17/12/18

Les Âmes perdues, Tome 1 : Les Terres du bas, de Jeff Giles

Les âmes perdues TOME 1 Les Terres du basZoé vient de vivre une année difficile, après la disparition tragique de son père, dans un accident de spéléologie, puis par la mort brutale de ses voisins, un couple âgé sauvagement assassiné par un individu en fuite. Depuis, Zoé a le sentiment de perdre tous ceux auxquels elle tient et partage avec sa mère et son petit frère un quotidien précaire et morne.
Mais l
e jour où Jonah se perd dans la forêt, alors que Zoé était supposée l'avoir à l'œil, elle refuse la fatalité et se précipite hors de la maison pour le retrouver. Malheureusement, elle croise le chemin d'un criminel. Débarque ensuite un parfait inconnu, avec des pouvoirs magiques. Zoé est sidérée. Ce garçon prétend venir des Terres du Bas, en tant que Chasseur d'âmes. En volant à son secours, il vient non seulement de griller sa couverture mais aussi de mettre Zoé et sa famille en danger.
Voilà un roman assez complexe, car si le début se révèle fascinant, dans le genre mystérieux et émouvant (écriture lyrique, descriptions poignantes, dialogues cocasses), la suite n'a eu de cesse de me désappointer.
En vérité, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire du grand amour, hélas le pivot de l'intrigue. Concrètement, Zoé s'attache et tombe amoureuse d'un type surgi de nulle part. Vite, trop vite. Elle balaie tout d'un revers de la main pour s'en remettre à cet ange gardien. Comment dire ? La fulgurance des sentiments, la romance inéluctable et néanmoins impossible, non merci. De plus, ce garçon a aussi de lourds bagages à traîner : i
l a oublié son passé, ne connaît pas son nom, a grandi dans les Terres du bas, l'équivalent de l'enfer, où il a été formaté pour obéir et accomplir des missions, sans libre arbitre. Qu'on ajoute du romantisme, oui... forcément, on adore. Mais à doser au plus juste car là, trop, c'est trop. C'est maladroit, parfois incongru et superficiel.
C'est un peu dommage, car j'ai vraiment 
aimé l'ambiance hivernale du roman, je me sentais bien dans le cocon douillet de la petite maison de famille, même si l'humeur n'est pas toujours au beau fixe. Il règne une osmose délicieuse, douce et bienveillante, ce qui fait un bien fou à sept jours de Noël. Le changement de décor, avec les Terres du bas, a du bon aussi car on s'aventure plus loin, on croise d'autres fantômes, on perçoit un peu de tension dramatique et on gratouille la coquille qui enveloppe la figure énigmatique du garçon qui fait tant battre le cœur de Zoé.
Reste cette sensation de roman bancal, inégal. 
En somme, oubliez le sirop, optez pour l'action. À suivre, donc.

bayard jeunesse (2018) - traduit par Emmanuelle Urien

Titre VO : The Edge of Everything

 

Posté par clarabel76 à 11:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


04/11/18

Broadway Limited 2. Un shim-sham avec Fred Astaire, de Malika Ferdjoukh

Broadway limited un shim sham avec fred astaireVous ne rêvez pas, il est bien là ! Tout beau, tout frais, tout rose. Voici le tant attendu tome 2 de Broadway Limited. Clameur de joie dans la salle. Prenez place, le spectacle va commencer. Entendez-vous les trépignements dans les coulisses, direction la 78e Rue Ouest, où les locataires de la pension Giboulée s'impatientent et brûlent d'envie de vous raconter leurs dernières aventures...
Prenons vite des nouvelles. De Jocelyn, pour commencer. Notre étudiant français plane toujours sur son petit nuage, heureux et amoureux, pianiste en herbe et amateur de poker, avec pour arme secrète un potage aux asperges qui a fait chavirer la propriétaire au cœur de dragon. Lisez le premier roman, Un dîner avec Cary Grant, vous comprendrez !
À l'étage, les pensionnaires galopent en piaillant, se bousculant devant la porte de la salle de bains, faisant voler les bas, les chapeaux, les robes, les fanfreluches... Toutes se précipitent pour ne pas louper leurs rendez-vous, professionnel ou romantique, l'avenir n'attend pas. Il sonne à la porte, ding dong, et parfois vous embobine d'un sourire carnassier. Prenez garde, douce Charity ! Les sommets de l'Empire State Building donnent le tournis mais collectent aussi les illusions perdues. 
Pour Chic, Manhattan, Page et Hadley, les rencontres vont et viennent. Les cœurs s'emballent, les émotions débordent et le lecteur n'en peut plus de tourner les pages pour connaître la suite. Oh oui, Malika Ferdjoukh est une chipie : sous ses airs frivoles, sa mise en scène se révèle bougrement redoutable. Rien n'est laissé au hasard et la surprise est totale. Combien de fois ai-je été pantoise en apprenant que... ou en découvrant que... Redoutable, oui, redoutable ! Mais c'est tellement bon.
Nos charmantes demoiselles ne font pas que batifoler en brassant de l'air ou en babillant avec insouciance, la réalité à Broadway est plus douce amère. Les petits boulots s'enchaînent, dans une Amérique pleine de défiance et qui chasse ses sorcières en épinglant les artistes avides de liberté. Le théâtre se renouvelle, on se bouscule pour intégrer l'Actors' Studio, Billie Holiday est privée de sa carte de travail, Grace Kelly fait des réclames à la télé, Marlon Brando s'envole pour Hollywood et Fred Astaire enflamme la piste du Stork Club pour un shim-sham enlevé ! C'est tellement éblouissant, tellement... brioche (clin d'œil à Liselot, dévoreuse de livres).
Je pourrais vous dire que cette série est magique, qu'elle vous transporte vers un ailleurs possible et inimaginable, qu'elle est belle aussi, avec ses personnages attachants, son humour, son lyrisme, sa folie et sa tendresse. Mais vous n'en doutiez plus, n'est-ce pas ? :-)

l'école des loisirs (médium +) 2018 - couverture illustrée par Kim Roselier

Broadway Limited, 2. Un Shim-sham avec Fred Astaire, sort le 7 Novembre

 

** Rappel CONCOURS **

Le second tome de Broadway Limited sera disponible mercredi. En attendant on vous propose de revivre le blog tour avec : 
* Une chronique et un concours chez Les lectures de Marinette : http://edl.li/wh 
* Un extrait et un concours, le tout en musique, Chez Clarabel : http://edl.li/wi
* Des infos exclusives sur la couverture grâce à DEEDR - d'Encre et de Rêves : http://edl.li/wj
* Une lecture chez Bob et Jean-Michel : http://edl.li/wk
* Une chronique sur Whoopsy Daisy : http://edl.li/wl
* Une interview de Jocelyn Brouillard sur Un Petit Bout de Bib : http://edl.li/wm
* Des vacances avec Malika Ferdjoukh grâce à La mare aux mots : http://edl.li/wn
* Une visite de New York avec Les mots de la fin : http://edl.li/wo
* Une rencontre avec Malika Ferdjoukh grâce à Adaptation : http://edl.li/wp
... de quoi patienter jusqu'à mercredi ! (et continuez de suivre le hashtag #blogtourbroadwaylimited... d'autres surprises arrivent !)

 

26/10/18

Broadway Limited de Malika Ferdjoukh : Beguin the biguine ♥

On célèbre en musique, et avec quelques extraits, la parution de la suite tant attendue de Broadway Limited : Un shim-sham avec Fred Astaire ♫♪♫♪

JBlogTourBroadwayLongocelyn se mit à les considérer toutes, avec un intérêt sincère.
- Oui ? ... interrogea Page.
- Pauvre Jo, murmura Manhattan. Nous l'affligeons, je crois.
- Pas du tout, protesta-t-il. C'est juste que...
Son regard courut de l'une à l'autre.
- Eh bien... vous avez toutes un air de ressemblance. Un même air qui vous réunit. Un air...
- Affamé ?
- Dégoûté du café ?
- Lassé des rognons ?
Jocelyn sortit de sa poche son petit dictionnaire bilingue, le compulsa.
- Auréolé.
- Auréolé ? On ne me l'avait jamais dite, celle-là.
- Auréolé. Vous êtes toutes si... pleines de flamme ! De conviction !
Lyrique, il fixait l'horizon des coquelicots au pochoir qui marquait la limite entre la tapisserie et le plafond.
- Certains ont foi en Dieu, déclara Chic. Moi je crois au vison rose, aux rivières de diamants, au caviar, à mon nom gravé à l'or sur l'un des quatre centre treize portemanteaux du Stork Club.
- Mon nom à moi sera écrit en un milliard d'ampoules lumineuses sur la façade du New Amsterdam, dit Page. J'accepte cependant le caviar si c'est du caviar d'éléphant.
- Moi, dit Ursula en attaquant son troisième œuf, quand je chanterai I've Got You Under My Skin, je ferai exploser les magnums de champagne et les comptes en banque des producteurs de la White Way.
- Et moi, dit Chic, je raconterai partout que tu es la fille qui a coulé tous les clubs de New York.
Deux petites voix parvinrent de l'escalier. Hadley fit son apparition, un enfant à cheveux pâles bondissant à l'extrémité de son bras.
- Hello les filles ! (Avisant Jocelyn :) Oh, je veux dire hello tout le monde.

extrait : Un dîner avec Cary Grant, chapitre 5. Lullaby of Broadway

 

BlogTourBroadwayRectangle

 

Elle regarda autour d'elle. Il y avait des livres à peu près partout, et posés n'importe où. Sur des étagères, ou pas, alignés, superposés, en pile au sol, derrière Mortimer, sous des blocs de papier sur un bureau, près d'une Underwood noire...
Elle trouva cela profondément décourangeant.
- Vous les avez tous lus ? questionna-t-elle avec une pointe de défi.
- Sauf quatre.
Après un rire silencieux, il fredonna :
- I'm mad about good books, how about you ?
I like potato chips, moonlight motor trips, how about you ? embraya-t-elle du tac au tac.
C'était un succès de Judy Garland qu'elle chantait souvent à neuf ans.
Elle alla ouvrir un volume, à côté de la machine à écrire.
- Et Mortimer ? Vous lui lisez des histoires ?
Il y avait un marque-page à l'intérieur, le tampon d'une bibliothèque.
Le Petite Dorrit. Charles Dickens. Il vend beaucoup de livres, ce type ?
- Ce type est mort. Et, oui, il en a publié un certain nombre. À mon avis pas assez.
Il le lui retira des mains, le ferma, le rouvrit au hasard :
C'était une maison avec des fenêtres lourdes. Bien des années auparavant, elle s'était mis dans la tête de se laisser glisser à terre ; on l'avait étayée et, depuis, elle s'appuyait sur cette demi-douzaine d'énormes béquilles qui, rongées par les saisons, noircies par le charbon et la mauvaise herbe, servaient de gymnase à tous les chats du voisinage. N'est-ce pas une gracieuse façon de croquer une maison ?
Chic opina, mais avec une certaine... incertitude.
Oliver Twist, De Grandes Espérances, David Copperfield... Vraiment, ça ne vous dit rien ?
David Copperfield ! J'ai vu le film avec W.C. Fields. Il devait être riche, ce Dickens, si Hollywood lui achetait toutes ses histoires. En plus, c'est cher, les bouquins.
De manière inattendue, il sourit. Ce fut le plus doux des sourires. Comme s'il chérissait la terre entière tout à coup, avec elle au milieu de cette terre.
- Il existe les bibliothèques pour les prêter.
- Sans doute, fit-elle avec une moue. Sauf qu'on n'a pas le droit d'y ouvrir la bouche. Des endroits déprimants, je trouve. Sans parler des bibliothécaires.
- Qu'est-ce qu'elles ont, les bibliothécaires ?
Il paraissait beaucoup s'amuser soudain, la figure parcourue d'indéchiffrables gentillesses.
- Des lunettes en fer, dit-elle, des chignons gris semblables au toit des vieilles chaumières...
Elle fut littéralement chavirée par son rire qui éclata, clair et franc.
- Vous êtes presque aussi douée que ce bon Mr Charles ! Mrs Chandler n'est pas comme ça, reprit-il. Elle est tout sauf, hum... un vieux toit de chaumière. Elle tient sa bibliothèque comme elle tiendrait une auberge. Chaque livre est un plat à déguster, le lecteur un invité dont elle prend soin et se souvient. Elle a une allure à la Carole Lombard qui vous plairait, j'en suis sûr.
À regret, elle vit le sourire lentement gommé, et remplacé par l'habituelle mélancolie et le silence.
- J'ai faim, dit-elle.
- Il n'y a rien ici. Je comptais redescendre au drugstore.
- Descendons, alors.
Sur la 9e Avenue le printemps commençait à faire son intéressant, baignant la nuit de délicatesses fleuries. Chic glissa le bras sous celui de Whitey. Un peu avant le Walgreens, elle fut attirée par les lumières d'une marquise.
- J'ai envie de champagne. How about you ? Ma théorie est qu'un verre de champagne rend meilleur n'importe quel instant de la vie.

extrait : Un shim-sham avec Fred Astaire, chapitre 20. Love me a little little

 

 

Broadway Limited, 2. Un Shim-sham avec Fred Astaire, sort le 7 novembre

L'École des Loisirs, 2018 - couverture illustrée par Kim Roselier

#blogtourBroadwayLimited

 

 ♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪ D'autres surprises à venir !  ♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪

Image associée

 

CONCOURS - Pour remporter 1 exemplaire de Broadway Limited (*), on poste ci-dessous son amour pour Malika Ferdjoukh ! 

Concours ouvert du 25 octobre au 6 novembre 2018 minuit (France & Europe). Une seule participation possible. 

L'école des loisirs ne sera pas responsable en cas de perte par La Poste.

(*) précisez le tome, merci 

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16/10/18

Broadway Limited T1 : Un dîner avec Cary Grant, de Malika Ferdjoukh

Broadway Limited Un dîner avec Cary GrantUn dîner avec Cary Grant que vous ne transportez aucune asperge fraîche, là-dedans ? C'est cette petite phrase sibylline qui scelle le destin de Jocelyn Brouillard. Fraîchement débarqué à New York, le jeune français se présente à la pension Giboulée avant de réaliser son erreur : l'adresse accueille exclusivement un public féminin. (Nous sommes en 1948.) Mais les demoiselles Merle font une entorse à leur règlement en débauchant cet étudiant de Penhaligon contre quelques séances de piano et de poker. Jo est aux anges, installé au sous-sol, il est aux premières loges pour assister à la vie trépidante de ses colocataires, toutes plus charmantes les unes que les autres, même si c'est sa voisine qui a toute sa préférence. Dido est vive, intrépide, pourfendeuse des causes désespérées et agitateuse de banderoles. Elle porte des socquettes et un sourire éblouissant, l'apostrophe de sa fenêtre pour lui réclamer une louche et vit seule avec son père. Jo a le cœur percé d'une flèche, mais chut.
La vie au 78e Rue Ouest est riche en courants d'air et pleine de turbulences. On y trouve des abeilles bourdonnantes et butineuses, des chats volages et des domestiques adorables. Présentons, ainsi, Manhattan qui se fait embaucher dans un théâtre pour approcher la star Uli Styner depuis qu'elle a percé sa réelle identité. Chic qui court les castings insolites, avale des soupes à la tomate, tente le shampooing aux œufs roses, rencontre un aspirant comique et une âme chevaleresque, traîne dans des cafés polonais où l'on danse la polka jusqu'au bout de la nuit. Page, la sauterelle aux tresses blondes, qui file en pyjama et qui a l'estomac noué en croisant son critique du Broadway Spot en galante compagnie. Ou Hadley qui a dansé avec Fred Astaire et qui doit aujourd'hui vendre des doughnuts pour subvenir aux besoins de son neveu de trois ans.
En somme, tout n'est pas rose mais tout n'est pas dit non plus. Car il y a des amours cachées et des histoires secrètes, des amants perdus et des amis retrouvés, des étoiles dans les yeux et des têtes en l'air, des chasses aux sorcières et des vaches maigres, du ragtime et du champagne, des carnets de bal et du blizzard à Noël. Tout est magique, féerique. Ça swingue, ça glousse, ça cabriole à la pension Giboulée ! C'est notre refuge, on s'y sent merveilleusement bien, dans la confidence des intrigues qui se dévoilent au fil des pages. Il y a certes beaucoup de monde et on s'y perd un peu... mais l'immersion est progressive. L'ambiance, les décors, les personnages nous chouchoutent si bien qu'on se croirait dans nos pantoufles.
Cela faisait trois longues années que j'attendais une suite à cette série. Enfin ! elle arrive le 7 novembre prochain pour un shim-sham avec Fred Astaire. Ça promet ! Et d'autres surprises sont à prévoir... Restez à l'écoute. :)
 

  • L'École des Loisirs : Paru la première fois en 2015. Puis dans la collection Médium + Poche en Avril 2018 avec une nouvelle couverture illustrée par Kim Roselier

 

Broadway Limited 2018  Image associée

#blogtourBroadwayLimited

 

04/10/18

Les Puissants #2: Égaux, de Vic James

égaux les puissants 2L'histoire reprend immédiatement après le chaos survenu en fin de tome 1 (Esclaves) : Luke, accusé de crimes, est envoyé dans un château paumé en Écosse, chez un individu cruel et pervers. Sa famille est également expédiée à l'autre bout du pays, mais on n'en entendra plus beaucoup parler, à l'exception de sa sœur Abi qui veut le délivrer au péril de sa vie. Par contre, les Jardine occupent le devant de la scène, entre tractations et entourloupes politiques, la frontière est floue ! Chez les Puissants, tous les coups sont permis, même en famille. Et j'avoue m'être fait avoir à plusieurs reprises. Nul n'est digne de confiance... on se demande qui sont les bons parmi tous ces méchants. On se croirait dans du Game of Thrones à petite échelle. Car au final, cette série m'inspire des sentiments partagés. L'ambiance, la trame romanesque, les personnages et leurs sombres desseins sont tous parfaitement combinés et font de cette lecture une promesse excitante. Par contre, le rythme n'y est pas. C'est sans flamme, sans élan, sans passion. C'est noir de chez noir (il n'y a plus d'espoir). Et si généralement je suis friande des récits morbides, loin de toute sensiblerie, je ne ressens pas d'enthousiasme débordant pour cette série. C'est pas mal, on a envie de connaître la fin, mais il se dégage aussi un truc froid et éteint, pas très émoustillant. Difficile à expliquer, mais c'est aussi du ressenti personnel. La lecture audio, une exclusivité des studios Audible, est assurée par Julien Allouf, par ailleurs excellent narrateur, qui prodigue pour l'occasion une interprétation proche de la torpeur et du désenchantement. Un parti pris assumé, mais qui ne favorise pas non plus le souffle attendu. Parution du tome 3 courant octobre 2018 pour la VO : Nathan devrait suivre rapidement pour la traduction. Attendons donc le gong fatal pour émettre un verdict définitif.

©2018 Nathan. Traduit par Julie Lopez (P)2018 Audible Studios

À venir :  Marquer les ombres 2 de Veronica Roth
Lu par Marine Royer
Série : Marquer les Ombres, livre audio 2
Date de publication : 11/10/2018

Couverture de Marquer les ombres 2

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


27/09/18

Toute la vérité sur Ella Black, d'Emily Barr

Toute la vérité sur Ella BlackElla Black n'est pas toute seule dans sa tête : son double démoniaque (Bad Ella) lui empoisonne l'esprit et la pousse souvent à débrider toute sa rage contenue. Jusqu'alors, la jeune fille avait réussi à sauver les apparences. Ni ses parents ni ses amis proches n'ont conscience de ses troubles de la personnalité. 
Mais la situation lui échappe le jour où elle est arrachée brutalement du lycée, mise dans le premier avion pour Rio de Janeiro. Ce projet fou ne masque pas la fébrilité de sa famille. Et les réponses hasardeuses à ses nombreuses interrogations ne dissipent pas non plus le doute qui s'immisce en elle : Ella court un grand danger. Elle le sent, elle le sait. Même communiquer avec ses parents relève de l'impossible.
À l'hôtel, elle croise « le plus beau garçon du monde » et parvient à s'échapper de sa chambre pour filer en cachette à leur rendez-vous. Plage et caïpirinhas étourdissent de bonheur l'adolescente qui en oublie tous ses soucis. Le lendemain matin la rappelle, toutefois, à une cruelle réalité.
Et là, on s'accroche aux pages du livre. Car ce roman va vous étonner, vous balader, vous dérouter : mensonges, non-dits, secrets et révélations coulent en cascade. Il y a une vraie concentration des genres (suspense et crise d'ado, thriller et quête initiatique, romance et espionnage). C'est très excitant.
Comme Flora Banks, Ella Black est une héroïne complexe. Elle est fragile, sensible, difficile à cerner. Elle agit de manière irresponsable, se montre égoïste et vit des aventures assez peu crédibles (ou comment explorer les favelas au mépris des clichés). C'est un peu fort de café, mais on se retient de pester car ça reste une bonne lecture, rythmée et entraînante, riche en émotions et pleine d'exotisme. 
Résultat, on applaudit frénétiquement ! Autre lecture, autre ambiance... Le roman d'Emily Barr est franchement confondant et inattendu. 

Casterman, 2018 - traduit par Nathalie Bru

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Kaplan, de Sébastien Gendron

Kaplan

Sous la gouverne du général Dramek, le duché de Cushinberg a toujours marché à la baguette. Seul un quartier de la ville a résisté et, au terme d'une longue guerre civile, acquis son indépendance en devenant la République de Leeton. Depuis, les deux parties se regardent en chiens de faïence et multiplient les coups bas.
Responsable de la Force contre-insurrectionnelle, dans le Cushinberg, Kaplan reçoit l'ordre de s'introduire chez l'ennemi pour y implanter une petite graine virale. Il fait donc une entrée fracassante, au volant de son Oxian Dard rouge vif, et explose les barricades. Blessé, Kaplan est secouru par un môme du quartier.
Rimbold a seize ans et vit à Leeton dans une famille déjà marquée par la disparition du frère aîné. Le garçon va planquer l'inconnu en attendant sa guérison. Il lui explique alors les bombardements, les enlèvements, les familles sous pression... Kaplan est chamboulé par ce qu'il découvre. Il a le sentiment de ne plus être un étranger car il se sent également connecté avec cette ville. Peu à peu, sa conscience est mise à mal et sa mission compromise.
Et bim... Ne croyez rien de tout ça ! Car ce roman est malicieux. Son histoire n'est qu'imposture et faux-semblants. Mensonges et jeux de dupes. Vous allez vite découvrir que nul ne dit toute la vérité, que les personnages sont des manipulateurs patentés et que les apparences sont vaines. C'est donc une grosse arnaque qu'on nous raconte (et c'est tellement bien ficelé).
On y trouve aussi une pointe d'amertume dans cette vision d'une démocratie qui a viré en dictature. C'est retors. C'est ingénieux. C'est culotté. Ça se lit en une goulée tant c'est captivant. Un vrai tour de force, bravo.

Syros (2018)

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26/09/18

La cité des âmes perdues (The Mortal Instruments 5), de Cassandra Clare

La cité des âmes perdues

Clary et Jace savourent à peine leurs retrouvailles que le sort s'acharne encore sur eux. Jace a finalement cédé à ses pulsions démoniaques pour suivre Sebastian dans sa folie vengeresse. Il est désormais considéré comme un traître aux yeux de l'Enclave mais Clary s'imagine qu'il est possédé et ne répond plus de ses actes. Résultat, elle fonce bille en tête et va remettre son destin entre les mains de son frère et de son amoureux. 

En fait, quand on élimine tous les passages sur les prises de tête, les confusions amoureuses, les interrogations, les doutes, les quêtes impossibles et interminables, bref que du creux, on se retrouve avec une intrigue bien pauvre ! C'est triste de penser que la série est en train de s'épuiser de la sorte. Peu d'action et absence de renouveau. On tourne autour des mêmes problématiques (amour impossible, âmes tourmentées et non perdues). Je suis un peu déçue du constat, même si je trouve l'univers des Shadowhunters formidable et la puissance narrative de Cassandra Clare toujours conséquente, cela ne suffit plus pour épater la galerie.

Il me reste un dernier épisode, que j'espère riche en intensité et plus surprenant, avant de regarder la saison 3 sur Netflix (là aussi, une production hyper décevante mais passons). Côté technique, la voix de Bénédicte Charton est agréable à écouter, mais je trouve qu'elle module trop certaines intonations pour incarner les personnages (un Jace viril ou un Magnus snob), du coup ça paraît ridicule car trop caricatural. C'est ennuyeux.

©2012 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit par Julie Lafon (P)2018 Audible Studios

Résultat de recherche d'images pour "shadowhunter gif"

 

 

Posté par clarabel76 à 14:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

13/08/18

Connexion immédiate, de Mary H. K. Choi

Connexion immédiatePenny a hâte d'entrer à l'université pour commencer une nouvelle vie, loin de sa mère au look de bimbo et au comportement trop volage à son goût. Sous ses airs revêches et ses vêtements noirs, la jeune fille veut tenir le monde à distance et tirer un trait sur les nombreuses remarques perfides de ses camarades du lycée. Et puis elle rencontre Sam qui bosse dans un café et qui a mis ses études entre parenthèse pour subvenir à ses besoins. Fragilisé par une rupture amoureuse, le garçon n'est plus que l'ombre de lui-même. Pourtant, entre Penny et lui, un petit déclic a lieu. Des regards complices et des affinités culturelles font que ces deux-là sont peut-être sur la même longueur d'onde... Mais ne nous emballons pas car l'histoire est loin d'être une promesse d'idylle légère et enchanteresse. Au lieu de ça, la lecture mettrait plutôt du plomb au moral avec ces deux personnalités peu attachantes et l'ambiance teintée d'amertume ! On se noie dans une succession de détails sordides, d'échanges SMS d'une platitude affligeante et dans un imbroglio sentimental d'où ne surgit aucune étincelle. En gros, j'ai été déçue car je n'ai pas accroché au jeune couple, je n'ai pas aimé leur histoire, je n'ai pas été sensible à leurs tourments, au contraire, j'ai fini par me morfondre dans mon coin en trouvant le temps long. Ce roman a, par ailleurs, été encensé par Rainbow Rowell, l'auteur de Eleanor & Park. Cela aurait pu me mettre la puce à l'oreille car j'avais déjà été douchée dans mes attentes avec son livre, pourtant gros succès en librairie. Soupir.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Simon Baril

 

Posté par clarabel76 à 15:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

09/08/18

Stony Bay Beach, de Huntley Fitzpatrick

stony bay beach

C'est LA lecture de l'été : légère, craquante et adorable.

Samantha a 17 ans et scrute depuis des années la vie de ses voisins. Car les Garrett forment une famille nombreuse et unie, où tout semble désordonné mais chaleureux. Tout l'opposé de son existence. La mère de Samantha est sénatrice, en pleine campagne électorale. Elle ne laisse aucune place au hasard et gère sa maison à la baguette. Totalement sous l'emprise de son nouveau conseiller, Grace Reed a également émis un jugement sans retour sur son voisinage : infréquentable, forcément. C'est sans se douter que sa fille est tombée amoureuse de Jase. Un garçon charmant, qui se glisse sous les fenêtres de Samantha pour roucouler en cachette.

La lecture prend beaucoup de temps pour installer son cadre, ses personnages, ses enjeux, ce qui facilite au mieux l'acclimatation et le sentiment de familiarité. On se sent parfaitement à son aise et on participe activement à la vie de famille des Garrett - bruyante et foisonnante. On prend pied également dans le quotidien de Samantha, plus gris, plus triste, plus froid, mais ce contraste a du bon car on saisit chaque occasion pour s'échapper : son petit boulot à la piscine, ses virées avec sa copine Nan, les déboires de son frère Tim, ses escapades romantiques avec Jase. Je crois que ce roman se dispense de tout commentaire : ce sont 500 pages qui collent aux doigts et qui font se sentir heureux. Une simple petite bulle de douceur. 

On retrouve la même intention dans le deuxième tome - Stony Bay Beach - qui braque ses projecteurs sur Tim Mason : un garçon rebelle, exclu du lycée, viré de son boulot, en marge du système. Ses parents le menacent, le garçon s'en balance. Finalement, il trouve refuge chez les Garrett et s'émoustille au contact d'Alice. Celle-ci a du caractère, désapprouve ses caprices et veut garder le contrôle de sa vie sans dérailler. Elle a déjà un petit copain, lui reçoit une bombe sur la tête (paternité précoce)... Bim bam boum, l'histoire explose dans tous les sens et nous surprend à maintes reprises. J'ai été séduite mais j'ai éprouvé une certaine distance car je ne me sentais plus le cœur de la cible (trop YA). J'aime beaucoup l'ambiance cocooning de cette série, j'aime aussi que l'auteur traîne à raconter les petits riens du quotidien (on se croirait dans du Sarah Dessen). C'est dégoulinant de tendresse, sans craindre d'aborder des sujets plus délicats (toutes les premières fois chez les adolescents) et c'est raconté avec beaucoup de subtilité. Bon point pour cette bienveillance globale. Une lecture idéale pour lecteurs dès 14 ans.

Nathan (2017 / 2018) - Traduit par Julie Lopez

stony bay beach tim alice