08/06/18

L'attentat de Lancaster Gate, d'Anne Perry

l'attentat de lancaster gate

Une bombe vient d'exploser dans une maison de Lancaster Gate, faisant cinq victimes parmi les rangs de la police. Les premiers soupçons de l'enquête se focalisent sur les anarchistes, mais Thomas Pitt, commandant de la Special Branch, découvre au gré des témoignages que les agents auraient été piégés et envoyés dans un guet-apens. Un suspect sort rapidement du lot, seulement son identité doit demeurer secrète pour ne pas compromettre les négociations en cours entre le gouvernement et la Chine. Autre cas de conscience pour Thomas Pitt, il doit convaincre son ancien sergent, Tellman, de fouiller dans les archives de ses confrères pour vérifier si une possible erreur judiciaire, avec corruption passive, est à déplorer. 

Ambiance tendue et délétère dans ce 31ème épisode ! Les copains d'hier font grise mine et sont contraints à une posture désobligeante. De son côté, Anne Perry avance à pas mesurés pour déployer les ficelles de son intrigue (minutieuse) où l'on constate que les personnages sont tous mis à mal et pataugent dans un contexte particulièrement difficile. C'est une lecture qui ne manque ni de charme ni de raffinement. J'ai ainsi pris plaisir à retrouver Charlotte, sa sœur Emily, leur tante Vespasia ou Gracie Phipps autour d'un feu de cheminée, d'une tassé de thé ou dans un salon cossu. Cela pantoufle pas mal aussi mais il faut dire que tous les couples sont casés, plus besoin de s'attendre à de grands chamboulements, encore moins depuis que l'auteur a franchi le cap des 30 épisodes. En fait, Anne Perry ne me surprend plus mais bichonne tendrement ma fibre nostalgique (j'ai tellement vibré au rythme des premières enquêtes de Thomas et sa suffragette d'épouse). Désormais ses romans deviennent trop longs, avec des enquêtes qui se bouclent sans esbroufe, et se perdent parfois dans des atermoiements ronflants. Dans cet épisode, j'ai apprécié le procès final, sa mise en scène et ses révélations retentissantes. Ce dénouement a su me tirer de ma torpeur et me tenir en haleine jusqu'au tout dernier point ! Rien que pour ça, c'est déjà pas mal.

On reste dans une lecture audio impeccable, orchestrée par les éditions Thélème et lue par Frédérique Dufour. C'est lisse, sans chichis inutiles et d'une très grande sobriété. Je reste cependant sceptique quand au choix de proposer les derniers titres de la série. À quand le tout premier tome, L'Étrangleur de Cater Street ? Un peu d'ordre, maintenant !

©2017 Éditions 10/18, département Univers Poche. Traduction de Forence Bertrand

(P)2018 Éditions Thélème. Durée : 9h 53

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19/03/18

Un traître à Kensington Palace, d'Anne Perry

UN TRAÎTRE À KENSINGTON PALACEJ'aime beaucoup Anne Perry - dont je lis sans déroger toutes les parutions spéciales pour les fêtes de Noël - par contre j'ai accusé beaucoup de retard dans sa célèbre série du couple Charlotte et Thomas Pitt, dont voici le 32ème volume ! Ahem. Je tiens donc à saluer l'initiative des éditions Thélème qui proposent la version audio du titre. Pourquoi celui-ci, et pas le tout premier - L'étrangleur de Cater Street ? J'avoue que cela m'échappe, mais je n'ai pourtant pas boudé mon plaisir. Si je peux enfin recoller les wagons éparpillés et suivre cette série par livre audio, ce serait pour moi une formidable aubaine ! Un autre titre est d'ailleurs annoncé pour avril 2018, soit L'attentat de Lancaster Gate (n°31), qui confirme le choix de publier la série à rebours. Un détail discutable, malgré tout.

La vie de Thomas Pitt a grandement évolué depuis ses débuts dans L'étrangleur de Cater Street, et près de vingt ans ont passé quand on le retrouve dans Un traître à Kensington Palace ! Marquée par son veuvage et la vieillesse, la Reine Victoria convoque Thomas dans ses appartements privés pour évoquer la mort de son ami John Halbert, dont le corps a été repêché dans la Serpentine. Si l'enquête policière a conclu à une noyade accidentelle, la Reine souhaite en avoir le cœur net et demande à Pitt de dissiper ses soupçons. Ses rapports avec son fils Edouard ne sont pas au beau fixe, le Prince semblant s'attirer des amitiés à controverse, il revient à Thomas d'enquêter en toute discrétion pour éviter l'incident diplomatique. La mission est tendue, car Thomas est livré à lui-même et ne peut se confier à personne. Son épouse Charlotte ressent toute sa frustration mais va parvenir, avec sa vivacité légendaire et la complicité de sa sœur Emily, à aiguiller habilement les démarches de son mari.

L'intrigue policière est basique, on suit un Thomas Pitt confronté à sa conscience et forcé d'éprouver les limites de sa loyauté, d'où ce sentiment d'un homme tiraillé tout au long de son affaire, mais l'évasion historique est irréprochable (l'époque victorienne et son tableau sociétal). C'est la grande force de la série, en plus des personnages et de la satisfaction de les retrouver, livre après livre. La lecture audio faite par Frédérique Dufour pour les éd. Thélème est sobre et épurée (sans réalisation sonore). Cela peut déconcerter au début - le texte est livré dans son jus, sans artifice. La simplicité a du bon aussi !

10/18 Collection Grands Détectives (2017) / traduit par Florence Bertrand

(P)2016 Éditions Thélème. Lu par Frédérique Dufour. Durée : 9h env. -- Téléchargeable sur Audible

Couverture de Un traître à Kensington Palace

 

Le mot de l'auteur 

La série Pitt démarre en 1879 – le décor idéal d’un roman policier. Entre faste et misère, optimisme et désespoir, rien n’est plus romanesque que ces somptueux costumes, l’éclairage au gaz, les fiacres ou des empreintes dans la brume… Et puis, l’envie, la crainte, l’espérance, la disgrâce et l’avidité restent entièrement semblables hier ou aujourd’hui. Comme, malheureusement, les maux de cette société victorienne. Avec la famille Pitt nous explorons autant la pittoresque histoire de Londres que les vies singulières, les liens, ou encore les triomphes et les désastres de ses membres.

ANNE PERRY

31/12/16

Le petit Lord Fauntleroy, de Frances H. Burnett : lu par Valérie Lesort

J'avais vu durant mon enfance le téléfilm réalisé par Jack Gold, avec Ricky Schroder et Alec Guinness dans les rôles de Cédric et son grand-père, ainsi que le dessin animé japonais, une version adorable du petit Lord Fauntleroy, mais je n'avais jamais lu le roman de Frances H. Burnett jusqu'à présent. Cet oubli est enfin réparé ! Et quel délice.  

Le petit Lord Fauntleroy CD

Cédric Errol a grandi heureux et insouciant à New York, sans se douter de l'existence de son grand-père anglais, le riche comte de Dorincourt, qui s'est fâché avec son fils. Peu après la mort de celui-ci, le vieil homme invite le garçon à le rejoindre pour hériter de son titre. Ce changement de vie ne va nullement perturber l'enfant ni altérer sa nature placide et généreuse. Car Cédric est aussi charmant que foncièrement bon. Il ne voit que le bien et est persuadé d'avoir un grand-père extraordinaire. Il est certes un peu contrarié de ne pas vivre sous le même toit que sa mère mais se console en lui rendant visite chaque jour à dos de cheval. Cédric ignore toute la vérité sur son grand-père : ce dernier n'a jamais accepté le mariage de son fils avec une américaine et la traite sans complaisance. C'est un homme froid et redouté dans toute la campagne environnante. Pourtant, au fil des jours, la vie auprès de Cédric va transformer cet homme acariâtre en un être sensible et bienveillant ! Ce classique de la littérature anglaise est une lecture onctueuse et sans aucune mièvrerie. Je le dis haut et fort. En cette saison doucereuse, qui me pousse à me gaver de sucreries, je ne pouvais que succomber à cette histoire improbable d'une amitié naissante entre un jeune garçon au cœur pur et son terrible grand-père constamment renfrogné. Tout n'est que bonté, amour et attendrissement, dans cette complicité sincère et touchante. Le cynisme est exclu. Et quel bonheur. Je termine mon année de lectrice sur une note de légèreté, de tendresse & de paix dans le monde ! 

Texte intégral lu par Valérie Lesort pour les Éditions Thélème (Durée : 4 h 29)

Téléchargement disponible sur Audible ** Promotions de Noël sur les titres enfants ** 

 

Collection : Folio Junior N°116 

Le petit Lord Fauntleroy

Illustrations : Charlotte Voake

Traduction : Charlotte et Marie-Louise Pressoir

 

19/12/16

Les Quatre filles du Dr March, de Louisa May Alcott : lu par Françoise Gillard

Cette relecture embaume l'enfance, la nostalgie, la douceur et la félicité. J'ai tout bonnement adoré ! Texte lu par Françoise Gillard qui propose une interprétation enjouée, aux accents mutins, très appréciable.

LES QUATRE FILLES DU DR

En cette veille de Noël, Meg, Jo, Beth et Amy se lamentent de célébrer les fêtes sans les flonflons habituels. Il y a d'abord la guerre, puis l'absence de leur père, qui les contraint de revoir leur train de vie, mais leur nature pleine d'abnégation supplante bien évidemment les plaintes pour la forme. Et de fait, elles n'hésitent pas à subvenir aux besoins des plus démunis, comme partager leur délicieux petit-déjeuner en offrant leurs brioches et autres friandises dans la joie et la bonne humeur. Cette belle harmonie familiale ne peut qu'interpeller leur jeune voisin, Laurie, qui vient de s'installer chez son grand-père M. Laurence et regarde souvent avec envie le manège des filles. Jo va ainsi le tirer de sa solitude et faire de lui son meilleur ami inséparable. Ensemble, ils partageront les premiers bals dans la bonne société, se cacheront derrière les tentures pour masquer une toilette défraîchie ou tromper une timidité maladive, ils se lanceront également sur le lac gelé avec leurs patins, partageront les confidences et effaceront d'un coup d'éponge les bouderies passagères. Toutefois, l'essence même du livre revient à la famille March, aux liens inextinguibles entre les sœurs, à leurs tempéraments distincts et colorés qui constituent néanmoins un ensemble cohérent et très attachant. Meg, l'aînée, est l'âme romantique, Jo le garçon manqué, Beth la fleur fragile et Amy le bébé capricieux. Avec leur maman, qu'elles soutiennent et qu'elles admirent, les quatre filles March vont contre vents et marées dans une existence perturbée par la guerre, la maladie, la pauvreté et la vieille tante March acariâtre. On passe ainsi une année chaleureuse, entre grands bonheurs et petites déceptions, à partager les rires et les pleurs de cette famille aux valeurs pieuses et apaisantes. C'est assez décalé avec notre époque, et à moins d'avoir une âme cynique irrécupérable, on ne se délecte pas moins de cet esprit délicieusement mièvre et onctueux. Une lecture adorable, parfaite pour la saison. 

Lu par Françoise Gillard pour les Éditions Thélème - Durée : 4 h 15 min (Version intégrale)

©1996 Nathan (P)2008 Éditions Thélème

Téléchargement disponible sur Audible

 

HARDCOVER BOOK PUBLISHED BY PUFFIN IN BLOOM WITH MATCHING BOOKMARK

Little Women Hardcover Book Published By Puffin in Bloom with Matching Bookmark

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15/12/15

Une part de ciel, de Claudie Gallay

Une Part de Ciel Babel

Pour tout avouer, j'ai choisi d'écouter le livre audio (texte lu par Pauline Huruguen pour les éditions Thélème) mais j'ai d'abord grimacé en entendant la voix de la comédienne qui ne m'inspirait qu'un profond ennui. (En plus de constater qu'il y a une totale absence de réalisation sonore, avec un enregistrement trop bas pour ma station d'accueil, poussée à plein volume, la lecture est quasi inaudible en faisant le brushing du matin.) Cette déconvenue réglée, j'ai fini par m'habituer et j'ai réussi à trouver un certain confort dans cette histoire assez banale, mais qui dégage charme et quiétude, tout en collant pile poil à l'atmosphère de saison. 

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne la vallée de la Maurienne où son père Curtil lui a fixé rendez-vous. Celui-ci étant en retard, Carole s'installe dans un gîte et décide de l'attendre. Une routine s'établit rapidement, elle traduit un bouquin sur Christo, prend ses repas chez Francky, papote avec son frère Philippe, donne un coup de main à sa sœur Gaby, qui survit dans un bungalow truffé de courants d'air, évoque Balzac avec la jolie Môme, flirte avec Jean de la scierie, ressasse le bon vieux temps avec Sam, récure les gamelles du chenil de la Baronne... Les jours passent, sans plus donner de nouvelles de Curtil. Le temps est gris, froid, hivernal. Ce retour aux sources évoque aussi pour Carole son enfance, la maison qui a pris feu et leur mère forcée de sauver ses enfants, pardon, de choisir lequel de ses enfants sortir en premier. Un geste qui a longtemps hanté Carole, qui ne cesse de se sentir coupable d'avoir été élue au détriment de sa sœur, aujourd'hui malade, affaiblie, traînant une vie de misère.

Malgré un style remarquable, la narration est lente, longue et s'enfonce dans la monotonie et la langueur. Sans oublier que le cadre dans lequel est plantée l'histoire est d'une tristesse à pleurer. C'est déconcertant de se dire que, même si j'ai dévoré ce bouquin, apprécié l'idée et le contexte, il n'a pas réussi à m'enchanter pleinement. 

Actes Sud, Août 2013 ♦ Babel, Octobre 2014 ♦ éditions Thélème, Janvier 2014

Une Part de Ciel Theleme

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15/04/14

La maison d'à côté, de Lisa Gardner

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Une nuit dans sa grande maison, Sandra Jones attend le retour de son mari, retenu par son boulot, leur petite fille endormie dans la chambre d'à côté. Mais la jeune femme va disparaître, sans laisser le moindre indice. Au lieu d'alerter immédiatement la police, d'interroger l'entourage, de manifester une sincère compassion, l'homme se comporte d'une façon qui va interpeller le commandant D.D. Warren chargée de l'enquête.

La suite, toutefois, ne sera qu'un condensé de promesses voilées : action fouillée, mais lente, suspense d'ordre psychologique, tension perceptible, sans être renversante, des personnages au passé trouble et inquiétant, sauf qu'ils ne suscitent aucune empathie. Pourtant, l'auteur ne ménage pas sa peine à vouloir brouiller les pistes pour tenir en éveil l'intérêt du lecteur... malgré tout, la sauce ne prend pas. J'avais misé gros sur la découverte de Lisa Gardner, en choisissant ce titre récompensé par le Grand Prix des Lectrices Elle, mais au final j'ai trouvé l'intrigue convenue, engourdie et sans effet de surprise. Une déception, pour ma part.

Le Livre de Poche, septembre 2012 ♦ traduit par Cécile Déniard pour les éditions Albin Michel ♦ éditions Thélème, février 2011 - texte intégral lu par Élodie Huber (durée : 12h 15)

Lecture papier en parallèle avec l'écoute du cd des éditions Thélème, que je découvre pour l'occasion. Très belle voix d'Élodie Huber, interprétation agréable et distrayante, mais réalisation sonore inexistante, aucune indication du changement de chapitre, un assemblage curieux, qui me laisse très franchement perplexe.