à cause d'un garçon, et qu'ils abandonnent Flora à son triste sort. Seule, désœuvrée, paumée. Et pourtant, Flora est regonflée à bloc. Pour la première fois de sa vie, la jeune fille a enfin un souvenir - celui de son baiser échangé avec Drake, le petit copain de Paige, d'où la dispute. Et parce qu'elle n'envisage pas d'être loin de lui, Flora décide de le rejoindre au Spitzberg, une île isolée au large de la Norvège, où le garçon suit un programme d'études et se languit d'elle par mail. C'est aussi à ce moment de l'histoire que j'ai complètement décroché. Jusqu'alors, je me sentais en très bonne disposition - curieuse, émue, intriguée par les mimiques de Flora, à la découverte de son monde, évoluant dans sa bulle, farouchement décidée à avancer, prête à briser sa coquille et parcourir le monde. Quelle prouesse, quelle volonté chez une si jeune personne, soudain propulsée hors de son univers familier. C'en serait presque impressionnant, si ce n'était aussi peu vraisemblable. Et c'est justement cette absence de probabilité qui m'a rendue sceptique, entre le départ précipité des parents, le flou autour du frère, le fait de laisser Flora sur le carreau, j'ai été sincèrement choquée. Flora Banks est toutefois une héroïne attachante, on ressent au plus près ses émotions et sa détresse, on partage ses doutes et ses espoirs, on compatit aussi en découvrant toute son histoire. Son parcours est certes bouleversant et perturbant, mais débordant de sensibilité et de tendresse... Au-delà du vaste embrouillamini incohérent, la lecture est malgré tout poétique et charmante. Plaisante à découvrir.

Casterman, 2017 -Trad. Julie Sibony {The One Memory of Flora Banks}

 

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08/04/17

Stabat Murder, de Sylvie Allouche

Stabat MurderMia, Matthis, Sacha et Valentin sont de jeunes pianistes virtuoses, étudiants au Conservatoire de Paris, où ils préparent avec assiduité le même concours susceptible de bouleverser leur avenir. Aussi, nul ne comprend pourquoi tous les quatre ont mystérieusement disparu quelques jours avant la date fatidique. Les familles paniquées défilent au commissariat du coin, rencontrant Clara Di Lazio, une enquêtrice réputée pour sa pugnacité et son zèle à tout crin. L'histoire a ceci de formidable qu'elle nous propose une construction habilement tressée autour de l'investigation conduite par Clara et ses collègues, tout en glissant des indices sur le calvaire vécu par les adolescents. On découvre en effet ces derniers cloîtrés dans un cube, plongés dans le noir, à la merci de leur geôlier dont on ignore l'identité et la motivation. La mise en scène est simple, mais redoutable. On se surprend alors à avaler les pages du livre à une vitesse folle tant le rythme est insoutenable, et notre besoin de savoir également attisé. J'ai trouvé la recette très bonne, très efficace. Ce sont ainsi 300 pages qui s'envolent et nous électrisent selon un tempo qui va crescendo. Suspense, rebondissements, non-dits, passion et drames intimes alimentent copieusement cette intrigue rondement ficelée. Haletant !

Syros, 2017

 

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