11/03/20

La Mémoire de Babel (La Passe-Miroir 3), de Christelle Dabos

La mémoire de BabelUn premier temps perplexe devant le changement d'univers et l'absence de personnages familiers, puis conquise par l'exotisme qui déferle pour enflammer notre imaginaire... j'ai donc dévoré ce troisième tome sans autre façon.
Non, il n'est pas parfait mais lui aussi fascine et nous entraîne dans son sillage avec une histoire épatante. Ophélie se fait désormais appeler Eulalie. Elle vient d'arriver à Babel pour retrouver Thorn. S'acclimatant tout doucement aux us et coutumes sur place, elle comprend qu'elle doit intégrer le Conservatoire pour devenir une Virtuose et accomplir sa quête. Or, son apprentissage ne se déroule pas sans heurt. Ses camarades lui en font baver, son aura intrigue et sa supérieure ne cache pas son ambition en voulant ternir sa crédibilité. La jeune fille est maintenant endurcie aux coups bas et les affronte avec stoïcisme car elle n'a plus de temps à perdre.
Quid de l'ancien intendant ? de l'ambassadeur ? de la filleule ? des ombres, de l'autre et de dieu ?
On avance, on avance.
Le talent de Christelle Dabos est remarquable : elle trace ses contours et ses lignes avec une méticulosité chirurgicale. C'est fin, très élégant, drôle aussi. On pourrait se lasser de l'air éberlué et des maladresses de l'héroïne, de ses sacrés coups de chance aussi, sans oublier l'emprise théologique sur l'histoire ou l'ébauche amoureuse balbutiante.
Mais j'aime tout, sans demi-mesure. Et je m'achemine sereinement vers le quatrième et dernier tome... gonflée de bonheur !

©2019 Editions Gallimard Jeunesse (P)2019 Editions Gallimard Jeunesse

J'ai complètement oublié mes réserves concernant Clotilde Seille, la lectrice pour la version audio de la saga !

En véritable conteuse, elle parvient à nous envelopper dans sa bulle et nous raconte les traditions, les interdits, les enjeux et les pièges que renferment les arches. Les personnages aussi s'en remettent à sa faculté de surprendre, de charmer et de dépasser les clichés.

J'aime le temps passé à écouter la série par ce biais : c'est une plongée étourdissante pour une expérience vraiment enrichissante.

⭐⭐⭐⭐.5


08/03/20

L'aube sera grandiose, d'Anne-Laure Bondoux

L'aube sera grandiose Audio

Titania entraîne sans prévenir sa fille Nine dans une petite cabane isolée au bord d'un lac. L'adolescente boude puis cède à la curiosité en écoutant sa mère lui confier son histoire familiale. Une grande première ! Car celle-ci remonte le temps, en plein cœur de l'été 1970, au cours duquel elle aussi a débarqué à bord d'une vieille bagnole avec ses frères et sa mère pour un nouveau départ. Rose-Aimée était coutumière des déménagements subits, des amants de passage et des secrets. Les enfants ont d'ailleurs grandi en ignorant tout de leur père mais ont développé entre eux un lien solide au fil du temps. Seule directive non négociable de Rose-Aimée : cacher l'existence de la cabane dans les bois. Ce soir, bien des années plus tard, l'heure des retrouvailles a sonné pour Titania... Quant à Nine, la nuit aussi s'annonce riche en révélations !

Mais quel beau roman ! J'ai coulé sec et adoré chaque seconde passée en compagnie de cette incroyable famille. J'ai aimé cette sensation de bulle qui s'installe, ambiance nocturne, la mère et la fille sont coupées du monde et discutent de longues heures. Moi aussi j'ai pris place dans leur cocon pour les écouter. Parfois l'adolescente s'impatiente et vitupère contre la Fée du Suspense qui confond sa vie et son métier d'écrivain. Chut, écoute la suite ! Et on replonge avec plaisir. On passe donc par un large panel d'émotions, toutes fortes et éclatantes, on fait le plein et on plane sur un petit nuage de bonheur. Moi qui craque pour les histoires de famille et de transmission, j'ai été comblée par cette lecture que j'ai quittée avec une pointe de tristesse. Oui, parce que j'en veux encore naturellement.

©2017 Editions Gallimard Jeunesse (P)2020 Editions Gallimard

La version audio est également une totale réussite : le personnage de Titania est interprété par deux comédiennes, pour distinguer le passé du présent. Une douce sensation de chaleur se dégage. Un vrai confort de lecture ! Bravo.

⭐⭐⭐

13/02/20

La Princesse de l'Automne (Shikanoko #2), de Lian Hearn

Aux sources du «Clan des Otoris»... Le deuxième livre de la nouvelle épopée fantastique de Lian Hearn.

A63825

Cette suite à L'enfant du Cerf est sans temps mort (un petit résumé ouvre le livre pour ceux qui ont la mémoire qui flanche). On retrouve donc Shikanoko en mauvaise posture : seul et abandonné dans la forêt. Il retrouvera néanmoins son vieux sorcier et la belle enchanteresse dont il recevra en mission la charge de son étrange progéniture.

Mais tout est lié. On se souvient d'une prémonition selon laquelle Shikanoko devait tuer les jeunes démons. Trop tard, le destin est enclenché. La Princesse de l'Automne a également scellé son sort : elle devait escorter le fils de l'empereur vers une cachette sûre, et puis son chemin a croisé celui de Shikanoko.

Les deux clans ennemis sont en guerre, les espions grouillent, les traîtres vont et viennent, les secrets sont dévoilés, les esprits rôdent et la vengeance s'arme de patience pour s'abattre sans pitié. C'est une lecture qui n'en finit pas de nous surprendre et de nous enchaîner à sa narration hypnotique et captivante.

Avec toujours le cœur battant la chamade et les yeux écarquillés de stupéfaction !

On passe à la suite sans attendre : L'Empereur Invisible

Gallimard jeunesse (2017) - traduit par Philippe Giraudon // Superbe couverture, illustrée par : Yuko Shimizu

⭐⭐⭐⭐ 

Posté par clarabel76 à 12:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11/02/20

L'Enfant du Cerf (Shikanoko, #1) par Lian Hearn

A58814C'est encore une immersion hallucinante que nous propose Lian Hean à travers cette série (en quatre tomes) qui s'inspire des grandes épopées guerrières du Japon médiéval. Comme souvent avec les romans japonais, les noms des personnages me freinent un peu pour me sentir à l'aise et naviguer à l'aveugle. J'ai besoin de temps pour m'acclimater et mémoriser la distribution.
Nous suivons donc le jeune Kazumaru, orphelin de père, condamné par son oncle, abandonné en pleine montagne où il rencontre un sorcier et reçoit un masque de cerf au pouvoir remarquable. Désormais Shikanoko (son nom adulte) voyage en compagnie d'un vieux sage et d'une belle enchanteresse qui fera tourner les sens du seigneur Kiyoyori. Lorsque son fils, le jeune Tsumaru, est enlevé, l'homme n'a plus trop le choix que de se rendre chez le prince abbé pour prêter allégeance. Une conspiration contre l'empereur gronde, mais Kiyoyori reste fidèle à ses valeurs.
Humm... en fait, c'est pratiquement mission impossible de présenter cet ouvrage car l'intrigue est nouée de mille nœuds qui cadenassent le plan de façon remarquable. Plus on progresse dans la lecture, plus les liens nous apparaissent et nous ébranlent.
Car c'est une sempiternelle histoire de pouvoir, de vengeance, d'amour et de jalousie. Une histoire avec des accents fantastiques car les bois sont hantés par des esprits, les personnages sont possédés et la magie circule dans l'air. C'est assez sombre aussi car les ambitions - et les passions - sont dévorantes. Je ne vous raconte pas la fin, mais j'étais sous le choc !
Impossible de ne pas ouvrir La Princesse de l'Autumne dans la foulée.

Gallimard jeunesse, 2017 

Couverture illustrée par : Yuko Shimizu

Traduit (anglais) par : Philippe Giraudon

Lian Hearn dévoile dans ce «prequel» les origines mythiques du «Clan des Otori». Elle nous plonge dans un monde envoûtant où se mêlent les aventures de samouraïs traditionnelles et une dimension surnaturelle d'une grande originalité.

⭐⭐⭐⭐

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

10/02/20

Le Matin de Neverworld, par Marisha Pessl

J01785Un an après la mort de son petit copain, Béatrice retourne dans la demeure de ses anciens amis (Whitley, Kipling, Cannon et Martha) pour une soirée d'anniversaire riche en émotions. Tous semblent avoir tiré un trait sur le passé et passent la nuit à faire la fête. Mais au réveil, ils réalisent qu'ils sont désormais bloqués dans le Neverworld, autrement dit un entre-deux entre la vie et la mort.
Un inconnu se présentant comme le Gardien leur explique qu'ils doivent voter. Voter quoi ? voter qui ? Le flou s'installe.
En fait ils doivent éclaircir la nuit du drame ayant entraîné la mort de Jim, le sixième membre du groupe. Tant qu'ils n'auront pas affronté cette vérité, ils continueront de vivre cette journée jusqu'au décompte final et leur jugement dernier.
Et voilà... ambiance vaporeuse, contexte étrange et insolite... j'ai coulé comme une masse dans cette histoire. Six étudiants d'une école privée prestigieuse, la plupart issus de familles riches et puissantes, vivent une amitié soudée mais la disparition de Jim va fragiliser cette union sacrée. Tous doivent désormais faire amende honorable et revenir sur cette nuit tragique. Non-dits, malentendus, alliances et tromperies... la contrainte du Neverworld est sans appel.
Cela se lit comme une intrigue à suspense, hypnotique et curieuse. À ceci s'ajoute une écriture d'une grande noblesse, un style pur et poétique que Marisha Pessl brode tout naturellement. C'est poignant ET fascinant.
J'ai été scotchée.

Gallimard jeunesse (2019) - Traduit par Laetitia Devaux

Psychologique, plein de tension et d'humour, profond et singulier, le premier roman pour jeunes adultes d'une star de la littérature américaine.

⭐⭐⭐.5

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


08/02/20

Endgame, Tome 1 : L'appel, de James Frey & Nils Johnson-Shelton

A66215Extraordinaire ! Vraiment. Mis de côté à sa sortie (à cause de son volume, oups), ce roman s'est miraculeusement rappelé à moi et s'est imposé en deux nuits blanches. Yep. À tous ceux qui aimeraient lire un roman type Hunger Games, je vous le dis, foncez.

Endgame, c'est un Jeu impitoyable qui vise la fin du Monde. Douze candidats, issus de peuples anciens, sont destinés à se défier. Leur but : décrocher trois Clefs et résoudre la Grande Énigme. Ils ont grandi dans l'attente de cet Appel. Armés d'une détermination farouche, ils disposent aussi de leur lourd héritage pour remporter la victoire (et assurer la survie de leur Lignée). Ils ne possèdent aucun pouvoir magique. Ils ne sont pas immortels. Seules les alliances pourraient les guider à déjouer les pièges... les alliances mais aussi les trahisons car dans Endgame tous les coups sont permis. Qui sera, sera.

Les auteurs nous mettent très vite dans l'ambiance : sans concession et d'une violence implacable. On fait un rapide tour d'horizon pour connaître les Candidats, dont Sarah (l'américaine à la vie ordinaire), Chiyoko (l'étrange japonaise qui ne parle pas), Jago (le mafioso péruvien), Baitsakhan (un môme psychotique), Maccabee (le millionnaire aguerri) ou Shari (une jeune femme pensive et réservée). Un casting assez riche et varié auquel on s'attache, on s'interroge, on doute. On n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs.
Car le rythme imposé est vif et ardent, du coup il faut mémoriser vite et bien les noms pour se lancer à fond dans le jeu. La lecture n'en est que plus intense et passionnante ! Ça cogne, ça explose, ça tranche... les joueurs se pourchassent et parcourent le globe à la recherche des indices. Ils piratent les réseaux, détournent des avions, espionnent et scellent des pactes qui seront brûlés sans état d'âme. Palsembleu ! ça dépote.
Moi j'ai tout gobé, tourné les pages comme une timbrée, tout lu avec des yeux hallucinés, eu mon petit cœur brisé à la fin et pesté contre la vie qui m'impose de dormir ou d'honorer une vie sociale (m'écarter de la suite... bouh quel déchirement !). Oui j'en suis là.
Accro, carrément.

Gallimard (2014) - Traduit par Jean Esch

Au-delà d'une lecture intense, ce livre cache dans ses pages une super-énigme composée de codes et indices imaginés par de grands cryptographes. Menez votre propre quête en tentant de la résoudre. Déchiffrez, décodez et interprétez. Le premier d'entre vous qui y parviendra gagnera une véritable fortune en pièces d'or.
> Pour participer sur https://keplerfuturistics.com/
> Lire les règles de la chasse au trésor Endgame sur www.endgamerules.com

En parallèle de cette quête, un jeu mobile novateur conçu par le laboratoire Niantic de Google permet de jouer à Endgame dans le monde réel, en choisissant une lignée et en affrontant d'autres joueurs.

⭐⭐⭐⭐.5

Posté par clarabel76 à 13:30:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

21/01/20

Lune de Sang (Nightshade #1), par Andrea Cremer

A63380Trilogie lue en une bouchée : c'était sympa de retrouver une lecture qui me ramène à l'ère Twilight ! Grosse bouffée de nostalgie en feuilletant les pages. Non, aucun vampire dans cette histoire. Place aux loups avec leurs traditions et leurs légendes améliorées.

Calla appartient à la meute des Nightshade. Comme tous les siens, elle a le pouvoir de se transformer en louve. C'est aussi une Alpha forte et rebelle qui remet en question son héritage après avoir rencontré (Shay) un garçon banal auprès duquel elle ressent des émotions nouvelles. Par contre, son destin est lié à (Ren) un autre Alpha qui ne cache pas son attirance, ses intentions, ses désirs etc. Oui, mon cœur a fait boum pour ce vilain garçon... alors que le choix de l'héroïne penchait pour l'autre prétendant. Bonjour les actes irréfléchis et les dérèglements hormonaux de notre girouette en puissance. Ça aussi, j'avais oublié !

Le dénouement de la série (dans Le duel des Alphas) m'a laissée dubitative. Je ne dis pas le contraire, c'est excitant, intense et parfois sexy. Sauf que, non...

Cette série a finalement le goût d'une madeleine de Proust. Ô douce nostalgie.

Gallimard Jeunesse / Collection : Pôle Fiction (2013)

Traduit par Julie Lopez

Une héroïne complexe, un univers captivant et du suspense...

Andrea Cremer tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page de sa trilogie.

C'est sombre, sensuel et vénéneux : terriblement envoûtant.

A63382  A66047

#guiltypleasure

Posté par clarabel76 à 19:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Prédestinée, par Teri Terry

PrédestinéeEncore une lecture qui m'a replongée dans des souvenirs ! ... Flashback 2013 avec la série « Effacée » : Kyra vient d'acquérir une mémoire toute neuve, suite à son opération ayant éradiqué les émotions superficielles. La pratique est courante et désormais il n'est pas rare de croiser des jeunes gens apaisés et au sourire niais. Dans le cas de Kyra, pourtant, l'effacement n'a pas été concret car l'adolescente conserve des réminiscences qui deviennent inquiétantes. Kyra prend en effet conscience d'être manipulée et se force à raviver des souvenirs enfouis pour reprendre le contrôle.

Le temps passe, les souvenirs s'estompent, les sentiments changent, les gens nous quittent, mais le cœur n'oublie jamais. Bref.

Le roman « Prédestinée » est donc le préquel de ladite série et nous explique les événements ayant entraîné cette politique autoritaire pour maîtriser la jeunesse britannique. Nous faisons ainsi connaissance avec Samantha, qui est la fille du Vice-Premier Ministre. Elle connaît depuis toujours la surprotection, le danger extérieur et les coups de force pour déstabiliser le gouvernement. Sa vision va évoluer au fil de ses discussions avec sa nouvelle tutrice, Ava. Et aussi parce qu'elle tombe amoureuse d'un garçon, Lucas, rencontré dans une galerie d'art.

L'atmosphère du roman est électrique... et surprenante : le Brexit est acté, le Royaume-Uni est en plein chaos, frontières fermées, manifestations interdites, crise sociale et grogne populaire. Les Angliches sont sur les nerfs ! En réponse, les mesures annoncées sont radicales et visent essentiellement la jeunesse en opérant une mainmise sur leurs outils de communication.

Au milieu, Sam se prend pour une Pasionaria : elle a seize ans, elle est exaltée, elle refuse les inégalités et rêve d'une société plus juste. Mais le roman est sans concession (et fait froid dans le dos). Sinistrement visionnaire ? Brrr. On n'ose y croire. En tout cas, il débarque en pleine actualité brûlante et fait beaucoup réfléchir. D'ailleurs, si ce roman met le feu aux poudres, la suite vaut vraiment le coup d'œil. Et je vous invite à plonger sans attendre dans Effacée !

La Martinière J. (2019) - Traduit par Maica Sanconie

⭐⭐⭐

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

18/01/20

Et le désert disparaîtra, de Marie Pavlenko

Et le désert disparaîtraSamaa a toujours connu le désert mais désire ardemment suivre les chasseurs de sa tribu (une mission exclusivement réservée aux hommes). Elle décide donc de s'éclipser en douce pour suivre la partie de chasse. Malheureusement son escapade tourne court : Samaa se perd, tombe dans une crevasse et se blesse.
Terrorisée, elle n'en est pas moins surprise de découvrir un filet d'eau et surtout un arbre immense. Le Graal des chasseurs qui cherchent justement du bois pour le vendre.
Les jours passent dans une morosité ambiante. Samaa rumine ses idées noires, revient sur son éducation, sur la place des femmes dans leur société, sur la nature en souffrance, sur les solutions à trouver pour guérir un monde exsangue.
Avec ses barres chocolatées pour seules provisions, elle calcule très scrupuleusement ses rations pour survivre le plus longtemps possible. Forcément, elle s'affaiblit et commence à confondre la réalité et les rêves...
Alors, c'est tout sauf une lecture renversante, une lecture menée à un train d'enfer ou une lecture enflammée dressant son héroïne contre l'ordre établi... disons plutôt que c'est simplement un appel à se poser un instant pour prendre le temps de réfléchir sur la vie, la nature, la planète, tout ça. Huis clos oblige, le roman s'enferme dans une atmosphère accablante et pleine d'amertume. Vision contemplative ou conte écologique... ce roman peut déjà rejoindre Céleste, ma planète sur vos étagères !

©2019 Éditions Flammarion (P)2019 Éditions Gallimard

Très, très jolie lecture faite par Delphine Cogniard : sa voix claire et limpide nous enveloppe et fait oublier la réalisation sonore inexistante (aucun fond musical). Pour d'autres, c'est apaisant car moins racoleur. Cette perspective se discute, mais dans le cas présent, cette absence de fioritures apporte sagesse, solennité, écoute et sérénité. J'ai bien aimé ! 

♪♫ Elle pleure, elle pleure, elle pleure ma planète !
Elle sent que sa fin est proche
Et ça la rend folle !
Dites-leur, dites-leur, dites-leur qu'ils sont fous !
La Terre en a ras le bol un point c'est tout ! ♫♪

 

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16/01/20

Thornhill, par Pam Smy

THORNHILLDeux histoires et un seul mystère autour de Thornhill, une vieille bâtisse d'aspect gothique.
En 1982, Mary y séjourne en tant que pensionnaire, sans famille, attendant une éventuelle adoption. Mais la jeune fille est mutique. Solitaire, elle se cloître souvent dans sa chambre et vit entourée de ses livres et ses poupées.
Des années après, en 2017, Ella emménage dans la maison voisine de cet institut abandonné. Elle retrouve le journal de Mary et découvre son histoire bouleversante : harcelée par une camarade, incomprise et poussée à bout...
Ella est profondément chamboulée par sa lecture, qui a un écho tout particulier en elle car la jeune fille se sent délaissée depuis la mort de sa mère et les absences répétées de son père. Son seul passe-temps consiste à fouiller les ruines de Thornhill et récupérer des petits trésors, comme des poupées en miettes, auxquelles elle donne une seconde jeunesse.
J'ai été littéralement happée par ce gros roman qui offre mille possibilités d'évasion : son esthétisme austère, sa couverture cartonnée, ses nombreuses illustrations en noir et blanc, son parfum d'interdit, son intrigue entremêlant passé et présent, ses fantômes et ses secrets qui hantent le récit... C'est carrément flippant. La chute est d'ailleurs rude, abrupte mais remarquable.
Vraiment, cette lecture nous glace le sang dans les veines. Et on se surprend à la fin de relâcher la pression tant on a retenu son souffle tout du long (inconsciemment). Cette belle brique noire - telle qu'elle se présente - est un petit bijou. Un objet fascinant pour une plongée terrifiante dans un univers très énigmatique. Totale réussite !

Rouergue (2019) - Traduit par Julia Kerninon

Dans la lignée des romans de Brian Selznick, encensé par Philip Pullman, le premier roman graphique de Pam Smy est un petit bijou gothique.

En savoir + : 

Teaser

 

Présentation de l'auteure et de son travail

 

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,