20/04/18

Sale temps pour les sorcières (Agatha Raisin enquête 9) de M. C. Beaton

Agatha Raisin sale temps pour les sorcièresLes tomes s'enchaînent, comme les déboires, pour Agatha Raisin !
Après les émotions fortes subies dans Coiffeur pour dames, Agatha est partie se consoler dans un hôtel de bord de mer, à Wyckhadden, où elle trompe son ennui en se joignant à une bande de retraités fondus de Scrabble. En discutant ci et là de ses problèmes capillaires, elle se voit conseiller de consulter la sorcière locale, Francie Juddle, dont la réputation n'est plus à faire en matière de décoctions miraculeuses.
Agatha est excitée et ne résiste pas à la tentation en achetant un philtre d'amour ! Ses pensées volent toujours vers James Lacey... soupirs, soupirs... seulement notre anglaise vient de rencontrer un inspecteur de police, Jimmy Jessop, loin d'être insensible à son charme. Partout où Mrs Raisin passe, les cœurs battent la chamade et les victimes se comptent à la pelle.
En effet, alors que la petite ville de Wyckhadden ronronnait paisiblement dans son coin, l'arrivée de notre détective amateur va semer la zizanie. Seuls ses nouveaux amis du Garden Hotel restent imperturbables et ne dérogent nullement à leurs rituels - repas, promenade, bal sur la jetée et jeux de société.
Ce 9ème épisode est absolument sensationnel et figure parmi mes préférés de la série ! Le changement de décor ne pénalise en rien la bonne ambiance (pourtant, j'adore Carsely & le charme des Cotswolds), les personnages sont aussi facétieux et Agatha ne cesse d'être surprenante.
Ses péripéties sont toujours piquantes - entre sa quête d'amour et son besoin de fourrer son nez dans les affaires des autres. En bref, on ne s'ennuie pas un instant. C'est une lecture pleine de peps et de sourires. Une série divertissante & un rendez-vous (pour moi) incontournable. 

©1999 / 2018 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Amélie Juste-Thomas
Original Title : Agatha Raisin and the Witch of Wyckhadden

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière (durée : 6h env.)

Série : Agatha Raisin enquête, livre audio 9

 


19/04/18

Les Misérables, de Victor Hugo

Édition abrégée, lue par Philippe Sollier.

les miserablesUne hérésie aux yeux de certains, un compromis pour d'autres... Cette édition abrégée peut diviser, pour ma part j'ai choisi mon camp - quelques 7 heures d'écoute contre 56 heures en version intégrale. Amen. Mais il n'est pas dit que je n'y reviendrai pas un jour ou l'autre !
Cette édition est avant tout une invitation au public jeunesse à s'imprégner d'un grand classique, d'en picorer l'essence et d'en savourer la flamboyance. En bref, se réconcilier avec les œuvres intemporelles. Ces dernières sont souvent le fruit de lectures contraintes, de mauvais souvenirs scolaires, de monuments impénétrables et d'auras interdites. 
Il est bon de dépoussiérer tout ça et de faire sa propre expérience... petit bout par petit bout. D'où cette lecture par Philippe Sollier dont la voix énergique et caressante nous embarque dans cette fresque romanesque aux côtés de Jean Valjean.

Ancien forçat, celui-ci voit sans cesse son passé le rattraper et doit à une rencontre providentielle sa résolution de devenir un homme bon et pieux. Il va ainsi disparaître quelques années, prendre une nouvelle identité (M. Madeleine) et se bâtir une existence prospère à Montreuil-sur-mer.
Jean Valjean a opéré une totale rédemption. Il est désormais un homme respecté quand il croise la malheureuse Fantine, puis l'inspecteur Javert, mais comprend que son sort est jeté. Il doit de nouveau s'enfuir et se cache dans un couvent à Paris, non sans avoir tenu sa promesse en tirant la petite Cosette des griffes des Thénardier... L'homme et la fillette vont ainsi vivre à l'abri du monde et prennent le nom d'emprunt de Fauchelevent.
Pendant ce temps, Marius fait son apparition. Fougueux et idéaliste, ce fils de la bourgeoisie rompt avec son milieu pour rejoindre un groupe de révolutionnaires. Il roule dans la misère, croise une jolie demoiselle au jardin du Luxembourg, tombe fou amoureux et sombre dans le désespoir après le départ de sa dulcinée. L'âme en peine, il rejoint les barricades et livre une farouche résistance aux côtés de ses camarades.

La littérature contemporaine est, par comparaison, bien pâlichonne quand on ressort de cette lecture ! L'histoire est en effet captivante - même si elle a été tronquée, ne respectant plus le travail de l'auteur, dont on cherche à bâillonner la pensée, diront les plus récalcitrants. Et blablabla. Fin du débat.
Cette version abrégée n'enlève rien du génie. De la perspective d'une épopée grandiose. De la sensation grisante de plonger dans une ambiance électrique. De vivre une quinzaine d'années auprès de personnages mémorables. De s'attacher à leurs parcours, leurs amours et leurs drames.
On aime, on déteste. Je trouve que cette édition est pleine de mérite et offre une vision exaltante du courant romantique du XIXe siècle. C'est un premier pas vers une arène plus grande, plus riche, plus foisonnante...“Il faut de l'inutile dans le bonheur. Le bonheur, ce n'est que le nécessaire.”

 

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Philippe Sollier en 7h 42.

Les cinq volumes des Misérables bénéficient également d'un enregistrement exceptionnel prodigué par les éditions Thélème. Texte lu par Michel VuillermozÉlodie HuberPierre-François Garel,Louis ArèneMathurin Voltz

 

« Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre. »

 

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17/04/18

Claudine à l'école, par Lucie Durbiano

D'après le roman de Colette
Couleurs de Jeanne Balas et Lucie Durbiano

Claudine à l'école

Dès l'annonce de la parution du projet, je savais que cela allait être un coup de cœur ! Quand l'univers de Colette, avec son héroïne Claudine, rencontre la tendresse malicieuse de Lucie Durbiano, forcément le résultat fait boum.

La lecture nous fait voyager dans le temps - campagne bourguignonne, en 1900 - Claudine a quinze ans et fréquente la petite école de Montigny. L'ambiance est frivole, joyeuse, coquine et insouciante... même si les filles doivent passer le brevet en fin d'année et s'appliquer à ne pas décevoir leur responsable, la rousse Mlle Sergent, qui ne rigole pas avec la discipline. Les adolescentes chahutent et se taquinent, font des yeux de biche à l'approche des garçons, se trémoussent et gloussent. C'est charmant et follement désuet. On craque pour la personnalité polissonne de Claudine, pour son esprit libre et sans concession. Ainsi, elle s'éprend de la nouvelle institutrice, prend la mouche dès que celle-ci devient trop cruche, ne supporte plus les manières obséquieuses du médecin trop pressant et ricane de vanité en apprenant que le professeur de musique en pince pour elle !

Cette bande dessinée m'a donné envie de replonger dans l'œuvre de Colette. Outre l'élégance et l'humour dans son histoire simple, on y respire le parfum de l'enfance, la nostalgie d'une époque surannée et le tabou des amours chuchotées. J'ai beaucoup aimé la subtilité de l'intrigue, où les indices et non-dits sont glissés avec délicatesse. Suggérer sans jamais dévoiler, en gros. C'est beau, c'est intelligent, c'est frais. Difficile de quitter cette école de jeunes filles devenue le théâtre d'une comédie légère et pétillante ! J'ai adoré. ♥

Gallimard Bande Dessinée coll. Fétiche / 2018

 

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15/04/18

Pêle-Mêle : Regarde ! - Petra - Bonjour printemps - Lison à la campagne - Mon extraordinaire Mamie Z

regarde

Bim bam boum ! La belle saison entre dans nos bibliothèques, avec ce bel album de Corinne Dreyfuss qui invite le jeune lecteur à explorer le jardin, les fourmis cachées dans l'herbe, la terre qu'on mouille après avoir semé des graines, les fleurs et les fruits à foison...

Le tableau est magnifique ! Et chaque page est une invitation à tendre l'oreille, à poser ses yeux sur un détail, à dénicher les petites bestioles, à écouter la nature et mieux la comprendre. Un mot : superbe !

Cet album aux consignes interactives est un enchantement du début à la fin : les illustrations sont lumineuses, la mise en scène spectaculaire, les indications sont ludiques et facétieuses. En somme, l'attention de l'enfant est maintenue en éveil, et son plaisir jamais émoussé !

Élégant, poétique, drôle & chaleureux.
Un cartonné qui cartonne (huhu). ☺

 

Regarde ! de Corinne Dreyfuss

seuil jeunesse, 2018

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petraDeuxième gros coup de cœur ! 

Petra est un joli petit caillou qui a pleinement conscience de sa place dans le monde... Or, le monde semble l'ignorer. Non, ce n'est pas un banal petit caillou. Il faut voir au-delà des apparences et croire à son potentiel extraordinaire.

Petra peut devenir un œuf prêt à éclore, une île paradisiaque ou un éléphant bleu absolument cocasse ! Et c'est radical : on sourit, on glousse, on s'esclaffe.

Cette lecture est TOP ! J'ai adoré ses couleurs pastel, son humour, sa poésie, son  imagination, son histoire pleine de rebondissements, ses illustrations et sa fraîcheur. C'est excellent.

Où l'on se rappelle aussi qu'il faut toujours regarder le monde avec des yeux d'enfant ou des yeux de poète. C'est sublime ! ♥

Petra, de Marianna Coppo

seuil jeunesse, 2018

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bonjour printemps

Imaginez une maison se métamorphoser un matin de printemps... Des bourgeons vont apparaître, la sève va couler des parquets et des murs. Des branches et des fleurs surgissent ci et là. La maison n'en finit plus de pousser !

Et la vie aussi est en plein changement, avec de nouveaux voisins, de nouveaux meubles, des ventres tout ronds, des bras et des jambes qui grandissent, des cauchemars qui vont jaillir en pleine nuit puis être chassés par des paroles réconfortantes... 

Tout est doux, chaleureux, bucolique et bienveillant dans cet album. Son histoire évoque avec tendresse les grands bouleversements de la vie, comme la naissance d'un nouveau bébé dans la famille.

Les illustrations de Fleur Oury inspirent également beaucoup d'admiration et mettent du baume au cœur.  

Bonjour printemps, de Didier Lévy & Fleur Oury

seuil jeunesse, 2018

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lison à la campagneLison est de retour ! Après Les nuits de Lison & La rentrée de Lison, direction la verte campagne où la fillette passe ses vacances en famille. Pour la jeune citadine, c'est l'occasion de découvrir le calme, le silence, le chant du coq, les cabanes dans les bois, les insectes, en bref le retour à une vie sereine et pure. Forcément, sous la plume d'André Bouchard, chaque anecdote ne manque pas d'humour ou de grain de malice. Et c'est savoureux ! Cela se lit comme une petite bande dessinée (format à l'italienne) avec quinze strips débordants de peps et de burlesque. C'est franchement désopilant. La série se bonifie en optant pour cette voie fantasque ! J'aime beaucoup. ☺

Lison à la campagne, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2018

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Mon extraordinaire mamie z

Albert a toujours rêvé d'un anniversaire qui change de sa routine, mais ses parents trop conventionnels n'aiment pas bousculer leurs habitudes. 

De dépit, l'enfant se contente d'imaginer une part de gâteau marbré, parfum choco-cerise, avec une bougie imaginaire sur laquelle il soufflerait pour faire un vœu.

Et là, Mamie Z débarque avec sa folie douce et ses aventures en bandoulière. En route pour une journée extraordinaire...

Quelle lecture ébouriffante ! Chaque page est un festival de couleurs et de scènes exubérantes. C'est fascinant. L'album bouillonne d'envies et de lubies, en gros c'est éclatant et vivifiant. Encore une bonne pioche. ☺

Mon extraordinaire Mamie Z, de Daniel Gray-Barnett

seuil jeunesse, 2018

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21/03/18

Trois baisers, de Katherine Pancol

Trois baisersBim bam boum, ils sont de retour ! Ils s'étalent sur 845 pages, prennent leurs aises pendant 20 heures, se livrent et se confessent, jouent, trichent et s'éparpillent... Les Plissonnier-Cortès, Valenti, Grobz, Courtois, Dupin et compagnie nous font tourner la tête et toujours battre le cœur, au cours d'une lecture passionnante et ô combien réconfortante.

Cela ressemble à une réunion familiale au sommet. Une convocation générale pour prendre des nouvelles des uns et des autres - Hortense prépare sa première grande collection avec un défilé sensationnel au Plaza, comprend la notion de désir dans un escalier du Fouquet's et harcèle Junior de questions sur son grand peut-être, Zoé s'interroge sur son avenir, carmélite ou actionnaire, elle chancèle, le cœur palpitant, comme sa maman Joséphine, qui panique de n'être plus aimée, éternellement sotte et fragile, Gary arpente les trottoirs de New York et est sidéré face à un vin français, foudroyé par la révélation, Calypso s'endort pour cent ans, Stella retrousse ses manches, lave à coup de javel les souvenirs meurtris, Adrian rêve en grand, Tom tombe amoureux, Ray Valenti brille de mille feux, Fernande s'envole pour Mexico, Henriette et Elena font des affaires...

En gros, les histoires se nouent, s'emmêlent, se tendent et éclatent dans un joyeux bordel. Ça fait des étincelles et ça crépite ! La communion est sacrée. Ce que le public ressent est lié à ce que vivent les personnages. Les espoirs, les envies, les doutes, les peurs, les sombres pensées. On partage tout, on rit, on tremble, on pleurniche, on hurle, on inspire, on cherche le staccato, on gratte les tickets de tombola, on regarde les Oscars à la télé, on reçoit des trempes, on se rebiffe, on ouvre des livres, on fait ses courses, on danse sur du Cloclo. C'est tout bon. Pas forcément intense et palpitant. Mais on se sent bien. Et puis, on a clairement nos préférences (Hortense ! Gary !), nos attentes et nos impatiences, on relève les transitions, les creux, les flous, les fièvres (euh... Junior ? du grand d'importe quoi !). On a conscience que le gros navire, parfois, tangue et s'égare, tout en adoptant un rythme de croisière agréable et délassant. En tout cas, j'ai pris place à bord, en frétillant de bonheur, et j'ai beaucoup aimé mon voyage !

Marie Ève Dufresne est également indissociable à mon plaisir de lecture. Son interprétation est impeccable, élégante, mesurée et enveloppante. J'aime infiniment. Sa voix fait aussi partie du succès de la saga - un rendez-vous incontournable avec mon autre tribu, une famille de papier où toutes les personnalités s'incarnent et forment un ensemble attachant. C'est difficile de les abandonner ! ☺

©2017 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib (durée : 20h env.)

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« Partons dans un baiser pour un monde inconnu. » Alfred de Musset

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12/03/18

Une fille au manteau bleu, de Monica Hesse

A66845Gros coup de cœur pour ce roman ! L'histoire se passe à Amsterdam, en 1943. Alors que les soldats allemands patrouillent en ville, la jeune Hanneke file sur son vélo en toute innocence, malgré un panier rempli de produits issus du marché noir qu'elle distribue selon les commandes reçues en douce. Un jour, au cours de ses livraisons, une voisine interpelle Hanneke pour une mission bien particulière - retrouver une jeune fille juive qui vivait cachée dans un réduit de la maison et qui a disparu sans crier gare. La vieille dame, Mrs Janssen, est complètement chamboulée et ne doute pas que Hanneke saura tirer la situation au clair. Au départ, celle-ci n'est nullement désireuse de franchir la ligne jaune. Elle voue une haine farouche envers les Nazis, mais se sent coupable de la mort de son petit ami Bas (engagé volontaire) et souhaite se tenir à distance de la guerre. C'est pourtant cette blessure qui va l'inciter à partir sur les traces de Mirjam Roodvelt, dont elle sait uniquement qu'elle porte un manteau bleu. Ce maigre indice va conduire son enquête et l'entraîner dans le flou, puis dans des cercles clandestins et enfin dans des actions impensables. Pour Hanneke, déjà douloureusement confrontée aux drames intimes de la guerre, c'est un cap supplémentaire qui lui fait perdre ses dernières plumes de l'enfance insouciante. 

Loin d'être un énième roman sur le sujet, cette lecture offre surtout la possibilité de découvrir une histoire passionnante, qui puise autant dans l'émotion que dans l'action et le suspense. Avec son héroïne de 18 ans, si juste et imparfaite, par ses choix, ses failles et ses engagements, on se lance dans un parcours bouleversant et inattendu. Il y a d'abord sa quête pour retrouver Mirjam, puis sa prise de conscience des dangers qui rôdent, l'horreur des rafles et des dénonciations, la culpabilité et la rédemption. C'est un cheminement chaotique, mais poignant, qui emprunte de nombreuses bifurcations, qui fait aussi battre le cœur plus fort et qui noue l'estomac à l'énoncé des enchaînements tragiques et malheureux. En un mot, c'est excellent ! Et c'est à remettre entre les mains des plus jeunes sans délai.

Gallimard jeunesse, 2016 - traduit par Anne Krief

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À lire aussi...

Cachés, de Sharon Dogar - Max, de Sarah Cohen-Scali - Les valises, de Sève Laurent-Fajal

 

 

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08/03/18

Comment maximiser (enfin) ses vacances, d'Anne Percin

Comment maximiser enfin ses vacancesJe pensais être guérie de mon béguin pour Maxime Mainard, lorsque j'ai découvert la sortie de ce nouveau roman, soit une 4ème saison inopinée, sachant la trilogie bouclée depuis 2012. J'étais partagée entre la surprise et la panique, bonne ou mauvaise nouvelle, dans les premières pages, j'ai douté, trouvant que le garçon exagérait bêtement le ton de l'éternel insoumis, opposé au système par principe - allait-on nous réchauffer une vieille recette sans la même saveur ?
Foin de tout ça. En vrai, j'ai totalement succombé. C'est toujours aussi bon, toujours aussi drôle, toujours aussi dérisoire et toujours aussi déjanté. On retrouve nos fidèles camarades dans des aventures improbables - une série de concerts sur la route des vacances - et c'est du bonheur en barre. Je n'ai pas pu m'empêcher de glousser au fil des pages.
Le bac en poche, Maxime plane sur son petit nuage mais rechute lourdement après son admission loupée à Sciences Po. Totale remise en question et perspective d'avenir dans le flou. Notre jeune ami fonde ses derniers espoirs dans son groupe de rock, Kremlin, et décroche un contrat inespéré pour jouer dans un festival sur le côte Atlantique. Quinze jours à se doper de rock et d'océan, ambiance camping où l'on répète dans les sanitaires, une licorne gonflée sous hélium flottant sur la tente !
Ah, sûr qu'il faut le voir pour le croire. Maxime a réuni sa bande au complet - Stéphane à la batterie, Christian à la guitare, Julius à la basse - sans oublier sa Kévinerie, mascotte attitrée, son amoureuse Natacha, sa pote d'enfance Alexandra et sa groupie de frangine Alice. La suite de l'aventure promet monts et merveilles, mais est surtout désopilante et vous communique une vraie fraîcheur de vivre.
C'est le remède radical pour une cure de bonne humeur ! Prenez-en à fortes doses !!!

éditions du Rouergue, 2017 

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Vendus à plus de 100 000 exemplaires, les trois premiers tomes ressortent sous de nouvelles couvertures pour brasser toujours plus large un public qui n'aurait pas encore eu la chance de connaître le personnage. ♥

  

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07/03/18

Le célèbre catalogue Walker & Dawn, de Davide Morosinotto

« Il ne restait qu'une chose à déterminer, la plus importante : qui serait le chef de l'expédition ?
Je ne voulais pas me proposer car c'était on ne peut plus évident : ça ne pouvait pas être Eddie parce qu'il était trop fragile (et puis il avait des lunettes), ni Joju parce que c'était une fille, et je ne parle même pas de Min. Forcément, c'était le plus petit et, par-dessus le marché, il était noir.
Malgré tout, un vrai chef ne doit pas se mettre en avant, il doit être choisi et acclamé par son peuple.
J'ai donc attendu d'être acclamé en songeant déjà à ce que je dirais avant d'accepter, non, non, je ne suis pas à la hauteur, vous êtes trop gentils, des choses dans ce goût-là, la modestie incarnée, quoi.
Au lieu de ça, Eddie a prétendu que c'était à lui d'être le chef car il était un chaman qui savait parler aux alligators ; Joju, elle, pensait que cette mission lui revenait car elle était la plus dégourdie de la bande, et Min lui-même donnait l'impression d'avoir son mot à dire en agitant la montre.
J'ai laissé échapper un soupir. »

le CÉLÈBRE CATALOGUE WALKER et DAWN

Quatre amis vivent et grandissent dans le bayou, se réunissant dans leur refuge secret pour inventer de nouveaux jeux, comme bricoler un nouveau canoé pour pêcher dans les flots boueux. Ce jour d'été 1904, P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie trouvent une boîte à conserve rouillée, avec à l'intérieur trois dollars. Sans rien dire à personne, ils décident de passer commande dans le “célèbre catalogue Walker & Dawn” mais sont finalement déçus le jour de la livraison du colis, car celui-ci ne contient pas l'article attendu (un revolver de police) mais une vieille montre cassée. Même si le catalogue garantit les prix les plus bas et une totale satisfaction sous peine de remboursement, les enfants doivent se rendre en personne à Chicago pour obtenir gain de cause. Une perspective peu envisageable pour leurs familles qui triment, qui râlent, qui punissent à coup de ceinture en cuir sur les fesses. Finalement, des événements dramatiques vont précipiter leur décision et pousser la bande des quatre à se sauver par la rivière jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Sur place, ils devront encore se débrouiller pour rejoindre la grande ville du Nord, en veillant à ne pas tomber dans les nombreux pièges tendus. 

Tout est absolument épatant dans cette lecture ! On a quatre enfants formidables, généreux, drôles, courageux et attachants, qui prennent tour à tour la parole au cours des quatre parties composant leurs aventures. On apprend ainsi à mieux découvrir les uns et les autres, à cerner leurs secrets, à aimer leurs rêves et leurs envies, à partager leurs émotions. On se sent un peu le cinquième membre du gang et on échangerait notre place pour rien au monde. De plus, malgré une épaisseur consistante, ce gros roman de 425 pages se dévore en un clin d'œil ! La lecture nous transporte dans une Amérique vintage, avec ses bateaux à aube, son jazz coloré, son bayou, ses trains de marchandises avec des wagons en bois, ses grandes villes semées de danger, ses bureaux de presse aux rédactions bourdonnantes, ses chasses au trésor et j'en passe... On n'a qu'à fermer les yeux pour y croire. Nos jeunes héros prennent une part active au dynamisme ambiant, et on plonge le cœur battant dans leurs péripéties, rapportées sur un ton plein d'humour et de suspense.

Faisant également penser à Tom Sawyer, le roman se révèle audacieux, surprenant et plein de ressorts. J'ai aimé fort, fort, fort. C'est même UN GROS COUP DE CŒUR ! ♥

L'école des loisirs, 2018 - traduit de l'italien par Marc Lesage

illustrations de Stefano Moro, Annalisa Ventura et Gabriel Gay

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08/02/18

Sauveur & Fils saison 1, de Marie-Aude Murail

sauveur et fils saison 1

“À quoi je sers?” se demande souvent Sauveur Saint-Yves, psychologue installé à Orléans. Originaire des Antilles, l'homme vit avec son fils de huit ans, Lazare, et reçoit à longueur de journée les doléances d'âmes désœuvrées - une mère désemparée par son fils qui fait pipi au lit, une autre qui ne comprend pas pourquoi sa fille se taillade les bras, une qui perd la tête et oublie son grand garçon de seize ans, une famille au complet qui se déchire et ne peut plus se voir en peinture... Des crises en cascade, des cris, des larmes, des silences, des soupirs. À l'abri dans son couloir, le môme Lazare n'en perd pas une miette et s'effraie d'entendre autant de détresse. Lui aussi en a gros sur le cœur - sa maman décédée trop tôt et dont on ne parle jamais assez. Et tous ces courriers qui s'empilent devant la porte, des menaces de mort qui font dresser les cheveux sur la tête... Chacun s'enferme dans ses non-dits et le temps s'écoule mollement. Le gamin découvre l'hostilité suscitée par la couleur de la peau, être ou ne pas raciste, rien que d'y penser c'est déjà un signe ? Louise, la maman de Paul, s'interroge beaucoup sur le meilleur ami de son fils et perd tous ses moyens face à Sauveur, 1,90 m pour 80 kg de muscles.

C'est tout ça que raconte Marie-Aude Murail, en mieux, en humour et en tendresse. Car c'est un roman qu'on croque avec gourmandise et dont on savoure chaque bouchée en mâchant religieusement. Tout est brodé avec délicatesse - les personnages, les dialogues, les errances et les éclats. Jusqu'à l'escapade finale sur les terres de l'enfance, avec ses couleurs, ses chants et sa tribu turbulente. J'ai infiniment aimé ce petit pan de vie aux côtés d'un papa au physique de colosse, qui continue d'apprendre son rôle et le sens du monde, tout en assurant auprès d'un fils curieux, intelligent et sensible. Autour d'eux, gravitent des petits électrons libres qu'on attache ou détache au gré de nos envies. Parfois, les sujets sont lourds et les enclumes tombent lâchement dans les estomacs... Mais l'ambiance générale se veut positive et penche volontiers vers la résilience et l'espoir. Cela remue de douces sensations, n'hésitez pas ! En plus, il y a quatre saisons du même acabit. C'est du bonheur en tranches...  à partager sans retenue. Moi j'y retourne de suite. ♥☺

L'école des loisirs, 2016

Photographie de couverture ♥ que j'adore ♥ : Megan Van der Elst

 

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01/02/18

Pêle-Mêle Clarabel : Sens dessus dessous - L'autobus - Allez, au Nid !

sens dessus dessousDans cet album aux couleurs pimpantes et aux illustrations acidulées, la lecture nous embarque vers une drôle d'épopée qui fait à la fois sourire, réfléchir... donc apprendre en s'amusant !

Les contraires, on connaît. Je dis gauche, tu dis droite. Dedans, dehors. Jour et nuit. Jusque-là, ce n'est pas compliqué. Mais qu'advient-il du minuscule sans le poids immense ? ou le petit sans le grand ?

Eh oui, ça se corse. Et plus on avance dans la réflexion, plus on note que le sens dépend réellement d'où l'on se place ou d'après ce qu'on peut voir. Réflexion, réflexion. 

Les petites cellules grises vont se dérouiller en parcourant ce joli album qui donne une réelle ampleur à la discussion et à la démonstration. C'est assez philosophique - n'est haut que ce l'on regarde du bas, ou lent si l'on est rapide. Qui est près, qui est loin ? qui est devant, derrière ? le plus fort n'est finalement que le plus faible de quelqu'un ?

Voyez, voyez... Cela peut porter très loin, et c'est réjouissant ! J'ai beaucoup aimé cet album - pour son esthétisme rafraîchissant d'abord - pour sa perspective d'ouverture et ainsi encourager le jeune lecteur à élargir son champ de vision sur le monde.

C'est charmant ! Épatant, dans le sens noble. Clap-clap-clap des deux mains.

Sens dessus dessous ! Mon livre des contraires, de Susan Hood & Jay Fleck

De la Martinière Jeunesse, 2018

Trad. Sébastien Cordin

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L'Autobus

Grande journée pour Clara ! Pour la première fois, la fillette va prendre l’autobus seule, comme une grande. Excitée par cette aventure, elle fait de grands signes à sa maman en lui assurant que tout va bien se passer. Avec son petit panier et sa veste rouge, elle peut s'installer sagement sur un siège et contempler le paysage à travers la fenêtre, ou imaginer la vie des autres voyageurs, partager ses galettes avec un petit loup de passage, compter les arrêts avant le sien, démasquer un voleur et tirer la langue en le poussant vers la sortie...

Quelle joyeuse virée à travers la forêt, les champs ou même un tunnel ! Avec son format à l'italienne, l'album souligne au mieux la longueur de l'autobus, son allée principale, ses rangées de fauteuils, ses déplacements incessants des passagers, dans tous les sens. De plus, chaque double page réserve des indices cachés, des détails à retrouver (il y a quelque chose qui cloche après la traversée du tunnel et la plongée dans le noir complet, à toi de le découvrir !).

En bref, c'est un album ravissant... évidemment inspiré du conte classique de Perrault, car la fillette part rejoindre sa grand-mère mais on avait largement compris la référence avant le dénouement. La lecture grouille de détails cocasses et amusants, pour une lecture pétillante et qui donne le sourire !

L' Autobus, de Marianne Dubuc

La Martinière Jeunesse, 2018 

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Allez au nid

 

Autre rendez-vous incontournable - le coucher du soir et son rituel immuable ! La toilette, les bisous, les histoires, les câlins, les doudous... Ici, tout est prodigieusement mis en scène pour préparer à merveille l'enfant et le rassurer pour la nuit (la séparation, la solitude, l'obscurité...). Bref, on le sait, ce moment est à appréhender avec douceur, tendresse et sérénité. Jo Witek et Christine Roussey - magiciennes en chef - ont ajusté leurs pinceaux et servi une lecture délicieuse, tout en charme et en poésie. Elles glissent “des mots flocons tout ronds, tout tendres, si rassurants” parmi de fabuleuses pirouettes colorées. Elles déclinent les étapes du coucher, alternent la fantaisie et le miel, elles chuchotent à l'oreille et annoncent “l'heure bleue du coucher”, avant de promettre - juré, craché - “demain, quand le soleil s'éveillera, le monde entier de nouveau chantera”.

Tout simplement PARFAIT ! ♥

Allez, au Nid ! de Jo Witek & Christine Roussey

De la Martinière Jeunesse, 2018