19/10/11

(...) du jour où il partit sur les routes, il s'éprit de chevalerie, de bonté, de dignité, de liberté et de courtoisie...

Le jeu du chevalier          

Depuis le décès de leur mère, les enfants Bell ont choisi de se réfugier dans le jeu du chevalier pour oublier leur chagrin. Le jeu a été spécialement créé par l'aîné, Sébastien, qui s'est autoproclamé Lancelot, autour de la Table Ronde, dans leur cabane transformée en Camelot, et chacun des membres de la famille est soit écuyer, page ou chevalier. Corrie, onze ans, est en totale admiration devant son grand frère. Toutefois, elle se rend compte que des petits détails ne collent pas, Sébastien s'éloigne de la réalité, parce qu'il veut oublier ses soucis personnels, c'est un garçon très émotif et sensible, mais plus il s'enferme dans son jeu, plus il perd toute notion de perspicacité. 
Corrie est la seule à s'alarmer, elle ne veut pas prévenir son père, enfermé dans son bureau, occupé à préparer ses cours ou à rédiger son roman. Sa soeur Rose préfère tourner le dos et veut vivre une vraie vie d'adolescente, elle se moque du jeu et compte bien passer à autre chose. Tout le monde tourne autour du pot, mais jamais personne ne veut taper du poing sur la table. Plus le temps passe, et plus Corrie est moralement minée. 
Sa nouvelle meilleure amie, Meredith, tente de lui changer les idées. Au lieu de s'en réjouir, Corrie trouve qu'elle empiète trop dans son existence et cherche à s'immiscer dans sa famille. Or, la famille, c'est sacré ! Bouclier intégral autour de la maison. Il faut préserver le cocon. C'est ce que Sébastien s'échine à expliquer, Corrie est du même avis. C'est tellement plus réconfortant de se réfugier chez soi parmi ses rêves, ses jeux et ses lectures. Le monde y apparaît plus doux et rassurant, au diable la vie qui veut vous faire grandir. Corrie n'est pas prête. 

Kit Pearson a su donner le ton en décrivant une ambiance du quotidien délicieusement désuète (nous sommes en 1958 après tout), la grande maison familiale apparaît accueillante et rassurante, on comprend le désir des enfants Bell à ne pas vouloir en sortir pour se confronter au monde extérieur. Et pourtant, ils n'ont plus le choix. Sébastien est en train de sombrer dans une spirale dangereuse pour sa santé mentale, il est temps de se ressaisir et d'assumer ses responsabilités. 
Pour y parvenir, l'auteur n'a nullement recours à la sensiblerie, point de morale ou de divine providence non plus. Jusqu'au bout, le roman peaufine son rythme ronronnant, éclairant les contrariétés et la détresse des protagonistes, avec justesse et intelligence. Plus que tout, j'ai savouré cette ambiance délicate et me suis lovée parmi les pages avec un sentiment de bien-être et de compassion. Car on s'attache à la famille Bell, on les aime tellement qu'on leur souhaite de tout coeur de trouver les bonnes voies et d'être les plus heureux possible. 
Un très bon roman, révélant un auteur prodigieux. 

Le Jeu du Chevalier, par Kit Pearson smileyc002
Albin Michel jeunesse, 2011 - 280 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Alice Seelow 

Perfect Gentle Knight  -) l'édition originale, avec sa très belle couverture ! 

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14/10/11

Blood and earth, hear my appeal : through skin and flesh, readily heal.

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Ce roman est une vraie réussite, pas tout à fait perceptible dans les premiers chapitres, mais lorsque le lecteur se sent à l'aise et a tout saisi de l'ambiance gothique, il ne peut que suivre l'héroïne, Silla, une adolescente complètement paumée depuis la mort brutale de ses parents, et attendre le sombre dénouement avec angoisse. 
Direction la petite ville de Yaleylah, dans le Missouri. Les parents Kennicot ont été retrouvés dans un bain de sang, tout le monde accuse le père, prof de latin, d'avoir pété un câble, mais la jeune fille n'y croit pas une seconde et pense que la menace est venue de l'extérieur. C'est comme ça qu'elle trouve le livre des sortilèges de son père, comme ça qu'elle comprend qu'un monde nouveau s'offre à elle, un monde teinté de magie et de sang, comme ça qu'elle ouvre sa boîte de Pandore. C'est fatal, à partir du moment où Silla se rend dans le cimetière, sur la tombe de ses parents, en feuilletant l'ouvrage, elle entre dans la ronde et ne pourra plus en sortir !  
L'histoire surprend sur plusieurs plans, d'abord parce que l'auteur n'épargne pas ses personnages, souvent confrontés à des situations violentes et douloureuses, avec force détails et descriptions dégoûtantes. C'est l'un ou l'autre - captivant ou rédhibitoire. Et puis, il y a la magie du sang, dans le genre poisseux et dégoulinant, avec ses rituels, ses masques, ses sacrifices... Il ne faut pas songer ouvrir ce livre si on tourne de l'oeil à la moindre goutte de sang, ce n'est même pas la peine ! 
Et pourtant j'ai aimé ça !!! L'histoire est ce qu'elle est : ténébreuse, inquiétante, bizarre, effrayante, romantique et tragique. Le cocktail est très curieux, mais produit une effet magique ! (Je me répète, je sais.) C'est une lecture qui imprègne le lecteur, littéralement, et c'est à cheval entre la fascination et l'appréhension qu'on avale les 490 pages du roman. Un bon gros livre, oui, avec ses scènes sinistres et son décor improbable, mais qui offre aussi de jolis moments de poésie et de théâtre (l'influence de Shakespeare est grande !). 
Une lecture un brin originale, et à l'atmosphère particulièrement envoûtante.

Blood Magic : Le sang ne ment jamais, par Tessa Gratton smileyc002
La Martinière J. 2011 - 490 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Anne-Judith Descombey 

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11/10/11

“Please, ground, just open up and let me fall into an endless crevasse till I hit the center of the earth and combust. Please.”

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Nastasya a 459 ans et une vie de débauche derrière elle. Sur un coup de tête, elle choisit de prendre un nouveau départ et se réfugie dans une ferme bio ambiance familiale pour suivre un programme de choc (manger sainement, s'astreindre à un rythme de vie abêtissant, vivre en communauté). C'est plus qu'un retour aux sources, c'est une redécouverte des vraies valeurs, une façon de comprendre ses erreurs, de faire le tri dans ses souvenirs, de se débarrasser des poids morts, de faire la paix avec soi-même. 
La miss a vécu mille vies, mais n'a pas su percer le secret de ses origines, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'elle a tout enfoui exprès pour étouffer la souffrance, mais sa vie à River's Edge fragilise les remparts derrière lesquels elle se planquait, et quand le passé commence à ressurgir, tel un coup de fouet vivifiant mais aussi cinglant, la fille est prise de panique. 
Nastasya est une héroïne rebelle et farouche, qui refuse de s'épancher et qui s'accroche à ses secrets, de peur de paraître trop vulnérable. C'est tout le propos du roman, d'ailleurs, qui s'intéresse sincèrement aux personnages, à l'apprentissage difficile et douloureux par lequel il faut passer pour s'accorder une seconde chance et oublier les anciennes vies, souvent marquées d'actes horribles et impardonnables. C'est donc une quête de soi-même avec ses hauts et ses bas, et principalement le parcours d'une héroïne tendance psychopathe mais drôle à sa façon, avec la révélation progressive de son histoire, de son attirance pour le dieu Viking de River's Edge et son attachement à cette famille d'allumés, aux allures de hippies, qui enseignent les mystères cachés des plantes médicinales, des cristaux, des huiles essentielles, mais aussi des sortilèges, de l'art magique, des étoiles, des runes etc. 
Une lecture singulière, entraînante et très habile pour nous attirer dans ses filets ! 

Immortels, tome 1 par Cate Tiernan
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011 - 353 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre 

Voyons voir. Mon existence d'avant - fringues de haute couture, fêtes géniales, amis super, drôles, excitants, voyages à gogo, toujours plus d'amusement. Ou bien ma vie présente - chemises de flanelle, grosses bottes et jeans, boulot de subalterne dans un drugstore proche de la faillite, réveils à l'aube... Aucune raison que ma vie me paraisse meilleure. C'était pourtant le cas.

Le tome 2 est déjà disponible !

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On renoue avec le parcours en dents de scie de Nastasya, toujours aux prises avec ses démons. A force de se sentir la cible des forces obscures, elle va inévitablement agir en grande trouillarde qui se respecte et prendre une décision lourde de conséquences. 
Le ton est ici plus sombre, du fait de la déprime profonde de l'héroïne, et semi-tragique aussi, car les derniers chapitres donnent des bouffées d'angoisse et d'agacement. Le récit est également ponctué de scènes rigolotes liées à l'humour sarcastique de Nastasya (son imbroglio sentimental y est pour beaucoup !). 
La série a trouvé son rythme de croisière et nous prépare sur le chemin d'un troisième tome qui assurera le rôle de dégoter toutes les issues possibles pour calmer les angoisses de notre demoiselle immortelle. Et j'aime toujours son caractère insupportable, même si la miss en question ne sait pas faire la distinction entre le bien et le mal dans sa vie !

Immortels, tome 2 : La Traque.
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Avec une excellente traduction de Blandine Longre ! 

** Un mètre quatre-vingts de désastre viking - lumineux, comme il se devait. **

06/10/11

“A hunter in love with his prey.”

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Attention, lecture purement addictive ! Une fois entre les mains, le roman laisse ses pages filer à une vitesse inquiétante. C'est dire le potentiel d'accoutumance qu'il renferme (du moins, en ce qui me concerne, l'effet a été immédiat !). 
L'histoire de Jacinda, une draki, descendante des dragons, pourrait se résumer très classiquement. La jeune fille, qui croyait étouffer au sein de son clan, va tout quitter pour suivre sa mère et sa soeur jumelle dans une ville en plein milieu du désert afin d'y mener une existence nouvelle et plus ordinaire. En l'éloignant des autres drakis, sa mère cherche à tuer celui qui est en Jacinda, une décision que celle-ci subit avec impuissance et douleur. 
Contrairement à Tamra, qui ne s'est jamais manifestée et qui était malheureuse comme les pierres dans les montagnes, Jacinda parvient difficilement à s'adapter à la vie du lycée et aux camaraderies forcées. Seule la rencontre avec Will - le beau Will Rutledge - fait ressurgir chez la jeune fille des émotions fortes, des sensations éteintes. Au contact du garçon, le draki de Jacinda se réveille et lutte contre sa mort programmée. 
Très attirée physiquement, Jacinda se contraint de ne pas succomber à la tentation car Will ... est un chasseur. Elle l'avait rencontré lors d'une traque, au cours de laquelle il lui avait sauvé la peau inexplicablement. Mais il ignore que c'est son secret, et celui jalousement gardé de son clan, et veut pousser plus loin sa relation avec Jacinda. 
Ce premier tome s'attache sommairement à présenter l'univers surnaturel, puisqu'il est principalement dédié à décrire l'histoire d'amour belle mais contrariée des deux protagonistes. En digne midinette qui se respecte, j'ai totalement succombé à cette bluette. Cela peut paraître facile et banal comme intrigue, mais qui bouderait l'effet "papillons dans le ventre" ?! Pas moi. Toutes les scènes entre Will et Jacinda sont émoustillantes, ces deux-là dégagent un flot de sensualité, j'avais le sourire banane rien qu'à les lire. J'ai un coeur de guimauve, que voulez-vous ?! 
Ceci dit, l'histoire est également prenante, avec des événements démentiels qui surviennent à la fin de ce 1er tome, j'avoue que j'ai vraiment hâte de découvrir la suite (la parution française est annoncée pour le printemps 2012, reste la VO déjà disponible).

Lueur de Feu, par Sophie Jordan 
Gallimard jeunesse, 2011 - smileyc002traduit de l'anglais (USA) par Alice Marchand 

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21/09/11

Can I turn into a bat and fly home now ?

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Sarah Dearly, en trois mots : mignonne, mais stupide. 
Suite à un rencard loupé, et arrangé par sa meilleure amie, Sarah découvre que son soupirant est un vampire qui vient de la transformer. Elle est effrayée et doit sa vie sauve à une bande de tueurs qui troue la peau de son créateur. Au secours, elle est la prochaine sur la liste ! Elle croise alors un bon Samaritain, un vrai, qui décide de soulager ses crampes d'estomac en la nourrissant. 
Il s'agit de Thierry de Bennicoeur, le maître vampire le plus puissant de la ville. Mais le type est taciturne, déprimé et dégoûté de la vie. Sans l'intervention de Sarah, il aurait probablement fait le grand plongeon. 
Ces deux-là vont donc conclure un pacte, selon lequel ils doivent se prêter main forte. Or, les évènements vont se précipiter à une allure folle, et souvent Sarah y trempe un doigt de pied avec toute l'insouciance de son jeune âge et de sa bêtise légendaire ! Cette fille est sotte, mais vraiment sotte. Ou naïve, et croyant sincèrement en la bonté des hommes. Tss. 
Il est donc écrit qu'elle ferait une autre rencontre décisive, au cours de cette folle semaine. Il s'appelle Quinn, c'est un charmant ... tueur de vampires ! Le pauvre n'a pas fini de regretter d'avoir croisé le chemin de notre ravissante idiote. 
Non mais franchement, c'est une manie chez Sarah de mettre les pieds dans le plat et de se fourrer toujours dans les mauvais plans. A sa décharge, elle n'écoute pas, n'en fait qu'à sa tête, elle est aveugle, bornée et ne possède aucun discernement. C'est usant ! Certes, à la longue, on finit par s'habituer et c'est aussi grâce à sa maladresse que l'intrigue connaît ses soubresauts déjantés. 
Toutefois, dans le même genre, je préfère nettement la personnalité de Betsy Taylor (cf. la série de MaryJanice Davidson). 
Immortality Bites est une série sympathique et divertissante, où certains passages sont vraiment drôles et où parfois l'attitude de l'héroïne appelle au meurtre (même sa meilleure amie, non merci, je ne peux pas l'encadrer !). J'ignore encore si je m'astreins au même régime pour les 4 prochains tomes (série bouclée, au passage). Parce que c'est charmant et rigolo, malgré tout. C'est juste l'overdose des bêtises de Sarah qu'il faudra canaliser...

Bitten & Smitten (Immortality Bites #1) - Michelle Rowen
Published November 2008 by Grand Central Publishing . DISPONIBLE EN VF.

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20/09/11

Oh La La

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Voilà un deuxième tome qui passe immédiatement la vitesse supérieure, pas le temps de gober les mouches. Riley se réveille nue dans un entrepôt, avec un cadavre à ses côtés. Elle essuie une attaque, parvient à s'échapper de ce centre où elle était, semble-t-il, retenue prisonnière depuis une semaine, mais sous l'effet de la drogue, elle ne se rappelle rien, sinon d'avoir été violée ! (sic) 
Page 50, Riley s'envoie en l'air avec un cheval. Oui, déjà.
Quoi, un cheval ?
En fait, un métamorphe. Il s'appelle Kade, lui aussi était retenu contre son gré dans ce laboratoire et compte bien se venger des traitements infligés. 
A ce stade, il faut donc savoir que notre héroïne n'a pas du tout changé et considère le sexe comme une absolue nécessité dans sa vie. Elle le répète tant et tant de fois, pfiou, c'est parce que nous réagissons avec notre sensibilité humaine que nous n'y comprenons rien. En gros. 
C'est un peu le cas de Quinn, aussi. Notre vampire sexy est de retour. Yeah. Il a bien tenté d'oublier Riley, mais impossible, il l'a dans la peau. Il la veut, toujours, mais veut surtout une relation exclusive. Et il demande ça à une louve nymphomane, le pauvre, il n'a rien compris et il va souffrir. (D'ailleurs, il affiche principalement une mine contrite et désespérée dans ce tome. J'étais à cran, gniii. Il en bave, Riley mérite les pires insultes...)
Autant j'avais pu excuser l'attitude de Riley dans le tome 1, du fait de la fièvre lunaire, autant cette fois j'ai failli craquer face aux scènes de sexe trop nombreuses, souvent inappropriées et décrites en des termes de violence et de passion sauvage. Trop, c'est trop. 
C'est finalement parce que l'intrigue autour est bien ficelée que j'aime cette série. L'étau se resserre autour du grand stratège qui se planque derrière les manipulations génétiques, probablement le tome suivant fera tomber les masques. En attendant, j'espère que Riley aura fait du tri dans son harem et qu'elle évitera de répéter, comme pour se convaincre elle-même, que le sexe est une danse sensuelle absolument complémentaire à sa façon de vivre, qu'il n'est pas né celui qui la fera tout arrêter, sauf si elle rencontre son âme soeur (alors là, j'attends de voir !). J'en viendrais presque à quémander un peu de sentiments romantiques, pour changer...

Le Baiser du Mal (Riley Jenson #2) - Keri Arthur 
Milady, 2010. Traduit de l'anglais par Lorène Lenoir 

 

19/09/11

"Interesting shade #23 Lush Golden Blonde highlights. Heyyyyyy.... The woman in the awful suit was me! "

Undead

En septembre, quand tu entends la grive chanter, cherche la maison pour t'abriter ou du bois pour te chauffer. Traduction pour moi : il est temps de me réfugier avec un bouquin "qui vide la tête" (parce que trop de gris dans le ciel et de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau de là-haut...). C'est chose faite avec MaryJanice Davidson et sa série absolument désopilante !

Undead and Unwed nous raconte l'aventure croquignolesque de Liz Taylor, sans rire, qui en une semaine perd son job, est renversée par une voiture, meurt en se fracassant contre un arbre, se réveille à la morgue, se découvre vampire, et pas n'importe quel vampire, puisqu'elle serait reine ! Dans la foulée, la miss développe des pouvoirs hors du commun, se moque d'un chef de clan et récolte une guerre ouverte, mais refuse de s'allier à un beau gosse au comportement arrogant et redoutablement protecteur. Tout ça en une semaine, oui vraiment, chapeau ! 

Je ne vais pas tourner autour du pot, il n'y a strictement rien à dire sur cette lecture, c'est drôle et divertissant, ça s'arrête là. L'héroïne est un peu cruche mais se défend bien, le potentiel masculin est, lui, tout simplement irrésistible, ça cabriole dans le ventre (et pas seulement), je vous jure... j'en glousse bêtement rien que d'y repenser. L'histoire se lit très vite, il y a toute une brochette de personnages secondaires très attachants, je n'ai qu'une hâte : me procurer la suite pour retrouver tout ce petit monde et prendre du plaisir à découvrir cet univers, qui usurpe les codes de la chick-lit et qui s'en moque aussi, c'est très bien fait, pas lourd du tout, après c'est une question de goût. Pour ma part, c'était pile poil le rendez-vous du moment. Du léger et un sourire banane, merci, au revoir.

Undead and Unwed - MaryJanice Davidson smileyc002
Published March 2004 by Berkley (Berkley Sensation) - DISPONIBLE EN VF.

LUENVOLu en VO - 35

"Oh my God", Marc rhapsodized. "Who is that ?" 
"An asshole," I mumbled, turning back to him and picking up my tea. I was so rattled I sloshed some of the hot liquid on my hand, but I didn't feel a thing. 
"He's coming over here !" Marc squealed. "Oh my God, oh my God, ohmyGod!" 
"Will you get a hold of yourself?" I hissed. "You sound like a girl with a crush. Ah-ha !"

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16/09/11

Doucement sur les macarons, susurrai-je. C'est juste du sucre et du blanc d'oeuf. Pas de l'amour.

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Vous fermez les yeux, vous écoutez les premières notes (qu'une bonne âme consentira à vous lire à haute voix) et aussitôt vous reconnaissez qu'il s'agit d'un roman de Malika Ferdjoukh. Une élégance caractéristique, une tournure ravissante, un exercice de style original, des inventions langagières, des personnages rares, beaux, authentiques et farfelus, un cadre qui vous coupe de votre réalité et vous fait basculer dans le rêve, ou l'éblouissement, c'est doux, réconfortant, chaleureux, même si c'est l'hiver et qu'il neige et que souvent l'héroïne grelotte et se pelotonne sous la couette en avalant du café au lait... 
L'intrigue ressemble à un éventail de découvertes et de révélations que seul le temps permet d'appréhender. Il ne faut pas se précipiter. Pour ma part, j'ai savouré chaque instant, chaque chapitre, j'ai voulu me familiariser avec les personnages, Willa en tête, une jeune fille brillante, qui jongle entre deux adresses, deux parents séparés mais qui s'aiment encore un peu. Willa est une fille saine, sympathique, normale. Sa meilleure amie est fabuleusement riche et vit dans un palace. Son petit copain est beau à damner un saint. Willa mène la vie rêvée des anges, et pourtant ça cloche. L'amoureux devient fuyant, les ennuis pointent leur museau (deux tentatives d'assassinat, un individu qui la guette dans la rue), mais que se passe-t-il ? 
C'est donc tout naturellement que ses petits pas la conduisent jusqu'à l'impasse Praetorius, où est cachée la demeure des Fils-Alberne, une famille doublement placée sous le sceau de la tragédie. Willa a fait la connaissance d'Edern, le fils cadet, et de sa petite soeur, l'étonnante Marni, une amoureuse de musique, comme Willa. Même s'il règne un lourd climat de tension à Fausse-Malice, impossible de ne pas succomber au charme désuet, ni de s'interroger sur le mystère qui entoure la famille... 
C'est une délicate broderie, sur fond de tapisserie couleur framboise, que nous avons là ! Un roman coquet, savoureux, et cousu à l'aiguille. C'est fin, drôle, absolument charmant. Parfois ça fait un peu peur mais ça tient en haleine. C'est également piqué de petites références qui sonnent agréablement à votre oreille. Et c'est dans la directe continuité de Trouville Palace et des Quatre soeurs. À déguster jusqu'à la dernière goutte ! 

Chaque soir à 11 heures, par Malika Ferdjoukh (Flammarion, 2011) smileyc002

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08/09/11

Les Chemins de Poussière #1

Tu es mon sang, Saba.Tu es mon esprit. Tu es mon souffle, tu es mes os... tu es partout en moi. Tu y es depuis le premier jour où je t'ai vue.

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SABA est un roman fort, bouleversant et captivant, avec une héroïne décidée, qui n'écoute que son coeur et se moque du reste, et qui a assisté impuissante à l'enlèvement de son frère et à l'assassinat de son père. Dès lors, elle s'est jurée de tout quitter pour le retrouver. Qu'importe le prix à payer. 

En première ligne des sacrifices, il y a la petite soeur, encombrante et ennuyeuse, qui n'écoute jamais ce qu'on lui demande de faire, et qui voudrait tout le temps prouver ce dont elle est capable. Et il y a les rencontres, opportunes ou malheureuses, qui détournent du droit chemin, et qui plongent l'histoire dans le sombre, la violence et le sang. 

L'histoire se passe au coeur d'un paysage aride, hanté par des cavaliers noirs, où règne un monarque fou dangereux. Au sein du chaos, survient sans prévenir une histoire d'amour, et quel amour ! Un amour brut et sans chichis, où la confiance doit se gagner en douceur, et c'est tout simplement miraculeux. 

Il est difficile, enfin, de ne pas s'attacher aux personnages, ils sont généreux et vrais, apportent à Saba un semblant d'équilibre et lui offrent ainsi une nouvelle famille à laquelle s'accrocher. Bon, il lui faudra du temps pour accepter cette main tendue, la jeune fille est une sauvageonne qui n'a jamais appris à lire et écrire. Je le précise, car c'est sa voix qui nous guide dans le roman, une langue brute qui se moque des belles tournures, mais c'est ce qui "tient" le livre aussi. C'est un style qui peut déconcerter, mais très vite le ton nous emporte et il devient difficile de poser son roman. Cela colle aux doigts et on en redemande. 

Moira Young, SABA.

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Mon avis, plus détaillé ICI.
Saba, Ange de la Mort - Moira Young  
Gallimard jeunesse, 2011 - 348 pages. 16€
Traduit par Laetitia Devaux.
 

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29/08/11

"Tell freedom I said hello."

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Quel beau roman (oui, déjà par la couverture...) ! Je viens de refermer la dernière page et je suis encore sous le charme ! Je voulais prolonger la lecture, ne pas quitter Rhine et poursuivre sa quête à ses côtés. Que c'est noble, fort et brillant, bien que le fond soit dur et féroce aussi. Qu'est-ce que j'aime ce contraste ! C'est également une intrigue essentiellement basée sur de l'action lente et de l'introspection, cela confère un rythme nonchalant qui n'est pas pour me déplaire non plus.

Nous découvrons ainsi un monde ravagé où les jeunes gens sont condamnés à mourir très tôt (25 ans pour les garçons, 20 ans pour les filles). Dans ce climat de "Too young to die", au lieu de rendre la vie plus éclatante et plus belle, de la saisir à bras le corps parce qu'elle devient plus précieuse car éphémère, c'est tout le contraire qui se produit puisqu'il faut se terrer pour échapper aux kidnappings. Être du sexe féminin n'a d'autres valeurs que d'être une chose - sexuelle, pour la plupart des cas. 

Rhine, l'héroïne de seize ans, vit avec son frère jumeau à Manhattan. Depuis la mort tragique de leurs parents, c'est un combat quotidien pour se nourrir et survivre en évitant d'attirer l'attention. Mais la jeune fille tombera dans le piège : droguée, elle sera enlevée pour devenir une épouse d'un jeune gouverneur en Floride. Elle n'est pas seule, deux autres filles l'accompagnent - Cecily et Jenna. C'est un joli harem niché dans un manoir qui croule sous l'opulence, avec des jardins, des couleurs, des senteurs exceptionnels... mais ce décor en carton pâte masque une autre réalité. 

Dès l'instant où Rhine se réveille dans ce paradis factice, elle n'a qu'un seul désir : s'échapper. Elle met au point son plan d'évasion en simulant le bien-être et la félicité mais se fait rattraper par ses bons sentiments et sa compassion. C'est ainsi qu'elle se lie d'amitié avec ses soeurs épouses et s'attache à Linden, son époux affable. C'est un jeune homme rêveur, coincé dans une douce utopie, il est également totalement étranger au monde occulte mis en place par son père, le chercheur Vaughan (merveilleusement illustré par un serpent à sonnettes dans les cauchemars de Rhine, ça fait froid dans le dos mais c'est tout à fait ça !).

Finalement, j'ai trouvé un charme vénéneux à ce roman, parce qu'il est troublant mais envoûtant. Les relations transpirent le parfum de l'interdit, les sentiments amoureux ne sont pas sains (des jeunes filles s'amourachent de leur ravisseur), la frontière est mince entre l'acceptation et la répulsion. Entre l'admiration et l'horreur. Il est aisé de s'identifier à l'héroïne, de comprendre son tiraillement, sa résistance passive, sa frustration et son besoin de liberté. Facile de l'accompagner au cours des 350 pages en attendant le moment décisif - à quand le grand plongeon ?! Terrifiant, mais gratifiant. Dernière chose, j'ai apprécié qu'enfin un auteur tente de bousculer son jeune lecteur en abordant des sujets sensibles (polygamie, expérience génétique, comportement abusif et exploitation sans vergogne du corps féminin...). J'espère que les efforts ne seront pas vains, et que cela prouvera quelque part qu'il faut travailler dans ce sens. Pour l'heure, j'applaudis le tour de force !

Ephémère (Le Dernier Jardin#1) - Lauren DeStefano  smileyc002
Castelmore, 2011 - 350 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière