30/09/13

"Vous avez déjà essayé de vous mettre à la place d’un fantôme ?"

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Inscrite en dernière année à Manderley, une école prestigieuse située dans le New Hampshire, la narratrice quitte sa famille, ses amis et sa Floride natale pour réaliser un vieux rêve de gosse. Mais son arrivée n'est pas très bien accueillie, puisque ses camarades semblent lui reprocher de prendre la place d'une autre, autrement dit la fabuleuse Becca Normandy. Cette dernière a mystérieusement disparu quelques mois plus tôt, de folles rumeurs ont couru à son sujet (disparition, fugue, assassinat...), aujourd'hui ses suivants attendent son retour avec fébrilité.

Tout ça fait que la nouvelle (dont on ignore le prénom) doit rester dans l'ombre d'une fille adulée par tous et supporter les commentaires mesquins et autres agissements douteux, avec stoïcisme, bravoure, indifférence mais aussi colère et ras-le-bol. Le déchaînement de haine et de jalousie atteint son paroxysme lorsque la nouvelle s'amourache de Max, beau gosse énigmatique, mais surtout le petit copain attitré de Becca. Trop, c'est trop. La foule est en délire. A ce stade, cela devient de l'acharnement, bête et méchant.

Alors qu'au départ je trouvais que c'était un bon livre, qui se lisait comme un thriller, dans une ambiance glauque, avec des zones d'ombre et pas mal de suspense, j'ai fini par le trouver inégal, voire troublant et dérangeant. C'est probablement lié au comportement excessif et pathologique des ados. Alcool, sexe et drogue sont à la fête. Je ne m'y attendais pas du tout ! Quand on songe au roman de Daphné du Maurier, on a d'autres idées de tourmente en tête... En fin de compte, on ne retrouve Manderley que de nom, en plus d'une interprétation toute personnelle du passé qui hante le présent.

J'ai néanmoins trouvé, par certains côtés, ce livre poignant et désabusé. On ressent vivement le mal-être des personnages, l'action est lente et l'auteur a très largement dépeint la douleur et les angoisses que vivent les acteurs de ce psycho-drame. Par contre, l'usage d'artifices racoleurs fait qu'on n'adhère pas trop non plus à un tel propos. C'est déplacé et irritant, de la provoc' inutile (ne confiez pas ce livre à de trop jeunes lecteurs !). En somme, cette lecture laisse une sensation très ambivalente ! Il y a du bon, mais alourdi par des couches superficielles et inutilement sulfureuses.

Moi et Becca, par Paige Harbison (Harlequin, coll. Darkiss, mars 2013 - traduit par Isabel Wolff-Perry)

"La vie était fragile et, contrairement à ce que nous nous étions imaginé, dans notre insouciance d'ados, nous n'étions pas invincibles."

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23/09/13

“It is one thing to ask questions; what do you do with the answers?”

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Kyla, seize ans, vient de subir une opération. Elle a été « effacée ». C'est une coutume courante, décrétée par les hautes instances, pour éradiquer la délinquance galopante. Des jeunes gens en crise ou désoeuvrés sont reprogrammés pour une nouvelle vie, avec une mémoire toute neuve, les émotions bridées par le port d'un Nivo greffé au bras. Toute montée d'adrénaline peut désormais les mettre en danger. Ce sont ainsi une flopée de jeunes gens aux sourires niais, qui ne se posent pas de questions, qui évoluent dans un semblant de vie ordinaire. Leurs nouvelles familles sont accueillantes, mais prudentes, car le système en place surveille tout, contrôle les moindres faits et gestes, et la police (les Lorders) n'hésite pas à arrêter tout élément perturbateur. Bizarrement, Kyla est consciente du climat pesant et suspicieux qui règne autour d'elle. Toutefois, elle a bien compris qu'il fallait qu'elle garde pour elle ses interrogations. Son opération aurait posé un léger couac, elle n'a pas la même attitude ni les mêmes compétences que ses pairs. Elle est innocente et naïve dans sa façon d'être avec les autres, et pourtant son esprit est vif dès lors qu'elle capte une anomalie dans son paysage (la disparition de camarades dans son lycée). Kyla a aussi des flashs durant son sommeil, elle est réveillée par des cauchemars qui lui dictent de vieux souvenirs, mais elle ne sait pas encore ce qu'ils cherchent à lui révéler.

J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre. L'histoire, aussi captivante soit-elle, ne s'écoule pas sur un rythme effréné, au contraire c'est plutôt lent, mais on prend le temps d'apprendre un tas de petites choses, de savourer l'ambiance, assez glauque et flippante, de se poser des questions et de se surprendre à attendre la suite avec impatience. Ce roman vous réservera bien des surprises ! Au départ, il m'a un peu rappelé celui de Rachel Cohn, Version BETA, sans son parfum sulfureux, mais il est beaucoup plus angoissant, sombre et oppressant. C'est franchement fascinant, j'ai été scotchée.

Effacée, par Teri Terry (La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Maïca Sanconie)

11/09/13

“The only good angel is a dead angel.” ♥

Relecture pour la sortie en format poche,

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Un premier tome diaboliquement prenant, où l'on nous sert une histoire d'anges et de tueurs d'anges, on n'a pas le temps de dire ouf tant le rythme est soutenu, il y a aussi une jolie petite romance, avec des personnages attachants, autour desquels se crée une belle alchimie. En somme, c'est une petite lecture facile et légère, parfaitement distrayante, et qu'on ne boude pas de découvrir !   

Angel, par L.A. Weatherly (Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, août 2013 - traduit de l'anglais par Julie Lafon)

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25/06/13

“Avoir dix-sept ans et ne pas avoir peur des mots.” (Contre courants)

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Sur les conseils de sa psy, Jérôme, dix-sept ans, tient un journal pour y raconter tout ce qu'il lui passe par la tête. Cela va de ses rapports conflictuels avec son frère aîné ou avec son père, du silence de sa mère, spectatrice impuissante de la débâcle familiale, de son goût des mots et des livres, de son obsession pour une fille croisée dans la rue, surnommée Alcyone, de sa passion pour le plongeon, de sa solitude, son ennui, son errance...

Jérôme est un adolescent paumé, complètement en rade, qui se défoule à coup de mots et de formules lapidaires, à défaut de sortir ses poings pour calmer son entourage. Enfin, c'est plus que ça, c'est compliqué aussi, c'est un engrenage infernal, mais puissant, atterrant, inimaginable. La force du texte vient justement de la véhémence du garçon dans sa manière de s'exprimer, façon poète maudit, à la Rimbaud.

Qu'est-ce que ça cogne ! qu'est-ce que ça colle aux doigts et au cœur ! Le texte aussi est violent, frappant, percutant. Mais surtout, il est surprenant, vers la fin, il vous réserve une sacrée claque... J'ai reconsidéré toute ma lecture, songeuse, admirative, j'ai frissonné et j'ai refermé tout ça en m'ébrouant. Très belle lecture coup-de-poing !

Contre courants, par Richard Couaillet (Actes Sud junior, 2011)

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13/06/13

“See you in dreamland” (Au bout du rêve)

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Le jour de son seizième anniversaire, Catlin apprend que sa sœur Cassandra a quitté le foyer familial pour voler de ses propres ailes et rejoindre son amoureux à New York. Suite à cette annonce, son père s'enferme dans son bureau, sa mère pleure toute la journée et Catlin rejoint la troupe des cheerleaders sur un coup de tête. Un soir, elle rencontre le beau Matthew et son cœur fait boum.

Catlin plonge dans un rêvé éveillé, elle est folle amoureuse, elle qui se sentait invisible ou l'éternelle seconde existe enfin aux yeux d'un autre, un garçon différent, brillant, mystérieux et fascinant. Progressivement, elle s'éloigne de son petit univers ouaté, elle largue les amarres, elle plane sur son petit nuage, elle oublie ses soucis, car rien n'a plus d'importance que son bonheur avec Matthew.

Voilà un roman de Sarah Dessen qui ne verse pas seulement dans la douce félicité, la tendresse et l'émotion. C'est au contraire une histoire beaucoup plus complexe et déchirante que l'auteur nous propose. Au centre, Catlin est une jeune fille qui ne cesse de se dévaloriser et qui va se mettre en danger à force de douter d'elle-même. Elle bascule aussi dans une spirale infernale, car elle refuse d'avouer combien le départ de sa soeur a creusé un gouffre sans fond. Il devient pourtant urgent de sortir de l'ombre de son aînée, de parler à coeur ouvert avec ses parents, de fuir les paradis artificiels et les rêves qui virent au cauchemar.

C'est un roman bouleversant, qu'on lit avec intensité et beaucoup d'émotion. Les personnages sont à fleur de peau, et c'est donc tout naturel de ressentir leur détresse, leur amertume et leur désespoir, mais c'est aussi un petit cocon extrêmement attachant. C'est du Sarah Dessen, après tout. La famille de Catlin n'est pas parfaite, mais leurs amis et voisins (Boo et Stewart) sont des gens en or. Je pense que ce livre nous fait vivre une multitude de sensations, entre révolte, agacement, compassion et bouleversement. C'est un très beau rendez-vous, fort et poignant.

Au bout du rêve, par Sarah Dessen
PKJ (2013) - traduit par Véronique Minder

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30/05/13

Ne faites confiance à personne, même pas à vous-même !

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Suite à l'enthousiasme suscité par Starters, j'étais impatiente de lire le second volet des aventures de Callie. *** Attention, risque de spoilers ! *** La société du Vieux a été démantelée, mais celui-ci s'est fait la malle et les autorités le recherchent activement. Callie mène désormais une existence confortable, avec son petit frère et son ami d'enfance (Michaël). Mais très vite, elle réalise que la puce qui a été insérée dans le cerveau des Starters constitue toujours un moyen de pression pour le Vieux, qui fait d'ailleurs une démonstration de sa puissance en commettant un attentat en plein centre commercial.

De nouveau, la traque infernale s'engage. Callie veut échapper à son tortionnaire, le retrouver et mettre un terme à ses ambitions démentielles. En chemin, elle rencontre Hyden, un adolescent passionné d'informatique, qui se dit proche du Vieux, mais a une dent contre lui, donc il entend bien prêter main forte à Callie pour déjouer ses maudits plans. La chasse à l'homme est effrénée, encore une fois on ne pourra pas reprocher au roman de manquer d'action, car c'est intense, haletant, sans cesse remuant. On ne s'ennuie pas une seconde.

Et pourtant, j'ai été moins emballée par ce qu'on me proposait. J'ai peut-être trouvé que cela manquait d'émotion, qu'on passait trop de temps en voiture, après un ennemi insaisissable, et même les révélations de la fin n'ont pas su me surprendre car j'avais deviné le pot-aux-roses depuis le début ! Ceci dit, les amateurs de sensations fortes en retireront beaucoup de satisfaction et ne bouderont pas leur plaisir.

Enders, par Lissa Price
Robert Laffont, coll. R (2013) - traduit par Cécile Ardilly

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21/05/13

"There you go, Len," she whispered. "The rest is up to you.”

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C'est la deuxième fois que je lis ce roman, pour sa sortie en format poche, et cela a été un pur bonheur de replonger dans cette histoire poignante et magique. Bailey vient de mourir, sa sœur Lennie est sous le choc, son chagrin est entier, profond, inconsolable. Chez elle, sa grand-mère Manou et son oncle Big tentent de guérir son blues à force de jardinage, de musique, de peinture et de cuisine. Mais rien n'y fait. Lennie s'enferme dans sa chambre, refuse de ranger les affaires de sa sœur, ne veut plus jouer de la clarinette, s'isole dans les bras de Toby, l'amoureux de Bailey, et tente de trouver l'oubli à travers lui.

Que de désillusions, de larmes lourdes et amères, que de mélancolie, de tristesse et de désœuvrement ! A première vue, ce roman a toutes les chances de nous déprimer, sauf que finalement l'histoire nous surprend, nous touche et nous charme instantanément. Il y a de la poésie dans les mots de Jandy Nelson, une sincérité et une authenticité qui me parlent, c'est tellement magique. Et puis, au cœur du récit, il y a un amour naissant, entre Lennie et Joe Fontaine, qui vient d'emménager en Californie. C'est un musicien, un grand romantique, c'est aussi un type sensible et miraculeux. Sa présence suffit à rallumer la petite lanterne éteinte de Lennie. A ses côtés, elle retrouve le goût de vivre et la pensée d'avoir droit au bonheur.

Définitivement, cela restera une lecture bouleversante, que je peux lire et relire, même rien que des extraits, à nouveau le charme opère. Cette histoire qui parle de la mort, mais aussi de l'amour et de la sexualité, montre que l'instinct de vie est en nous, toujours. Lorsque les gens vivent un gros choc ou un gros chagrin, des choses bizarres peuvent se produire. On peut aimer à perdre la raison, on peut tromper aussi, on peut se mentir à soi-même, on peut faire tout un tas de trucs auxquels on n'aurait jamais pensé avant. Au moins, c'est la preuve qu'on est en vie, qu'on a cette chance, et c'est tout. Ce petit roman, définitivement je l'aime et lui conserve à jamais une place chérie dans mon cœur. Dommage que l'auteur n'ait rien publié de nouveau depuis...

Le ciel est partout, par Jandy Nelson
Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction,2 013 - traduit par Nathalie Peronny

 « Il y a des années de cela, j'étais allongée sur le dos dans le jardin de Manou quand Big m'a demandé ce que je fabriquais. Je lui ai répondu que j'observais le ciel. Il m'a rétorqué : "C'est une vision de l'esprit, Lennie, le ciel est partout, il commence à tes pieds." »

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20/05/13

“Life is too short to say maybe.”

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J'ai adoré ce livre ! L'histoire dénonce les dangers du virtuel et du tout-numérique, qui enferme la société dans une bulle en lui faisant croire que c'est pour son bien, pour la protéger des dangers du monde extérieur, nous sommes en 2060, et pourtant le message peut s'appliquer à notre monde d'aujourd'hui. Vivre à travers un écran, c'est aussi et surtout se priver de véritables sensations que la vie digitale est incapable de reproduire (ou procurer), donc j'ai aimé cet aspect du roman, mais j'ai surtout trouvé adorable la relation qui se nouait entre les deux personnages que sont Maddie et Justin.

Elle est l'héritière de l'Ecole Numérique, lui est le fils de terroristes qui combattent ce système. Elle croit en des valeurs que lui rejette. Entre eux, beaucoup de secrets, de non-dits et de tension amoureuse... si, si. Et c'est ce qui est clairement le plus attachant ! Dès lors que Justin fait irruption dans son existence, la vie de Maddie va devenir plus intense et excitante, de là à revoir ses priorités et être tentée de s'échapper de son cocon pour enfin mordre la vie à pleines dents. Sauf que lui aussi, de son côté, ne mène pas une vie facile et simple. Il s'est entouré de barrières, il pense n'avoir pas de temps pour l'amour, mais bon ... la demoiselle est coquine et tenace !

Bref, c'est donc essentiellement l'histoire d'une renaissance, ou d'une éclosion. A travers une jolie histoire d'amour, qui se dessine en finesse et avec tendresse. La séduction entre Maddie et Justin s'opère tout en douceur, c'est franchement adorable, du moins, moi j'ai vraiment craqué. Ce n'est certes pas un livre d'action, mais plutôt d'émotion. Je n'avais pas d'attente précise concernant cette lecture, et elle m'a prise au dépourvu. Pile ce qu'il me fallait, au moment où je l'ai entamée. C'est seulement parce que j'ai d'autres livres à lire, mais sinon je suis très tentée de me plonger dans la suite, déjà parue en VO, intitulée [[Middle Ground]]. Série en 3 tomes. J'aime beaucoup, pour l'instant ! ♥

La révolte de Maddie Freeman, par Katie Kacvinsky
PKJ. (2013) - Traduit par Cécile Chartres

" Tu as grandi en pensant que l'amour avait pour unique but d'assurer ta sécurité. Mais c'est comme vivre dans une bulle. C'est une autre forme de domination. Moi, j'ai grandi en pensant qu'aimer les gens, c'était leur faire suffisamment confiance pour les laisser partir. Ça permet d'emporter cet amour avec soi, de créer d'autres liens. "

18/05/13

“I realize now how much courage it takes to choose the life you want, whatever that might be.”

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Troisième et dernier tome de cette série, qui raconte trois parcours différents à travers Cassia, Xander et Ky, séparés depuis les derniers événements, à l'approche du Soulèvement généré par le mystérieux Pilote. Ky fait partie de l'escadron, qui pilote les dirigeables en se rendant de ville en ville pour apporter des traitements. Une épidémie de Peste a en effet  frappé la population, Xander est en première ligne, en tant que docticien. Cassia, de son côté, est employée au classement des données, chargée de semer le trouble pour la cérémonie du couplage du prochain Banquet.

Hélas, il ne se passe pas non plus beaucoup de choses dans ce dernier tome, l'action étant très lente, assez molle et très bavarde, j'ai souvent pensé à une lecture plutôt cartésienne, dans le sens où elle invite les lecteurs à se poser et réfléchir sur le monde de demain tel qu'Ally Condie le dessine. Un monde où l'expression artistique serait abolie, où l'on manipulerait la population sur le plan médical, où l'on façonnerait les actes et les paroles d'une société policée, hermétique et figée dans ses émotions. Il serait peut-être temps de réagir, vu comme ça ! ...

En fait, tout m'a semblé coulé de source dans ce troisième tome. Dès les premiers chapitres, je savais déjà comment cela allait se terminer, même si j'ai espéré quelques soubresauts dans l'intrigue, j'ai finalement été très peu surprise. Même le dénouement face au triangle amoureux est évident. C'est comme si l'auteur n'allait pas se fourvoyer dans des prises de tête inutiles, elle avait d'autres chats à fouetter - en l'occurrence, un Soulèvement à fignoler, mais à égratigner aussi, pour mieux démontrer que les personnages ont grandi et ont fait du chemin, en assumant pleinement leurs choix, en défendant aussi les bonnes causes.

Voilà, tout simplement ! Cette série a su me séduire dans sa globalité, même si j'ai été un peu déçue par ce dernier tome, je n'oublie pas qu'elle a su se démarquer à sa façon, avec subtilité et en faisant preuve d'humanité aussi. Par trois fois, il nous a été permis d'entrer en osmose avec les sentiments des trois personnages, surtout dans ce dernier tome, on apprend à mieux cerner Xander, Ky et Cassia, ce qui explique pourquoi tout nous paraît si évident à la fin ! Evident, mais un peu frustrant aussi...

Promise (tome 3), par Ally Condie
Gallimard jeunesse, 2013 - Traduit par Vanessa Rubio-Barreau
Pour un gros pavé de 515 pages !

Et sinon, j'aime TOUT dans le nouvel album de V.P. ! ♥

16/05/13

“We wanted the freedom to love. We wanted the freedom to choose. Now we have to fight for it.”

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Ce dernier tome de la série divise les lecteurs, mais en ce qui me concerne je l'ai beaucoup apprécié ! Nous suivons toujours Lena, réfugiée dans la Nature, auprès des résistants, mais aussi Hana, son ancienne meilleure amie, désormais la future compagne de Fred Hargrove, le nouveau maire de Portland. Malgré son opération, Hana se sent rongée par la culpabilité et n'arrive pas à concevoir son prochain mariage comme une aubaine, réalisant même que Fred n'est pas aussi parfait qu'il voudrait le paraître. 

Lena non plus n'est pas à la fête, en dépit du retour d'Alex, dur et cassant, il ne lui pardonne pas d'avoir tourné la page dans les bras d'un autre. Son coeur est pris en étau, elle ne sait plus qui croire, qui choisir et se vexe facilement pour des broutilles. J'ai eu beaucoup de peine pour eux, mais l'histoire ne nous laisse pas trop le temps de nous apitoyer sur le sort de Lena, car la résistance oeuvre pour le défi ultime, le combat vers la liberté, au prix de tous les sacrifices. Les petits soucis personnels de Lena ne font pas le poids à côté de ce grand rendez-vous haletant !

En effet, il est loin le temps où l'on s'étourdissait de bonheur et de béatitude face aux premiers balbutiements d'une formidable histoire d'amour, dans l'insouciance et la promesse d'une aube nouvelle et éclatante... Ce dernier tome rompt définitivement les amarres. C'est une lecture très sombre, assez oppressante, teintée de désespoir et d'amertume, livrant aussi une issue hasardeuse, mais prompte à toute interprétation. (J'aime les fins ouvertes, donc ça ne me dérange pas du tout.)

Ce n'est pas tout gai, tout rose. Bien loin de là. Et c'est ce qui m'a plu. C'est un livre intelligent, qui refuse de céder à la facilité et qui montre que l'amour, c'est douter, se tromper, tenter, perdre et recommencer. J'ai aimé aussi le message de force et de conviction qu'assomme Lauren Oliver en bout de course : "Faites tomber les murs. Libérez-vous des obstacles, des liens qui vous étouffent, des cailloux qui pèsent lourd dans votre ventre. Faites tomber les murs." Cette série a ravi mon cœur, définitivement. ♥

Delirium, tome 3 : Requiem, par Lauren Oliver
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2013 - Traduit par Alice Delarbre