13/08/18

Connexion immédiate, de Mary H. K. Choi

Connexion immédiatePenny a hâte d'entrer à l'université pour commencer une nouvelle vie, loin de sa mère au look de bimbo et au comportement trop volage à son goût. Sous ses airs revêches et ses vêtements noirs, la jeune fille veut tenir le monde à distance et tirer un trait sur les nombreuses remarques perfides de ses camarades du lycée. Et puis elle rencontre Sam qui bosse dans un café et qui a mis ses études entre parenthèse pour subvenir à ses besoins. Fragilisé par une rupture amoureuse, le garçon n'est plus que l'ombre de lui-même. Pourtant, entre Penny et lui, un petit déclic a lieu. Des regards complices et des affinités culturelles font que ces deux-là sont peut-être sur la même longueur d'onde... Mais ne nous emballons pas car l'histoire est loin d'être une promesse d'idylle légère et enchanteresse. Au lieu de ça, la lecture mettrait plutôt du plomb au moral avec ces deux personnalités peu attachantes et l'ambiance teintée d'amertume ! On se noie dans une succession de détails sordides, d'échanges SMS d'une platitude affligeante et dans un imbroglio sentimental d'où ne surgit aucune étincelle. En gros, j'ai été déçue car je n'ai pas accroché au jeune couple, je n'ai pas aimé leur histoire, je n'ai pas été sensible à leurs tourments, au contraire, j'ai fini par me morfondre dans mon coin en trouvant le temps long. Ce roman a, par ailleurs, été encensé par Rainbow Rowell, l'auteur de Eleanor & Park. Cela aurait pu me mettre la puce à l'oreille car j'avais déjà été douchée dans mes attentes avec son livre, pourtant gros succès en librairie. Soupir.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Simon Baril

 

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09/08/18

Stony Bay Beach, de Huntley Fitzpatrick

stony bay beach

C'est LA lecture de l'été : légère, craquante et adorable.

Samantha a 17 ans et scrute depuis des années la vie de ses voisins. Car les Garrett forment une famille nombreuse et unie, où tout semble désordonné mais chaleureux. Tout l'opposé de son existence. La mère de Samantha est sénatrice, en pleine campagne électorale. Elle ne laisse aucune place au hasard et gère sa maison à la baguette. Totalement sous l'emprise de son nouveau conseiller, Grace Reed a également émis un jugement sans retour sur son voisinage : infréquentable, forcément. C'est sans se douter que sa fille est tombée amoureuse de Jase. Un garçon charmant, qui se glisse sous les fenêtres de Samantha pour roucouler en cachette.

La lecture prend beaucoup de temps pour installer son cadre, ses personnages, ses enjeux, ce qui facilite au mieux l'acclimatation et le sentiment de familiarité. On se sent parfaitement à son aise et on participe activement à la vie de famille des Garrett - bruyante et foisonnante. On prend pied également dans le quotidien de Samantha, plus gris, plus triste, plus froid, mais ce contraste a du bon car on saisit chaque occasion pour s'échapper : son petit boulot à la piscine, ses virées avec sa copine Nan, les déboires de son frère Tim, ses escapades romantiques avec Jase. Je crois que ce roman se dispense de tout commentaire : ce sont 500 pages qui collent aux doigts et qui font se sentir heureux. Une simple petite bulle de douceur. 

On retrouve la même intention dans le deuxième tome - Stony Bay Beach - qui braque ses projecteurs sur Tim Mason : un garçon rebelle, exclu du lycée, viré de son boulot, en marge du système. Ses parents le menacent, le garçon s'en balance. Finalement, il trouve refuge chez les Garrett et s'émoustille au contact d'Alice. Celle-ci a du caractère, désapprouve ses caprices et veut garder le contrôle de sa vie sans dérailler. Elle a déjà un petit copain, lui reçoit une bombe sur la tête (paternité précoce)... Bim bam boum, l'histoire explose dans tous les sens et nous surprend à maintes reprises. J'ai été séduite mais j'ai éprouvé une certaine distance car je ne me sentais plus le cœur de la cible (trop YA). J'aime beaucoup l'ambiance cocooning de cette série, j'aime aussi que l'auteur traîne à raconter les petits riens du quotidien (on se croirait dans du Sarah Dessen). C'est dégoulinant de tendresse, sans craindre d'aborder des sujets plus délicats (toutes les premières fois chez les adolescents) et c'est raconté avec beaucoup de subtilité. Bon point pour cette bienveillance globale. Une lecture idéale pour lecteurs dès 14 ans.

Nathan (2017 / 2018) - Traduit par Julie Lopez

stony bay beach tim alice

En poche ! La magnifique, d'Anne-Laure Bondoux

Roman préalablement publié sous le titre Pépites (2005)

la magnifique anne laure bondouxBella Rossa a vingt ans, une beauté sauvage, une chevelure rousse, des formes généreuses et une poitrine plantureuse qui lui attire bien des ennuis. Elle s'occupe seule de la ferme familiale à Maussad-Vallée. Son père est devenu paralytique suite à une mauvaise chute et passe son temps à boire. Sa mère a fichu le camp quinze ans plus tôt pour suivre des pélerins vers l'Ouest. Avec la guerre, Bella Rossa sent le vent tourner et décide de charger son barda à bord d'une vieille carriole. Pourquoi ne pas tenter sa chance et suivre la ruée vers l'or ? En chemin, elle croise un séduisant sergent, Jaroslaw Modrzejewski... une rencontre pour le meilleur et pour le pire.

L'histoire est passionnante et nous fait vivre des émotions fortes et bouleversantes. Il y a certes une histoire d'amour orageuse, mais surtout un beau portrait de femme, à travers sa conquête de la liberté et son lot de déconfitures. Loin des clichés, le Far-West se révèle être un univers cru, violent et impitoyable. Farouche et courageuse, Bella Rossa affronte des petites villes paumées, des communautés inquiétantes, d'autres plus chaleureuses, et des drames humains toujours plus touchants. C'est parfois dur, mais la fascination n'en est que plus intacte. Dès les premières lignes, on plonge aussitôt dans l'ambiance. On ressent un total dépaysement et un réel envoûtement. Les personnages sont attachants, le style de l'auteur est tour à tour poétique et captivant. Impossible de lâcher prise. En somme, ce voyage dans le temps est juste parfait ! J'ai adoré.

Bayard coll. Je Bouquine (2018 pour la présente édition)

couverture illustrée par Frédéric Rébéna

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23/07/18

La Cité des anges déchus (The Mortal Instruments 4), de Cassandra Clare

La cité des anges déchusOn débute un nouveau cycle avec ce 4ème tome, avec l'assurance de replonger dans l'univers des Shadowhunters (qui se remet douloureusement de ses peines) et retrouver ses héros face à leurs nombreuses turpitudes (parfois à tort).
Ainsi, Jace et Clary sont de nouveau dans le creux de la vague : leur idylle prend du plomb dans l'aile car le garçon la fuit sans aucune explication et refuse toute discussion. Entre ses entraînements pour devenir une Chasseuse d'ombres et les préparatifs du mariage de sa mère, Clary refuse de s'apesantir mais sent la frustration mugir du fond de ses entrailles. De son côté, Jace n'ose pas évoquer ses cauchemars : chaque nuit il s'imagine poignarder son amoureuse et pense la protéger en se tenant à distance. En attendant, il ne quitte plus Simon ! Notre jeune vampire a pourtant d'autres chats à fouetter : entre Isabelle et Maia, son cœur balance. De plus, la reine Camille est de retour en ville et le convoque pour signer une alliance. Sa mère aussi devient insistante à poser des questions sur ses absences. L'esprit de Simon s'embrouille. L'appel du sang se fait tenace... Et une nouvelle série de meurtres se répand chez les Nephilim. Angoisse, suspense et révélations se bousculent. La crise n'est pas loin.
En gros, on a une lecture toujours excitante, drôle et pleine d'intensité, terriblement addictive et entraînante, comme d'habitude. L'histoire ne cesse de nous surprendre et rebondit vers de nouvelles pistes intriguantes... mais nous contraint, au passage, à endurer les atermoiements de tous ces jeunes gens, au hasard Jace, dont la nature tourmentée prend hélas trop de place. A contrario, Simon se révèle épatant. Son humour, son flegme, ses doutes, ses maladresses... tout passe. J'adore son évolution, son rôle prend de la profondeur, c'est encourageant.
L'écoute est également agréable et distrayante, même si je ne suis pas fan des voix masculines, dont Jace ou Magnus notamment, on ne s'en sort pas trop mal non plus. Il est vrai que Bénédicte Charton est une lectrice familière, déjà découverte dans La communauté du Sud, habile et charmeuse dans cet exercice. Bon point aussi pour Audible Studios qui proposent une parution rapprochée des tomes et permettent de rassasier l'appétit vorace des lecteurs. C'est devenu un rendez-vous fidèle & réjouissant ! À suivre... 

©2011 / 2012 Cassandra Clare / Pocket Jeunesse. Traduit de l'anglais par Julie Lafon (P)2018 Audible Studios. Lu par Bénédicte Charton

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30/06/18

La Cité de verre (The Mortal Instruments 3) de Cassandra Clare

La cité de verre The Mortal Instruments 3

Changement de décor dans ce troisième tome : direction Idris, le pays des Chasseurs d'Ombres, et sa capitale, Alicante, pour une réunion au sommet. Valentin est aux portes de la ville, avec ses démons. Il est déterminé à assiéger la cité et laminer l'Enclave s'il n'obtient pas gain de cause. Ambiance politique et tension électrique ! Jace et Clary sont toujours dans le creux de la vague. Entre le garçon qui n'en peut plus d'être épinglé “fils de” et la jeune new-yorkaise qui se débat pour être active au combat, les échanges sont particulièrement houleux. J'ai beaucoup apprécié qu'on mette de côté les atermoiements de nos adolescents, déchirés dans leurs amours impossibles. On renoue avec l'action, les duels et les trahisons. C'est parfait. Clary fait également la connaissance d'un ami des Lightwood, Sebastian Verlac et sa cousine Aline Penhallow. Le garçon est charmant, galant et séduisant. Il fait oublier à notre héroïne ses récentes déconfitures, mais on sent également le petit détail chafouin qui nous oblige à rester sur nos gardes. Comme c'est bon de relire tout ça ! Je suis toujours dans ma phase de relecture et je ne boude pas mon plaisir. L'univers des Shadowhunters est infiniment excitant et je me réjouis des perspectives à venir. Seul bémol avec ce volume, l'auteur a quelque peu survolé la lutte finale et n'offre qu'une mise en scène dramatique en demi-mesure. Cela reste toutefois une bonne surprise, même si j'avais déjà lu le roman, j'avais oublié des détails et ai replongé dans un ascenseur émotionnel inattendu ! Je poursuis mon aventure chez les Nephilim avec La cité des anges déchus (The Mortal Instruments 4) - déjà disponible en téléchargement sur Audible FR.

©2009 Cassandra Clare / Univers Poche - Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios - Lu par Bénédicte Charton (durée : 15h env.)

Série : The Mortal Instruments, livre audio 3

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21/06/18

La Chanson d’Orphée, de David Almond

La chanson d'Orphée

David Almond est un enchanteur. Il peut me raconter toutes les histoires du monde, je suis bouche bée, yeux écarquillés, incrédule et fascinée. C'est dit. Dans ce roman, nous faisons connaissance avec Claire, 17 ans, son amie Ella et leur bande de potes avides de croquer la vie à pleines dents. « Nous étions libres, sans attaches, sûrs de ne jamais devenir vieux ni ennuyeux. » 
Pendant les vacances de Pâques, le groupe part camper dans le Northumberland et fait la rencontre d'un étrange garçon, très beau, en train de jouer de la lyre. Sa chanson les ensorcelle, si bien que Claire téléphone à son amie Ella, restée à la maison, pour partager cet instant de grâce. À l'autre bout de la ligne, la jeune fille a le coup de foudre. Dès leur retour, Ella est intarissable. Il lui faut Orphée. Elle brûle d'envie de le rencontrer, elle pressent une grande, une belle, une puissante histoire d'amour, un lien fort et inaltérable. Et bim, Orphée débarque en ville. Ella tombe dans ses bras. Spectatrice envieuse et jalouse, Claire raconte cette passion foudroyante.
La lecture nous emporte loin dans un univers lyrique et follement romantique, où les mots fusent et font des claquettes sur la route de brique jaune. C'est magnifique. David Almond m'ensorcelle avec son style, son imaginaire et sa précision d'orfèvre. On plonge dans une histoire fabuleuse, aux inspirations très prononcées, mais qui se déroule dans une Angleterre actuelle. Cette aventure fait aussi la part belle à la jeunesse, à la musique et à la littérature. Les passions sont disproportionnées, les émotions fortes, les chants poignants et les sacrifices bouleversants. Cela peut se lire comme un conte, moderne et poétique, ou comme un formidable hommage à l'amour.
La qualité esthétique est également au rendez-vous : quand Orphée se rend en Enfer, les pages deviennent alors toutes noires et la police de caractères se met à danser et projeter des ombres sur les murs. C'est surprenant, impeccable. Parfait pour une lecture unique en son genre. 

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Diane Ménard 

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David Almond a d'abord été postier, vendeur de balais, éditeur et enseignant. Un beau jour, il quitte son travail, vend sa maison et rejoint une communauté d'artistes pour se consacrer entièrement à l'écriture. Skellig, son premier roman pour la jeunesse, remporte un grand succès et reçoit la Carnegie Medal. Le style de David Almond consiste à allier réalité et imaginaire, créant un mélange excitant et original, composé de drames humains, d'allégories et d'épisodes surréalistes. Il est l'un des écrivains préférés de J. K. Rowling et a reçu le prix Hans Christian Andersen (surnommé le petit prix Nobel de littérature) à Bologne en 2010.

 

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18/06/18

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens, de Becky Albertalli

moi simon

Simon Spier est un lycéen de 16 ans tout à fait ordinaire, avec une bande de potes, une famille accro à la télé (qui pourrait discuter des heures du dernier épisode de The Bachelor), une passion inébranlable pour le théâtre, pour Harry Potter et pour les Oreos, également doté d'un humour ravageur et un gros, gros secret. Car Simon est attiré par les garçons mais n'ose pas l'avouer à son entourage. Sa relation avec Blue - son correspondant anonyme rencontré sur internet - est d'ailleurs pour lui un rêve éveillé. Pour la première fois de sa vie, il se sent libre, vivre et entier. Mais un camarade de lycée va prendre connaissance de ses mails et s'en servir pour lui faire du chantage - il balancera tout s'il ne décroche pas un rendez-vous avec sa meilleure amie Abby. Écœuré d'avoir à précipiter le moment de révéler qu'il est homo, Simon cherche également à percer le mystère qui se cache derrière Blue. 

J'ai complètement craqué pour cette histoire, aussi banale soit-elle, elle se révèle franchement adorable au fil des chapitres. Il faut dire que Simon Spier est un narrateur extraordinaire, qui nous fait rire et qui donne envie de s'incruster dans sa vie. J'ai adoré son humour, ses copains et sa famille. On se sent comme dans une petite bulle protectrice, chaleureuse et bienveillante, mais on reste lucide aussi quant à la difficulté de vivre sa différence dans un monde qui n'accepte pas le moindre pas de côté. Autre bon point, la lecture faite par Gauthier Battoue est parfaite. Lui-même est déjà connu pour être la voix française de Dylan Minnette (13 Reasons Why) et Nick Robinson (qui incarne le personnage de Simon dans l'adaptation au ciné), donc on a l'impression d'écouter son meilleur copain nous raconter ses petites histoires (comptez à peu près 6 heures pour tout connaître de A à Z). Une vraie complicité s'installe et c'est du bonheur sur toute la ligne. À tenter sans hésitation - j'avoue que le buzz me faisait un peu peur jusqu'à présent - j'ai cédé aux chants des sirènes et j'ai vraiment, vraiment passé un super moment avec Simon ! Six bonnes heures pour apprécier pleinement cette chronique savoureuse et irrésistible. 

©2015 Hachette Livre. Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Gauthier Battoue

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30/05/18

La cité des cendres (The Mortal Instruments 2) de Cassandra Clare

La cité des cendres The Mortal Instruments 2

Je poursuis ma relecture de la série de Cassandra Clare en format audio - une exclusivité Audible Studios - renouant ainsi avec le souvenir d'une plongée en apnée dans cet univers foisonnant. Confrontés à leur pire cauchemar, Jace et Clary se dépatouillent avec leurs sentiments et leurs hormones en ébullition à grands renforts de simagrées et autres geignements insupportables. J'avais oublié le fossé générationnel - j'inspire, j'expire - c'est usant mais l'auteur pose heureusement des bases solides dans la construction de son univers, et pour le coup on ne s'ennuie pas. Le retour de Valentin agite le Monde Obscur - le type assassine à tour de bras, créant la pagaille parmi les vampires, lycanthropes, magiciens et fées, tous peu solidaires mais conscients d'obéir à l'Enclave pour cesser le massacre. Ainsi, Clary et Simon progressent dans leurs découvertes des forces démoniaques et deviennent des pantins moqués et désarticulés dans les cours royales. Autre phénomène bondissant hors de sa boîte comme un diable enragé : l'Inquisitrice Imogene. Cette dernière a placé Jace dans sa ligne de mire. Elle veut sa peau, elle veut le briser et elle y parvient très bien. Notre blondinet préféré n'est plus qu'une loque de déprime et de tourments... Sa brutale révélation sur son histoire familiale a achevé toute promesse de bonheur et éteint ses maigres espoirs en un avenir radieux. Sortez les violons, sonnez les trompettes, la sérénade plombe l'ambiance. De son côté, Clary n'est guère finaude et se console dans les bras de son meilleur ami. Ouh, la vilaine... À plusieurs reprises, la jeune fille ne brillera pas par ses initiatives et donnera le sentiment d'être une girouette flamboyante. Trop, c'est trop. Qu'on cesse les atermoiements adolescents pour plonger dans l'action ! Bim bam boum, ça se bouscule dans les rangs, et ça cogne, et ça dégaine les stèles, et ça barbouille de runes... pour une sortie de piste électrisante et qui nous laisse à bout de souffle. J'en profite pour saluer le travail de Audible Studios qui propose une parution rapprochée des tomes de la série (la Cité de Verre est disponible le 31/05), ce qui sustente la lectrice fébrile que je suis. J'ai beau avoir conscience des défauts - et être coupable d'avoir franchi l'âge légal - je reste envers et contre tout addict à l'univers fascinant de Cassandra Clare. Mordue un jour, mordue toujours. 

©2008 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios. Version intégrale lue par Bénédicte Charton. Durée d'écoute : 12h 28

La lecture faite par Bénédicte Charton est agréable et réussie - elle nous entraîne illico dans les 12 heures d'un marathon d'exploits et de péripéties en tous genres. Par contre, gare à la prononciation du titre anglais (pitié pas Ze mortal instruments) et à l'intonation un poil trop maniérée pour la voix de Valentin. Je chipote, ce sont des détails insignifiants car je reste séduite sur la conduite générale ! ☺

 

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24/05/18

En poche ! Nous les menteurs, de E. Lockhart

Nous les menteursL'été de ses 15 ans, Cady passe ses vacances sur l'île de la famille Sinclair quand elle manque de se noyer et finit aux urgences avec un traumatisme crânien. Depuis, la jeune fille a la mémoire en vrac et souffre de migraines foudroyantes.

Éloignée du giron familial pendant deux ans, Cady y retourne dans l'espoir de raviver ses souvenirs. L'adolescente n'en peut plus de retrouver ses cousins, Mirren et Johnny, ainsi que Gab, son grand amour. Or, l'ambiance à Beechwood n'est plus la même - les silences sont lourds et les secrets pesants, faisant poindre une vérité cruelle et amère.

Prenez garde, en effet, à cette fausse lecture estivale ! On s'imagine partager un moment de calme et de douceur dans un cadre enchanteur avant de réaliser les fissures et les fêlures. En attendant, on gobe tout, sans réfléchir. On se laisse bercer par le ronron des vagues, on hume les bonnes odeurs de cuisine, on s'étourdit des parfums du jardin, on se prélasse au soleil, on bouquine paresseusement, on rit et on joue en toute innocence...

Prenez garde (bis) - les apparences sont trompeuses. On le devine au ton grave et cérémonieux de Cady, dépossédée d'une histoire dont elle redessine les contours avec parcimonie. On la suit méthodiquement, tout en guettant les signes du faux-semblant et en échafaudant toutes sortes de théories. Au final, on ne voit rien venir. Et la réalité pulvérise les limites de votre imagination ! 

Le roman réussit à combiner une ambiance hors du temps, des personnages attachants, une intrigue envoûtante, des secrets à la pelle et des rebondissements inattendus. Le cocktail est goûteux et explosif. Très bon !

Pôle Fiction (2018) - traduit par Nathalie Peronny pour Gallimard Jeunesse

 

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09/04/18

Boys Band Killeuses, de Goldy Moldavsky

Boys band killeusesErin, Pomme, Isabel et la narratrice (alias Sloane Peterson, alias Bright Lights, Big City) se connaissent à travers leur passion commune pour le groupe des Ruperts. En apprenant que les garçons sont descendus dans un hôtel en ville, nos fans hystériques décident de réserver une chambre au même endroit et arpentent ainsi les couloirs pour les rencontrer. Bingo, Pomme croise le moins sexy du lot près de la machine à glaçons et passe à l'action en bondissant sur lui. Le type est mis k-o, traîné par la jambe jusqu'à la chambrée des nanas qui piaillent d'excitation. Hop, elles le saucissonnent sur une chaise, le bâillonnent, lui posent un bandeau sur les yeux. Et puis quoi, après ? Exit le self-control. Les filles sont ingérables et ont perdu tout sens commun, elles n'écoutent que leurs pulsions et vont au bout de leurs fantasmes.

Ce qui était, au départ, un simple délire de nanas déjantées va finalement dégénérer et laisser place à un truc glauque et malsain ! Mais tenez-vous bien, c'est sacrément drôle. Oh là là, ces filles sont de vraies tarées. Elles sont carrément flippantes, voire un peu pathétiques. Toutefois, leur obsession maladive va également révéler une introspection mortifiante (folie vengeresse, ambition dévorante, trouble paranoïaque et j'en passe). Le ton est acide, cruel et amer. L'humour est noir et implacable. Et pourtant, c'est jubilatoire. On bascule dans la dérision avec facilité et ahurissement, l'enchaînement des événements est inattendu et parfois grotesque. En clair, j'ai trouvé ça bon et redoutable. Pour un premier roman, c'est diablement prometteur. ☺

La Martinière J. (2018) - Traduction d'Yves Sarda

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