13/02/12

" Tu ne liras pas dans le bain, ça fait mal aux bras."

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La série de Sue Limb avec Jess Jordan est une série à laquelle je suis très attachée.
Cette fois Jess apparaît vulnérable, par la faute de son petit copain qui lui joue un vilain tour la veille de la rentrée. Elle qui flottait sur un petit nuage connaît la chute libre, de plus son prof d'anglais est en arrêt maladie et remplacé par Miss Epine, alias Tyranosaure. Ajoutez que sa meilleure amie Flora décroche le rôle que Jess convoitait, son numéro de pitre pour le spectacle de Noël n'est plus au programme, plus ce garçon très sexy, qu'elle adorait l'année d'avant, ne cesse de la coller, ce qui voudrait donc dire qu'elle lui plaît ?! Et Fred..., Fred est absent, fuyant, pathétique, cynique et bête comme ses pieds. Pff, drôle de casse-tête. 
Pour la première fois, Jess manque de ressources et constate que son humour légendaire ne peut lui venir en aide, et même sa propre mère passe tout son temps avec un Japonais qui comprend tout de travers. Néanmoins, le sens du tragi-comique de notre héroïne est toujours aiguisé et donne lieu à des scènes désopilantes. 
Dans le fond, ce tome est un tout petit peu moins pétillant que le précédent, mais quel plaisir de suivre Jess et sa clique. C'est une série anglaise qui manie bien les ficelles du genre ! Et moi je suis fan. J'espère d'ailleurs que les deux prochains tomes, parus chez Bloomsbury, seront un jour disponibles en version française. Youhou, y'a réclamation ici-bas ! 

Le tome 15 Ans Welcome to England  est disponible en format poche, dans la collection Pôle Fiction.

16 ans franchement irrésistible (Jess Jordan #4), par Sue Limb (Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012)
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux - illustration de couverture : Soledad Bravi 
(première édition en 2007, coll. Hors Série)


"... quand les dieux s'adressent aux mortels, c'est pour mieux les dévorer."

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Ce roman est un vibrant hommage à la folie pop des années 60, mouvement né en Grande-Bretagne, porté par sa jeunesse agacée d'être enfermée dans des carcans, avec pour symbole, quatre types venus de Liverpool, quatre agitateurs de génie, qui ignorent à quel point ils vont incarner le renouveau dans le paysage musical. 
C'est sorti dans un souffle, mais j'ai trouvé ce roman : superbe. 
Que vous dire ?! C'est l'histoire de Cornelius Caine, un jeune aristocrate, bègue, maladroit et ingénu. Après la mort de son père, il découvre que celui-ci n'était pas son géniteur mais il s'en fiche. Il quitte son pensionnat guindé et réservé pour les riches, obtient le soutien de sa grand-mère et déboule à Londres chez sa cousine Alice. Celle-ci est blonde, ravissante, pimbêche et cynique. Elle est aussi mannequin chez Mary Quant et partage son appartement avec Sally, la petite copine du manager des Beatles. 
Cornelius est un vrai, grand passionné de musique. Aussi sa rencontre avec les Fab Four sera déterminante dans sa vie, et particulièrement le lien étroit qui s'est tissé avec John Lennon himself. Très vite le garçon est grisé, se laisse emporté par ce tourbillon de bonheur, avant la chute ... terrible. 
Ce roman rend compte d'une époque dédiée à la fête, aux rêves et à la révolution. Nous sommes dans un pays qui est sorti éreinté par des années d'après-guerre et dont la jeunesse n'en peut plus de vivre et de s'éclater. La musique apparaît alors comme le refuge idéal, le défouloir propice et salvateur. 
Les années 60 sont synonymes de sons nouveaux, de textes bubble-gum qui parlent d'amour, de prises de conscience, de guitares qui dégomment et d'artistes émergeants, comme les Stones, les Who, les Kinks, Marianne Faithfull, Bob Dylan... La lecture montre l'évolution des moeurs, des tendances, des envies et des coups de gueule. C'est un joyeux fourre-tout, qui trace non seulement un portrait des Beatles, en gros, en bon, en rapide, mais qui dresse aussi un panorama musical de l'époque. Le roman a parfaitement réussi sa mission à vouloir expliquer le courant des débuts de la pop, tout en brodant autour d'une brochette de personnages communs, et très attachants, comme Cornelius, sa cousine Alice, son pote Chris ou Lady Theodora. 
Branché, sans être pédant, instructif, sans vouloir étaler sa science, ce roman touche sa cible et séduit sans concession. Enfin un titre de la collection Backstage qui m'enthousiasme pleinement !

Au nom du Père du Fils et de John Lennon, par Laurence Schaack et Goulven Hamel
illustrations de David Scrima - Nathan, coll. Backstage, 2012. 

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31/01/12

“Do you want this to be a love story?”

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D'abord ils se rencontrent, ils se plaisent et promettent de, peut-être, se revoir. 
Puis elle réalise qui il est et se sent trahie. 
Lui aussi est déboussolé, pour la première fois il ressent quelque chose de fort pour une fille. Sauf qu'il est en train de tomber pour celle qu'il ne faut pas. 
Deux familles, deux clans. Au milieu, une sombre affaire d'agression sexuelle. Mikey et Ellie vivent un amour tourmenté, rongé par les remords, car ils doivent choisir leur camp mais ne peuvent s'y résoudre. 
C'est très beau, très fort, vraiment prenant. On plonge dans les histoires de ces deux familles en prenant conscience des drames qui s'y jouent. Rien n'est simple, trop de responsabilités incombe à ces jeunes gens, la pression est énorme et forcément, comme Mikey et Ellie, on est pris dans l'étau, on suffoque et on croise les doigts, parce qu'on aimerait tellement que ça roule pour eux. 
J'ai finalement trouvé ce roman magnifique, dans le sens où on s'immisce complètement dans l'histoire et on vit ce que vivent les personnages. On ressent ce qu'ils ressentent. On a peur pour eux. On est heureux, ou écoeuré, ou stressé... bref, c'est une lecture comme j'aime !

Toi contre moi, par Jenny Downham 
Plon, 2011. Traduit par Amélie de Maupeou. 

“I like you," he said. He made it sound as if she was bound to disagree with him. She nodded. His face said he was telling her something very important. He said, "I mean it. Whatever happens, you have to believe that.”

27/01/12

“I believe in lust at first sight. And attraction. But not love.”

Il s'appelle Carlos, c'est le petit frère d'Alex Fuentes, et lui aussi est un rebelle, un vrai. Après un passage au Mexique où il a mené la vida loca, Carlos est expédié auprès de son frère afin que celui-ci lui mette un peu de plomb dans le crâne. Mais Carlos a la haine, il porte un jugement dédaigneux sur les choix de son aîné, lui ne croît plus en rien, et surtout pas en l'égalité des chances. Sur son chemin, la petite Kiara Westford va lui donner du fil à retordre. Elle a été désignée pour lui servir de guide au lycée, pouah, cette nana insignifiante dont le look fait pleurer de désespoir... mais Carlos se prête au jeu, celui qui consiste à la titiller exprès pour avoir le plaisir de se frotter à une personnalité pas si fade ! La demoiselle a en effet un caractère bien trempé, et ce couple atypique va nous réserver un véritable duel de séduction haut en couleurs. Il s'agit d'une relecture dans sa traduction française, et franchement j'ai savouré. Mieux que la première fois, c'est pour dire. Toutes les répliques sont là, elles font mouche, et même les scènes les plus tordantes donnent lieu à de grands éclats de rire. C'était comme anticiper le bon, le brut, le truand. Vraiment parfait. Pas de surprise, non, mais que du bon, du très, très bon ! 

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Irrésistible attraction, par Simon Elkeles 
La Martinière J., 2011 - traduction de Sabine Boulongne. 

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Place à un registre un petit peu différent, avec l'histoire de Maggie et Caleb. Ils sont voisins et amis. Ils se connaissent depuis toujours. Un soir, Caleb prend le volant de sa voiture, il est éméché et il renverse une passante en la laissant pour morte. C'est Maggie qui est sur le carreau. Son corps est brisé, marqué à jamais. De longs mois de rééducation vont lui permettre de pouvoir de nouveau marcher, de reprendre un semblant de vie... et pourtant, rien n'est plus comme avant. Caleb a été arrêté, envoyé dans un centre de détention pour mineurs, il a purgé sa peine et doit rentrer à la maison. Le choc pour Maggie, la honte pour Caleb. Tous les deux refusent d'être en présence l'un de l'autre, mais ce ne sera pas évident. Cette fois, pas de bluette avec papillons dans le ventre. Pas de numéro de charme. Pas de roulement d'épaules ou de sourire sarcastique. Le ton est dur, âpre, avec très peu de romantisme. Maggie et Caleb ne cherchent pas à se séduire, mais à survivre. Leur histoire est tellement liée, du coup ils doivent composer l'un avec l'autre, ce qu'on imagine difficile et éprouvant. C'est une histoire plus sensible et profonde, où l'on parle de culpabilité, de douleur, de remords et de non-dits. C'est vraiment pesant, mais quelque part c'est ce qui fait aussi tout son charme. En somme, c'est un roman poignant et très touchant. 

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“Are you following me?" she asks, but doesn't meet my gaze. 
"Yeah," I say. 
"Why?" 
I give her the only honest and true answer I have. "You're where I want to be.”

Paradise, par Simone Elkeles
La Martinière J., 2012. Traduction de Sylvie Del Cotto.

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25/01/12

"You can't just turn your heart off like a faucet; you have to go to the source and dry it out, drop by drop."

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C'est un des premiers romans de Sarah Dessen, et franchement il est très beau, annonciateur de toutes les qualités qui seront sa marque de fabrique. Halley, bientôt seize ans, rentre de vacances en découvrant la mort d'un garçon dont sa meilleure amie Scarlett était amoureuse. (Quelques mois après, elle découvrira qu'elle est enceinte et fera tout pour garder son bébé.) De son côté, Halley est tombée folle amoureuse de Tristan Faulkner, un garçon très différent d'elle, et parce qu'il incarne l'interdit et l'impertinence, elle est attirée par lui. De fil en aiguille, elle se coupe de l'attention trop protectrice de ses parents, elle commet des petites bêtises et elle ment. Alors qu'elle entretenait une relation de confiance et de complicité avec sa mère, elle réalise qu'elle veut autre chose, vivre de nouvelles expériences, avoir ses propres opinions, mais le dialogue entre la mère et la fille passe mal.

Ouhlala. Voilà donc un très joli roman qui aborde, avec tendresse et douceur, les liens qui se tissent dans une vie, ceux avec nos parents, nos amis et nos amoureux. C'est souvent compliqué à gérer, mais il y a un temps pour tout. Halley doit apprendre à grandir en se cassant les dents, sa mère doit se tenir à distance mais garder un oeil sur elle, parce que c'est son rôle aussi, et en même temps celle-ci découvre ce que c'est de "redevenir" une fille lorsque sa propre mère vieillit et perd la tête. *Instant d'identification totale.*

Plus d'une fois je me suis sentie proche des personnages, parce qu'on commet tous des erreurs, on est trop ou pas assez présent pour les autres, on pense bien faire, et ce n'est pas vrai, ou on panique et c'est pire encore. Halley, qui se sentait comme une coquille vide, apprend donc à piocher des couleurs ci ou là pour donner une dimension à ce qu'elle est, selon ses goûts et ses propres attentes (non pas selon celles des autres, c'est tellement courant !). De manière générale, j'ai trouvé que ce roman donnait un vrai sens au fait de grandir et de devenir femme à travers les différents portraits croisés dans l'histoire. Vraiment, un très joli moment à partager.

Quelqu'un comme toi, par Sarah Dessen
Pocket jeunesse, 2011. Traduction de Véronique Minder. 
Merci Alya !  

“There are some things in this world you rely on, like a sure bet. And when they let you down, shifting from where you've carefully placed them, it shakes your faith, right where you stand.” 


14/01/12

“Let’s just remember, Sullivan, that I want you for your smoked meats and your smoked meats only.”

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Ce troisième tome se consacre au coeur du problème : la relation tumultueuse entre Merit et Ethan. Ces deux-là se tournent autour depuis le début, ils s'attirent et se repoussent, vont-ils enfin passer à l'action ? 
Oui. 
Amen. 
Sauf que la messe n'est pas dite, et de nouveau la passion tourmentée de notre couple vedette va revenir sur le devant de la scène. Comme c'est frustrant ! 
D'un autre côté, c'est ce qui alimente la série, et ici, pas de doute possible, l'intensité sexuelle est à son apogée. Merit est une héroïne admirable, elle aura besoin de toute sa force pour affronter ce que Sullivan va lui infliger. Ethan est odieux, oui, mais il est sexy et irrésistible dans son genre. Ce vampire est toxique, que voulez-vous, c'est ce que les filles veulent. 
Il serait, toutefois, difficile de résister à ses déclarations. Lorsqu'il abat ses cartes et annonce enfin qu'il est totalement démuni face à sa Sentinelle, ou lorsqu'il reconnaît qu'il a besoin d'elle plus qu'il n'en a jamais eu conscience dans sa longue existence, la lectrice pousse de grooos soupirs extatiques. 
Avec toutes ses hormones en ébullition, on en oublierait presque qu'une intrigue politique se dresse à côté. Les métamorphes se réunissent à Chicago pour décider s'ils veulent affronter le climat haineux de la population ou s'ils préfèrent rentrer chez eux à l'abri, en laissant tomber les vampires, leurs pires ennemis. Fait exceptionnel, l'Alpha Gabriel a sollicité l'aide de Sullivan et de Merit pour sa protection. Un contrat sur sa tête a été ordonné. Cela sent le grabuge et la trahison. Nos représentants de Cadogan ont de sérieux soucis à se faire. 
Et justement, la problématique politique frappera de plein fouet leur relation si compliquée... 
Ce tome 3 signe pour moi mon addiction totale et incompressible envers cette série. La lecture a juste été parfaite, j'en veux encore.

Twice Bitten (Chicagoland Vampires #3) - Chloe Neill
Published October 2010 by Gollancz 

- disponible en VF chez Milady : chloeneill3 

05/01/12

"Je suis une gentille de la catégorie des bonnes poires."

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Felicity Atcock a pour faiblesse de ne pas savoir dire non : lorsque sa collègue Daphnée la sollicite pour une virée à Londres, elle dit ok en se mordant les lèvres. Ce soir-là, elle rencontre un type baraqué, à la beauté renversante, il la suit jusqu'aux toilettes et lui fait du rentre-dedans. Elle se réveille le lendemain, dans une chambre d'hôtel au rabais, avec une migraine et la vague impression d'avoir vécu une folle partie de jambes en l'air sans le moindre souvenir ! La honte.

Felicity pense retrouver le cours normal de son existence, mais les ennuis s'enchaînent : le colocataire de cette fichue Daphnée est découvert raide, complètement vidé de son sang. Deux jours après, il réapparaît sous la forme d'un vampire ! Il a une fringale de sang et de sexe, Felicity crie au secours et c'est le torride détective Terrence McAllister qui se pointe. Ce type est chaud, très chaud. Il est arrogant et sûr de lui. Felicity ne le supporte pas, mais accepte de sortir avec lui ! C'est son plus gros défaut, vous dis-je, ne pas savoir dire non.

J'ai eu beaucoup de mal à digérer les 50 premières pages tant l'histoire me faisait l'effet d'être vraiment peu subtile, et puis je m'y suis habituée. Certes l'intrigue est assez banale mais elle se laisse lire sans déplaisir. Il faut juste canaliser l'humour bêta de Felicity et faire contre mauvaise fortune bon coeur des scènes grivoises. Oui, c'est trèèès porté sur le sexe et sur les détails affriolants, pas toujours de bon goût hélas. Enfin moi, je n'ai pas trop adhéré (tout en reconnaissant le sex-appeal de Terrence, cela va sans dire).  En fait, ce roman est victime des défauts et qualités du genre : c'est une lecture purement distrayante, avec des passages risibles (le coup de Mme Mim, alias la tante vampire de Felicity, par exemple) mais c'est aussi passablement niais et affligeant. En somme, un joli emballage pour un contenu désinvolte et peu folichon. Je mets une option sur la suite.

Les anges mordent aussi, par Sophie Jomain
Rebelle Editions, 2011. (ouvrage avec coquilles !) 
illustration : Sylvie Saint-Lager 

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04/01/12

“He said my name the way diabetics talked about hot fudge sundaes.”

Une série, pour le fun ! Premier tome lu ici.

undead2Dans ce tome 2, Betsy est toujours en pétard contre Sinclair, qu'elle accuse d'avoir abusé de sa naïveté pour obtenir son statut de consort. Elle a, de plus, sur les bras cette histoire de reine des vampires à gérer, ce qui n'est pas une mince affaire car sa position n'est pas crédible aux yeux de toute la communauté vampirique. Cette dernière est également la cible d'une bande de justiciers invisibles, et en son devoir de reine, Betsy doit arrêter le massacre ! 
Entre-temps, elle a trouvé du travail chez Macy's, le temple de la chaussure. Forcément Betsy est aux anges et refuse de céder sa place, malgré les remontrances de Sinclair. La situation est toujours tendue et torride entre eux deux, c'est exactement comme dans le premier tome, un mélange d'humour et de séduction, j'aime beaucoup ! 
Betsy Taylor est une vraie héroïne de chick-lit, elle est capricieuse, insupportable, tordue et chieuse, ses amis lui pardonnent tous ses défauts, et moi aussi, car franchement c'est un plaisir, simple mais vrai, de suivre ses aventures, lesquelles ne mangent pas de pain. C'est une lecture pour se divertir, et c'est tout ce que je demande.

 

undead3Betsy découvre qu'elle a une demi-soeur, qui n'est autre que la fille de Satan ! Une nouvelle fois, elle se fâche avec Sinclair pour lui avoir caché ce détail. Résultat, elle s'enferme dans la bibliothèque pour lire Le livre des morts et devient complètement folle. Ses pulsions démoniaques lui font commettre les pires atrocités et ce n'est pas sûr que ses proches lui pardonnent. Alors Betsy veut retrouver cette fameuse demi-soeur, chérie par l'Etoile du Matin, et promise à régner sur le monde. Grosse surprise le jour J ! 
De plus, Betsy devient jalouse de l'intérêt que porte Sinclair pour cette soeurette, ce qui lui fait ENFIN prendre conscience de ses sentiments cachés pour lui. Pas besoin de craindre un soupçon d'endormissement chez notre couple, Betsy et Sinclair ont trop mauvais caractère pour jouer les amoureux transis et mielleux. Chic, alors ! 
J'ai trouvé l'histoire complètement dingue, mais un peu plus poussive dans l'ensemble. La série fonctionne sur le même mode opératoire, jusqu'à présent c'est sympa à suivre mais il faudrait penser à pimenter le tout ou chercher à se renouveller. En attendant, les passages avec Sinclair sont toujours savoureux.

 

undead4Betsy est fiancée, mais la paix ne règne pas au sein de son ménage. Sinclair est jaloux, et pour la première fois il a peur ! Le petit Jon est de retour en ville et s'est installé dans leur grande maison de Summit Avenue, au grand dam du roi. Sous le coup de la colère, Betsy lui avoue qu'elle peut lire ses pensées intimes au moment où ils se livrent à leurs ébats passionnés, et la nouvelle passe mal, Sinclair prend ses cliques et ses claques, meurtri dans sa chair. 
Alors qu'elle tente de sécher ses larmes, Betsy doit répondre à ses devoirs de reine en écoutant les plaintes des fantômes qui se manifestent à elle, et notamment la victime du tueur en série qui s'en prend à toutes les belles plantes blondes de la ville. De plus, sa demi-soeur Laura commence à manifester un brusque changement de comportement. Basculerait-elle du côté de la force obscure ? 
Ce quatrième tome est toujours aussi drôle, mais il manque un peu de consistance. En gros, Queen Betsy fait son show, à côté de ça il n'y a rien de neuf sous le soleil. L'intrigue 'criminelle' est franchement traitée  à la légère (zou, un coup de bûche sur la tête et on n'en cause plus). Et même les histoires de couple de Betsy tendent à s'essoufler (c'est toujours la même rengaine, quoi). A lire sur le pouce, oui, génial : c'est drôle et divertissant, hyper efficace. Il faudrait cependant que Betsy ne devienne pas une caricature d'elle-même ! 

 

 Published August 2004 - July 2005 - May 2006 by Berkley (Berkley Sensation)

- disponibles en VF chez Milady, avec des ravissantes couvertures illustrées par Maureen Wingrove, alias Diglee : betsy2  betsy3  betsy4

03/01/12

“Somebody put a plant in front of it!”

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Rencontre explosive entre Kaderin, la Valkyrie sans coeur, et Sebastian Wroth, le vampire taciturne qui veut en finir avec la vie ... sauf que la mise en présence de ces deux-là dans la même pièce réveille la flamme de vie pour lui et celle des émotions pour elle. Mais ce serait trop facile, et malgré quelques séquences de frotti-frotta surprenantes, le couple ne tombe pas dans la guimauve (la demoiselle est une vraie peste !) et passe son temps à s'échapper, tout ça sur fond de Quête à la Indiana Jones. 
Cela m'a peut-être pris plus d'un an avant de renouer avec cette série, mais ça valait le coup ! L'histoire du couple est incandescente, pas moins (même pas 30 pages lues, et déjà une scène de galipettes, excusez du peu !). Sebastian est attendrissant, pas mielleux du tout, malgré mes craintes (il est décrit comme inexpérimenté et peu sûr de lui), car il reste déterminé à conquérir sa belle. Celle-ci lui en fait baver, mais le vampire ne perd nullement de sa superbe, et question virilité, il assure toujours ! Alors il ne cesse de la poursuivre de ses assiduités et finit par procéder à tous types de chantages pour la faire craquer (et oui, ça marche !). Mais pas avant le dernier tiers du roman. En attendant, oui ça se frotte et ça se touche comme des bêtes excitées, mais ça ne dépasse jamais la limite autorisée. (Bah, personnellement j'ai trouvé que ça faisait un peu adolescent, mais bon...)  
Rassurez-vous, cette lecture demeure torride et fidèle à sa réputation. C'est vraiment une série riche et excitante, avec des personnages très attachants (comme Regina, par exemple, une Valkyrie à l'humour déjanté, encore huit tomes avant de découvrir son histoire plus intensément - il me tarde !). Mais aussi Conrad, encore un être torturé... ça promet ! Voilà qui augure de beaux moments de distraction.

La Valkyrie Sans Coeur (Les ombres de la nuit #2) par Kresley Cole
J'ai Lu 2010, coll. Crépuscule. Traduit de l'américain par Michelle Charrier 

12/12/11

Des animaux si placides et autonomes...

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Je m'attendais à un roman plus enfantin, et bien pas du tout ! Quelle bonne surprise ! Certes, des animaux sont au coeur de l'intrigue, mais leurs agissements et leurs pensées sont tellement calqués sur le modèle humain que ça en est confondant. Alors, on trouve des magouilles politiques, des kidnappings, des trahisons, des meurtres, de gros profits sur le dos des plus malheureux, des êtres égarés qui ne savent plus à quel saint se vouer... L'ambiance n'est pas à la fête, mais c'est justement ce climat sombre et sans pitié qui a su me captiver. 

A Foxboro, les renards crient famine et réclament auprès de leurs dirigeants de trouver une solution. N'y aurait-il pas dans les environs une forteresse de lapins, un garde-manger ô combien tentant pour des estomacs qui n'en peuvent plus de se tordre de douleur  ? Isaac, le vénérable directeur de l'administration de la ville, convoque son frère Harry pour une mission fortement monnayée. Il lui faut se rendre dans la forêt pour découvrir quel triste sort ont connu les éclaireurs précédemment envoyés afin de déterminer l'existence réelle, ou pas, des lapins. En chemin, il lui est notamment déconseillé de se rendre à l'Auberge de la Forêt ... il risquerait d'y faire des mauvaises rencontres. Un vison, par exemple. Un dénommé Gérard, très roublard à toujours vouloir arrondir les angles. Harry n'est pas un exemple de vertu non plus, aussi il sait toujours quand on cherche à le tromper. De toute façon, l'affaire confiée par son frère sent le mauvais plan pourri à des kilomètres à la ronde. Isaac et Harry se détestent depuis l'enfance, ils ont pris des chemins différents, aujourd'hui c'est juste par profit mutuel que tous deux se rencontrent. 

Et effectivement, il existe bel et bien une forteresse où sont planqués tous les lapins ! Eux aussi vivent au sein d'une communauté civilisée et hiérarchiquement organisée. Toutefois, depuis plusieurs mois, le climat est à la suspicion suite aux multiples disparitions de concitoyens. Le gouvernement veut arrêter les rebelles et leurs complices. Ce faisant, Quentin, un jeune lapin érudit, qui apprécie le confort et la routine, voit son existence bouleversée par la faute d'un ancien camarade d'école, Wally, qui prenait plaisir à le torturer. Il est de retour en ville et déterminé à se venger. Quentin doit à tout prix quitter l'enceinte protectrice de la forteresse, pensant trouver refuge auprès des rebelles, mais en chemin il va fourrer son museau dans une vaste escroquerie. 

J'ai beaucoup apprécié l'étonnante intrigue de ce roman, où les intentions les plus viles sont mises en scène, avec un certain humour noir. Même les personnages ne sont pas tous purs et nobles, mais opportunistes, craintifs et complices malgré eux. C'est une interprétation libre et intéressante de notre société corrompue par l'appât du gain, où il n'est pas dit que ce sont les meilleurs qui gagnent à la fin. Voilà un roman à lire, très vite et sans attente particulière. Ce fut un vrai plaisir !

La Forteresse des Lapins, par Linda Zuckerman
Seuil jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Daniel Lemoine. 
illustration de couverture : Elizabeth Parisi 

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