24/10/12

Penelope Green : l'Affaire Bluewaters, de Béatrice Bottet

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Penelope Green a gagné la confiance du rédacteur en chef du Early Morning News et s'embarque pour New York afin de rencontrer la poétesse Alison Redfern. A bord du paquebot, elle fait la connaissance de Mrs Helen Pryce, dont le cerveau est complètement embrumé par les vapeurs du laudanum. Cette dame aurait un secret, selon son patron, qui attend de Penelope de creuser le sujet car il pressent une affaire criminelle.

Bluewaters. C'est tout ce dont dispose la jeune journaliste. Nul autre indice. Sa seule source reste inexploitable, de plus le mari de la dame refuse qu'elle continue d'entretenir le moindre contact avec elle. Penelope arrive donc à New York, complètement fascinée, mais surtout avec l'envie d'en découdre. De fil en aiguille, elle va traiter son enquête avec minutie, intrépidité, bravoure et curiosité. Heureusement elle pourra compter sur son *assistant* Cyprien, mais n'échappera pas aux dangers qui vont l'attendre au tournant.

Penelope Green est une aventurière, une vraie, pas dans le sens du XIXème siècle. C'est une jeune femme audacieuse, une risque-tout, qui se jette dans la gueule du loup sans craindre les conséquences. Son affaire Bluewaters sent le soufre, mais ça ne va surtout pas freiner Penelope dans sa quête de la vérité. Sa complicité avec Cyprien est toujours évidente, mais s'agit-il d'une relation amicale ou amoureuse ? Ce deuxième tome demeure très flou sur le sujet. Cela ne nous gâchera pas le plaisir d'apprécier l'élégance de cette série, son écriture raffinée et l'aspect méprisable des dessous des affaires pêchées par la jeune journaliste.

Penelope Green, tome 2 : L'affaire Bluewaters, par Béatrice Bottet
Casterman, 2012 

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23/10/12

“You make me believe in the impossible.”

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Luis est le p'tit dernier des frères Fuentes. Contrairement à ses aînés, c'est un garçon sérieux et passionné par ses études. Très ambitieux, il a tracé un plan sur les dix prochaines années et ne compte pas se détourner du droit chemin. Il a dix-sept ans lorsque sa mère et lui reviennent à Chicago. De retour au lycée Fairfield, Luis renoue avec d'anciennes relations, dont Marco, son ami d'enfance, qui a vendu son âme au gang, mais aussi Nikki Cruz, l'insupportable petite peste croisée deux ans plus tôt, au mariage de son frère.

Parce qu'elle a été bafouée par son ex, accessoirement son premier amour, Nikki a fait une croix sur les sentiments et sur la confiance accordée aux garçons. Elle est très amère, cynique et blessante. Coquin dans l'âme, Luis lui joue son numéro de charme. Elle y est totalement insensible. En fait, tout chez le garçon lui rappelle son ex ! Mais Luis persiste et signe. A côté de ça, le gang des Latino Blood lui sert le traditionnel discours de bienvenue : il est lié par le sang, il a des obligations ou c'est sa famille qui trinque.

J'ai adoré ce retour aux sources, dans la ville de Chicago, dans le lycée d'Alex, avec même Mme Peterson en cours de chimie (suis-je la seule à fantasmer sur une idylle, dans le futur, entre sa fille et le petit Paco ?!). Luis est un grand charmeur, il est irrésistible, drôle et a le sens de l'honneur. Sa famille, pour lui, c'est sacré. D'ailleurs, c'est bon de revoir Carlos et de se rappeller sa mauvaise humeur légendaire. Il ne change vraiment pas ! La romance entre Luis et Nikki est, elle aussi, torride, mouvementée et alimentée par des peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Pour un dernier tour de piste, l'auteur ne se foule pas et sert son plat traditionnel, celui qu'on aime et qu'on redemande.

Irrésistible Fusion, par Simone Elkeles
La Martinière J. (2012) - traduit par Cyril Laumonier

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15/10/12

“Are you suggesting a woman is some sort of … piece of fruit to you? One squeeze, and you know if she’s ripe?”

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Rien ne prédestinait Amelia d'Orsay à rencontrer le sémillant duc de Morland, autrement surnommé le duc de Minuit. (Celui-ci honore de sa présence chaque bal en se pointant aux douze coups de minuit, danse une valse avec une partenaire au hasard puis regagne son domaine en toute discrétion.) Amelia est issue d'une famille noble désargentée, elle a vingt-six ans et un physique quelconque. Elle a donc coutume de faire tapisserie !

Et puis, ce soir-là, elle danse avec le duc, elle se veut audacieuse et spirituelle, l'homme est troublé et veut s'échapper, mais elle s'accroche. Alors il la prend à bras-le-corps et quitte la salle. Dans la foulée, deux hommes viennent prévenir Spencer qu'un membre de leur club de gentlemen, le Stud Club, vient d'être assassiné dans les rues de Mayfair. Tout ce petit monde est en émoi, mais discute jetons et chevaux avant de se rendre chez Lily Chatwick que l'un d'eux doit épouser pour l'honneur !

Cela ne fait pas 50 pages, il me semble, que l'intrigue vole déjà dans tous les sens et j'adore ça ! La relation qui va naître entre Spencer et Amelia démarre sur les chapeaux de roue, jamais elle ne faiblira, elle sera passionnelle et tumultueuse, ou je ne m'y connais pas. Le duc est un homme froid, orgueilleux, un vrai Darcy en puissance, il masque ses faiblesses, ses sentiments, il est parfois sec et rabat-joie, mais quel homme ! En face, Amelia ne lâche jamais prise, elle craint de tomber amoureuse, suite à leur accord, et fait tout pour tenir son prétendant à distance (peine perdue). Rarement une romance ne m'aura autant donné l'occasion de sourire comme une bécasse, de hausser les sourcils, de pouffer, de grincer des dents, de cligner des yeux comme une allumée. Tout ça pour dire que j'ai adoré !

Le Club des Gentlemen, tome 1 : Valse de minuit, par Tessa Dare
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Cécile Ardilly

13/10/12

“Would you play the gallant and find me a glass of lemonade?" "I assume 'lemonade' is code for wine?”

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Marissa a choisi de se débarrasser de son encombrante virginité en couchant avec un soupirant mais refuse de l'épouser ! La famille York pousse des cris d'orfraie et réclame des fiançailles avec le premier venu : ce sera Jude Bertrand, un ami proche, rejeton des amours d'une courtisane et d'un duc.

Le hic, c'est que Marissa trouve qu'il a un physique de jardinier, la demoiselle est superficielle et apprécie la beauté. Elle aime les mignons, qui ont de belles cuisses moulées dans leurs culottes, c'est avec eux qu'elle flirte en toute impunité. Ses frères lui font de gros yeux, sa mère tombe dans les vapes, mais Jude ne s'offusque pas : il la met au défi de se rendre irrésistiblement désirable. A l'entendre, elle ne pourra plus se passer de lui !

Que de prétention, que d'arrogance ... et que d'inconvenance aussi ! En gros, c'est génial ! Voilà une romance impertinente et coquine, dont le succès repose entièrement sur la magie du couple  (une héroïne chipie et un héros aux répliques mordantes, *applause*). J'ai adoré ! C'est drôle, sexy, effronté et charmant. (La parfaite petite lecture en ce weekend pluvieux.)

La Famille York, tome 1 : Coeur rebelle, par Victoria Dahl
Milady, coll. Pemberley, 2012 - traduit par Constance de Mascureau

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11/10/12

“We're the same. Two sides to the same coin.”

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L'action reprend exactement là où nous l'avions laissée à la fin de Lueur de Feu. ** spoilers - spoilers ** Cassian a retrouvé Jacinda, mis en déroute les chasseurs et reconduit la jeune fille et sa famille au sein du clan. Un miracle s'est produit, avec la manifestation de Tamra, désormais un draki estompeur. Elle a ainsi pu effacer la mémoire de Will et des siens pour prendre la fuite. C'est donc un retour en disgrâce pour Jacinda, le clan lui fait chèrement payer son histoire d'amour avec un humain, seul Cassian continue de lui manifester intérêt et protection.

J'adore cette série ! C'est un plaisir coupable sur toute la ligne, mais j'assume complètement. Cette suite cherche à raconter les moeurs des Drakis, une communauté très fermée, dictée par des règles strictes et archaïques. On a envie de compatir avec Jacinda pour toutes les épreuves infligées, mais dans le fond on ressent également de l'agacement pour son personnage. La jeune fille se montre égoïste, bornée et stupide. Elle est totalement obsédée par Will, un jour elle se résoud à l'oublier, le lendemain elle réalise que c'est impossible, qu'elle l'aime en dépit de tout, malgré les interdictions. Bref, c'est pire qu'une girouette et c'est gonflant ! C'est finalement sa soeur Tamra qui se dévoile, plus sensible, plus touchante, plus forte aussi. Toutes ces années à être traitée avec indifférence ont forgé son caractère, en bien. Par contre, le titre français induit le lecteur en erreur, car je n'ai nullement constaté de rivalités entre les deux soeurs. Au contraire, leur relation gagne en connivence. En fait, c'est juste un prétexte pour Jacinda de résister à Cassian, son élu désigné par les Anciens. Alors lui, vraiment, il ne se contente pas d'être beau et fort, il est vaillant, stoïque, conquérant. Pour une raison que j'ignore, il est dingue de Jacinda et fait tout pour la protéger ! Pfiou, petit coeur en émoi...

J'ai donc trouvé ce deuxième tome aussi bon que le premier, avec des passions interdites et folles et sauvages (on comprend mieux lorsqu'on sait que Sophie Jordan écrit beaucoup de romances pour adultes ! elle a le chic pour décrire les émois sentimentaux et les contacts physiques qui filent des frissons partout ! hihi). J'ai ressenti mille sensations en lisant ce livre, ne voulant jamais le reposer pour souffler, j'aime l'histoire, j'aime les personnages, j'aime râler et pester et soupirer, enfin c'est tout ce que j'attends d'une série : enthousiasme et distraction.

Lueur de Feu, tome 2 : Soeurs rivales, par Sophie Jordan
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit par Alice Marchand

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10/10/12

“What are we, if not an accumulation of our memories?”

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Une femme se réveille dans un lit, la mémoire en vrac. Un homme dort à côté d'elle. Un sentiment de frayeur la gagne aussitôt. Dans le miroir de la salle de bains, son image lui fait pousser des cris d'effroi : elle a vingt ans de trop. Qu'est-ce que cela veut dire ? Et c'est ainsi, chaque matin, le même rituel. Christine souffre d'une amnésie rare (elle n'a plus aucun souvenir et ne peut stocker de nouvelles données). Elle a été victime d'un accident à l'âge de vingt-neuf ans, le temps a passé, la mémoire aussi, désormais elle tente de se reconstruire et de s'accrocher à sa vie en cherchant à comprendre. La lecture de son journal l'aidera peut-être à débroussailler son esprit ravagé. Jour après jour, Christine doit enregistrer les mêmes informations. Son présent est morne, son passé est évanoui, elle tente de cerner les ombres, de combler les vides et cherche à reconstituer le puzzle. C'est long, troublant, assez répétitif, tous les matins elle repart de zéro, doit encaisser le même choc et ainsi ingurgiter vingt années d'une vie qui s'est déroulée sans elle. Alors pourquoi un tel traumatisme ? qu'est-ce qui a pu provoquer son accident ? pourquoi son mari Ben refuse de rencontrer les médecins ? Quel est le vrai du faux, en somme ?!

Car l'histoire, aussi habile et terrifiante soit-elle, nous plonge dans un climat de paranoïa d'où germe un sentiment de doute qui ne fait que grossir. Heureusement j'aime être baladée de la sorte, ne plus savoir ce qu'il faut penser, se méfier de tout et de tout le monde, imaginer le pire scénario, craindre un dénouement encore plus tordu qu'il n'est en réalité. Tout du long, la tension psychologique est parfaitement maîtrisée. Le format livre-audio permet aussi une nouvelle approche de la lecture, c'est une expérience excitante et bien frustrante aussi, puisqu'il faut s'en tenir au rythme de la narratrice et qu'il est impossible de sauter des passages. Je l'avoue, parfois j'ai eu envie d'aller plus vite que la musique. Mais je ne regrette pas ce format non plus ! Pour info, le texte est lu par Françoise Cadol, la voix française d'Angelina Jolie et de Mary Alice dans Desperate Housewives. (Prévoir 11 heures d'écoute !)

Avant d'aller dormir, par S.J. Watson
Audiolib, 2012 (Livre audio 1CD MP3 - 644 Mo) ou éditions Sonatine, 2011
traduit par Sophie Aslanides / Prix  SNCF du polar-roman 2012

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09/10/12

"Je suis son oxygène qu'il meurt d'envie de respirer."

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C'est une relecture pour moi, puisque j'avais découvert ce roman en VO (en novembre dernier). J'avais eu un vrai coup de coeur pour lui, tant il m'était apparu envoûtant et admirablement écrit. Aussi j'étais soucieuse de la traduction, car il y a dans ce livre une véritable magie stylistique, un exercice de haute voltige au cours duquel l'auteur livre les émotions, les sensations, les pensées de l'héroïne. C'est pur, beau, sincère et touchant. Vraiment, j'avais été subjuguée. Donc il me tenait à coeur de vérifier que la magie existait encore...

Juliette est internée dans une cellule depuis 264 jours, accusée d'un crime. Son drame, c'est de posséder le don de tuer rien que par le toucher. Son cas a été étudié, analysé, décortiqué, mais jamais expliqué. Ses parents ont eu honte, l'ont abandonnée, normal que Juliette se sente désormais misérable. Un jour, un garçon la rejoint dans sa cellule. Il s'appelle Adam, il est bavard, trop curieux, il pose des questions, il ne la quitte pas des yeux et c'est tout son monde qui s'écroule. Un dénommé Warner va également la prendre en otage, vouloir obtenir d'elle des faveurs, l'installer dans ses beaux quartiers, lui offrir de belles robes, l'inviter à partager des repas copieux. Il a pour secret désir de faire d'elle son arme contre le monde extérieur et la résistance...

Il faut ouvrir ce roman sans chercher à connaître tous ses secrets, car l'histoire renferme plusieurs tiroirs cachés et c'est toujours grisant de les trouver, de les ouvrir, de s'extasier. Cela rend la lecture encore plus tourbillonnante, plus prenante. Il faut aussi découvrir Juliette, une héroïne faussement vulnérable et tellement attachante, de même que Warner et Adam sont deux personnages attirants et troublants, avec du potentiel, des drames enfouis, du sex-appeal et du mystère. Pas de triangle amoureux en plat du jour, mais une grande complexité dans l'art de dresser des relations mystérieuses, sensuelles et vénéneuses. En bref, c'est bluffant !

J'ai donc relu ce roman avec gourmandise, passion et enthousiasme. Comme pour la première fois, j'ai trouvé la fin de l'histoire particulièrement déroutante. Attendons la suite des réjouissances pour mieux juger. Pour l'heure, l'opération séduction est en marche : la traduction est scrupuleuse, je n'ai pas complètement retrouvé l'étincelle de la VO, mais cela n'enlève en rien le charme de l'histoire, des personnages, etc. Il faut goûter ce roman, l'apprivoiser, l'aimer pour ce qu'il offre et promet d'offrir ! 

Belle lecture à tous,
le comité Clarabel

Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas, par Tahereh Mafi 
éditions Michel Lafon, 2012 - traduit par Jean-Noël Chatain

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05/10/12

"Chocolate doesn't solve everything, Nana." - It solves a whole heck of a lot, though."

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Divin. Savoureux. Excitant. Drôle. Bête. Méchant. Injuste. Révoltant. Déchirant. Enfin, pff ! quoi. Ce roman m'en a fait voir de toutes les couleurs. Heureusement, j'ai adoré. L'histoire se passe dans un futur lointain, en 2083, à Manhattan, le chocolat et la caféine sont des produits illicites, d'où la contrebande et les activités mafieuses. Le père d'Anya Balanchine était un criminel très célèbre, aimé et détesté, il a finalement été assassiné sept ans plus tôt. Depuis, Anya tente de s'occuper de sa famille (sa mère aussi a été tuée) du mieux qu'elle peut.

Chez les Balanchine, la famille c'est sacré ! Et pourtant, même si elle a l'étoffe d'une meneuse, Anya tient à tout prix à se maintenir à l'écart des affaires crapuleuses de son clan, lesquelles se rappellent toujours à elle d'une manière ou d'une autre. On n'efface pas son nom, son passé, son héritage aussi facilement. De plus, Anya s'est entichée de Win Delacroix, fils du nouvel assistant du procureur, ce qui place notre jeune couple sous la bonne étoile des amants maudits. Youhou.

Mais bon, il est préférable d'en dévoiler le moins possible, de toute façon il se passe tellement de choses que l'ensemble n'est qu'une suite logique, mais il n'empêche, il y a des moments où les papillons voltigent allègrement dans le ventre, parce que c'est mignon, ne nous voilons pas la face, mais on pousse des râles de colère aussi, devant l'accumulation des problèmes ou les choix impensables à envisager. C'est follement romanesque, j'assume, mais c'est tellement bon. Il y a quelques petites imperfections, comme une construction bancale, la manie d'expédier des détails ou le refuge derrière le catholicisme que pratique l'héroïne avec ferveur (oui, parfois ça m'a gonflée). Rien de bien rédhibitoire non plus.

C'est un roman qui se lit avec une facilité décontertante, l'histoire est passionnante, dans un contexte excitant (bien entendu, j'ai pensé à Boardwalk Empire !), en plus les personnages sont vraiment attachants (Anya au caractère franc et frondeur, Win absolument romantique et craquant jusqu'au bout, Scarlet et son grain de folie, Natty et Leo pour leur détresse, et aussi Nana, Imogen, Yuji Ono...). J'ai totalement succombé à ce petit monde, me suis baladée avec bonheur dans cet univers et je suis impatiente de lire la suite (déjà disponible en VO !).

La Mafia du Chocolat, par Gabrielle Zevin
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Cécile Chartres

03/10/12

“...maybe hope isn't such a bad thing. Maybe it's what keeps us together.”

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Cette suite n'aura pas connu le même enthousiasme ravi et débordant, comme cela avait été le cas pour le 1er tome, Ephémère, tant les deux livres ne se ressemblent en rien ! ** risque de spoilers ** La fuite de Rhine et Gabriel est à moitié une réussite, ils ont quitté le manoir de Vaughn mais sont rapidement kidnappés par une vieille maquerelle, au coeur d'une fête foraine, un endroit faussement féérique puisque les filles sont retenues contre leur gré, droguées, battues et abusées sexuellement.

Nous effectuons donc nos premiers pas dans une ambiance sordide et démoralisante, à la rigueur je n'ai rien contre, je trouve que c'est une bonne prise de risque de la part de l'auteur, qui s'affranchit de la tendance mielleuse du moment à vouloir rester lisse et consensuelle en toutes circonstances. Lauren DeStefano, par exemple, ose aborder des sujets à prendre avec des pincettes (la prostitution, la drogue, la dépendance, le sexe aussi) avec une franchise non déplacée. Alors pour une fois qu'un auteur sort des sentiers battus, je ne vais pas bouder non plus.

Le problème, c'est qu'à force de peindre tout en noir, on a le moral dans les chaussettes à la fin du roman ! (J'étais soulagée de tourner la dernière page.) Dans le premier tome, nous avions eu droit à l'illusion du bonheur au sein du manoir, auprès de Linden, maintenant on découvre l'état du monde extérieur, complètement ravagé, auprès de Gabriel. Le contraste est saisissant, et j'avoue une préférence pour l'atmosphère languide et oppressante de la première partie. J'ignore quelle issue possible s'offrira à Rhine, mais cela laisse la porte grande ouverte au dénouement ! De plus, j'ai grandement apprécié la plume, belle et envoûtante, de Lauren DeStefano. A l'instar d'autres auteurs anglo-saxons, comme Maggie Stiefvater ou Tessa Gratton, elle se libère du simplisme dont souffrent de plus en plus les romans pour ados pour une vraie qualité littéraire, fortement appréciable.

Fugitive (Le Dernier Jardin #2) - Lauren DeStefano  
Castelmore, 2012 - traduit par Tristan Lathière 

27/09/12

“Come on, Mercer. Me, you, the cellar. What could go wrong?”

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Ce tome est la conclusion parfaite d'une série qui a su jouer avec intelligence avec les codes des romans pour jeunes ados, en mêlant romance, action, magie et humour sans se prendre au sérieux. Résultat, le cocktail est enivrant ! On retrouve une Sophie Mercer rescapée d'un désastre sans nom survenu à Londres, ses alliés les plus fidèles ont disparu et c'est au sein du clan des soeurs Brannick, ses ennemies, qu'elle trouve refuge. Bizarre, bizarre. L'auteur a réussi là une belle pirouette, un projet de série spin-off est d'ailleurs à l'étude, quelle coïncidence !

Pendant toute la première partie, nous explorons l'univers de ces sorcières chasseuses de démons et faisons connaissance avec de nouveaux personnages, en soupirant bien fort pour les retrouver tôt ou tard. Puis, retour aux sources, à Hex Hall, le lieu de tous les dangers... je n'en dévoile pas davantage, mais la tension va être poussée d'un cran et on va subir des bouffées d'angoisse et de stress au fil des chapitres, d'autant plus que le rythme va vicieusement ralentir, l'intrigue piétiner et nous faire râler in petto. Dans la dernière ligne droite, subitement ça s'énerve, les solutions affluent mais les dangers ne sont pas écartés, ni les sacrifices non plus (une pensée particulière pour UN personnage dont on taira l'identité, cette scène est douloureuse !!!).

J'ai relu ce roman en une soirée et l'ai pleinement savouré. J'y ai retrouvé tous les éléments qui avaient su m'enchanter dès la première lecture, avec le tome 1. Pour moi, c'est l'exemple parfait de la série qui sait divertir sans forcément rouler des mécaniques, et cet enthousiasme est communicatif. Vous connaissez des petites lectrices de 12-13 ans qui ne savent pas quoi lire ? Conseillez Hex Hall, c'est le succès assuré !

Hex Hall, tome 3 : Le sacrifice, par Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Raphaële Eschenbrenner