25/02/13

"... il est bien connu que la salle de bains est le lieu idéal pour une bonne séance de pleurs."

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Suite à une énième crise dans leur couple, Jess a choisi de rompre avec Fred. C'était sans se douter des conséquences que cette décision aurait sur son moral et son état d'esprit (et même sur l'ambiance générale du livre). Car Jess va expérimenter les tracas de la rupture, avec une certaine sournoiserie qui va la ronger de l'intérieur. Elle s'imaginait bêtement que Fred allait se morfondre de douleur et ramper à ses pieds pour lui demander pardon, au lieu de cela le garçon s'affiche avec une autre fille de leur classe, Jodie, jolie mais un peu bécasse.

Bien entendu Jess est malheureuse et pense se consoler en passant beaucoup de temps avec son nouveau voisin, Luke Appleton. Toutefois elle n'arrive pas à oublier Fred, qui se montre particulièrement goujat et grossier (quelle claque !), leurs rapports sont désormais tendus, les vannes pleuvent à la moindre occasion, les anciens amis ne se comprennent plus et cherchent à s'éviter. En bref, on ne sait plus trop sur quel pied danser.

J'ai eu une sensation de manque en lisant ce cinquième tome des aventures de notre tragi-comédienne Jess Jordan. En gros, c'était drôle, mais un peu forcé aussi. En dépit des bonnes vieilles scènes rigolotes, on constate que les déboires de l'adolescente sont bien réels et sincères, sa séparation avec Fred est dure à encaisser, je crois que ça a déteint sur l'ambiance générale du livre. On ressent comme une certaine morosité entre les lignes, et même la famille de Flora est frappée de plein fouet par la crise économique. Peut-être le signe d'une nouvelle époque ? 

*** Un prochain titre devrait suivre, intitulé Party disaster ! en VO. Par contre, le titre Girl, 16: Five Star Fiasco a été zappé. ???!! Dommage, il aurait apporté des éléments éclairants sur la vie sentimentale de la mère de Jess, qui file un mauvais coton dans ce livre (pourquoi ?), mais aussi sur son père, brusquement seul et sans le sou (mais pourquoi ?!). ***

Nota Bene : Girl, 16: Five Star Fiasco  a finalement été traduit ! Voilà qui bouleverse complètement l'ordre de la série en VF !!

16 ans S.O.S Chocolat (Jess Jordan #6), par Sue Limb 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2013 -
traduit par Emmanuelle Casse-Castric
illustration de couverture : Soledad Bravi 

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22/02/13

Non loin d'un ballon il y a toujours une aiguille !

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Clio avait des projets bien définis pour ses vacances d'été : elle avait décroché un job dans son magasin d'art préféré (et aurait ainsi passé autant de temps qu'elle le souhaitait avec son béguin du moment, Ollie). C'est alors que son père arrive avec ses gros sabots et l'embarque avec lui sur un yacht, au large de l'Italie. N'importe quelle jeune fille de 17 ans ferait des bonds de cabri à cette annonce, pas Clio, trop habituée aux excentricités de son père.

Cela commence par la rencontre avec Julia, la nouvelle petite amie de son père, qui est aussi archéologue, et sa fille Elsa, belle, grande et blonde, de quoi pâlir de jalousie. Leur bande est également constituée d'un vieil ami de la famille, Martin, et d'un jeune étudiant de l'université de Yale et Cambridge, Aidan, l'assistant de Julia. Tous vont se retrouver confinés sur un beau bateau, mais coupés du monde extérieur, puisque le téléphone et internet ne sont pas autorisés à bord. Là, Clio sent qu'elle est au bord de la crise de nerfs.

De plus, elle comprend que son père lui cache quelque chose et qu'elle est la seule à ne pas être dans la confidence ... puisque tout ce qu'on lui demande, c'est de faire la cuisine. Elle surprend des messes basses, un équipement de plongée, des cartes maritimes, tout un arsenal qui ne laisse aucun doute planer : ils ne sont pas en vacances pour se dorer la pilule au soleil, ils sont venus près de Pompéi dans l'espoir de trouver un trésor !

Ses relations avec son père deviennent de plus en plus conflictuelles. Clio ne lui a jamais pardonné son départ ni le divorce. Elle entend aussi se défouler sur Aidan, qui le lui rend bien en se montrant piquant et narquois dès qu'elle ouvre la bouche. Seule Elsa, qui tente de soigner son chagrin d'amour, est la personne la plus sincère et accessible sur ce yacht ! Fichues vacances qui promettent, pourtant, des aventures mouvementées...

"Une fille à la mer" est une jolie lecture, très charmante, pleine de fraîcheur, une promesse d'évasion et de divertissement. Maureen Johnson sait admirablement raconter ses histoires et nous faire aimer ses personnages, les rendant vrais, sincères, touchants, avec leurs qualités et leurs défauts, bref très proches de nous, et c'est ce qui donne à ce roman son caractère de petite bulle réconfortante. J'ai beaucoup aimé ! (Peut se lire sur la plage, dans l'idéal.)

Une fille à la mer, par Maureen Johnson
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012 - traduit par Laetitia Devaux

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21/02/13

Petit capuchon noisettes et fraises des bois rencontrent le loup ♥

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Vouloir raconter un conte en trois lignes, c'est essayer de mettre un kilo d'oranges dans une toute petite fiole ! Un pari un peu fou, vingt haïkus illustrés, comme autant de petits mondes merveilleux et énigmatiques qui contiendraient l'essence de chaque conte. A savourer, à deviner...

Attention, pépite ! Ce petit livre, à la couverture cartonnée, recèle vingt contes résumés en trois lignes, sous forme d'haïkus, et sont magnifiquement illustrés par Cécile Hudrisier.

Une petite touche de poésie, une petite touche de fantaisie, une petite touche de rêve... Ce livre est un condensé de petites touches merveilleuses, qui vous comblent, vous plaisent et ne cessent de vous surprendre page après page. A lire un peu comme un jeu de pistes, où l'on s'amuserait à décoder avec amour chaque conte (tous sont parfaitement identifiables !).

Promis, vous allez succomber ! Cette lecture élève l'exercice de l'haïku à un art subtil et enchanteur, le monde des contes vous apparaîtra encore plus beau, avec cette petite pointe colorée, admirablement servie par des illustrations pleines de finesse.

A admirer de toute urgence.

Il était une fois (Contes en haïku), par Agnès Domergue et Cécile Hudrisier (éditions Thierry Magnier, 2013)

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04/02/13

"Je suis fatiguée de me souvenir."

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Grace se réveille dans une pièce toute blanche, où elle pense être retenue en otage par un certain Ethan, un type très séduisant qu'elle a rencontré au parc, alors qu'elle était ivre morte, et qui vient effectivement lui apporter des plateaux-repas sans dire un mot. Pourquoi est-elle là ? Elle a un peu la mémoire en vrac, alors elle se force et commence à raconter son histoire.

Adolescente déjantée et perturbée par la mort de son père, Grace s'est mise à boire beaucoup, à sortir, à draguer et à coucher avec des garçons, de même elle se mutile la peau mais ne confie à personne son désarroi. Sa mère est tout le temps absente, Grace n'a pas d'amis dignes de confiance, jusqu'à ce qu'elle rencontre Sal, qui vient d'emménager et avec qui elle s'entend tout de suite très bien, au point de lui parler d'elle sans cacher ses secrets les plus honteux. Tout roule jusqu'au jour où les deux filles se disputent, Grace est au bout du rouleau mais rencontre Nat à l'arrêt de bus. C'est un garçon ordinaire, sur lequel elle ne flashe pas immédiatement, mais qu'elle va revoir des jours plus tard, et ainsi de suite. Elle va tomber folle amoureuse de lui, vouloir partager son bonheur, se réconcilier avec Sal et planer sur son petit nuage.

Assez rapidement, on prend conscience que l'histoire ne tourne pas rond et qu'elle va mal finir. On aimerait prévenir Grace, la maintenir à distance et la préserver de la casse, mais on fonce avec elle droit dans le mur et on prend les mêmes coups. Forcément on a mal. On souffre pour Grace aussi. C'est là le tour de force du roman, de réussir à nous capturer entre ses filets, de nous faire vivre la spirale infernale d'une adolescente en détresse affective et qui perd pied. C'est, tout simplement, bouleversant. Très à fleur de peau. C'est la deuxième fois que je lis ce roman (la première fois en français) et j'ai ressenti exactement les mêmes émotions. Même si je savais d'avance ce qui m'attendait, j'ai replongé aussi sec dans ce récit troublant, hypnotique et d'une sensibilité rare.

C'est une lecture que je conseille fortement. Pour toutes les âmes en dérive, "fatiguées de se souvenir". Il y a tout de même un message positif : ne jamais laisser tomber, ne jamais renoncer.

Confusion, par Cat Clarke
Robert Laffont, coll. R, 2012 -  traduit par Alexandra Maillard

J'ai rêvé que tu cognais
À ma porte sans relâche
Les bruits qui montaient en l'air
Me rendaient folle de rage
Tu cognais, cognais, cognais

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21/01/13

"Parfois, être optimiste, ça demandait simplement trop d'efforts."

lamourettout

Callie a 30 ans, elle est célibataire et folle amoureuse de son patron, Mark, avec qui elle a eu une brève aventure il y a quelques mois. Elle ne désespère pas de le reconquérir, même si celui-ci s'affiche déjà avec une nouvelle conquête. Complètement déboussolée, Callie décide d'opter pour le Plan B : il lui faut un autre homme dans sa vie, pour titiller la jalousie de Mark. Ce sera donc Ian McFarland, le jeune véto qui vient de s'installer en ville, un type trèèès séduisant mais aussi glacial qu'un iceberg. La jeune femme a bien du souci à se faire pour le dérider.

Et c'est ce qui est particulièrement drôle, car Callie est pétulante, enjouée, bavarde et pleine d'allant, tandis que Ian est tout son contraire. Or, dès que celui-ci lâche le moindre sourire ou montre qu'il n'est pas si insensible que cela, c'est la nouba à tous les étages. En attendant, il faut ramer sec. Donc, peu de jeu de séduction flagrant mais une tendre connivence qui s'installe au fil des chapitres... Certes, il est divorcé et marqué à vif, elle est obnubilée par son patron et a du mal à tourner la page. La romance entre ces deux-là ne peut que se gagner au terme d'une longue patience.

A côté, on découvre la petite ville de Georgebury dans le Vermont, avec sa communauté très attachante. Callie vit chez son grand-père, Noah, un monsieur grognon et taciturne, mais qui a un cœur d'or. Sa famille est complètement folle, ses parents ont divorcé depuis 22 ans mais son père espère se réconcilier avec sa mère, même si celle-ci ne lui pardonne pas son infidélité. Sa sœur aînée est devenue aigrie et a pris en horreur les hommes, son frère joue les détachés mais n'a aucun but dans la vie. Au milieu, Callie tente d'adoucir les angles et de faire en sorte que les réunions familiales ne virent pas à la catastrophe (peine perdue).

Enfin bon, tout ça pour dire qu'on découvre un roman surprenant et très agréable, où il est question d'amour et de romance, mais pas seulement, car une relation se construit aussi avec "tout ce qui va avec". Ceci dit, l'histoire se veut légère, frivole et alerte, j'ai beaucoup souri au cours de ma lecture et j'ai trouvé en Callie une héroïne formidable. Toujours à espérer, à garder confiance en elle et à partager cette joie de vivre. On sort de cette lecture avec la sensation de quitter une petite bulle de bonheur, sans la moindre tristesse non plus. Autant d'enthousiasme procure un bien fou ! Je relirai très prochainement cet auteur.

L'Amour et tout ce qui va avec, par Kristan Higgins
Harlequin, coll. Mosaïc, 2012 - traduit par Jeanne Deschamp

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09/01/13

"You will always be a monster, there is no turning back from it. But what type of monster you become is entirely up to you."

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Cette nouvelle série de Julie Kagawa a été une réelle bonne surprise ! C'est un roman sur les vampires, qui se passe dans un futur hypothétique, et qui nous propose quatre pistes de lecture toutes plus intéressantes les unes que les autres. D'abord, nous faisons connaissance avec Allie, une jeune fille qui tente de survivre en pillant les poubelles pour manger et qui se cache des vampires pour ne pas être enregistrée et servir de banque de sang. Sa petite bande et elle vont organiser une excursion au-delà des murs de la ville, mais leur épopée va mal tourner. Pour Allie, deux options s'offrent à elle : mourir ou devenir elle-même un vampire !

Il faut expliquer que la population humaine a été décimée par un grand fléau, contre lequel seuls les vampires auraient pu résister. Les scientifiques ont tenté de trouver un remède, mais à la place ils ont créé une nouvelle espèce, les Enragés, sorte de croisement entre le zombie et le vampire. Résultat, nul n'est à l'abri du danger et ça zigouille à tour de bras. Allie va tenter de se familiariser à son nouveau mode de vie, refusant de se considérer comme un monstre, tentant de préserver le minimum d'humanité qui subsiste en elle, mais c'est très difficile. C'est surtout le regard des autres qui lui rappelle quelle est sa place désormais.

Par un étrange concours de circonstances, Allie va se joindre à un groupe d'hommes et de femmes guidé par un ancien pasteur en quête d'un lieu baptisé Eden. Leur expédition est suicidaire, mais la jeune fille est attirée par cette famille et se glisse parmi eux en dissimulant qui elle est. Elle va se lier avec le fils du pasteur, le très charmant Zeke, s'attacher, prendre des risques et se mettre en péril. Mais sûr que ça valait le coup ! Même si les vérités sont encore plus douloureuses, se bercer d'illusions le temps de quelques semaines est une aubaine à saisir à bras le corps, et en haussant les épaules.

L'univers de la série est infiniment plus sombre, plus dur que ce à quoi nous avait habitué l'auteur. C'est nettement moins romantique, aussi les quelques percées sentimentales sont à déguster avec une petite cuillère, en savourant chaque bouchée. Le rythme de lecture est vif, intense et trépidant. Ce 1er tome parvient à nous séduire sans effort, il y a aussi la petite touche d'humour fortement appréciable, l'héroïne est forte et sensible, l'action surgit sans prévenir, enfin bref c'est agréablement surprenant, ça se lit avec avidité et je réclame la suite avec impatience !

Je suis une immortelle, par Julie Kagawa
Harlequin, coll. Darkiss, 2012 - traduit par Marilyne Beury
 

"You didn't hear what she told me when I got up -- you're so cute I could put you in a pie. Tell me that's not the creepiest thing you've ever heard."

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07/01/13

"Well, she's not responding to my advances," he observed more brightly than he felt, "so she must be dead."

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Encore une réussite pour Cassandra Clare, qui a su me séduire avec sa série sur les origines de la Cité des Ténèbres. Ce n'était pas difficile non plus, puisque bon nombre d'éléments ont su me rappeler ce qui m'avait tant plu déjà. Car même si l'histoire se passe à Londres, au XIXème siècle, nous retrouvons les fondamentaux avec les chasseurs d'ombres, l'Institut, les runes, les créatures obscures, les personnages torturés, les secrets, les badinages amoureux, les liaisons impossibles... C'est follement passionnant, je l'avoue. J'ai été prise dans les filets au bout de quelques pages, pleinement séduite et avide de curiosité.

Au centre de l'histoire, nous découvrons Tessa Gray, orpheline de seize ans, qui vient de débarquer par le premier navire pour rejoindre son frère Nate, lequel aurait mystérieusement disparu, et ce sont les redoutables Sœurs Noires qui vont accueillir la jeune fille et l'initier à leur monde occulte. Tessa croisera aussi la route de William Herondale et de James Carstairs, deux chasseurs d'Ombres aussi dissemblables que le jour et la nuit. Will est impétueux, sarcastique et possédé par le démon, Jem est plus sensible, mystérieux et frappé d'un mal étrange. Ils vont être les remparts de Tessa, dont le caractère franc et frondeur risque bien de se heurter à des dangers qu'elle n'aurait jamais cru possible d'exister, elle aura de plus la tâche de sauver son frère, comprendre qui elle est vraiment et se débattre avec ses sentiments naissants pour un beau chasseur.

Peu de temps mort au programme, la mécanique est imparable : de l'action, un univers solide, des clins d'œil à perte d'horizon (Magnus Bane dans la place !), des répliques savoureuses, du suspense, des doutes et des trahisons... En somme, c'est une lecture habile et divertissante, car bichonnée avec amour et tendresse. L'effet est prenant et terriblement addictif ! Je suis tentée de lire la suite, déjà disponible en VO (Clockwork Prince).

L'Ange Mécanique, par Cassandra Clare
PKJ. novembre 2012 - traduit par Julie Lafon

22/12/12

Cold Case danois

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Carl Morck est un enquêteur hors pair, mais une récente affaire l'a fait tomber dans une fusillade qui a coûté la vie à un collègue et scotché un autre sur un lit d'hôpital. Profondément meurtri et traumatisé, Carl tente de reprendre le boulot, où l'attend une étrange promotion. Un nouveau service vient en effet d'être créé, le Département V, qui consiste à traiter les affaires classées et jamais résolues. Une bonne planque, selon Carl. Or, on lui colle un drôle de zèbre comme assistant, un réfugié syrien du nom d'Assad, qui aime les boissons et pâtisseries trop sucrées et fait preuve d'un esprit particulièrement aiguisé en dépit de son apparente bonhomie.

C'est ainsi que Carl et Assad vont s'acharner sur le dossier d'une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue cinq ans plus tôt alors qu'elle était sur un ferry avec son frère. La construction du roman est plutôt habile, puisqu'elle nous propose une autre histoire en parallèle, au cours de laquelle nous suivons la jeune femme avant et pendant son kidnapping. Ambiance glauque, stressante et angoissante à souhait.

Même si au départ, Carl Morck nous apparaît comme un flic antipathique, avec un sens de l'ironie très prononcé et un caractère de mauvais cabot qui finit de le crucifier, j'ai tout de suite accroché au portrait de ce mauvais bougre, dont la petite vie personnelle n'est guère transcendante non plus. De toute façon, jamais l'auteur ne cherche à nous vendre du rêve et c'est ce qui a fini de me charmer ! Et comme je suis une inconditionnelle de la série Cold Case, avec Lilly Rush, j'avais donc de grandes chances pour mordre à l'hameçon. Certes, j'ai rapidement deviné l'issue de cette intrigue retorse et malsaine, et pourtant je n'ai jamais poussé le moindre soupir, d'ennui et de dépit, j'étais alpaguée, un peu à cran aussi et définitivement dépaysée. Les polars nordiques sont désormais ma nouvelle marotte !

Expérience de lecture en Audiolib : la voix de James Bond (version Daniel Craig) et 14 heures 34 de lecture / patience. :)

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen
Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel - traduit du danois par Monique Christiansen
Albin Michel, 2011 / Audiolib, 2012

Grand prix des lectrices de ELLE policier - Prix du meilleur polar scandinave

Écoutez l'extrait lu par Eric Herson-Macarel

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18/12/12

Une chanson d'ours, de Benjamin Chaud

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Papa Ours s'est à peine installé pour son hibernation qu'il se réveille en sursaut. « Il sent un courant d'air froid là où il aurait dû sentir la chaleur du petit ventre de Petit ours. » Ce dernier a perçu le bzzz d'une abeille « drôlement en retard » passer à toute vitesse devant la porte de la tanière. Qui dit abeille dit miel, Petit ours le sait bien et hop hop hop il décide de la suivre...

La suite de l'aventure est drôle, entraînante, colorée et facétieuse. Le papa ira jusqu'à la ville, dans un théâtre, sur la scène d'un opéra pour tenter de retrouver son fiston. Les pleines pages de l'album sont d'ailleurs fourmillantes de détails, au travers desquels il faut traquer l'indice et la trace du fiston. C'est assez excitant pour qui aime se pencher sur ce genre de cache-cache. 

Et moi j'adore !!! J'adore aussi les illustrations de Benjamin Chaud, son ton, son humour, ses ours adorables, ses couleurs, son récit palpitant, semé d'embûches, avec des séquences rigolotes et un final étincelant ! C'est un fantastique album ... pour petits ET grands lecteurs, évidemment.

Hélium, octobre 2011

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14/12/12

“It is the first day of November and so, today, someone will die.”

“I say, 'I will not be your weakness, Sean Kendrick.'
Now he looks at me. He says, very softly, 'It's late for that, Puck.”

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Quel fabuleux roman ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant, j'ai adoré chaque minute passer à le lire, c'était un moment sublime, déstabilisant mais mémorable. Rien n'indiquait que l'histoire allait m'embarquer à ce point, on y parle de chevaux surgissant de la mer, avides de sang et de viande, des chevaux sauvages et intrépides, mais des chevaux dont toute la communauté de Thisby est bougrement fière !

L'île de Thisby est également un cadre magnifique, c'est une île de pêcheurs, peuplée de gens simples et qui sentent le poisson, c'est un microcosme d'hommes et de femmes éprouvés par les pertes, mais qui gardent toujours la tête haute par fierté. C'est une question de principe. Cette terre, on l'aime et l'on l'accepte, sinon on part sur le continent à la quête d'une autre vie, plus riche, moins étouffante. Puck Connolly est une jeune fille qui a toutes ses racines sur cette île, jamais elle n'envisagerait de la quitter. Ses parents sont décédés, elle a grandi avec ses deux frères, Gabe et Finn, et tout commence lorsque l'aîné annonce son intention de partir.

Le monde de Puck s'effondre, par bravade elle annonce qu'elle va participer aux Courses du Scorpion, réputées dangereuses et réservées aux cavaliers émérites. Qu'importe, Puck est une jeune fille farouche et orgueilleuse, elle n'a cure des quolibets et s'inscrit avec sa jument Dove. Non seulement c'est la première femme à participer à une telle course, mais de surcroît elle se présente avec son cheval de la plaine, alors que ses concurrents chevauchent les terribles capaill uisce. Soit elle est folle, soit elle compte mourir.

Sur la plage, lors des premiers entraînements, Puck rencontre Sean Kendrick, le champion des dernières éditions. Il concourt sur le cheval le plus rapide de l'île, pour le compte de l'homme le plus riche de Thisby, mais le garçon est à un croisement des chemins lui aussi. Nul autre que lui n'a cette même connivence avec sa monture, c'est un type exceptionnel, passionné par les chevaux et la mer, neuf ans plus tôt son père a été tué sous ses yeux, depuis il est devenu un garçon solitaire, enfermé dans sa bulle, très sensible aussi et soudainement bouleversé par l'intrusion de cette Puck Connolly.

Le rythme du roman est assez lent, mais pas dénué d'intérêt, car tout se construit pièce par pièce. Le décor se plante, on découvre les moindres recoins de Thisby, fait connaissance avec sa population, on aime, on s'attache, on peste, et puis on s'amourache de cette tendre complicité qui s'installe entre Puck et Sean. C'est tellement touchant. Pudique et miraculeux. Avec leurs sentiments à fleur de peau, ils vivent une relation sans fausse note. Sans oublier leur combat vers cette course qu'on attend fébrilement, et qu'on vit tout aussi intensément. Ouhlala, cela faisait un bon petit moment que je n'avais pas eu l'occasion de lire un roman aussi magique et prenant ! J'ai même versé ma petite larme à la fin, pour dire combien j'étais à fond dans mon truc. Une telle communion avec son livre, moi j'en demande encore !!!

Sous le signe du Scorpion, par Maggie Stiefvater smileyc002
Hachette, coll. Black Moon (2012) - traduit par Camille Croqueloup

“That's a poor match, Sean Kendrick," says a voice at my elbow. It's the other sister from Fathom & Sons, and she follows my gaze to Puck. "Neither of you are a housewife."
I don't look away from Puck. "I think you assume too much, Dory Maud."
"You leave nothing to assumption," Dory Maud says. "You swallow her with your eyes. I'm surprised there's any of her left for the rest of us to see.”

“Shhhhhh, shhhhhh, says the sea, but I don't believe her.”

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