13/06/16

Half Bad : Traque Blanche, de Sally Green

Half Bad 1

Au commencement, se trouve un garçon dans une cage, les poings ferrés par des anneaux, un collier autour du cou. Nul espoir de s'échapper. Sa geôlière veille nuit et jour sur lui. Le gamin, loin de se soumettre, lui fait vivre un enfer et n'a de cesse de saisir la moindre opportunité pour tenter sa chance et s'évader. Pourquoi un tel sort ?

Car notre monde abrite des sorciers. Des sorciers blancs, qui sont bons. Et des noirs, qui incarnent le mal. Nathan est né d'une liaison interdite, entre sa mère, grande sorcière blanche, et son père le plus puissant des sorciers noirs. Sa mère décédée, le garçon a été élevé par sa grand-mère, avant d'être arraché par les membres du conseil pour l'enfermer dans une prison et l'éloigner de Marcus. Son père représente la plus grande menace dans l'histoire de la sorcellerie. Tous rêvent de l'attraper et lui faire payer ses crimes. Nathan aussi voudrait retrouver son père, ses sentiments à son sujet sont partagés, mais l'injustice qu'il subit de la part des sorciers blancs le pousse à basculer vers sa nature noire. Pour le moment, il se contient. 

À l'approche de son dix-septième anniversaire, Nathan doit recevoir son Don et trois présents par un membre de sa famille pour consacrer son statut de sorcier. Il n'y a que Marcus pour pouvoir pratiquer cette cérémonie. Mais le conseil aussi veut l'empêcher d'obtenir ses objectifs et entend se servir du garçon pour atteindre le père. Dans cet univers machiavélique et sournois, Nathan se débat pour survivre et peine à trouver sa place, à force de subir coups durs et trahisons. Son sang mêlé fait de lui un être exceptionnel, une arme puissante pour les uns, un danger pour les autres, mais également pour lui-même. Il est une énigme à part entière. Toujours est-il que Nathan fait peur, car il est différent. Bon ? Mauvais ? Nul ne le sait.

Le roman ouvre sur d'excitantes perspectives et propose une thématique originale dans un monde de sorciers très durs et implacables, avec au centre un jeune héros torturé, tourmenté, jamais trop parfait, plutôt impulsif et audacieux, et encore moins honoré de louables intentions. Ce môme est paumé, stigmatisé à cause de ses origines. On ne lui a jamais donné sa chance pour prouver sa valeur mais a servi de cobaye dans des luttes de pouvoir, si bien qu'il a grandi dans la méfiance et ne compte plus que sur lui-même. Par contre, pour raconter tout ça, l'auteur s'embrouille avec son sens du rythme et des effets stylistiques maladroits (comme l'emploi de la deuxième personne du singulier). Cela donne une impression de lecture tantôt poussive tantôt entraînante. C'est assez inégal. Sans quoi, cette nouvelle série séduit pour son aura inquiétante et son ton percutant qui ne laisse place à aucun sentimentalisme inutile.  

Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu, pour les éditions Milan (sept. 2014)

 

British mysteries

# Mois Anglais 2016 : British Mysteries

Sally Green vit dans le nord-ouest de l'Angleterre. Elle a fait divers métiers (certains payés, d'autres non) et a même eu un début de carrière… pour finalement décider qu'il était temps d'écrire les histoires qu'elle avait en tête. Elle aime lire, marcher, et aimerait boire moins de café. "Half Bad" est son premier roman.

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,


24/05/16

La Déferlante, de Michael Buckley

La DeferlanteDepuis trois ans, d’étranges créatures sorties de la mer, les Alphas, se sont installées sur une plage dans un bidonville. Malgré le rejet de la population, les pouvoirs publics tentent d’intégrer les jeunes, notamment grâce à l’école. Lorsque six d'entre eux entrent dans le programme d'expérimentation du lycée où Lyric est également élève, l'adolescente est convoquée par le proviseur pour servir de tutrice et de mentor, du moins son rôle consiste à apaiser les tensions et aider une meilleure adaptation.

Ce synopsis n'est pas sans rappeler celui d'une série tv (Star-crossed) même si l'univers ici se détache par sa violence et ses nombreuses tourmentes. Yep, troubles sentimentaux à bord... il en faut bien pour toucher la corde sensible des jeunes lecteurs. ^-^ Mais ceci n'est pas une donnée rédhibitoire non plus, puisqu'elle se fond bien dans le décor, malgré quelques précipitations liées à la spontaniété adolescente. Arf. Avant je lisais ce genre de romans à tour de bras, et puis j'ai fini par me lasser et j'ai tout mis de côté... pour mieux reprendre mon exploration en appréciant à nouveau mes découvertes ! Bingo encore une fois. Cette série promet des heures de lecture enivrante ! On pénètre ainsi un monde étrange, à apprivoiser en douceur, en dépit des frasques et des explosions de colère entre les clans. Les Alphas sont particulièrement virulents, entraînés à relever des défis, à répondre par les poings et à ne jamais tourner le dos à toutes provocations. L'auteur ne fait pas dans la dentelle et ça passe plutôt bien, disons que ça envoie du steack et le rythme de lecture en est grandement récompensé. C'est entraînant, avec des zones d'ombre appropriées et indispensables pour planter le décor, le contexte, les personnages. Au-delà du sensationnel, l'histoire porte une réflexion sur le statut des réfugiés, la curiosité qu'ils soulèvent et généralement la peur que cette “intrusion” suscite (hélas, le rejet, la haine etc. = bienvenue en Europe !). Une lecture perspicace et enrichissante, pour qui cherchera ainsi à exploiter le sujet en classe par exemple. Sans quoi, cette série emballe habilement son public avec son lot d'action et d'émotions fortes et nous garantit une évasion excitante vers un imaginaire constructif et original. À noter que Michael Buckley est également l'auteur de la série des Sœurs Grimm qui bénéficie d'une réédition en poche chez PKJ. 

Traduit par Guillaume Fournier pour PKJ. / Avril 2016

Original title : Undertow

 

Houston commercial photography

Charmantes créatures à prévoir ! ^-^

 

Posté par clarabel76 à 14:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29/04/16

Roi de Pique, de Kat Spears

Roi de Pique

Jesse Alderman, surnommé Sway, est le roi de la magouille. Au lycée, il est connu pour sa capacité à résoudre tous les dilemmes de ses petits camarades - cela peut varier des réponses aux prochains contrôles ou aux provisions (alcool, drogue) pour pimenter leurs sauteries. Jesse a toujours la solution. Aussi, lorsque le quaterback vedette lui demande de servir d'entremetteur pour décrocher un rendez-vous avec une certaine Bridget Smalley, le garçon dit banco avec cette fidèle nonchalance qui le caractérise. Seulement, en rencontrant la demoiselle, il est agréablement surpris par ce beau brin de fille, à mille lieues de la pintade écervelée qu'il s'imaginait. Bridget est cultivée, brillante et scout dans l'âme (elle rend visite à sa grand-mère qui perd la tête ou s'occupe de jeunes handicapés toutes les semaines). On croirait une sainte, si ce n'est que la demoiselle révèle vite un tempérament farouche et qu'elle va réussir à toucher notre solide gaillard pourtant rompu à la dérobade. Jesse cultive la distance et l'insouciance pour ne pas s'attacher, pour ne plus éprouver le chagrin de la perte, comme celui enduré après la mort de sa mère. Son attitude détachée masque donc une profonde blessure, mais n'allez pas imaginer un roman de pure cucuterie, à la sensiblerie exacerbée, c'est beaucoup mieux que ça, car tellement plus caustique et drôle, et franchement savoureux. J'ai adoré suivre ce rebelle de Jesse Alderman succomber à la douceur et à la tendresse de Bridget ! ^-^ On tombe fatalement sous le charme de cet improbable héros ♫♪ qui pique ton cœur ♪♫ et on adopte dans la foulée la ribambelle de satellites qui gravitent dans son espace vital (grand-père Hiram, frangin Pete, gothique Joey...). C'est très, très bon. L'humour est sarcastique, le cynisme brandi en étendard, et ça fuse à tous les coins de page, mais ça ne manque pas d'émotion ni de chabadabada... Bref. C'est tout bon. Une étonnante découverte, qui dépasse de loin la faible appréciation laissée par la couverture VF. 

“ Si tu n'es pas trop exigeante, je pourrais passer le reste de ma vie à essayer de te mériter. ”

Nathan, Septembre 2015 - Traduit par Anne Delcourt (Sway)

23848053

Couverture originale

♫♪♫♪♪♫♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♪♫♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪

 

Hollydays - Caroline (MC Solaar cover)

 

 

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27/04/16

Digitale, de Sarah Wagon

Digitale

À vingt ans, Jade est déjà calibrée pour devenir une Guérisseuse digne de ce nom, forte d'un héritage controversé qu'elle tente de surpasser (sa mère était qualifiée de déficiente). Mais qu'est-ce donc ? Le monde dans lequel vit Jade Stone s'est reconstruit en prenant le contrôle des émotions de l'humanité - celle-ci s'est détruite à coup de guerre et de bombe atomique. Pour se relever après un massacre sans précédent, hommes et femmes vivent désormais sous l'ascendant d'un système de puces qui programme leurs faits et gestes, leurs pensées, leurs paroles, leurs pulsions. Même leur parcours sentimental est étudié de long en large, chaque couple formé d'après une recherche dans la base de données et une étude de compatibilité. La spontanéité n'a plus lieu d'être, mais chacun vit dans une parfaite harmonie. Ce discours, Jade l'entend depuis ses dix ans. À aucun moment elle n'a osé contester le principe, dans sa famille sa mère était réputée pour être instable et irrécupérable, aussi la jeune fille a grandi avec la volonté de satisfaire à toutes les attentes. Et puis, tout bascule lorsqu'elle se voit confier le cas de Sacha Fleery, un néodéficient qui résiste à tout embrigadement. Son caractère impétueux et survolté interpelle notre héroïne, de plus en plus troublée par ce jeune homme, et pas seulement parce qu'il a osé l'embrasser exprès pour la tirer de sa léthargie. Jade est curieuse, soucieuse de mieux connaître cet individu, et s'investit plus que de raison dans son travail.

Cette lecture n'offre aucune originalité et m'a d'ailleurs fait penser à la série de Teri Terry (Effacée) ou de Heather Anastasiu (Glitch). Je n'ai pourtant pas été déçue par la version qu'en propose Sarah Wagon, jeune auteur française, qui signe là son premier roman, fortement inspiré par le courant dystopique en vogue. Un peu de chauvinisme SVP. Le roman propose donc une intrigue solide, qui combine habilement la réflexion et l'action, mais peine néanmoins à susciter une véritable émotion. C'est là mon problème, je n'ai rien ressenti pour les personnages, j'ai été entraînée dans leurs découvertes et leurs combats, mais je n'ai pas vibré à leurs côtés en tournant les pages frénétiquement. J'attends de la suite qu'elle me surprenne sur ce plan-là ! Quant au reste, à défaut d'être innovant, c'est écrit avec intelligence et se base sur un rythme enlevé et engageant. 

PKJ / Août 2015

Digitale

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26/04/16

Les Chroniques de Zombieland : Alice et le miroir des maléfices (2), La Reine des Zombies (3) de Gena Showalter

Alice et le miroir des Maléfices

Reprise des réjouissances : l'héroïne Alice Bell se remet doucement de ses blessures après la violente attaque subie à la fin du tome 1 -cf. Alice au pays des zombies. Son corps est meurtri, son petit ami s'en veut terriblement, mais la demoiselle insiste pour reprendre du service. Elle tourne en rond comme une folle dans sa chambre. Il lui faut de l'action. Et donc elle déboule au gymnase pour l'entraînement où elle rencontre Gavin, une recrue venue prêter main forte. Leurs regards se croisent, et ouhlàlà... chaud devant ! La vision qui frappe Ali montre le couple en position lascive et sulfureuse. C'en est trop pour son copain Cole qui cogne son poing contre le mur. Grrr, sa frustration sera terrible. Il frappe encore un grand coup en annonçant à sa dulcinée que c'en est fini de leur relation amoureuse. Ali n'est pas contente du tout et lui promet une guerre sans pitié. Elle est d'autant plus rageuse que son ex s'affiche déjà avec une nouvelle conquête - laquelle minaude sous le nez de la reine déchue. Ali riposte et lui colle la raclée de sa vie. RIEN NE VA PLUS chez nos mercenaires de la nuit. Leurs hormones en folie dictent leurs actes et leur raison - les cœurs chavirent et les regrets s'installent en creusant leur amertume. En bref, le navire prend l'eau. On en oublierait presque les zombies sanguinaires, leurs attaques intempestives guidées par une entreprise secrète et la présence d'une taupe au sein de l'équipe. Autre problématique : Ali se découvre une personnalité double. Une Alice maléfique, contaminée par la toxine Z, qu'elle cherche à combattre pour ne pas basculer du côté obscur.

Et je soupire, de dépit. Cette série cristallise, selon moi, la médiocrité et le mauvais goût du genre. C'est très bas de gamme et d'une vulgarité affligeante (personnages, dialogues, attitudes). Tout sonne faux, creux et de troisième zone. La traduction est une nouvelle fois très décevante, la version originale n'étant probablement pas de grande envergure, on reste dans du littéral strict, peu recherché ou fignolé. L'histoire ensuite se cantonne à des psychodrames risibles et immatures, ou bascule dans des scènes de baston pas franchement glamour. Il n'y a aucune finesse, aucun soupçon d'élégance. Après, on peut se dire que c'est juste un bouquin d'action, avec des gosses de 17 ans qui zigouillent des zombies et se débattent avec leurs hormones. Il n'empêche que cela manque cruellement de raffinement et de subtilité, du coup la lecture n'est pas toujours agréable à parcourir. 

Par contre, j'ai toujours trouvé les couvertures accrocheuses. Seul bon point du lot.

Mosaïc, Octobre 2015

Traduction : Emmanuel Plisson (Through the Zombie Glass)

La reine des zombies

Dans le dernier tome, une attaque massive vient surprendre nos tueurs de zombies dans leurs cachettes pourtant sécurisées. Ali n'a pas le temps de pleurer la perte de ses amis qu'il lui faut s'armer jusqu'aux dents pour partir en guerre, car leurs ennemis ont juré de les éliminer une bonne fois pour toute. Le moral est au plus bas, les forces sont diminuées, c'est la panique générale et l'organisation peine à serrer les rangs à nouveau. Au cœur de cette pagaille, les amours trouvent enfin un semblant d'harmonie, les sentiments s'affirment, les corps se touchent et les dernières barrières tombent, pour s'acheminer vers une fin émouvante et inattendue. On trouve aussi un chapitre spécial, celui de la rupture racontée par Cole. La logique veut donc qu'un tome 4 complète cette aventure, sa lecture étant purement optionnelle, sauf si l'on s'intéresse au parcours de Frosty. Le changement de traducteur a permis une copie plus fluide et digeste, même si je reste peu convaincue par la série en général. 

Tome 3 : La Reine des Zombies ♦ Traduction : Barbara Versini (The Queen of Zombie Hearts)

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


25/04/16

#Scandale, de Sarah Ockler

scandale

MESSAGE SPÉCIAL À L'ATTENTION DES ESPADONS DE LAVENDER OAKS EN CETTE VEILLE DE BAL DE PROMO

Mes chers petits poissons, voici venu le week-end du bal de promo. Vous savez ce que ça signifie : sexe ! scandale ! Et paillettes !
Oui, paillettes, car la soirée de cette année aura pour thème : parade scintillante des créatures mythologiques. Je sais, c'est un peu flou, mais tout ce qui compte, c'est que ça fasse des étincelles. Alors levons nos verres pour féliciter les membres du comité d'organisation, grâce à qui notre lycée va briller de mille feux. Santé !
Casques en alu ou pas, n'oubliez pas de partager vos meilleurs clichés du week-end sur ma page Lady Blabla, #scandale, afin de participer au grand concours Scandale du mois. Après, ce sera terminé, les enfants. C'est le dernier #scandale avant le diplôme.

Ce roman ne révolutionnera pas le genre, et n'en a d'ailleurs pas la prétention, puisqu'il se lance en toute décontraction dans une histoire de déballage sur la planète Facebook de tous les petits secrets d'une bande de lycéens, et de leurs comportements peu avouables, au cours du sacro-saint bal de fin d'année. Le délit est signé d'une main anonyme, mais tout accuse vertement une pauvre victime innocente - en l'occurrence, Lucy Vacarro, notre héroïne davantage portée sur les massacres en ligne et les tournois de zombies à abattre. Tout a commencé sur un énorme malentendu. Lucy a voulu rendre service à sa meilleure amie Ellie, alitée pour cause de grippe, en acceptant d'accompagner son petit copain Cole pour la soirée, sauf que Lucy est secrètement amoureuse de Cole et se sent comme un chamallow tout mou dès que le garçon s'approche d'elle. Les festivités se poursuivent dans le chalet de Cole où leurs camarades se livrent à une débauche de plaisir et d'interdits à braver. Lucy prend des photos et des vidéos pour donner à Ellie l'illusion de participer à la fête... et puis la soirée dérape : un baiser échangé, une annonce surprenante, un téléphone égaré. Le lendemain matin, sur la page FB de Lucy Vacarro, défile l'étendue du carnage. Tout le lycée se retourne contre elle - Lucy est huée, vilipendée sur la place publique. Ses meilleures amies ne lui font plus confiance. Et Cole... fidèle soutien, à la rescousse. Ouf. Même si sa cote de popularité est au plus bas, Lucy se découvre une flopée de bons samaritains qui vont soutenir sa campagne de rédemption, tout en menant leur enquête pour démasquer l'instigateur du complot. 

Ce roman traite avec décalage du pouvoir de la Bête engendrée par Mark Zuckerberg - le pouls de nos jeunes lycéens bat au rythme des ragots et autres publications décadentes publiées par une prétendue Gossip Girl (cette Lady Blabla fait grand bruit mais occupe finalement une place minime dans l'intrigue). L'histoire montre surtout qu'on ne trahit jamais un groupe soudé par un accord tacite de complicité dans le crime. On boit, on couche, on trompe... mais ça reste entre nous. C'est donc loin d'être une lecture guindée, qui cherche à dénoncer une problématique et apporter des solutions peace & love. L'histoire est davantage farfelue, mêlant un humour sarcastique à des situations peu crédibles (la directrice qui se connecte elle-même sur sa page pour “liker” des petits chats adorables et des bébés gazouillants), avec aussi des créatures improbables comme le mystérieux Prince-Moucheté (WTF) et des anti-geeks radicaux (dont le combat ne soulève pas les foules). La tourmente de Lucy est rapidement tournée en dérision, d'où une sensation de lecture légère et assez superficielle, qui préfère envoyer des paillettes et des réparties rigolotes. Ce n'est pas désagréable à lire, pour qui espère un rendez-vous distrayant et comique, mais ça reste également assez sommaire et longuet. 

Nathan, Juin 2015 ♦ Traduit par Anne Guitton 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23/04/16

Nil, de Lynne Matson

Nil

« Nil, c'est cette fille qu'on repère au chalet après une journée entière de délire sur la neige, quand on plane de bonheur. Elle est jolie, super sexy. Cheveux longs, tenue moulante, un sourire d'enfer. Elle a un nom du genre... Mallory. Mais dès qu'on apprend à la connaître, la vérité vient nous déchirer les boyaux. La vérité, c'est qu'elle est cruelle. Sans cœur. Le genre de fille qui couche avec notre meilleur ami quand on a le dos tourné. Et quand le masque tombe, le glamour disparaît. Voilà, c'est ça, l'île de Nil. Une beauté à ne pas en croire ses yeux, jusqu'à ce qu'on voie à travers ce qu'elle est vraiment. »

Nil est un roman captivant, envoûtant, énigmatique et rondement passionnant. 

Tout démarre abruptement. Charley se trouve sur le parking du centre commercial, sous un soleil implacable et une chaleur intenable. La jeune fille fait un malaise et tombe dans les pommes. Au moment de se réveiller, c'est là que tout bascule. Elle se retrouve au beau milieu d'un désert de pierres rouges, seule au monde. Avec la sensation de figurer dans un épisode de la Quatrième Dimension. Où, pourquoi, comment... C'est le flou total et c'est franchement flippant. Une dizaine de jours plus tard, elle croise enfin d'autres jeunes de son âge, tous plongés dans la même galère, mais également mieux organisés et plus renseignés sur les mystères de cette île. C'est ainsi que Charley s'attache à la compagnie de Thad, le beau gosse attentionné, qui craque en douce pour la nouvelle, et de partir tous ensemble à l'aventure et à la découverte de cette étrange contrée, aussi inquiétante que belle et dangereuse. 

L'essentiel est donc planté, à vous maintenant d'en saisir l'essence ! Mais franchement, c'est un roman prenant et redoutablement efficace. L'histoire emprunte plusieurs influences - de Koh Lanta à la série Lost, du Labyrinthe de J. Dashner à Hunger Games 2 de S. Collins - ce n'est pas non plus strictement comparable, c'est juste une question d'ambiance et d'impression. Pour ma part, j'ai été immédiatement happée par l'atmosphère curieuse et impénétrable de Nil. On ne sait pas où on met les pieds, ni où on va, mais on suit la direction imposée et on a le cœur qui bat à cent à l'heure en s'imaginant des tas de possibilités et en craignant aussi les mauvaises surprises. J'ai été bonne cliente pour le coup et j'ai basculé dans l'univers de Nil avec un étonnement manifeste. Tout m'a clairement enthousiasmée : le décor et ses zones d'ombre, les personnages, l'action, le suspense, les secrets et les tendres émois. Tout a du bon, c'est parfaitement calibré, mélangé, dosé et ajusté pour plaire au plus grand nombre. Il me tarde de lire la suite, tant cette première immersion m'a carrément transportée. Je recommande, sans hésiter. ♥♥♥

PKJ, Février 2016 ♦ Traduit par Guillaume François 

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12/04/16

Paranoïa, de Melissa Bellevigne

Paranoïa

Judy vient d'être internée à l'institut St-Vincent, près de Paris. De composition fragile, la jeune fille enceinte met en danger sa grossesse en refusant de s'alimenter. Elle s'est enfermée dans sa bulle et repousse toute tentative d'approche par le personnel qui fait appel à Lisa Hernest, une psychiatre spécialisée dans les cas complexes. Celle-ci, à force de patience, parvient à rester à son chevet et calmer ses crises d'angoisse. Le résultat ne se fait pas attendre. Judy se sent en confiance et accepte de se livrer en lui racontant son incroyable histoire. Elle va notamment évoquer sa relation, troublante et fusionnelle, avec un certain Alwyn, qu'elle connaît depuis son enfance. Cet individu a aujourd'hui disparu de la circulation, ce qui plonge la jeune malade dans un profond désarroi. C'est pourtant avec lui qu'elle était partie en Angleterre, sur les traces des racines de sa famille, lancée sur un jeu de pistes plus ou moins obscur, avant de virer carrément glauque et effrayant. Elle en est d'ailleurs revenue complètement brisée et proche de la folie. Sensible à son témoignage, Lisa va sortir des clous et s'investir auprès de Judy comme rarement dans sa carrière, quitte à mettre en péril son propre couple, déjà coincé dans une impasse. Mais elle a la conviction d'avoir réussi à créer un lien avec sa patiente et continue à l'amadouer pour lui arracher ses dernières confidences, lesquelles, plus perturbantes les unes que les autres, viendront définitivement chambouler la lectrice délicate que je suis. ^-^

Quel singulier roman ! Lancé à la faveur d'une promo retentissante, il a atteint son objectif en titillant ma curiosité et en promettant des heures de lecture excitante. Je dois avouer qu'il démarre franchement très bien, il se lit vite et nous emporte dans un univers atypique et original dans lequel on prend plaisir à trouver ses marques. Il y a exprès un flou artistique pendant une bonne partie du roman, qui flirte entre le délire paranoïaque et le fantastique, un mélange un peu barge mais croustillant. Et puis, patatras, l'intrigue part en sucette et se disperse. Le changement de cap est assez brusque et guère plaisant. Le secret de Judy est dévoilé, mais provoque un sentiment de malaise. Le chassé-croisé avec les atermoiements de Lisa sonne creux et sans attrait. Et on finit de s'acheminer vers une issue assez vague et peu concluante. L'hécatombe. Ce premier roman est donc aussi maladroit et inabouti qu'un autre, qu'on soit une star du web ou pas, mais le style généreux et débordant d'enthousiasme de l'auteur donne matière à rebondir pour d'autres aventures. Je n'en doute pas. 

Hachette / Coll. Black Moon - Avril 2016

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

26/02/16

Nox L'intégrale, de Yves Grevet

Lecture du weekend, en édition collector ♥♥♥ 

IMG_5329

Petit rappel :

Une ville basse enveloppée d'un brouillard opaque, plongée dans l'obscurité.
Des hommes contraints de marcher sans cesse pour produire de la lumière.
Un héros qui se bat pour vivre auprès de celle qu'il aime.
Des amis d'enfance qui s'engagent dans des camps adverses.
Une jeune fille qui vit dans la lumière, à la recherche de la femme qui l'a élevée.

Syros / Octobre 2015 pour la présente édition

IMG_5330   IMG_5331

IMG_5332

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25/02/16

Naufragés, de Siobhan Curham

Naufragés

Grace vient de décrocher un job d'été et part un mois en tournée pour animer une croisière avec sept autres camarades de son académie de danse. La jeune fille, partagée entre l'excitation et la trouille, quitte le foyer maternel pour la première fois, mais se réjouit du temps qu'elle va passer avec son petit copain Todd et sa meilleure amie Jenna. L'ambiance est donc volubile et insouciante, durant la traversée pour rejoindre le paquebot à bord d'une navette. Et puis, catastrophe... Une tornade s'abat sur leur petite embarcation, qui échoue lamentablement sur une île déserte. Les esprits de nos jeunes gens s'échauffent, pris de court, paniqués et embarrassés face à cette situation de crise. Le jeune matelot, Yago, tente alors de les guider vers la plage pour établir un campement de fortune, en attendant d'organiser leur survie et envisager une solution pour quitter l'endroit au plus vite. De son côté, Grace est très sensible à l'ambiance suave de l'île et perçoit la présence d'une entité mystérieuse et inquiétante, qui tente de l'attirer vers la forêt. Cherchant à résister à cette emprise, la jeune fille finit par se confier à Yago, lequel en connaît un rayon sur les légendes des marins. Toute la bande est également interpellée par des signes préoccupants, comme la découverte d'un collier portant des signes cabalistiques, un crâne suspendu à un arbre, leurs affaires éparpillées sur le sable ou leur SOS bricolé de branchages complètement saccagé... La détresse gagne du terrain et la tension brûle entre eux. Des clans se forment, avec son lot de bisbilles, de crises de jalousie, d'accusations à tort et... de béguins naissants. Car rien ne va plus sur l'île, Grace, attiré par Yago, se tient à distance de Todd, qui se sent blessé et rejeté, alors que Jenna, lascive et méconnaissable, se rapproche de lui pour le consoler. Un vrai schmilblick.

Outre ce casting peu glorieux, car affreusement stéréotypé, de quoi rendre les personnages excessifs et peu attachants, l'histoire est quant à elle envoûtante et agréablement surprenante. Dès lors qu'on débarque sur l'île, son aura dangereuse et énigmatique nous happe littéralement. Et j'ai été absorbée par cette atmosphère à la Koh-lanta, par le contexte aventureux et excitant, qui rend cette lecture si grisante. Son rythme mélodieux et le charme vaudou de l'histoire finiront peut-être de vous convaincre. Deux autres livres doivent compléter cette nouvelle série ! 

Bayard / Février 2016

Traduit par Karine Suhard-Guié (Shipwrecked)