14/12/12

“It is the first day of November and so, today, someone will die.”

“I say, 'I will not be your weakness, Sean Kendrick.'
Now he looks at me. He says, very softly, 'It's late for that, Puck.”

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Quel fabuleux roman ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant, j'ai adoré chaque minute passer à le lire, c'était un moment sublime, déstabilisant mais mémorable. Rien n'indiquait que l'histoire allait m'embarquer à ce point, on y parle de chevaux surgissant de la mer, avides de sang et de viande, des chevaux sauvages et intrépides, mais des chevaux dont toute la communauté de Thisby est bougrement fière !

L'île de Thisby est également un cadre magnifique, c'est une île de pêcheurs, peuplée de gens simples et qui sentent le poisson, c'est un microcosme d'hommes et de femmes éprouvés par les pertes, mais qui gardent toujours la tête haute par fierté. C'est une question de principe. Cette terre, on l'aime et l'on l'accepte, sinon on part sur le continent à la quête d'une autre vie, plus riche, moins étouffante. Puck Connolly est une jeune fille qui a toutes ses racines sur cette île, jamais elle n'envisagerait de la quitter. Ses parents sont décédés, elle a grandi avec ses deux frères, Gabe et Finn, et tout commence lorsque l'aîné annonce son intention de partir.

Le monde de Puck s'effondre, par bravade elle annonce qu'elle va participer aux Courses du Scorpion, réputées dangereuses et réservées aux cavaliers émérites. Qu'importe, Puck est une jeune fille farouche et orgueilleuse, elle n'a cure des quolibets et s'inscrit avec sa jument Dove. Non seulement c'est la première femme à participer à une telle course, mais de surcroît elle se présente avec son cheval de la plaine, alors que ses concurrents chevauchent les terribles capaill uisce. Soit elle est folle, soit elle compte mourir.

Sur la plage, lors des premiers entraînements, Puck rencontre Sean Kendrick, le champion des dernières éditions. Il concourt sur le cheval le plus rapide de l'île, pour le compte de l'homme le plus riche de Thisby, mais le garçon est à un croisement des chemins lui aussi. Nul autre que lui n'a cette même connivence avec sa monture, c'est un type exceptionnel, passionné par les chevaux et la mer, neuf ans plus tôt son père a été tué sous ses yeux, depuis il est devenu un garçon solitaire, enfermé dans sa bulle, très sensible aussi et soudainement bouleversé par l'intrusion de cette Puck Connolly.

Le rythme du roman est assez lent, mais pas dénué d'intérêt, car tout se construit pièce par pièce. Le décor se plante, on découvre les moindres recoins de Thisby, fait connaissance avec sa population, on aime, on s'attache, on peste, et puis on s'amourache de cette tendre complicité qui s'installe entre Puck et Sean. C'est tellement touchant. Pudique et miraculeux. Avec leurs sentiments à fleur de peau, ils vivent une relation sans fausse note. Sans oublier leur combat vers cette course qu'on attend fébrilement, et qu'on vit tout aussi intensément. Ouhlala, cela faisait un bon petit moment que je n'avais pas eu l'occasion de lire un roman aussi magique et prenant ! J'ai même versé ma petite larme à la fin, pour dire combien j'étais à fond dans mon truc. Une telle communion avec son livre, moi j'en demande encore !!!

Sous le signe du Scorpion, par Maggie Stiefvater smileyc002
Hachette, coll. Black Moon (2012) - traduit par Camille Croqueloup

“That's a poor match, Sean Kendrick," says a voice at my elbow. It's the other sister from Fathom & Sons, and she follows my gaze to Puck. "Neither of you are a housewife."
I don't look away from Puck. "I think you assume too much, Dory Maud."
"You leave nothing to assumption," Dory Maud says. "You swallow her with your eyes. I'm surprised there's any of her left for the rest of us to see.”

“Shhhhhh, shhhhhh, says the sea, but I don't believe her.”

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12/12/12

“There had been a secret planted under my bedroom window all my life.”

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L'histoire se passe quelques années après Blood magic et concerne la fille de la maléfique Joséphine Darly, mais rassurons-nous, Mab Prowd est une jeune fille délicate, sensible, qui oeuvre pour le bien. Depuis la mort d'Arthur, son mentor, elle est devenue le nouveau Diacre et doit réaliser un sort pour chasser une malédiction, mais l'expérience dérape et va frapper Will, un garçon qui se promenait au même moment dans la forêt, avec ses deux chiens.

C'est seulement quelques jours après qu'il réalise qu'il ne se sent pas bien et doit revoir Mab dans sa ferme. La jeune fille promet de lui venir en aide, comme elle a juré de sauver un petit garçon qu'elle héberge et qui a subi l'ascendance mauvaise de son père. Nous renouons ainsi avec la magie du sang, les incantations et les sacrifices, mais ce n'est pas bien méchant, beaucoup moins que dans le précédent livre, qui était plus saisissant. C'est même le reproche que je ferai à BLOOD LOVERS : c'est une lecture moins forte, moins percutante, peut-être parce qu'elle n'a plus le privilège de la nouveauté non plus. L'histoire est ici assez simple et évidente sur toute la ligne, pas de grandes surprises à prévoir, peut-être dans la dernière partie, et encore...

J'ai toutefois apprécié suivre l'histoire d'une certaine Evelyn Sonnenschein à travers sa confession, ou sa déclaration d'amour, qui remonte à quelques années. Le reste du roman est raconté alternativement par Will et Mab, avec un bémol pour les passages concernant le garçon dont les soucis familiaux ne m'ont pas particulièrement emballée. Je préfère largement me plonger dans l'univers plus sombre, plus grisant, plus poisseux de la magie, c'est d'ailleurs le point fort de Tessa Gratton qui dresse un décor fantastique et fascinant. Il serait néanmoins temps de se renouveler, car la recette a eu un goût de réchauffé avec ce roman.

Blood lovers, par Tessa Gratton
La Martinière J. (2012)  -  traduit par Anne-Judith Descombey

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“She was the purest, biggest truth.”

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Mackie Doyle n'est pas un garçon ordinaire, avec ses cheveux blancs, sa peau très pâle, son air de souffrir dès qu'il s'approche du fer, ses maux de tête et sa fatigue perpétuelle, bref le garçon est un adolescent effacé, qui ne sort qu'avec sa bande de potes, certains soirs, pour écouter du rock ou jouer au billard, mais sinon il reste chez lui, où on fait comme si tout va bien, ses parents ont remisé l'inox au fond des placards, seule sa soeur Emma est attentive à ses baisses de régime.

Pourquoi ? Car des années plus tôt, c'est elle qui a surpris une silhouette se glisser dans la chambre de son frère, s'approcher du berceau, s'emparer du bébé et en déposer un autre avant de s'enfuir. C'est une pratique courante dans la petite ville de Gentry, mais personne n'ose en parler ouvertement. Un récent drame risque de secouer toute la communauté, lorsque la fille aînée des Stewart, Tate, prétend que ce n'est pas sa soeur qu'on vient d'enterrer et qu'elle va remuer ciel et terre pour avoir des réponses. Elle se tourne vers Mackie, qui panique et s'enfuit.

Sa santé le mettant de plus en plus au supplice, Mackie fait appel aux seules personnes susceptibles de l'aider, des personnes comme lui, qui vivent dans des galeries souterraines, qui font semblant d'être comme tout le monde, qui se nourrissent des émotions humaines et qui tentent de communiquer, à leur façon, de l'énergie. Mais ce marché a un prix, Mackie doit accepter le deal, ou sinon la Méchante de l'histoire va sortir ses griffes et faire un massacre.

L'histoire est superbement parée d'un climat sombre, oppressant et mystérieux, c'est particulièrement fascinant, mais sitôt qu'on soulève le voile, qu'on gratte les artifices, on découvre une intrigue qui se réduit comme une peau de chagrin. Vraiment très peu consistante. C'est à se demander si la magie essentielle de ce livre ne réside pas entièrement dans son univers, gothique et effrayant, car les éléments autour sont vides d'intérêt. C'est même assez simpliste, jusqu'à la fin, pas très folichonne non plus. Si vous aimez les romans d'ambiance, les petites villes hors du commun, avec leurs légendes qui font peur, vous apprécierez de connaître Gentry, "un océan de monospaces, de pelouses et de golden retrievers".

L'Echange, par Brenna Yovanoff
éd. Michel Lafon, 2012  -  traduit par Isabelle Saint-Martin

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07/12/12

“Scared?" "You haven't lived until you go grave robbing.”

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Ari est une jeune fille paumée, ballottée de foyer en foyer depuis l'enfance, c'est une solitaire barricadée derrière sa carapace de dure à cuire. Elle doit à son physique hors du commun, des cheveux et un regard couleur de lune, le sentiment de ne pas appartenir au même monde qui l'entoure. C'est ainsi qu'elle entame des recherches sur ses origines, sa mère est morte, elle ne sait rien sur son père. Elle trouve un début de réponse dans un hôpital psychiatrique, de quoi lui filer les jetons, puis se trouve nez à nez avec un guerrier débarqué de nulle part et déterminé à lui faire la peau.

Ni une, ni deux, elle décide de se réfugier à New 2. C'est le nouveau nom donné à la Nouvelle-Orléans. La région vit désormais en totale autarcie, suite au déferlement des ouragans qui ont tout ravagé sur leur passage. Sa mère y aurait également séjourné, peu avant sa naissance. Ari cherche quelques pistes, fait des rencontres, s'incruste dans une vieille maison délabrée où se sont réfugiés des gosses débrouillards et particulièrement doués. Il y a comme des ondes fantastiques qui planent dans l'air, Ari est complètement déstabilisée.

Et puis elle rencontre Sebastian, un beau garçon au charme ténébreux, qui lui donne un coup de pouce, en plus de lui faire ressentir de nouvelles sensations. C'est délicieux, pas mielleux pour un sou. Et ça n'occulte pas la quête du savoir, de comprendre qui est Ari, de quelle malédiction sa famille semble marquée. Parce que c'est le point fort du roman, son ambiance envoûtante, nimbée de charme et de mystère. Le décor planté à la Nouvelle-Orléans est tout aussi fascinant, avec son folklore, son vaudou, ses spectres et ses excentricités. On frissonne, de plaisir et d'effroi.

Peu à peu on avance dans l'histoire et on découvre de nouveaux horizons, c'est surprenant, assez grisant aussi. Il faut dire que j'ai aimé ce livre dès les premières pages, et je n'ai jamais ressenti le moindre ennui par la suite. Tout me plaisait, tout m'enchantait et m'étourdissait. L'héroïne est une battante, mais ses errances sont nombreuses, justifiées, elles permettent de progresser dans le récit selon son rythme, sans brusquer, sans bondir, sans soupirer non plus. J'ai vraiment beaucoup aimé, autant pour le fond que pour la forme. Car c'est un roman qui ne cesse de nous balader en beauté, avec les froufrous des bals et du carnaval, sans pour autant masquer les ombres menaçantes, qui s'invitent à la fête et font craindre le pire. J'ai été pleinement enchantée par cette découverte, vivement la suite !

Le noir lui va si bien, par Kelly Keaton
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Marie-Hélène Méjean-Bernaille

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05/12/12

Are there angels in the wilderness?

❊ C'est le dernier tome de la série des Vampires de Manhattan ! 

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** attention, spoilers ** C'est inévitable, puisque nous sommes enfin au dernier tome ! Quelle attente. Après les récents évènements survenus en Egypte, Jack et Mimi ont rejoint le Prince des Ténèbres, mais jouent un double jeu en prétendant lui venir en aide. Toutefois, Lucifer n'est pas dupe et parvient à les piéger en réclamant que l'un et l'autre lui livrent sur un plateau d'argent le sacrifice de leur grand amour. Jack courbe l'échine, Mimi est sous le choc. Elle a vendu son âme pour sauver Kingsley, qui semble l'avoir oubliée, mais leurs retrouvailles sont explosives et croustillantes. Malgré les faux-semblants, la flamme est bien vive entre ces deux-là !

De son côté, Theodora parcourt le monde avec Oliver sur les traces de ses origines paternelles. Et là, une surprise de taille l'attend ! Elle n'a aucune nouvelle de Jack, mais ne va pas être déçue quand cela va se produire. Ce livre sonne aussi le retour de Bliss, qui s'est égarée dans un autre univers, on en saisit des morceaux mais il aurait été plus judicieux de la part de l'éditeur français de traduire le fameux livre, Wolf Pact, qui explique sa nouvelle vie ! Terrible frustration, en ce qui concerne toute sa partie, car cela ouvre des perspectives intéressantes mais déconcertantes d'incompréhension.

Grande nouvelle, la bataille finale aura bien lieu. C'est devenu tellement courant de maintenir un suspense éventé... Melissa de la Cruz, heureusement, ne se débine pas, le combat sera froid, sanglant et impitoyable. Avec un sacrifice majuscule, préparez-vous au choc. Sans quoi, la conclusion apporte son lot de révélations, de pertes et de nouveaux départs, pour une vue d'ensemble très romantique ! Il ne faudrait surtout pas se méprendre. C'est d'ailleurs tellement surprenant que j'ai froncé les sourcils au sujet d'Oliver, là j'avoue, je n'ai pas tout compris ou j'ai sauté un passage ? ...

Néanmoins, cette série se clôt sur une note de satisfaction, le rythme aura été haletant et entraînant, sans cesse à vouloir se renouveler, à proposer des idées neuves et à construire une mythologie originale, sans casse-tête. C'est l'exemple parfait de la petite série distrayante, qui a cru bon qu'un zeste de superficialité aurait pu faire la différence, et puis non, le dosage était juste ! Pas une seule fois je ne me suis lassée.

Les Portes du Paradis - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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04/12/12

De ma fidélité et de mon honnêteté ce sang sera la preuve !

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En attendant la parution du 8ème tome en février 2013, voici une histoire courte portant sur l'adolescence de Lenobia, l'un des personnages les plus attachants de la Maison de la Nuit. On la découvre à l'âge de seize ans, fille illégitime d'une servante et d'un baron français. A la mort de la jeune maîtresse de maison, sa mère saisit l'occasion de l'envoyer à la Nouvelle-Orléans pour se marier et vivre une meilleure vie. Pour cela, elle usurpe l'identité de Cécile Marson de la Tour d'Auvergne.

La supercherie est toutefois compromise, lorsque l'évêque Charles de Beaumont monte à bord du même navire. Ce religieux perfide a une réputation de sale pervers. Il connaît la jeune Lenobia et la croquerait bien pour son quatre-heures, mais sa mère avait su la protéger à temps. Non seulement ce type risque donc de menacer sa couverture, mais il va faire de sa vie un enfer.

Heureusement, au cours du voyage, Lenobia fait la rencontre de Martin, un jeune métis qui nourrit la même passion pour les chevaux. Tous les matins, dès l'aube, ils se croisent dans la cale, discutent et finissent par tomber amoureux. Même si leur histoire semble sans issue, Lenobia veut croire en son destin et en sa chance. C'est sans compter sur l'acharnement de l'évêque ! Qu'il est démoniaque, ce rustre ! J'avais des bouffées de haine dès qu'il apparaissait au détour d'un chapitre.

Hélas, l'histoire se termine vite, trop vite. J'aurais franchement aimé partager plus de temps avec Lenobia, tant je me sentais à l'aise dans ce décor, j'étais séduite par ce que je découvrais et j'en voulais encore. En gros, cela se termine juste au moment où cela devient encore plus palpitant ! Sinon, la lecture s'apparente à une jolie balade en plein air. On prend le large en attendant le retour aux sources. C'est très bon, assez distrayant, juste terriblement frustrant de se contenter de ces 140 pages. 

Le serment de Lenobia, par P.C. et Kristin Cast
PKJ. (2012) - traduit par Aurore Alcayde

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23/11/12

“My too stormy passions work me wrong, and for excess of Love my Love is dumb”

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D'emblée, j'avoue un intérêt coupable pour les histoires se passant dans un pensionnat, donc là j'ai été plutôt vernie. Cimmeria est une école d'aspect guindé et classique, autour de laquelle règne un mystère épais et pesant. Les parents d'Allie, excédés de ses nombreuses frasques, ont choisi de l'y envoyer en mesure de discipline stricte. Allie, qu'on nous présente avec ses cheveux rouges, ses yeux charbonneux et ses Doc Martens, prétend être une rebelle le temps d'un chapitre, la suite nous prouvera tout le contraire.

Car Allie ressemble à toutes ces jeunes héroïnes, naïves, curieuses et aveugles, en colère contre l'autorité parentale, se livrant corps et âme à leurs histoires sentimentales, souvent parce que son prétendant est tellement beau et irrésistible que ce serait dommage de ne pas saisir sa chance. Qu'importe si l'ambiance énigmatique pèse dans la balance, si des copains conspirent dans votre dos et élaborent un club élitiste à la barbe du monde, non, non, il ne faut pas s'en soucier, pas pour l'instant, d'abord il suffit de s'acclimater au monde impitoyable de l'adolescence. Vous savez, cette joyeuse époque constituée de mesquineries de bas étage, de guéguerres pathétiques, de crises de jalousie et de rumeurs qui vous empoisonnent vite l'existence...

Le quotidien d'Allie est ainsi ponctué de repas entre amis, de cours où l'on disserte autour de poèmes romantiques, de rendez-vous galants, de bal d'été qui vire à la catastrophe (ouf, un peu d'action), d'heures de colle, de balades interdites au clair de lune, de bain de minuit, de bruits bizarres dans la forêt ou sur les toits... Tout cela sur plus de 400 pages. En somme, l'auteur a cultivé à fond son mystère sur la Night School, j'ai longtemps attendu la révélation, supputé des tas de théories, aussi au moment d'en découvrir plus, euh... j'ai levé les sourcils d'étonnement. J'en attendais clairement plus !

Je ne suis pas déçue par ma lecture, j'ai bien aimé me balader dans les couloirs de Cimmeria et je me suis attachée aux petites histoires d'Allie (en soupirant aussi très fort devant sa bêtise et son inconstance !). Il y a un charme certain dans ce roman, mais il est aussi très long, inutilement long, au risque de faire traîner un suspense à trois francs six sous. La suite est déjà disponible, puisque l'éditeur français a obtenu sa parution en exclusivité mondiale pour remercier les fidèles lecteurs de leur accueil enthousiaste.

Night School, par C.J. Daugherty
Robert Laffont, coll. R. (2012)  -  traduit par Cécile Moran

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19/11/12

“I should probably start with the blood.”

lumen

Brillante élève en latin, Nora Kane a rejoint le groupe d'études du professeur, le Hoff, qui travaille sur la traduction d'un Livre vieux de 700 ans. Contrairement à ses camarades, Chris et Max, Nora doit traduire les lettres de la fille de l'alchimiste Edward Kelley, et pense d'abord qu'il s'agit d'une besogne de second ordre. Puis elle réalise que la vie d'Elizabeth Weston, marquée par la tragédie, la trahison, la solitude et le dévouement envers son père et ses travaux, recèle davantage de richesse et de secrets. Nora est troublée, à tel point qu'elle dérobe une lettre qu'elle confie à son meilleur ami.

Le lendemain, Chris est mort. Sa petite amie Adriane est enfermée dans un asile. Max a disparu. Nora est seule, complètement sonnée, mais veut comprendre. Elle va donc mener son enquête, continuer à traduire des textes et des lettres, plonger dans le passé, se glisser dans la peau d'Elizabeth, partir à la recherche du Lumen Dei, une machine convoitée par des illuminés religieux, décoder des messages, se rendre à des rendez-vous clandestins, évaluer sa confiance envers ses proches, rencontrer de nouvelles têtes, éviter les pièges, échapper aux kidnappings, affronter la vérité, avaler son amertume, ne jamais faillir.

LUMEN est un thriller ésotérique palpitant, mené tambour battant, et baignant dans une ambiance sombre et pesante. J'ai tout de suite accroché au milieu universitaire, à la petite chapelle où se réunit le quatuor constitué de Nora, Chris, Max et Adriane, à leur histoire d'amitié et d'amour, aux silences angoissants, aux ombres qui rôdent et au mystère entourant le livre de Kelley et les lettres de sa fille Elizabeth. C'est une lecture efficace, qui se lit avec avidité, tant le rythme est soutenu, le suspense entier. L'immersion est immédiate, l'ensemble est vibrant, passionnant, pour une lecture brillante et intense. En somme, j'ai beaucoup aimé !

Lumen, par Robin Wasserman 
La Martinière J. (2012) - traduit par Maïca Sanconie

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16/11/12

“You’re so naïve. Don’t you see what people are? They’re animals. Every one of them.”

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Deux vaisseaux ont été envoyés dans l'espace pour préserver la survie de l'espèce humaine. A bord de l'Empyrée, Waverly et Kieran envisagent leurs fiançailles comme une suite logique à leur histoire d'amour. Après tout, quand on s'aime, on se marie et on fait des bébés. Pour l'avenir. Sur l'autre aéronef, le Nouvel Horizon, le programme aurait capoté. Sa responsable de mission, Anne Mather, sollicite un entretien avec le capitaine Jones, mais les choses vont se passer autrement. Résultat, toutes les filles de l'Empyrée sont enlevées et conduites le plus loin possible.

Est-ce réellement une opération de sauvetage ? Leurs vies étaient-elles menacées sur leur vaisseau ? Mais que cache Anne Mather, avec ses beaux discours baignés dans le miel ? Son amour pour Kieran résistera-t-il aux épreuves ? Ce dernier, aussi, va gérer une situation nouvelle, saisir sa chance et affirmer son autorité. Seule ombre au tableau : Seth. Un garçon qui ne laisse pas Waverly indifférente. (Hmm, je sais.) Enfin bref, la jeune fille va se débattre avec une multitude de questions, ce n'est plus une gamine et face aux épreuves elle va révéler une véritable force de caractère. Elle en aura besoin, puisqu'elle sera convoitée à des fins ... quelque peu discutables (plus l'histoire évolue, plus les perspectives se dévoilent). Franchement, c'est glauque !

Avis réservé, pour une lecture en demi-teinte. Rarement un livre ne m'aura laissé une impression aussi confuse et perplexe. En gros, l'histoire m'a mise mal à l'aise et je n'ai pas aimé cette sensation, même si je n'ai rien contre les sujets qui dérangent et bousculent le lecteur, mais là, je n'ai pas été très réceptive. Au final, ce roman me laisse totalement indécise. Une relecture s'impose, plus tard.

Glow : Mission Nouvelle Terre (tome 1), par Amy Kathleen Ryan
Msk, 2012 - traduit par Alice Delarbre

15/11/12

Oh, by the way, Prince, the coach isn’t mine, I’m really a filthy little barefoot servant on borrowed time !

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Callie vit dans la rue avec son petit frère, Tyler, et leur ami d'enfance, Michael. Pour gagner un peu d'argent, elle décide de louer son corps. (Une petite explication s'impose : nous sommes dans une société du futur, suite à une guerre des Spores, seuls les plus jeunes et les plus âgés ont survécu, ces derniers veulent s'offrir une nouvelle jeunesse en se payant quelques jours dans un corps frais, beau et tonique). Callie s'engage ainsi pour une mission d'un mois, mais les choses vont mal se présenter.

*** Il va y avoir un bug avec sa puce, l'adolescente va se réveiller dans la vie d'une autre mais doit continuer de faire semblant, en jouant un double rôle. Elle va aussi découvrir qu'elle est chargée d'une mission suicide, mais refuse de se mouiller, sauf qu'elle est déjà impliquée et ne peut plus faire marche arrière. ***

STARTERS est une lecture intense et prenante, une lecture riche en action et suspense, avec une héroïne qui se débat seule contre un système pourri. C'est sombre, assez poignant et tendu. Callie est une jeune fille charmante et sympathique, pas bête non plus, elle va tomber amoureuse, vivre un conte de fées, se sentir trahie puis basculer dans un véritable enfer. C'est franchement bien fichu, car j'ai tout gobé et je ne regrette rien ! C'est un super thriller, qui se lit à toute vitesse (et qui ne perd pas un temps fou dans des considérations romantiques inutiles !). De plus, ce 1er tome trouve une issue favorable, pas besoin d'aller plus loin pour ceux qui refusent le long-cours. Personnellement j'ai hâte de renouer avec cet univers étrange et captivant.

Starters, par Lissa Price
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit par Aude Lemoine