14/05/12

“Teenagers, as everyone knows, tend to believe they are immortal.”

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Elizabeth s'est noyée en tombant du paquebot où avait lieu sa soirée d'anniversaire avec ses amis. C'est son fantôme qui va tenter de comprendre ce qu'il s'est passé car Elizabeth n'a aucun souvenir des dernières heures de sa vie. Elle est accompagnée d'Alex, un garçon décédé un an plus tôt, lui aussi erre sans savoir pourquoi. Ensemble, ils vont remonter le fil des souvenirs de la jeune fille, suivre ses proches, découvrir des petites choses déplaisantes, comme souvent dans de pareilles situations où se nichent des vérités cachées, des jeux troubles et dangereux...

Elizabeth était une fille brillante, mais peste. Elle était entourée d'une bande de lycéens riches et populaires, elle n'accordait jamais un seul regard aux médiocres, dont faisait partie Alex. S'ils sont tous les deux réunis dans la mort, ce n'est pas un hasard et c'est ce que l'histoire va nous faire découvrir au fil des chapitres. Le climat est donc suspicieux et tendu, même si le fond n'est pas d'une grande originalité non plus, on retrouve une jeunesse dorée en façade, mais craquelée de l'intérieur, qui risque de voler en éclats sous le poids des tromperies et des remords.

Ce roman s'inscrit dans la lignée de ses semblables : l'atmosphère est poignante et pleine de mystères, les indices sont distribués au compte-goutte, les doutes vont et viennent, le dénouement manque un peu de surprises sauf si on a moins l'expérience de telles lectures. J'ai presque aimé, parce que j'ai tout de même trouvé que l'histoire se traînait, l'héroïne n'est pas sympathique en dépit de sa prise de conscience tardive, les figurants font sérieusement flipper et l'histoire se veut touchante mais peine à émouvoir. En somme, c'est une histoire de fantôme qui tombe un peu à l'eau et qui a du mal à tirer son épingle du jeu, alors que l'idée générale est tentante.

Reste avec moi, par Jessica Warman
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduction de Michelle Charrier  

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10/05/12

The Name of the Star

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Débarquant de sa Louisiane natale, Rory compte profiter de son année scolaire pour parcourir la ville de Londres. Mais au même moment, un crime horrible vient d'être commis pas loin de son école, un crime dont la mise en scène n'est pas sans rappeler les actes du célèbre Jack the Ripper. Rory fait peu de cas de cette affaire et de la presse, à la place elle se familiarise avec sa nouvelle vie à Wexford, son pensionnat anglais. Et c'est son train-train quotidien qu'on suit avec moult détails, non dénués d'intérêt bien sûr.

Très clairement, ce roman apparaît faussement monotone, chuchotant une bande sonore envoûtante, très discrète, et qui confirme l'idée que l'ambiance n'est pas qu'anodine, mais sombre et flippante. L'enquête criminelle à laquelle Rory va joindre sa participation bien malgré elle occupe peu à peu le terrain, sans toutefois crever l'écran, j'ai particulièrement aimé cette façon de faire, en distillant les indices, en plaçant délicatement les pions sur la carte, le reste n'est qu'attente. On a aussi un roman très adolescent dans l'esprit, avec des préoccupations toutes simples, comme le fait de se retrouver nouvelle ou étrangère à l'école, de bûcher ses leçons, de sortir entre amis ou d'avoir un béguin pour un garçon. Pas de romance au programme, ce n'est pas un mal non plus.

Ce roman a décidément beaucoup de choses à partager, et à faire découvrir. Le mieux, c'est d'accepter de suivre le rythme nonchalant, de glisser ses pas dans ceux de Rory, une héroïne en apparence ordinaire, qui va se découvrir des facultés qui risquent de tout bouleverser. D'ailleurs, plus on avance dans l'histoire, et plus on quitte la sphère du laisser-faire pour entrer dans une gamme plus fantastique. C'est surprenant, mais très bien amené. Maureen Johnson prouve ici qu'elle sait raconter des histoires et se renouveler. C'est en effet très différent des lectures, aussi plaisantes soient-elles, de Suite Scarlett ou 13 Little Blue Envelopes. C'est ensorcelant, c'est mystérieux et c'est totalement dépaysant.

Hantée, tome 1 : Les Ombres de la ville, par Maureen Johnson
éd. Michel Lafon, 2012 - traduction de Maud Desurvire 

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07/05/12

"Entretenir l'espoir n'avait aucun sens."

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Cam est atteinte d'un cancer incurable, il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, et c'est à Promise, petite ville du Maine, réputée pour accomplir des miracles, que sa mère et sa soeur choisissent de s'établir pour y passer le temps qu'il faut.
Mais Cam est une adolescente sarcastique et rabat-joie, elle se veut réaliste et blindée, refuse d'entretenir le moindre mythe. Son attitude exaspère ses proches, décidés à lui démontrer qu'à Promise les miracles existent bel et bien. Et c'est vrai que leur nouvelle existence y ressemble : Cam se sent en meilleure forme, elle a beau trouver des explications métaphysiques aux évènements hors du commun, elle commence peu à peu à douter et à croire en l'impossible.
Elle a aussi une petite liste secrète des choses à accomplir avant de mourir : voler des trucs débiles, coucher avec un garçon, briser les rêves de sa frangine, se comporter comme une adolescente de son âge, normale. C'est la partie de l'intrigue qui m'a fait rappeler le roman de Jenny Downham, Before I die. La seule différence, ici, c'est que Campbell est une héroïne qui contient sa rébellion à un degré dérisoire. Elle n'attend pas la mort avec impatience et soulagement non plus, c'est juste son sens de l'ironie qui fait sa force, sans la rendre insensible ou insupportable pour autant.
Campbell est une héroïne à laquelle on s'attache obligatoirement, sa famille aussi est très drôle, et la vie à Promise est une vraie carte postale. Pendant trèèès longtemps, on se prête à y croire, à espérer, à sourire face à l'évolution de la jeune fille. Elle va notamment vivre une très jolie histoire d'amour, c'est mignon comme tout, ça n'occulte pas le reste, la maladie reste présente, la mort aussi, et parfois on se surprend à pleurnicher et à éclater de rire en alternance.
Ce roman est source d'effets secondaires imprévisibles, croyez-moi, mais c'est un très beau moment de lecture qu'il nous offre. Il est très doux, pas du tout cucul-la-praline, et il procure un effet bulle bénéfique, c'est douloureux de tourner la dernière page !

La fille qui ne croyait pas aux miracles, par Wendy Wunder smileyc002
Hachette, coll. Black Moon, 2012 - traduction de Raphaële Eschenbrenner  

19/04/12

“I'm not stupid, stupid. Leave this whole thing in my extremely capable and well-manicured hands.”

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On ne pourra pas reprocher à ce tome d'apporter des solutions faciles et précipitées, parce qu'il faut reconnaître que l'histoire s'étire un peu en longueur (c'est le risque, quand on se lance dans une série à rallonge, snif !). Nous retrouvons donc Zoey en sale posture : son âme a été brisée et s'est envolée vers l'Au-Delà tandis que son enveloppe corporelle est restée sur Terre. Il va sans dire que ses jours sont comptés et que tous ses proches sont désespérés, mais déterminés à la sauver. Stark décide donc de la rejoindre, et c'est Aphrodite, assistée de Stevie Rae (je ne me résous pas à la considérer en tant que Lucie dans l'édition française), qui va lui apporter toutes les combines.

Bon, rien ne se déroule en un claquement de doigts, c'est long mais ça permet aux auteurs de développer une belle mythologie, originale et enrichissante. Par contre, j'ai trouvé l'ambiance bizarre, plutôt spirituelle en fait, comme une conséquence aux évènements dramatiques qui bouleversent la série. On suit une Zoey éplorée, bouleversée d'avoir perdu son meilleur ami, préférant se réfugier dans son cocon pour ne pas affronter la triste réalité. Stark démontre aussi un formidable sens de l'honneur et du sacrifice, j'avais déjà souligné ô combien sa dévotion m'effrayait un chouïa... ça se confirme ici !

Livrée à elle-même, Stevie Rae se révèle une personnalité marquante et pratiquement incontournable, et bien entendu elle est confrontée à ses propres tourments sentimentaux, là je ne suis pas sûre d'adhérer à la sauce, mais Rephaïm est tout de même un être fascinant. Grand absent, Kalona n'en demeure pas moins impérieux et redoutable, tout comme Neferet, qui tisse sa toile en coulisses. Bref, cette série n'en finit pas de surprendre et de varier les tonalités dans sa gamme d'émotions... On passe des doutes à l'inquiétude, de la tristesse à la morosité, de l'ennui à l'excitation. Ce n'est probablement pas le meilleur tome lu jusqu'à présent, mais l'intrigue est toujours prenante.

House of Night #7 : Burned - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Brûlée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2012

18/04/12

“I learned long ago that it does no good to think too far into the future. There is only here. Only now.”

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Cette suite est toujours aussi sombre et pesante, ce qui lui confère définitivement tout son charme ! Lia et son amie Sonia se sont réfugiées à Londres, avant d'entreprendre un voyage jusqu'à une île nommée Altus, afin de retrouver les pages manquantes du livre légué par son père. La prophétie a éloigné les deux soeurs, Alice a basculé dans la magie noire et son âme est dévorée par la jalousie et la folie. Lia prend aussi conscience qu'une réelle menace pèse sur elle et ses proches, d'ailleurs ça ne manque pas et un nouvel élément vient brouiller les pistes. Lia doit repenser son voyage, revoir sa confiance, surveiller son sommeil durant lequel ses rêves l'emportent vers des ailleurs terrifiants.
Un nouveau personnage fait également son apparition : Dimitri Markov. C'est peu de dire que sa relation avec Lia relève du coup de foudre. J'aime beaucoup, je me demande ce que tout ça va donner, pour l'instant je suis totalement séduite par les qualités, assez rares en jeunesse / young adult, de cette série : un rythme nonchalant, une atmosphère mystérieuse et un brin inquiétante, un cadre gothique, des personnages complexes et attachants, bref c'est envoûtant !

Maudites, tome 2 par Michelle Zink
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2010 - traduit de l'anglais (USA) par Laurence Kiefé
le tome 1 est disponible en Livre de poche 


17/04/12

“In the end you can't always choose what to keep. You can only choose how you let it go.”

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Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé cette suite de Promise, notamment parce qu'il est permis de mieux découvrir la personnalité de Ky, ce garçon qui fait battre le coeur de Cassia, l'héroïne. L'histoire est d'ailleurs racontée de leurs deux points de vue, car leurs parcours sont exposés en parallèle et tendent à se rejoindre.
Exilé dans les Provinces Lointaines, Ky va s'enfuir avec un compagnon d'infortune pour regagner le village dans les montagnes où il a grandi avec son père. De son côté, Cassia s'est portée volontaire dans un camp de travail et va s'échapper avec une autre fille dans le Labyrinthe afin de retrouver Ky.
Pendant une grande partie du roman, on suit leurs chemins de croix, et c'est loin d'être inintéressant. On se rend vite compte que l'histoire travaille en sous-marin, que l'intrigue est beaucoup plus roublarde qu'en apparence et que d'étonnantes révélations vont apparaître pour nous empêcher de penser que les jeux sont faits (des nouvelles idées apparaissent avec le mythe du Pilote et le mouvement révolutionnaire baptisé le Soulèvement que Cassia veut à tout prix rejoindre).
C'est probablement parce que l'histoire se passe dans un cadre totalement différent du premier tome (un milieu poussiéreux, dangereux, parsemé d'embûches, hanté par des fantômes et des souvenirs), que je me suis passionnée pour cette suite. Il y a une réelle évolution, c'est beaucoup plus riche et intriguant, les personnages aussi s'étoffent, je trouve que ce tome 2 a permis au caractère de Cassia d'acquérir davantage de force et de détermination. Même le personnage de Xander, pourtant peu présent dans le roman, n'en est pas moins imposant et mystérieux.
Très franchement, j'ai trouvé cette suite bien meilleure et plus grisante pour l'avenir, promettant une série nettement plus palpitante qu'elle ne paraissait à ses débuts.

Insoumise, par Ally Condie smileyc219
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau 

13/04/12

“Heroes are made by the paths they choose, not the powers they are graced with.”

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Un an plus tôt, Nikki Beckett a disparu de la circulation, en bouleversant la vie de ses proches. Elle réapparaît au bout de six mois, sans toutefois révéler qu'elle revient de l'Enfernité (un monde parallèle où des âmes en peine sont attirées, car leurs émotions servent de nourriture aux habitants). Nikki ne dispose que de six mois pour se racheter et faire ses adieux correctement. Il y a an, elle était naïve et amoureuse, mais elle a cru tout perdre et a voulu effacer sa douleur, sauf que cette solution avait un prix. Aujourd'hui sa vie ne lui appartient plus, elle est liée à Cole, même si elle est de retour pour Jack.

On plonge tout de suite dans l'ambiance dès le premier chapitre, ce roman est d'une beauté sombre et émouvante, c'est prenant, quelque peu accablant, mais franchement c'est fascinant. Nikki est un personnage dévasté, qui se débat avec son histoire, en même temps qu'elle cherche à trouver une solution car elle est toujours attirée par Jack et veut sauver leur histoire. C'est grâce au principe du va-et-vient qu'on découvre leur idylle, tellement craquante, et même si le temps a passé et brisé leurs belles illusions, on découvre aussi que les sentiments ne sont pas complètement éteints, il n'y a que les doutes et la peur qui demeurent à la surface. Jack est un garçon adorable, il a été blessé par le départ de Nikki et il est bouleversé par son retour, ses émotions sont toutes chamboulées, on le comprend, de son côté Nikki ne sait plus si elle doit le préserver ou leur accorder cette fameuse seconde chance (parce que son temps est compté !). Le couple est face à une impasse, mais c'est plus fort qu'eux.

Et puis il y a Cole. C'est lui le mauvais garçon, il est guitariste dans un groupe de rock, il a une moto, il traîne dans les clubs, il dragouille sans vergogne et il a une influence sur Nikki. C'est un Enfernaute, il cherche à l'entraîner avec lui, il la veut à ses côtés mais l'histoire n'explique pas tout. A sa façon, lui aussi exerce une séduction au goût d'interdit, c'est palpable mais indéfinissible. En somme, ce roman est tout simplement envoûtant. Avec son ton doux-amer et son romantisme désabusé, il nous dévoile une intrigue qui ne fait pas dans la dentelle. Car plus on avance dans l'histoire, plus le compte-à-rebours nous saute à la gorge. Le dénouement paraît soudain si fatal, franchement attendez-vous à avoir le coeur pris en étau. Personnellement j'ai adoré, je suis impatiente d'en savoir plus car c'est inhumain de nous abandonner sur ces notes de tristesse !

Enfernité, par Brodi Ashton smileyc002
Milan, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Jacqueline Odin. 

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12/04/12

❦ La Sélection ❦ Kiera Cass

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Le royaume d'Illéa organise un grand jeu télévisé, la Sélection, qui consiste à inviter au palais 35 filles, âgées d'au moins seize ans et issues de différentes castes, afin de gagner les faveurs du prince héritier, Maxon. Parmi les candidates, se trouve America Singer. Elle participe à ce show grotesque sous l'impulsion de sa mère, terriblement ambitieuse, et de son amoureux secret. Mais celui-ci est pris d'un accès d'orgueil et décide de rompre tout contact avec la jeune fille, lui accordant ainsi toutes ses chances pour réussir. C'est donc le coeur brisé et amer qu'America entame la compétition, ses intentions sont claires : elle est là par souci d'apporter un confort matériel à sa famille, pour manger à sa faim et non pour conquérir un titre de gloire. Et c'est sans prétention, mais avec autant de naturel et de conviction, qu'elle expose ses intentions au prince, lors de leur tout premier rendez-vous !

Ce que j'ai essentiellement apprécié, dans cette histoire, c'est bien évidemment la relation teintée de complicité et d'écoute qui se crée entre America et Maxon. C'est tout simplement adorable. Lui est d'abord perçu comme un garçon renfermé et coincé, alors qu'il est curieux, charmeur et enchanté de partager ses opinions avec une personne de confiance, en l'occurence America. Cette dernière est la grâce personnifiée, même si elle manque d'assurance, elle semble découvrir jour après jour son potentiel de séduction, mais n'en fait pas étalage non plus. Cette modestie est appréciable, parce qu'on partage très vite ses sentiments, sauf en ce qui concerne son premier grand amour qui lui a mis le coeur en miettes. A ce sujet, America fait preuve de grande sottise, ce qui aurait légèrement le don de nous agacer. 

L'histoire fait un peu conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, le jeu télévisé n'est pas tellement mis en avant, par contre on commence à découvrir un aspect politique qui dévoile les failles de cette cage dorée (des renégats font des attaques répétées et violentes dans l'enceinte du palais). J'ai aussi apprécié l'idée de départ de cette dystopie : les USA, trop endettés envers la Chine, n'ont pas su rembourser leurs dettes et ont subi une invasion qui a donné lieu à une nouvelle nation baptisée l'Etat américain de Chine. La révolte viendra bien des années après, d'où la naissance d'Illéa. Plausible, non ? Je n'ai pas ressenti la moindre pointe d'ennui, le roman se lit très vite, on en ressort avec une sensation d'avoir partagé un agréable moment, de s'être familiarisée avec les lieux et les personnages avec une étonnante facilité. C'est comme une petite musique à l'oreille, elle ne nous quitte pas, elle n'est pas dérangeante et on s'y habitue très vite en regrettant la chute des dernières notes. Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, il me tarde de lire la suite !

La Sélection, par Kiera Cass smileyc002
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Madeleine Nasalik 

11/04/12

The only good angel is a dead angel.

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En acceptant de lire l'avenir d'une fille de son lycée, Willow ne s'imaginait pas une seconde que son existence allait basculer dans une course-poursuite avec un assassin à ses côtés et une bande d'anges insatiables à ses trousses. En effet, en découvrant le secret de Beth Hartley, Willow s'attire les foudres des responsables de l'Eglise des Anges, un mouvement sectaire secrètement mis en place par des anges eux-mêmes, ces derniers étant venus sur Terre pour se nourrir de l'énergie humaine. En révélant ses pouvoirs, Willow s'avère une arme de destruction contre ces créatures. Nécessité faisant loi, il faut qu'elle déguerpisse de Pawntucket !
La vie de l'adolescente plonge donc dans l'horreur absolue, et pour sauver sa peau, elle accepte de suivre un type dont elle ignore tout et qu'elle ne supporte pas. Alex est un tueur à gages, il appartient à une branche spéciale de la CIA. Sa dernière mission consistait à éliminer la jeune fille, mais de troublantes révélations ont remis en cause ses convictions et sa motivation.
L'histoire s'engage sur plus de 500 pages à avaler du bitume et à tuer le temps dans des chambres de motel ou dans une cabane perdue dans les montagnes. L'alternance de rythme, entre l'action folle et les temps morts à essayer d'élaborer une stratégie de repli puis de riposte, permet d'apporter un certain équilibre au récit. C'est franchement très agréable à suivre, il faut dire aussi que l'alchimie du couple est tellement juste et quasi parfaite qu'il m'était impossible de ne pas craquer.
Cette lecture est à considérer sans prétention, juste dans le dessein de passer un bon moment avec des personnages attachants. J'ai été entraînée dans cette aventure palpitante, suivi avec intérêt la lente éclosion amoureuse des deux tourtereaux et senti mon coeur palpiter un peu plus fort au tempo des trépidations de l'intrigue. La recette est facile, mais efficace. Je suis impatiente de lire la suite !

Angel, par L.A. Weatherly smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais par Julie Lafon 

Sous le pseudonyme de Titania Woods, L.A. Weatherly est aussi l'auteur de la série L'Ecole des Fées en Folio Cadet (ma fille a lu les premiers tomes il y a quelques années, avant de se juger trop grande pour la suite). 

10/04/12

“Once you want something, everything changes.”

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Dans une société durement frappée par les Horreurs, une guerre abominable qui a fait de nombreuses victimes, une poignée de survivants a eu l'idée de créer la Cité, une ville-rempart à l'intérieur de laquelle confort et sécurité sont les maîtres mots. Pour cela, un scientifique a décrété qu'il aurait trouvé l'origine du Mal dans le cerveau et qu'il suffirait d'un Nouveau Baptème pour éradiquer la source du problème. Ainsi, le monde serait plus sûr, à l'abri des sentiments qui seraient les causes des tourments des humains. Et pour bien répartir le rôle de chacun au coeur de la Cité, les individus sont classés sous des étiquettes, A comme Admirable, la crème de la crème, puis les autres... les pires étant les E. En fait, ils sont condamnés et souvent exilés loin des murs de la Cité. 

Evie a dix-sept ans, c'est une fille placide, elle est fiancée à Lucas, un ami d'enfance, et semble prendre la vie comme elle vient. En vrai, elle est tiraillée entre vouloir bien faire et approfondir le fond de ses pensées. Ses nuits sont hantées par des cauchemars, ses propres parents lui disent d'oublier et vont jusqu'à demander l'intervention du Frère (le grand manitou de la Cité) pour chasser son trouble et la convaincre du bon sens de son existence. Mais Evie a d'autres secrets, comme être amoureuse de Raffy, le frère cadet de Lucas. C'est un garçon à problèmes, un trouble-fête, qui prétend qu'il existe une faille dans le Système et le clame sur tous les toits, sans réellement saisir que cela met sa vie en danger. D'ailleurs, l'administration ne tarde pas à réagir en le classant sur sa liste noire. Seule solution pour lui : la fuite. Evie suivra-t-elle son amour ou rentrera-t-elle dans le rang ?

Longtemps ce roman m'a fait penser à celui d'Ally Condie, Matched (ou Promise en VF). Mais c'est un peu le sentiment qui arrive lorsqu'on lit de plus en plus de dystopies. Les livres souffrent des comparaisons et il devient un peu difficile de surprendre le lecteur. 
D'office, je l'avoue, je n'ai pas été emportée par ma lecture. Dans sa volonté de montrer une société où les sentiments sont les maux de l'humanité, Gemma Malley a adopté un ton froid et guindé à son récit, mais le résultat laisse le vague sentiment d'avoir un souffle romanesque quasi éteint.
Même les sursauts d'action dans la deuxième partie n'ont pas réussi à me convaincre du contraire... Car j'ai malheureusement rencontré un autre souci au cours de ma lecture : je ne me suis pas attachée aux personnages.  Evie, Raffy et Lucas manquent de profondeur, ils sont comme des pantins qui répondent aux commandes de l'intrigue, mais ils ne montrent aucun intérêt.
Tout dans ce roman paraît si fade, c'est gênant. (C'est d'ailleurs une constante chez l'auteur, déjà La déclaration avait révélé cette faille... Les personnages étaient prisonniers de l'atmosphère et de l'intrigue. Ils ont souvent laissé de marbre le lecteur, alors qu'ils vivaient des évènements forts. Le contraste est perturbant.) 
L'histoire elle-même manque d'originalité, sauf si vous n'avez jamais lu de dystopie de votre vie, alors vous avez toutes vos chances pour en apprécier les ficelles. J'attendais beaucoup de cette lecture, néanmoins j'ai continuellement eu l'impression d'avoir déjà lu la même histoire dans d'autres livres. C'est dommage. 

Sentiment 26, par Gemma Malley
Michel Lafon, 2012 - à paraître le 12 avril.
Traduction de Marianne Roumy. Titre VO : The Killables. 

Je remercie Camille pour l'envoi en avant-première.

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