11/04/11

"If the world comes to an end, I'm going to want cookies."

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Cela commence par l'annonce d'un astéroïde qui va entrer en collision avec la lune. L'événement est suivi avec excitation, pas nécessairement d'appréhension. Et le choc a lieu sous le regard ébahi de milliers de spectateurs, dont Miranda et sa famille, un choc d'une telle violence qu'il fait dévier la lune de son orbite. Et là, tout bascule, la tension devient palpable et les catastrophes naturelles s'enchaînent.

Vous ne trouverez aucun sensationnalisme à deux sous dans ce roman, au contraire je l'ai trouvé long et monotone, essentiellement parce qu'il s'agit du journal de Miranda, une adolescente ordinaire qui vit à Howell en Pennsylvanie. L'ambiance est donc minimaliste, routinière mais pesante. Je ne vous cache pas combien la lecture se révèle stressante ! Ce sont 300 pages qui vous mettent à bout de nerfs, on ne cesse de se demander jusqu'où ira le calvaire de Miranda et de ses proches, rien que pour ça l'auteur a parfaitement réussi à nous enfermer dans cette maison privée d'électricité, puis d'eau et de chauffage, sans compter le manque de nourriture qui finit par les rendre déséspérés et un peu dingues (j'avais presque honte de grignoter une gaufre au chocolat à côté). Il n'y a pas à dire - c'est flippant ! Par contre il faut supporter les observations au ras des pâquerettes et les réflexions mesquines de l'adolescente, particulièrement pénible et égoïste, même si elle évolue sur la fin, je l'ai tout de suite prise en grippe et elle m'agaçait prodigieusement.

Prochain livre à paraître en septembre, où nous suivrons la destinée d'un jeune new-yorkais et de ses soeurs. (Tome 2 : L'exil)

Chroniques de la fin du monde (tome 1) par Susan Beth Pfeffer
Pocket jeunesse (2011) - 390 pages - 17,50€
traduit de l'anglais (USA) par Laure Mistral

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03/04/11

There's rosemary, that's for remembrance.

IMG_3288J'ai été immédiatement happée par l'histoire, me délectant du ton doux et mélancolique de Lenah, jeune femme vampire qui vient d'accomplir un rituel pour redevenir humaine. Le miracle a eu lieu, Lenah a de nouveau seize ans, son protecteur, Rhode, s'est sacrifié pour elle. Mais pas le temps de s'apitoyer sur son sort, Lenah a soif de vie et de liberté. Elle se délecte de retrouver ses cinq sens, se gorge de soleil, pose un regard neuf et ébloui sur tout ce qui l'entoure, découvre aussi l'amitié avec Tony, puis l'amour avec Justin. Cet incroyable retour à la vie lui fait également prendre conscience des choix malheureux de son passé. Elle était une vampire puissante et redoutable, avait créé son cercle et sait qu'elle va devoir rendre des comptes. Ses anciens compagnons vont bientôt se mettre à sa recherche, car son nouveau choix de vie signe aussi son arrêt de mort.

Je ne vous cache pas le trouble derrière cette histoire, nimbée de beauté éthérée, de contemplation de la vie, d'intuition et de sens moral à double tranchant. J'ai été séduite par toute la première partie du récit, me glissant dans la peau de Lenah afin d'apprécier, comme elle, son cadre de vie et ses petits bonheurs quotidiens. Lenah est très sensible aux détails quelconques, pose un regard neuf sur des banalités, ose de nouvelles expériences, va au-devant des rencontres. Elle connaît le secret des plantes et des herbes, parle leur langage, cultive un rapport quasi mystique avec sa nature d'humaine. Elle s'entoure ainsi d'une aura délicate et qui subjugue. J'étais hypnotisée ! La partie sentimentale est plus accessoire, même si elle participe au charme général. Lenah est complètement fascinée par Justin, quand elle l'évoque, c'est en des termes d'aveuglement et de magnétisme. J'ai trouvé que c'était très beau, et pas niais. Mais de manière générale, l'auteur a su donner un charisme fou à chacun de ses personnages.

La transition entre la première et deuxième partie est un peu plus biaisée et j'ai regretté certaines réactions et attitudes, le basculement de situation fait entrevoir une réalité plus amère et pesante. Jusqu'alors, j'avais de Lenah une image d'icône intouchable, à la façon d'une Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, et j'étais envoûtée par cette atmosphère classieuse. En fait, tout ce qui survient aux alentours du Bal d'Hiver et après m'a un peu moins touchée. C'est brouillon et vaguement larmoyant, l'action part un peu dans tous les sens, et n'est même pas très crédible par instants. Ceci dit, cela ne m'a pas empêchée d'être captivée par le dénouement. (L'édition en VO offre le premier chapitre du tome suivant, cela atténue le suspense mais réactive l'envie de se procurer la suite très vite !) Il ne faut pas se tromper sur ce roman, il est plus tourné sur l'introspection, sur son ambiance vaporeuse et subtile, et beaucoup moins sur les actes et les retentissements. C'est une histoire délicate, avec une héroïne touchée par la grâce, qui laisse planer un certain spleen. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cet aspect.

Humaine - Rebecca Maizel
Albin Michel, coll. Wiz (2011) - 450 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

> les avis de Lily et Francesca

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31/03/11

Silence, on irradie.

IMG_3129Ce n'est pas très gai, et pourtant il m'a été impossible de reposer le roman avant la fin. L'histoire est totalement hallucinante, elle se passe dans une contrée proche d'une centrale nucléaire, où la population est déjà fortement éprouvée par cette pollution, puis survient l'explosion. Tout disparaît de la surface de la Terre.

On suit alors trois rescapés, deux enfants, Sven et Siloé, le frère et la soeur, et Grégoras, un adolescent attardé. Ces trois-là sont sonnés et ne savent plus où aller, ils refusent néanmoins de suivre les hommes en blanc qui survolent la région à la recherche de survivants. Ils se terrent dans la forêt et rencontrent un militaire et une jeune femme - étrange hasard qui a voulu que ce couple se lance dans une aventure dont ils avaient sous-estimé l'ampleur. Loubia souhaitait se rendre sur le lieu de l'accident qui avait coûté la vie de sa soeur, une charmante institutrice qu'un médecin s'est également mis en tête de retrouver. Et tout ce petit monde se fait face dans ce paysage apocalyptique où, comme eux, on se sent complètement hagard.

Ce livre fait une petite centaine de pages, mais son impact est énorme. Absolument bouleversant ! Car ce n'est pas seulement une fiction, il n'y a qu'à voir l'actualité pour comprendre que les erreurs se répètent et que nous sommes toujours affreusement vulnérables face à la menace nucléaire. Dans le roman, on découvre une population martyre, des générations bancales, des corps de travers, mais aussi des éclats de rire, des baignades insouciantes, des parties de cache-cache. En fait, c'est aussi pour cette raison qu'on en a gros sur la patate au moment de tourner la dernière page. Il y a une réelle tendresse derrière la portée sinistre du récit. Les personnages sont attachants, ce qu'ils vivent et subissent nous fend le coeur. J'ai également beaucoup aimé le titre du roman, sorte de cri muet et de condamnation radicale qui vaut tous les discours.

Silence, on irradie - Christophe Léon
Editions Thierry Magnier (2009) - 110 pages - 10 euros
illustration de couverture : Claude Cachin

Sven s'inquiétait pour ses parents. Il les voyait vieillir chaque jour davantage. La Centrale les consumait à petit feu. Même sa mère, qui pourtant travaillait dans un bâtiment annexe, avait pris au fil des années cet aspect terreux et gris des gens maladifs. Elle marchait lentement, un poids invisible appuyait sur sa tête qu'elle tenait inclinée sur le côté. Elle s'endormait le soir dans son fauteuil, les aiguilles à tricoter croisées sur son ouvrage, une maille à l'endroit une maille à l'envers. Elle était sujette à des maux de tête fréquents qui la paralysaient. Et, surtout, elle perdait ses dents d'une manière étrange pour quelqu'un de son âge. La dernière, en croquant dans une pomme.

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12/03/11

Si le punk rock était un sport, ce serait le roller derby.

IMG_3013Bliss Cavendar, seize ans, vit dans la petite ville de Bodeen dans le Texas. Le trou du c** du monde, selon elle. Lycée minable, camarades analphabètes, misère culturelle, ennui abyssal... bref Bliss traîne son spleen, avec sa meilleure amie Pash, en attendant des jours meilleurs.
Et un jour, à Austin, Bliss rencontre des filles canons sur des rollers. Elles font le show, elles assurent et Bliss y voit là son issue de secours. Elle se lance dans cette aventure avec une énergie folle, devient le petit bolide de la bande du roller derby, elle se sent enfin vivre !
Elle est, de plus, tombée amoureuse. C'est tout nouveau, complètement fascinant, et ça la scie sur place, mais elle n'hésite plus un seul instant. Au diable la vie de Bodeen, les ambitions ridicules de sa mère qui l'inscrit à tous les concours de beauté... Elle n'existe plus que pour le roller ET Oliver.
Les mensonges n'ont toutefois pas une espérance de vie très longue, et lorsque la réalité se rappelle à elle, Bliss voit son monde s'écrouler. Et c'est avec une facilité déconcertante qu'on s'identifie à sa métamorphose - à sa soif d'indépendance, à ses goûts du risque, à sa vie rock'n roll et à sa chute libre.
Les émotions dans ce livre sont très fortes, le vertige nous chope de façon imprévisible, et autant on se délecte des révélations musicales ou amoureuses de l'héroïne, autant on a le coeur en vrille lorsqu'elle aime, se donne et se brise dans la même foulée.
Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, le premier film réalisé par Drew Barrymore en fait, toutefois le roman est mille fois meilleur car l'humour et les sarcasmes de Bliss y prennent leur pied et c'est un pur régal. Et toutes les références à la musique m'ont comblée - d'ailleurs, la bande originale du film est également excellente !

Bliss (Métamorphose d'une fille ordinaire) - Shauna Cross  smileyc002
Milan, coll. Macadam (2011) - 240 pages - 10,50€
traduit de l'anglais (USA) par Marie Cambolieu

Bliss3  extrait :

Je passe en revue la collection musicale de Rocktavie, cherchant l'inspiration quand l'album du Velvet Underground & Nico m'attire l'oeil. J'ai souvent entendu parler de ce disque sans jamais avoir eu l'occasion de l'écouter. A tous les mélomanes snobs : je n'ai que seize ans et voilà seulement deux ans que je découvre la vraie musique. Laissez-moi le temps de me rattraper !
Je place le vinyle sur la platine, curieuse de comprendre pourquoi on fait tout un plat de ce Velvet. Le diamant gratte le sillon et oh-mon-dieu, je suis renversée.
Ce n'est pas du tout le rock punk hybride et bruyant auquel je m'attendais. Le son qui sort de la stéréo est un genre à lui tout seul, une sorte de conte de fées tordu et enchanteur qui me fend le coeur, au bon sens du terme. Je m'étale sur le sol, l'oreille collée au haut-parleur, en transe. Je pose la pochette sur mon visage, pour mieux étouffer le brouhaha ambiant, tandis qu' I'll Be Your Mirror m'envoûte. J'ajoute mentalement ce titre à ma liste des dix meilleurs morceaux de tous les temps.

N'hésitez pas à découvrir TEEN SONG de Claudine Desmarteau si vous avez apprécié cette lecture !

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07/03/11

Treize ans aujourd'hui. Enfin ! C'est la fin de l'enfance.

IMG_2960Présenté comme étant le premier roman pour ados de Nancy Huston, ULTRAVIOLET est une fine galette de 80 pages, au contenu prenant et grisant, avec beaucoup de charme et une plume au style sûr et envoûtant.
Nous sommes dans l'Ouest canadien, poussiéreux et accablé par la canicule, en juillet 1936. Le pays connaît une grave crise économique, les paysans crèvent la faim et Lucy fête ses 13 ans. Elle reçoit un journal qui deviendra non seulement son confident mais avant tout le témoin de ce délicat passage qui existe entre l'enfance et l'adolescence.
La jeune fille est en effet curieuse, fonceuse mais timorée. Elle se pose mille questions qu'elle garde pour elle, elle se sent incomprise, remet en question la foi héritée par son éducation (son père est pasteur) et envisage l'avenir avec incertitude. Elle en a assez de vivre dans un trou perdu, aux ambitions étriquées, Lucy rêve d'un changement dans sa vie.
Il surviendra par la venue d'un jeune médecin, Bernard Beauchemin, dont le passé transpire l'odeur du scandale. Lucy est attirée, son corps aussi manifeste ses premiers émois, ce sont les premières palpitations et autres douleurs dans le bas-ventre, en somme la chenille est en train de quitter sa chrysalide.
Il règne une atmosphère lourde et électrique, où subsiste un semblant de torpeur, au centre de laquelle la jeune adolescente se trouve empruntée et plus trop à sa place. Sa confession se veut à la fois pudique et impertinente, drôle et spirituelle, parfois immature et capricieuse. C'est un vrai régal, hélas bien trop court !

Ultraviolet - Nancy Huston
Editions Thierry Magnier (2011) - 80 pages - 8€
illustration de couverture : Claude Cachin

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02/03/11

Birth Marked : Rebelle

RAPPEL : la sortie en VF du roman de Caragh M. O'Brien, parce qu'il est bon et fort, parce que je l'aime et parce que j'y pense encore, parce qu'il ne fait pas beaucoup de bruit, parce qu'il mériterait de s'imposer.

Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Bury

IMG_2615Birth Marked nous plonge dans une ambiance sombre, poussiéreuse, amère et inquiétante. C'est l'histoire de Gaia Stone, seize ans. Elle a suivi l'exemple de sa mère en devenant sage-femme. A son tour, elle aide les femmes à accoucher et prend leurs bébés pour les confier à l'Enclave. C'est son devoir. Elle est jeune et déjà mature pour son âge, pourtant elle ne remet pas en question le principe du bien et du mal. Elle a deux frères aînés qui vivent derrière les murs, au coeur de la cité plus riche et prospère, loin de Wharfton où vit la population plus modeste. Sa mère lui a appris à tatouer chaque bébé en leur mémoire, tout en offrant une tasse de thé aux parturientes. Et ainsi va la vie.

Puis, un soir, en rentrant chez elle, Gaia découvre le Sergent Grey venu lui annoncer l'arrestation de ses parents. Ils seraient suspectés de trahison, la jeune fille tente de défendre leur honneur et refuse de se plier à l'interrogatoire. Ses soucis ne font que commencer, mais qu'importe, il est temps d'agir et Gaia décide de franchir clandestinement le Mur.

La suite de l'histoire ne cesse de surprendre, de secouer, de terrifier et d'abasourdir. C'est lourd, c'est fort mais c'est bon. Il y a à la fois un calme apparent et un suspense tendu au cordeau, l'action ne manque pas, de plus il n'est pas rare de tomber sur des rebondissements au détour d'une page. L'auteur a su cultiver une tension permanente, c'est captivant.

Gaia elle-même est une héroïne attachante, qui manque totalement de confiance en elle. Une cicatrice mange une partie de son visage, depuis toujours elle a enduré les réflexions, les regards et les moqueries. Elle se sent monstrueuse, aussi elle s'est réfugiée dans son travail, solitaire et malheureuse, pour ne plus y penser. Espoir vain. En débarquant au coeur de l'Enclave, elle attire aussitôt l'attention. Son physique, d'abord. Et aussi ses choix de vie et de survie. Gaia Stone devient une héroïne, à l'image d'une Katniss Everdeen, car sans le savoir, sans le vouloir, elle va représenter l'espoir et devenir un symbole d'insoumission.

J'ai aimé aussi la romance, pudique et balbutiante, qui naît au fil des chapitres. Pour une fois, le coup de foudre ne s'impose pas. Les deux personnages sont face à face, ils ne se comprennent pas et parfois se déçoivent, toutefois le lien existe, se tisse doucement mais sûrement. D'ailleurs, les dernières pages nous renvoient cruellement à nos foyers, en nous plombant le coeur. Quelle déchirure. La suite - en VO - est annoncée pour NOVEMBRE 2011. Il semblerait que l'édition française suivra de près, avec une probable parution du tome 2 cet automne, en plus du titre déjà  révélé (et c'est tout un programme) : Bannie !

A noter : l'édition française avec son ruban autour du roman - une très chouette idée !

Birth Marked : Rebelle - Caragh O'Brien
Mango (2011) - 397 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Hélène Bury

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18/02/11

"You're in love. That makes you actually kind of boring to people who aren't in love. You know, the sane ones."

Après la VO, la VF...  (traduction de Cécile Chartres)

IMG_2605Evernight est un pensionnat réservé à une élite, qui ouvre occasionnellement ses portes à une poignée d'étudiants plus ordinaires et issus de milieux divers, dans le cadre d'une politique de "mixité des genres". Bianca est nouvelle, elle a suivi ses parents qui viennent de décrocher un poste d'enseignants, elle ne leur dit pas merci, tant elle se sent peu à sa place parmi la clique snobinarde et dédaigneuse qui constitue la crème d'Evernight.

Mais déjà Bianca a rencontré un beau garçon, aux yeux verts et aux cheveux de couleur bronze, Lucas Ross. Il était seul dans la forêt alors qu'elle courait comme une malade pour fuir l'atmosphère étouffante de l'école. Il la course, elle se sauve, complètement paniquée, il la plaque au sol, et là... Son coeur à elle bat la chamade, et lui se présente comme le valeureux soldat, prêt à tout pour protéger la demoiselle en détresse. Ouah, c'est beau ! Quelques instants plus tard, ils se retrouvent, engoncés dans leur uniforme scolaire, elle se lance à ses trousses, tandis qu'il la fuit ! ... Eh oui.

En gros, pendant une centaine de pages, c'est ce à quoi ressemble l'histoire, et non franchement ce n'est pas très excitant ! Lorsque survient LE TOURNANT de la page 125, l'histoire prend enfin un autre sens ! Et c'est tant mieux, car je commençais sérieusement à m'ennuyer. Donc, tout est repris à zéro, c'est un autre roman qui se dessine, des nouveaux enjeux apparaissent, c'est plutôt pas mal, même si dans le fond la problématique reste la même : nos tourtereaux s'aiment mais ils sont maudits par le sort. En gros, ils ne peuvent pas être ensemble mais ils sont prêts à tout, à n'importe quel prix !

Le roman s'appuie aussi sur son climat mystérieux et effrayant, Evernight n'est pas une école comme les autres, on s'en doutait, mais profitez du bénéfice de la surprise pour apprécier la tournure, l'auteur a plus d'un tour dans son sac ! Evitez de lire les résumés et autres détails sur cette série ! Déjà la couverture française est décevante... Enfin bref, cette relecture m'a finalement donné envie de lire les prochains tomes (nul ne précisera que je connais déjà l'essentiel des spoilers, je sais, c'est mal). C'est un premier tome correct, mais pas extraordinaire. (Pour moi, la romance est trop simpliste. Ce sont les éléments autour qui valent le coup d'oeil.)

Evernight - Claudia Gray
Pocket jeunesse (2011) - 305 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Chartres

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01/02/11

"I love you. Remember. They cannot take it."

Imaginez un monde où l'amour est proscrit. Où aimer revient à attraper une maladie mortelle. Pour en guérir, il faut s'immuniser. Vivre dans une société où les émotions sont étouffées, éteintes, douchées dès votre 18ème anniversaire.
Aucun désordre. Aucune palpitation démesurée. Tout est sous contrôle.
Lena a longtemps vécu dans cette attente, n'en pouvant plus de vivre sa vie terne, d'éradiquer la douleur, les souvenirs, les questions. Elle n'avait que six ans lorsque sa mère s'est suicidée, elle a été recueillie chez sa tante, elle n'a depuis connu qu'une existence bridée et modelée pour son Protocole.
L'heure de délivrance approche enfin. Lena passe son dernier été, auprès de sa meilleure amie. Même si elle est très attachée à Hana, elle sait que tout s'effacera après son opération, qu'elle l'oubliera. Et c'est ce qu'elle désire le plus : recommencer une autre existence, repartir du bon pied. Elle en a terriblement besoin.
Or, cet été va également lui apporter ce qu'elle redoutait le plus : l'amor deliria nervosa ! Lena rencontre Alex, elle pensait être à l'abri, mais dès qu'elle a posé les yeux sur lui, son univers a basculé. Elle ne se rendra pas si facilement, elle va longtemps lutter et chercher à résister. Elle va vouloir se convaincre, se rassurer, mais ce sera trop tard, Lena va être contaminée.
Et c'est bouleversant à lire, à suivre, à découvrir. C'est une histoire incroyable. Lena est une héroïne imparfaite, qui sait être touchante, révoltante, passionnante. Elle est craintive, se replie pour mieux se protéger, n'ose pas ou peu. Progressivement elle prendra conscience des énormités qui l'entourent, aimer ne signifiera plus mourir, ce ne sera plus sale - au contraire. Sa prise de conscience demandera du temps, mais qu'est-ce que ça vous prend aux tripes.
J'ai cru devenir folle au moment de tourner la dernière page, j'ai cru hurler et pleurer de rage et de désespoir. Vous comprendrez. Et dire qu'il faudra patienter longtemps - 2012 - pour la suite ! C'est frustrant...
Envie d'un roman doux, tendre et merveilleux ? D'une rencontre forte, belle et revitalisante ? Lisez Delirium ! Ce livre vous fera prendre conscience que l'amour donne la vie, qu'il est souffrance et bonheur à la fois, mais que ça vaut le coup et qu'il faut refuser les barrières, les frontières, les prisons ! Qu'on ne peut pas être vraiment heureux si on n'est pas aussi malheureux parfois. 

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Delirium - Lauren Oliver smileyc219
Hachette, coll. Black Moon (2011) - 450 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

Francesca est également TOTALEMENT emballée !

20/12/10

C'est à la fois triste et drôle à quel point les souvenirs de deux personnes à propos de la même chose peuvent être différents.

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Encore un roman doux-amer de Sara Zarr, et franchement ça me plaît énormément.
Deanna traîne une solide réputation de Marie-Couche-toi-là depuis que son père l'a surprise dans la voiture de son petit copain. Elle avait treize ans. Plus de deux ans ont passé depuis, mais à Pacifica les vieilles histoires ne s'effacent pas d'un coup de baguette magique. A la maison, la vie est morose. Son père ne lui a plus jamais adressé la parole. Son frère aîné vit avec sa copine et leur bébé au sous-sol. La situation est tendue et prête à éclater.
Ce sont les vacances d'été, Deanna dégote un job dans une pizzeria. Et là, elle retrouve Tommy, celui par qui le scandale est arrivé. Sera-t-elle capable de gérer la tension entre eux ? Elle a besoin de cet argent, elle rêve de quitter la maison et d'offrir un nid d'amour pour son frère auprès de qui elle a envie de vivre. C'est un projet secret, un peu désabusé. Car Deanna se sent mal dans sa peau, elle ne sait plus ce qu'elle veut. Elle pense que son passé a pourri son avenir. Elle s'imagine aussi que c'est la principale raison qui aurait poussé son meilleur ami Jason dans les bras de Lee, également sa meilleure amie depuis peu.
Et ainsi défile le roman, dans une atmosphère teintée d'amertume, dépeignant une petite ville américaine où tout est figé, ancré à jamais dans les esprits. Toutefois, comme le souligne l'un des personnages, à quoi bon fuir un lieu si les problèmes demeurent ? C'est le nerf de la guerre, et si l'on ne choisit pas d'affronter ses fantômes, de les combattre, de vivre avec ou de les chasser, on peut parcourir la planète entière, sans jamais trouver la paix ou le bonheur.
C'est loin d'être une lecture légère, l'histoire nous laisse une saveur amère, le ton est désenchanté, et pourtant c'est scotchant. Le portrait de l'adolescente complètement paumée est juste, tendre, attachant, sans concession aussi. Et puis le style, secondé par la traduction de Valérie Dayre, est de grande qualité !

Une fille comme ça (en VO : Story of a Girl) - Sara Zarr
Editions Thierry Magnier (2008) - 218 pages - 10,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Dayre

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18/12/10

Il y a du vrai dans pratiquement tous mes mensonges.

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Zach a disparu. Zach est mort.
Et c'est Micah, la menteuse, qui raconte.
Accrochez-vous, l'histoire part dans tous les sens. Premièrement, Micah jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Puis, elle promet la vraie vérité, et enfin la vérité authentique et véritable. Alors, promesse tenue ?
Bah, ma foi, quelques 310 pages plus tard, j'ai les sourcils froncés et le sentiment d'avoir couru après la vérité, sauf que je suis à bout de souffle. Je pense que c'était l'intention de l'auteur, bravo, car je suis complètement perplexe, moyennement convaincue par l'histoire de Micah. Pas que ça me dérange, j'ai probablement été dupée, ou pas, cela fait partie du jeu, mais je reste partagée.
Jusqu'au bout, toutes les théories sont possibles. Jusqu'à la dernière ligne, Micah suggère, tente, ose. Oui, peut-être c'est ça toute sa vie. La vérité pure et dure. Ou bien, c'est autre chose. Franchement je ne sais plus. Dans tous les cas, c'est la plus brillante des supercheries qu'il m'ait été donné de lire. Alors que je tournais la dernière page, j'étais encore dans le flou absolu. Et je crois que cela restera longtemps une énigme !
D'un autre côté, c'est ce qui fait le petit plus de cette lecture. Le doute est cultivé exprès dans un but non avoué - si ce n'est pas sadique d'entuber le lecteur et d'embrouiller ses convictions... Je laisse volontairement planer le doute sur l'intrigue, je vous suggère également de ne pas chercher à en savoir plus. C'est une histoire où le doute plane. Du début à la fin. Une histoire avec des tas de rebondissements. Et sans la certitude d'obtenir, au final, la vérité absolue. Il m'a été impossible de lâcher le roman avant de savoir le dernier mot de l'affaire. 
(J'avais toutefois beaucoup d'attentes, donc le roman m'a un peu déconcertée. Je ne m'attendais pas à la révélation du milieu, ou j'y croyais à moitié. C'est mon seul regret. Car je n'ai pas trop apprécié l'orientation que cela a créé. Mais ça reste une lecture bluffante !)

J'ai conscience d'avoir plusieurs fois employé les mots : doute et vérité. Mais que voulez-vous ? Le doute sur la vérité persiste, pendant et après la lecture !  Radicale, de son côté, a été totalement convaincue.

Menteuse - Justine Larbalestier
Gallimard jeunesse (2010) - 310 pages - 13,50€
traduit de l'américain par Alice Marchand

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