17/05/18

La vie et moi, de Cecelia Ahern

la vie et moi

Lucy Silchester, bientôt 30 ans, a rendez-vous avec sa Vie. Depuis deux ans et quelques, la jeune femme a complètement négligé son existence et ne cesse de mentir à son entourage - plaquée par son mec, elle a raconté partout que c'était elle qui était partie. Depuis, ses amis font la fine bouche et refusent de la plaindre.
Lucy a également perdu son boulot et travaille dans une agence où elle prétend parler espagnol - encore un mensonge. Ses relations avec sa famille sont également fuyantes, ses frères ont des carrières brillantes, mais face à ses échecs, son père se montre particulièrement froid et amer.
Au final, Lucy préfère vivre cloîtrée dans son petit appartement avec pour seul compagnon un chat - dont elle doit cacher l'existence, car les animaux sont interdits dans l'immeuble. Sa voisine a un bébé invisible... En bref, tout fout le camp.
Face à sa Vie - incarnée par un vieux type mal fagoté, rebaptisé Cosmo Brown - Lucy n'en mène pas large. Certes, le bilan est désastreux. Raison de plus pour détester cet individu, son contrat et leurs rendez-vous, avant de se raviser en se lançant dans une grande campagne de reconquête de Sa Vie.
Première mission : ne plus mentir. 

Ce roman de Cecelia Ahern a été un petit bonbon sucré ! Vraiment délicieux à déguster.
J'ai adoré y plonger et partager un bout de chemin auprès de Lucy. Au départ, la jeune femme collectionne les bourdes, les stupidités et les bobards. C'est un peu lourd et agaçant, et puis... on finit par découvrir une Lucy plus sensible et fragile - dont on excuse chaque faux pas au fil des chapitres.
Résultat, on peste et on soupire mais au final on rit et on glousse beaucoup aussi !

Le tandem formé par Lucy et Cosmo Brown est impayable - l'auteur a le chic de mettre en scène des duos improbables dans des aventures colorées. C'est drôle, et en même temps chaleureux et bienveillant. Tous les personnages sont attachants. On se sent en famille, très à l'aise, comme dans un cocon douillet. Oui, cette lecture fait un bien fou ! C'est joyeux et bon enfant. Tout simplement adorable. 
On ressort de cette lecture en soulignant qu'il faut chouchouter sa Vie « parce qu'elle vous appartient, elle est ce que vous êtes, elle est toujours là pour vous encourager ». ♫♪ C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup... ♪♫ 
Une lecture au TOP ! Je recommande.

©2012 Flammarion. Traduit de l'anglais (Irlande) par Perrine Chambon et Arnaud Baignot

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Carine Obin (durée : 13h env.)

►Excellente lecture audio ! Une jolie voix pour une écoute favorable à la détente.

 


16/05/18

Le chagrin des vivants, de Anna Hope

le chagrin des vivantsEn ce début de novembre 1920, trois femmes sont plongées dans les plus noirs tourments.
Ada a perdu son fils unique dans les derniers jours de la guerre et demeure inconsolable au point de vivre parmi les fantômes en s'imaginant que Michael cherche à la contacter. Hettie, danseuse de compagnie au Hammersmith Palais, rencontre des anciens soldats parfois lourdement handicapés, mais espère secrètement voir son destin basculer. Evelyn travaille au bureau des pensions de l'armée, croise des âmes meurtries et égarées, n'en peut plus de supporter ce ballet désespérant, pense à son fiancé décédé et perd les pédales quand on évoque le nom de son frère.
En toile de fond, on assiste aux préparatifs en grandes pompes de la première cérémonie commémorative, avec notamment 
le rapatriement du corps du Soldat inconnu. Un hommage tardif mais bouleversant. Pour beaucoup, c'est l'occasion de soulager leur deuil et leur chagrin, de saluer aussi le sacrifice d'une génération, car pendant longtemps le premier réflexe était d'effacer et oublier les horreurs des tranchées.

On suit donc trois femmes durant cinq jours dans cette atmosphère d'après-guerre merveilleusement esquissée. On ressent le poids des larmes, l'amertume des vivants, l'ahurissement des survivants, la colère et l'incompréhension, les secrets et les drames.
C'est loin d'être gai, mais c'est captivant. On se sent aspiré par ces bribes de vies, trouvant dans chaque destin une force et une sensibilité rares. J'ai aimé aussi la préciosité des personnages et la description des sentiments. Le style est impeccable, le ton juste, la note pure, avec une touche finale pleine d'espérance. Un
 roman remarquable, à la fois poignant et transcendant, aux émotions à fleur de peau. Très belle lecture ! 

Folio, 2017 - Traduit par Élodie Leplat

Titre VO : Wake

 

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

14/05/18

Trois filles en colère, de Isabelle Pandazopoulos

J00617

Suzanne et Magda sont cousines et viennent de partager cinq années sous le même toit à Paris. Nous sommes en 1966, Magda rentre chez elle en Allemagne, rejoindre sa famille enfin réunie à Berlin-Ouest.
Toutes deux s'écrivent et se racontent leur quotidien - l'une cherche sa place dans une société qui l'étouffe et prend en grippe le modèle de ses parents, qui sauvent les apparences alors que son père collectionne les liaisons et sa mère tombe en dépression après une grossesse non désirée ; l'autre prend ses marques dans une ville inconnue, auprès d'une famille meurtrie et repliée dans ses secrets. L'ambiance n'est guère joyeuse et insouciante.
Pourtant, l'Europe gronde d'une colère qui enfle et prend de l'ampleur, bientôt relayée par des étudiants accablés par le poids des traditions désormais passées de mode. Bientôt, une troisième voix vient se glisser dans ce récit - en Grèce, Cléomèna quitte précipitamment son pays suite à la dictature des colonels (avril 1967, coup d'état des militaires contre la monarchie en place). Ses parents et son frère ont déjà été arrêtés. Sans l'ambassade de France, celle-ci aurait suivi la même sinistre destinée.
Accueillie à Paris, par la famille Lavagauleyne, Cléo s'adapte à sa nouvelle existence, avant de prendre fait et cause pour la révolution en marche.

Quel roman bouillonnant, passionnant, fascinant et captivant ! Je ne m'attendais pas à y plonger mon nez avec autant d'impatience et d'excitation. J'ai pourtant tourné les 300 pages avec avidité. J'ai vécu au rythme des coups de cœur, des rêves et des espoirs des trois héroïnes. J'étais complice, témoin, spectatrice de leurs trajectoires. Et c'était divin !
Le format épistolaire apporte également de l'élégance, du panache à l'histoire. Après un petit temps d'adaptation pour cerner qui est qui, j'ai rapidement trouvé ma place et savouré cette jolie plume qui révèle les personnalités farouches de nos trois jeunes filles pleines de désir, de colère et de fièvre.
Le roman se compose aussi de photos d'archives, de cartes, de notes et d'extraits de journaux intimes. Mais il est avant tout le portrait d'une époque et d'une génération. C'est beaucoup moins factuel que dans 68 année zéro de Paule du Bouchet. Ici on ressent les émotions, on vibre, on aime, on écrit sa rage et sa flamme.
J'y ai été forcément plus sensible. C'est comme si on y était. Et j'ai adoré. ♥

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2017

Par Isabelle Pandazopoulos, l'auteur de La Décision et On s'est juste embrassés.

 

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

09/05/18

Après tout, de Jojo Moyes

Après tout

J'avais été déçue par Après toi - c'était une suite, c'était risqué et ça ne ressemblait à rien. C'était du n'importe quoi et c'était très agaçant. Ne voulant pas rester sur ce sentiment d'échec, j'ai donc écouté le troisième épisode sans hésitation... et j'ai clairement adoré. On retrouve tout le peps de notre héroïne, on renoue avec la douceur et le romantisme, c'est franchement très bon !

Cette fois, Louisa Clark a remis sa vie sur les rails et pris un nouveau départ à New York où elle a décroché un poste d'assistante auprès de l'épouse polonaise d'un riche homme d'affaires. Elle s'installe en plein Manhattan et se familiarise avec sa nouvelle vie. D'abord balbutiante et maladroite, elle finit par trouver un semblant d'harmonie et de bien-être. Sa famille lui manque, son petit copain aussi. Lou cherche donc à tout concilier, même si les relations à distance rendent fragiles les promesses et les idylles encore fraîches. Sa rencontre avec le sosie de Will Traynor ne va sans doute pas arranger ses affaires. Son cœur a fait boum, et le nôtre aussi.

Jojo Moyes a su m'embarquer sur près de 15 heures d'écoute, à bord d'une histoire où l'on accompagne une jeune femme toujours en quête d'elle-même, peu sûre de ses choix mais pleine d'élan et de dynamisme. Son optimisme à toutes épreuves fait aussi son succès. On prend plaisir à la soutenir, à la regarder se débattre, à rêver et à pleurer. C'est une habitude de l'auteur - elle distille de l'émotion à chaque coin de page et elle donne l'impression de raconter l'histoire d'une copine autour d'une tasse de thé. L'exil à New York est féerique, la galerie des personnages si attachante et les aventures de Lou sont extraordinaires. J'ai totalement succombé. Ce troisième roman de la série est doux, drôle et délicat. Il a signé ma réconciliation avec une miss Clark épatante et audacieuse. Bravo !
P.S.: J'ai adoré la fin.

©2018 Milady. Traduit de l'anglais par Odile Carton

(P)2018 e-Dantès. Lu par Émilie Ramet  / durée : 14h 50

Série : La trilogie de Lou, livre audio 3 -  Téléchargeable sur Audible FR

Interprétation chaleureuse et très agréable d'Émilie Ramet, comme toujours. Sa voix est rassurante et nous berce au cours de notre écoute. On entend presque les youyous de ce mariage réussi.

 

Posté par clarabel76 à 15:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

20/04/18

Sale temps pour les sorcières (Agatha Raisin enquête 9) de M. C. Beaton

Agatha Raisin sale temps pour les sorcièresLes tomes s'enchaînent, comme les déboires, pour Agatha Raisin !
Après les émotions fortes subies dans Coiffeur pour dames, Agatha est partie se consoler dans un hôtel de bord de mer, à Wyckhadden, où elle trompe son ennui en se joignant à une bande de retraités fondus de Scrabble. En discutant ci et là de ses problèmes capillaires, elle se voit conseiller de consulter la sorcière locale, Francie Juddle, dont la réputation n'est plus à faire en matière de décoctions miraculeuses.
Agatha est excitée et ne résiste pas à la tentation en achetant un philtre d'amour ! Ses pensées volent toujours vers James Lacey... soupirs, soupirs... seulement notre anglaise vient de rencontrer un inspecteur de police, Jimmy Jessop, loin d'être insensible à son charme. Partout où Mrs Raisin passe, les cœurs battent la chamade et les victimes se comptent à la pelle.
En effet, alors que la petite ville de Wyckhadden ronronnait paisiblement dans son coin, l'arrivée de notre détective amateur va semer la zizanie. Seuls ses nouveaux amis du Garden Hotel restent imperturbables et ne dérogent nullement à leurs rituels - repas, promenade, bal sur la jetée et jeux de société.
Ce 9ème épisode est absolument sensationnel et figure parmi mes préférés de la série ! Le changement de décor ne pénalise en rien la bonne ambiance (pourtant, j'adore Carsely & le charme des Cotswolds), les personnages sont aussi facétieux et Agatha ne cesse d'être surprenante.
Ses péripéties sont toujours piquantes - entre sa quête d'amour et son besoin de fourrer son nez dans les affaires des autres. En bref, on ne s'ennuie pas un instant. C'est une lecture pleine de peps et de sourires. Une série divertissante & un rendez-vous (pour moi) incontournable. 

©1999 / 2018 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Amélie Juste-Thomas
Original Title : Agatha Raisin and the Witch of Wyckhadden

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière (durée : 6h env.)

Série : Agatha Raisin enquête, livre audio 9

 


19/04/18

Les Misérables, de Victor Hugo

Édition abrégée, lue par Philippe Sollier.

les miserablesUne hérésie aux yeux de certains, un compromis pour d'autres... Cette édition abrégée peut diviser, pour ma part j'ai choisi mon camp - quelques 7 heures d'écoute contre 56 heures en version intégrale. Amen. Mais il n'est pas dit que je n'y reviendrai pas un jour ou l'autre !
Cette édition est avant tout une invitation au public jeunesse à s'imprégner d'un grand classique, d'en picorer l'essence et d'en savourer la flamboyance. En bref, se réconcilier avec les œuvres intemporelles. Ces dernières sont souvent le fruit de lectures contraintes, de mauvais souvenirs scolaires, de monuments impénétrables et d'auras interdites. 
Il est bon de dépoussiérer tout ça et de faire sa propre expérience... petit bout par petit bout. D'où cette lecture par Philippe Sollier dont la voix énergique et caressante nous embarque dans cette fresque romanesque aux côtés de Jean Valjean.

Ancien forçat, celui-ci voit sans cesse son passé le rattraper et doit à une rencontre providentielle sa résolution de devenir un homme bon et pieux. Il va ainsi disparaître quelques années, prendre une nouvelle identité (M. Madeleine) et se bâtir une existence prospère à Montreuil-sur-mer.
Jean Valjean a opéré une totale rédemption. Il est désormais un homme respecté quand il croise la malheureuse Fantine, puis l'inspecteur Javert, mais comprend que son sort est jeté. Il doit de nouveau s'enfuir et se cache dans un couvent à Paris, non sans avoir tenu sa promesse en tirant la petite Cosette des griffes des Thénardier... L'homme et la fillette vont ainsi vivre à l'abri du monde et prennent le nom d'emprunt de Fauchelevent.
Pendant ce temps, Marius fait son apparition. Fougueux et idéaliste, ce fils de la bourgeoisie rompt avec son milieu pour rejoindre un groupe de révolutionnaires. Il roule dans la misère, croise une jolie demoiselle au jardin du Luxembourg, tombe fou amoureux et sombre dans le désespoir après le départ de sa dulcinée. L'âme en peine, il rejoint les barricades et livre une farouche résistance aux côtés de ses camarades.

La littérature contemporaine est, par comparaison, bien pâlichonne quand on ressort de cette lecture ! L'histoire est en effet captivante - même si elle a été tronquée, ne respectant plus le travail de l'auteur, dont on cherche à bâillonner la pensée, diront les plus récalcitrants. Et blablabla. Fin du débat.
Cette version abrégée n'enlève rien du génie. De la perspective d'une épopée grandiose. De la sensation grisante de plonger dans une ambiance électrique. De vivre une quinzaine d'années auprès de personnages mémorables. De s'attacher à leurs parcours, leurs amours et leurs drames.
On aime, on déteste. Je trouve que cette édition est pleine de mérite et offre une vision exaltante du courant romantique du XIXe siècle. C'est un premier pas vers une arène plus grande, plus riche, plus foisonnante...“Il faut de l'inutile dans le bonheur. Le bonheur, ce n'est que le nécessaire.”

 

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Philippe Sollier en 7h 42.

Les cinq volumes des Misérables bénéficient également d'un enregistrement exceptionnel prodigué par les éditions Thélème. Texte lu par Michel VuillermozÉlodie HuberPierre-François Garel,Louis ArèneMathurin Voltz

 

« Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre. »

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17/04/18

Claudine à l'école, par Lucie Durbiano

D'après le roman de Colette
Couleurs de Jeanne Balas et Lucie Durbiano

Claudine à l'école

Dès l'annonce de la parution du projet, je savais que cela allait être un coup de cœur ! Quand l'univers de Colette, avec son héroïne Claudine, rencontre la tendresse malicieuse de Lucie Durbiano, forcément le résultat fait boum.

La lecture nous fait voyager dans le temps - campagne bourguignonne, en 1900 - Claudine a quinze ans et fréquente la petite école de Montigny. L'ambiance est frivole, joyeuse, coquine et insouciante... même si les filles doivent passer le brevet en fin d'année et s'appliquer à ne pas décevoir leur responsable, la rousse Mlle Sergent, qui ne rigole pas avec la discipline. Les adolescentes chahutent et se taquinent, font des yeux de biche à l'approche des garçons, se trémoussent et gloussent. C'est charmant et follement désuet. On craque pour la personnalité polissonne de Claudine, pour son esprit libre et sans concession. Ainsi, elle s'éprend de la nouvelle institutrice, prend la mouche dès que celle-ci devient trop cruche, ne supporte plus les manières obséquieuses du médecin trop pressant et ricane de vanité en apprenant que le professeur de musique en pince pour elle !

Cette bande dessinée m'a donné envie de replonger dans l'œuvre de Colette. Outre l'élégance et l'humour dans son histoire simple, on y respire le parfum de l'enfance, la nostalgie d'une époque surannée et le tabou des amours chuchotées. J'ai beaucoup aimé la subtilité de l'intrigue, où les indices et non-dits sont glissés avec délicatesse. Suggérer sans jamais dévoiler, en gros. C'est beau, c'est intelligent, c'est frais. Difficile de quitter cette école de jeunes filles devenue le théâtre d'une comédie légère et pétillante ! J'ai adoré. ♥

Gallimard Bande Dessinée coll. Fétiche / 2018

 

Posté par clarabel76 à 18:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

15/04/18

Pêle-Mêle : Regarde ! - Petra - Bonjour printemps - Lison à la campagne - Mon extraordinaire Mamie Z

regarde

Bim bam boum ! La belle saison entre dans nos bibliothèques, avec ce bel album de Corinne Dreyfuss qui invite le jeune lecteur à explorer le jardin, les fourmis cachées dans l'herbe, la terre qu'on mouille après avoir semé des graines, les fleurs et les fruits à foison...

Le tableau est magnifique ! Et chaque page est une invitation à tendre l'oreille, à poser ses yeux sur un détail, à dénicher les petites bestioles, à écouter la nature et mieux la comprendre. Un mot : superbe !

Cet album aux consignes interactives est un enchantement du début à la fin : les illustrations sont lumineuses, la mise en scène spectaculaire, les indications sont ludiques et facétieuses. En somme, l'attention de l'enfant est maintenue en éveil, et son plaisir jamais émoussé !

Élégant, poétique, drôle & chaleureux.
Un cartonné qui cartonne (huhu). ☺

 

Regarde ! de Corinne Dreyfuss

seuil jeunesse, 2018

*********************

 

petraDeuxième gros coup de cœur ! 

Petra est un joli petit caillou qui a pleinement conscience de sa place dans le monde... Or, le monde semble l'ignorer. Non, ce n'est pas un banal petit caillou. Il faut voir au-delà des apparences et croire à son potentiel extraordinaire.

Petra peut devenir un œuf prêt à éclore, une île paradisiaque ou un éléphant bleu absolument cocasse ! Et c'est radical : on sourit, on glousse, on s'esclaffe.

Cette lecture est TOP ! J'ai adoré ses couleurs pastel, son humour, sa poésie, son  imagination, son histoire pleine de rebondissements, ses illustrations et sa fraîcheur. C'est excellent.

Où l'on se rappelle aussi qu'il faut toujours regarder le monde avec des yeux d'enfant ou des yeux de poète. C'est sublime ! ♥

Petra, de Marianna Coppo

seuil jeunesse, 2018

*********************

 

 

bonjour printemps

Imaginez une maison se métamorphoser un matin de printemps... Des bourgeons vont apparaître, la sève va couler des parquets et des murs. Des branches et des fleurs surgissent ci et là. La maison n'en finit plus de pousser !

Et la vie aussi est en plein changement, avec de nouveaux voisins, de nouveaux meubles, des ventres tout ronds, des bras et des jambes qui grandissent, des cauchemars qui vont jaillir en pleine nuit puis être chassés par des paroles réconfortantes... 

Tout est doux, chaleureux, bucolique et bienveillant dans cet album. Son histoire évoque avec tendresse les grands bouleversements de la vie, comme la naissance d'un nouveau bébé dans la famille.

Les illustrations de Fleur Oury inspirent également beaucoup d'admiration et mettent du baume au cœur.  

Bonjour printemps, de Didier Lévy & Fleur Oury

seuil jeunesse, 2018

*********************

 

 

lison à la campagneLison est de retour ! Après Les nuits de Lison & La rentrée de Lison, direction la verte campagne où la fillette passe ses vacances en famille. Pour la jeune citadine, c'est l'occasion de découvrir le calme, le silence, le chant du coq, les cabanes dans les bois, les insectes, en bref le retour à une vie sereine et pure. Forcément, sous la plume d'André Bouchard, chaque anecdote ne manque pas d'humour ou de grain de malice. Et c'est savoureux ! Cela se lit comme une petite bande dessinée (format à l'italienne) avec quinze strips débordants de peps et de burlesque. C'est franchement désopilant. La série se bonifie en optant pour cette voie fantasque ! J'aime beaucoup. ☺

Lison à la campagne, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2018

*********************

 

Mon extraordinaire mamie z

Albert a toujours rêvé d'un anniversaire qui change de sa routine, mais ses parents trop conventionnels n'aiment pas bousculer leurs habitudes. 

De dépit, l'enfant se contente d'imaginer une part de gâteau marbré, parfum choco-cerise, avec une bougie imaginaire sur laquelle il soufflerait pour faire un vœu.

Et là, Mamie Z débarque avec sa folie douce et ses aventures en bandoulière. En route pour une journée extraordinaire...

Quelle lecture ébouriffante ! Chaque page est un festival de couleurs et de scènes exubérantes. C'est fascinant. L'album bouillonne d'envies et de lubies, en gros c'est éclatant et vivifiant. Encore une bonne pioche. ☺

Mon extraordinaire Mamie Z, de Daniel Gray-Barnett

seuil jeunesse, 2018

*********************

 

21/03/18

Trois baisers, de Katherine Pancol

Trois baisersBim bam boum, ils sont de retour ! Ils s'étalent sur 845 pages, prennent leurs aises pendant 20 heures, se livrent et se confessent, jouent, trichent et s'éparpillent... Les Plissonnier-Cortès, Valenti, Grobz, Courtois, Dupin et compagnie nous font tourner la tête et toujours battre le cœur, au cours d'une lecture passionnante et ô combien réconfortante.

Cela ressemble à une réunion familiale au sommet. Une convocation générale pour prendre des nouvelles des uns et des autres - Hortense prépare sa première grande collection avec un défilé sensationnel au Plaza, comprend la notion de désir dans un escalier du Fouquet's et harcèle Junior de questions sur son grand peut-être, Zoé s'interroge sur son avenir, carmélite ou actionnaire, elle chancèle, le cœur palpitant, comme sa maman Joséphine, qui panique de n'être plus aimée, éternellement sotte et fragile, Gary arpente les trottoirs de New York et est sidéré face à une bouteille de vin, foudroyé par la révélation, Calypso s'endort pour cent ans, Stella retrousse ses manches, lave à coup de javel les souvenirs meurtris, Adrian rêve en grand, Tom tombe amoureux, Ray Valenti brille de mille feux, Fernande s'envole pour Mexico, Henriette et Elena font des affaires...

En gros, les histoires se nouent, s'emmêlent, se tendent et éclatent dans un joyeux bordel. Ça fait des étincelles et ça crépite ! La communion est sacrée. Ce que le public ressent est lié à ce que vivent les personnages. Les espoirs, les envies, les doutes, les peurs, les sombres pensées. On partage tout, on rit, on tremble, on pleurniche, on hurle, on inspire, on cherche le staccato, on gratte les tickets de tombola, on regarde les Oscars à la télé, on reçoit des trempes, on se rebiffe, on ouvre des livres, on fait ses courses, on danse sur du Cloclo. C'est tout bon. Pas forcément intense et palpitant. Mais on se sent bien. Et puis, on a clairement nos préférences (Hortense ! Gary !), nos attentes et nos impatiences, on relève les transitions, les creux, les flous, les fièvres (euh... Junior ? du grand d'importe quoi !). On a conscience que le gros navire, parfois, tangue et s'égare, tout en adoptant un rythme de croisière agréable et délassant. En tout cas, j'ai pris place à bord, en frétillant de bonheur, et j'ai beaucoup aimé mon voyage !

Marie Ève Dufresne est également indissociable à mon plaisir de lecture. Son interprétation est impeccable, élégante, mesurée et enveloppante. J'aime infiniment. Sa voix fait aussi partie du succès de la saga - un rendez-vous incontournable avec mon autre tribu, une famille de papier où toutes les personnalités s'incarnent et forment un ensemble attachant. C'est difficile de les abandonner ! ☺

©2017 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib (durée : 20h env.)

==================================================

« Partons dans un baiser pour un monde inconnu. » Alfred de Musset

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12/03/18

Une fille au manteau bleu, de Monica Hesse

A66845Gros coup de cœur pour ce roman ! L'histoire se passe à Amsterdam, en 1943. Alors que les soldats allemands patrouillent en ville, la jeune Hanneke file sur son vélo en toute innocence, malgré un panier rempli de produits issus du marché noir qu'elle distribue selon les commandes reçues en douce. Un jour, au cours de ses livraisons, une voisine interpelle Hanneke pour une mission bien particulière - retrouver une jeune fille juive qui vivait cachée dans un réduit de la maison et qui a disparu sans crier gare. La vieille dame, Mrs Janssen, est complètement chamboulée et ne doute pas que Hanneke saura tirer la situation au clair. Au départ, celle-ci n'est nullement désireuse de franchir la ligne jaune. Elle voue une haine farouche envers les Nazis, mais se sent coupable de la mort de son petit ami Bas (engagé volontaire) et souhaite se tenir à distance de la guerre. C'est pourtant cette blessure qui va l'inciter à partir sur les traces de Mirjam Roodvelt, dont elle sait uniquement qu'elle porte un manteau bleu. Ce maigre indice va conduire son enquête et l'entraîner dans le flou, puis dans des cercles clandestins et enfin dans des actions impensables. Pour Hanneke, déjà douloureusement confrontée aux drames intimes de la guerre, c'est un cap supplémentaire qui lui fait perdre ses dernières plumes de l'enfance insouciante. 

Loin d'être un énième roman sur le sujet, cette lecture offre surtout la possibilité de découvrir une histoire passionnante, qui puise autant dans l'émotion que dans l'action et le suspense. Avec son héroïne de 18 ans, si juste et imparfaite, par ses choix, ses failles et ses engagements, on se lance dans un parcours bouleversant et inattendu. Il y a d'abord sa quête pour retrouver Mirjam, puis sa prise de conscience des dangers qui rôdent, l'horreur des rafles et des dénonciations, la culpabilité et la rédemption. C'est un cheminement chaotique, mais poignant, qui emprunte de nombreuses bifurcations, qui fait aussi battre le cœur plus fort et qui noue l'estomac à l'énoncé des enchaînements tragiques et malheureux. En un mot, c'est excellent ! Et c'est à remettre entre les mains des plus jeunes sans délai.

Gallimard jeunesse, 2016 - traduit par Anne Krief

=======================================

À lire aussi...

Cachés, de Sharon Dogar - Max, de Sarah Cohen-Scali - Les valises, de Sève Laurent-Fajal

 

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,